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[Chez Ruptures, en défense ardente des #GiletsJaunesConstituants] Macron, Union européenne, médias mainstream…

Le week-end dernier, à Paris, j’ai rencontré deux jeunes gens de Ruptures, l’important journal de résistance au régime illégitime européen.

En voici la trace, dans cet article et cette vidéo, synthèse assez complète de ce que je pense du mouvement formidable — historique et exemplaire — des #GiletsJaunesConstituants.

Extraits 🙂 :

«Sur les ronds-points, les Gilets jaunes font ce que nous devrions tous faire, ils sortent de chez eux, ils arrêtent de regarder la télé, ils refont société»

«Joffrin, Aphatie, Barbier et toute la bande des voleurs de parole sont des couards […] ils ne sont pas capables de me prendre en face-à-face pour discuter du fond»

«L’Union européenne est à mon avis un projet d’occupation, il faut voir le travail remarquable de François Asselineau là-dessus».

Bonne lecture à tous

Étienne.

PS : je serai le 7 janvier à Paris (chez Taddéï), le 12 à Nice, le 14 à Marseille (théâtre Toursky), le 18 à Toulon, le 20 à Avignon, les 24, 25 et 26 à Paris, du 7 au 10 février en Bretagne… 

Vie de fou, mais période passionnante. 

En théorie et en pratique, on grandit ensemble, on devient des adultes politiques. 

La liberté ne se demande pas, elle se prend.

Bon courage à tous 🙂


https://ruptures-presse.fr/actu/gilets-jaunes-macron-union-europeenne-medias-mainstream-entretien-etienne-chouard

Le mouvement des Gilets jaunes a éclaté mi-novembre 2018. Parti à l’origine de la colère contre une taxe écologique supplémentaire sur les carburants, cette mobilisation, totalement inédite et remarquablement déterminée, a très vite associé les exigences sociales et démocratiques.

En haut de la liste des revendications prioritaires des Gilets jaunes, figure en particulier le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), une idée qu’Étienne Chouard, professeur d’économie et de droit, a largement contribué à populariser.

Ruptures a rencontré ce blogueur citoyen, qui s’est notamment fait connaître dans la campagne pour le Non au projet de Constitution européenne, en 2005. Il est aujourd’hui considéré comme une référence du mouvement des Gilets jaunes, et fait l’objet d’attaques virulentes de la part de la presse dominante.

Il s’exprime ici sur la mobilisation et ses enjeux, sur l’Europe contre la souveraineté, et sur les perspectives possibles pour 2019. Entre autres sujets abordés lors de l’entretien, Étienne Chouard revient sur le concept de « souveraineté européenne » porté par Emanuel Macron (à partir de 31 min 16 sec).

Sur les péages d’autoroute, sur les ronds-points comme dans les manifestations souvent improvisées, le drapeau tricolore et la Marseillaise ont fait partout leur apparition caractérisant l’état d’esprit des citoyens mobilisés, et largement soutenus, qu’on pourrait résumer par ce slogan « nous sommes le peuple ».

Lors de l’entretien, Étienne Chouard a notamment réagi aux intentions de certains d’inscrire le mouvement des Gilets jaunes aux élections européennes de mars 2019.

Lire aussi, sur Ruptures : Gilets jaunes : la genèse d’un mouvement qui pourrait marquer l’Histoire de la France

Fil facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156832239797317

Je m’expliquais dimanche dernier à Bruxelles chez Michel Collon (sur sa chaîne d’info « Michel Midi »), à propos des Gilets jaunes, du RIC, des calomnies à mon sujet, des médias…

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« (Macron) est un gredin, un voleur, un criminel ! » – Invité chez Éric Morillot (Les Incorrectibles, Sud Radio)

J’aime bien le format « ping pong rapide », en fait ; ça complique un peu la tâche pour développer sa pensée, mais c’est un format complémentaire des exposés en conférence, nettement plus tonique — un peu risqué aussi, parce qu’on peut s’emporter et prononcer des mots qu’on pourrait regretter et qui sont pourtant enregistrés.

Il faudrait un peu plus de temps, quand même, sur des sujets aussi importants et riches en détails décisifs.

Je dis un grand merci à Sud Radio. Je trouve certains commentaires (sous la vidéo) très injustes avec un des seuls médias qui, précisément, me permettent de me défendre en public et en direct (sans tricher). C’est normal qu’ils me rentrent dans le lard, et ils ne sont pas malveillants : il faut que les points problématiques soient évoqués et traités, et leurs questions m’ont permis d’en évoquer beaucoup.

Certes, il aurait fallu plus de temps, ce qui leur aurait permis de poser leurs questions plus lentement, et d’attendre que j’ai répondu à chacune d’entre elles — et à moi de parler un peu plus calmement 🙂 Mais globalement, ce sont des émissions comme celle-là dont nous avons besoin. Je dis un grand merci à Éric Morillot, et j’espère à bientôt ; avec Raphaël Enthoven ce sera assurément passionnant 🙂

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156821030852317

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Edit : Un des #GiletsJaunesConstituants nous a mitonné un bon petit résumé, en seulement 11 minutes , de la première partie de l’émission de @SudRadio 🙂 :

LIBÉREZ ASSANGE ! LIBÉREZ SNOWDEN ! PROTÉGEZ TOUS LES LANCEURS D’ALERTE !

#LesMotsConspirationnismeEtComplotismeOntÉtéInventésParLesConspirateursEtLeursAmisCommeBoucliersContreLesAlertesCitoyennes

#AccusationDeConspirationnismeOuDeComplotismeÉgaleSigneFortDeComplicitéDeLaccusateurAvecLesConspirateursEtLesComploteursÉgaleLégionDhonneurÉgaleIndiceSérieuxDeRésistanceAuthentique

#UnCitoyenDigneDeCeNomDénonceCourageusementTousLesComplotsConnusContreLeBienCommun

#LaFonctionPremièreDunCitoyenEstLaVigilance


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[RIC POUR LES GILETS JAUNES (et les autres)] Les mœurs des « journalistes » en France, en 2018, avec les vrais opposants, c’est 2 qui tiennent et 3 qui cognent… et un bâillon pour qu’il se taise… Je demande le droit de nous défendre loyalement : en direct et en face à face

Je me fais une très haute idée de la fonction de journaliste. J’ai été très marqué par l’imaginaire de l’époque de la Révolution française, où les journalistes étaient considérés comme « les sentinelles du peuple ». Déjà, à Athènes, il y a 2500 ans, les citoyens, pour pouvoir tous jouer le rôle de « sentinelles de la démocratie », tenaient plus que tout à l’iségoria (droit de parole pour tous, à tout moment et à tout propos) car ce droit de parole permettait à chaque citoyen de chercher et surtout de dénoncer tous les éventuels complots contre la démocratie, pour la protéger. Grâce à l’iségoria, la démocratie était plus forte, la démocratie avait les moyens de se défendre contre les intrigants, contre les comploteurs.

Aujourd’hui, le croiriez-vous, les « journalistes » (ou en tout cas un grand nombre d’entre eux) traquent les lanceurs d’alertes comme des malfaiteurs, qu’ils appellent des « complotistes »… c’est-à-dire que les « journalistes », au lieu de protéger les citoyens vigilants (et d’en faire partie eux-mêmes !), les martyrisent ! On marche sur la tête.

#LeTermeComplotisteEstUneInsulteÀLintelligenceCritique

Et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre le lien direct entre cette profonde perversion (mise à l’envers) de la fonction de journalisme et l’appropriation de tous les journaux par les plus riches (9 milliardaires ont acheté, comme on achète des bagnoles ou des baraques, TOUS les journaux du pays ; c’est une catastrophe, l’opinion n’est plus éclairée mais intoxiquée).

Par ailleurs, je constate à mon sujet que les mœurs des « journalistes », avec les opposants au système de domination parlementaire (à mon avis frauduleusement nommé «Gouvernement représentatif»), deviennent d’une brutalité et d’une déloyauté crasses : car enfin, depuis deux ou trois jours, tous les éditocrates de mon pays publient des « portraits » de moi comme si j’étais l’ennemi public n°1, fourbe, dangereux, complotant dans l’ombre, « trouble » (sic), « sulfureux » (resic), tissant sa toile (reresic)… (sans s’en rendre compte, mes accusateurs sont d’ailleurs précisément ce qu’ils dénoncent : « complotistes »…), mais sans m’avoir jamais appelé avant pour connaître ma version (les seuls à m’avoir appelé avant sont les journalistes de France Info, qui ont d’ailleurs écrit sur moi un article moins mensonger que les autres), sans m’avoir prévenu, et surtout sans me laisser la moindre chance de me défendre, sans me permettre d’expliquer la sottise et la fausseté de toutes ces accusations invraisemblables, et surtout sans jamais confronter nos arguments de fond.

J’ai demandé, sur Twitter, aux premiers de ces éditorialistes calomniateurs un débat à la loyale, en direct, face à face et sur le fond (des problématiques de la souveraineté, de la représentation, de l’initiative des peuples dans les lois auxquels ils consentent à obéir, de choses sérieuses, quoi), plutôt que sur des ragots extravagants qui tournent en boucle dans le milieu fermé des prétendus « antifas », dont tout laisse à croire que leur mission réelle est d’entretenir à gauche une profonde zizanie, à l’aide d’une redoutable police de la pensée ; zizanie qui coupe le peuple en morceaux et qui le condamne éternellement à l’impuissance (électorale).

Chacun commence à comprendre que de débat loyal sur le fond, ils n’en veulent pas. Serait-ce parce que tous ces éditorialistes n’auraient pas d’argument solide (et avouable) contre le RIC ? et qu’ils sont donc réduits à s’en prendre lâchement au messager, dans son dos et sans lui permettre de se défendre ?

Je demande un droit de réponse loyal à ceux qui me calomnient.

Mais leur problème principal , c’est que, quoi qu’ils décident à propos de mon droit de réponse, en l’occurrence tuer le messager ne suffira plus, car il y a désormais dans le pays DES CENTAINES d’autres messagers tout aussi compétents et bons orateurs (c’est-à-dire respectueux des autres) pour prendre ma place : ce qui est né en France, avec les Gilets jaunes et le RIC comme première marche intellectuelle vers une aspiration populaire à un processus constituant populaire (débarrassé des professionnels de la politique), c’est une prise de conscience contagieuse, à la base de la société, que le niveau constituant est le meilleur pour engager les luttes sociales : le niveau législatif est mauvais pour nous émanciper car 1) il nous enferme dans une impuissance politique qui est verrouillée à un niveau supérieur, inaccessible, et 2) il nous empêche de fraterniser contre l’oppression des riches du moment par des disputes sans fin sur des sujets secondaires.

Le niveau législatif, celui où l’on décide quelles sont les lois qu’il nous faut aujourd’hui, thème par thème, est celui des disputes sans fin, alors que le niveau constituant, celui où l’on décide comment l’on va mettre au point les lois, qui va nous représenter, avec quel mandat, sous quels contrôles et avec quelles possibilités de révocation, ce niveau constituant est celui de la concorde facile car la plupart de nos aspirations y convergent, que nous soyons de droite, de gauche ou d’autre chose : tout le monde comprend à toute vitesse que NOTRE CAUSE COMMUNE, la cause commune des 99% partout sur terre, c’est : « NOUS VOULONS INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PROPRE PUISSANCE ».

Il me semble que ce pourrait être la devise des Gilets Jaunes du monde entier.

Cette mutation universellement contagieuse va tout changer : les électeurs enfants sont en train d’aspirer à devenir citoyens constituants, et ils n’auront pas à le demander à leurs maîtres : il leur suffira de le vouloir vraiment, ensemble. Étienne de la Boétie l’avait excellemment prédit : soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres.

Je peux me tromper, bien sûr, et je passe mon temps à chercher des contradicteurs pour trouver mes erreurs et progresser, mais il est extravagant de me faire passer pour un tyran qui avancerait masqué. Extravagant.

Je vais reproduire à la fin de ce billet un message important que j’avais rédigé en novembre 2014 (il y a 4 ans déjà), où je faisais le point sur les accusations à propos de Soral. Vous jugerez. Je souligne simplement que, personnellement, je ne parle JAMAIS de Soral, absolument jamais, et que, par contre, tous ceux qui m’accusent de le fréquenter (ce qui n’est pas vrai), eux, en parlent tout le temps… comme si c’était ces imprécateurs eux-mêmes qui étaient chargés de la promotion quotidienne du personnage qu’ils prétendent combattre.

Bref, devant ce torrent de haine recuite, tournant en boucle et auto-entretenue, de la part des « grands » éditorialistes du pays, je me dis que, finalement, être ainsi craint par ces gens-là, c’est un peu comme une Légion d’honneur, une marque de vraie résistance : il semble donc que je ne sois pas, moi, une opposition contrôlée (Cf. 1984 d’Orwell : une opposition dont le pouvoir n’a rien à craindre).

Finalement, il est assez logique que je sois détesté par cette bande de détestables : je rappelle que tous ces « journalistes » (ce sont les mêmes propagandistes qui défendaient tous le Oui pour le référendum contre l’anticonstitution européenne en 2005 et qui étiquetaient déjà « extrême droite » tous leurs adversaires défenseurs du Non, pour ne pas avoir à leur répondre sur le fond), tous ces « journalistes » qui me traitent de « facho », donc, défendent ardemment, depuis 40 ans (depuis le début des années 1980), à la fois le fléau du néo-libéralisme et celui du libre-échange, la catastrophe absolue qu’est la libre circulation des capitaux et donc l’évasion fiscale, les délocalisations et la désindustrialisation du pays, la dérégulation financière et la dépossession des États du pouvoir de création monétaire, le transfert scandaleux de la souveraineté nationale (qui ne leur appartenait pourtant pas) à des institutions supranationales tyranniques hors contrôle et corrompues jusqu’à la moelle, la flexibilité et l’austérité, la désindexation des salaires et des retraites, la rigueur et les coups de ceinture pour les pauvres, les cadeaux somptueux et obscènes pour les plus riches, insatiables pompes à fric, véritables siphons à pognon privant la société des signes monétaires nécessaires à la prospérité, l’asphyxie financière des services publics pour en faire à terme des centres de profit privé, la vente à vil prix des biens publics rentables (autoroutes, péages, aéroports, barrages, industries stratégiques…) aux parrains maffieux qui les ont mis en place à leurs micros, et j’en passe… Il est assez logique que ces défenseurs du capitalisme déchaîné (et de son principal outil, la prétendue Union européenne) ne nous aiment pas et qu’ils nous craignent, moi et les Gilets jaunes devenant constituants.

Mille mercis à tous ceux qui me défendent comme ils peuvent, sur les réseaux sociaux et dans les conversations, il est facile de comprendre combien pour moi c’est émouvant.

Et notamment merci à ceux qu’on appelle les gentils virus démocratiques, dont j’observe tous les jours le dévouement au bien commun et à la démocratie qui vient.

Merci aussi à RT, Russia Today, la chaîne de télé russe qui assume désormais quasiment seule en France le service public de Résistance à l’oppression, en donnant la parole à tout le monde et en permettant de bons débats de fond sur des sujets importants. J’ai rencontré leurs équipes et j’ai été frappé par leur professionnalisme et leur rigueur. Probablement parce qu’ils n’ont aucun droit à l’erreur (le gouvernement et ses complices « journalistes » les traquent depuis leur création), et aussi peut-être parce qu’ils ne suivent pas, eux, un idéal lié au profit ou à la domination.

Merci aussi à François Ruffin, pour son courage. Ce qu’il a fait ne m’étonne pas de lui : il est profondément honnête. C’est sans doute l’homme politique que j’admire le plus dans mon pays (malgré quelques profonds désaccords, notamment sur la très nécessaire sortie de l’UE). J’espère que ses amis (qui sont aussi les miens, dans ma tête en tout cas) ne le martyriseront pas pour ce qu’il a dit de moi (qui n’est quand même pas si grave).

Bon, les Gilets jaunes, on continue d’apprendre à constituer, sur les péages et les ronds-points ? On se fout de ces voleurs de pouvoir, on ne leur demandera pas la permission pour s’émanciper de leur domination. Il faut par contre qu’on s’entraîne, hein ? Allez, à tout à l’heure !
(ce soir jeudi à Bordeaux, vendredi à Périgueux, samedi dans le Lot, dimanche à Brignoles, ou à Toulon je ne sais plus 🙂 )

Amitiés à tous (vraiment à tous).

Étienne.

#GiletsJaunesConstituant

#CeNestPasAuxHommesAuPouvoirDÉcrireLesRèglesDuPouvoir

#PasDeDémocratieSansCitoyensConstituants


Quand le message est trop fort, attaquer le messager…

Voici maintenant, ci-dessous, la copie du billet (important) que j’ai publié ici le 28 novembre 2014 (il y a déjà 4 ans) et où j’ai fait le point sur Soral :

Pour que les choses soient claires

Publié le 28 novembre 2014 | 286 commentaires

De grands médias et des politiciens de métier sont en train d’essayer de faire de moi un « Soralien », ce qui leur permettrait de discréditer d’un coup, sans argument de fond, la proposition ultra-démocratique de processus constituant populaire que je défends depuis dix ans.

Quels sont les faits ?

Depuis la bagarre de 2005 contre l’anticonstitution européenne, je travaille jour et nuit pour donner de la force à une idée originale d’émancipation du peuple par lui-même et pas par une élite : je soutiens l’idée que nous n’avons pas de constitution digne de ce nom et que, si nous voulons nous réapproprier une puissance politique populaire et nous débarrasser du capitalisme, nous devrons apprendre à écrire nous-mêmes notre Constitution, notre contrat social, en organisant nous-mêmes un peu partout des ateliers constituants populaires. Selon moi, ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de modifier la Constitution, qu’ils doivent craindre et pas maîtriser.

Depuis dix ans, donc, je lis beaucoup, dans toutes les directions, tout ce qui touche aux pouvoirs, aux abus de pouvoir et aux institutions : histoire, droit, économie, philosophie politique, sociologie, anthropologie, de la bible à nos jours, tout m’intéresse, pourvu que ça me donne des idées et des forces pour organiser la résistance des êtres humains à tous les systèmes de domination. J’essaie de comprendre comment on en est arrivé au monde injuste et violent qui est le nôtre, et comment on pourrait (réellement) améliorer la vie sur terre. Chaque fois que je déniche un livre, une thèse, une idée, un fait, une preuve, un intellectuel, un texte, une vidéo, ou tout document qui me semble utile pour comprendre les abus de pouvoir et y résister, je le signale sur mon site et on en parle ensemble. Depuis dix ans, ce sont ainsi des dizaines de milliers de liens que j’ai exposés à l’intérêt et à la critique de mes lecteurs.

Sur le plan de la méthode, même si je me sens (de plus en plus) sûr de moi quant à ma thèse radicalement démocratique, je suis pourtant toujours à l’affût des arguments de TOUS ceux qui ne pensent PAS comme moi ; c’est comme une hygiène de pensée, je cherche les pensées contraires aux miennes, autant pour les comprendre vraiment (ce qui facilite ensuite les échanges constructifs avec des adversaires que je considère, malgré notre opposition, comme des êtres humains, donc ipso facto légitimes pour défendre leur point de vue, quel qu’il soit), que pour détecter mes éventuelles propres erreurs. Comme tout le monde, je ne progresse que dans la controverse.

Un jour, il y a trois ans je pense, je suis tombé sur une vidéo de Soral, que je ne connaissais pas, qui m’a intéressé : il y dénonçait le colonialisme raciste du gouvernement israélien et le sionisme comme idéologie de conquête, aux États-Unis mais aussi en France (en s’appuyant sur les livres — bouleversants — d’Israël Shahak, de Shlomo Sand, de Gilad Atzmon et d’autres que nous devrions tous lire, je pense). Pour moi qui travaille sur les abus de pouvoir, il est naturel d’être intéressé par toute étude d’un projet de domination, quel qu’il soit. En regardant un peu son site, j’ai vu qu’il étudiait, condamnait et résistait (comme moi), entre autres, à l’Union européenne, au capitalisme, à l’impérialisme, au colonialisme, au racisme, aux communautarismes, aux multinationales, aux complexes militaro-industriels et aux grandes banques d’affaires, à la prise de contrôle des grands médias par les banques et par les marchands d’armes, au libre-échange et au sabotage monétaire, aux innombrables et scandaleuses trahisons des élites, à toutes les guerres, à toutes les réductions des libertés publiques justifiées par la « lutte contre le terrorisme », etc. Bref, tous ces fronts de résistance étant, à mon avis, des fronts de gauche, et même de gauche radicale et vraie, j’ai ajouté naturellement un lien sur ma page d’accueil vers le site de Soral. Un lien, parmi des milliers — je ne savais pas encore que cela allait faire de moi, en quelques années, un homme à abattre.

Je n’ai pas fait l’exégèse de l’auteur et du site signalés : j’ai juste cité le lien déniché, comptant comme d’habitude sur l’intelligence des gens — que je considère comme des adultes — pour distinguer ce qui y est pertinent de ce qui ne l’est pas, ce qui est bon de ce qui est mauvais. Et puis, je suis passé à autre chose, évidemment ; ma vie est une course permanente d’une idée à l’autre.

À partir de ce moment, j’ai reçu des accusations violentes et des injonctions — souvent anonymes — à retirer ce lien, jugé diabolique. Or, j’ai horreur qu’on m’impose ce que je dois penser ou dire ; je veux bien changer d’avis (j’aime découvrir que je me trompe et progresser en changeant d’opinion), mais il ne suffit pas d’affirmer que je me trompe, même en criant que je suis un fasciste (sic), il faut me le prouver. Et si on veut me forcer à retirer un lien, il y a toutes les chances pour que je m’obstine (bêtement, je sais).

Autre fait qui m’est reproché : depuis 2011, les militants d’E&R relaient souvent mes textes et vidéos sur leur site (documents qui ne parlent que de démocratie, de constitution d’origine populaire, et de gestion commune du bien commun), signe d’intérêt de militants « de droite » pour la vraie démocratie que — en toute logique — je ne prends pas comme une preuve évidente de « fascisme »…  Lorsque je constate qu’un parti ou un journal ou une radio ou un site quel qu’il soit relaie ma prose radicale d’émancipation par l’auto-institution de la société, je ne peux y voir que des raisons d’être satisfait : mon message est universel, il n’est pas réservé à une famille politique ; plus on sèmera des graines de démocratie auto-instituée, un peu partout, sans exclusive aucune, mieux ce sera.

Justement, j’ai observé une évolution qui me semble importante : les jeunes gens qui suivent et soutiennent Soral, et qui étaient assez radicalement antidémocrates quand ils m’ont connu, étaient en fait « anti-fausse-démocratie », mais ils ne le savaient pas encore : ils pensaient (comme tout le monde) que l’alternative politique était 1) capitalisme-libéralisme-« démocratie » (complètement pourri, mafieux, esclavagiste, des millions de morts, à vomir) ou 2) communisme-socialisme-« démocratie populaire » (complètement pourri, un capitalisme d’État, avec police de la pensée, des camps de travail en Sibérie, des millions de morts, à vomir) ou 3) fascisme-« non-démocratie » (violent aussi, mais sans corruption — choix terrifiant, selon moi, évidemment)… Et puis, voilà qu’ils découvrent, en lisant les livres que je signale (Manin, Hansen, Rousseau, Sintomer, Castoriadis, Guillemin…) un régime alternatif, une quatrième voie, une organisation politique dont personne ne nous a jamais parlé sérieusement à l’école ou dans les journaux : la vraie démocratie, sans guillemets, avec une vraie constitution et des vrais contrôles, que nous écririons nous-mêmes, directement parce que entraînés, pour être sûrs de ne pas nous faire tromper à nouveau… Eh bien, je suis sûr (je l’ai ressenti souvent, nettement) que nombre de ces jeunes militants (de droite dure au début par dépit de la corruption généralisée et faute d’alternative autre — processus identique à la naissance du nazisme en Allemagne) sont en train de devenir (ou sont déjà devenus) des démocrates réels. Non pas par magie, mais parce que cette alternative démocratique réelle est à la fois crédible et prometteuse, elle fait vibrer tous les hommes de bonne volonté. Alors, je maintiens qu’il est pertinent et nécessaire de parler avec enthousiasme de vraie démocratie à absolument tout le monde, en étant convaincu qu’un être humain, ça peut changer d’avis 1) si on le respecte en tant qu’être humain, et 2) si ce qu’on lui propose est émancipant, libérateur, puissant, prometteur.

Et puis, quand on me reproche les médias — soi-disant parfois peu fréquentables— par lesquels sont relayées mes graines de démocratie réelle, je réponds que je ne m’identifie pas au média qui me tend son micro, que je reste moi-même quelle que soit la personne à qui je parle, et surtout que je n’ai guère le choix puisqu’AUCUN grand journal ni aucune grande radio de gauche (que j’aime quand même, hein) — ni Là-bas-si-j’y-suis, ni le Diplo, ni Politis, ni Terre-à-terre, dont je parle pourtant souvent, moi, depuis 2005 —, aucun de ces médias n’a jamais relayé / signalé / commenté mon travail, depuis DIX ans (!)… Comme si la démocratie vraie ne les intéressait pas du tout, ou comme si elle leur faisait peur. Il n’y a QUE les militants de base qui m’invitent à venir débattre sur ces questions : l’idée d’un processus constituant qui deviendrait populaire et d’une procédure authentiquement démocratique comme le tirage au sort, ça n’intéresse pas du tout les chefs, même ceux des médias de gauche…

Parmi les faits qui me sont reprochés, il y a aussi une conférence avec Marion Sigaut (que j’ai trouvée bien intéressante, d’ailleurs), sur la réalité du mouvement des « Lumières ». On s’empaille souvent, Marion et moi : on n’est pas d’accord du tout sur Rousseau, sur Robespierre, sur la Vendée, et sur quelques points historiques importants, mais on arrive bien à se parler, tous les deux, malgré nos désaccords, en essayant de comprendre l’autre, d’apprendre l’un de l’autre, en se respectant, ce qui s’appelle une controverse, processus qui est à la base du progrès de la connaissance. Cet échange intellectuel avec Marion, m’a fait découvrir des faits et documents particulièrement importants sur l’Ancien régime — par exemple, le livre passionnant « Le pain, le peuple et le roi » de Steven Kaplan —, et les intrigues fondatrices des « Philosophes » des « Lumières » (riches et marchandes, tiens tiens), pour faire advenir le « libéralisme », c’est-à-dire la tyrannie-des-marchands-libérés-devenus-législateurs qu’on appelle aujourd’hui le capitalisme.

Pour revenir à Soral, j’ai rapidement compris qu’il n’est pas du tout un démocrate, évidemment : il est autoritaire et il défend une idéologie autoritaire, au strict opposé de ce que je défends moi. Je ne veux pas plus de sa « dictature éclairée » que de n’importe quelle dictature, évidemment.

Mais malgré cela, une partie de son analyse du monde actuel (et non pas ses projets de société) me semble utile, objectivement, pour mon projet à moi, de compréhension des abus de pouvoir et de constituante populaire. Donc, pour ma part, je ne monte pas en épingle ce qui me déplaît chez Soral, je prends ce qui m’intéresse (les infos sur les fronts de gauche et sur la résistance au sionisme) et je laisse le reste, comme l’adulte libre de penser et de parler que je suis.

On reproche à Soral un antisémitisme intense et assumé. Pourtant, quand on lui demande « êtes-vous antisémite ? », Soral répond « NON, dans le vrai sens du mot c’est-à-dire raciste ». Et il souligne aussitôt que le mot « antisémite », avec des guillemets, a progressivement changé de sens pour servir aujourd’hui de bouclier anti-critiques (ce que Mélenchon dénonce lui aussi, amèrement, avec raison et courage, je trouve, en appelant cette calomnie systématique « le rayon paralysant du CRIF ») : dans ce nouveau sens, complètement dévoyé, « antisémite » sert à qualifier tous ceux (même ceux qui ne sont ABSOLUMENT PAS racistes) qui critiquent et condamnent la politique — elle, officiellement raciste et criminelle — du gouvernement israélien (critiques d’un racisme qui sont donc un antiracisme). C’est ce nouveau sens seulement que Soral assumait, en martelant, en substance : « j’en ai marre de ce chantage à « l’antisémitisme » et de ces intimidations permanentes de la part d’ultra-racistes qui osent accuser de racisme des résistants à leur racisme ».

Je trouve que ça se défend très bien, si on arrive à tenir le cap de l’humanisme, c’est-à-dire à ne pas devenir soi-même raciste en réaction à un racisme premier : il est essentiel, je pense, de ne pas devenir antisémite en réaction au sionisme : il ne faut surtout pas s’en prendre à tous les juifs au motif que certains sionistes seraient odieux et dangereux.

Or, tout récemment, j’ai découvert dans une publication de Soral des propos terribles et dangereux qui me conduisent à changer d’avis sur la portée du lien que j’ai mis sur mon site.

Dans une vidéo en direct de juin 2014 (1 minute, à partir de 47:54), Soral dit les mots suivants, que je n’avais jamais entendus de lui avant, et qui me choquent tous profondément :

[Bon, j’ai commencé à transcrire, mais j’ai honte de seulement écrire des trucs pareils… Donc, j’arrête. Je vous laisse lire le lien si ça vous chante.]

Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire. Je n’avais jamais vu Soral parler comme ça. C’est un peu comme un désaveu, parce que je l’ai entendu maintes fois jurer qu’il n’était pas antisémite.

Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes. Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique. Stop. Et puis, je n’arrive plus à m’occuper de nos ateliers constituants : on nous interpelle sans arrêt sur notre prétendue identification à Soral, et la violence des échanges qui s’en suivent partout me désespère ; j’en ai assez, il faut faire quelque chose pour marquer une différence, une limite : je supprime le lien de mon site vers Soral. Désormais, je ferai le filtre, en évoquant moi-même les auteurs que je trouve utiles, comme Shlomo Sand, Jacob Cohen, Bernard Lazare, Israël Shahak, Gilad Atzmon, Norman Finkelstein, Gideon Levy, Mearsheimer et Walt, Éric Hazan, etc.

En conclusion, j’insisterai sur l’essentiel : à mon avis, tous ces reproches sont montés en épingle de mauvaise foi par les professionnels de la politique pour entretenir une CONFUSION entre les vrais démocrates et « l’extrême droite » ; confusion qui leur permet de se débarrasser des vrais démocrates à bon compte, sans avoir à argumenter.

Post scriptum: si le système de domination parlementaire arrive finalement à me faire passer pour un diable hirsute, infréquentable et banni, ce n’est pas grave, je ne suis qu’une cellule du corps social et je ne cherche absolument aucun pouvoir personnel (je ne perds donc rien d’essentiel si je suis ostracisé par le système, à part le bonheur de bien servir à quelque chose d’utile, que je ressens en ce moment) : prenez alors le relais vous-mêmes ! Notre cerveau collectif survivra très bien à la disparition d’un neurone, changez de nom, et continuez à défendre vous-mêmes, un peu partout et tout le temps, cette idée importante qui va tout changer, mais seulement si on est très nombreux à s’être bien polarisés sur la même idée, simple et forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, DONC, il ne faut SURTOUT PAS ÉLIRE l’Assemblée constituante ; si on veut une constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes et il faut donc, dès maintenant et tous les jours (!), nous entraîner réellement en organisant et en animant partout des mini-ateliers constituants ultra-contagieux.

« Fais ce que tu dois, et advienne que pourra. »

Étienne Chouard,
28 novembre 2014.

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Rappel : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?Controverses-et-droit-de-reponse

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QUEL SEUIL DE DÉCLENCHEMENT POUR LE RIC ? À lire ensemble, sur tous les ronds-points et tous les péages…— ou sur tous les points de repli, après avoir été délogés temporairement par la maréchaussée :)

Ana Sailland nous explique ici, comme d’habitude de façon limpide et pénétrante, les enjeux du RIC, et surtout LE SEUIL DE DÉCLENCHEMENT qu’elle préconise, avec ses « CERCLES CROISSANTS ».

Vous allez voir c’est passionnant.

C’est peut-être la modalité de seuil qui nous mettra tous d’accord.

Merci Ana, merci d’exister.

Étienne.

PS : cet après-midi, vers 15 h, je retrouve les gilets jaunes de mon coin (et les autres que ça intéresse), pour parler du RIC et des modalités pratiques dont nous avons besoin, à La Bouilladisse 🙂 Prenez du papier, un crayon et votre anticonstitution 🙂 

Ana Sailland, 10 mai 2016

Ici je vais enfoncer des portes ouvertes 🙂
Mais peut être pas que.

Le référendum, 
c’est cette procédure qui permet d’interroger le peuple sur un point précis.
Il peut être pensé au niveau local ou au niveau national.
Je n’envisage ici que le niveau national, bien que le niveau local soit le point d’entrée naturel et non violent de la démocratie dans la jungle du système représentatif qui la singe. Mais à chaque jour suffit sa peine.

Le référendum ((( national ))) nous est largement présenté, depuis l’en haut, comme un outil de la démocratie.

Voyons ça de plus près.

Conceptuellement, il existe deux sortes de référendum :
1) Le référendum à l’initiative de la gouvernance, traditionnellement dénommé « référendum à l’initiative du prince ». Là, c’est la gouvernance ( en France, donc, c’est le président ) qui pose la question.
2) Le référendum à l’initiative du peuple, traditionnellement dénommé « référendum d’initiative populaire », ou « référendum d’initiative citoyenne ». Là, c’est le peuple qui s’interroge lui-même.

On peut « classer » selon un autre mode :

Conceptuellement, il existe deux sortes de référendum :
1) Le référendum consultatif, qui sert à interroger le peuple, pour connaître son opinion, et rien de plus. Il s’agit donc d’un référendum à l’initiative du prince. C’est un peu mieux que les sondages, moins susceptible de trucage.
2) Le référendum décisionnaire, qui de la réponse du peuple fait loi, de manière incontestable.

Cela donne donc trois possibilités :

a) Référendum consultatif à l’initiative du prince
b) Référendum décisionnaire à l’initiative du prince
c) Référendum décisionnaire à l’initiative du peuple

En France, l’option c n’existe pas. Ce serait pourtant, des trois, la seule option que l’on pourrait considérer comme démocratique, puisque elle seule permettrait au peuple de se gouverner lui-même, en répondant à SA question, qu’il se serait posée lui-même, et dans l’optique que sa réponse aurait force de loi.
Notons au passage qu’existe depuis peu un ersatz pompeusement nommé référendum d’initiative populaire. Il s’agit de l’article 11. Un vrai foutage de gueule.
Faut il pour autant faire une croix sur le référendum d’initiative populaire, et décisionnaire ? Certainement pas. Mais il s’agit d’un combat. Que mène l’association « article 3 ».

Jusqu’à récemment, nous avions l’illusion que l’option b était la règle. ( Référendum à l’initiative du Prince, et décisionnaire)
Mais promptement après 2005, nous avons compris qu’en France, le référendum à l’initiative du prince n’est factuellement que consultatif. 
Le scénario est assez cocasse et il faut en peser la malhonnêteté.

Phase 1, le prince propose au peuple, en lui laissant entendre que sa réponse aura force de loi.
Phase 2, l’empire médiatique, cul et chemise avec le pouvoir, soutient à fond la proposition du prince.
Phase 3, on dépouille, et c’est là que la supercherie éclate.

Si à la proposition du prince la réponse du peuple est oui, alors cette réponse produit loi. Youpi. 
… Et cette loi permettra plus tard au prince de rejeter toute contestation, puisque la décision ne sera pas de lui, mais du peuple « dans sa souveraineté ».

Par contre, si à la proposition du prince la réponse du peuple est non, alors le prince pourra envisager la voie parlementaire pour imposer sa volonté, en modifiant la forme mais pas le sens, afin de faire avaler la pilule. Dans l’aventure, il n’aura perdu que l’avantage de pouvoir dire : c’est pas moi, c’est vous. Mais sa volonté aura bien produit loi, sans contestation légale et efficace possible.

Retenons, pour résumer, qu’en France, le référendum est à l’initiative du Prince uniquement, et qu’il n’a certainement pas pour fonction de donner parole et pouvoir au peuple : il n’a pour fonction que de faire signer par le peuple la proposition du prince, ce qui rendra plus tard et sur plusieurs générations toute contestation quasi impossible ( « comment ?!? vous osez vous opposer à une décision du souverain peuple ?!? » ) . Et si le processus rate, le prince sort de sa musette d’autres outils pour imposer sa volonté.

Ce qu’on nous présente comme un outil de la démocratie n’est donc, de fait, qu’un piège à rat.

Remède ?

Le remède est bien entendu le référendum à l’initiative du peuple, et décisionnaire, ayant force de loi, incontournable.
((( Que jamais très probablement les « « élites » n’écriront dans la constitution, car ce serait contraire à leur intérêt de caste )))

Je ne vais pas tout de suite lâcher le stylo ( ou le clavier ), car certaine question technique me tient à cœur , la question du seuil.

Si on prend l’exemple helvétique, forte est l’envie d’en copier les principes techniques :

Les initiants ( c’est à dire les gens qui ont l’idée d’une question et souhaitent la voir poser au peuple ), les initiants doivent rassembler un certain nombre de signatures de citoyens, qui par leur griffe attestent qu’ils souhaitent que la question soit posée. Notons au passage qu’on peut souhaiter que la question soit posée sans souhaiter que la réponse sera oui, ni qu’elle sera non. Il peut s’agir d’un élan démocrate pur. Notons aussi que le fait d’accorder sa signature ou de la refuser est en quelque sorte un vote sur la nature du débat politique ! Ainsi le peuple peut il, dans une certaine mesure, définir collectivement la nature du débat politique. Ce qui en soi, déjà, est très riche.

Ce nombre de signatures sera ici appelé le seuil de déclenchement de l’initiative populaire.

Dans un pays de 60 millions d’habitants tel que la France, le choix de ce seuil est crucial et délicat.

Si le seuil est trop bas, une avalanche de référendums s’ensuit , la fantaisie peut être proposée, voire la cacophonie, et le coût du processus explose.

Si au contraire le seuil de déclenchement est trop haut, alors, il est impossible à un petit groupe de personnes désargentées de collecter les signatures nécessaires à la promotion de son idée.
Si par exemple le seuil est de 1 % de 40 millions de citoyens, alors besoin est de 400000 signatures. Essayez d’imaginer le boulot pour convaincre 400000 personnes de signer. Autant dire que le référendum n’est plus d’initiative citoyenne mais que l’initiative est réservée à de puissantes associations, à des partis, voire à des lobbies. Le citoyen est dans les choux …

Or dans mon esprit farfelu germe l’un des points qui à mon sens devrait être inscrit en lettres d’or sur le cahier des charges de la démocratie réelle, vraie, intégrale :

Tout citoyen doit pouvoir à tout instant se mêler des affaires de la cité, avec un poids non nul et certain, et cela sans présumer de son assiduité antérieure et de son investissement passé dans le débat et la décision publiques.

Je lance donc une idée folle : le référendum d’initiative monocitoyenne, où UN citoyen peut inviter la nation entière à réflexion et décision ; ça décoiffe et on va me prendre pour une jobastre, non ?

L’idée technique est toute bête pourtant : remplacer ou doubler le principe du seuil de déclenchement par une autre procédure : le référendum à diamètre croissant.

Voici l’idée ( mille variantes sont possibles ):

L’initiant solitaire, et à ses frais, consulte un espace local de son choix, rue de 1000 habitants minimum, ou village de 1000 habitants minimum, ou autre.

Si là son idée gagne , c’est à la municipalité d’organiser à son échelle.

Si là de nouveau l’initiative monocitoyenne est acceptée, on passe à la région, et ainsi de suite ….

Étant entendu qu’un échec rencontré avant d’atteindre l’échelle nationale met fin à l’aventure.

Voilou.

Les gens vont trouver compliqué, et ils n’ont pas tort. Mais si la démocratie vraie est un souhait ardent, la démocratie à grande échelle est un problème complexe. Jusqu’où est on prêt à sacrifier à la simplicité ?

___________________________________________________

Je termine sur la question de l’empire médiatique. 
Les médias de masse appartenant à une poignée de milliardaires, ils disposent, quoiqu’en disent certains, du pouvoir de forger l’opinion ( et le désir, et la libido, mais c’est un autre drame ).

Le référendum d’initiative populaire décisionnaire qui peut sembler la panacée se heurte à ce problème rédhibitoire, qui devra un jour être résolu.

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Il faudrait aussi décliner le champ du référendum ( lois, constitution, traités, référendum révocatoire, etc )

« Next time may be ». Si vous avez lu jusque là, merci:)

!!! Et n’oubliez pas de soutenir l’association article 3 !!!

Ana Sailland.

 
« Législatif » concerne les lois, les règlements et les traités. Étienne.

Résumé des Référendums à diamètres croissants :
(à travailler ensemble sur les péages et les ronds-points)

Tout citoyen peut, par ses propres moyens, consulter ses concitoyens.

Si l’échantillon consulté (plus de 1000 personnes sur une même localité, village, rue…) est favorable à l’initiative, la municipalité ou les municipalités des citoyens consultés doivent organiser rapidement un référendum municipal.

Si le référendum municipal est favorable à l’initiative, le département dont dépend la municipalité doit organiser rapidement un référendum départemental.

Si le référendum départemental est favorable à l’initiative, la nation (ou la confédération) doit organiser un référendum national (ou confédéral).

Tout résultat défavorable avant d’atteindre l’échelle confédérale met fin à la progression de l’initiative.

FRANÇOIS RUFFIN POUR UN RÉFÉRENDUM SUR LE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE CITOYENNE ?

Un représentant digne de ce nom, ça détonne…
Est-ce que je rêve ? Non, c’est François Ruffin 🙂

Mais ATTENTION, IL EST (ULTRA) MINORITAIRE : s’il n’a pas une armée de citoyens constituants et vigilants derrière lui, pour tordre le bras des élus majoritaires (élus littéralement en fraude, avec le chantage du nécessaire « barrage »), on n’aura eu que du blabla.

Et puis, un référendum sur le référendum, c’est quand même ultra timide… Mais le plus long chemin commençant pas un pas, on peut y réfléchir.

Il faut que les élus incorporent dans la constitution LE TEXTE QUE LES CITOYENS AURONT RÉDIGÉ EUX-MÊMES :

• SANS AMENDEMENTS tordus (qui videront le texte populaire de sa substance ou le rendront impraticable),

• SANS « LOIS ORGANIQUES » (qui sont les lois constituantes, c’est-à-dire des scandaleux chèques en blanc constituants, permettant aux parlementaires de modifier discrètement la constitution sans référendum, sans appel au peuple),

• SANS FILTRE, ni parlementaire ni gouvernemental,

• SANS « GARDE-FOUS » ajoutés en douce (parce que « les fous », c’est nous…),

• SANS SOUMISSION À UNE « COUR SUPRÊME » ou autre « CONSEIL CONSTITUTIONNEL », toujours exclusivement composés de vieux grigous démophobes, remplis d’ennemis du peuple les plus endurcis et corrompus jusqu’à la moelle.

LE RIC DOIT RENDRE (VRAIMENT) LE PEUPLE ENFIN SOUVERAIN, EN TOUTES MATIÈRES.

(Retenez bien cette liste, en la complétant s’il le faut, parce que c’est vous les sentinelles du peuple, et personne d’autre.)

Si François arrive à ce résultat (faire accepter dans son propre parti que soit programmée honnêtement la puissance du peuple en toutes matières, dans les termes-même voulus par le peuple), c’est littéralement un héros 🙂
Mais on peut légitimement douter qu’il y arrive.

On verra.
Mais on a les yeux bien ouverts : un CITOYEN digne de ce nom est VIGILANT, c’est une SENTINELLE DU BIEN COMMUN (et au passage, il ne laisse donc pas… disons, enquiquiner par les anti-complotistes et autres anti-conspirationnistes, tous évidemment complices, volontairement ou pas, des comploteurs).

Étienne.

#giletsjaunesconstituants
#giletsjaunesvigilants

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[Merci RT] «Le référendum d’initiative populaire est la cause commune des Gilets jaunes»

Les gilets jaunes, de mon point de vue, sont des héros, des exemples pour le reste de la société : ils sortent de chez eux, ils se retrouvent dans le froid, sous la pluie, même la nuit !, pour réfléchir au bien commun, aux causes de leurs souffrances, en se fondant sur une immense défiance de la représentation, et ils sont en train de se concentrer sur l’institution de leur propre puissance, en commençant par une exigence prioritaire : le référendum d’initiative populaire en toutes matières.

C’est historique.

Merci à RT France, merci à tous les techniciens et à tous les animateurs de ce nouveau média passionnant et important, merci du fond du cœur, de nous aider dans cette lutte fondamentale.

Merci Meriem, merci Carla MC, merci RT France.

Étienne.

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[#giletsjaunesconstituants] chez Taddéï, Interdit d’interdire – Gilets jaunes : suite ou fin ?



Merci Carla, merci Meriem, merci Frédéric, merci RT France.

Soutenez la proposition GILETS JAUNES : PRIORITÉ UNIQUE au Référendum d’Initiative Citoyenne, le RIC

[À faire tourner sur tous les péages, ronds-points et lieux d’action des #giletsjaunes – URGENT]

Soutenez la proposition GILETS JAUNES :
PRIORITÉ UNIQUE au Référendum d’Initiative Citoyenne, le RIC

Le pouvoir de L’INITIATIVE : le référendum d’initiative citoyenne, c’est la possibilité pour le peuple (100 000 personnes, par exemple) de se poser à lui-même les questions qu’il juge importantes, et ensuite d’y répondre (à la majorité), en décidant effectivement, en passant au-dessus de ses représentants du moment. Cette institution existe déjà (avec des « garde-fous ») en Suisse, en Italie, au Venezuela et dans de nombreux États américains.

Constatant la soumission des gouvernements successifs aux lobbys, nous estimons essentiel de nous doter d’un outil durable qui permettra aux différentes revendications DU PEUPLE d’aboutir. Nous vous proposons de nous unir autour d’une seule et unique revendication : le référendum d’initiative citoyenne.

Il faut préciser qu’il existe quatre sortes de RIC, très complémentaires (étudiez et enrichissez vous-même les exemples) :

• Par référendum législatif, les citoyens seraient appelés à se prononcer pour une loi (que les députés ne veulent pas).

Par exemple, un RIC législatif pour l’interdiction des paradis fiscaux, ou un RIC législatif pour fixer le salaire minimum, la pension de retraite minimum, le salaire maximum.

• Par référendum abrogatoire, les citoyens seraient appelés à se prononcer sur l’abrogation, totale ou partielle, d’un traité, d’une loi ou d’un acte ayant valeur de loi.

Par exemple, un RIC abrogatoire pour annuler la « loi travail », un autre RIC abrogatoire pour abroger les « ordonnances Macron », ou un RIC abrogatoire pour invalider la loi sur la hausse de la CSG, ou encore pour supprimer les lois de désindexation des salaires et des retraites, ou encore un RIC pour annuler absolument toutes les « niches fiscales » et « le verrou de Bercy » (la liste est longue, des lois scélérates que le peuple pourra détruire grâce au RIC).

• Par référendum constituant, les citoyens pourraient réviser eux-mêmes leur constitution.

Par exemple : un RIC constituant pour changer le statut des élus, des ministres, pour régler leurs salaires, leur totale absence de privilèges, un RIC constituant pour établir leur véritable responsabilité, un RIC constituant pour garantir leur honnêteté (en imposant par exemple un casier judiciaire vierge aux candidats à l’élection), un RIC constituant pour sortir le Traité de Lisbonne de notre Constitution, un RIC constituant pour nationaliser toutes les banques et pour rendre le monopole de la création monétaire à la puissance publique (nationale et locale)…

• Par référendum révocatoire, les citoyens pourraient obtenir, à tout moment, la destitution d’un représentant, d’un élu, d’un ministre, d’un haut fonctionnaire…

On vous laisse imaginer des exemples…


Le fait de ne pas nous disperser et de nous concentrer sur cet UNIQUE objectif présente plusieurs AVANTAGES importants :

Pour les Gilets Jaunes, c’est plus facile de rester très soudés, très unis, très déterminés jusqu’au bout, autour d’une seule idée, surtout si elle est très simple et très importante. Les Gilets Jaunes n’auront qu’un seul argumentaire à travailler pour préparer leurs futurs débats. Le RIC est facile à défendre : La démocratie, c’est le peuple qui décide, donc le RIC est fondamentalement démocratique. Point barre.

Pour les politiciens, c’est beaucoup plus difficile de nous priver du RIC l’air de rien, en nous accordant d’autres choses moins importantes.

En plus, ce sera même très gênant pour les politiciens et les journalistes d’ARGUMENTER contre le RIC (et ils y seront contraints si le RIC est la seule revendication) : comment vont-ils arriver à cacher qu’ils sont profondément antidémocrates, si nous n’avons qu’une seule revendication, fondamentalement démocratique ?

Et puis, surtout, surtout, le RIC, c’est la puissance populaire établie DURABLEMENT, et donc le chemin enfin possible vers TOUTES les revendications actuelles des Gilets Jaunes, et même de beaucoup plus encore, plus tard, pas à pas.

POUR QUE LE PEUPLE DEVIENNE ENFIN SOUVERAIN,
SOYONS UNIS PAR UNE IDÉE FORTE,

VOTEZ, PARTAGEZ.

La pétition est là :
https://www.change.org/p/gilets-jaunes-occitanie-pour-un-référendum-d-initiative-citoyenne

Fil facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156762157937317


Et, pendant que vous y êtes, signez aussi la pétition sur le même sujet important, excellente pétition POUR LE RIC EN TOUTES MATIÈRES, sur le site de l’association « Article 3 » :
https://www.facebook.com/articletrois/photos/a.536601893085916/675465835866187/?type=3&theater&hc_location=ufi

Réflexions sur ce magnifique élan populaire des #giletsjaunes : il ne faut pas accepter d’être représentés, il faut apprendre à constituer.

Je crois que, si ce mouvement populaire des #giletsjaunes est représenté, il sera rapidement trahi et dévoyé : quel que soit leur mode de désignation (élection ou tirage au sort ou autre), les représentants ne seront pas achetés, bien sûr, mais INTIMIDÉS ET TROMPÉS (malgré leur honnêteté et leur bonne volonté) par un pouvoir qui sait très bien corrompre, à huis clos, par la PEUR et par le MENSONGE, plus que par l’appât du gain : tout ce qu’il faut au pouvoir pour corrompre cette révolution grandissante de gilets jaunes, ce sont des représentants.

Alors que, si ce mouvement sait refuser toute forme de représentation, il reste insaisissable (et donc invulnérable), ce qui lui donne le temps de faire monter, par éducation populaire, le niveau de conscience et d’exigence au sein de CHACUN des simples citoyens qui composent le mouvement.

Il faut que, sur les ronds-points et sur tous les points de rassemblement, les électeurs se transforment TOUT SEULS en citoyens constituants, de façon autonome, sans sauveur, sans leader, sans intellectuel de référence, toutes personnalités qui seraient autant de talons d’Achille pour discréditer le mouvement.

Cet immense mouvement est une chance historique, pour une *multitude* d’électeurs infantilisés, de se métamorphoser SANS L’AIDE D’AUCUNE AUTORITÉ MORALE RASSURANTE en *peuple* de citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en constituants.

La colonne vertébrale de ce mouvement volontairement désorganisé (pour rester incorruptible) devrait être une et UNE SEULE IDÉE forte et radicale, qui serait une bonne cause commune, vraiment commune et vraiment capable à elle seule d’entraîner ensuite tous les bouleversements nécessaires de justice sociale.

À mon avis, cette idée centrale et décisive devrait être : « CE N’EST PAS AUX HOMMES AU POUVOIR D’ÉCRIRE LES RÈGLES DU POUVOIR ; SI ON VEUT UNE VRAIE PUISSANCE POLITIQUE POPULAIRE, IL NOUS FAUT UNE VRAIE CONSTITUTION, ET IL FAUDRA APPRENDRE À L’ÉCRIRE NOUS-MÊMES. »

Les gilets jaunes semblent, ces jours-ci, choisir le RIC (référendum d’initiative citoyenne) comme cause commune et c’est déjà tout à fait inespéré et enthousiasmant — même si ce sera sans doute insuffisant (car le fait d’avoir acheté TOUS les médias permet aux puissants d’intoxiquer l’opinion et donc de dévoyer tous les RIC). C’est déjà un pas immense vers la métamorphose en constituants que d’être d’accord pour faire de l’institution du RIC une priorité nationale non négociable.

De la même façon qu’il ne faut surtout pas élire une assemblée constituante (parce que l’élection est une démission), il ne faut pas accepter d’être représenté : il faut exiger de voter.

ÉLIRE N’EST PAS VOTER, c’en est même la négation. Un citoyen digne de ce nom vote lui-même les lois auxquelles il consent à obéir.

Bon courage à tous, le peuple uni ne peut pas perdre : restez soudés sur l’idée.

Étienne Chouard.

#pasdedémocratiesanstirageausort
#pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

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PS : la multiplication des gilets jaunes posés sous les pare-brises des autos est très spectaculaire à la campagne et TRÈS MOBILISATRICE, c’est vraiment une chouette idée💡 🙂

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PPS : si on mélange la revendication du RIC avec d’autres revendications, c’en est fini du RIC ! Les élus savent parfaitement que le RIC est une arme redoutable pour le peuple contre leur tyrannie, et je pense que les politiciens et les « journalistes » préféreraient tous mourir plutôt que l’accepter… DONC, si on défend plusieurs revendications, le RIC sera évidemment mis de côté et enterré par nos maîtres et nous serons « Gros-Jean comme devant »… ALORS QUE nos maîtres ne pourront pas nous tromper de la sorte si le RIC est LA SEULE REVENDICATION, absolument prioritaire et non négociable. Ils ne peuvent pas avouer pourquoi ils détestent le RIC.

Fil facebook correspondant à ce billet :
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Mon interface habituelle d’administration du blog est en panne depuis quelques semaines, ce qui m’a conduit malheureusement à ralentir mes interventions ici (et à ne me servir que de Facebook et Tweeter, grrr). Je vais reproduire ci-dessous, et dans les commentaires de ce billet, les quelques textes et vidéos que j’ai moi-même publiés ou relayés ces derniers temps à propos des gilets jaunes.

Martin, retraité :

Cri de détresse d’une GJ devant les CRS :

Le 24 novembre, j’ai publié ceci :

Comme Léo, je trouve que ce formidable élan de révolte populaire des « Gilets Jaunes », contre le racket des prétendues « élites », ne peut servir à quelque chose QUE SI tous ces citoyens POLARISENT leurs volontés sur UNE SEULE CAUSE COMMUNE, bien choisie, radicale, décisive.

Or, puisque 80% des citoyens soutiennent les Gilets Jaunes ET QUE 80% des citoyens sont favorables à l’institution du Référendum d’Initiative Citoyenne, il me semble que c’est une occasion en or pour défendre cette idée à la fois très simple et très profondément révolutionnaire du RIC (révolutionnaire **SEULEMENT SI ce sont de simples citoyens et pas des politiciens qui en écrivent les règles**, naturellement, car vous savez bien que, si ce sont des élus qui l’instituent, ils écriront un fake RIC, comme l’actuel article 11 de notre anticonstitution).

Il me semble qu’aucun oligarque, aucun journaliste vendu aux riches, aucun collabo du système de domination parlementaire ne pourra trouver à redire publiquement à cet objectif très évidemment démocratique et irréprochable (« le peuple uni réclame le RIC, le vrai : en toutes matières »). Ils seront obligés de bredouiller de mauvaises excuses pour le refuser et leur malhonnêteté se verra plus que jamais au grand jour, comme par l’effet d’un puissant révélateur.

C’est la première fois, je crois, que je change mon image de profil, et je le fais parce que je trouve ce signe de ralliement intelligent et puissant, opportun. Il devrait devenir une priorité absolue pour les révoltés en jaune, à mon avis :

LE RIC EST UNE BONNE CAUSE COMMUNE DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION

Étienne.

. http://www.article3.fr/informations/definition-du-ric
. http://www.article3.fr/in…/proposition-loi-constitutionnelle
. http://etrecitoyen.org/referendum-initiative-citoyenne

——

Léo Girod : « Avec le RIC – Référendum d’Initiative Citoyenne en toutes matières, les citoyens auraient le contrôle sur leurs élus, leurs lois, leurs taxes… Ils seraient enfin souverains !

Si les gilets jaunes avaient le RIC pour unique revendication, ils l’obtiendraient, il en serait fini des taxes injustes, et si ce n’était pas le cas… au moins tous les Français en entendraient parler, et ce serait une grande avancée.

article3.fr/petition

clic-ric.org

En l’absence de revendication concrète, ces manifestations n’ont aucun sens…
Dans le meilleur des cas, le gouvernement pourrait reculer, ou inventer des petits cadeaux fiscaux pour faire passer la pilule. Mais le plus probable est encore qu’il ne se passe rien.
Exigeons le RIC ! »

Vidéos sur le RIC : https://le-democrate.fr/videos/ric

Léo Girod

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10156738695382317&set=a.486596442316&type=3&theater

Autre fil sur le même sujet :


Le 24 novembre, Coralie Delaume :

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156737622397317


Le 24 novembre aussi :

« Il semble que ces images incroyables — 3 ou 4 jeunes hommes armés frappant de toutes leurs forces (avec la loi pour eux) un vieil homme désarmé protestant simplement contre la misère — révèlent, une fois de plus, un problème majeur : NOUS N’AVONS PAS DE CONSTITUTION.

Quand vous ferez (enfin) vos propres ateliers constituants, pensez à bien réfléchir aux contre-pouvoirs qui s’occuperont de la police. »

Vidéo : https://www.facebook.com/smoothii/videos/541251499706517/

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156738642172317


Le 24 également, j’ai relayé cette réflexion de Jean Bricmont :



Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156737618002317


Le 22 novembre, j’avais relayé ceci, du Grand Soir :

Théophraste R. (Le Grand Soir) : « Vivent les gilets jaunes (même si cet accessoire vestimentaire est moche et leurs porteurs hors la loi) !

La Révolution française (parfaitement illégale), qui émerveilla le monde et à laquelle la France doit encore son prestige au-delà de ses frontières ne fut autorisée par personne et elle fut marquée par des périodes de violence.

Je cherche vainement ce qui fut grand dans le passé et, en même temps, légal.

• La lutte contre l’esclavage ? Non.
• Les révoltes ouvrières pour des journées de 12 heures ?
• Celles des Canuts de Lyon ou des vignerons de l’Hérault ? Non.
• Les manifestations et arrêts de travail pour une ½ journée de repos hebdomadaire ? Non.
• Les grèves pour la reconnaissance des syndicats ? Non.
• Les luttes pour l’abolition du travail des enfants ? Non.
• Les luttes des « suffragettes » pour le droit de vote des femmes ? Non.
• La Résistance contre les nazis ? Non.
• Les luttes pour la légalisation de l’avortement ? Non.

Et de quel côté était la vraie violence (1) ?

En son Palais de l’Elysée, le monarque Macron 1er a demandé au prince Philippe de faire dire par des crieurs de rue que les manifestations des Gilets Jaunes sont illégales, que les chevau-légers du lieutenant de police Castaner sauront les mater, surtout s’ils approchent du Palais. Les accidents de calèches, les bagarres de rue, leur seront imputés, ainsi que les chutes de neige, la disparition du peigne de Muriel Pénicaud, l’écroulement du pont de Gênes, les ruptures de caténaires, les textos de Trump, le mauvais goût vestimentaire d’Angela Merkel, les abus sexuels dans les presbytères, la mort des abeilles, l’arrestation de Carlos Ghosn, les incendies en Californie et les retards de livraison par les grands couturiers à la Reine Bri-Bri de Trogneux des sept tenues hebdomadaires (qu’elle paie avec sa retraite de prof). »

Théophraste R. (Citoyen en marche, mais hors des clous, toujours).

Note (1). Voir mon billet d’hier où Jaurès a tout bien expliqué en peu de mots.
Source : Le Grand Soir, https://www.legrandsoir.info/vivent-les-gilets-jaunes-meme-s-ils-sont-moches-et-hors-la-loi.html

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156733265437317


Le 21 j’avais trouvé ceci intéressant :

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156731950302317


Le 21 nov, le relais d’Osons causer de l’appel des gilets jaunes de Saint-Nazaire :


Et puis encore d’autres billets FB relatifs aux GJ :

Le 21 novembre, Franck Lepage chez Le Média TV :

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156732148202317

Le 21 novembre : Merci à Jean Lassalle

Le 21 novembre : Ils ne sont grands, Régis, que parce que nous sommes à genoux

Le 19 novembre : Patrice : « Qu’elle ne soit pas morte pour rien »


L’avis de Franck Lepage :

L’avis de François Ruffin : Sur les Champs-Élysées, François Ruffin se réjouit de voir la France « passer à l’action » :
https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/24/sur-les-champs-elysees-francois-ruffin-se-rejouit-de-la-france-qui-se-reveille_a_23599196/

L’avis de Régis de Castelnau :

L’analyse (très approfondie) de Jacques : Comment faire gagner les Gilets jaunes ? Une analyse théorique, politique et stratégique par Jacques Nikonoff, Gilet jaune, universitaire, président du Parti de la démondialisation (Pardem)
http://www.pardem.org/actualite/luttes/896-comment-faire-gagner-les-gilets-jaunes

Très intéressant, « ON REPREND LA MAIN » :


https://onreprendlamain.eu

[Contre la guerre qui vient] Daniele Ganser : L’OTAN, ALLIANCE POUR LA GUERRE, USA, mensonges et morts par millions + Anne Morelli + Jacques Pauwels

Daniele Ganser (que je trouve épatant) évoque ici brillamment quelques uns des crimes et des mensonges de l’OTAN et de l’Empire américain :

(pensez à activer les sous-titres)

Pour une étude approfondie, Daniele Ganser vient de publier, chez l’éditeur courageux Demi-Lune, un livre important, surtout pour les jeunes gens :
« Les guerres illégales de l’OTAN. Une chronique de Cuba à la Syrie »


https://www.editionsdemilune.com/les-guerres-illegales-de-lotan-p-61.html

Sommaire :

Remerciements
Introduction

1. La création de l’ONU en 1945
• Plus jamais la guerre
• Les 193 États membres de l’ONU
• L’interdiction du recours à la force, inscrite dans la Charte des Nations Unies
• L’ONU, sapée par les mensonges

2. La création de l’OTAN en 1949
• Les 29 États membres de l’OTAN
• Le Partenariat pour la paix

3. L’Empire états-unien
• Comment reconnaît-on un empire ?
• Les États-Unis sont une oligarchie
• Martin Luther King sur l’arrogance du pouvoir

4. La création de la CPI en 1998
• Qu’est ce que le crime d’agression ?
• Qu’est ce que le crime de guerre ?
• Qu’est ce que le crime contre l’Humanité ?
• Qu’est ce que le génocide ?
• Qui est condamné ?
• Primauté du droit sur la politique de la force
• George W. Bush et Tony Blair sont des criminels de guerre

5. La guerre illégale contre l’Iran en 1953
• Le Premier ministre Mossadegh parle à l’ONU – 1951
• Le renversement illégal du gouvernement de Mossadegh, le 19 août 1953
• Les médias de l’OTAN font l’impasse sur le putsch
• Des excuses pour le putsch

6. La guerre illégale contre le Guatemala en 1954
• La réforme agraire du Président Arbenz
• Le Président Arbenz est renversé par la CIA
• Le Conseil de sécurité de l’ONU n’aide pas le Guatemala
• Castillo Armas s’empare du pouvoir
• Ernesto Che Guevara est assassiné
• Eisenhower met en garde contre le complexe militaro-industriel

7. La guerre illégale contre l’Égypte en 1956
• Une conspiration baptisée « Opération Mousquetaire »
• Israël, la France et la Grande-Bretagne passent à l’attaque
• L’ONU envoie une mission de maintien de la paix
• Le soulèvement populaire en Hongrie en 1956

8. La guerre illégale contre Cuba en 1961
• Une révolution dans les Caraïbes
• Des bombes incendiaires tombent sur Cuba
• Tentatives de meurtre
• Fidel Castro à New York
• L’invasion de la Baie des Cochons le 15 avril 1961
• L’ONU échoue pendant l’invasion
• L’Opération Mongoose sabote l’économie cubaine
• L’Opération Northwoods est suspendue
• Les Russes déploient des missiles à Cuba
• Kennedy décrète le blocus naval de Cuba
• Réunion de crise aux Nations Unies à New York
• L’ONU, tribunal de l’opinion publique mondiale
• La diplomatie de crise du Secrétaire général U Thant
• Moscou retire ses missiles
• L’embargo économique US condamné par l’ONU

9. La guerre illégale contre le Vietnam en 1964
• La France perd sa colonie d’Indochine – 1954
• L’assassinat du Président Ngo Dinh Diem
• Le mensonge de guerre du golfe du Tonkin – 1964
• La manipulation des médias de masse par la CIA
• Le bombardement illégal du Laos et du Cambodge
• La vaine tentative de médiation de U Thant

10. La guerre illégale contre le Nicaragua en 1981
• Le chef de guérilla Augusto Sandino combat les Yankees
• Les sandinistes accèdent au pouvoir
• Les Contras commencent leur guerre d’agression – 1981
• La CIJ condamne les États-Unis – 1986
• L’affaire Iran-Contra

11. La guerre illégale contre la Serbie en 1999
• Les États-Unis construisent une base militaire en ex-Yougoslavie
• L’Empire US divise la Yougoslavie
• Déclaration d’indépendance de la Croatie et de la Slovénie
• Le déclenchement de la guerre en Bosnie – 1992
• L’OTAN bombarde la Bosnie en mai 1995
• Le massacre de Srebrenica en juillet 1995
• Les accords de Dayton en novembre 1995
• Les US renforcent l’Armée de Libération du Kosovo
• Le prétendu massacre de Racak en janvier 1999
• L’OTAN bombarde le Kosovo en mars 1999
• L’Allemagne entre à nouveau en guerre
• Le mensonge de guerre du camp de concentration à Pristina
• Le mensonge de guerre du massacre de Rugovo
• Milosevic meurt dans une prison de l’ONU

12. La guerre illégale contre l’Afghanistan en 2001
• L’invasion par l’Union soviétique – 1979
• Les attentats terroristes du 11 septembre 2001
• L’agression contre l’Afghanistan le 7 octobre 2001
• L’Allemagne envoie des soldats en Afghanistan
• La guerre illégale contre le Pakistan – 2001

13. La guerre illégale contre l’Irak en 2003
• La première guerre du Golfe – 1980
• La deuxième guerre du Golfe – 1990
• L’invasion du Panama – 1989
• Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne l’invasion du Koweït – 1990
• L’ONU impose un embargo économique à l’Irak
• Les USA et le Royaume-Uni bombardent l’Irak – 1998
• L’agression de Bush et Blair contre l’Irak– 2003

14. La guerre illégale contre la Libye en 2011
• Le Président Ronald Reagan bombarde la Libye – 1986
• L’attentat terroriste de Lockerbie – 1988
• Le renforcement des droits des femmes en Libye
• Mouammar Kadhafi s’exprime à l’ONU – 2009
• La guerre civile éclate en février 2011
• L’OTAN bombarde la Libye à partir du 19 mars 2011
• Le nouveau principe de la « Responsabilité de protéger »

15. La guerre illégale contre l’Ukraine en 2014
• L’extension de l’OTAN à l’Est
• Le sommet de l’OTAN à Bucarest – 2008
• Le coup d’État en Ukraine du 20 février 2014
• « Fuck the EU » : le coup d’État illégal des USA à Kiev
• La reconquête de la Crimée en mars 2014
• La sécession de la Crimée et le veto russe à l’ONU
• La guerre civile en Ukraine commence le 15 avril 2014
• La destruction du vol MH 17 et les sanctions contre la Russie

16. La guerre illégale contre le Yémen depuis 2015
• Attaques de drones US contre le Yémen – 2009
• Le Prix Nobel de la Paix pour Barack Obama – 2009
• L’Arabie saoudite bombarde le Yémen en mars 2015
• L’industrie de l’armement profite des guerres

17. La guerre illégale contre la Syrie depuis 2011
• Bachar El-Assad est-il un nouvel Hitler ?
• La guerre secrète de l’OTAN contre la Syrie
• La guerre des gazoducs menée par le Qatar et l’Arabie saoudite
• La guerre de Syrie commence à Deraa en mars 2011
• Les djihadistes transformés en troupes au sol de l’OTAN
• Des armes libyennes pour les djihadistes
• Les djihadistes instaurent un Califat en juin 2014
• L’attaque à l’arme chimique de la Ghouta, le 21 août 2013
• Les vidéos de décapitation et l’offensive des États-Unis du 23 septembre 2014
• L’histoire des bombes barils
• Le Conseil de sécurité de l’ONU examine le problème du terrorisme
• La France bombarde la Syrie à partir du 27 septembre 2015
• La Russie bombarde la Syrie à partir du 30 septembre 2015
• Le Royaume-Uni bombarde la Syrie à partir du 2 décembre 2015
• L’Allemagne prend part au conflit syrien le 4 décembre 2015

Conclusion

Annexes
Chronologie : Sélection de guerres illégales depuis 1945
Bibliographie : Sélection de livres pour aller plus loin
Notes

 
Présentation (12 pages) du livre : https://www.editionsdemilune.com/media/extraits/GIO/Dossier-de-presentation-Guerres-illegales-12p-WEB.pdf


À propos de la propagande de guerre, voyez aussi :


« Principes élémentaires de la propagande de guerre », Anne Morelli ; 10 principes à connaître, toujours d’actualité ; les enfants devraient être formés à repérer dans les discours d’un État, d’une puissance politique, l’intoxication, la désinformation qui précèdent la guerre.

La page du livre chez l’éditeur (formidable), Aden : http://www.aden.be/index.php?aden=principes-elementaires-de-propagande-de-guerre


À propos du mythe de « la bonne guerre », voir aussi le travail considérable de Jacques Pauwels :

• Le mythe de la bonne guerre

http://www.aden.be/index.php?aden=le-mythe-de-la-bonne-guerre

• 14-18 : la grande guerre des classes

http://www.aden.be/index.php?aden=14-18-la-grande-guerre-des-classes

• Big business avec Hitler

http://www.aden.be/index.php?aden=big-business-avec-hitler

Voir aussi :
Kurt Gossweiler, « Hitler, l’irrésistible ascension. Essais sur le fascisme » :

http://www.aden.be/index.php?aden=hitler-irresistible-ascension

Wikipédia, outil de calomnie et de mensonge pour ses parties politiques (et économiques), comme tous les autres médias vendus : l’Affaire Philip Cross, par Craig Murray

Pour simplifier l’accès aux savoirs SCIENTIFIQUES ET HISTORIQUE, Wikipédia est un outil pédagogique souvent très utile, évidemment ; mais dans les domaines POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES, où les voleurs de pouvoir (et les voleurs tout court, comme les industriels et les banquiers) ont beaucoup à gagner ou à perdre — et où il y a donc de puissantes raisons pour mentir —, Wikipédia est un outil de manipulation et de mensonge, exactement comme les autres médias achetés par les riches pour désinformer les citoyens, en discréditant fallacieusement les opposants et en flattant pernicieusement les dominants.

Pour preuve, par exemple, l’article passionnant ci-dessous, de Craig Murray.

C’est ainsi que ma propre page Wikipédia est progressivement devenue un outil de calomnie malveillante chimiquement pure — avec interdiction de m’y défendre moi-même…

Étienne.

Est-ce que le fait d’être libre n’offre pas forcément l’objet libre aux plus riches (le privant rapidement de réelle liberté) ?


L’Affaire Philip Cross par Craig Murray [Trad.]

Note Soverain : Cet article de Craig Murray met en évidence les liens entre Wikipédia, généralement réputée pour être une encyclopédie libre et participative (et donc une référence dans le domaine de l’information), et la manière dont elle est utilisée à des fins (géo)politiques avec la complicité supposée de son fondateur et de certains rédacteurs. Cet article traite de l’affaire « Philip Cross », un utilisateur de Wikipédia qui a un grand nombre de révisions à son actif, toutes en faveur des médias néo-conservateurs britanniques et en défaveur des médias indépendants et alternatifs. Cet article apporte des éléments de réponse pour juger de la neutralité de Wikipédia, et permet d’avoir un aperçu des difficultés rencontrées par d’autres personnes physiques ou morales (partis politiques, associations), même en France, pour disposer d’une page objective.

Craig Murray : « Philip Cross » n’a pas eu un seul jour de répit sur sa page Wikipedia depuis presque cinq ans. « Il » a édité tous les jours du 29 août 2013 au 14 mai 2018. Y compris cinq jours de Noël. Ça fait 1 721 jours consécutifs de révisions.

133 612 modifications ont été apportées à Wikipédia au nom de « Philip Cross » sur une période de 14 ans. C’est plus de 30 éditions par jour, sept jours sur sept. Et je ne l’utilise pas au sens figuré : Les révisions Wikipedia sont enregistrées dans le temps, et si vous les tracez, la carte de temps pour l’activité Wikipedia de « Philip Cross » est étonnante si il s’agit d’un seul individu :

L’activité se déroule comme une horloge, sept jours sur sept, toutes les heures de la journée, sans variation significative. Si « Philip Cross » est vraiment un individu, on ne peut nier qu’il soit maladivement obsédé. Je ne suis pas psychiatre, mais à mes yeux tout à fait inexpérimentés, cela ressemble au comportement d’un psychotique dérangé sans activités sociales en dehors de son domicile, sans travail (ou un patron incroyablement tolérant), vivant sa vie à travers un écran. Je dirige ce qui est sans doute le blog politique le plus lu au Royaume-Uni, et je ne passe pas autant de temps sur Internet que « Philip Cross ». Ma « timecard » montre les endroits où je regarde le football le samedi, je vais boire le vendredi, je vais au supermarché et me promener ou sortir en famille le dimanche, et en général, je me détends beaucoup plus et je lis des livres le soir. Cross n’a pas les schémas d’activité d’un être humain normal et parfaitement équilibré.

Il y a trois options. « Philip Cross » est soit une personne très étrange en effet, soit une fausse personne déguisant une activité payante pour contrôler le contenu de wikipedia, soit une vraie personne de façade pour une telle opération en son nom.

Pourquoi cette qualification d’obsessionnel compulsif sans amis – pour prendre l’explication officielle – est justifiée ?

Parce que le but de l’opération « Philip Cross » est de systématiquement attaquer et de miner la réputation de ceux qui jouent un rôle de premier plan dans la remise en cause du discours dominant des entreprises et des médias d’Etat, en particulier dans les affaires étrangères. « Philip Cross » cherche aussi systématiquement à faire briller la réputation des journalistes des médias grand public et d’autres personnalités qui jouent un rôle de premier plan dans la promotion de la propagande néoconservatrice et dans la promotion des intérêts d’Israël.

C’est important parce qu’un lecteur ordinaire qui tombe sur un article questionnant (disons le comme ça) le récit officiel sur les Skripals, est très susceptible de se tourner vers Wikipedia pour obtenir des informations sur l’auteur de l’article. En termes simples, le but de l’opération « Philip Cross » est de s’assurer que si ce lecteur recherche une personne antimilitariste comme John Pilger, ils concluront qu’ils ne sont pas du tout fiables et peu dignes de confiance, alors que s’ils recherchent un journaliste MSM de droite, ils concluront qu’ils sont un modèle de vertu et qu’il faut leur faire pleinement confiance.

Le traitement « Philip Cross » est réservé non seulement aux partisans de l’aile gauche, mais à tous les sceptiques du néo-conservatisme et qui s’opposent aux « guerres d’intervention ». La liste des victimes de Cross comprend Alex Salmond, Peter Oborne, John Pilger, Owen Jones, Jeremy Corbyn, Tim Hayward, Diane Abbott, Neil Clark, Lindsey German, Vanessa Beeley et George Galloway. Comme on peut s’y attendre, « Philip Cross » est particulièrement actif dans la modification des articles de Wikipedia des médias alternatifs et des sites de critique MSM. « Philip Cross » a fait 36 révisions à la page Wikipedia de The Canary et, de façon stupéfiante, plus de 800 révisions sur Media Lens. George Galloway reste la cible favorite de l’opération « Philip Cross » avec un nombre incroyable de 1 800 révisions.

Tout aussi révélateurs sont les gens que « Philip Cross » cherche à protéger et à promouvoir. Sarah Smith, l’uber-syndicaliste de la BBC Scotland, a demandé à « Philip Cross » de supprimer les références de son entrée sur Wikipedia aux liens familiaux qui (ahem) ont pu l’aider dans sa carrière. La députée Ruth Smeeth, de Labour Friends of Israel, a fait référence au câble diplomatique américain Wikileaks qui a montré qu’elle était une informatrice à l’ambassade des États-Unis sur les secrets du Parti travailliste, supprimé par « Philip Cross ». La chroniqueuse de droite Melanie Phillips et son déni du changement climatique s’est fait exciser par Cross.

« Philip Cross » ne se contente pas de veiller et protèger soigneusement la page Wikipedia de l’éditrice du Guardian Katherine Viner, qui a changé sa plume pour le camp néo-con, mais Philip Cross a aussi rédigé la page hagiographique (NDLT : écriture de la vie des saints) originale. Le contact MI6 du Guardian, Luke Harding, est particulièrement pris en charge par Cross, de même que leurs obsessifs anti-corbyn Nick Cohen et Jonathon Freedland. Il en va de même pour Murdoch, David Aaronovitch et Oliver Kamm.

Il ne fait aucun doute que Kamm, chef de file du Murdoch’s Times, est en lien avec l’opération « Philip Cross ». Beaucoup de gens croient que Kamm et Cross sont la même personne, ou que Kamm fait partie d’une personne multiple. Six fois j’ai eu personnellement des modifications hostiles à ma page Wikipedia par « Philip Cross » faites en liaison directe avec des attaques de Kamm, soit sur Twitter, dans un éditorial du Times ou dans le magazine Prospect. Au total, « Philip Cross » a effectué 275 modifications sur ma page Wikipedia. Il s’agit notamment d’appeler ma femme strip-teaseuse, de supprimer ma photo, de supprimer ma réponse aux attaques lancées contre moi par Kamm et Harding, entre autres, et de supprimer mon refus de tous les honneurs alors que j’étais diplomate britannique.

Neil Clark et Peter Oborne sont unes des nombreuses victimes de Philip Cross sur Wikipedia en même temps que les attaques de Kamm sur d’autres médias. Clark poursuit Kamm en justice pour harcèlement criminel – et « Philip Cross » a supprimé toute référence à ce fait de la page Wikipedia de Kamm.

Ce qui est clair, c’est que Kamm et Cross ont des opinions politiques extrêmement similaires, et que la ligne de démarcation entre ceux qu’ils attaquent et ceux qu’ils défendent est basée clairement sur les principes du Manifeste d’Euston (NDLT : une déclaration de principes d’un groupe de journalistes et activistes libéraux basés au Royaume-Uni). C’est peut-être un peu flou, mais il s’agit en fait d’une importante déclaration blairite de soutien à Israël et aux guerres néo-conservatrices d’intervention, et elle était liée à la fondation de la Henry Jackson Society. Qui est responsable de l’édition de la page Wikipedia du Manifeste d’Euston ? « Philip Cross ».

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que les positions de « Philip Cross » sont exactement les mêmes que celles de Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia. Jimmy Wales a été sur Twitter ces trois derniers jours extrêmement grossier et désagréable pour quiconque remettait en question les activités de Philip Cross. Son engagement en faveur de la liberté de Cross d’opérer sur Wikipedia serait bien plus impressionnant si l’opération Cross ne faisait pas la promotion des propres opinions de Wales. Jimmy Wales s’est activement prononcé contre Jeremy Corbyn, soutient le bombardement de la Syrie, soutient Israël, est tellement blairite qu’il a épousé la secrétaire de Blair, et siège au conseil d’administration de Guardian Media Group Ltd aux côtés de Katherine Viner.

L’attitude extrêmement défensive et le caractère surnaturel des réponses twitter de Wales sur l’opération « Philip Cross » est très révélateur. Pourquoi pensez-vous qu’il réagit ainsi ? C’est assez intéressant. Le bras mendiant de Wikipedia UK, Wikimedia UK, les a rejoint avec des réponses hostiles identiques à tous ceux qui remettent en question Cross.

En réponse, de nombreuses personnes ont envoyé des preuves à Jimmy Wales, qu’il a ignorées, tandis que sa  » fondation  » s’est fâchée contre ceux qui remettent en question les activités de Philip Cross.

Wikimedia est arrivé sans y être invité dans un fil twitter discutant des activités « Philip Cross » et a immédiatement commencé à attaquer les gens qui remettent en question la légitimité de Cross. Quelqu’un voit-il quelque chose d’insultant dans mon tweet ?

Je le répète, la coïncidence des opinions politiques de Philip Cross avec celles de Jimmy Wales, alliée à l’hostilité immédiate de Wales et de Wikimedia à l’égard de quiconque remet en question les activités de Cross – sans avoir besoin d’examiner des preuves – soulève un grand nombre de questions.

Philip Cross ne cherche pas à cacher son mobile ou sa haine de ceux dont il attaque les pages de Wikipedia. Il les raille ouvertement sur Twitter. La malhonnêteté évidente de ses révisions est évidente pour tout le monde.

Dans le passé, j’ai échangé des messages avec « Philip Cross ». Il dit qu’il est une personne, et qu’il édite en lien avec les tweets d’Oliver Kamm parce qu’il suit Kamm et que ses tweets l’inspirent à éditer. Il dit qu’il a rencontré Kamm et admet être en contact électronique avec lui. Cet échange que j’ai eu avec Cross, c’était il y a quelques années. Communication plus récente avec Cross (qui a maintenant changé son ID Twitter en « Julian »).

a été moins coopératif et il n’a pas répondu :

George Galloway offre une récompense de £1,000 pour le nom et l’adresse de « Cross » afin qu’il puisse également intenter une action en justice.

Je pense que Philip Cross est probablement une personne physique, mais qu’il fait la couverture d’un groupe agissant sous son nom. Il est incontestable, en fait le gouvernement s’en est vanté, que le MOD et le GCHQ ont tous deux des opérations de « cyberguerre » visant à défendre le récit « officiel » contre les médias alternatifs, et c’est précisément le but de l’opération « Philip Cross » sur Wikipedia. L’extrême régularité de la production plaide contre le fait que « Philip Cross » soit une opération à un seul homme ou bénévole. Je n’exclus cependant pas la possibilité qu’il ne soit vraiment qu’un seul fanatique extrêmement obsédé par la droite.

Enfin, il convient de noter que sur Wikipedia, une campagne visant à renforcer la narration des médias grand public et à dénigrer les sources alternatives présente l’énorme avantage que seule l’information provenant des médias grand public est autorisée dans les articles politiques.

En conclusion, quelques images des pages de révision des articles de Wikipedia pour donner un petit aperçu de ce dont je parle :

Je m’inquiète un peu, de peur de devenir moi-même obsédé. Trouvez-vous cela aussi fascinant que moi ?

Craig Murray.

Source originale : https://www.craigmurray.org.uk/archives/2018/05/the-philip-cross-affair/

Source en français : https://www.soverain.fr/laffaire-philip-cross/

 

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Rendez-vous à Toulon le 24 mai 2018, à 18 h, avec les Indignés, autour du dernier film sur Chomsky

L’événement Facebook :
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[Ennemis du peuple] Ceux qui se prennent pour « les élus » sont les fléaux de l’humanité. L’antidote universel contre leur accès au pouvoir est le tirage au sort, mais celui-ci ne sera institué et protégé que par des citoyens devenus personnellement et massivement constituants

Pendant que nos « élus de la république » détruisent impunément une à une toutes les protections sociales et toutes les institutions de l’état de droit (au profit des usuriers, leurs maîtres), les nouveaux nazis du moment — « élus de dieu » israéliens et américains « sionistes » —, racistes, colonialistes, impérialistes, terroristes, déporteurs, génocidaires, assassins, voleurs, menteurs, espionneurs, violeurs, exploiteurs, empoisonneurs, affameurs, bombardeurs, imposant à Gaza, comme exemple intimidant de terreur impériale, des camps de concentration et d’extermination, un apartheid abject et les pires crimes contre l’humanité, ces nouveaux monstres totalitaires conduisent impunément le monde entier vers une nouvelle tuerie générale, mensongèrement drapés dans l’expression « démocratie », avec l’aval dégoûtant, écœurant, révoltant, des faux « journalistes » qu’ils ont tous pourris en les achetant avec leur sale fausse monnaie 🙁

Putain d’impuissance politique de merde…

Au diable les « élus », au diable !

Étienne.


Bruno Guigue : Massacre colonial pour “un jour de gloire”

55 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’Israël. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs fielleux et abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré – et assiégé – de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.

Au nom de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, par exemple, appelle “toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires”. On savait déjà que l’UE ne servait à rien, mais il faut avouer que cette inutilité finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement au Proche-Orient”, déclare le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix. On sait ce que signifie cet angélisme de façade : il s’agit d’obtenir la reddition de ceux qui protestent contre l’occupation. D’une lutte de libération, cette rhétorique lénifiante fait une obscure querelle. Son artifice, dans le meilleur des cas, consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les responsabilités étaient partagées.

En attendant, la débauche de violence de l’occupant fait renaître l’atmosphère sanguinaire des pires massacres coloniaux. Enracinée dans les esprits par une idéologie raciste, la diabolisation du Palestinien autorise toutes les transgressions. Des citoyens israéliens s’installent sur les miradors pour assister en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spectacle ! Après tout, les héros de “Tsahal” excellent dans leur spécialité. Flinguer des civils, hommes, femmes et enfants confondus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hezbollah au Liban-Sud ou aller chercher le combattant palestinien, à la baïonnette, dans les ruelles obscures de Gaza.

“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fasciné par sa propre image mortifère.

Bruno Guigue.
 
https://www.legrandsoir.info/massacre-colonial-pour-un-jour-de-gloire.html

[Contrôle des pouvoirs, ici et maintenant] Les Affranchis : séance de TOURNAGE du Conseil municipal d’Aubenas de mardi 10 avril dernier

Ping Camille Halut : ça germe 🙂
( http://democratie-saintandredevalborgne.com/category/conseils-municipaux/ )

« Tout chef sera un détestable tyran si on le laisse faire. »
Alain

#toutchefseraundétestabletyransionlelaissefaire

« Tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire ; tout pouvoir est sage dès qu’il se sent jugé. »
Émile Chartier dit « Alain », « Propos », 25 janvier 1930.

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[Arrêter les ravages de la classe nuisible et de la classe obscène] Excellent Frédéric Lordon – Bourse du travail – Et si on essayait quelque chose ? 4 avril 2018

Frédéric Lordon – Bourse du travail – Et si on essayait quelque chose ? 4 avril 2018

[… ] Nous sommes là parce que nous nous sentons requis. Nous nous sentons requis par un moment important, décisif peut-être.

Il y a du malheur dans ce pays, des gens souffrent seuls et ne se rencontrent pas. Certains choisissent même d’en finir et qui appartiennent désormais à des classes sociales qu’on n’aurait jamais imaginées.

À un moment, il faudra mettre en ordre le vocabulaire : quand des politiques publiques, continûment poursuivies depuis 30 ans, conduisent ainsi directement des gens à s’abîmer ou à se supprimer, comment faut-il les qualifier ?

Je retiens de justesse quelques mots qui me viennent à l’esprit mais au minimum, ce sont des politiques qui sont passibles de procès publics.

Il y a quelque temps j’ai proposé moitié pour rire, moitié pour provoquer, et une troisième moitié éventuellement pour réfléchir un peu, de considérer ce que j’ai appelé « la classe nuisible ». Alors si ça en agace quelques–uns, on peut l’appeler autrement, c’est vrai que ce n’est pas très gentil : la classe béate, la classe pharisienne, mais en gros, tous les ravis de la mondialisation, qui non seulement cautionnent mais applaudissent à l‘installation des structures du malheur des autres, n’en ont aucun égard, et pour finir, leur font la leçon à coup de généralités édifiantes.

Mais la classe nuisible est surmontée d’une fraction encore plus étroite qu’il faudrait appeler « la classe obscène ». Si vous croyez que j’exagère, écoutez, tendez l’oreille. Il ne se passe presque plus qu’une journée sans que quelques représentants de la classe obscène ne viennent déposer sa bouse… La classe obscène, c’est ce député macronien, entrepreneur enrichi qui vient expliquer que « ça suffit cette obsession pour le pouvoir d’achat parce qu’il y a quand même d’autres choses dans la vie» ; c’est cet autre qui soutient qu’il y a tout au plus une cinquantaine de SDF dans Paris et qui ont choisi d’y être ; ou bien ce sinistre individu qui suggère dans les colonnes du Point qu’on compte les décès liés aux grèves. Et bien comptage pour comptage, il faut relever le défi, et carrément même !

À quand, par exemple, un livre noir mondial du néolibéralisme ? Livre noir de l’ajustement structurel au sud, de la mise au travail des enfants en Afrique, du massacre de la Grèce, des décès climatiques aux suicidés bien de chez nous…

La classe obscène veut compter ? C’est parfait, on va compter avec elle. À ceci près, que nous ici, on ne veut pas seulement compter, on veut arrêter le compteur.

Alors on va dire que j’extravague, qu’il n’est question après tout que d’une simple dérégulation du transport ferroviaire demandée par l’Europe… Je réponds qu’il ne faudra pas 5 ans pour que la SNCF connaisse sa vague de suicides comme avant elle Orange, La Poste, et les hôpitaux … Nous ne laisserons pas faire ça !

La vérité c’est que partout où ils passent depuis 30 ans, les fanatiques qui se présentent comme des modernisateurs, des pragmatiques et des bâtisseurs sèment l’inefficacité, l’absurdité managériale et la démolition. Car voilà la vérité : ce sont des bousilleurs, ce sont des démolisseurs. Ils démolissent les collectifs, ils démolissent un état d’esprit, celui du service du public, et pour finir, ils démolissent les personnes.

Beaucoup d’entre nous sans doute voudraient que le corps social en soit à tout renverser dans un élan révolutionnaire. Le minimum de réalisme, c’est de constater que nous n’en sommes pas là. Mais que voit-on à la place ? Nous voyons cette chose toute simple, et en même temps assez profonde : les gens ont le goût de bien faire leur travail. Ils n’en sont pas exactement à renverser le système de l’exploitation et pourtant ce capitalisme n’en a pas moins été assez con pour leur saccager le travail, et ça, ça les rend malades, et puis ça les rend furieux. Ils ont raison.

Après déjà de trop nombreuses étapes, les ordonnances SNCF ne sont qu’une extension supplémentaire du domaine du saccage, du saccage général. C’est bien pourquoi tous les secteurs du salariat peuvent se retrouver dans la lutte d’aujourd’hui, pourvu que soit porté au jour, ce lien invisible qui les relie tous, parfois sans qu’ils le sachent. Nous sommes ici pour contribuer à ce que ce lien apparaisse, pour le construire au besoin.

Toutes les forces de l’argent et des médias de l’argent vont se dresser contre nous, comme en chaque grande occasion, comme en 1995, comme en 2005 avec le TCE, en 2010 avec les retraites… Les médias vont révéler leur parti; nous aurons droit à tout : nous aurons droit aux sondages à la con, aux micro trottoirs à la con, aux éditocrates à la con, avec leurs trois mots de vocabulaire : grogne/galère/otage. Parce qu’il leur suffit de trois mots pour appareiller leur haine viscérale de tous les mouvements sociaux. Et ce sont les organes de la bourgeoisie tels qu’en eux-mêmes l’éternité les laisse…

Mais même un film de reconstitution historique de série B ne voudrait pas de pareils cabots, de tels tocards ! Ils sont too much, ils sont épais, ils sont ridicules, et finiraient par faire passer le scénariste pour un débile. Mais c’est notre réalité à nous. Et quelle misère de voir de plus en plus souvent le service public leur emboîter le pas.

Toutes ces forces vont se scandaliser que nous ayons à la bouche, les mots de la bataille mais, elles, mènent la bataille. La leur. L’oligarchie allume partout la guerre sociale et puis vient s’offusquer que ce que les gens entrent en guerre : « Comment les gueux n’ont-ils pas le bon goût de se laisser équarrir en silence? » !

Et ils ne se laisseront pas faire ; nous ne laisserons pas faire ça ! Et à la place nous ferons autre chose. Nous savons que nos moyens sont limités mais peut-être avons nous celui de la catalyse.

Une vapeur plane sur tout le pays, une vapeur de souffrance, mais aussi de colère et peut-être même de scandale social ; une vapeur de désir également, le désir de se rassembler pour constituer une force et mettre un terme à cette agression sans fin.

Si Macron s’imagine qu’avec les ordonnances SNCF, il veut s’éviter un conflit de cheminots sur le dos, il se trompe et de beaucoup, car pas de bol pour lui, une chimie du malheur général est en train de s’opérer. Les gens étaient malheureux quand ils étaient seuls, ils découvrent qu’ils ne le sont pas ; ils se rassemblent et alors le malheur se convertit en rage, en énergie pour lutter, comme quoi la chimie apporte parfois d’excellentes nouvelles.

Quant à Macron, c’est le fou du labo 4, c’est le chimiste malgré lui. Si le macronisme a une seule vertu, c’est de rendre de plus en plus visible à tous, la cohérence d’une offensive généralisée.

Il faut porter cette évidence au dernier degré de clarté dans les têtes. Il faut que tous sachent qu’ils sont tous candidats à y passer et qu’ils sachent aussi qu’ils ont les moyens de faire dérailler le convoi.

Il faut que toutes les personnes qui constituent la masse deviennent pleinement conscientes de ce qui les attend car c’est la même chose qui les attend toutes ; et c’est à cette condition que la masse proprement devient masse.

Alors, la masse tout naturellement trouve le moyen de son auto-défense, c’est le mouvement de masse. On nous demande ce que nous voulons, voici la réponse : nous voulons le mouvement de masse. Si l’offensive est générale, nous voulons le débordement général.

Il faut dire à tous ceux qui se sentent dans le malheur qu’il y a une issue : ne restez pas seuls ! Rassemblez-vous ! Luttez ! Luttons ! C’est le moment !

Frédéric Lordon.

https://soundcloud.com/user-898678423/podcast-reunion-publique-a-la-bourse-du-travail à la minute 1:19:20.