Archives pour la catégorie la tyrannie qui vient

Entretien du 4 août avec Thinkerview : retranscription intégrale, par Catherine Vergnaud

Chers amis,

Au beau milieu des vacances d’été, au calme, j’ai rencontré pendant deux heures les jeunes gens de la chaîne Thinkerview :

Depuis, Catherine a réalisé un travail de romain pour retranscrire l’intégralité de cet entretien, en y ajoutant de nombreux liens pour expliciter et approfondir des points importants. C’est publié sur le (luxuriant) Wiki des GVs :


http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Interview_de_%C3%89tienne_Chouard_par_Thinkerview

Quel boulot, mais quel boulot !!!

Mille mercis, Catherine, tu es épatante 🙂

Je remercie du fond du cœur tous ceux qui m’aident ainsi, comme ils peuvent, courageusement, opiniâtrement, à semer un peu partout ces graines d’émancipation populaire et de démocratie vraie : ce que je fais n’aurait aucune portée sans eux, sans vous tous.

On n’est forts qu’ensemble.
Merci beaucoup.

Étienne.

 

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[PRATIQUE DU COMPLOT des riches contre les pauvres] Buchanan, le tyran (dé)masqué : la mission d’un homme pour détruire la démocratie, par George Monbiot dans The Guardian (traduit par les-crises.fr)

Une bonne synthèse, traduite et signalée par le meilleur site d’information en France, les-crises.fr.

Ce n’est pas une « théorie du complot », c’est une PRATIQUE du complot, évidente et scandaleuse.

Et il faudra du courage aux citoyens dignes de ce nom pour y résister, sans se laisser intimider par les chiens de garde médiatiques judiciaires et policiers dudit complot.

Étienne.


‘ Buchanan a développé un programme caché pour supprimer la démocratie pour le compte des très riches. Il refaçonne la politique. Illustration: Sébastien Thibault’

La vision de James McGill Buchanan d’un capitalisme totalitaire a infecté les politiques publiques aux États-Unis. Aujourd’hui, elle est en train de s’exporter.

C’est le chapitre manquant : une clé pour comprendre la politique de la dernière moitié du vingtième siècle. Lire le nouveau livre de Nancy Mac Lean: “Democracy in chains : The Deep History of the Radical Right’s Stealth Plan for America”, c’est voir ce qui jusqu’alors était demeuré invisible.

Le travail du professeur d’histoire sur le sujet commença par accident. En 2013, elle tomba sur une maison coloniale abandonnée sur le campus de l’université George Mason en Virginie. Celle-ci était remplie d’archives non classées appartenant à un homme mort cette année là et dont le nom ne vous est probablement guère familier : James McGill Buchanan. Elle affirme que la première chose qu’elle récupéra fut un lot de lettres confidentielles concernant des millions de dollars transférés à l’université par le milliardaire Charles Koch.

Ses découvertes dans cette maison des horreurs révèlent comment Buchanan, avec l’aide de magnats des affaires et des instituts financés par ces derniers, développèrent un programme secret pour supprimer la démocratie au bénéfice des ultra-riches. Ce programme est en train de remodeler la sphère politique et pas seulement aux Etats-Unis.

Buchanan fut fortement influencé à la fois par le néolibéralisme de Friedrich Hayek et de Ludwig von Mises ainsi que par le défenseur du primat de la propriété John C. Calhoun, lequel défendit dans la première moitié du XIXème siècle l’idée selon laquelle la liberté consiste à avoir le droit absolu d’utiliser votre propriété (y compris vos esclaves) comme vous le souhaitez ; toute institution qui empiète sur ce droit est un agent d’oppression, exploitant les possédants pour le compte de la masse.

James Buchanan réalisa la synthèse de ces influences pour créer ce qu’il appela la théorie du choix public (Public Choice). Selon cette dernière, une société ne peut être considérée comme libre à moins que chaque citoyen n’ait la possibilité de mettre un veto sur les décisions prises par celle-ci.

Pour Buchanan, cela voulait dire concrètement que personne ne devait être imposé contre sa volonté. Or, selon lui, les riches étaient exploités par ceux qui utilisent leur vote pour leur extorquer de l’argent et qui l’utilisent pour financer, via l’impôt, la dépense publique et les systèmes de protection sociale. Autoriser les travailleurs à créer des syndicats et mettre en place des niveaux d’imposition progressifs sur le revenu était l’exemple d’une législation « discriminatoire ou différentielle » envers les détenteurs du capital.

Tout conflit entre « la liberté » (autoriser les riches à agir comme bon leur semble) et la démocratie devait être résolu en faveur de la liberté. Dans son livre, « The Limits of Liberty », Buchanan notait que « le despotisme pourrait être la seule forme d’organisation alternative à la structure politique telle que nous l’observons. »

Le despotisme au nom de la défense de la liberté.

Sa solution à ce problème était une “révolution constitutionnelle” : créer des contraintes irrévocables pour limiter le choix démocratique. Sponsorisé durant toute sa carrière par des fondations appartenant à des milliardaires et de grandes entreprises, il développa un cadre théorique pour présenter à quoi ressemblerait sa révolution constitutionnelle ainsi que la stratégie pour la mettre en œuvre.

Il expliqua comment les politiques de déségrégation dans les écoles du sud des Etats-Unis pourraient être mises en échec en créant un réseau d’écoles privées soutenues par les États. Il fut le premier à proposer de privatiser les universités et d’imposer aux étudiants de payer l’intégralité des frais de scolarité : son but initial était d’écraser le militantisme étudiant.

Il appela à privatiser la sécurité sociale et de nombreuses autres fonctions de l’État. Il chercha à rompre les liens entre le peuple et le gouvernement et à réduire à néant la confiance envers les institutions. Pour résumer, son objectif était de sauver le capitalisme de la démocratie.

En 1980, il put mettre son programme en action. Il fut invité au Chili où il aida la dictature de Pinochet à écrire une nouvelle constitution qui, grâce aux habiles mécanismes proposés par Buchanan, s’est avérée impossible à abroger complètement. Pendant que la torture et les massacres faisaient rage, il conseilla le gouvernement d’étendre les programmes de privatisation, d’austérité, de restriction monétaire, de dérégulation et de destruction des syndicats : un ensemble de mesures qui contribuèrent à un effondrement économique en 1982.

Rien de tout cela ne troubla l’Académie Suédoise qui, par le biais de Assar Lindbeck de l’université de Stockholm, un supporteur de Buchanan, lui attribua le prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel. C’est une des décisions qui, parmi d’autres, contribuèrent à discréditer ce prix. Mais son pouvoir commença vraiment à se faire sentir lorsque Koch, actuellement la septième fortune des Etats-Unis, décida que Buchanan possédait la clé qui lui permettrait d’enclencher la transformation qu’il souhaitait. Koch considérait même des idéologues comme Milton Friedman ou Alan Greenspan comme des « vendus » car ils cherchaient à améliorer l’efficacité du gouvernement plutôt que de lé détruire purement et simplement. Buchanan poussa cette logique jusqu’au bout.

MacLean affirme que Charles Koch injecta des millions de dollars dans le travail de Buchanan à l’université George Mason dont les départements d’économie et de droit ressemblent davantage à des think-tanks financés par des entreprises qu’à des institutions universitaires. Il utilisa l’économiste pour recruter les « cadres » destinés à mettre en place son programme (Murray Rothbard de l’institut Cato fondé par Koch, a exhorté le milliardaire à étudier les techniques de Lénine et à les appliquer à la cause libertarienne). À eux deux, ils commencèrent à développer un programme destiné à changer les règles.

Les papiers découverts par MacLean montrent que Buchanan considérait la dissimulation comme étant cruciale. Il avertit ses collaborateurs que « le secret de la conspiration est en tout temps essentiel ». Au lieu de révéler le but final, ils allaient avancer pas à pas, par paliers. Par exemple, au lieu de chercher à détruire le système de sécurité sociale, ils affirmeraient vouloir le sauver arguant que sans des « réformes » radicales, ce dernier était condamné (le même argument est utilisé par ceux qui attaquent le NHS [le système de santé britannique]. Petit à petit, ils construiraient une « contre-intelligentsia », alliée à « vaste réseau de pouvoir politique » destiné à devenir la nouvelle élite.

Par le réseau de think-tanks que Koch et les autres milliardaires ont financé, par leur transformation du parti républicain et les centaines de millions qu’ils ont injecté dans les élections législatives et judiciaires américaines, par la colonisation massive de l’administration de Trump par les membres de ce réseau et par les campagnes redoutablement efficaces contre un ensemble de sujets allant de la santé publique au changement climatique, il serait juste de dire que la vision de Buchanan est arrivée à maturité aux États-Unis.

Mais pas seulement là-bas. Lire ce livre fut comme enlever la couche de buée recouvrant la fenêtre d’où j’observe la vie politique britannique. La grande liquidation des réglementations mise en évidence par le désastre de la tour Greenfel, la destruction de l’architecture de l’État par l’austérité, les règles budgétaires, le démantèlement des services publics, les frais de scolarité et le contrôle des écoles : toutes ces mesures suivent le programme de Buchanan à la lettre. Je me demande combien de personnes ont conscience que le projet des écoles libres de David Cameron s’appuie sur un projet conçu pour lutter contre la déségrégation du sud des États-Unis.

Buchanan avait raison sur un point : il y a un conflit intrinsèque entre ce qu’il appelait « la liberté économique » et la liberté politique. La liberté complète pour les milliardaires signifie la pauvreté, l’insécurité, la pollution et la disparition des services publics pour le reste de la société. Etant donné que nous ne voterons jamais pour un tel programme, il ne peut être mis en place qu’en ayant recours à la tromperie et à un contrôle autoritaire. Le choix auquel nous sommes confrontés oppose un capitalisme sans restriction et la démocratie. Nous ne pouvons pas avoir les deux.

Le programme de Buchanan est un mode d’emploi pour la mise en place d’un capitalisme totalitaire. Et ses disciples ont à peine commencé à le mettre en application. Grâce aux découvertes de MacLean, nous pouvons au moins prendre conscience de son existence. L’une des premières règles en politique est : connais ton ennemi. On s’en approche.

George Monbiot (The Guardian)

Traduction par Camille M., publiée sur les-crises.fr :

Source : The Guardian, George Monbiot, 19-07-2017

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Nouvel entretien avec La Mutinerie : à propos des élections (toujours gagnées par les pires ennemis du bien commun), de l’opposition contrôlée (divisée), des prétendus « antifas », et bien sûr des ateliers constituants

Manifestement crevé et passablement découragé, pardon.

https://www.youtube.com/watch?v=RbtvgdVge2o

Si un gentil ou une gentille pouvait m’aider à composer un plan minuté de cet entretien, ce serait bien 🙂

Merci à tous, pour tout ce que vous arrivez à faire malgré les difficultés.

Étienne.

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[Edit (16 août) : Catherine a rédigé le plan très détaillé de tout cet entretien… Quel boulot, non mais quel boulot !!! Cette bonne fée a publié tout ça sur l’inépuisable wiki des GVs :

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/La_Mutinerie-_entretien_avec_Etienne_Chouard-2017

Merci Catherine, MERCI !!! 🙂

Étienne.


1 Résumé détaillé minuté : La Mutinerie – entretien avec Etienne Chouard – 2017

1.1 Une vraie constitution

1.1.1 (0’10 ») Avoir une vraie constitution = pouvoir prendre des décisions dans le sens du bien commun, de l’intérêt général et non dans l’intérêt des privilégiés contrôlant le pouvoir

Si on a une vraie constitution, cela va absolument tout changer :

-> Cela donne le pouvoir de prendre des décisions dans le bien commun, dans le sens du bien commun, dans l’intérêt général.
-> Cela change tout au niveau local, départemental, régional, national, continental, mondial.
-> Cela changerait même la conjoncture générale, la prospérité en découlerait comme la disparition complète du chômage.
-> Les décisions publiques ne serviraient plus l’intérêt des privilégiés qui ont pris le contrôle du pouvoir.
-> Les décisions prises ne seraient plus dans l’intérêt des lobbies, puissants, riches, multinationales (Monsanto et marchands de canons y compris).

1.1.2 (1’30 ») Méthode de la mafia historique et des gouvernements : terreur et pénurie

-> La mafia gouverne par la terreur, en terrorisant ses victimes tout en se présentant comme le protecteur.
-> Le chômage est une construction politique, un outil terroriste, un outil mafieux.
Le chômage est une arme des riches contre les pauvres, un outil qui sert de tenaille pour faire peur.
-> Les gouvernements qui sont au service des plus riches depuis la Révolution française terrorisent la population et organisent la pénurie.
Il est très important que les peuples aient besoin de travailler mais pas pour le bien commun, pour les négriers qui ont pris le contrôle du gouvernement.

1.1.3 (2’48 ») Avoir une vraie constitution rendraient impossibles toutes les formes de fascisme

-> Ipso facto les riches ne peuvent plus prendre le pouvoir politique.
-> Fin du capitalisme.
-> impossibilité de toutes les formes de fascisme.
Avec un peuple constituant, il n’y a plus de place pour un tyran.
Avec un peuple constituant dès qu’un tyran manigance pour arriver au pouvoir, il a contre lui des citoyens.

1.1.4 (3’20 ») Électeur = consent à tout abandonner à des maîtres / citoyen = défend la démocratie

-> Un électeur ne défend rien ; il consent à tout abandonner à des maîtres ; il choisit entre crapule A, crapule B et crapule C ; il est souvent éteint, paresseux, complexé et se croit incompétent.
-> Un citoyen défend la démocratie ; il est actif, courageux.

Tout le monde se méfie des politiques, plus de 80% de la population n’ont pas confiance dans les acteurs politiques.
Ceux qui votent valident le système.

1.2 Méchants abstentionnistes !

1.2.1 (4’22 ») La position abstentionniste a une cohérence mais ne nous sort pas du piège politique. La seule issue : devenir constituant

La position abstentionniste est très défendable et ne mérite pas d’être condamnée.
Les acteurs politiques professionnels nous volent littéralement la réflexion et l’action politique.
Voter ou ne pas voter ne nous sort pas du piège politique.
Pas d’autre issue que de devenir constituant :
-> se hisser au-dessus des pouvoirs actuels, intellectuellement, avant de pouvoir le faire pratiquement.
-> être capable de concevoir que nous sommes souverains.
Les ateliers constituants servent à cette réflexion, l’entraînement doit être quotidien :
-> Chaque jour faire une réflexion pratique.

1.3 L’autonomie en question

1.3.1 (6’15 ») Face au « diviser pour mieux régner » les alternatives d’autonomie de vie ne suffisent pas pour résister au fascisme

Les peuples qui voulaient coloniser un autre peuple ont très souvent semé le chaos pour pouvoir l’exploiter, nous devons nous préparer au chaos qui vient.
Construire un monde qui nous manque est une superbe idée mais cela ne suffit pas à faire un projet politique alternatif.
Faire tourner des éoliennes, devenir frugal, autonome, devoir s’armer et se barricader pour faire face au chaos pendant que tout le reste de l’humanité crève ne peut être une alternative réelle pour résister.

1.3.2 (8’30 ») Développer une aptitude constituante et être citoyen actif responsable de la limite des pouvoirs permettent la résistance au fascisme

-> Pour résister à un tyran et au fascisme, maintenir l’activité économique normale, les citoyens constituants entraînés à instituer eux-mêmes les contrôles des pouvoirs seront plus robustes.
-> Pour résister au chaos, il faudrait avoir développé une aptitude constituante non réduite à l’aspect juridique du terme.
-> Être un citoyen constituant c’est penser les pouvoirs dont a besoin la communauté et les limitations non théoriques mais pratiques de ces pouvoirs par l’activité concrète des citoyens.

1.4 En marche ?

1.4.1 (9’33 ») La fabrique des opinions : les instituts de sondage

-> Macron est le début d’une dévastation sociale historique, inédite, un retour au XIXe siècle.
-> Les instituts de sondage sont tous sous appropriation.
-> L’institut de sondage est un des outils majeurs de la fabrique du consentement, de la fabrique des opinions, une machine faite pour nous tromper.
-> Les sondages disent que les français sont prêts à donner à Macron une majorité à l’Assemblée Nationale.

1.4.2 (10’43 ») Le droit du travail : retournement de la hiérarchie des normes par la loi Macron et perte de la protection

Nous étions protégés par un droit du travail donc par une loi qui se situait au-dessus de la volonté du patron. Entre les normes produites entre le patron et le salarié et la loi, la loi était au-dessus. Il y avait une hiérarchie des normes protectrice pour le salarié.
La première loi Macron – la loi El Khomri (loi travail) – a déjà inversé la hiérarchie des normes.
la loi Macron inversant la hiérarchie des normes a détruit la protection que nous avions, le droit du travail étant changé.
L’urgence est de défaire cette loi El Khomri ; or Macron veut la renforcer.

1.4.3 (11’43 ») L’urgence c’est de devenir citoyen constituant et ne plus être tenu à l’écart

L’urgence n’est pas de créer des communautés, l’urgence c’est de devenir constituant, un citoyen vigilant ! On peut cumuler les deux.
  • Devenir constituant ne demande pas un effort considérable ; ce qui est compliqué c’est de s’y mettre :
-> S’imposer une minute par jour à réfléchir concrètement à la Constitution.
-> Prendre n’importe quel article de la Constitution française :

– réfléchir et comprendre ce qui est dit dans cet article,
– comprendre comment le peuple est tenu à l’écart dans cet article,
– essayer de reformuler pour ne plus être mis à l’écart.

1.5 Du Chouard dans tous les programmes

1.5.1 (14’07 ») Les professionnels de la politique vont dévoyer nos idées d’émancipation ; les conflits d’intérêt sont la cause de notre impuissance politique

Si nos idées d’émancipation citoyenne, de non professionnels de la politique, sont reprises par les politiciens, ceux-ci vont dévoyer nos idées, les vider de leur sens.
Exemple : décider que l’assemblée Constituante ne devra pas être tirée au sort complètement mais juste en partie.
Ce serait garder dans la Constituante les conflits d’intérêt qui sont la cause de l’impuissance politique populaire.

1.5.2 (15’10 ») Rousseau : C’est une forme de folie que de croire que celui qui est en situation de dominer va suivre un intérêt autre que le sien

-> Les maîtres vont suivre leur intérêt.
-> Si on accepte qu’il y ait des maîtres, ne pas s’attendre à ce qu’ils suivent un autre intérêt que le leur, ils ne serviront pas l’intérêt général.
-> La Constitution non écrite par le peuple a fait que les riches ont pris le contrôle du pouvoir politique ; cela donne une ploutocratie ; les décisions sont prises dans l’intérêt des riches.

1.5.3 (15’58 ») Ce que l’on va perdre avec Macron

-> Perte de la sécurité sociale.
-> Perte du droit du travail protecteur.
-> Perte du statut de la fonction publique.
-> Perte probablement de la plupart des services publics par la privatisation.

Notre pays est riche, il y a de l’inertie et donc du temps s’écoulera avant d’être miné, asservi, malheureux.
Si les gens attendent d’être au fond du trou pour réagir !!!
On le mérite : on a voté Macron, on l’aura !

1.5.4 (16’40 ») La fabrique du personnage Macron par les journaux

-> Les journaux appartiennent à 9 milliardaires, on l’accepte !
-> Macron fait la politique des milliardaires.
-> Les journaux ne parlent que de Macron, font des articles à la gloire de Macron.

Les journaux font la fabrique du personnage Macron et cela n’a rien à voir avec l’intérêt général !

1.6 Youtube/Censure/Décodex

1.6.1 (17’12 ») Espoir d’une production d’un substitut libre au sein d’Internet mais surtout compter sur la robustesse d’une idée simple qui se propage même hors Internet

Il y a l’espoir d’une production d’un substitut libre à Youtube, plateforme Internet, etc. par les hackers, les programmeurs mais les milliardaires vont corrompre et polluer Internet.
Je compte sur la robustesse d’une idée simple qui devrait pouvoir se répandre sans Internet.
Si l’idée est simple elle se propage sans avoir besoin d’un média aussi puissant qu’Internet.

-> Ce n’est pas aux hommes du pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
-> Ce n’est pas aux parlementaires d’écrire la Constitution.
-> Si on veut une Constitution il faut qu’on l’écrive nous-mêmes.

Il faut s’entraîner, se préparer, qu’on soit plus nombreux à s’occuper du bien commun.
Le jour où cela va péter nous serons prêts.

1.7 1984

1.7.1 (19’32 ») Quand Big Brother crée, organise l’opposition pour garder le pouvoir, détourne le besoin de la population de tempêter vers une opposition fabriquée par le pouvoir

-> J’ai presque l’impression que Mélenchon et Le Pen servent à cristalliser deux partis du peuple voulant s’émanciper.

Ce sont deux puissants ennemis du système, ils ne font pas cause commune contre l’oppression, ils ne gagneront jamais les élections.
-> Comme décrit par Orwell dans « 1984 » Big Brother pour garder le pouvoir organise lui-même son opposition contrôlée et dont il n’a rien à craindre.

Big Brother organise la guerre permanente qui mobilise totalement le peuple et lui fait faire corps derrière Big Brother.
Goldstein est le monstre fabriqué par Big Brother pour canaliser les ressentiments éventuels de la population.
– Les gens par mimétisme grégaire haïssent Goldstein qui passe quotidiennement sur tous les écrans lors des « deux minutes de la haine » bien qu’il dise la vérité :

« Méfiez-vous de Big Brother, Big Brother vous ment, Big Brother vous vole ! ».
– Big Brother se sert de ce dénonciateur de scandales comme l’incarnation de ce qu’il faut haïr.
– Quand on hait Goldstein, on ne hait plus Big Brother.
– Big Brother détourne le besoin de la population de tempêter vers une opposition qu’il a fabriquée pour cela.
– Goldstein est une marionnette au service de Big Brother.

1.7.2 (25’10 ») Les oppositions devraient fraterniser contre les oppresseurs qui sont au pouvoir

Les millions de gens qui choisissent Le Pen devraient fraterniser avec les millions de gens qui défendent Mélenchon.
On a tous le même problème avec cette oligarchie ploutocratique.
Cette position que je défends me fait traiter de philo-fasciste parce que je dédiabolise Goldstein et que je demande de regarder Big Brother et non Goldstein.
Ceux qui sont au pouvoir sont les oppresseurs !

1.7.3 (26’32 ») Une pensée du philosophe Alain: « Une assemblée ne pense pas ». Le mouvement de foule peut entraîner une déresponsabilisation

-> Une pensée d’Alain, le philosophe Émile Chartier : « Une assemblée ne pense pas ».
-> Ce sont les hommes qui pensent.
-> Les mouvements de foule peuvent entraîner une sorte de déresponsabilisation
-> Dans les institutions il faudrait prévoir des mécanismes qui protègent des mouvements de foule pour garder la possibilité de résister à l’assemblée – peut-être par le vote secret.

1.7.4 (27’24 ») Se mobiliser, ne pas se disperser, ne pas se diviser, être déterminé et courageux comme la classe ouvrière de la fin du XIXe-début du XXe siècle

-> À la fin du XIXe siècle, début du XXe, la classe ouvrière était très nombreuse, plus que motivée, déterminée à venir à bout du capitalisme, avec une culture politique incroyablement supérieure à aujourd’hui.
-> Ils étaient formés, déterminés, courageux, endurcis à la douleur, se sont fait massacrés lors de la première guerre mondiale.
-> Et nous ?
-> Qu’avons-nous comme troupe ?
-> Rien du tout, des gens qui regardent la télévision !
-> Pas de motivation, de la dispersion et on se tire les uns les autres dans les pattes…

1.8 Fasciste ! (28’16 »)

Les antifas prétendent que je suis un fasciste et m’empêchent d’avoir des réunions avec mes copains de gauche.
Ce n’est pas tant les antifas peu nombreux que les copains de gauche qui suivent et qui disent : « C’est scandaleux d’inviter Chouard dans les réunions ».
-> On n’y arrivera jamais, sélection naturelle, mort aux cons.
-> (28’53 ») Les riches vont gagner, ils sont plus malins, plus forts, plus méchants, s’occupent mieux de leurs intérêts !

1.9 Du positif ?

1.9.1 (29’06 ») Se mettre à constituer, s’entraîner, partout, tout le temps

-> Tous les mois dans mon village je participe à un atelier constituant chez une copine et on se régale, on progresse, plein de nouveaux viennent tout le temps.
-> Il faudrait qu’il y en ait partout, tout le temps, dans chaque maison, dans chaque pâté de maisons.
-> Il faudrait que les gens participant aux ateliers constituants s’entraînent tous les jours pour avoir quelque chose à dire lors du prochain atelier.

1.9.2 (30’40 ») Trouver une idée sexy pour réveiller les gens

-> Ils sont des millions à regarder TF1 et nous, on est 100 000.
-> On a besoin de trouver une façon de dire l’idée qui soit sexy pour des gens qui sont éteints, des gens qui ne pensent qu’à eux, qu’au foot, qu’à la télévision. Faudrait arriver à les réveiller.
-> Un jeu, peut-être ?
-> Un jeu où on gagne de l’argent ?
-> Le cerveau collectif va peut-être finir par trouver cette idée là, mais cela nous manque.

1.9.3 (31’11 ») Arriver à démontrer que évidemment pratiquer les ateliers constituants cela va tout changer : se hisser au-dessus de l’électeur, penser le politique en adulte, ne plus s’humilier en étant représenté

-> Les gens croient qu’ils ne sont pas capables, que faire des ateliers constituants ne changera rien. Et tant qu’ils pensent cela c’est logique de ne pas le faire.
-> Arriver à démontrer que, évidemment, cela va tout changer, en adaptant les ateliers constituants à eux.
-> Je parle aux gens dans le train de Constitution et ils comprennent très vite. On devrait tous faire cela.
-> Lors des ateliers constituants, ne pas focaliser sur le résultat. Une bonne image est celle des lignes de ‘a » lors de l’apprentissage de l’écriture. Quand nous avons appris à écrire nous avons fait des lignes de « a », plein de « a » jusqu’à l’écrire bien, ensuite on a jeté les lignes de « a », ce qui comptait n’était pas les « a » mais que nous étions devenus capables d’écrire des « a ».
-> Ce qui compte ce ne sont pas les articles qu’on écrit mais que nous sommes en train de nous hisser au-dessus de l’électeur, au-dessus des élus. Nous devenons souverains !
« Je veux des élus mais sous mon contrôle, je veux des tirés au sort sous mon contrôle »
-> Cette activité qui consiste à s’entraîner, à se hisser politiquement au-dessus, à penser la politique en adulte, c’est elle qui nous transforme, c’est le fait de nous habituer à penser comme cela.
Il me semble que c’est cela qui nous transforme quand j’écris :
« Chaque député rend des comptes à ses électeurs tous les six mois »,
le fait d’écrire, cela matérialise ma mutation, cela me transforme, je me transforme comme une chenille se transforme en papillon.
D’électeur, je deviens citoyen.
C’est parce que je l’écris que je deviens constituant.
Je m’autorise ce que les élus ne veulent pas que je fasse. Les élus me tiennent à l’écart. Ils m’interdisent de faire cela, ils m’infantilisent :

ce n’est pas aux électeurs d’écrire la Constitution pour eux.
Je n’accepte plus d’être ravalé au rang dégradant d’électeur, cela m’humilie d’être représenté.
C’est Rousseau qui disait cela : « Vous m’humiliez en me représentant ».
La souveraineté ne se représente pas.

1.10 Les retraités (36’38 »)

-> Incroyable : les retraités votent Macron.
Ils sont sans défense
-> En Grèce, treize fois on leur a baissé leur retraite. Ils s’enfoncent dans la misère noire ; ils sont vieux, fatigués, ne peuvent résister.
-> Il y a beaucoup à gagner en divisant les retraites par 2, 3 ou 4. Il y a des milliards à gagner là-dessus.
-> Les retraités vont sombrer, souffrir à cause de Macron qui va donner ces milliards à ses copains.
Que les retraités crèvent ! Voilà la mentalité libérale.

1.11 Union Européenne

1.11.1 (38’04 ») L’Union Européenne est un piège fasciste qui nous conduit à la généralisation du malheur grec, portugais, chypriote

-> Regardez la Grèce, le Portugal, Chypre (petit pays désarmé) pour voir ce qui nous attend. Les libéraux sont forts avec les faibles.
À Chypre, ils piquent sur leurs comptes en banque, toutes leurs économies sont perdues. C’est du vol dans l’impunité totale. Les représentants le font, scandalisés mais sans pouvoir faire autrement.
-> L’Union Européenne est un piège fasciste qui nous conduit à la généralisation du malheur grec, portugais et nous votons pour cela.

1.11.2 (39’08) L’Europe est irréformable, elle n’est pas faite pour réformer mais pour opprimer, c’est un piège de domination, antisocial, nous empêchant de fraterniser

-> Plein de gens à gauche disent : « Je ne veux pas sortir de l’Union Européenne, je veux une autre Europe ».
L’Europe est irréformable, elle n’est pas faite pour réformer mais pour opprimer et en disant que vous y restez vous vous enfermez.
-> Les gens qui veulent rester dans l’Union Européenne n’ont pas lu les traités ! Ils ne les connaissent pas !
Il faut plusieurs fois l’unanimité des 28 pays pour changer une virgule !
Il suffit d’un seul pays libéral tel le Luxembourg, paradis fiscal qui ne vit que du fait qu’il est un paradis fiscal dans ce système, pour s’opposer.
L’Allemagne aussi ne veut rien changer. L’Allemagne se comporte comme un prédateur, volant les pays du sud en leur vendant ses machines-outils, et une fois que les pays du sud se sont endettés ces pays doivent vendre tous leurs biens publics pour rembourser cette dette – ainsi pour la Grèce.
-> Ces gens-là nous enferment dans le piège fasciste de l’Union Européenne, un piège de domination, antisocial qui nous empêche de fraterniser.

1.11.3 (40’41 ») L’urgence absolue est de sortir de L’Union Européenne ; rester dans l’Union Européenne c’est de l’inconséquence, de la sottise, de l’ignorance

-> L’urgence absolue est de sortir de l’Union Européenne, ce n’est pas suffisant, il restera à régler le problème démocratique au niveau national.
-> Les grecs, après avoir tout vendu, ont perdu 25% de leur PIB, même une guerre mondiale ne fait pas cela ; c’est une régression d’un siècle.
Rester dans l’Union Européenne cela ne sert que les milliardaires et les grands bourgeois. L’Union Européenne nous désindustrialise, nous sommes en train de nous « tiermondialiser ».
-> Dire qu’on est de gauche, qu’on veut une autre Europe et qu’il faut rester dans l’Union Européenne c’est de l’inconséquence, de la sottise, de l’ignorance.
Les gens qui devraient résister au lieu de s’unir se déchirent en criant au fascisme alors que le fascisme est là et qu’il domine.
Toute les grandes structures qui ont soutenu Hitler et Mussolini sont au pouvoir, là, aujourd’hui. Les supporters de Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet étaient soutenus par le grand capital qui triomphe aujourd’hui avec l’Union Européenne. On y est dans le fascisme !

Un nouvel algorithme de Google limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

[Capitalisme = fascisme en puissance, dès que les esclaves se rebiffent]

[État policier en marche]

L’évolution fascisante de dépolitisation des décisions publiques se confirme chaque jour davantage. Voyez cette alerte publiée sur le site Le Grand Soir.


Andre Damon et Niles Niemuth

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

Le 25 avril 2017, Google a annoncé qu’il avait mis en place des modifications de son service de recherche pour rendre plus difficile pour les usagers d’accéder à ce qu’il appelait des informations « de mauvaise qualité » telles que les « théories du complot » et les « fausses nouvelles ».

La société a déclaré dans un article de blogue que l’objectif central de la modification de son algorithme de recherche était de donner au géant des recherches un plus grand contrôle dans l’identification du contenu jugé répréhensible par ses directives. Il a déclaré qu’il avait « amélioré nos méthodes d’évaluation et effectué des mises à jour algorithmiques » afin de « contenir un contenu plus autorisé ».

Google a poursuivi : « Le mois dernier, nous avons mis à jour nos lignes directrices sur la qualité de la recherche (Search Quality Rater Guidelines) pour fournir des exemples plus détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent les signaler de manière appropriée ». Ces modérateurs sont invités à signaler « les expériences qui pourraient perturber des usagers », y compris les pages qui présentent de « théories du complot », sauf si « la requête indique clairement que l’usager recherche un autre point de vue ».

Google n’explique pas précisément ce qu’il entend par le terme « théorie du complot ». En utilisant la catégorie large et amorphe des « fausses nouvelles », l’objectif du changement dans le système de recherche de Google est de restreindre l’accès à des sites Web présentant des opinions différentes, dont la couverture et l’interprétation des événements s’opposent à celles des médias de l’establishment tels que le New York Times et le Washington Post.

En signalant le contenu de telle sorte qu’il n’apparaît pas dans les premières une ou deux pages d’un résultat de recherche, Google est capable de bloquer efficacement l’accès des usagers à celui-ci. Étant donné qu’une grande partie du trafic sur le Web est influencée par les résultats de recherche, Google peut dissimuler ou enterrer efficacement le contenu auquel il s’oppose, grâce à la manipulation des classements des recherches.

Le mois dernier, la Commission européenne a imposé une amende de 2,7 milliards de dollars à la société pour avoir manipulé les résultats des recherches pour orienter les usagers de manière inappropriée vers son propre service de comparaison, Google Shopping. Maintenant, il semble que Google utilise ces méthodes criminelles pour empêcher les utilisateurs d’accéder aux points de vue politiques que l’entreprise considère comme répréhensibles.

Le World Socialist Web Site fait partie des cibles des nouvelles « méthodes d’évaluation » de Google. En avril 2017, 422 460 visites au WSWS venaient de recherches Google, ce chiffre a chuté à environ 120 000 ce mois-ci, soit une baisse de plus de 70 pour cent.

Même si l’on utilise des termes de recherche tels que « socialiste » et « socialisme », les lecteurs nous ont informés qu’il leur était de plus en plus difficile de localiser le World Socialist Web Site dans les recherches de Google.

Les références des recherches de Google vers le WSWS ont diminué d’environ 70 pour cent

Selon le service d’outils pour les webmestres de Google, le nombre de recherches qui ont permis aux usagers de voir le contenu du World Socialist Web Site (c’est-à-dire un article WSWS apparu dans une recherche Google) est passé de 467 890 par jour à 138 275 au cours des trois derniers mois. La position moyenne des articles dans les recherches, entre-temps, est passée de 15,9 à 37,2 au cours de la même période.

David North, président du Conseil de rédaction international du WSWS, a déclaré que Google était engagé dans la censure politique.

« Le World Socialist Web Site existe depuis près de 20 ans », a-t-il déclaré, « et il a développé un large public international. Au cours du printemps dernier, le nombre de visites individuelles au WSWS par mois dépassait 900 000 ».

« Alors qu’un pourcentage significatif de nos lecteurs se rends directement sur le WSWS, de nombreux internautes accèdent au site via des moteurs de recherche, dont Google est le plus utilisé. Il n’y a pas d’explication innocente pour la chute extraordinairement forte du lectorat, pratiquement du jour au lendemain, en provenance des recherches Google ».

« L’affirmation de Google selon laquelle il protège ses lecteurs contre les « fausses nouvelles » est un mensonge politique. Google, un monopole massif, avec les liens les plus étroits avec les agences de l’état et du renseignement, bloque l’accès au WSWS et à d’autres sites Web progressistes et de gauche grâce à un système de recherches biaisé ».

Au cours des trois mois écoulés depuis que Google a mis en œuvre les modifications apportées à son moteur de recherche, moins de personnes ont eu accès aux sites d’information de gauche et anti-guerre. Sur la base des informations disponibles sur les analyses d’Alexa, d’autres sites qui ont subi des baisses dans le classement incluent WikiLeaks, Alternet, Counterpunch, Global Research, Consortium News et Truthout. Même les groupes de défense des droits démocratiques tels que l’Union américaine pour des libertés civiles et Amnesty International semblent avoir été touchés.

Un large éventail de sites de gauche, progressistes, et anti-guerre ont vu diminuer leur rang dans les palmarès du trafic au cours des derniers mois

Selon Google Trends, le terme « fausses nouvelles » a quadruplé en popularité au début de novembre, à l’époque des élections américaines, alors que les démocrates, les médias et les agences de renseignement cherchaient leur imputer la responsabilité de la victoire électorale de Donald Trump sur Hillary Clinton.

Le 14 novembre, le New York Times a proclamé que Google et Facebook « ont fait face à de nombreuses critiques sur les fausses nouvelles sur leurs sites qui ont influencé le résultat des élections présidentielles » et qu’ils prendraient des mesures pour lutter contre les « fausses nouvelles ».

Dix jours plus tard, le Washington Post a publié un article intitulé « L’effort de propagande russe a contribué à diffuser de “fausses nouvelles” lors des élections, disent les experts », qui ont cité un groupe anonyme appelé PropOrNot qui a compilé une liste de « fausses nouvelles » diffusant « la propagande russe ».

La liste comprenait plusieurs sites classés par le groupe comme « de gauche ». De manière significative, il a ciblé globalresearch.ca, qui reproduit souvent des articles du World Socialist Web Site.

Après des critiques très répandues sur ce qui n’était pratiquement rien d’autre qu’une liste noire de sites anti-guerre et anti-établissement, le Washington Post a été obligé de publier une rétractation, en déclarant : « Le Post, qui n’a nommé aucun de ces sites, n’apporte aucune garantie quant à la validité des résultats de PropOrNot. »

Le 7 avril, Bloomberg News a rapporté que Google travaillait directement avec le Washington Post et le New York Times pour « vérifier les articles » et éliminer les « fausses nouvelles ». Ceci a été suivi par la nouvelle méthodologie de recherche de Google.

Trois mois plus tard, sur les 17 sites déclarés « fausses nouvelles » par la liste noire discutée du Washington Post, 14 avaient leur classement mondial en baisse. Le déclin moyen de la portée mondiale de tous ces sites est de 25 pour cent, et certains sites ont vu leur portée mondiale descendre de près de 60 pour cent.

« Les actions de Google constituent de la censure politique et sont une attaque flagrante contre la liberté d’expression », a déclaré North. « À un moment où la méfiance du public envers les médias de l’establishment est répandue, cette entreprise géante exploite sa position de monopole pour restreindre l’accès du public à un large éventail de nouvelles et d’analyses critiques ».

Andre Damon et Niles Niemuth

»» https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jul2017/goog-j28.shtml

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Christine Lazerges : le projet de loi antiterroriste est « une grave régression de l’Etat de droit », par Jérôme Hourdeaux (Mediapart)

Dans un entretien à Mediapart, la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Christine Lazerges, fustige le texte du gouvernement visant à inscrire dans le droit commun certaines mesures de l’état d’urgence. Un éventuel dictateur « n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte » qui fait bien entrer la France dans un « état d’urgence permanent ».

Source : Mediapart, https://www.mediapart.fr/journal/france/050717/christine-lazerges-le-projet-de-loi-antiterroriste-est-une-grave-regression-de-l-etat-de-droit

Il aura fallu à peine deux mois à Emmanuel Macron pour s’inscrire dans la droite lignée de ses prédécesseurs en matière de politique sécuritaire. Une des premières mesures annoncées par le nouveau président et son ministre de l’intérieur Gérard Collomb a en effet été la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre prochain. À cette date, une bonne partie des mesures prévues par la loi de 1955 seront intégrées au droit commun par le projet de loi antiterroriste en cours d’examen au Parlement.

Ce texte permettra notamment aux préfets d’ordonner, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, des perquisitions administratives, d’obliger des personnes à résider dans une zone déterminée, d’instaurer des « périmètres de sécurité » lors d’événements, au sein desquels les règles de contrôle seront assouplies, ou encore d’ordonner la fermeture de lieux de culte. L’ensemble de ces mesures pourront être décidées sur de simples soupçons des services de renseignement et sans le contrôle d’un juge judiciaire, hormis dans le cas des perquisitions, qui devront être autorisées par un juge des libertés et des détentions (JLD).

Comme lors des précédents textes, ce projet de loi a été dénoncé par la quasi-totalité des associations de défense des droits de l’homme mais également par de nombreux experts. Le Défenseur des droits Jacques Toubon a ainsi qualifié, dans une interview publiée par Le Monde le 23 juin, ce projet de « pilule empoisonnée ». De son côté, la Commission consultative des droits de l’homme (CNCDH) s’apprête à voter, jeudi 6 juillet, un avis dont le contenu pourrait être une nouvelle fois très sévère.

À cette occasion, Mediapart a rencontré la présidente de la CNCDH, Christine Lazerges, pour évoquer les dangers que représente ce texte mais également la vague de réformes sécuritaires qu’a connues la France ces vingt dernières années, l’accoutumance des citoyens vis-à-vis de l’érosion de leurs libertés fondamentales, l’absence de courage politique des pouvoirs successifs et la manière dont les multiples avis des autorités administratives indépendantes sont systématiquement ignorés.

Christine Lazerges © MediapartChristine Lazerges © Mediapart

À chaque prorogation de l’état d’urgence, de nombreuses voix mettaient en garde contre les risques de son enracinement dans notre droit commun, la mise en place progressive d’un état d’urgence permanent. L’adoption du projet de loi antiterroriste marquerait-il un point de non-retour dans cette évolution ? Serait-il un tournant historique pour l’équilibre des libertés fondamentales ?

La commission des lois de l’Assemblée, alors présidée par Jean-Jacques Urvoas, avait saisi la CNCDH pour lui demander de suivre l’application de l’état d’urgence. Nous avons, depuis, rendu cinq avis sur le sujet. Celui de jeudi, s’il est adopté par l’assemblée plénière, sera donc le sixième. Nous avions également rendu un avis critique sur la loi du 3 juin 2016 sur la criminalité organisée qui introduisait lui aussi dans le droit commun quelques dispositions qui auraient dû demeurer d’exception. On nous disait déjà à l’époque que le but était de permettre la sortie de l’état d’urgence.

Mais le projet actuel de loi antiterroriste n’a rien à voir avec la loi du 3 juin 2016. Il est extrêmement grave, car il introduit dans le droit commun des dispositions de la loi de 1955 qui dérogent aux libertés et droits fondamentaux. Je dis et redis que ce projet de loi, qui est justement censé permettre de sortir de l’état d’urgence, ne fera en fait que l’inscrire dans notre droit commun. Avec ce texte, oui, la France sera en état d’urgence permanent.

Le seul gain qu’apporte le projet de loi sera que, en sortant du régime de la loi de 1955, nous ne pourrons plus invoquer l’article 15 de la Convention européenne des droits de l’homme [qui permet à un État membre de déroger à certaines dispositions en cas d’état d’urgence – ndlr]. La France ne fera plus partie des trois pays, avec la Turquie et l’Ukraine, qui bénéficient de l’article 15. C’est une très bonne chose, car il faut avoir conscience que l’état d’urgence a beaucoup abîmé l’image de la France en Europe. À la différence de l’Allemagne, de la Belgique ou de la Grande-Bretagne qui, malgré les attentats qui ont frappé ces pays, n’y ont pas eu recours.

Les quelques garanties apportées par rapport à l’état d’urgence, comme l’introduction du juge des libertés chargé d’autoriser en amont les perquisitions administratives, ne suffisent-elles pas à vous rassurer ?

Avec le retour du juge judiciaire, dans le projet de loi final, ce texte garantit un peu mieux les libertés fondamentales. Il n’en reste pas moins qu’il présente toujours un défaut dramatique pour le droit commun en le polluant avec des mesures qui, par nature, devraient rester des mesures d’exception. Il constitue même une incontestable régression de l’État de droit, car il pérennise une certaine confusion entre les procédures administratives d’exception et la procédure pénale de droit commun. L’état d’exception est reconnu par l’État de droit. Mais celui-ci ne peut s’accommoder d’un état d’exception permanent.

Ce qui nous inquiète également, c’est que ce projet a de grandes chances d’être adopté à une forte majorité, et sans même la possibilité d’un contrôle a priori du Conseil constitutionnel, car je ne pense pas qu’il y ait 60 élus d’opposition nécessaires à sa saisine à l’Assemblée nationale. C’est grave, car nous perdons un contrôle a prioricapital, surtout sur un texte de cette nature. Heureusement, il existe a posteriori les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC), introduites par la réforme constitutionnelle de 2008, car sinon le Conseil constitutionnel n’aurait même pas la possibilité de se prononcer. Sauf si au Sénat il se trouvait 60 élus pour saisir le Conseil constitutionnel.

L’exécutif argue également du fait que ce texte sera limité aux seuls terroristes. Mais dans un article du Figaro du lundi 3 juillet, le responsable du syndicat Synergie-Officiers, Patrice Ribeiro, estimait que les manifestants jugés trop radicaux ou violents entraient « dans le cadre de la terminologie d’une loi antiterroriste, car ce qui est en cause, c’est bien la montée des radicalités ». Peut-on savoir à qui s’appliquera ce texte ? Pourra-t-il servir à étouffer les mouvements sociaux, comme le craignent les associations de défense des droits de l’homme ?

C’est l’un des problèmes de ce texte qui est censé s’appliquer au terrorisme, donc à des faits particulièrement graves. On a bien vu avec l’affaire de Tarnac comment des faits pouvaient être qualifiés de « terroristes » en amont, avant que cette qualification ne tombe en toute fin de procédure. Il suffirait qu’un ministre de l’intérieur estime qu’un groupe radicalisé d’extrême gauche ou d’extrême droite fomente une action violente peut-être terroriste pour que celui-ci tombe sous le coup de la loi.

Du moment où on participe à une action violente éventuellement terroriste, ce texte pourrait en théorie s’appliquer. Ce sera la jurisprudence qui nous dira ce qui est ou non considéré comme terroriste. Mais une mesure inquiète déjà la CNCDH : la possibilité pour les préfets de décréter des « périmètres de sécurité ». Elle pourrait tout simplement réduire considérablement toute possibilité de mobilisation.

En tout cas, si ce projet de loi est adopté, et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France serait dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte.

L’inefficacité de l’état d’urgence contre la lutte contre le terrorisme et l’essoufflement de ses mesures ont été reconnus par tous, que ce soit les autorités administratives indépendantes, les associations ou même la commission de suivi parlementaire. François Hollande avait annoncé sa fin à la mi-2016, tout comme Emmanuel Macron l’avait promis durant sa campagne. Comment expliquez-vous cette incapacité à se défaire de ces mesures d’exception ?

Il a été largement démontré que les dispositions de l’état d’urgence étaient inutiles en termes de lutte contre le terrorisme. Et qu’elles étaient même parfois contre-productives. Il arrive en effet que les services de renseignement n’apprécient pas l’état d’urgence, notamment en cas de perquisition administrative chez un suspect qui, tout d’un coup, est rendu visible. Or, pour prévenir, c’est le renseignement qui est utile. Il semble que tous les attentats qui ont pu être déjoués l’ont été grâce au renseignement, pas grâce à l’état d’urgence.

Celui-ci n’a donc finalement servi qu’à rassurer les Français, à leur faire croire qu’ils étaient en sécurité. Tout cela a été reconnu. Encore fallait-il l’expliquer aux citoyens. François Hollande n’a pas eu ce courage politique de la pédagogie. C’est regrettable. À sa décharge, il faut souligner qu’il s’apprêtait à lever l’état d’urgence au mois de juillet 2016 mais cela était devenu impossible politiquement après l’attentat de Nice du 14 juillet.

Les conditions paraissaient réunies pour que notre nouveau président de la République fasse cet effort de pédagogie auprès des citoyens. D’autant plus que, durant la campagne pour l’élection présidentielle, il avait affirmé à plusieurs reprises qu’il fallait lever l’état d’urgence et qu’il fallait expliquer les choses aux Français. Il semblerait que nous soyons encore prisonniers d’une politique sondagière.

Car, en effet, si on demande aux Français s’il faut réduire les garanties du respect de la vie privée, la liberté d’aller et de venir, les droits de la défense, etc., dans la période actuelle et sans explications, ils répondront oui à une grande majorité. Pourquoi ne pas parler à leur intelligence plutôt que de répondre à leur légitime émotion ?

Ce qui frappe avec cette dérive sécuritaire, c’est qu’elle transcende les majorités. Que ce soit sous la gauche ou sous la droite, le rythme des réformes antiterroristes ne cesse de s’accélérer depuis le début des années 2000. Au-delà de l’état d’urgence, sommes-nous face à une évolution consistant, au nom de la lutte contre le terrorisme, à installer un droit d’exception permanent caractéristique d’une idéologie sécuritaire ?

La première étape de cette évolution date de la loi du 9 septembre 1986. Alors que notre pays avait déjà, à cette époque, connu des attentats, avec ce texte le législateur va commencer à bâtir une procédure pénale bis pour les affaires terroristes et la criminalité organisée. Depuis, la France a voté plus de trente lois de lutte contre le terrorisme modifiant aussi bien le droit pénal de fond, avec des définitions élargies des incriminations, que le droit pénal de forme, avec des procédures moins garantistes des libertés et droits fondamentaux.

Un autre tournant a été le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui a donné le ton des évolutions à venir. Une phrase de Nicolas Sarkozy est pour moi une phrase clef. Elle figurait d’ailleurs sur une carte de vœux du ministère de l’intérieur : « La sécurité est la première des libertés. »

On note tout d’abord qu’il s’agit d’une liberté entendue au sens le plus étroit, en rapport avec des formes de délinquances très spécifiques. Par exemple, on sait qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups d’un homme. Nous aurions pu avoir une politique sécuritaire contre les crimes familiaux, ou une politique de sécurité sanitaire, ou de sécurité environnementale. Mais ce qui a été visé, ça a été la petite délinquance, le terrorisme et le crime organisé. Comme si on avait limité la sécurité à certaines formes de délinquance seulement.

Il est intéressant ensuite de revenir sur la confusion opérée entre « sûreté » et « sécurité ». La « sûreté » est effectivement une liberté fondamentale garantie par la Déclaration des droits de l’homme de 1789 dans son article 2. Mais cette « sûreté » était entendue comme la protection du citoyen contre l’arbitraire de l’État et non comme « sécurité » des biens et des personnes. Cette dernière a bien été reconnue comme un droit fondamental par notre droit, mais seulement depuis une loi de 1995. Ce droit à la sécurité a ensuite été inscrit dans l’article premier du code de la sécurité intérieure (CSI) lors de sa création en 2012.

Depuis, nombre d’atteintes au droit à la sûreté, à la protection des libertés ont continué à alimenter le CSI au nom de la sécurité. Les dispositions relatives à la légitime défense des policiers par exemple, contenues dans la loi sur la sécurité publique de février 2017, auraient dû être inscrites dans le code pénal. Mais elles l’ont été dans le code de la sécurité intérieure.

Ces textes ont été adoptés avec des arguments tout à fait compréhensibles. Mais nous avons surtout protégé les Français contre leurs propres peurs en justifiant ainsi des mesures de plus en plus dérogatoires au droit commun. Et ce, jusqu’à l’état d’urgence.

Les dernières réformes sécuritaires ont également été marquées par une absence de prise en compte des avis des autorités administratives indépendantes concernées. Que ce soit sur les loi anti-terroristes, sur la loi sur le renseignement, sur les migrants… la CNCDH, le Défenseur des droits, la Cnil ou encore le CNNum ont rendu des avis et rapports parfois très sévères sur les réformes engagées. Comment jugez-vous cette absence de prise en compte de votre travail ?

C’est assez désespérant. Surtout quand tous les avis sont aussi concordants. Que ce soit sur les migrants comme sur les contrôles au faciès ou bien d’autres sujets, il y a une profonde concordance des avis des autorités administratives concernées.

Je me souviens qu’un jour le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, m’avait confié :« Franchement, vous êtes intransigeants à la CNCDH. »Je lui avais répondu : « C’est notre mission d’être intransigeants, intransigeants sur les libertés et les droits fondamentaux. » J’ajouterais même qu’il n’y a plus grand monde d’intransigeant aujourd’hui, malheureusement. Mais, à la CNCDH, l’universalisme et l’indivisibilité des droits fondamentaux, nous continuons à y croire.La période est en effet très difficile pour les droits de l’homme. Les attentats terroristes aux conséquences dramatiques ont réussi en outre à ébranler l’État de droit ; nous nous accoutumons aux atteintes aux libertés et droits fondamentaux. N’oublions jamais cette phrase de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux. »

Christine Lazerges


Mon commentaire :

Toutes ces félonies sont des CONSÉQUENCES de notre impuissance politique totale.

Toutes ces régressions majeures (et celles qui sont à venir) — sans que le peuple n’y puisse RIEN, quelle que soit son opinion — ne sont POSSIBLES QUE PARCE QUE nous n’avons pas de constitution digne de ce nom, et LA RAISON PREMIÈRE, la cause des causes, en est NOTRE DÉMISSION DU PROCESSUS CONSTITUANT.

Quand nous acceptons d’appeler « suffrage universel » l’outil central de notre dépossession politique (l’élection de maîtres parmi les serviteurs des plus riches), nous sommes les principaux artisans de nos malheurs à venir.

IL NE TIENT QU’À NOUS de nous entraîner, personnellement, dès aujourd’hui et tous les jours, opiniâtrement, courageusement, à nous entraîner et devenir citoyens constituants.

Il vaut mieux allumer une petite lumière que pester contre les ténèbres. (Proverbe chinois)

N’oubliez pas d’inviter la constitution dans vos conversations, même pendant les vacances.

Bon courage à tous.

Étienne.

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