Archives pour la catégorie trahison des « élites »

[AUTODÉFENSE] Il faut absolument défendre nous-mêmes nos LANCEURS D’ALERTE, les AIDER financièrement, maintenant, massivement, régulièrement

Voici mon intervention à Paris, courte mais dense, le 28 avril 2018, à propos de la lutte héroïque — et très emblématique — de Martine Donnette et Claude Diot contre les monstres criminels de la grande distribution (qui corrompent et désertifient le pays) :

J’y parle du livre de Martine, très émouvant :

Et puis du livre de Stéphanie, très important :

J’aurais dû y évoquer la chaîne Youtube de Martine, « En toute franchise », et son site web, auxquels il faut s’abonner pour rester bien au courant des luttes en cours :

https://www.youtube.com/user/EnTouteFranchise

https://www.helloasso.com/associations/en-toute-franchise?banner=True

Site où l’on peut lui donner de l’argent (1€ par mois, par exemple, ce serait formidable) :

https://www.helloasso.com/associations/en-toute-franchise/formulaires/1

Et je vous signale aussi un site important, PASSEUR D’ALERTES, à consulter souvent et à aider aussi, qui regroupe toutes les nouvelles sur nos lanceurs d’alertes. C’est un travail de romain, ce site est précieux pour nous, il est complètement bénévole, c’est du dévouement pur et nous ne sommes pas assez nombreux à aider son animatrice, Caroline Chaumet-Delattre :


https://passeurdalertes.org/

Un grand merci aussi à la formidable équipe de Nexus, merci au courage épatant de l’éditeur Max Milo, merci à l’infatigable dévouement au bien commun de Philippe Pascot, merci à ceux qui nous accueillent malgré les calomnies, comme Nancy et l’association Miguel Angel, et merci à tous les obscurs et dévoués qui aident les lanceurs d’alerte, chacun dans leur coin, du mieux qu’ils peuvent.

Étienne.

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Rendez-vous à Toulon le 24 mai 2018, à 18 h, avec les Indignés, autour du dernier film sur Chomsky

L’événement Facebook :
https://www.facebook.com/events/329724867552496/

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Aude Lancelin, sur la scandaleuse appropriation des médias (y compris des prétendus « Reporters sans frontières », apparemment) par les ultrariches, en France comme ailleurs

Remarquable synthèse, en 7 min, sur la scandaleuse appropriation des médias (y compris des prétendus « Reporters sans frontières« , apparemment) par les ultrariches, en France comme ailleurs.

Merci Aude Lancelin.


Ça me rappelle évidemment ma propre synthèse, en 3 min en 2014, qui reliait cette honteuse mainmise médiatique à l’escroquerie historique du faux « suffrage universel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), à notre impuissance politique populaire et à sa cause première : notre démission du processus constituant :

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[Ennemis du peuple] Ceux qui se prennent pour « les élus » sont les fléaux de l’humanité. L’antidote universel contre leur accès au pouvoir est le tirage au sort, mais celui-ci ne sera institué et protégé que par des citoyens devenus personnellement et massivement constituants

Pendant que nos « élus de la république » détruisent impunément une à une toutes les protections sociales et toutes les institutions de l’état de droit (au profit des usuriers, leurs maîtres), les nouveaux nazis du moment — « élus de dieu » israéliens et américains « sionistes » —, racistes, colonialistes, impérialistes, terroristes, déporteurs, génocidaires, assassins, voleurs, menteurs, espionneurs, violeurs, exploiteurs, empoisonneurs, affameurs, bombardeurs, imposant à Gaza, comme exemple intimidant de terreur impériale, des camps de concentration et d’extermination, un apartheid abject et les pires crimes contre l’humanité, ces nouveaux monstres totalitaires conduisent impunément le monde entier vers une nouvelle tuerie générale, mensongèrement drapés dans l’expression « démocratie », avec l’aval dégoûtant, écœurant, révoltant, des faux « journalistes » qu’ils ont tous pourris en les achetant avec leur sale fausse monnaie 🙁

Putain d’impuissance politique de merde…

Au diable les « élus », au diable !

Étienne.


Bruno Guigue : Massacre colonial pour “un jour de gloire”

55 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’Israël. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs fielleux et abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré – et assiégé – de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.

Au nom de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, par exemple, appelle “toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires”. On savait déjà que l’UE ne servait à rien, mais il faut avouer que cette inutilité finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement au Proche-Orient”, déclare le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix. On sait ce que signifie cet angélisme de façade : il s’agit d’obtenir la reddition de ceux qui protestent contre l’occupation. D’une lutte de libération, cette rhétorique lénifiante fait une obscure querelle. Son artifice, dans le meilleur des cas, consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les responsabilités étaient partagées.

En attendant, la débauche de violence de l’occupant fait renaître l’atmosphère sanguinaire des pires massacres coloniaux. Enracinée dans les esprits par une idéologie raciste, la diabolisation du Palestinien autorise toutes les transgressions. Des citoyens israéliens s’installent sur les miradors pour assister en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spectacle ! Après tout, les héros de “Tsahal” excellent dans leur spécialité. Flinguer des civils, hommes, femmes et enfants confondus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hezbollah au Liban-Sud ou aller chercher le combattant palestinien, à la baïonnette, dans les ruelles obscures de Gaza.

“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fasciné par sa propre image mortifère.

Bruno Guigue.
 
https://www.legrandsoir.info/massacre-colonial-pour-un-jour-de-gloire.html

Rdz-vs à Nîmes, le 20 mai 2018, toute la journée, avec Heu?reka (Gilles) pour analyser et comparer les différentes alternatives pour une souveraineté monétaire digne de ce nom

Chers amis,

Je vais vous parler d’un jeune homme que je trouve épatant : il s’appelle Gilles et il anime une chaîne Youtube de grande qualité, qui s’appelle Heu?reka et qui parle beaucoup de monnaie, de création monétaire, de dettes, de banques et d’économie en général, toujours dans un souci exemplaire de pédagogie :

Chacune de ses vidéos est très riche et bien faite, incite à réfléchir et aide à comprendre les arnaques des « économistes » de banque qu’on entend tous les jours sur toutes les ondes (tous les journaux du pays ont été achetés par les ultra-riches, ce qui permet une désinformation générale à propos de « la finance »).

Par exemple, sa dernière vidéo, sur l’état de la Grèce avant les rapines et la dévastation actuelles, est vraiment très intéressante :

La crise de l’€ part 06 : La Grèce – Heu?reka #24-6

Bien sûr, en l’écoutant sur la genèse du martyr des Grecs, je bouillais d’envie d’exprimer de nombreuses remarques et ajouts, et de poser de multiples questions, gardant en tête cette conférence historique avec Myret Zaki, en 2011 à Genève, où Myret nous avait expliqué les causes réelles de la catastrophe grecque : un coup ! un coup de traders, un coup de bluff contre « la dette publique » (quel scandale, cette expression) d’un pays particulièrement faible de la zone euro… et au final, une « dette publique » inique, énorme, non nécessaire et criminelle. Je vous rappelle (et je vous recommande chaleureusement) cette importante vidéo :

Bon, eh bien figurez-vous que nous allons nous rencontrer, Gilles et moi, avec vous si vous le voulez, à Nîmes, le 20 mai prochain, pour une journée entière consacrée aux alternatives monétaires :

Merci à Tristan d’organiser cette rencontre. Tristan est ce jeune homme au dévouement exemplaire qui nous a programmé cet outil formidable (sur mesure) pour mener à distance nos ateliers constituants personnels : http://jecrislaconstitution.fr/

http://jecrislaconstitution.fr/

Début de la matinée : Gilles nous prépare en ce moment un exposé de synthèse à sa manière sur la monnaie et, connaissant son soin habituel, j’ai très hâte de découvrir son travail sur ce sujet vital pour les sociétés.

Puis, nous croiserons nos points de vue : j’aimerais connaître le regard de Gilles sur les deux alternatives monétaires que je préfère aujourd’hui : le chartalisme et la monnaie libre (la Ğ1, prononcer « june » ), et la façon dont on pourrait les combiner entre le niveau national et le niveau local.

Nous évoquerons certainement bien d’autres alternatives possibles, avec leurs avantages et inconvénients. On parlera sans doute du Crédit social (défendu par le major Douglas et Louis Even) et de l’initiative suisse « Monnaie pleine » qui va être votée en juin prochain. Nous aurons sûrement aussi l’occasion d’évoquer des sujets connexes mortifères, comme le prétendu « libre-échange » (aux effets dévastateurs sur les monnaies).

Puis nous répondrons à vos questions, jusqu’à la fin de la matinée.

L’après-midi, Gilles est d’accord pour commencer par un atelier constituant tous les deux sur la monnaie. Puis, vous vous y mettrez vous-mêmes 🙂 par groupes. Il s’agit de faire marcher notre cerveau collectif pour produire des articles de constitution en matière monétaire (aussi bien au niveau national que local).

Sans doute faudra-t-il rédiger à part des parties de glossaire pour expliquer aux simples citoyens (en annexe de la constitution) certains termes techniques (avec des schémas et des exemples).

Si de profonds désaccords se font jour au sein d’un groupe, au lieu de se disputer, nous nous entraînerons à « construire nos désaccords », sans les trancher tout de suite, en notant côte-à-côte les différentes options incompatibles (et qui nécessitent donc un choix) qui se présentent au débat public.

On finira la journée par une mise en commun des propositions des différents groupes.

Tout cela devrait être filmé (pour ceux qui ne pourront pas être avec nous) et je rêve qu’on puisse, à cette occasion, utiliser l’outil de Tristan, http://jecrislaconstitution.fr/, pour travailler en direct avec les citoyens intéressés mais éloignés .

J’ai hâte d’y être et de vous y retrouver 🙂

Étienne.

PS : ceux qui comptent venir seraient très gentils de le dire (en cliquant sur Participe) sur la page de l’événement fb :
https://www.facebook.com/events/1381076778704672/
Ça aidera beaucoup Tristan​​ à nous recevoir comme il faut.

À midi, on se débrouille pour déjeuner (sans compter sur Tristan), soit avec un pique-nique sorti du sac, soit en allant dans un des nombreux restaurants alentour.

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Premières traces de ce qui fut une très chouette rencontre :

Comprendre la souveraineté monétaire (1ère partie 🙂 ) :

Rendez-vous à Paris, samedi 28 avril 2018, pour découvrir (et encourager) les lanceurs d’alerte Martine Donnette et Claude Diot dans leur bagarre héroïque, seuls contre des ennemis du peuple géants : les grandes surfaces, qui doivent plus de 400 milliards à l’État ! qui ne les leur réclame pas !!!

Chers amis,

Je vous donne rendez-vous à Paris, samedi prochain, dans 3 jours (je suis très en retard, pardon), pour découvrir (et encourager) deux lanceurs d’alerte formidables, Martine Donnette et Claude Diot, dans leur bagarre héroïque, seuls contre des ennemis du peuple géants : les grandes surfaces — et leurs nombreux complices dans les administrations publiques !

L’histoire de Martine Donnette et Claude Diot (et de leur association, « En toute franchise ») est à la fois consternante, révoltante et exemplaire : Martine et Claude sont des gens simples, mais je les considère comme des héros : ce qu’ils font est incroyable, et admirable. Leur opiniâtreté et leur courage sont stupéfiants. Moi, ils me bluffent.

L’État français pourrait récupérer 418 milliards d’euros (418 G€ de recettes !) auprès des grandes surfaces qui construisent sur des surfaces illégales ET IL NE LE FAIT PAS ! Corruption ouverte et généralisée ! Il faut aider et relayer les vaillants lanceurs d’alerte qui dénoncent cet immense SCANDALE : 418 Mds d’€ de RECETTES PERDUES (pour les Bouches-du-Rhône seulement) !

Ce qui me choque le plus, en découvrant cette histoire très émouvante, c’est le peu d’aide dont disposent Martine et Claude : ces deux citoyens se dévouent au bien commun depuis près de 30 ans (30 ans !) pour protéger les commerçants indépendants, les citoyens, les finances publiques et l’environnement, et ils en sont réduits à mendier chaque mois quelques euros pour survivre et continuer à agir ! C’est juste incroyable. Il y a en France environ 2 millions de commerçants indépendants (2 millions !) ; il suffirait que chacun de ces commerçants leur donne un euro (un euro, bon sang !) pour que leurs meilleurs défenseurs, Martine et Claude, disposent enfin de moyens considérables pour être infiniment plus efficaces et plus rapides. Et pourtant, la presque totalité des commerçants, tout en leur disant « c’est super ce que vous faites, bravo, continuez… », ne leur donnent RIEN. Cet égoïsme stupide (qui finira par la disparition complète des petits commerçants, et du tissu social qui va avec eux) me désespère, je dois dire.

Nous autres simples citoyens, c’est pareil : que faisons-nous pour aider financièrement les différents lanceurs d’alerte dans leur bagarre pour le bien commun contre les bandits qu’ils dénoncent ? PRESQUE RIEN. C’est vraiment lamentable. J’espère que ce n’est pas définitif, j’espère que nous allons prendre conscience du besoin (évident) de tous les lanceurs d’alerte d’être aidés financièrement .

En tout cas, moi, je vais à Paris pour les aider comme je peux. Et je vous invite, si vous le pouvez, à venir vous aussi.

Je vais vous donner ci-dessous quelques documents pour comprendre les enjeux immenses de la lutte de Martine Donnette et de Claude Diot :

• D’abord, un reportage d’Élise Lucet, sur ces deux héros et sur l’incroyable corruption des pouvoirs publics par la grande distribution (corruption active, avec des valises de billets…) :

(Ne ratez pas ça, ça déménage : vous trouvez là LES PREUVES de la corruption à grande échelle des politiques par la grande distribution.)

Dossiers Noirs de la Grande Distribution Pieces à Conviction FR3

Dans ce reportage, on apprend (entre autres) qu’en 2004, 9 % des surfaces de vente sont illicites = 7 000 000 m2 illicites soit avec 150 euros/jour/m2 d’infraction = (sur 300 jours d’exploitation commerciale/an) = 315 milliards/an ==> 4 410 milliards sur 14 ans (depuis 2004).

• Une élue courageuse, Danielle Simonnet, a compris tout récemment l’importance pour nous tous de la bagarre historique de Martine et Claude contre les grandes surfaces, et elle résume ça en 2 minutes :

Danielle SIMONNET : « Grande Distribution, le scandale à 418 milliards d’€ ! »

• Martine a préparé une courte synthèse (10 minutes) du cas d’école qu’est le Carrefour Vitrolles (près de Marseille) qui permet de comprendre le mode opératoire commun à tous ces gredins à travers le pays :

L’INTÉGRALE DU DOSSIER CARREFOUR

Vous allez voir ici la rigueur de Martine et Claude, la précision des pièces avancées, leurs dossiers sont solides et documentés (il y a des caves entières de tels dossiers chez Martine !) et l’État ne s’en sert pas !!! ni les fonctionnaires, ni les juges !!! C’est soit une gabegie totale, soit une corruption généralisée, mais c’est digne d’une république bananière !

• Martine résume encore tout ça, en 8 minutes cette fois :

Martine Donnette le 10 octobre 2017

Les conséquences de l’expansion incontrôlée des grandes surfaces sont :
• la ruine et la destruction des commerçants indépendants,
• la suppression des emplois liés au petit commerce (les grandes surfaces détruisent infiniment plus d’emplois qu’elles n’en créent),
• la destruction du tissu social urbain,
• l’étranglement des PME, fournisseurs des grandes surfaces (et celui de tous les salariés de leur filière) via quelques centrales d’achat surpuissantes,
• la désertification du territoire,
• les ravages écologiques avec imperméabilisation des sols et la perte de zones immenses de terres fertiles.
• la constitution progressive, par accumulation, d’entités IRRESPONSABLES ET CUPIDES « TOO BIG TO FAIL » (trop grandes pour faire faillite) et « TOO BIG TO JAIL » (trop grandes pour aller en prison), cancer aussi grave qu’en matière bancaire, capable de prendre en otage la société entière avec la menace d’interrompre une fonction vitale.

Et tout ça continue et redouble aujourd’hui, faute d’intervention des pouvoirs publics POUR CAUSE DE CORRUPTION GÉNÉRALISÉE ET AU PLUS HAUT NIVEAU (voir première vidéo « Pièces à conviction » ci dessus) !

• Martine a aussi écrit UN LIVRE, émouvant, que je suis en train de lire et que je vous recommande : c’est un cas d’école de dévouement et de courage, face à une adversité implacable et des adversaires puissants et cruels, « Seule face aux géants », chez Max Milo, éditeur qu’il faut saluer pour les services qu’il rend au bien commun, je trouve :


https://www.maxmilo.com/produit/seule-face-aux-geants/

France-Info a fait une courte mais fidèle recension de ce livre (5 minutes) :

• La courageuse revue NEXUS, qui organise la rencontre de samedi, a consacré deux numéros au travail de Martine : le n°109 (pages 14 et s.) et le n°114 (pages 16 et s.).

(Nexus est cette revue qui a réalisé deux belles enquêtes et deux beaux articles, honnêtes et passionnants, sur les ateliers constituants populaires que je défends depuis plus de 10 ans : dans le n°78 et le n°96. Je remercie du fond du cœur cette équipe de journalistes qui fait mille fois mieux son boulot d’information honnête que les prétendus « journalistes » mainsream.)

• Martine a conçu un diaporama passionnant pour comprendre les étapes de la scandaleuse DÉRÉGULATION des grandes surfaces depuis des décennies :

COMMENT LA GRANDE DISTRIBUTION EST DEVENUE AUSSI PUISSANTE

Cette corruption patiente des pouvoirs publics par la grande distribution depuis les années 80, que récapitule ici Martine, me rappelle, bien sûr, la dérégulation financière catastrophique, obtenue par les banques et démontrée brillamment dans ce film important qu’est Inside Job, que je vous recommande très chaleureusement, et dont j’avais publié le script intégral dans un pdf de 80 pages. Vous devriez voir ce film et lire ce texte le crayon à la main, c’est la meilleure enquête que je connaisse sur la prétendue « crise » financière de 2008 :

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

https://chouard.org/blog/2016/02/20/histoire-detaillee-dun-odieux-complot-celui-de-la-deregulation-financiere-inside-job-enquete-essentielle-pour-comprendre-la-prochaine-crise/

Texte intégral du film-événement « INSIDE JOB. Autopsie d’une crise financière annoncée »

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Inside_job_texte_integral_en_francais.pdf

La chaîne Youtube de Martine, « En toute franchise » :
https://www.youtube.com/channel/UCM1aN_Gh51aeyglT-np2ocw

• La page Facebook de Martine, « En toute franchise » :
https://www.facebook.com/asso.entoutefranchise

La rencontre de samedi, pendant 3 heures, dont le sommaire est vraiment très intéressant, sera retransmise en live sur Facebook, sur la page du magazine Nexus :
https://www.facebook.com/magazine.nexus/


Et, pour finir, voici quelques pensées collatérales à propos des lanceurs d’alerte,
si importants pour nous tous, si martyrisés par les pouvoirs, et si peu aidés par nous :

• Il y a une jeune femme, Caroline Chaumet-Delattre, qui se dévoue, elle aussi, pour compiler sur un site, https://passeurdalertes.org/, (https://www.facebook.com/passeurdalertes/ sur Facebook) toutes les actions des divers lanceurs d’alerte à soutenir. C’est un endroit passionnant et important. Elle aussi, mériterait qu’on l’aide : qu’on l’aide à aider les lanceurs d’alerte !

• Je rappelle ici l’existence de deux lanceurs d’alerte géants que sont Julian Assange (celui qui a créé Wikileaks, et qui est emprisonné depuis des années à Londres, démocratie de mes fesses, pardon, alors que c’est un héros) et Edward Snowden (celui qui a révélé la surveillance généralisée de la NSA sur la terre entière, et qui est, depuis, en exil en Russie, soi-disant le pays du mal incarné, alors que c’est un héros).

• Je rappelle aussi le dénuement scandaleux de Stéphanie Gibaud (qui a révélé l’évasion fiscale en Suisse et qui a permis à son pays de récupérer plus de 10 milliards d’euros (!!!) et qui est plus traquée que remerciée). On peut l’aider directement ou en achetant ses livres : « La femme qui en savait vraiment trop » et « La traque des lanceurs d’alerte »

• Je pense aussi à Philippe Pascot, grand dénonciateur d’élus véreux devant l’Éternel. Il faut lire ses livres, ils sont tous écrits au vitriol anti-corruption. Voyez ceci :

[Délits d’élus, pilleurs d’État…] « ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… » – Philippe Pascot publie le 4e tome de sa (précieuse) encyclopédie des turpitudes des voleurs de pouvoir ( + 3 vidéos)

http://chouard.org/blog/2017/04/07/delits-delus-pilleurs-detat-allez-presque-tous-vous-faire-philippe-pascot-publie-le-4e-tome-de-sa-precieuse-encyclopedie-des-turpitudes-des-voleurs-de-pouvoir/

• Je vous rappelle enfin l’excellent livre de Vincent Le Coq et Anne-Sophie Poiroux, « Le ‘toujours moins cher’ : à quel prix ? Grande distribution, élus, État, Justice : une ‘entente’ cordiale », chez Yves Michel, autre éditeur courageux :


http://www.yvesmichel.org/product-page/economie/le-toujours-moins-cher-a-quel-prix/

À samedi, j’espère, en vrai ou en live sur Facebook 🙂

Étienne.

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PS : vous comprenez pourquoi j’ai tardé à vous annoncer cette rencontre ? J’avais mille choses à vous dire à propos de Martine et Claude 🙂 Et encore, je suis sûr que j’en ai oublié plein…


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 17 avril 2018.

CONFÉRENCE

Grande distribution : Bercy va-t-il récupérer les 418 000 000 000 € d’infractions non perçues par l’État ?

Nous étions hier, lundi 16 avril, avec l’association En Toute Franchise, Des Terres pas d’Hypers et Danielle Simonnet, Conseillère de Paris, devant le ministère de l’Économie et des Finances afin d’interpeller Bruno Le Maire sur les 418 milliards € que doit la Grande Distribution par ses nombreuses installations illicites sur la seule région Paca (cumul des infractions de 5e classe non réclamées par l’État depuis plus de 30 ans). L’association En Toute Franchise a déjà envoyé son enquête à l’Elysée, et Emmanuel Macron a répondu le 9 octobre 2017 que le dossier a été transmis à Bruno Le Maire (voir courrier plus bas). En Toute Franchise est encore sans nouvelle du ministre à ce jour.

Danielle Simonnet nous a apporté son soutien et va faire le relais de cette enquête que l’association En Toute Franchise mène depuis plus de 20 ans. « Je pense qu’il faut détruire les édifices illégaux de la grande distribution. De la même manière, les grandes enseignes qui ne respectent pas leurs obligations fiscales, il faut les réquisitionner », explique Danielle Simonnet.

Ni Bercy, ni Matignon, ni l’Élysée, ne semblent prêts à réaliser un moratoire, et à contrôler les grandes surfaces qui croissent dans l’irrespect total des zones protégées, agricoles, et inondables.

Après 20 ans d’enquête, l’association En Toute Franchise a calculé le coût total de ces infractions (infraction de 5e classe) à plus de 418 milliards d’euros pour la seule région Paca. Que fait l’État ? Cela représente plus d’un quart de la dette française !

Nous organisons une conférence le 28 avril prochain à Paris pour expliquer le détail de cette enquête.

Intervenants : Martine Donnette (En Toute Franchise), Jacqueline Lorthiois (socio-économiste), Robert Levesque (agronome Groupe Carma), Bertrand Veau (maire de Tournus), Philippe Pascot (écrivain), Étienne Chouard (enseignant).

Samedi 28 avril à 14h : 14, rue de Patay, Paris 13e

Contact presse : marcdaoud@nexus.fr / Tél. : 01 47 41 35 61

Marc Daoud, Directeur de la publication
22 rue Pasteur, 92380 Garches
01.47.41.35.61 – 06.13.69.02.28
MAGAZINE NEXUS
www.nexus.fr


Edit : la vidéo de cette chouette rencontre est disponible ici : https://www.facebook.com/magazine.nexus/videos/10160207531185244/

[Ennemis du peuple] La sécession des « élites » et l’abolition de la démocratie (Coralie Delaume, Christopher Lasch)

Encore une analyse remarquable de Coralie Delaume (L’arène nue), cette jeune femme épatante placée à mes côtés chez Taddéi en 2014 et qui m’a aidé (vers la min 11:40) à résister aux énormes mensonges de Jacques Attali :

(900 000 vues 🙂 ).

Voici son article :


FIGAROVOX/TRIBUNE – Coralie Delaume analyse les raisons de la fracture qu’elle observe entre les «élites», une classe minoritaire de privilégiés, et la masse qui n’a pas accès aux études prestigieuses ou qui n’a pas son mot à dire dans les orientations économiques de l’Union européenne.


Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017) et animatrice du site L’arène nue.


La Révolte des élites et la trahison de la démocratie est le titre d’un livre du sociologue américain Christopher Lasch, publié à titre posthume en 1995. Bien sûr, l’ouvrage analysait l’Amérique de son temps. Pourtant, il s’applique parfaitement à la France et à l’Europe d’aujourd’hui, dont il semble avoir anticipé l’évolution des classes favorisées avec une acuité visionnaire.

Le livre pose l’hypothèse que ce n’est plus la «révolte des masses» qui menace désormais la vie démocratique, mais la coupure de plus en plus prononcée entre le peuple et les «élites». Une coupure tant économique et matérielle qu’éducative et intellectuelle, dont résulte le repli sur eux-mêmes des privilégiés. Ces derniers ne parlent plus qu’à leurs pareils, c’est-à-dire non seulement à ceux qui bénéficient d’un même niveau de richesses, mais également à ceux qui partagent le même niveau d’instruction. Ils adorent mettre en scène leur pouvoir et le font de mille façons: exhibition des signes extérieurs de richesse, bien sûr, mais également – et de plus en plus – de leur patrimoine culturel. Le discours, ahurissant de cuistrerie, du président Macron sur l’intelligence artificielle (29 mars 2018) en est un exemple qui confine au grotesque. En revanche, ils n’assument plus que de mauvaise grâce les charges et responsabilités qui devraient leur incomber, et préfèrent le service de leur intérêt bien compris à celui d’un «intérêt général», dont ils ne conçoivent même plus qu’il pût exister.

Vingt ans après Lasch, le phénomène du séparatisme élitaire qu’il voyait poindre dans son pays vient de faire l’objet, pour la France cette fois, d’une étude chiffrée. Jérôme Fourquet a en effet publié, pour le compte de la Fondation Jean Jaurès, une note au titre évocateur: «1985-2017, quand les classes favorisées ont fait sécession». Il y explique notamment que la cohésion de la société française «est mise à mal aujourd’hui par un processus presque invisible à l’œil nu, mais néanmoins lourd de conséquences: un séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société, les occasions de contacts et d’interactions entre les catégories supérieures et le reste de la population étant en effet de moins en moins nombreuses».

Le dépérissement du cadre national permet aux « élites » de vivre de plus en plus dans une sorte d’alter-monde en suspension.

Le sondeur illustre ensuite. Il note que le cœur des grandes villes est massivement investi par les cadres, certains centres urbains leur tenant désormais lieu de ghettos dorés. Les CSP+ sont ainsi passés de 25 % à 46 % de la population parisienne en 30 ans, cependant que le pourcentage des ouvriers a décru, passant de 18 % à 7 %. Fourquet analyse ensuite la désertion de l’enseignement public et la scolarisation massive des enfants de cadres dans le privé, le séparatisme électoral des plus aisés ou, pour les cas extrêmes, l’exil fiscal, ce dernier signant le refus d’une partie de la population de financer le fonctionnement la collectivité dans son ensemble. Pour l’auteur de l’étude, nous faisons face à l’«autonomisation d’une partie des catégories les plus favorisées, qui se sentent de moins en moins liées par un destin commun au reste de la collectivité nationale». On voit en effet combien le phénomène est lié au dépérissement du cadre national, dépérissement qui permet aux «élites» de vivre de plus en plus dans une sorte d’alter-monde en suspension, cependant que les autres sont rivés à un ici-bas qui commence à se changer en friche, et finira par se muer en jungle.

Jérôme Fourquet n’est pas le premier à faire ce constat. L’anthropologue Emmanuel Todd l’a fait également, et donne dans son dernier ouvrage (Où en sommes nous, Seuil, 2017) une explication convaincante. Pour lui, c’est la fracture éducative qui est en cause, le développement de l’éducation supérieure ayant eu un effet pervers inattendu en tronçonnant le corps social en deux catégories de personnes: les éduqués supérieurs et les autres. Alors que la massification des éducations primaire et secondaire avait contribué à égaliser le niveau éducatif général et favorisé l’épanouissement de la démocratie, c’est à l’inverse qu’on assiste aujourd’hui. La raison en est simple: l’éducation supérieure ne s’est pas (encore?) généralisée.«L’accès universel à l’instruction primaire puis secondaire avait nourri un subconscient social égalitaire ; le plafonnement de l’éducation supérieure a engendré, (…) un subconscient social inégalitaire», énonce le chercheur.

De ce «subconscient inégalitaire», on perçoit chaque jour les effets. On constate que ne se mélangent plus guère ces éduqués supérieurs contents d’eux, étrangement persuadés de ne rien devoir qu’à leur talent. De toute façon, ils sont suffisamment nombreux pour pouvoir fonctionner en circuit fermé et pour ne plus avoir à s’adresser qu’aux autres «manipulateurs de symboles», ainsi que l’économiste Robert Reich qualifiait les gagnants de la mondialisation, ces diplômés, plurilingues, mobiles, à l’aise dans le domaine de la communication et qui font l’opinion. Car ce sont eux, bien sûr, qui tiennent les plumes et parlent dans les micros. Ils nous font partager leur manière propre d’appréhender la masse des «gens qui ne sont rien» comme dirait Macron, autrement dit des gens qui ne sont pas comme eux. Ils nous les peignent comme frileux, «réacs», hostiles de façon primitive et irrationnelle aux réformes ainsi qu’à tout type changement. Ils nous expliquent que s’ils votent «populiste», c’est parce qu’ils sont xénophobes, et que s’ils votent mal aux référendums c’est parce qu’ils ne comprennent pas les questions. Peut-être cette partition de la société devrait-elle nous conduire à reconsidérer le contour des classes sociales? Si celles-ci existent encore (et c’est évidemment le cas) la sécession des «élites» n’est pas seulement le fait des «riches» et des propriétaires des moyens de productions. Elle est également celui des détenteurs d’un capital éducatif et culturel, lequel s’hérite de plus en plus d’ailleurs, sur fond de destruction de l’école publique et de dégraissage perpétuel du «Mammouth».

Le dégraissage concerne d’ailleurs l’ensemble de l’appareil d’État et des services publics, ceux-ci ayant le tort de présenter des vertus égalisatrices qui entravent le séparatisme élitaire. Pour leur régler leur compte, les pays européens membres de l’UE ont inventé un prétexte ingénieux et unique au monde: la nécessite de respecter les «critères de convergence» de Maastricht. Notamment celui des 3 % de déficit public, et c’est en son nom que les gouvernements détruisent ou vendent tout le patrimoine collectif. La France vient d’ailleurs de passer sous la barre fatidique (2,6 % pour 2017), avant même d’avoir fini de brader la SNCF.

La construction européenne est un formidable outil de déresponsabilisation des « élites » nationales.

D’une manière générale, la construction européenne est un formidable outil de déresponsabilisation des «élites» nationales, notamment des élites politiques. Celles-ci, toutes ointes qu’elles sont de la légitimité offerte par le suffrage universel, n’en assument pas pour autant les vraies charges. La capacité à faire les grands choix a été massivement transférée au niveau supranational, qui lui ne rend pas de comptes. Les dirigeants de la Banque centrale européenne ne rendent pas de compte pour la politique monétaire qu’ils conduisent. La Commission de Bruxelles ne risque pas d’affronter une grève pour s’être mêlée d’un peu trop près, dans le cadre du «Semestre européen», du contenu des budgets des États membres. La Cour de justice de l’UE ne risque pas la sanction des citoyens (de quel État au demeurant?) pour les jurisprudences de dérégulation économique qu’elle pond à la chaîne. De toute façon, en «constitutionnalisant» les traités européens de sa propre initiative via des arrêts datant des années 1960, la Cour a très tôt permis que ces traités et tous les éléments de politique économique qu’ils contiennent, se situent au-dessus des lois dans la hiérarchie des normes des États-membres. C’est-à-dire hors de portée des Parlements, donc des électeurs.

La manière dont est organisée l’UE a pour effet de décorréler les élections (qui ont lieu au niveau national) et la prise de décision (qui se fait à l’échelon supranational), ce qui en fait une véritable machine de défilement au service «d’élites» politiques en rupture de ban avec leurs nations d’origines – et qui ressemblent bien plus à une oligarchie qu’à une véritable élite désormais. Par ailleurs, l’UE offre de multiples possibilités d’évitement fiscal grâce à ses paradis fiscaux intégrés (Irlande, Luxembourg…). Enfin, la libre circulation du capital et du travail dans le Marché unique contribue à mettre les deux en concurrence au profit du plus mobile et du rapide (le capital) et au détriment du plus sédentaire (le travail). Le tout pour la grande joie des catégories possédantes, cette fois.

Dans ce cadre, il n’est pas étonnant qu’un politiste spécialisé sur les questions européennes tel le Bulgare Ivan Krastev, consacre de longues pages de son dernier ouvrage (Le destin de l’Europe, Premier Parallèle, 2017), à décrire le phénomène de sécession des classes dirigeantes à l’échelle continentale. «Les élites aristocratiques traditionnelles avaient des devoirs et des responsabilités, et leur éducation les préparait à se montrer à leur hauteur», écrit-il. «En comparaison, les nouvelles élites sont formées pour gouverner mais sont tout sauf prêtes au sacrifice». Pas même au sacrifice financier, aurait-il pu ajouter, en tout cas de moins en moins puisque l’optimisation fiscale est devenue l’un des sports phares de notre époque. Puis Krastev d’ajouter: «La nature et la convertibilité des compétences des nouvelles élites les affranchissent très concrètement de leur propre nation. Elles ne dépendent pas des systèmes éducatifs publics nationaux (leurs enfants étudient dans les établissements privés) ni des systèmes de protection sociale nationaux (elles peuvent se permettre les meilleurs établissements hospitaliers). Elles ont perdu la capacité de partager les passions et les émotions de leur communauté».

En même temps que l’on « dépasse » les nations et que l’on détruit l’État, c’est la démocratie qu’on abolit.

Dès lors, la montée de ce qu’on appelle «les populismes» correspondrait avant tout à une quête de loyauté. D’ailleurs, le discours «souverainiste» ou anti-mondialisation desdits «populistes» est probablement l’une des clés de leur succès. Il correspond à un désir de plus en plus profond, de la part des peuples, de «rapatrier» leurs classes dirigeantes, afin qu’elles ne se défilent plus. Afin qu’il redevienne possible d’exiger qu’elles assument leurs devoirs autant qu’elles jouissent de leurs droits, et qu’elles rendent à la collectivité une part au moins de ce qu’elles ont reçu, c’est-à-dire beaucoup (sécurité des biens et des personnes, système de santé, système éducatif, etc.). Enfin et concernant le personnel politique, son «rapatriement» et le fait de refaire coïncider les mandats nationaux avec la conduite effective des politiques, est le seul moyen de rendre à nouveau possible l’exercice d’un contrôle démocratique normal.

Cela est-il possible? Le moins que l’on puisse dire est que pour l’heure, on n’en prend pas le chemin. À l’inverse et jour après jour, en même temps que l’on «dépasse» les nations et que l’on détruit l’État, c’est la démocratie qu’on abolit.

Coralie Delaume.

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-d-etre-abolie-par-coralie-delaume.php


Mon commentaire :

Comme tout être vivant, un corps social qui n’a plus de défenses immunitaires est voué à disparaître. En devenant des CITOYENS CONSTITUANTS, les électeurs, enfants impotents, se transforment en « globules blancs », soldats actifs et résistants, contre les ennemis du pays, agents de l’étranger et autres dangers.

Si nous devenons des millions à avoir appris à constituer (et à enfin VOULOIR constituer), en priorité, rien ne nous arrêtera, ça adviendra.

Ce qui nous manque, et qui entretient éternellement notre faiblesse, c’est notre dispersion sur les innombrables conséquences de notre impuissance politique. Les ateliers constituants nous FOCALISENT SUR L’ESSENTIEL, SUR UNE CAUSE COMMUNE : CELLE DE NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE, NOTRE DÉMISSION DU PROCESSUS CONSTITUANT.

Et les ennemis du peuple savent bien qu’il est hautement stratégique de diviser pour régner. Et tous les sujets législatifs sont parfaits pour nous conduire à nous entre-déchirer. À nous de les repérer et de les éviter.

À vous de décider, librement, de votre rôle personnel dans la survie de votre Cité.

Merci pour tous vos gentils messages, vous me donnez ma force.
Mais n’oubliez pas d’apprendre à constituer 🙂 Vous ne pouvez pas mieux m’aider qu’en devenant, vous aussi, constituant.

Bien amicalement.

Étienne.

PS : n’oubliez pas d’essayer l’outil formidable que Tristan Matrixien nous a programmé pour organiser nos ateliers, c’est une merveille : http://jecrislaconstitution.fr/

PPS : [Ne ratez pas ça] J’avais publié en 2011 un chapitre formidable du livre important de Christopher Lasch dont parle Coralie : « L’ART PERDU DE LA CONTROVERSE » :

Chavez défend son peuple contre les banques ! ce qui me fait penser au populisme défendu par Christopher LASCH

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/07/115-chavez-defend-son-peuple-contre-les-banques

PPPS : « Il convient de dissocier les idées, avant et afin d’associer les cœurs. »
Jean Grenier, Essai sur l’esprit d’orthodoxie (1938). [Formidable réflexion contre l’esprit de parti.]


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