Archives de catégorie : Alain SUPIOT

Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #4 L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale et #5 Ritualisme et légalisme

Les quatrième et cinquième leçons d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitulent
#4 « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale »
#5 « Ritualisme et légalisme »
.

Ce retour fondamental à l’idée de LOI (pour servir au mieux l’intérêt général) est utile pour comprendre la catastrophe néolibérale de « la gouvernance par les nombres« . Ces 5 premières leçons sont comme une « fondation » qui va donner leur assise, et donc leur solidité, aux leçons suivantes (à partir de la 6) que je trouve enthousiasmantes de pertinence et d’importance ; vous verrez, on y arrive presque 🙂

Voici les deux présentations de Merryl Moneghetti :

#4 « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale »

Pourquoi « Le Dictatus Papae » de Grégoire VII représente-t-il un moment fondateur en 1075, un tournant dans l’histoire de l’Etat moderne? Le juriste Alain Supiot analyse comment l’autonomisation de la sphère juridique s’est transmise aux premiers états séculiers, nés de la révolution grégorienne.

Image de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du VaticanImage de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du Vatican • Crédits : Wikicommons

Comment la culture juridique de Common Law est-elle celle qui a le plus de traits communs avec la Rome antique?

Nous poursuivons aujourd’hui l’examen de « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale » dans le cadre du cours quAlain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités» consacre au passage du « Gouvernement des lois à la gouvernance par les nombres. »

Dans sa présentation pour le Collège de France, Alain Supiot rappelle pourquoi il faut situer la notion de gouvernement, mais aussi l’État, l’histoire du droit, ce qu’il appelle « le gouvernement par les lois » dans la longue durée. Il s’attache notamment à la matrice juridique romaine de notre culture et à la division des empires romains d’orient et d’occident. Il souligne combien on méconnaît l’importance décisive de cette division dans l’histoire juridique. Nous allons découvrir comment la révolution grégorienne a fait naître une nouvelle conception de l’ordre juridique marquée par la distinction du pouvoir temporel et de l’autorité spirituelle. Droit et théologie sont séparés et cela a ouvert, et cela peut-être non sans paradoxe, la voie à la reconnaissance corrélative d’un pouvoir temporel et à la naissance de l’Etat moderne.

« Dès lors, le droit s’est affirmé comme une technique placée entre les mains d’experts qui n’ont pas besoin de s’interroger sur la raison des lois« , nous explique Alain Supiot.

Poursuivant son histoire de l’évolution des institutions, Alain Supiot voit dans le droit dit « continental » et la Common Law « deux rameaux de la culture juridique occidentale », ainsi définie, malgré les spécificités de chacun qui ont pu être accentuées.

« Bien que rivaux, Droit continental et Common Law sont tous deux confrontés depuis l’entreprise coloniale à des montages institutionnels différents avec lesquels ils ont été et demeurent plus que jamais obligés de composer dans le contexte de la mondialisation. »

Il s’agit enfin d’interroger la notion de l’État de droit qui va naître de l’articulation de la loi et du droit à partir du XIXe siècle.

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 12 janvier 2013.


#5 « Ritualisme et légalisme »

Pourquoi l’hétérogénéité de la loi en Afrique ? Qu’est-ce que l’Ecole des lois en Chine? Soumission aux lois ou obéissance à un rituel pour garantir l’ordre social? Le juriste Alain Supiot revient sur le ritualisme & questionne ces formes d’organisation des rapports sociaux parmi les plus anciennes.

Le caractère chinois fă 法, "loi" / Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort.Le caractère chinois fă 法, « loi » / Peinture de Bernard d’Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort. • Crédits : Wikicommons

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation », met en valeur l’approche transnationale et trans-disciplinaires des questions posées par la mondialisation et la révolution numérique, qui bouleversent toutes deux nos sociétés et nos institutions. Aussi, nous propose-t-il dans le cadre de sa série consacrée au passage du « gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres », de se pencher sur l’École des lois dans la culture juridique chinoise.

« Penser un ordre en termes de loi n’a en effet rien d’universel« , explique-t-il. Dans de nombreuses sociétés, c’est l’observance de rituels qui assure le bon ordre et non l’obéissance à des lois.

Le juriste ouvre sur l’exemple des « difficultés de traductions rencontrées dans de nombreuses langues africaines pour incorporer cette notion de loi, arrivée avec la colonisation ».

Si le cas chinois est particulièrement intéressant, souligne-t-il encore, c’est parce que « les institutions impériales sont nées d’un conflit, puis d’une combinaison du ritualisme et du légalisme« .

« Cette symbiose est à l’œuvre dans de nombreux traités classiques chinois sur l’art du gouverner, qui se sont efforcés de tempérer par le ritualisme la dimension proprement totalitaire du légisme. Et aujourd’hui encore, le légisme continue de percer sous le vernis confucianiste qui enduit l’économie socialiste de marché de la République populaire de Chine« .

La pratique de l’analyse juridique d’Alain Supiot, son approche qui mêle longue durée, comparatisme et interdisciplinarité, invitent à ouvrir le regard. Son cours a été publié chez Fayard, sous le titre La Gouvernance par les nombres. En ouverture du chapitre, qui présente les « Autres points de vue sur les lois« , il remarque :

« chaque civilisation prête spontanément à ses catégories de pensée une universalité qu’elles n’ont pas. Les Occidentaux y sont d’autant plus enclins que, grâce à leurs techno-sciences, ils ont dominé depuis trois siècles le reste du monde. Cette période est en train de se clore, il leur faut désormais compter avec d’autres manières de concevoir l’organisation des sociétés humaines. » (p.81)

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot , le 28 février 2013 : « Autres points de vue sur la loi, ritualisme et légalisme »

Source : France culture,
https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-3
et
https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-4

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158078963807317

Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #3 L’essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain

La troisième leçon d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitule « L’essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain ».

Vous verrez qu’il est très utile de rappeler les fondements de notre ordre juridique traditionnel pour comprendre en profondeur la révolution catastrophique (en cours) du néolibéralisme, et donc de l’Union européenne, avec leur idéologie utilitariste, scientiste et gestionnaire.

Voici la présentation de Merryl Moneghetti :

Pourquoi Aristote a-t-il récusé l’assimilation de l’art législatif à 1 technique de gouvernement? Pourquoi l’idée selon laquelle l’autorité des lois dépend de leur stabilité a-t-elle couru jusqu’à nous? Alain Supiot revient sur l’apport des Grecs anciens sur l’idée de loi & le legs romain juridique.

Aristote par Lysippe, copie romaine (période impériale) d'un bronze, Musée du Louvre / Artgate Fondazione Cariplo - Allegoria della Giustizia, par Canova, 1792, Corpus iuris civilisAristote par Lysippe, copie romaine (période impériale) d’un bronze, Musée du Louvre / Artgate Fondazione Cariplo – Allegoria della Giustizia, par Canova, 1792, Corpus iuris civilis • Crédits : Wikicommons: E. Gaba (Aristote), Artgate Fondazione (Allégorie)

« La conception du droit, vidée de toute interrogation politique ou philosophique est-elle un héritage du droit romain » ? Comment « devenue technique de gouvernement, avec les Romains, la loi est-elle susceptible de servir aussi bien une monarchie, une oligarchie qu’une démocratie ».

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 de l’Institut d’études avancées de Nantes, dont il préside aujourd’hui le comité stratégique, interroge l’apport grec de notre idée de la loi et la matrice juridique romaine de notre culture dans le cadre de sa grande série de cours sur les changements qui nous font passer « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

De l’ « englobement de la lex par le ius » naît le droit romain, rappelle Alain Supiot et un paradigme institutionnel promis à une extraordinaire carrière :

« un ordre juridique qui tout à la fois s’impose aux gouvernants et il est un instrument de leur pouvoir. Cet ordre s’impose à eux car il autonomise la forme juridique et investit les gouvernés de droits individuels opposables. Et il est un instrument de leur pouvoir, car, à la différence de la loi religieuse ou scientifique, la loi civile donne force normative à la volonté humaine et peut être modelée et transformée par elle. »

Revenant sur le legs antique, dans une tribune donnée auFigaro le 7 novembre 2016, sur le « granddélitement de la démocratie » Alain Supiot rappelle :

« La démocratie est un cadre institutionnel fragile qui, faisant crédit à la valeur de la parole, nous permet de confronter durement nos opinions sans en venir aux coups.

« Mais c’est un régime qui ne peut survivre durablement , écrit-il qu’à deux conditions, repérées depuis l’Antiquité: d’une part des citoyens que ne divisent pas de trop grands écarts de richesse et rendus capables de se hisser à la considération de l’intérêt général au-delà de leurs passions et intérêts particuliers ; et d’autre part des gouvernants issus de leurs rangs, qui ne se considèrent pas comme les maîtres des hommes, mais comme les serviteurs des lois. »

Revenant sur la crise actuelle, il conclut,

Cela permet aussi de comprendre pourquoi il est dangereux de ne tenir compte des scrutins que lorsqu’on les gagne: le discrédit qui en résulte sape les bases mêmes de la démocratie, encourage la quête de l’homme fort et ouvre les vannes de la violence. »

Cela posé, questionnonsle nomos grec et la lex dans le droit romain, pour la première partie que consacre Alain Supiot, à « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 14 février 2013. A cette première heure tournée vers l’antiquité succédera une deuxième partie sur la révolution grégorienne et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France.

Source : France culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-2

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158068315047317

Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #2 En quête de la machine à gouverner

La deuxième leçon d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitule « En quête de la machine à gouverner » :

Voici la présentation de Merryl Moneghetti (dont je trouve toutes les synthèses remarquables) :

« Pourquoi dans le contexte de la globalisation, faut-il s’interroger sur la diversité de sens de la notion de gouvernement ? Pourquoi l’Etat social est-il une catégorie à requestionner? Pourquoi la quête de la « machine à gouverner » et pourquoi cette machine n’est-elle plus régie par des lois ?

Couverture du Léviathan de Thomas Hobbes en 1651 / "L'écrivain", automate de Pierre Jacquet-Droz, 1774 (A. Supiot reprend le détail du mécanisme dans "La Gouvernance par les nombres"Fayard, p 37)Couverture du Léviathan de Thomas Hobbes en 1651 / « L’écrivain », automate de Pierre Jacquet-Droz, 1774 (A. Supiot reprend le détail du mécanisme dans « La Gouvernance par les nombres »Fayard, p 37) Crédits : Wikicommons / Musée d’art et d’histoire, Neuchâtel

Quel est ce besoin vital de se mettre en scène pour tout gouvernement, qu’il soit un Etat ou une entreprise ? Que veut dire le mot « représenter » en droit du travail ? Comment la loi peut-elle perdre sa « souveraineté pour se faire l’instrument de la réalisation d’un programme dans l’imaginaire cybernétique ?

Nous poursuivons en compagnie du juriste Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 del‘Institut d’études avancées de Nantes, sa série de cours intitulée, « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

Dans la présentation de ce cours pour le Collège de France, Alain Supiot souligne :

« Derrière le glissement sémantique du « gouvernement » à la « gouvernance », c’est une nouvelle façon de diriger les hommes que donne à voir l’analyse juridique. La raison du pouvoir n’est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes témoignant de son bon fonctionnement. »

Cette semaine, Alain Supiot explore le gouvernement par les lois sur la longue durée (de l’Antiquité à aujourd’hui) et il interroge le rapport aux lois d’autres cultures. Il indique ainsi reprenant les travaux de l’ethnobotaniste André Haudricourt :

« A la métaphore du berger ou du timonier – de celui qui conduit les hommes avec un bâton, en exerçant sur eux une action directe – s’oppose dans les pays à dominante horticole celle du jardinier, qui agit indirectement en créant les conditions les plus favorables à l’éclosion du génie propre de chaque espèce de plante ».

Alain Supiot suit l’évolution de la « machine à gouverner imaginée par Hobbes »,

« calquée sur le modèle de l’automate et régie par des lois inflexibles du même types que l’astrophysique » vers son modèle cybernétique.

Dans une interview donnée au magazine, L’Usine Nouvelle en 2015, Alain Supiot résumait :

« Comme souvent, le changement d’imaginaire a commencé dans l’ordre juridique avant de s’exprimer au plan scientifique et technique. La perte de la foi dans l’existence d’un souverain législateur date du XIXe siècle et de la première crise de légitimité de l’État. C’est cette crise qui a donné naissance à l’État social, mais aussi aux expériences totalitaires du XXe siècle qui ont cherché dans la science les « vraies lois » devant régir l’humanité. Au plan scientifique et technique ce sont dès les années 30, de grandes découvertes mathématiques, puis l’invention de la machine de Turing et les débuts de l’informatique, qui marquent ce passage à l’imaginaire cybernétique (…) Trois concepts jouent un rôle essentiel dans cette nouvelle vision de l’homme et du monde : le programme, le feedback (aujourd’hui nous dirions la « réactivité ») et la performance. « L’homme machine » des XVII-XVIIIe siècles disparaît, ou plus exactement, il se métamorphose en « machine intelligente », machine programmable par des objectifs chiffrés (…) Le fantasme aujourd’hui poursuivi est celui d’une mise en pilotage automatique des affaires humaines. »

Alors, comment l’Europe pense-t-elle le gouvernement des hommes ? Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, le 7 février 2013, « En quête de la machine à gouverner ».


Pour prolonger:

Les ressources en ligne autour d’Alain Supiot : bibliographie, conférences et entretiens, les résumés annuels des cours…

La leçon inaugurale d’Alain Supiot, « Grandeur et misère de l’État social » sur France Culture et auCollège de France(lien vers le fichier vidéo).

Alain Supiot, La Gouvernance par les lois, Fayard, 2015, Collection « Poids et Mesures du monde »

Alain Supiot, La Gouvernance par les nombresAlain Supiot, La Gouvernance par les nombres • Crédits : Fayard

Le musée d’art et d’histoire de Neuchâtel présente sur son site des photos des automates de l’horloger, Pierre Jaquet-Droz avec un commentaire sur les oeuvre et les mécanismes. « Les automates sont exposés et accessibles au public toute l’année et fonctionnent en démonstrations le premier dimanche du mois ou encore sur réservation »…

Alain Supiot au Collège de France en entretien :

Présentation de l’Institut d’études avancées Nantes

Voir tous les épisodes

DANS LA MÊME SÉRIE

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (3/12) : L'essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (4/12) : L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (5/12) : Ritualisme et légalisme

Alain Supiot, Grandeur et misère de l'Etat social

Grandeur et misère de l’Etat social
Alain Supiot
Fayard, 2013

La Gouvernance par les nombres

La Gouvernance par les nombres

Alain Supiot Fayard, 2015

"Le droit du travail" (PUF, 2019)

Le droit du travail
Alain Supiot
PUF – Que sais-je?, 2019

L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total

L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total
 Alain Supiot
Seuil, 2010

Source : France Culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-1

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158060376367317

Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES : 12 leçons fondamentales retransmises à nouveau sur France Culture

Chers amis,

France Culture rediffuse à partir d’aujourd’hui les 12 formidables et essentielles leçons qu’Alain Supiot a données au Collège de France en 2013 sur la gouvernance par les nombres.

Les douze cours sont déjà tous disponibles sur le site de France Culture, mais c’est autre chose de les entendre à la radio : il y a un côté « communion » (on écoute tous ensemble), et aussi un côté « il faut rester bien concentré pour ne rien rater », qui n’appartiennent qu’à la radio 🙂

J’ai déjà écouté de nombreuses fois toutes ces conférences, en auto ou en vélo, j’en raffole, je ne m’en lasse pas. C’est à partir du n°3, et encore plus du n°6, que l’intérêt de ces cours devient incandescent.

Bien amicalement.

Étienne.


Ce lundi 30 mars, c’est la première leçon (plus théorique et générale que les suivantes) :

Épisode 1 : Du gouvernement des hommes : de l’imaginaire horloger à l’ordinateur

https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-a-la-gouvernance-par-les-nombres-112-du-gouvernement-des-hommes-de

Merryl Moneghetti introduit la leçon : Comment l’analyse juridique peut-elle contribuer à éclairer les transformations de nos sociétés, travaillées par la globalisation, la révolution numérique et le passage, selon sa formule du « gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » ? s’interroge le juriste Alain Supiot.

Extrait du film "Metropolis" de Fritz Lang, la séquence dans l'usine, associée à un gros plan d'une main analysant les données boursières sur un écran. A. Supiot analyse la mise en place d'un « ordre normatif entièrement régi par le calcul ».
Extrait du film « Metropolis » de Fritz Lang, la séquence dans l’usine, associée à un gros plan d’une main analysant les données boursières sur un écran. A. Supiot analyse la mise en place d’un « ordre normatif entièrement régi par le calcul ». Crédits : UFA/Jesada Wongsa/EyeEm/Getty/Moneghetti

Dans l’actualité de la profonde remise en question de l’économie de marché et de l’approche budgétaire des domaines sensibles que sont la santé, la culture, et les services publics…, nous vous proposons  la rediffusion de la série d’Alain Supiot « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres(1re diffusion en janvier 2017).

Les années 2015-2020 sont marquées par des sanglants attentats et les ondes de choc du terrible conflit syrien, par l’ébranlement du Brexit et les secousses de l’élection de Donald Trump, à la tête des Etats-Unis, et plus récemment le mouvement des gilets jaunes et les grandes grèves en France et aujourd’hui par une terrible pandémie qui nécessite le confinement de la plus grande partie de la population et le ralentissement, voire la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie mondiale. La« gouvernance par les nombres », cet l’idéal des « objectifs mesurables », de la statistique, de l’algorithme qui numérise tout et pourrait tout maîtriser… cet idéal serait-il bousculé par un retour de bâton de l’imprévisible ?

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 de l’Institut d’études avancées de Nantes, dont il préside aujourd’hui le comité stratégique, s’attache dans son approche transdiciplinaire et transnationale à rendre sa juste place  à cet imprévisible qui fait notre monde. Il montre quel parti nous pouvons tirer de l’analyse juridique dans la longue durée et dans une approche comparative. La série de cours que vous allez pouvoir suivre a fait l’objet d’un stimulant ouvrage, intitulé « La gouvernance par les nombres » chez Fayard, en 2015 (la publication en poche est prévue pour le printemps 2020). Cet ouvrage essentiel est publié dans la collection, joliment nommée « Poids et mesures du monde ».Alain Supiot la définit comme

« ouverte à des auteurs de tous les continents, qui ont en commun de considérer la diversité des systèmes de pensée, non pas comme un reste d’irrationalité dans un monde destiné à devenir uniforme, transparent et gérable, mais comme un support indispensable à l’institution de la raison, dans un monde destiné à demeurer divers et imprévisible ».

Et c’est dans cet esprit qu’il ouvre ce matin sur la part indémontrable des sociétés, son « armature dogmatique », les systèmes de croyances, le fameux imaginaire collectif.

D’élections en élections,  marquées ces dernières années par les populistes qui battent campagne, la mondialisation  se trouve fortement questionnée, tandis que « l’ubérisation » et l’influence plus ou moins réfléchie des réseaux sociaux, voire les dérives numériques (les craintes de piratages, l’épineux enjeu de la protection des données personnelles…) sont redoutées.

Alain Supiot remet bien des questions en perspective et retourne quelques idées reçues.

En 2008, dans une note pour le think tank, Notre Europe, il avertissait déjà :

« On aurait tort de ne pas prendre au sérieux ce que les dirigeants chinois appellent aujourd’hui« l’économie communiste de marché », car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Nos notions de communisme, d’économie de marché ou de démocratie ne nous permettent en effet ni de comprendre la singularité des voies empruntées aujourd’hui par la Russie ou la Chine, ni de voir en quoi ces pays sont à l’avant-garde de tendances plus générales du nouveau capitalisme mondial. Elles ne sont pas davantage en mesure d’éclairer le « déficit démocratique » de l’Europe, ni l’effacement dans les pays occidentaux du politique au profit de la « gouvernance » à base d’indicateurs chiffrés et autres techniques de benchmarking.« 

Nous voici au cœur des enjeux.

Alors comment est-on passé d’un imaginaire qui s’est donné comme « objet fétiche » l’horloge à « l’imaginaire cybernétique » ?

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 31 janvier 2013,  pour le cours d’introduction d’Alain Supiot àsa série intitulée « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » :

PS: parmi tous les livres d’Alain Supiot, que j’aime tous lire, je vous recommande particulièrement ces deux-là, ce sont des bijoux :


https://www.fayard.fr/sciences-humaines/la-gouvernance-par-les-nombres-9782213681092


http://www.seuil.com/ouvrage/l-esprit-de-philadelphie-alain-supiot/9782020991032

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158056042107317

[Pas de démocratie politique sans DÉMOCRATIE ÉCONOMIQUE] Formidable Alain Supiot : Figures juridiques de la démocratie 1/9 : Essor et reflux de la démocratie économique

Chers amis,

Je me permets d’insister : Alain Supiot est un penseur important, il va vous bouleverser, il va alimenter votre pensée, il va vous montrer des racines importantes de notre humanité. Selon moi, un citoyen vigilant ne devrait pas rater Supiot.

Pour ma part, j’écoute ces conférences en vélo, en grimpant les petits chemins des collines autour de ma maison, m’arrêtant sans arrêt pour prendre fébrilement des notes importantes 🙂

Je vous ai déjà (un peu) parlé de son travail sur la (redoutable) gouvernance par les nombres (dépolitisation criminelle de l’action publique, voulue à la fois par les scientistes soviétiques, hitlériens et unioneuropéens), et sur l’allégeance qui vient (sur le modèle féodal). Ces deux séries de passionnantes conférences sont reprises dans un livre important : « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

Que je sache, il n’y a pas encore de livre publié pour retranscrire la troisième série de conférences que je voudrais ici vous signaler chaleureusement ; elle s’appelle « Figures juridiques de la démocratie » (toujours sur France Culture, qu’il faut remercier pour son travail de veille) : https://www.franceculture.fr/emissions/series/figures-juridiques-de-la-democratie

Je vous propose d’en étudier un (ou deux) épisode à la fois, pour bien digérer — et commenter ensemble — ce travail important. Je reproduirai ici, chaque fois, la synthèse, toujours très claire, proposée par Merryl Moneghetti sur France Culture.

En plus, je vais essayer de retranscrire moi-même en commentaires (et je vous invite à m’aider) les passages essentiels, à ne surtout pas rater.

Étienne.


Commençons par le commencement :

1/9 Essor et reflux de la démocratie économique

Introduction, par Merryl Moneghetti :

Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? s’interroge Alain Supiot. Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ?

William Gropper's "Construction of a Dam" (1939), is characteristic of much of the art of the 1930s, with workers seen in heroic poses, laboring in unison to complete a great public project.
William Gropper’s « Construction of a Dam » (1939), is characteristic of much of the art of the 1930s, with workers seen in heroic poses, laboring in unison to complete a great public project. Crédits : Wikicommons

Comment « le travail indépendant pour tous », s’avère-t-il la base d’un régime démocratique, « que chacun puisse vivre, dans l’indépendance, du fruit de son travail » ? demande encore le juriste Alain Supiot. Quels sont les dispositifs en France, en Allemagne et aux Etats-Unis qui ont pu exprimer l’idée de démocratie économique à l’âge industriel ? Comment cette démocratie économique a-t-elle reflué sous l’effet du tournant néolibéral ?

La Grande Bretagne du Brexit, l’Italie et son étrange coalition gouvernementale, la France des gilets jaunes, mais aussi la Suède et l’Allemagne, aux dernières élections de 2018, montrent tour à tour au fil des crises politiques et économiques qui les touchent, combien nos vieilles démocraties sont bousculées par le doute, la colère sociale et l’angoisse.

À partir de l’analyse juridique, Alain Supiot, titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités,  observe de manière privilégiée les grandes mutations qui nous touchent.

Le juriste s’est notamment attaché dans les séries de cours que nous avons diffusés en 2017 et en 2018 aux effets du recul du gouvernement par les lois, conséquence de la globalisation et de la gouvernance par les nombres, dans un monde contemporain où tout est soumis, désormais ou presque, au « calcul d’utilité ». Nous avions vu que l’ordre juridique se trouvait inféodé à l’ordre économique et que de nouveaux liens, des « nouvelles figures de l’allégeance » émergeaient alors que l’Etat social s’effaçait…

Alain Supiot, membre de la Commission mondiale sur l’avenir du travail, a débuté en 2016 et sur deux ans, une grande réflexion autour des « Figures juridiques de la démocratie économique« , que nous vous proposons en ce début d’année. Le juriste précise en ouverture de sa nouvelle série :

« La démocratie économique est entendue (c’est une première définition !) comme l’ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice. Si l’on admet  — dans le prolongement des analyses de Karl Polanyi — que les marchés sont « un élément utile mais secondaire dans une société libre« , le problème qui se pose aujourd’hui est de « ré-encastrer » les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l’économie de marché. Ceci suppose des dispositifs juridiques qui obligent à prendre en considération l’expérience concrète de ceux qui travaillent. »

Face aux conséquences désastreuses de la crise de 1929, François Mauriac avait fait part à son frère dans une lettre de ses grandes inquiétudes et de sa tristesse face à la jeunesse accablée par les maux de l’époque, en 1932 :

« Nous aurons été bien gâtés en comparaison de nos enfants. […] Ce que nous observons de tout près, dans notre famille, c’est l’anéantissement de la classe moyenne […]. Nos enfants seront des besogneux s’ils ne sont pas armés. Il faut apprendre à être à la fois heureux et pauvres. »

Cette angoisse du grand bourgeois, propriétaire terrien a nourri la révolte de l’écrivain Mauriac contre la politique fiscale du début des années trente et le poids des charges et fait naître le journaliste engagé contre les injustices et la montée des fascismes.

Comme le rappelle Alain Supiot, dans la grande série qui s’ouvre aujourd’hui,

« la proclamation des droits économiques et sociaux a résulté au XXème siècle de l’expérience historique des deux guerres mondiales. La référence à cette expérience est explicite dans la Déclaration de Philadelphie de 1944 :

L’expérience a pleinement démontré le bien-fondé de la déclaration contenue dans la Constitution de l’Organisation internationale du Travail, et d’après laquelle une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale »

Dans une première partie, Alain Supiot analyse la « prise du pouvoir économique par les managers », qui « ont privilégié l’investissement et la politique salariale sur les intérêts des actionnaires », pour favoriser la croissance des entreprises, du New deal au tournant des années Thatcher-Reagan, puis dans une deuxième partie, il revient sur les effets destructeurs de ce qu’on appelle la Corporate gouvernance, qui a condamné les entreprises au court-termisme.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 28 octobre 2016, pour le cours d’Alain Supiot, « Figures juridiques de la démocratie économique  » :


Bonus : Présentation de l’Institut d’études avancées Nantes dont Alain Supiot est le fondateur en 2008 ; il en préside aujourd’hui le comité stratégique.

Source : France Culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-19-essor-et-reflux-de-la-democratie-economique-0

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157933242977317

Alain Supiot, immense penseur du TRAVAIL, du droit du travail et, plus largement, de L’ÉTAT DE DROIT ; avec des critiques pénétrantes (et étonnamment parallèles) des SCIENTISMES de type religieux que sont le néo-libéralisme, l’URSS et l’Union européenne

Chers amis,

Voici plusieurs années que je remets à plus tard la publication d’un billet vous signalant le travail immense, passionnant, très important, d’Alain Supiot, professeur de droit du travail et professeur au Collège de France, souvent relayé par France Culture (merci merci merci, pour toutes ces émissions fondamentales et pour ce considérable dossier « SUPIOT », entretiens, conférences, livres…).

Compte tenu de ce retard, c’est un immense billet que je vais devoir faire ici, un peu rebutant par sa longueur, pardon, mais formidable par l’importance de son contenu, et consultable en plusieurs fois, évidemment.

Tout ce que dit cet homme est intéressant et important. Et ses pensées entrent souvent en résonance (parfois en contradiction) avec celles de Bernard Friot (dont j’admire aussi les réflexions sur le travail). J’aimerais beaucoup voir ces deux hommes confronter et approfondir ensemble leurs analyses…

Bonne lecture.

Étienne.


1 – D’abord, des synthèses isolées (plus ou moins 30 à 90 min pour chaque exposé) :

1) Dans un monde « réellement humain », comment et pourquoi travailler ? (La grande table avec Olivia Gesbert, FC, 17 déc. 2019, 13h)
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/dans-monde-reellement-humain-comment-et-pourquoi-travailler

2) Alain Supiot invité par Là-bas si j’y suis (enfin !) pour réfléchir à l’après-capitalisme (La guerre des idées, avec Jérémie Younes, LBSJS, 26 nov. 2019) :
https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/alain-supiot-reflechir-a-l-apres-capitalisme

Seuls les abonnés à LBSJS peuvent voir en entier cet entretien passionnant (d’une heure).

3) Le livre « Le travail au XXIe siècle » d’Alain Supiot, présenté par lui-même (La bibliothèque de l’éco avec par Tiphaine de Rocquigny, FC, 22 nov. 2019) :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-bibliotheque-ideale-de-leco/bibliotheque-de-leco-du-vendredi-22-novembre-2019

4) Réflexions avec Alain Supiot « savant du monde du travail » (L’heure bleue avec Laure Adler, FInter, 9 déc. 2019) :
https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-09-decembre-2019

5) Alain Supiot Le travail au XXIe siècle, présentation à l’Institut d’études avancées de Nantes, le 10 déc. 2019 :

6) Alain Supiot, L’avenir du travail, (Matières à penser avec Antoine Garapon, FC 21 juin 2018) :
https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser-avec-antoine-garapon/matieres-a-penser-droit-et-justice-du-jeudi-21-juin-2018

7) La juste division du travail, par Alain Supiot (Colloque « Qu’est-ce qu’un régime de travail réellement humain ? » en juillet 2017) :
https://www.franceculture.fr/conferences/maison-de-la-recherche-en-sciences-humaines/quest-ce-quun-regime-de-travail-reellement

8) Alain Supiot La gouvernance par les nombres, présentation (très résumée pour les personnes pressées) à l’Institut d’études avancées de Nantes, le 24 mars 2015 :

9) Alain Supiot Qu’est-ce qu’un régime de travail réellement humain ?, conférence vraiment très instructive, à l’université PSL, le 13 nov 2014 :

10) Pour remonter aux sources, voyez cette très ancienne conférence (en l’an 2000 !), où l’on retrouve une idée vraiment ,essentielle approfondie par Supiot depuis plus de 20 ans :
Alain Supiot, LA CONTRACTUALISATION DE LA SOCIÉTÉ , le 22 février 2000 à l’Université de tous les savoirs :
https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/la_contractualisation_de_la_societe.878


2 – Ensuite, trois grandes SÉRIES (travail de plus longue haleine, mais toutes ces séances sont absolument passionnantes) :

INTRODUCTION GÉNÉRALE : État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités, entretien avec Christine Goémé (FC, 22 juin 2016) :
https://www.franceculture.fr/emissions/l-eloge-du-savoir/etat-social-et-mondialisation-analyse-juridique-des-solidarites

INTRODUCTION GÉNÉRALE, LEÇON INAUGURALE : Grandeur et misère de l’État Social
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/grandeur-et-misere-de-letat-social


1. Du gouvernement des lois à la gouvernance par les nombres (deux ans de cours, 2012-2013) :

Sommaire : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-nombres

Les leçons 4 à 12 sont des merveilles, ne ratez pas ça.

1/12 Du gouvernement des hommes : de l’imaginaire horloger à l’ordinateur
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-0

2/12 En quête de la machine à gouverner
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-1

3/12 L’essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-2

4/12 L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-3

5/12 Ritualisme et légalisme
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-4

6/12 Le rêve d’harmonie par le calcul
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-5

7/12 L’essor des usages normatifs : la comptabilité et les statistiques
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-6

8/12 Juger : le passage de la prudence au calcul
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-7

9/12 L’asservissement de la loi au nombre : de la planification soviétique au Marché total
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-8

10/12 Calculer l’incalculable
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-9

11/12 La New comparative Analysis et le marché du droit
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-10

12/12 La dynamique juridique de la gouvernance par les nombres
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-11


2. Les figures de l’allégeance (2013-2014) :

Sommaire : https://www.franceculture.fr/emissions/series/les-figures-de-lallegeance

1/9 Le recul de l’hétéronomie
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-19-le-recul-de-lheteronomie

2/9 Le recul de l’hétéronomie (suite)
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-29-le-recul-de-lheteronomie-suite

3/9 Sans foi ni loi, une société insoutenable
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-cours-du-college-de-france-du-mercredi-31-octobre-2018

4/9 La résurgence du gouvernement par les hommes
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-49-la-resurgence-du-gouvernement-par-les-hommes

5/9 Les transformations des relations de travail de 1914 à la crise du compromis fordiste
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-les-transformations-des-relations-de-travail-de-1914-a-la-crise-du

6/9 Quel régime de travail réellement humain ?
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-cours-du-college-de-france-du-lundi-05-novembre-2018

7/9 Quel régime de travail réellement humain ? (suite)
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-79-quel-regime-de-travail-reellement-humain-suite

8/9 L’essor des droits attachés à la personne
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-89-lessor-des-droits-attaches-a-la-personne

9/9 Conclusion
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-figures-de-lallegeance-99-conclusion


3. Figures juridiques de la démocratie :

Sommaire : https://www.franceculture.fr/emissions/series/figures-juridiques-de-la-democratie

1/9 Essor et reflux de la démocratie économique
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-19-essor-et-reflux-de-la-democratie-economique-0

2/9 La démocratie économique et sociale
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-29-la-democratie-economique-et-sociale-0

3/9 La généalogie de la démocratie économique
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-39-la-genealogie-de-la-democratie-economique

4/9 Les bases juridiques médiévales de la démocratie
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-bases-juridiques-medievales-de-la-democratie

5/9 Des bases juridiques médiévales de la démocratie aux bases dogmatiques de l’époque moderne et jusqu’à aujourd’hui
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-59-des-bases-juridiques-medievales-de-la-democratie-aux-bases

6/9 La vision révolutionnaire de la démocratie économique
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-69-la-vision-revolutionnaire-de-la-democratie-economique

7/9 La démocratie face à la dynamique du capitalisme
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-79-la-democratie-face-a-la-dynamique-du-capitalisme

8/9 Du travail à l’emploi, la redéfinition de la démocratie économique
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-89-du-travail-a-lemploi-la-redefinition-de-la-democratie

9/9 La démocratie capturée par le marché
Résumé et compléments : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/la-democratie-capturee-par-le-marche


3 – Enfin, les meilleurs LIVRES à lire d’Alain SUPIOT :

L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total

L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total, Alain Supiot, Seuil, 2010

La Gouvernance par les nombres

La Gouvernance par les nombres, Alain Supiot, Fayard, 2015

.

La force d’une idée, Alain SupiotLes Liens qui Libèrent, 2019

Alain Supiot

Le Travail au XXIe siècle, Alain Supiot, Les Editions de l’Atelier, 2019

"Le droit du travail" (PUF, 2019)

Le droit du travail, Alain Supiot, PUF – Que sais-je?, 2019


N’oubliez pas d’aller consulter le formidable DOSSIER « Alain Supiot » publié sur le site de France Culture, c’est une mine inépuisable :
https://www.franceculture.fr/personne-alain-supiot.html

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157730918262317

PS : je vous avais parlé sur Thinkerview, en août 2017, du livre important de Supiot, « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » ; c’est à partir de 1 h 51 min :