Archives pour la catégorie « dette publique » (oxymore scandaleux)

Jean-Luc Mélenchon : « IL FAUT RÉGLER LA QUESTION DE LA DETTE »

Nous, on en parle (et on la dénonce centralement) depuis plus de 10 ans (mi 2006, alertés par André-Jacques Holbecq), mais c’est vrai que lui, là, maintenant qu’il a bien compris le mécanisme, il en parle assez bien 🙂

JLM va peut-être finir par admettre l’ultra priorité de la sortie de l’UE 😉

Rappels (entre autres) :

Premiers cris d’alerte contre le scandale de la « dette publique » sur le forum du Plan C, le 20 août 2006 :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=81

Sur le forum : compilation du fil très important
« Reprendre le pouvoir sur notre monnaie » (1200 pages, pdf, 10 Mo) :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Reprendre_le_pouvoir_sur_notre_monnaie.pdf

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155780502947317

Répudiation des dettes souveraines : une ligne du temps (Éric Toussaint, CADTM)

Éric Toussaint a préparé une passionnante « TimeLine » (sorte de frise historique interactive) sur les dettes souveraines de par le monde, et cette fresque importante est publiée sur le site du CADTM :


http://www.cadtm.org/Repudiation-des-dettes-souveraines

À connaître et à faire connaître.

Présentation par le CADTM :

« Depuis le début du 19e siècle, de nombreux États ont perdu leur autonomie, de l’Amérique Latine à la Tunisie, l’Égypte, l’Empire Ottoman ou encore la Grèce. La dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation.

Contrairement à la narration dominante, les pays de la périphérie endettés ne sont pas responsables des crises de dettes souveraines, qui la plupart du temps trouvent leur origine dans les pays capitalistes les plus puissants et se transforment en crises de grande échelle qui impactent les pays de la périphérie. Ce ne sont pas les dépenses publiques excessives mais plutôt les conditions imposées par les créanciers qui entraînent l’accumulation de dettes insoutenables. Les crises de la dette et leurs conséquences sont toujours gérées au profit des grandes banques et des gouvernements des grandes puissances, qui les soutiennent. Les classes dominantes des pays endettés sont complices.

Cette dictature de la dette n’est pas inéluctable. Au cours des 2 derniers siècles, plusieurs États ont répudié leur dette avec succès. Éric Toussaint passe en revue les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets.

Cette chronologie captivante, sous la forme du ligne du temps illustrée, donne des points de repère indispensables pour comprendre la mécanique implacable de la dette et l’évolution du monde capitaliste au cours des deux derniers siècles.

Pour mieux comprendre cette ligne du temps, il est recommandé de lire le livre « Le Système dette » qui sera publié le 8 novembre 2017 par les éditions Les Liens qui Libèrent. »

CADTM

Cette histoire mondiale de la résistance populaire aux usuriers devrait faire partie de la culture générale de tout citoyen du monde digne de ce nom, et c’est à lire là : http://www.cadtm.org/Repudiation-des-dettes-souveraines

Je rappelle que UN ÉTAT DIGNE DE CE NOM N’EMPRUNTE PAS LA MONNAIE DONT IL A BESOIN POUR LES SERVICES PUBLICS, IL LA CRÉE.

LE CONCEPT MÊME DE « DETTE PUBLIQUE » EST UN AVEU DE TRAHISON DES « REPRÉSENTANTS ».

Chaque citoyen du monde devrait absolument connaître le CHARTALISME : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartalisme

Rendez-vous à Nice, les 3 et 4 novembre 2017, pour travailler sur la création monétaire, sur l’endettement général de la société, sur le martyr des Grecs, précurseur des ravages à venir pour tous les pays endettés par l’UE, Usure Européenne, et sur les solutions possibles

Je vous donne rendez-vous les 3 et 4 novembre à Nice où je suis invité par le CNR 06 pour réfléchir ensemble à la (scandaleuse) création monétaire privée, à la (scandaleuse) dette publique, à l’exemple du (scandaleux) martyr des Grecs sur l’autel de l’UE (Usure Européenne), sur la responsabilité centrale de nos « représentants » « élus », et sur les solutions possibles.

De mon point de vue, notre pays est désormais gouverné par les (serviteurs des) banquiers (usuriers de métier) qui détruisent un à un tous les services publics, toutes les institutions de sécurité sociale, volent nos impôts, pillent les biens publics, et installent progressivement les conditions du chaos. Trahis par les prétendues « élites », nous sommes en train de devenir une colonie d’un empire. Mais nous sommes gouvernés par les usuriers parce que nous l’acceptons — en adorant le faux « suffrage universel » qui, pourtant, toujours et partout, donne littéralement le pouvoir aux riches. Un peuple devenu constituant reprendrait la création monétaire aux banques privées et instituerait lui-même les conditions durables de sa prospérité, à commencer par sa puissance politique, au quotidien, loi par loi.

La rencontre s’intitule « QUI VEUT LA PEAU DE LA FRANCE ? Université populaire du 06 sur la dette et la création monétaire, et sur les possibilités de résistance des communes ».

J’aurai le plaisir de m’entretenir avec Christina Komi sur le cas terrible de la Grèce, et avec René Teboul sur la monnaie et la dette.

Je dois intervenir deux fois : le vendredi soir, je prévois de travailler le problème : le mode opératoire et les conséquences dramatiques de l’endettement général (en utilisant notamment les exemples des PSD, de la Grèce et de la France) ; et le samedi matin, je compte envisager les solutions : les alternatives, monétaires et institutionnelles (elles sont fortement interdépendantes), et ce que nous pouvons faire personnellement pour les mettre en place bientôt.

Pour que vous puissiez vous faire une idée des autres personnes qui sont invitées à cette rencontre, je vous signale ces deux documents :

• Kristina KOMI résume ici l’épouvantable laboratoire grec à partir de la minute 4’30 (et le MES à partir de 7’10) :

• René TEBOUL a produit ce document, très intéressant, contre la (délirante mais dominante) « théorie de l’offre » :
« La théorie de l’offre au cœur de la politique économique libérale » :
http://uppae.fr/wp-content/uploads/2017/06/La-the%CC%81orie-de-loffre.docx

Le lieu de cette rencontre, paraît-il très agréable, est le Relais International de la Jeunesse « Clairvallon » :
http://www.clajsud.com/relaisclajnice.html

L’événement Facebook explique comment on s’inscrit : https://www.facebook.com/events/131091610980578

On peut trouver ces informations hors de Facebook, sur le blog de Lucien Pons :

http://lucien-pons.over-blog.com/2017/10/l-association-comite-pour-une-nouvelle-resistance-cnr-organise-sa-premiere-universite-populaire-qui-veut-la-peau-de-la-france.html

Je viendrai avec une valise de bouquins importants sur ces sujets essentiels 🙂

J’ai hâte de vous y retrouver 🙂

Étienne.

Emmanuel Todd (2013) : « la notion même d’austérité est véhiculée par des pourris ! »

« Toute personne qui prône l’austérité devrait faire l’objet d’une enquête de moralité »…

Retranscription (merci Nicole Aune 🙂 ) :

Emmanuel Todd.
«La notion même d’austérité est véhiculée par des pourris!»

Avril 2013

« Jean-Jacques Bourdin : et tous ces dirigeants, chefs du gouvernement, chefs d’Etat, professeurs d’austérité ou de rigueur à travers l’Europe qui sévissent… La rigueur, l’austérité c’est le dogme.

Emmanuel Todd : mais là, ce qui est formidable, c’est que la vérité est en train de sortir sur les partisans de l’austérité. Je trouve que l’affaire Cahuzac est une très bonne nouvelle pour la démocratie en France. Cahuzac s’était fait une image… Il s’occupait du budget, il était là pour tenir les comptes de l’État, pour mettre en place la rigueur et l’austérité, et tout d’un coup on s’aperçoit que le type qui est là pour gérer l’austérité, le père la Vertu est un pourri. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est s’imaginer que c’est une exception ! En vérité, tout ce qui sort petit à petit, c’est que la notion même d’austérité est véhiculée par des gens qui ne sont pas nets, est véhiculée par des pourris.

Jean-Jacques Bourdin : ils ont des rapports étranges avec l’argent

Emmanuel Todd : je vais vous donner les deux exemples, les pères la vertu : Monti en Italie et le mec de la banque centrale Draghi, qui sont des gens qui avaient des liens avec la banque Goldman Sachs, donc avec la spéculation. Et le dernier exemple qui vient de sortir, c’était dans toute la presse, un article fait par deux professeurs, publié dans une revue de Harvard, qui essayaient d’établir que les pays à gros déficit public avaient de grosses difficultés. Et ce qu’il vient d’exploser c’est que l’article n’est pas sérieux, fonctionne avec un calcul qui est faux, ça veut dire que la corruption a atteint la science.

Maintenant je vous propose une règle opératoire et je le propose à tous les gens qui s’occupent d’informations et de journalisme : Toute personne qui prône l’austérité devrait faire l’objet d’une enquête de moralité. Les gens pour lesquels on devrait exiger la transparence, ce sont les gens qui réclament l’austérité. C’est systémique, c’est quoi, l’austérité ? On culpabilise les gens, on leur dit : l’État a trop dépensé et l’Etat c’est les Français. On essaye de culpabiliser le citoyen de base sur le budget de l’État.

C’est quoi la dette publique ? Ce sont des riches qui ont prêté leur trop d’argent à l’État. Donc les gens qui gèrent la rigueur, les gens qui veulent maintenir l’État en état de servir les intérêts de la dette publique sont des gens qui travaillent pour les riches.

Jean-Jacques Bourdin : les financiers, les marchés financiers…

Emmanuel Todd : je veux dire que la rigueur, c’est quelque chose qui a pour objet d’éviter ce qui apparaîtra un jour comme inévitablement nécessaire, c’est-à-dire le défaut sur les dettes. Hier, je lisais un article sur le grand journal financier anglais Financial Times, un article qui disait que les banquiers centraux ne comprenaient plus ce qu’il se passait, il y avait l’expression “ volent à l’aveugle “… Je dirais ça aux gens, ils seraient dans un état d’inquiétude extrême sur les classes dirigeantes, mais c’était écrit noir sur blanc sur le Financial Times d’hier.

Ce qui me fascinait, c’est que, évidement les banquiers centraux (ou pas, d’ailleurs) ne peuvent pas comprendre ce qui se passe parce qu’ils ne peuvent pas accepter la réalité de ce qui se passe.

C’est quoi la réalité de ce qui se passe ? Les inégalités ont fortement augmenté dans l’ensemble du monde. Les inégalités, c’est l’écrasement des revenus des gens d’en bas (les gens d’en bas, c’est tout le monde pour moi), et l’accumulation exagérée de pognon (disons les choses par leur petit nom simple et familier) en haut de la structure sociale ; et les gens qui sont en haut de la structure sociale et qui ont déjà trop d’argent prêtent cet argent (parce que les riches ont leurs problèmes et il faut faire quelque chose de cet argent) et il est évident que tous les mécanismes de correction, de gestion de la dette, etc. des sociétés avancées ne peuvent pas fonctionner si de plus en plus d’argent va aux gens qui ont trop d’argent.

Donc, inévitablement, le mur de la réalité qui est devant tous les gouvernements occidentaux et le gouvernement français en particulier, c’est que, si on veut faire redémarrer les économies occidentales, il va falloir effacer des dettes, il va falloir spolier les riches. Moi ça ne me fait pas peur. »

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155700616642317