CRISE SANITAIRE-ÉCONOMIQUE-DÉMOCRATIQUE / CRÉATION MONÉTAIRE – Entretien avec É. CHOUARD & Charles-Henri GALLOIS

J’aime bien Charles-Henri Gallois, il vient d’écrire un bon bouquin sur la prétendue « Union européenne », je vous le recommande.


https://www.fauves-editions.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=150

Nous nous sommes un peu parlé, il y a deux jours, à propos :
1) de « la crise sanitaire » (qui peut être vue surtout comme une crise des libertés publiques, sous prétexte de terreur)
et 2) de la création monétaire une fois sortis de l’UE.

J’apprécie le travail de ce jeune homme, que je trouve très pointu et pertinent sur l’UE, même si, clairement, on n’est pas d’accord du tout (pour l’instant) sur les enjeux monétaires 🙂

Voici l’enregistrement de l’échange, réalisé par les militants de l’UPR :

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158132768832317

30 réponses à “CRISE SANITAIRE-ÉCONOMIQUE-DÉMOCRATIQUE / CRÉATION MONÉTAIRE – Entretien avec É. CHOUARD & Charles-Henri GALLOIS

  1. L’incompréhension sur la question monétaire est simple : Charles-Henri fait une fixation sur la souveraineté bancaire alors que le sujet est la souveraineté monétaire. Or le contrôle de la monnaie, c’est aussi le contrôle de la création monétaire. Là, Charles-Henri est à coté de la plaque. Relisez ce que j’ai écrit sur la création monétaire dans mon essai. Éventuellement Étienne, joignez-moi, on pourrait en discuter en profondeur en attendant la fin du confinement et une rencontre attendue depuis fort longtemps.

  2. En ce qui concerne la monnaie, je trouve que ce débat illustre le formatage -- dénoncé par Étienne -- des étudiants des écoles de commerce, dont est issu Charles-Henri.
    Déclarer que les crédits ne sont pas de la création (et destruction) monétaire, c’est juste nier ce qu’est la monnaie !
    Et selon Étienne, même sorte de problèmes avec Vincent Brousseau…

  3. A mon sens si l’UE est un problème, c’est surtout ses gênes du libéralisme et du capitalisme. M. Gallois est adhérent de l’UPR et l’UPR prétend aller au fond des choses. Or l’UPR dénonce l’outil de domination (l’UE) mais jamais :
    1 -- le mécanisme de domination (le capitalisme et le libéralisme -- bien qu’en ce qui concerne le libéralisme, l’UPR propose de l’encadrer -- controle des capitaux, lutte contre paradis fiscaux; …)
    2 -- ceux qui ont mis en place cet outil et s’en servent à leur bénéfice exclusif.
    https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_violence_des_riches-9782707182678.html
    https://www.youtube.com/watch?v=JEOj91N7tn8
    http://ses.ens-lyon.fr/articles/le-prix-de-la-democratie-entretien-avec-julia-cage

    Quant au crédit, oui, c’est de la création monétaire. On apprenait ça en première année de sciences économiques. Et cette monnaie est détruite au fur et à mesure du remboursement du capital.

  4. Petite idée :
    Quand une entreprise se crée, elle a besoin de fond propre. Pourquoi ces fonds ne seraient pas amené par la Nation, après étude de ce que l’entreprise veut produire (utilité sociale, protection écologie, etc…), et « donné » « gratuitement ». Le montant apporté est inscrit au bilan de l’entreprise (passif immobilisé).
    Pas d’emprunt avec intérêt à rembourser. Par contre si la production s’arrête (l’entreprise ferme ou autre raison), le fond propre doit être remboursé.

    • Excellente proposition ! Qu’en serait -il des impôts à payer sur les bénéfices ?

    • Bonne idée, ce n’est plus de la monnaie-dette comme la monnaie standard actuelle. Il reste à voir qui décide au niveau de l’entreprise et de la nation (et ce qui se cache derrière ces concepts) et partir de l’idée du « salaire à vie », de la « cotisation », de la « propriété d’usage des moyens de production » de Bernard Friot.

      • Les décisions doivent être démocratiques. Au sein de l’entreprise, les fonds propres étant fournis par la Nation, il n’y a plus d’actionnaires. Peut imaginer une direction collégiale avec les salariés, des représentants d’associations de consommateurs, etc, etc.
        Au niveau de la nation, Etienne évoquait dans son débat avec M. Gallois le système bancaire nationalisé pour analyser les projets. Peut ensuite imaginer par Département une instance (tirée au sort ou autre ?) avec des représentants d’asso de consommateurs, d’assos citoyennes, etc. Des MOUVEMENTS CITOYENS ASSOCIATIFS tels que : (quelques exemples) https://www.colibris-lemouvement.org/ https://france.attac.org/ http://www.atterres.org/ Pour la science : Sciences citoyennes -- https://sciencescitoyennes.org/ Pour l’agriculture : https://terredeliens.org/ … etc, la liste est longue d’associations qui connaissent la réalité de la vie de terrain, bien plus que n’importe quel élu national, dans tout domaine pour aider à décider qui peut produire quoi, et comment.

  5. Un extrait qui vient du secteur bancaire en personne, pour ceux qui auraient encore des doutes 😉

    Traduit de « Modern Money Mechanics »- Federal Reserve Bank of Chicago (1994)

    QUI CRÉE L’ARGENT ?

    Les changements dans la quantité d’argent peuvent provenir des actions du système de la Réserve fédérale (la banque centrale), des institutions de dépôt (principalement les banques commerciales), ou du public. Le contrôle principal, cependant, incombe à la banque centrale. Le processus réel de création monétaire a lieu principalement dans les banques*. Comme indiqué précédemment, les dettes exigibles des banques sont de l’argent. Ces passifs sont les comptes des clients. Elles augmentent lorsque les clients déposent des devises et des contrôles et lorsque le produit des prêts accordés par la les banques sont créditées sur les comptes des emprunteurs. En l’absence de réserves légales obligatoires, les banques peuvent constituer des dépôts en augmentant les prêts et les investissements tant qu’ils conservent suffisamment de devises pour racheter quels que soient les montants que les détenteurs de dépôts veulent convertir en monnaie. Cette caractéristique unique du secteur bancaire a été découvert il y a plusieurs siècles.

    *Afin de décrire le processus de création monétaire aussi simplement que possible, le terme « banque » utilisé dans cette brochure doit être compris comme englobant toutes les institutions de dépôt. Depuis la déréglementation des institutions de dépôt et la Loi sur le contrôle monétaire de 1980, toutes les institutions de dépôt ont été autorisées à offrir des comptes d’opérations rémunérés à certains clients. Les comptes de transactions de tous les dépositaires sont soumis à l’obligation de constitution de réserves fixée par la Réserve Fédérale. Ainsi, ces institutions, et pas seulement les banques commerciales, ont le potentiel de création monétaire.

  6. Sur l’influence de la banque centrale sur les banques commerciales…
    Extrait traduit de « Money and Sustainability: Appendix A » – Bernard Lietaer

    « Si vous comprenez cette « alchimie de l’argent », vous avez compris le plus mystérieux secret de notre système monétaire.

    Selon ce schéma théorique, il semble toutefois que les banques ne puissent accorder de crédits que dans la mesure où elles disposent de réserves suffisantes.

    Dans la pratique, cependant, les banques n’attendent pas de réserves excédentaires avant de faire des crédits et de créer des dépôts. Au contraire, si vous êtes confronté à un client solvable et à une demande de crédit, une banque accorde le crédit. Elle s’efforce ensuite d’obtenir les réserves nécessaires pour faire face aux exigences légales. Si les banques sont globalement à court de réserves obligatoires, la banque centrale doit automatiquement les fournir.

    En dépit des discours sur la politique de la Fed visant à décourager ces crédits, il est tout simplement impossible pour la Fed de refuser de fournir les réserves nécessaires au système. En conséquence, la quantité de monnaie centrale créée est en réalité contrôlée par les banques elles-mêmes, car la banque centrale n’a pas vraiment la possibilité de refuser de fournir les réserves nécessaires. Son influence est limitée au taux d’intérêt qu’elle applique sur ces réserves supplémentaires. »

  7. Outre les voitures autonomes et la domotique à commande vocale, voici quelques autres éléments du film Demolition Man de Marco Brambilla (1993) : contacts physiques interdits, couvre-feu, langage contrôlé, opposition déclarée « terroriste » et affamée, population régulière pacifiée/désarmée et tracée, multinationale monopoliste ; le tout mis en place par une oligarchie hypocrite et mafieuse après des épidémies et un confinement généralisé.

    Je m’arrête là car je ne voudrais pas qu’on fasse de parallèles hasardeux…

  8. Pour C-H Gallois, de la part de la Banque de France 😉

    Banque de France : La monnaie et nous

    https://youtu.be/dSZ6ass81ZU?t=145

  9. Sur le sujet de la création monétaire ce Mr Charles Henry part d’un postulat qui pour lui n’est pas discutable c’est un pur libéral avec qui Etienne ne peut pas faire passer ses idées . Etienne, l’UPR n’est pas la solution je ne comprend pas pourquoi tu perds du temps avec ce discours impénétrable.
    De plus ce monsieur est un moulin a parole qui n’écoute pas tes arguments il reste dans son discours, difficile pour nous tes auditeurs habituels.
    Merci quand même de te prêter à toutes ces rencontres qui nouspermettent de nous éclairer un peu plus à chaque fois . Ton discours humaniste, même en parlant des banques est inaudible par ces libéraux .

  10. C est quoi cette boule puante??

    L’UPR veut débarquer son chef François Asselineau

    INFO LE FIGARO -- Une majorité du bureau national du mouvement a demandé à l’ancien candidat à la présidentielle de démissionner de ses fonctions sur fond de suspicions de harcèlement.


    https://amp.lefigaro.fr/politique/l-upr-veut-debarquer-son-chef-francois-asselineau-20200421

    • @JPM : la réponse est contenue dans votre question : c’est une boule puante.

      Ça a déclenché pas mal d’échanges et de discussions entre adhérents et militants, ça sent l’opération téléguidée soigneusement montée de l’extérieur avec l’usage d’une taupe peut-être même pas au courant elle-même. C’est en tous cas un signe clair : l’UPR doit commencer à emmerder sérieusement le système en place pour en arriver à ce genre de manœuvre.

      Mais ça ne restera pas sans suite, le simple fait que l’initiateur ait balancé ça à a rédaction du Figaro sans pour autant être identifiable montre tout le crédit qu’on peut y accorder, ce torchon ne publiant jamais les analyses de l’UPR mais se précipitant la bave aux lèvre sur ce genre d’info-poubelle pour en faire des tonnes.

      • Concernant cette affaire je suspend mon jugement sur le fond, par contre sur la forme je suis obligé de noter que:

        1°) Il a été demandé à Asselineau de Démissionner, avant même de lui avoir demander de s’expliquer et de se défendre , ce qui revient à une présomption de culpabilité, ce qui n’est jamais normal et est toujours suspicieux.

        2°) La responsabilité de la fuite de la lettre revient nécessairement aux auteurs, que ce soit de manière volontaire ou involontaire. On ne peut en effet imaginer raisonablement que Asselineau lui-même l’ai communiqué aux médias, donc soit les auteurs de cette lettre n’ont pas pris les mesures de confidentialité nécessaire lors de l’écriture et/ou la transmission de cette lettre, soit ils l’ont intentionnellement partagé aux médias.

        Affaire à suivre donc.

      • Je sens gros comme une maison que Ch H Gallois va rejoindre Phillipot…

  11. La question des médias est essentielle dans une démocratie.
    Afin de garantir la pluralité des opinions et la qualité des informations et des investigations, il faut donner le pouvoir de leur financement aux citoyens.
    Comment ? En installant un mécanisme très simple de « chèques info ».
    Chaque citoyen reçoit trois chèques par an et les donne aux médias de ses choix. (Papier ou dématérialisé lors de sa déclaration d impot)
    Comment on le finance ? Aucun surcoût
    A la place de la redevance audiovisuelle qu on supprime + aides directes et indirectes de l’État qu on supprime également.
    Quels sont les medias concernés ?
    On sépare les médias d informations des médias de divertissement.
    Seuls ceux traitant de l info peuvent obtenir ces chèques info.
    Publicité plafonné à 25% du CA
    Statut de coopérative obligatoire ou les salariés et journaliste possèdent le média. Publication annuelle des annonceurs et leur poids.
    Les médias de divertissement continuent comme aujourdhui mais non pas le droit de traiter l’actualité, la politique, etc.

    Tous les papiers traitant de l’info, les blog, les webtv, les 20 premières chaînes de la tnt du câbles et des box internet si elle respectent les conditions citées plus haut et qui ont un n° de commission paritaire peuvent bénéficiéer du CI.

    Appelez cette mesure comme vous voulez :
    RAC (redevance audiovisuelle citoyenne),
    chèques info,
    cmic (contribution médiatique et d’information citoyenne)
    cic (contribution ou chèque information citoyen).

  12. Que pensez vous de cette nouvelle revue de Michel Onfray?

    https://frontpopulaire.fr/

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