[Autogestion en pratique – Grecs épatants] La démocratie comme patron #DATAGUEULE 79

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156084966097317

——

[edit] J’ai trouvé ce matin, dans un de vos commentaires (fb), un texte que j’ai trouvé à la fois long et extrêmement intéressant, qui expose des arguments CONTRE l’autogestion, contre les syndicats, et en fait contre toute forme de représentation et même d’organisation 🙂
C’est donc très radical, mais je trouve que ces nombreux arguments devraient nous conduire à y réfléchir ensemble. J’ajoute donc ce lien au billet d’origine pour vous inciter à le commenter, s’il vous plaît :

Perspectives sur les Conseils, la Gestion Ouvrière et la Gauche Allemande, par Pierre Guillaume, (1974) :
http://aufhebung.fr/textes/pierre_guillaume/perspectives_sur_les_conseils_la_gestion_ouvriere_et_la_gauche_allemande/

[/edit]

5 réponses à “[Autogestion en pratique – Grecs épatants] La démocratie comme patron #DATAGUEULE 79

  1. Franck Lepage signale le travail formidable de Thomas Guénolé :

    Franck Lepage : « Réjouissant entretien avec Thomas guénolé autour de son livre « antisocial : la guerre sociale est déclarée ». Faites vous plaisir, quel bonheur de s’entendre rappeler qu’il faut arrêter avec le « néo-libéralisme » qui n’a rien de « néo » vu qu’il replonge tout le corps social dans des reculs du 19ème siècle sur tous les fronts, et qu’il n’a rien de « libéral » puisqu’il n’est qu’une oligarchie qui installe une dictature de l’argent…Thomas Guénolé plaide également pour qu’on arrête de militer tristement et qu’on utilise les armes du spectacle divertissant que la droite nous sert à longueur de propagande…et puis quelle jubilation de se faire rappeler que les manifs n’ont jamais inquiété le patronat, mais qu’en revanche les grèves le terrorisent : merci à toute l’équipe de La-bas si j’y suis de nous offrir cette sublime archive de l’INA où l’on voit Pompidou égrener la liste des acquis que lui et le patronat sont obligés de lâcher pour mettre fin à la formidable grève générale de mai 68 : augmentations massives de salaire, du SMIC, augmentation des allocations familiales, de la vieillesse, droit syndical, réduction du temps de travail, nouvelle semaine de congés payés.. etc, etc… Rien que pour cette incroyable archive ça vaut le coup de s’abonner…bon et si vous ronchonnez à vous abonner à un des média qui ne sert par la soupe au MEDEF, consolez vous en vous disant que 5 euros par mois pour combattre Macron, au fond c’est pas si cher ! »
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/thomas-guenole-a-tout-moment-une-breche-peut-s-ouvrir?bonjour=oui

    Franck Lepage

    Pour tout changer, les manifs ne servent à RIEN :
    pour tout changer il faut TOUT BLOQUER.
    Grèves illimitées et reconductibles avec occupation des usines.

  2. Sur l’AUTOGESTION, je suis tombé sur ce texte :
    Tiré de https://fr.theanarchistlibrary.org/library/lucia-bruno-qu-est-ce-que-l-autonomie-ouvriere#toc7

    Autogestion ouvrière et marché capitaliste.
    Quand les travailleurs d’une entreprise commencent à gérer la production, un des premiers obstacles auxquels ils sont confrontés touche à l’approvisionnement en matières premières. La question s’aggrave quand les matériaux sont importés. L’expérience a montré qu’ils subissent immédiatement le boycott des capitalistes, qui ne leur fournissent pas les matériaux nécessaires.

    En plus de cela il existe le problème du manque d’argent pour les acquérir. Quand ceci arrive, les travailleurs sont forcés de faire appel à l’État pour tenter d’obtenir des fonds. C’est la première étape vers la perte d’autonomie conquise par l’action d’occupation de l’entreprise.

    En se servant de cette nécessité de l’argent, le gouvernement ou les propriétaires du capital vont chercher à encadrer et contrôler les ouvriers en leur imposant des restrictions, des buts et des objectifs.

    Un autre problème non moins difficile à résoudre est celui de la distribution des produits de ces entreprises autogérées. De très nombreuses fois elles n’arrivent pas être aussi compétitives que les entreprises capitalistes de marché.

    S’il existe une situation révolutionnaire généralisée dans le pays, il est possible d’établir un système d’échange direct entre les usines en autogestion et entre l’industrie et l’agriculture.

    Mais si les luttes sont isolées, cela n’est possible qu’au moyen du marché capitaliste. La pression qu’il exerce force l’entreprise/usine à revêtir des formes capitalistes de gestion, pour restaurer la rentabilité et la compétitivité nécessaires.

    A ce moment-là s’imposent les critères capitalistes fondés sur les indices de productivité et d’efficacité.

    Ces critères produisent finalement de l’apathie entre les travailleurs et donc la bureaucratisation des comités d’usine est inévitable.

    Quand les comités d’usine bureaucratisés ne disparaissent pas, ils deviennent les nouveaux gestionnaires du capital. C’est ce qui est arrivé au Portugal par exemple, avec diverses entreprises industrielles et agricoles qui se mirent en autogestion après la chute du régime salazariste en 1974.

    En août 1975, on estimait à 308 environ le nombre de sociétés en autogestion dans le secteur urbain. Dans le sud, région latifundiaire, de vastes espaces ont été occupés et collectivisés par des salariés agricoles, donnant naissance aux Unités Collectives de Production (UPC).

    Dans tous les cas ce fut une solution trouvée par les travailleurs pour éviter le chômage. A cette époque de nombreuses entreprises fermaient parce que déficitaires ou parce que le patron s’enfuyait à l’étranger avec l’argent, par peur du « communisme ».

    Ces pratiques autogestionnaires auraient été une grande menace pour le capitalisme portugais si elles ne s’étaient pas limitées à des secteurs relativement périphériques de l’économie. Elles se sont produites principalement dans l’industrie textile, graphique, l’hôtellerie et le tourisme. Les initiatives qui ont émergées dans le domaine agricole sont restées isolées du reste du pays et n’ont pas eu d’autre choix que de faire appel à l’État.

    La liaison entre les différents secteurs de l’économie était fondamentale pour créer une réelle autonomie de ces entreprises dépendantes du capitalisme portugais, cela aurait permis l’expansion vers d’autres niveaux de la société et bien plus, par-delà les frontières portugaises.

    Cependant, comme le capitalisme portugais se réorganisait avec le reflux du mouvement révolutionnaire, la situation de ces entreprises était devenue de plus en plus difficile. La dépendance qu’elles avaient vis-à-vis des institutions capitalistes correspondait à la fragilité du mouvement qui s’était généralisé mais pas unifié, au point de créer un réseau de relations sociales fondées sur des critères de lutte prolétariens qui pouvaient être imposés pour la réorganisation globale de la société dans une perspective communiste.

    L’expérience portugaise, parce-que contemporaine, est d’une grande importance. Elle nous permet de voir que l’un des plus grands obstacles du processus révolutionnaire est aujourd’hui le marché capitaliste.

    Lorsque les luttes restent isolées, les expériences autogestionnaires finissent par être encerclées de tous les côtés ; par les marchés de capitaux, le crédit, des produits finis et aussi par les moyens de production (machines, semences, engrais, etc.).

    L’internationalisme des luttes se pose dans ce contexte comme un impératif pratique et non comme un slogan qu’on lance au moment des grandes dates commémoratives. L’internationalisation de la révolution n’est pas une nécessité à long terme, mais une question de survie immédiate.

    L’autogestion comme expression de l’autonomie de la classe ouvrière face au capitalisme ne peut être vue comme une particularité de tel ou tel autre entreprise/usine. Pas plus réduite à une solution provisoire pour temps de crise.

    Autogérer ne signifie pas seulement gérer d’une manière différente un capital productif afin que son produit soit distribué de manière plus équitable entre les travailleurs.

    Les pratiques autogestionnaires doivent profondément modifier les relations de travail et détruire la logique de valorisation du capital.

    Ce n’est pas un but à atteindre dans la société capitaliste. L’autogestion est un moyen de lutte à travers lequel les travailleurs prennent conscience qu’ils sont capable de gérer la production, de créer de nouvelles formes d’organisation du travail, et de mettre la démocratie ouvrière en pratique.

    Il est nécessaire de distinguer le mouvement des travailleurs des commissions qui en surgissent et qui se bureaucratisent à chaque fois que le cours de la lutte n’est pas ascendant. C’est la vivacité du mouvement autonome conjugué à la désagrégation des centres de pouvoir — deux aspects d’un même phénomène qui peuvent permettre la survie des pratiques autogestionnaires.

  3. [inégalités à hurler -- capitalisme de merde] Travailleurs pauvres : trop pauvres pour payer un loyer mais trop riches pour vivre en foyer. Donc, ils travaillent le jour et… ils dorment dehors la nuit !

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=720872444703481&id=366990266758369

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *