Archives pour la catégorie Ateliers constituants

Manifeste n° 1 : NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE ! (édition La Relève et la Peste)

La jeune équipe de La Relève et La Peste vient de publier une chouette mise en page et une belle réalisation (beau papier, belle impression, reliure cousue en fil rouge…) du texte dans lequel je propose que, comme des adultes politiques, nous comparions enfin, point par point, élection et tirage au sort.


http://lareleveetlapeste.fr/manifeste-numero-1/

 
C’est un peu « mon premier livre », tout petit 🙂

En fait, c’est un chapitre avant-coureur…

Pour vous procurer ce « manifeste n°1 » :

http://lareleveetlapeste.fr/produit/manifeste-1/

Vous pouvez voir le texte et la vidéo correspondante ici :
http://chouard.org/blog/2016/12/21/video-et-texte-lantidote-universel-au-capitalisme-ce-sera-un-peuple-devenu-constituant-capable-de-conduire-lui-meme-le-proces-de-lelection/

Je me demande bien ce que vous allez penser de cette version papier 🙂

Etienne.


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[Très intéressant] Rencontre « La France Insoumise » / « Les Citoyens Constituants »

Merci à Emmanuel, merci à Raphaël, merci à Alexis (je ne connais pas le prénom des autres intervenants) 🙂 pour ce moment très intéressant.

[Edit, après une nuit à ruminer tout ça]

On voit dans cette rencontre
• des arguments pour défendre l’idée de tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante,
• et des arguments (de bonne foi) pour RENONCER DE FAIT à ce tirage au sort…

Malheureusement, ça confirme ce que je pense depuis des années : si des idées vraiment démocratiques (tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante, instituer un RIC en TOUTES matières, etc.) sont défendues par des professionnels de la politique, même sincèrement dévoués au bien commun, les élus (et les candidats à l’élection) dévoieront l’idée et finalement, de fait, ils la torpilleront (à cause du conflit d’intérêts).

On le voit ici avec le tirage au sort de l’Assemblée constituante : l’idée est « appropriée » par « France Insoumise » (FI) et donc… assassinée 🙁 Je viens de lire le livret « Assemblée constituante » de FI :

Constituante : changer de République pour faire place au Peuple

https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/

Et je vois dans ce livret, que le peuple est, précisément, encore une fois, méthodiquement et astucieusement, tenu à l’écart. Je cite (p 15) :

« Des règles claires et vertueuses

Afin d’éviter que la future assemblée constituante ne soit phagocytée par le personnel politique et les pratiques de la Ve République, il est nécessaire de fixer un certain nombre de règles, notamment sur la composition de l’assemblée constituante et les modalités de désignation de ses membres.

Il paraît pertinent de combiner élection, pour permettre au peuple de trancher entre des orientations programmatiques distinctes, et tirage au sort, pour diversifier le recrutement des membres de l’assemblée constituante.

Afin de déterminer la part d’élection et la part de tirage au sort, le plus sage (et le plus démocratique) sera de s’en remettre à la souveraineté populaire. Le jour du scrutin, chaque citoyen·ne pourra choisir soit de voter pour des candidat·e·s (chaque liste obtiendra un nombre de sièges proportionnel aux suffrages qu’elle aura recueillis), soit d’exprimer sa préférence pour une désignation par tirage au sort (si X % optent pour le tirage au sort, X % des sièges sont pourvus par tirage au sort).

En outre, afin de prévenir d’éventuels conflits d’intérêts, aucun parlementaire présent ou passé ne pourra siéger au sein de l’assemblée constituante, dont les membres ne pourront eux-mêmes pas se porter candidat·e·s aux fonctions politiques qu’ils auront instituées lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. »

Source : https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/

 
Mon commentaire :

1) Le tirage au sort n’est PAS défendu pour supprimer le conflit d’intérêts (inacceptable et décisif) au sein de cette assemblée : le tirage au sort est défendu « pour diversifier le recrutement » (sic)…
C’est n’avoir pas compris (et ne pas expliquer aux gens) l’idée fondamentale du conflit d’intérêts — qui pourrit (forcément) le processus constituant.

2) D’autre part, en prévoyant que les électeurs décideront eux-mêmes de la proportion de tirage au sort de l’Assemblée constituante, les candidats à l’élection savent bien que le tirage au sort est encore largement méconnu et très mal défendu par lémédias (la Pravda des milliardaires).

=> Donc, comme prévu, de la part des professionnels de la politique, enterrement de première classe pour une idée fondamentale 🙁

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On peut d’ailleurs dire la même chose du Référendum d’initiative populaire (RIC), qui est réduit par France insoumise au seul référendum révocatoire, ce qui exclut donc, sans le dire clairement et sans dire pourquoi, le référendum législatif, le référendum abrogatoire et le référendum constituant.

On peut dire la même chose de la sortie de l’UE, qui n’est pas défendue assez clairement par France insoumise, je trouve : cette histoire de « renégociation » fait penser à l’affreuse arnaque de Tsipras : AUCUNE renégociation n’est possible dans le carcan des deux traités (TUE et TFUE), toute modification requiert (et même plusieurs fois !) L’UNANIMITÉ des 28 pays membres (art. 48 TUE). Pourquoi prétendre encore que les traités sont renégociables ?

Bref, cet entretien montre des militants DE BONNE FOI qui confrontent des arguments intéressants, mais l’idée centrale qui, à mon avis, est la seule qui permettra au peuple de voir un jour instituer sa puissance politique et de sortir du capitalisme (l’idée que s’il veut une constitution digne de ce nom, il faudra que le peuple l’écrive LUI-MÊME, SANS ÉLIRE des représentants), cette idée centrale, donc, a bien été dévoyée, et finalement tuée, comme je le redoutais.

Il y a des années que je dis que SEULS les simples citoyens peuvent défendre la vraie démocratie, que les « élus » n’en voudront jamais, qu’ils préféreront mourir que de voir instituer une vraie démocratie. Les faits confirment (pour l’instant) ce pronostic.

J’espère donc que vous ne renoncez pas à votre pratique quotidienne des ateliers constituants contagieux.
On ne s’en sortira pas sans cette éducation populaire fondamentale.

Et ne nous laissons pas hystériser par cette fichue procédure de l’élection, qui nous fait chaque fois croire qu’il y a un enjeu, alors qu’il n’y en pas : quelle que soit l’option que nous choisirons (vote A, vote B, abstention), nous la perdrons. Il ne faut surtout pas nous déchirer entrer nous lors des échéances électorales, qui nous jettent les uns contre les autres et nous divisent dramatiquement.

Bon courage à tous.

Étienne.


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[Pourriture politicienne aggravée] Les « élus » s’auto-amnistient en douce, en réduisant fortement leurs propres délais privilégiés de prescription pénale ; et, en même temps, ces gredins hors contrôle doublent les délais de prescription pour tous les autres citoyens !

Encore un bon sujet pour votre atelier constituant quotidien : est-ce aux « élus » d’écrire eux-mêmes les règles concernant les « élus » ? Et si vous répondez « évidemment non », écrivez concrètement (vous-même, maintenant) l’article de constitution qui prévoit comment faire autrement.

[NB : la prescription est l’extinction de l’action publique après un certain temps d’inaction. Elle est compréhensible et normale. Ce qui est scandaleux, c’est que les « élus » s’octroient à eux-mêmes des conditions favorables de prescription, ce qui revient à s’absoudre eux-mêmes de leurs propres turpitudes.]

 
Article du Canard enchaîné :

« C’est une auto-amnistie, c’est absolument incroyable dans le contexte actuel ! » s’étrangle un haut magistrat. L’objet de son courroux ? Un discret amendement modifiant la loi sur la « prescription pénale ». Voté le 11 février, il concerne les infractions dites « occultes » ou « dissimulées », comme les abus de biens sociaux, les détournements de fonds et autres délits financiers. Aujourd’hui, faute de loi précise, la jurisprudence fait courir le délai de prescription à partir du jour où les faits sont découverts, et non de celui où ils sont commis : le but est d’empêcher que ces affaires « astucieuses » soient enterrées.

Douze ans de bonheur

Glissée, quasi en douce, par le sénateur LR François-Noël Buffet, rapporteur de la loi, une disposition « dérogatoire » bouleverse cette saine logique. À l’avenir, « le délai ne pourra excéder douze ans » et partira « à compter du jour où l’infraction [aura] été commise ». Un beau cadeau octroyé au monde des affaires, qui rêvait de cette réforme depuis des lustres. Un exemple au hasard ? Révélé en janvier 2017, l’emploi, par son époux, de Pénélope Fillon en tant qu’attachée parlementaire entre 1998 et 2012 peut aujourd’hui faire l’objet d’une enquête sur l’ensemble de ces années. Avec la nouvelle loi, les enquêteurs ne pourront remonter que sur une période de douze ans. De 1998 à 2005, tout est oublié, périmé, terminé.

Détail cocasse : dans la même loi, toutes les autres infractions ont, au contraire, vu leurs délais de prescription doublés. Désormais, il faudra vingt ans au lieu de dix pour qu’un crime échappe aux foudres judiciaires, et six ans au lieu de trois s’il s’agit d’un délit.

Et cette réforme va coûter bonbon. L’étude d’impact prévoit « de 10 000 à 25 000 affaires en plus par an », impliquant « un coût supplémentaire annuel compris entre 3,7 millions d’euros et 9,3 millions ». Voilà qui tombe à pic pour le budget de la Justice, sinistré, et pour les tribunaux, qui manquent déjà de magistrats.

L’ensemble devrait être adopté définitivement le 16 février par l’Assemblée. On ne saura jamais combien de « ouf » de soulagement auront salué le vote…

Dominique Simonnot, Le Canard enchaîné.

 
C’est sans doute un excellent sujet pour votre atelier constituant quotidien 🙂 Est-ce aux « élus » d’écrire eux-mêmes les règles concernant les « élus » ?

À l’évidence, une fois de plus, ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir (principe fondamental dont tout humain sur terre devrait se sentir personnellement responsable).

Mais alors, comment devrait-on, d’après vous, si vous étiez constituant, déterminer et modifier les règles concernant le train de vie et la responsabilité pénale des « élus » ? Qui est légitime (et sûr) pour définir le statut de l’élu ? Les élus ? ou les citoyens ?

Faut-il, par exemple, instituer une Chambre de Contrôle des Élus ? tirée au sort ? capable d’agir en justice contre ceux qu’elle contrôle et seule habilitée à fixer les règles spécifiques de tous les représentants du peuple ? Combien de membres ? Simples citoyens ou experts ? Quelle durée du mandat ? Qui la saisit ? Peut-elle se saisir elle-même ?

Quels sont les sujets qu’il faut (évidemment) retirer de la compétence des élus ?
Leur salaire ? Leur temps de travail ? Leurs obligations d’assiduité ? Leurs indemnités ? Leur taux d’imposition ? Leur régime social (retraite, etc.) ? Leur obligation de rendre des comptes directement aux citoyens ? Leur responsabilité pénale ? Les différentes sanctions correspondant à leurs obligations ? Autres ? Parlez-en entre vous, y compris avec des inconnus.

Je vous invite à écrire des articles là-dessus. Et à nous faire connaître ici les propositions d’articles qui vous semblent utiles à notre cerveau collectif qui grandit chaque jour. Ce sera, comme tout atelier constituant, un excellent exercice pour vous redresser, pour vous transformer en souverain, pratiquement, concrètement, pour passer de l’enfance (électeur obéissant) à l’âge adulte (citoyen constituant).

Bon courage à tous.

Étienne.

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Contre toute forme de « fascisme », les ateliers constituants (Toulon du 9/2/2017, vidéo intro)

Lionel vient de publier le petit entretien que j’ai eu avec lui (à Toulon) juste avant de me rendre à l’atelier constituant du 9 février 2017.

On voit bien la crève que j’ai attrapée à Bruxelles le samedi précédent, et que j’ai emportée à Genève le samedi suivant. Pardon 🙂


Quelques ressources utiles pour ceux qui veulent démarrer sans moi leurs mini-ateliers constituants contagieux personnels (customisés) 🙂

• Le très précieux wiki des GV : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

• La page ‘Calendrier’ de l’association Citoyens constituants : http://ateliersconstituants.org/

• La page ‘Archives des ateliers » de l’association Citoyens Constituants http://www.lescitoyensconstituants.org/category/les-ateliers-constituants/

• La page du tag ‘Ateliers constituants’ de ce blog : http://chouard.org/blog/tag/ateliers-constituants-2/

• Une conférence assez détaillée (2h, sur l’île de La Réunion en nov 2012) pour donner des exemples de chantiers et de méthodes :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/07/03/333-preparation-d-un-atelier-constituant

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J’ai changé le titre de ce billet, parce que le passage important de cet entretien, à la fin, était mal mis en valeur par mon premier titre.

La vidéo s’est interrompue automatiquement (au bout de 20 min, tas de ferraille… 🙂 ) alors que j’étais en train de dire un truc très important : les ateliers constituants sont antifascistes (mais vraiment, hein, radicalement, et sans devenir nous-mêmes des brutes comme les prétendus « antifas »), mais les ateliers constituants sont également anticapitalistes (coupé dans la vidéo) : dans un peuple devenu constituant, il n’y aura plus de place pour les tyrans, ni pour les grands marchands.

Il faudra, un de ces jours, qu’on filme une vidéo dédiée à ce double point. Ça fera aussi un thème de chapitre pour un livre, sans doute 😉

Lionel me signale qu’il a aussi monté ce petit teaser :

Rendez-vous à Toulon, le 9 février 2017 à 19 h, pour des ateliers constituants sur la monnaie

Suite de mes pérégrinations constituantes 🙂

Jeudi 9 février, je vais à Toulon (c’est dans ma région, cette fois), pour accompagner, dans leurs premiers pas d’organisateurs, des débutants constituants bien motivés 🙂

Voici leur affiche et le lien de leur annonce :


https://www.evensi.fr/rencontre-exclusive-entre-etienne-chouard-amp-alexandre/197122235

Il y a aussi un événement Facebook :
https://www.facebook.com/events/381104885589726/

 L’adresse est : Maison des Citoyens de Toulon, Place de la révolution, 83000 Toulon

 

Nous allons donc parler de la monnaie, institution centrale et décisive pour déterminer la souveraineté.

Comme d’habitude, on commencera par un exposé, et on enchaînera sur des ateliers (où ce sera à vous de bosser 🙂 donc, venez avec du papier et de quoi écrire), ateliers suivis d’une mise en commun.

Et puis, les jours et les mois suivants, vous devriez arriver à vous débrouiller tout seuls, à la fois pour entretenir et pour étendre (chaque jour) la flamme constituante populaire autour de vous 🙂

Je profiterai de cette rencontre (qui sera sans doute filmée) pour vous présenter quelques livres  passionnants et utiles.

Sur la monnaie, le niveau monte — le niveau de conscience et aussi le niveau d’exigence —, et c’est bien.

À bientôt, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : pour préparer des ateliers constituants, rien de tel que le wiki des GV (c’est une mine de ressources inépuisable !) :

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

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Démocratie, c’est pas foutu : Un dossier spécial du (remarquable) journal « L’âge de faire » – #pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

 

Démocratie, c’est pas foutu

Un dossier spécial du (remarquable) journal « L’âge de faire », qui y étudie l’idée qui grandit des ateliers constituants populaires 🙂


http://www.lagedefaire-lejournal.fr/democratie-cest-foutu/

Commander ce numéro ne coûte que 2 € (ils en ont évidemment besoin), et on peut s’abonner là : http://magasin.lagedefaire-lejournal.fr/

#pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

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Et vous, vos propres ateliers constituants, ça avance ? 🙂
Donnez-nous des nouvelles, s’il vous plaît 🙂

Bon courage à tous
et restez bien concentrés sur l’essentiel :
ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.

Étienne.

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NOTRE CAUSE COMMUNE est notre impuissance politique ET MONÉTAIRE ; et cette impuissance vient de NOTRE démission du processus constituant [synthèse vidéo en 30 min]

C’est important, une cause commune, une vraie CAUSE COMMUNE, pour faire société, non ?

Rappel d’une bonne synthèse — en 30 minutes — CONTRE l’escroquerie parlementaire, et POUR ses ateliers constituants populaires :

0’30 – Loi Macron et article 49-3 ;
6’08 – compétence des représentants politique ;
8’18 – 3ème et 4ème République ;
10’45 – Nouvelles technologies et Démocratie ;
18′ – Problème technique ou politique ? ;
19’30 – Pouvoir politique vs pouvoir économique ;
22’10 – Inflation législative et démission du politique ;
26’10 – Création monétaire et l’alternative formidable du CHARTALISME qui rendrait l’État EMPLOYEUR EN DERNIER RESSORT (fin du chômage !) ;
34’05 – Conseils de lecture

Je radote, pardon, mais c’est là-dessus que nous devrions NOUS CONCENTRER. Donc, je ressasse, excusez-moi, j’en ai marre qu’on se disperse, encore et toujours. Ça nous affaiblit terriblement de nous disperser et on n’avance pas. Il faut faire des ateliers constituants, personnellement, tout le temps, et emporter avec nous plein de gens, des nouveaux, régulièrement.
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[Philippe Pascot] (Évidente) pétition pour l’interdiction aux détenteurs d’un casier judiciaire d’effectuer un mandat électoral

Un élu condamné en justice pour malversation ne devrait évidemment PLUS JAMAIS pouvoir être candidat à une élection.

C’est incroyable qu’on ait à se battre pour seulement soutenir un projet qui tombe autant sous le sens.

Il n’y a que les élus (ou les candidats) pour ne pas comprendre le scandale absolu des candidats-repris-de-justice.

Je soutiens donc sans réserve Philippe Pascot dans sa courageuse bagarre contre la corruption (scandaleuse) des parlementaires en France.

la pétition :
http://www.mesopinions.com/petition/politique/interdiction-aux-detenteurs-casier-judiciaire-effectuer/19889

La chronique de Guillaume Meurice sur ce sujet est absolument poilante 🙂 :

J’ai signé sa pétition, bien sûr, mais surtout, je lis (tous les jours quelques lignes de) ses trois bouquins qui sont trois bombes : « Pilleurs d’État » et « Délits d’élus » (tomes 1 et 2)…


http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=354



http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=319


http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=375

Les salaires extravagants, les passe-droit, la paresse, la malhonnêteté, l’impunité et les honteux privilèges des « élus » qui nous imposent pourtant — sans rougir de honte — chômage, dépossession politique, libre-échange, délocalisations, destruction du droit du travail, sabotage des services publics, privatisation des biens publics, rigueur et austérité (!!!), eux qui se gavent eux-mêmes comme personne (11 000 € par mois !, dont 7 000 au black sans payer le moindre impôt !!), sont littéralement révoltants.

Ces trois livres sont le résultat édifiant d’une enquête d’utilité publique, que les citoyens devraient s’offrir mutuellement en cadeau de réveil-prise de conscience…

(Ne pas compter sur les « élus », ni sur les « journalistes » — sponsorisés par les mêmes ultra-riches — pour faire connaître au plus grand nombre ce précieux dictionnaire de la pourriture parlementaire.)

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Ceci dit, ainsi informé sur les voies ordinaires de la corruption politicienne, je suggère — vous me voyez venir, bande de virus 🙂 — de prendre de la hauteur sur ces innombrables scandales, qui ne sont que des CONSÉQUENCES de notre démission du processus constituant :

Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. Ce n’est pas aux parlementaires, ni aux ministres, ni aux juges, ni aux hommes de loi, d’écrire ou de modifier LA CONSTITUTION (qu’ils devraient tous craindre) : c’est au peuple lui-même, et à lui seul, de fixer les termes — et les contrôles — du mandat qu’il confie à ses représentants.

Les « élus » trichent parce qu’ils écrivent eux-mêmes les contrôles contre leurs triches (sottise que la nôtre, de les laisser faire !)
Si l’on veut des représentants exemplaires, il faudra nécessairement devenir nous-mêmes constituants, personnellement, quotidiennement.

Un citoyen digne de ce nom est constituant.
Sinon, politiquement, c’est un enfant, forcément.

Étienne.

PS : je serai avec Philipe Pascot, Yvan Stefanovitch et (la très courageuse et très valeureuse) Stephanie Gibaud, le 10 décembre prochain à Montreuil. Une bien belle rencontre en perspective 🙂


Annonce de la rencontre

J’espère qu’on aura le temps de faire ensemble des ateliers constituants 🙂 (« One track minded », me disent mes proches 🙂 ).

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MONNAIE ET DÉMOCRATIE : deux rendez-vous en duo avec Philippe Derudder, vers Bourges et La Rochelle, les 8 et 9 octobre 2016

Bonjour à tous.

Deux chouettes journées s’approchent 🙂

Je dois beaucoup à Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, pour mon éveil en matière monétaire.

C’est André-Jacques qui m’a interpellé très tôt, sur le forum du Plan C, en attirant notre attention sur la centralité de la création monétaire et sur le sabordage scandaleux que nous révélait « la loi de 1973 ».

Je vous recommande d’arpenter, si vous ne le connaissez pas déjà, ce très long mais très important fil du forum consacré à la création monétaire : si vous suivez nos échanges passés, vous y progresserez à votre tour comme nous l’avons fait, petit à petit. Pour vous faciliter la vie, j’ai regroupé toutes ces précieuses pages en un document pdf unique : « REPRENDRE LE POUVOIR SUR NOTRE MONNAIE » (1 200 pages (!), mais j’y ai surligné en jaune de nombreux passages essentiels) ; c’est une mine à références utiles pour comprendre la monnaie, ses mécanismes (actuels vs souhaitables), les enjeux de société qui y sont liés, et puis les nombreuses alternatives possibles (que devraient d’abord connaître les citoyens pour ensuite pouvoir les défendre), etc.

Dix ans après cet éveil (et des milliers de livres et de textes plus tard), je vais bientôt avoir le plaisir de vous rencontrer sur ce sujet « monnaie et démocratie » avec Philippe Derudder lui-même, ce qui est une première et me remplit de joie. Philippe va nous parler de la monnaie (je ne connais personne qui explique mieux que lui les principes de base de la monnaie (ne ratez pas son petit livre sur les monnaies locales, c’est un vrai bijou, important, tout le monde devrait l’avoir lu et travaillé), et moi je vais vous parler… de démocratie et de processus constituant populaire (bien sûr 🙂 ), car les deux sujets — monnaie et démocratie — sont, dans notre esprit à tous les deux, intimement liés et interdépendants.

Mais en fait, ça va être encore plus intéressant que ça : au cours de l’exposé de chacun, l’autre pourra intervenir pour questionner, suggérer, commenter, de façon à vous offrir davantage deux échanges dynamiques, peut-être même parfois une controverse (bienveillante), que deux conférences séparées.

De plus, (comme d’habitude) je vous inviterai ensuite à travailler à votre tour 🙂 dans des ateliers constituants, naturellement focalisés sur la monnaie : faut-il décider dans la constitution, et avec quels mots, qui est légitime pour créer la monnaie ? Qui est légitime pour décider si le corps social a besoin de plus ou moins de monnaie (qui va décider s’il faut créer de la monnaie ou en détruire) ? Qui contrôle qu’aucune personne privée ni aucune famille ne s’empare du pouvoir de création monétaire ? Quel type de monnaie voulons-nous ? Publique ? Privée ? Payante ? Gratuite ? Temporaire ? Permanente ? Stable ? Fondante ? Rare ? Abondante ? Unique ? Multiple ? Nationale ? Locale ? Les deux ? Simple marchandise négociable sur un marché et exposée aux spéculations des plus riches ou Bien social vital non négociable ? Monnaie publique disponible à profusion pour financer (et donc rendre possibles) les services publics ? Monnaie nouvelle répartie régulièrement de façon inconditionnelle et à vie ? , etc.

Il faudra (apprendre ensemble à) bien distinguer les choix monétaires qui relèvent de la constitution (choix plutôt stables, simples et fondateurs, mis à l’écart des querelles politiques quotidiennes) des choix monétaires qui relèvent de la loi (choix plus variables en fonction de la conjoncture et constamment redéfinis à travers les controverses politiques ordinaires).

Il faudra aussi penser à nous garantir/armer contre les inévitables coups d’États oligarchiques (antidémocratiques) qui ne manqueront pas d’être fomentés par des bandits — comme celui de la prétendue « Union européenne » —, et il faudra traiter comme criminels les acteurs politiques qui se rendraient à nouveau coupables de tels forfaits.

J’espère que naîtront de ces ateliers quelques propositions d’articles de constitution d’origine citoyenne capables de donner des idées à tout le monde, à la fois sur l’importance cardinale du sujet monétaire, sur la fécondité de la participation des citoyens à la réflexion sur les alternatives monétaires, et surtout, sur l’imbrication étroite entre l’émancipation monétaire des peuples et la nature populaire du processus constituant.

Voici donc les deux rendez-vous en question :

1) Rendez-vous le 8 octobre 2016, au 4ème FORUM PAIX ET SOLIDARITÉ (23 rue de la Mairie, 18510 Menetou-Salon) :

Annonce sur Facebook : https://www.facebook.com/events/339040819780691/

2) Rendez-vous le lendemain, 9 octobre 2016, au GÎTE DE MONTIFAUD (1 route de Montifaud, 17430 Genouillé) :

Ça va être deux belle journées. Le niveau va encore monter.

J’ai hâte de vous retrouver en chair et en os, bande de virus 🙂

Étienne.
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PS : je vous signale ci-dessous quelques liens pour bosser ces deux sujets :

Page dédiée à la monnaie : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/monnaie.php

Page dédiée au tirage au sort, seule procédure démocratique digne de ce nom : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php

Vidéo « Sommes-nous en démocratie ? » : https://www.youtube.com/watch?v=6LB462z-j70

Vidéo « Les enjeux de la création monétaire » : https://www.youtube.com/watch?v=uRagFaIGb5w

Un autre très bon bouquin, « La dette publique, une affaire rentable » :

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ORIGINAL ET PASSIONNANT ! [CONSTITUTION D’ORIGINE CITOYENNE ET TIRAGE AU SORT DES CONSTITUANTS] Très très précieux conseils de Mabrouka M’barek, députée constituante tunisienne, aux auditions programmatiques de JLM2017.

[CONSTITUTION D’ORIGINE CITOYENNE ET TIRAGE AU SORT DES CONSTITUANTS]
Très très précieux conseils de Mabrouka M’Barek, députée constituante tunisienne, aux auditions programmatiques de JLM2017.

Entretien ORIGINAL ET PASSIONNANT !

Onze ans après les premières (toutes petites) graines semées sur Internet, je mesure les progrès, la « germination », d’une part au choix du thème de cette audition, d’autre part à la pertinence des analyses et propositions de Mabrouka, mais aussi aux mots des questions posées à Mabrouka.

Je sens que l’idée d’une Constitution d’origine Citoyenne (« le plan C ») germe partout, enfin, et ça me rend heureux 🙂

Merci Mabrouka, je t’ai trouvée épatante, émouvante, enthousiasmante 🙂

Vous devriez faire connaître cette vidéo autour de vous, bande de virus : elle est vraiment très originale, et très utile, je trouve, pour donner encore de la chair et de la vie à notre idée radicale.

Merci d’être tous là, on n’est forts qu’ensemble, et le niveau monte 🙂

Etienne.

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[Edit 6 octobre 2016] Patricia a bossé sur la retranscription, voici son précieux travail :

Audition programmatique sur la constituante

Mabrouka M’barek a été membre de l’assemblée constituante de Tunisie, élue en 2011, assemblée qui a abouti à la rédaction et à la promulgation de la constituante de 2014. Élue au congrès pour la république, l’organisation fondée par le président Marzouki, représentante des tunisiens établis aux Amériques et en Europe… Retour sur cette expérience, aussi bien sur le processus par lequel la société tunisienne a pris conscience de la nécessité d’une AC et du caractère prioritaire de cet enjeu ; puis sur les modalités pratiques d’organisation du travail dans une AC :

. Mise en place d’une constituante
. Modalités pratiques
. Recommandations

Le plus important et le grand défi sont comment fédérer une société autour d’un projet constitutionnel, projet qui doit provenir d’une assise populaire. L’écriture de la constitution est une initiative historique, un processus qui implique de se projeter des décennies vers le futur. C’est un exercice passionnant qui devrait être exercé par tout citoyen parce que ça vous transforme, c’est une expérience qui transcende votre propre vie.

L’écriture de la constitution prend beaucoup de temps, ce qui n’est pas toujours compris par le peuple qui, à l’extérieur de l’assemblée a des attentes : les gens voulaient un emploi, il y avait des difficultés dues à la crise économique ; la révolution tunisienne s’est déroulée lors de la crise financière en Europe… il y avait donc beaucoup d’impératifs qui nous ramenaient à la réalité. Mais en même temps, l’écriture de la constitution est un exercice pour le futur, il faut bien comprendre cela, comprendre les enjeux historiques et les enjeux pour les prochaines générations.

Quoi qu’il arrive et quel que soit l’événement qui va créer le déclenchement d’une constituante, il faut aller au delà de cet événement-là. L’opportunité de l’écriture d’une constitution inclut l’idée de ce qu’est être « un bon citoyen », mais aussi de ce que sera « un bon ancêtre ». C’est une expérience fantastique, une exercice qui doit être fait par tous les citoyens : c’est tout un peuple qui doit apprendre à écrire sa propre constitution, apprendre à se transcender et à réaliser l’importance de l’humanité quand on se projette dans le futur, car s’il n’y a plus de générations futures, alors il n’y a plus d’objectifs.

L’avantage de la Tunisie, c’est qu’elle a réussi à fédérer la constituante avec un événement assez important qu’est la révolution. Le régime politique du moment, et ce depuis plusieurs décennies, étant la dictature, même si les tunisiens avaient déjà pris la rue, c’est en 2010 que le projet commun du peuple fût de destituer le dictateur. C’est vraiment l’événement qui a fédéré tout le monde, que ce soit l’élite économique ou les classes les moins privilégiées, c’est cela qui a propulsé l’idée de constituante. Ce projet n’aurait peut être pas abouti si des franges de la société avaient été exclues.

En l’absence d’un élan révolutionnaire, on doit essayer de puiser la légitimité d’une constituante dans ce que le peuple demande. D’où l’importance de fédérer d’abord les gens à la cause de la constituante avant même de convoquer la constituante.

Au niveau de la Tunisie, immédiatement après la révolution, il y eut une organisation incroyable, une organisation décentralisée avec des comités dans chaque quartier, chacun était politisé, apportait des idées, il y avait beaucoup de partage. L’erreur fut de tout centraliser dans un dispositif très bureaucratique. C’était nécessaire, mais le problème, c’est que ça a supprimé l’organisation locale, et quand on a des comités locaux et régionaux, c’est difficile à structurer. D’où l’importance de trouver un moyen ou une mécanique régionale, locale, et en même temps une organisation inclusive, pour centraliser les idées.

La portée d’une constituante est importante car très peu de personnes ont décrit cette expérience-là, l’organisation ou la « feuille de route », car lorsqu’on coupe la mécanique régionale, on avorte la révolution, et on coupe l’intérêt de ceux qui participent localement, entraînant une sensation de spectateur ; Car pendant que la constituante travaille, quelle est la nature de la transition ? Cette « feuille de route » permettrait d’inclure le travail de tous.

Car l’écriture de la constitution va prendre beaucoup de temps, et au début, les gens vont être pour, mais ensuite ils se lassent car ça prend du temps. C’est donc d’autant plus important que la légitimité soit primordiale. Si on prend la plate forme de JLM, sa campagne menée autour de la convocation d’une AC semble insuffisante dans le sens où seuls ceux qui auront voté pour lui seront d’accord. Le défi et la difficulté sont de rallier tout le peuple français autour d’une constituante, et pas seulement les électeurs de JLM, et que cette constituante aboutisse à quelque chose d’historique et de solide afin de fortifier la démocratie française. La difficulté en France, c’est de faire comprendre à vos compatriotes que vous n’êtes pas en démocratie. Les tunisiens eux, savaient très bien qu’ils étaient en dictature, leur souhait était d’autant plus grand à vouloir la démocratie.

IL faut convaincre les français pourquoi il faut une constituante, ainsi que la nature de la transition et l’importance de les convaincre d’y participer.

Mais convoquer une constituante, ce n’est pas suffisant : il faut aussi s’occuper de la transition (qui est la vie à l’extérieur de l’assemblée) car la constituante ne va pas régler les problèmes de chômage, par exemple. D’où l’importance de séparer d’un côté le travail constituant et de l’autre la gestion des affaires courantes, la chambre législative, donc de concevoir un parlement à 2 chambres, une qui effectue le travail constituant et l’autre, la gestion des affaires courantes d’ordre économiques, financières, etc.

On peut donc concevoir un sénat ou une chambre des représentants tirés au sort, le temps de la transition, afin de ne pas limiter la durée de l’écriture de la constitution, et sur la nature de la transition, qui est une période d’expérimentation (pourquoi pas basée sur une mini constitution).

Mais pour construire, il faut déjà déconstruire ; d’où l’importance de redéfinir les concepts. Les Nations Unies ont un programme d’assistance à l’écriture de la constitution et la première chose qui est dite, c’est « la constitution est un contrat social » (contrat : mot du jargon néo-libéral). Non : la constitution n’est pas un contrat social, car alors un contrat peut être cassé. Une constitution est un document qui protège le peuple envers ceux qui sont au pouvoir. La constitution n’est pas là pour organiser les pouvoirs mais pour limiter les pouvoirs et en donner au peuple. Ce n’est pas un contrat social qui organise les pouvoirs. C’est au peuple de décider ce qu’est une constitution. Et pour ce faire, je recommande le tirage au sort de la désignation des membres de la constituante. À mon sens, c’est vraiment ce qui va produire : une constituante qui soit le plus proche de l’idée démocratique. Ça peut être des constituantes locales ou régionales : celle qui va être nationale va centraliser et essayer de regrouper les propositions des mini-constituantes, ce sera donc un long processus.

Le travail de la constituante et l’administration.

Le travail de l’administration est primordial et fondamental, mais l’administration n’est jamais neutre car elle est politisée. Il suffit de prendre exemple sur les programmes économiques de l’ENA : ils sont basés sur le capitalisme, ils rejettent les visions post-keynésiennes, qui ne sont même pas étudiées. Pour les personnes qui sortent de l’ENA, l’économie c’est un équilibre, une main invisible… Le fait que ce soit les banques qui créent la monnaie est un sujet qui n’est pas abordé… Et du coup cela impacte complètement le travail de l’administration, ce qui engendre une vision par défaut qui est néo-libérale,

La constituante doit avoir son propre média, c’est fondamental, une chaîne TV parlementaire de la constituante, afin que le peuple apprenne à connaître chaque constituant, à le suivre. Chaque débat, chaque mot entendu va être suivi, commenté… qu’il y ait des commentateurs.

le statut des députés de la constituante

Les remboursements de frais ou indemnités sont préférables à un salaire, (un dinar n’est pas équivalent à un dollar). Importance de la transparence de la constituante faite parle président de la constituante, car transparence engendre confiance.

Quand un pays est souverain, on peut donner tous les moyens pour cette constituante de réussir. Les moyens matériels, technologiques, techniques, les moyens humains pour développer des consultations locales dans les ateliers constituants du pays, avec des supports high-tech… Si la banque centrale est souveraine alors les fonds ne sont pas un problème. Quand on est un pays souverain,le financement n’est pas un problème.

Ce qui est important, ce sont les ressources, les possibilités mises en place et donc les consultations dans les constituantes régionales et ainsi faire remonter les idées en amont. La constituante, c’est vraiment quelque chose qui doit inclure tout le monde. l’idée est donc de développer les ateliers constituants dans les écoles, les lycées, les facultés, les entreprises,les associations, les comités d’entreprises avec instauration d’une plage horaire sur une journée de la semaine, pour que ce soit un processus le plus inclusif et participatif possible,

Est abordé :
la notion de temps
le système mixte (représentatif et tirage au sort)
le risque de problèmes identitaires qui peuvent polluer (religion etc,,,)
l’importance de la justice transitionnelle à définir,
l’implication dans la constituante de la diaspora,

Les gens qui s’impliqueront vont se poser 3 questions existentielles : d’où on vient (notre peuple), pourquoi on fait ça, où on veut aller (pour protéger les futures générations de français)…

Merci Patricia ! 🙂

Populisme et souverainisme ne sont pas des gros mots

Cette synthèse de mon travail (qui date d’août 2012) est un peu longue et pas assez ordonnée, pardon, mais ces propositions sont importantes et décisives, je crois. Elles pourraient être une ébauche de livre original 🙂

[J’y ai ajouté (entre crochets) la proposition du « salaire à vie », car je la pense aujourd’hui (4 ans plus tard) plus émancipante du capitalisme que celle du « revenu de base » (d’ores et déjà récupérée et corrompue par les exploiteurs) — voir l’explication de Bernard FRIOT. Toutes les techniques de solvabilisation inconditionnelle des citoyens m’intéressent a priori, et mes recherches continuent.]

Bon courage à tous, bande de virus 🙂

Étienne

[Un entretien qui date de 2012 (un peu désordre, pardon) avec un jeune journaliste de RageMag : http://ragemag.fr/populiste-nest-pas-un-gros-mot-entretien-avec-etienne-chouard/ (Le lien est devenu mort, je ne sais pas pourquoi.)]

“Populiste n’est pas un gros mot”

entretien avec Étienne Chouard

Publié le 24 août 2012, par Ragemag

Il s’est fait connaître en 2005, en devenant l’homme qui a dit NON ! à la constitution européenne. Depuis, l’enseignant Étienne Chouard continue de mener son combat contre les Versaillais. Cours (très) particulier d’instruction civique en compagnie d’un empêcheur de tourner en rond…


Étienne Chouard, chez lui, en mars 2012 © Mathieu Deslandes/Rue89

En 2005, vous vous êtes battu contre l’adoption du traité constitutionnel européen, pouvez-vous nous résumer les raisons et les moyens de cet engagement ?

J’ai décidé de m’engager (modestement et presque timidement) après avoir lu le texte de cette anti-constitution que l’on nous proposait, et qui vidait de leur (peu de) substance toutes les constitutions nationales. Cette situation était aggravée par un traitement médiatique lamentable (automne/hiver 2004 et printemps 2005). Les médias étaient tous en faveur du traité et dénonçaient les partisans du non comme des xénophobes, des réactionnaires, des nationalistes, alors que ces derniers avaient des arguments puissants, décisifs, documentés et d’inspiration démocratique pour signaler que ce texte était dangereux.

Comme tout le monde, j’en ai beaucoup parlé autour de moi, et j’ai écrit un texte de synthèse qui exposait cinq arguments particulièrement frappants (à mon sens) et que j’ai envoyé à mes collègues enseignants sur une liste professionnelle pour les inviter à m’aider à y voir clair ; puis, j’ai posté ce texte sur mon (tout petit) site personnel, comme une bouteille à la mer… Et ce texte s’est répandu dans le pays comme une trainée de poudre : en le recevant, les gens, par je ne sais quelle alchimie, s’enthousiasmaient et le renvoyaient souvent à tout leur carnet d’adresses… J’ai ainsi reçu douze mille mails en deux mois… Finalement, c’est à la fois le regard bienveillant, la confiance, de la plupart de mes lecteurs, ainsi que la méfiance des autres — ceux qui disaient de moi que j’étais un imposteur — qui ont été les moteurs de mon engagement depuis.

Quant aux moyens, il y a mon travail bien sûr, mais il y a aussi le travail des milliers de militants qui ont repris le texte, et qui l’ont diffusé partout avec les moyens du bord ; ils l’ont photocopié puis ils l’ont glissé dans les boîtes aux lettres de leurs rues, etc. Certains ont même tatoué leur voiture ou leur moto d’un « votez non à la constitution européenne et allez voir le site http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ »… Il y a eu un travail de fourmis de la part de personnes qui ne sont pas des professionnels de la politique et des médias. Ils se sont passé le mot entre eux.

“Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir”

Puis, les médias s’y sont mis, interpellés par leurs lecteurs. Un premier journaliste a fait un papier dans L’Huma intitulé : « Et si Etienne Chouard faisait gagner le non » Puis j’ai vu passer à la maison toutes les télés, les radios, les journaux. Mis à part quelques journalistes bienveillants, les médias n’ont d’ailleurs pas été très gentils (ils ne l’étaient guère avec les nonistes). Mais peu importe. Mon métier, c’est prof : je m’occupe du bien commun par vocation. Donc, ce que je fais en parallèle depuis 2005 n’est pas très éloigné : je continue à m’occuper du bien commun, mais à plus grande échelle, parce que je pense avoir trouvé une idée originale pour nous sortir — nous tous — du pétrin.

Quelle est cette idée ?

L’idée centrale de tout mon travail est que “ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir” : ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire la Constitution : ils doivent la craindre et donc ils ne doivent surtout pas l’écrire. La cause des causes de nos malheurs est, selon moi, en nous-mêmes, parce que nous ne sommes pas capables — en partie parce qu’on nous a trompés et en partie parce que nous nous trompons — de donner leur véritable sens aux mots démocratie et constitution, et parce que nous ne prêtons pas attention aux graves conflits d’intérêts qui empoisonnent le processus constituant.

Peut-on être aujourd’hui à la fois européiste et démocrate ?

Oui, mais pas d’emblée, pas forcément, et sûrement pas de la façon dont cela s’est fait depuis cinquante ans. La façon actuelle de construire l’Europe est antisociale, antiparlementaire, antidémocratique (sous couvert de discours lénifiants qui affirment l’inverse de la réalité). J’ai publié il y a peu sur mon blog une passionnante conférence d’Henri Guillemin sur le fascisme en France, qui remonte à la révolution française pour comprendre ce mot utile mais galvaudé.

Avec du recul, il me semble que le fond du fascisme (au sens large) est un projet politique de domination des riches contre les pauvres, incarné (avant même que le mot fascisme n’apparaisse) par les Girondins durant la révolution, puis par les Versaillais durant la Commune en 1871, puis par les représentants du centre gauche durant la troisième République (le parti “centre gauche” était le parti des industriels et des banquiers, à droite de la droite la plus cupide et la plus cynique), et finalement par les fascismes stricto sensu du 20e siècle : quand les ultra-riches ont vu qu’ils allaient perdre les élections (avec la montée des socialismes au début du 20e), ils ont renoncé au suffrage universel (qui n’était supportable à leurs yeux que tant qu’ils gagnaient toutes les élections) et ils sont devenus des adversaires acharnés du suffrage universel…

”L’obsession des possédants est de maintenir le niveau des salaires le plus bas possible”

Autrement dit, les grands privilégiés ne sont pour le suffrage universel que quand ils sont sûrs de gagner les élections ; sinon, ils deviennent “fascistes”… Autant dire que le fascisme au sens large (comme domination de classe) est une permanence depuis 200 ans. En dupant les pauvres (qui votent pour lui) le fascisme vide les Républiques de leur sens et prive les salariés de leurs protections. Et je trouve que l’Union Européenne obtient précisément ce même résultat, mais de façon beaucoup plus astucieuse et discrète que le fascisme à la papa : le résultat le plus concret des traités européens, c’est le chômage de masse institutionnalisé par une politique monétaire obsédée par l’inflation ; et du chômage de masse découlent directement les bas salaires et la docilité des travailleurs. Or, depuis 200 ans (depuis beaucoup plus de temps, en fait), l’obsession des possédants est de maintenir le niveau des salaires le plus bas possible. Et c’est la meilleure clef de lecture du réel, je crois, celle qui donne une cohérence aux “impuissances” des acteurs politiques : l’Union européenne est le meilleur outil que les riches aient inventé à ce jour pour atteindre l’objectif des bas salaires, en paralysant les luttes sociales.

Pourquoi l’Europe intéresse-t-elle tant les élites ?

Parce que l’Europe est d’une taille tellement gigantesque qu’aucune démocratie digne de ce nom n’y est possible, et parce que sa prétendue “Constitution” y a été pensée et écrite par les prétendues “élites” en question : ce sont les industriels et les banquiers qui ont voulu, financé et fait écrire les institutions européennes. C’est pourquoi les institutions européennes institutionnalisent la guerre économique : la “concurrence libre et non faussée” crée une fatalité de la lutte du tous contre tous. Rien à voir avec l’intérêt général, mais tout à voir avec l’intérêt des plus riches. Nos ploutocraties se radicalisent.

”Souverainiste n’est pas un gros mot du tout !”

On a du mal à défaire les logiques d’intérêt des dogmes idéologiques.

C’est lié. Vous savez, un dogme c’est une pensée imposée, répétée, rabâchée. Les riches ont mis ça en place de façon très organisée : ils ont acheté presque tous les médias importants. Pourquoi le banquier Rothschild achète le journal Libération ? Pas pour gagner de l’argent, il va en perdre. Pourquoi la banque Lazard achète le journal Le Monde ? Idem. Pourquoi le Crédit Agricole achète la radio Skyrock ? Itou. Pourquoi les marchands d’armes Lagardère et Dassault ont-ils acheté les trois quarts de la presse et une grande partie des maisons d’édition ? Que des marchands de canons maîtrisent les médias et l’édition, c’est à la fois dangereux et révoltant. Avec ces outils-là, en plus de gagner les élections (ce qui est tout à fait essentiel, évidemment), on peut effectivement fabriquer et entretenir un dogme. Par exemple, on peut rabâcher tous les jours que “l’Europe, c’est bien”, ou qu’il faut absolument, “pour des raisons humanitaires”, aller faire la guerre un peu partout dans le monde : en Afghanistan, en Irak, en Lybie, en Syrie, en Iran, et puis quoi encore ?

Selon vous, peut-on être démocrate sans être souverainiste ?

Non ; probablement non. Mais souverainiste n’est pas un gros mot du tout ! C’est plutôt le mot antisouverainiste qui désigne des traîtres au bien commun : si vous êtes contre la souveraineté, vous êtes pour quoi ? Rousseau et Robespierre étaient (évidemment) souverainistes. La patrie est une fiction constructive qui nous rassemble, qui essaye de reproduire à plus grande échelle l’attraction familiale qui fait que l’on s’entraide volontiers. Le souverainisme est le fondement de nombreuses solidarités (nationales souvent, mais pas seulement) : on ne se connaît pas individuellement mais l’on est prêt à se donner du mal pour ceux qui sont de la même patrie.Tenir en détestation le nationalisme, le souverainisme ou le patriotisme fait partie du dogme des “libéraux” qui, en fait, ne veulent plus d’État dans leur chemin (et ils nous jouent cette musique depuis les physiocrates au 18e siècle). Les prétendus “libéraux” affirment que l’on doit les guerres aux sentiments chauvins liés au nationalisme. Mais c’est une blague !

“La Constitution doit séparer les pouvoirs et permettre de les contrôler”

Les guerres, on les doit évidemment aux grands industriels et aux banquiers (lire Guillemin pour s’en convaincre avec force détail) ; on pourrait même, d’une certaine façon, attribuer les guerres aux philosophes des “Lumières” (qui étaient de sordides utilitaristes, des philosophes des riches pour les riches, qui faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour mettre les mendiants au travail au lieu de les aider, et qui préféraient la torture à vie des travaux forcés à la peine de mort, trop clémente à leurs yeux) philosophes qui soutenaient les Girondins (dont la première décision prise par l’assemblée législative de 1792 fut de déclarer une guerre de rapine contre les pays voisins, de façon à ce que l’État ainsi renfloué puisse rembourser la dette publique à leur profit au lieu de faire défaut), Girondins royalistes qui pouvaient bien se reconnaître plus tard dans les Versaillais, les riches massacreurs de la Commune de 1871. Une grande tradition qui semble bien perdurer aujourd’hui au sein de l’Union européenne : endettement monstre des États auprès des plus riches, et guerre économique permanente des pauvres contre les pauvres (pour les empêcher de faire la révolution). Bien sûr, je peux me tromper, et gravement, comme tout le monde. Mais il me semble que la contre-histoire des 200 ans du gouvernement représentatif reste à détailler et à diffuser largement.

Qu’est ce qu’une Constitution ?

C’est un texte supérieur qui décrit les conditions dans lesquelles les pouvoirs institués, législatif, exécutif, judiciaire, vont pouvoir produire du droit, produire des normes juridiques impératives qui s’imposeront à tous. C’est un texte qui va à la fois instituer des pouvoirs très utiles (parce que nous sommes nombreux et que nous avons donc besoin d’eux) et aussi très dangereux, car ceux qui les détiennent peuvent en abuser ou servir les intérêts d’une classe privilégiée plutôt que l’intérêt général. Une Constitution sert donc avant tout à limiter et à affaiblir les pouvoirs. La Constitution doit séparer les pouvoirs et permettre de les contrôler quotidiennement ; elle doit aussi permettre au peuple de reprendre l’initiative à tout moment contre ses représentants en cas de besoin.

“Chaque citoyen devrait protéger la Constitution, SA Constitution, les armes à la main”

Une bonne constitution est donc un texte protecteur en cas de coup dur. Si, au lieu de ça, elle organise l’impuissance des peuples et l’impunité des représentants (comme le font toutes les Constitutions du monde), ce n’est plus une constitution, c’est une imposture, c’est une anti-constitution. C’est le cas de la constitution française et des institutions européennes (et de bien d’autres). Les citoyens devraient non seulement savoir ce qu’est une constitution, mais ils devraient aussi faire attention à qui l’écrit, qui la protège et qui la fait exécuter : nous devrions tous surveiller la qualité du processus constituant. Chaque citoyen devrait protéger la Constitution, SA Constitution, les armes à la main.

Comme lors d’ une révolution ?

Oui, sauf qu’il y a de vraies et de fausses révolutions. La révolution française de 1789 est une fausse révolution. C’est une révolution entre riches : ces sont les marchands actifs qui prennent la place des nobles oisifs.

Carl Schmitt disait : « le souverain est celui qui décide de l’état d’exception ». Qui aujourd’hui décide de cet état d’exception ?

Aujourd’hui le souverain est collectif. C’est une bande de familles très riches qui financent les marionnettes politiques que sont les élus. Le régime de gouvernement représentatif n’est pas la démocratie. Il est anti-démocratique. Il a été construit précisément et sciemment pour interdire au peuple toute forme de démocratie. Le régime du gouvernement représentatif a permis aux riches de confisquer 100% du pouvoir politique. Le souverain aujourd’hui, c’est une petite fraction du peuple : les plus riches. C’est pourquoi, on doit parler de ploutocratie et pas du tout de démocratie. Et les marionnettes politiques sont des kapos : ce sont des électeurs qui ont décidé de collaborer avec les ennemis du peuple en échange de bons traitements. Nous sommes dans un régime qui est un intermédiaire entre dictature et démocratie. Intermédiaire parce qu’on a le droit de parler, de manifester, tant que ça ne change rien à ce qu’ils appellent “l’ordre social”. La “démocratie représentative” est un oxymore qui n’a rien à voir avec la vraie démocratie. Elle pourrait pourtant l’être, mais à condition que ce soit les citoyens eux-mêmes qui en écrivent les règles de contrôle quotidien. Je peux imaginer une démocratie représentative qui ne serait pas un oxymore. Mais aujourd’hui la démocratie n’a rien de représentative : c’est une oligarchie ploutocratique.

Qu’est-ce qu’est la démocratie selon vous ?

La démocratie est un régime dans lequel le peuple garde le contrôle de ses représentants. Un peuple qui peut imposer les lois lui-même et refuser celles qu’on tente de lui imposer lorsqu’il n’est pas d’accord ; un peuple qui peut changer la constitution de sa propre initiative ; un peuple qui peut révoquer un acteur politique lorsqu’il estime qu’il défaille. Si nous acceptons d’appeler “démocratie” son strict contraire, on se rend incapable de comprendre ce qu’est la vraie démocratie, et on s’interdit de la vouloir. La mise à l’envers de ce mot essentiel est un très beau piège politique.. Dans une vraie démocratie, les banques ne seraient pas privées mais publiques. Nous aurions probablement instauré le revenu de base et la TVA sociale qui va avec. Tous les impôts seraient remplacés par la TVA (50% des prix, impôt difficilement fraudable) et chaque humain toucherait un revenu de base qui lui permettrait de dire non à un travail dégradant. Grâce au revenu de base, tout le monde aurait la possibilité de donner le meilleur de lui-même sans qu’on lui torde le bras parce que, privé de terre, il a un besoin vital d’un revenu (chantage à la misère).

[Mieux encore ! Ayant compris les leçons fondamentales de Bernard Friot, dans une vraie démocratie, nous aurions institué nous-mêmes le SALAIRE À VIE, avec la qualification de la personne (et pas du poste). Voir et .]

“Populiste n’est pas un gros mot”

La nécessité d’avoir un revenu pousse les gens à accepter n’importe quel travail, et c’est profondément aliénant. Ils sont contraints par ce système lamentable à accepter des activités dégradantes, inutiles, voire nuisibles pour le bien commun. Quand quelqu’un accepte, pour gagner de l’argent, de devenir un ingénieur financier, ou un producteur de semences stériles, ou un fabriquant d’armes de destruction massive, c’est révoltant. Une vraie démocratie changerait tout. Le problème c’est que nous n’arrivons même pas à la vouloir parce qu’on a laissé mettre à l’envers tous les mots importants : constitution, citoyen, électeur, démocratie, suffrage universel. Tous ces mots ont été inversés et tant que nous l’acceptons nous sommes les jouets des maîtres du langage. Mais ce n’est pas du tout une fatalité : on peut remettre tous les mots importants à l’endroit, par éducation populaire, c’est-à-dire entre nous, à la base.

Avez-vous lu La stratégie du choc de Naomi Klein. Que pensez-vous de ses thèses ?

C’est une clef de lecture importante, la mise à jour d’une stratégie abjecte, cynique au possible. Dans les années 50, des scientifiques ont découvert que des personnes ayant subi des électrochocs perdaient toute volonté, tout sens critique et deviendraient dociles comme des brebis. Sur le modèle de cette technique, les “libéraux” intègrent le fait qu’une collectivité choquée par un évènement (naturel ou artificiel : un séisme, une guerre) n’est pas capable de résister à une agression supplémentaire et donc de se battre contre une “réforme” dont elle ne veut pas. Ces chocs peuvent très bien être provoqués : des attentats, des déclarations de guerre. Il existe toute sorte de possibilités pour provoquer des chocs.

“S’informer c’est résister. Armez-vous !”

Qu’est-ce que le populisme selon vous ?

Populiste n’est pas un gros mot. Je suis moi-même populiste, évidemment. J’ai lu Christopher Lasch et Orwell sur les conseils de Jean-Claude Michéa qui est un philosophe spécialiste du “libéralisme” que je trouve admirable. Le mot populisme a un sens différent selon la bouche qui le prononce. Chez Lasch, le populisme est un mot positif : un populiste c’est quelqu’un qui se préoccupe des intérêts du peuple. Dans la bouche des oligarques et des Versaillais, ceux qui voudraient “globaliser” la “gouvernance”, c’est-à-dire capturer la totalité des pouvoirs politiques, économiques, culturels et médiatiques, le mot populiste veut dire démagogue, menteur. Mais ce sont eux les démagogues. Ce sont eux qui mentent au peuple pour avoir le pouvoir.

“Le tirage au sort à la place de l’élection”

Encore une fois, “populiste” est un mot qui a été mis à l’envers. Je suggère d’ailleurs à tous les résistants de signaler les mots dangereux qui ont ainsi été mis à l’envers. Je propose que nous balisions les mots menteurs par un signal codé entre nous, avec des guillemets à l’envers (Alt+175 et Alt+174 sur un clavier de PC), comme pour pointer un piège : par exemple, » populiste «, » démocratie «, » suffrage universel «, » citoyen «, » réforme «, » constitution «, etc. Un homme averti en vaut deux. Si on repère clairement les mensonges de la Novlangue, on sera moins vulnérable.

Vous disiez tout à l’heure que le peuple avait sa part de responsabilité de se faire diriger. Peut-on considérer qu’on est encore un peuple ?

Le peuple est un concept temporaire. Une collectivité, à un moment donné, se considère comme un peuple et est prête à envisager des objectifs communs et à se protéger mutuellement. En prenant conscience du danger des voleurs de pouvoirs (qui existeront toujours dans les collectivités : les aspirants chefs, les leaders…), nous devrions arriver à nous en méfier et à éviter à tout prix de leur donner le pouvoir, et donc à instituer le tirage au sort à la place de l’élection. Un peuple qui aurait testé à petite échelle, au niveau de la commune, une vraie démocratie, avec le tirage au sort et ses contrôles.

Est-ce que, selon vous, la Suisse est une démocratie ?

La Suisse est une semi-démocratie (ce qui est déjà bien), grâce au référendum d’initiative populaire. Les Suisses ont ainsi les moyens institutionnels, à leur propre initiative, de court-circuiter leurs représentants sur les sujets les plus graves. La Suisse est donc infiniment plus démocratique que la France, qui ne l’est pas du tout. Mais il est essentiel de comprendre que cette puissance des Suisses -et cette impuissance des Français- est programmée, programmée dans la Constitution !

“Les professionnels de la politique ont un intérêt personnel à programmer l’impuissance du peuple”

Qu’est-ce qu’un référendum d’initiative populaire ?

Le RIP (ou RIC : référendum d’initiative Citoyenne) est l’institution qui garantit au peuple qu’il lui est possible, de sa propre initiative et à tout moment, de reprendre le contrôle des processus législatifs et constituants. C’est central. Le référendum d’initiative populaire existe dans quelques pays dans le monde : en Italie, dans la moitié des États-Unis, au Venezuela et en Autriche, par exemple. En France, en 2008, le parlement, aux ordres du gouvernement, a révisé la constitution pour instituer ce qu’ils ont appelé frauduleusement (je pèse mes mots) un “référendum d’initiative populaire”. Il suffit de lire l’article 11 pour constater que ce n’est qu’un referendum d’initiative parlementaire. Nos prétendus » représentants « se moquent donc ouvertement de nous. Nous ne sommes pas en démocratie : nous sommes en ploutocratie.

Par quel moyen le peuple français peut-il re-devenir ou devenir le souverain ?

Il faut qu’on réfléchisse pour créer quelque chose de nouveau et concentrer notre objectif sur un point précis et aucun autre (pour réunir le plus grand nombre d’entre nous). Il faudrait que ce point commun soit effectivement décisif c’est-à-dire suffisant pour entrainer ensuite naturellement la plupart des modifications que nous souhaitons.

Ce point est, me semble-t-il, dans la qualité du processus constituant : il ne faut plus qu’il y ait de professionnels de la politique dans l’Assemblée constituante, ni dans le Conseil constitutionnel. PLUS JAMAIS ET EN AUCUN CAS. En effet, les professionnels de la politique ont un intérêt personnel à programmer l’impuissance du peuple, et c’est ce qu’ils font, toujours et partout. Seule une constitution d’origine citoyenne permettra au peuple de reprendre le contrôle de ses affaires (les affaires publiques).

Le tirage au sort est-il l’avenir de la démocratie ?

Non, le tirage au sort n’est pas « l’avenir de la démocratie », il en est indissociable ; c’est un lien beaucoup plus fort qu’une simple étape chronologique : il n’y a pas de démocratie sans tirage au sort.

Étienne Chouard.

Propos recueillis par Arthur Scheuer et Baptiste Thion

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/09/08/253-ragemag-populiste-n-est-pas-un-gros-mot


Pour approfondir le travail de Bernard Friot :

Le site réseau salariat :

http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr

Bernard Friot « La conférence gesticulée »

Usul présente le Salaire à Vie (Bernard Friot)

Friot formules ses reproches au revenu de base :

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Fil facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10154532965612317

[Résumé dense, 37 min] Les électeurs-enfants doivent MUTER en citoyens-adultes (adultes politiques et DONC économiques)

Si vous ne connaissez pas cet entretien (c’est un rappel), (avec presque tout ce qui compte le plus, à savoir et à faire savoir, de mon point de vue), il devrait vous plaire (j’espère) 🙂

Bonne rentrée à tous, bande de virus 🙂 avec, j’espère, une bonne grève générale, illimitée et reconductible, avec occupation des usines et ateliers constituants, un peu partout sur terre 🙂


Deux conseils de lecture pour la rentrée, deux tout petits livres, puissants, enthousiasmants, épatants épatants épatants :

Simone Weil (magnifique) : grève et joie pure

(éditions Libertalia)


http://www.editionslibertalia.com/catalogue/a-boulets-rouges/simone-weil-greves-et-joie-pure


Noam Chomsky (passionnant) : Sur le contrôle de nos vies

(ou « La Conférence d’Albuquerque »)

(Édition Allia)


http://www.editions-allia.com/fr/livre/454/sur-le-controle-de-nos-vies-br-ou-la-conference-d-albuquerque

[Important] Petit questionnaire rapide pour tous ceux qui ont déjà participé à un atelier constituant

[Important] Petit questionnaire rapide pour tous ceux qui ont déjà participé à un atelier constituant.

C’est pour un mémoire (à l’Université) sur le sujet des ateliers constituants et des Gentils Virus.

Merci à chacun d’y répondre le plus rapidement possible, la soutenance se faisant dans la quinzaine.

Un grand MERCI pour votre participation ! 🙂

http://webquest.fr/?m=19610_enquete-sur-les-ateliers-constituants

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[20 millions] « Ce soir ou jamais », il y a deux ans, déjà. Et le message court encore…

Eh bien, je n’avais pas vu qu’il y avait 9 millions de vues (!) sur cette publication-là :

https://www.facebook.com/unispourlegalite/videos/318679821662405/

Avec les 5 millions chez John Michel https://www.facebook.com/video.php?v=10204569192140196 et les 4 millions chez Buzzamada (profil supprimé depuis), ça fait près de 20 millions de vues, avec trois billets fb seulement…

Sacré Internet… on n’est plus seuls au monde contre les tyrans.

L’original est là :

Merci à tous ceux qui aident à diffuser cette idée radicale, qui, en localisant bien la cause première, partout sur terre, libérera peut-être un jour les humains de l’injustice capitaliste :

=======================================================

Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.

=======================================================

Je vous demande pardon ; avec mes comptes d’apothicaire, je me fais un peu l’impression d’être comme un vieux grigou comptant son or 🙂 Mais ça fait du bien au moral, de voir que cette idée grandit et qu’elle se répand, sans l’aide des puissants, et même souvent contre leurs boniments.

Fais ce que tu dois, et advienne que pourra.

Amitiés à tous.

Étienne.
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Les élus des maîtres-chanteurs ne lâcheront jamais le pouvoir. Il faut apprendre à écrire nous-mêmes les institutions.

J’avais oublié ce court entretien, au calme avec de très jeunes journalistes, au cours de l’Université d’été du revenu de base, en 2014.


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Témoignage émouvant d’un débutant, pour son premier atelier constituant

Je viens de tomber sur ce témoignage de débutant (sur le site des « abstentionnistes engagés »), que je trouve émouvant (mais je suis partial, évidemment 🙂 ).

Merci à tous, bande de virus, pour tout ce que vous faites, personnellement, quotidiennement, opiniâtrement, pour que progresse sans cesse, partout sur terre, l’idée neuve de la nécessaire origine populaire de toute Constitution digne de ce nom.

Étienne.

Atelier constituant à Montreuil le 18 juin 2016 : « La Démocratie d’origine citoyenne. Réécrire la Constitution. Pourquoi ? Comment ? »

Affiche_Montreuil_18juin2016

Veinard de parisien, un des abstentionnistes engagés a pu assister à son premier atelier constituant, sur le thème qui est notre raison d’être en tant qu’abstentionniste engagé : le changement des règles du jeu c’est-à-dire la réécriture de la constitution.
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Nous étions une trentaine de personnes, de tous âges et de tous horizons. L’un des organisateurs-facilitateurs a commencé par un petit sondage :

  • « Qui se sent capable de réécrire la constitution » : 2 mains se lèvent. La mienne reste coincée à mi-hauteur. Malgré que je sois passionné par le sujet depuis des mois, ne l’ayant jamais fait, le doute m’empêche de lever haut la main.
  • « Qui se sent légitime de réécrire la constitution » : l’unanimité des mains se lèvent. Le constat est flagrant : un désir commun anime la trentaine de personnes.

Nous avons ensuite regardé 2 courtes vidéos que je vous recommande :

  • La Constitution par Grégory Portais qui explique qu’elle est une norme fondamentale (au sommet) qui définit les institutions et les relations entre elles mais aussi les libertés fondamentales. « La Constitution est le pilier de l’État de droit. » Armel Le Divellec.
  • Vers la démocration – Partie 1 – La Constitution qui présente de manière très simple les liens entre Peuple / Droit / Constitution en montrant comment cette dernière sert à limiter les pouvoirs et les abus.

Jean Massiet, commentateur politique de la chaîne Accropolis, est intervenu pour nous présenter en synthèse le fonctionnement des différentes Républiques qui se sont succédées depuis la fin de la Monarchie absolue. Très intéressant dans l’ensemble, j’ai retenu particulièrement que :

  • La 4ème République était un régime parlementaire à pleins pouvoirs où les députés étaient élus au scrutin proportionnel.Plus juste et plus démocratique, ce mode de scrutin a généré une instabilité gouvernementale non bénéfique à la France. Ceci a laissé un traumatisme et explique le passage à la 5ème République où les députés sont élus au scrutin majoritaire
  • La 5ème République – 1958 – a connu plusieurs modifications fondamentales depuis sa création. Notre constitution d’aujourd’hui ne ressemble donc plus du tout à celle de 1958. De légères modifications peuvent avoir des impacts considérables – en positif comme en négatif. Par exemple, la désignation du Président de la République au suffrage universel direct date de 1962.
  • La majorité des modifications de constitution surviennent par une crise.
  • Une nouveauté de notre époque est cette aspiration grandissante en France et ailleurs à réécrire la constitution. Réunir 30 personnes un samedi après-midi pendant 5 heures pour expérimenter et s’entraîner à réécrire la constitution n’aurait pas été possible il y a quelques années.

Puis a démarré l’atelier constituant. Le processus a été le suivant :

  1. Répartition en groupes de travail ~ 5 personnes pour écrire les propositions.
  2. Présentation des propositions de chaque groupe à toute l’assemblée pour soumission au vote (oui, non, blanc)

1ère étape – Écriture des propositions en groupes de travail

  • Mise en situation : Une Assemblée Constituante doit réécrire la Constitution française
  • Chaque groupe devait donc travailler à répondre aux questions suivantes : Qui ? Combien de personnes ? Modalités (sélection, période, …) ? Mandat (durée, révocabilité, impératif, …) ?
  • Cette 1ère étape a été réalisée en 3 périodes qui ont été à mon goût indispensables pour faire éclore les idées de chacun et les affiner en groupe :
    • une 1ère période où la parole est donnée à tour de rôle avec des temps contrôlés et égaux pour que chacun puisse intervenir et développer ses idées,
    • une 2ème période plus courte où l’échange n’a plus de règle, à part celle du respect des autres,
    • une 3ème périodes d’écriture où toutes les propositions sont écrites, avec ou sans consensus.
  • En synthèse, ci-dessous, quelques propositions/problématiques discutées dans mon groupe :
    • Qui peut participer à l’Assemblée Constituante ? ⇒ personne majeure, de nationalité française ou résident français d’au moins une période à définir, sélection de personnes devant représenter les Français, donc respecter en proportion certains critères de la population actuelle (âge, catégorie socio-professionnelle, sexe, géographique…), ayant purgé toutes ses peines…
    • Combien de personne doivent composer l’Assemblée Constituante ? ⇒ entre 1 000 et 3 000 personnes, 50 dans chaque circonscription…
    • Quelles modalités pour cette Assemblée Constituante ? ⇒ tirage au sort avec ou sans obligation, d’une durée de 18 mois à 2 ans (temps constaté dans d’autres pays qui ont fait l’expérience), enquête sur le patrimoine…
    • Quel type de mandat pour les membres de l’Assemblée Constituante ? ⇒ d’une durée de 18 mois, d’une durée de 3 mois pour permettre un roulement, révocable si faute commise, cumul interdit, sans immunité parlementaire (contrairement aujourd’hui aux députés composant l’Assemblée Nationale).
  • Cette expérience est d’une richesse hallucinante. On comprend que l’écriture d’une Constitution est un exercice d’équilibriste entre donner un pouvoir et mettre en place un contre-pouvoir juste, entre donner de l’efficacité et protéger de l’abus. Soumettre ses idées aux autres, accueillir les idées des autres, les mélanger, les affiner à plusieurs pour arriver à un résultat et une analyse mesurée des problèmes associés dégage un enthousiasme politique très puissant.

2ème étape – Présentation des propositions pour soumission au vote de l’Assemblée

  • Chaque groupe présente ses propositions, avec ou sans consensus, et les soumet au vote de l’assemblée. Des débats ont eu lieu à la plupart des votes. Le fait que chacune des personnes ait déjà réfléchi seule et en groupe aux problèmes sous-jacents donne de suite un engagement et une sensibilité à chacun. C’est saisissant de voir à quel point les citoyens qui participent à cet exercice se sentent concernées.
  • Un point clé à cette étape est la retranscription d’une proposition devant l’Assemblée. Il est ici hyper déterminant d’avoir écrit la proposition de la manière la plus claire et simple possible. Savoir expliquer est clairement un enjeu. À maintes reprises, les propositions présentées n’ont pas été comprises du premier coup.

Il est évident que, si la première question du sondage était reposée après ses 4 heures, « Qui se sent capable de réécrire la constitution », la réponse serait unanime et toutes les mains, dont la mienne, serait levée. Mille mercis aux organisateurs/facilitateurs.

Je suis un Abstentionniste Engagé et j’ai voté environ 30 fois ce jour-là. Je revoterai 30 fois demain dans ce cadre. Chaque vote a été en moi l’accomplissement d’un processus individuel de réflexion et d’échange d’idées. J’ai vu et senti ce jour-là ce que le mot « Démocratie » veut dire. Je souhaite à tous de pouvoir le ressentir et j’agirai de sorte à ce que chacun soit en mesure de le ressentir.

Réécrire les règles du jeu est indispensable, mais réfléchir à comment les réécrire est fondamental : d’abord pour ne pas se faire dérober notre puissance politique le moment venu, ensuite pour nous exercer à articuler les pouvoirs et les contre-pouvoirs de manière équilibrée, et enfin surtout parce que cela constituera l’acte fondateur d’une démocratie réelle en France.

Un mouton noir.

Source : http://lesabstentionnistesengages.fr/atelier-constituant-a-montreuil-le-18-juin-2016-la-democratie-dorigine-citoyenne-reecrire-la-constitution-pourquoi-comment/

 

Ressources :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

http://ateliersconstituants.org/

http://chouard.org/blog/tag/ateliers-constituants-2/
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[éducation populaire] De nouveaux outils pour nous aider à multiplier et améliorer nos ateliers constituants : jepolitique.fr, STIG…

Chers amis,

Les ateliers constituants se multiplient, un peu partout, de plus en plus souvent, et ce serait bien d’avoir des outils pour nous faciliter la tâche (individuellement et collectivement), en nous connectant à distance, pour étudier, comparer, commenter, améliorer, signaler, alerter, peaufiner, progresser, etc.

J’ai rencontré la semaine dernière un jeune homme, Tristan, qui a déjà créé un site (jepolitique.fr) pour nous aider à écrire ensemble — et à voter — nos idées de lois.

Il voudrait maintenant créer un autre site, complémentaire du premier, pour nous aider à écrire et voter des articles de constitution.

Voici plus de 10 ans que j’espère que des jeunes gens vont nous programmer un outil pour montrer (et éclairer) la volonté générale, la vraie — inaccessible à l’époque de Rousseau, mais accessible aujourd’hui (il me semble).
Sur le forum, depuis 2006, nous avons longuement discuté de ce concept essentiel de volonté générale : Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=84

J’étais donc heureux que Tristan se soit mis au travail dans ce sens. Nous avons discuté tous les deux sur le cahier des charges (la liste des fonctionnalités dont nous avons sans doute besoin), et il a rédigé cette description — sur laquelle il nous demande notre avis, nos objections, nos suggestions, nos propositions d’aide, etc. :

Menu du site :

  1. Ma constitution
  2. Constitution Collaborative
  3. Structure Collaborative
  4. Atelier Constituant
  5. Débats public
  6. Compte rendu
  1. Ma constitution

Espace personnel, permettant de rédiger et modifier sa propre constitution, article par article.

Un plan composé de Chapitres, permettra de classifier les articles en grands groupes d’idées. La structure est modifiable à souhait via un glissé-déposé.

La numérotation se met à jour automatiquement en suivant l’ordre de haut en bas.

Chaque modification d’un article garde en mémoire la version précédente. L’auteur peut retrouver et comparer les anciennes versions qu’il avait écrites par rapport à l’actuelle.

Il peut également décider à tout moment, de définir comme « actuelle » une de ses anciennes versions.

Les autres utilisateurs pourront accéder à cette page perso et n’auront pas accès aux différentes versions des articles, uniquement la version actuelle.

Si l’auteur a proposé sa version d’un article dans la version Collaborative, un bouton permettra à un visiteur de voter pour celui-ci.

Il sera également possible d’envoyer une proposition d’un article à une personne en particulier, sur sa Constitution personnelle, comme sur la Constitution Collaborative.

Permettre à l’utilisateur de paramétrer les permissions de visibilité, article par article.

  1. Constitution Collaborative

Cet espace a pour objectif de faire la synthèse de toutes les Constitutions personnelles écrites par les utilisateurs. Il s’agit de La Constitution Collaborative.

Celle-ci se compose d’articles et de chapitres comme pour les Constitutions personnelles, mais pour chaque article, il sera possible de cliquer dessus afin d’afficher la liste de toutes les propositions faites par les utilisateurs.

Ceux-ci peuvent faire glisser horizontalement (façon tactile) les différentes propositions de l’article, pour les comparer à l’actuelle « meilleure proposition » et voter pour la remplacer par une version jugée meilleure.

Les propositions seront triées par pertinence (nombre de votes obtenus) dans l’ordre croissant.

Pour déterminer quelle version garder pour un article donné, c’est très simple, on utilise le système classique d’un utilisateur = un vote. On garde l’article qui a le plus haut score. Le score sera affiché juste en dessous du bouton de vote (voir Figure ci-dessous).

Tous les utilisateurs peuvent voter pour n’importe laquelle des propositions, et ne peuvent voter que pour une proposition et une seule, mais peuvent à tout moment changer d’avis et enlever leur vote et/ou le redonner à une autre proposition.

L’article qui a le meilleur score est présenté comme l’article courant. En cas d’égalité, le dernier à avoir recueilli un vote est retenu.

De la même manière, il existera une proposition « abroger » pour chaque article de la Constitution Collaborative. Voter pour abroger compte comme un vote classique. Si le nombre de votes « abroger » devient le plus élevé, alors l’article ne sera plus affiché par défaut.

Un filtre permettra d’afficher les articles « abroger », laissant le choix aux utilisateurs de changer d’avis et de le faire réapparaître.

Possibilité de flaguer en « Important » une proposition d’article (permet de distinguer une proposition qui corrige une virgule (un détail), d’une vraie proposition, quand quelqu’un pense avoir trouvé quelque chose de vraiment pertinent).

  1. Structure Collaborative

Cette page affichera uniquement les noms des chapitres (la structure, les grandes parties, le « squelette » de la constitution).

Elle permettra par glisser déposer, d’intervertir les parties, mais aussi d’en rajouter, d’en supprimer, ou encore de les renommer.

Une fois la structure conforme au souhait de l’utilisateur, il peut la proposer. Le même système de vote que pour les articles sera alors utilisé pour déterminer quelle structure est appliquée à la Constitution Collaborative.

Il sera impossible de supprimer un chapitre qui contient déjà des articles.

  1. Atelier Constituant

Page qui affiche la liste des ateliers constituants en cours. Chaque atelier peut contenir entre 2 et 6 (?) personnes et comporte un thème déterminé par le créateur de l’atelier.

Un utilisateur peut créer un atelier et attendre que des gens le rejoignent, ou il peut rejoindre un atelier qui n’est pas déjà plein.

Un atelier est constitué d’un chat qui permet aux participants connectés de discuter en temps réel (mode synchrone) entre eux + un formulaire qui permet d’ajouter/modifier sa Constitution personnelle en parallèle, pour garder les meilleurs jets, résultant de la conversation.

Un atelier est clos automatiquement après plus de 15 minutes sans aucun échange dans le chat.

À la fermeture de l’atelier, on historise les participants et les articles rédigés au cours de celui-ci.

Les ateliers sont privés, et en direct, et n’autorisent pas de « spectateur ».

Cela permet aux gens de s’entraîner sans être confronté au regard de tous, et de rester en petit comité, tout en échangeant avec des gens qui sont présents et qui ont envie d’écrire en même temps que vous.

  1. Débats public

Les débats public, à l’inverse des ateliers constituant sont visible à tout moment, par tous. La discussion n’a pas de durée limite non plus. Il s’agit plus d’une forme de discussion construite, et non d’un chat : on n’écrit pas juste une phrase, mais à la manière d’un forum, on poste une réponse structurée et argumentée.

Les utilisateurs peuvent être connectés en même temps et se répondre en direct, ou se répondre avec plusieurs heures ou jours d’écart (mode asynchrone).

La discussion porte sur un thème laissé libre par le créateur du débat (avec possibilité de laisser « thème à définir ensemble »)

Ici aussi le nombre d’intervenants sera limité entre 2 et (6) ? Mais, tel des spectateurs dans les arènes de gladiateurs, les utilisateurs pourront accéder à la discussion, et même donner leur avis via un espace qui leur sera dédié (en bas à droite de la page) sous forme d’un chat visible par tous (comme lors de Twitch), permettant de commenter rapidement ou faire des remarques aux intervenants.

Les spectateurs auront surtout pour tâche de voter pour les réponses les plus pertinentes.

On permettra par ailleurs de lire le débat par ordre chronologique (par défaut) ou par pertinence (nombre de votes).

  1. Comptes rendus

Permet de créer des comptes rendus suite à des ateliers constituant IRL (In Real Life/dans la vie réelle). Permettant à tous de les consulter au travers d’une liste qui les regroupe par lieu et date.

J’ai découvert par hasard que ce site reprend cette idée : www.constitutioncitoyenne.fr

On pourrait peut-être tenter de fusionner les deux ?

(D’une manière générale, je dirais qu’il y a trop de sites sur le thème de Chouard, ça part un peu dans tous les sens, je ne sais pas si c’est une stratégie pertinente niveau visibilité et efficacité… ?)

  1. Notifications

Une notification me sera délivrée si un autre utilisateur propose d’améliorer ma propre Constitution, je pourrai alors refuser ou accepter. Si on l’accepte, la proposition devient l’article courant, l’ancien est gardé dans l’historique.

Toute proposition d’une modification de la Constitution Collaborative sur un article où vous avez voté et/ou proposé votre version, aura pour effet de vous notifier en vous montrant la nouvelle proposition à côté de l’article actuel (et permettra de potentiellement voter pour la nouvelle version).

Option du compte : notification par mail, avec détails propositions + objet du mail qui indique type de modif :

  • nouvel article
  • nouvelle structure
  • nouveau vote
  • nouveau débat public
  1. Badges

Système de badge (récompenses) qui incite les gens à participer (auto-renforcement positif)

  • Pertinence : Avoir reçu des votes pour vos propositions d’articles sur la Constitution Collaborative 1/10/25/50/100 fois
  • Proposition : Avoir proposé sur la Constitution Collaborative 1/10/25/50/100 articles
  • Vote d’articles : Avoir voté pour 1/100/500/2500/12500 articles
  • Vote débat : Avoir voté pour 1/100/500/2500/12500 interventions dans un débat public
  • Atelier Constituant : Avoir participé à 1/10/50/100/500 ateliers


Je trouve épatante cette force généreuse que des jeunes gens mettent au service de la volonté générale (la vraie), et je voudrais les aider autant que je le peux. Je suis sûr que notre cerveau collectif leur donnera beaucoup d’idées, d’aide et d’énergie positive 🙂

Pour comprendre ce dont ce jeune programmeur est capable, je vous recommande d’aller voir son site jepolitique.fr, qui est déjà assez bien fichu :

Enfin, Tristan nous a aussi préparé une petite vidéo pour découvrir rapidement comment il a prévu que nous nous servions de son outil :

===================================================

Puisqu’on en parle (mais ce n’est pas tout à fait le même projet, car Tristan voudrait nous aider très précisément sur les ateliers constituants), je vous signale un autre outil du même ordre, qu’on m’a souvent signalé et que — honte à moi — je n’ai pas encore testé, malgré l’intérêt évident qu’il présente :

STIG est un site utilisable à tout moment, y compris sur nos téléphones portables, pour réfléchir et débattre sur des lois et pour les voter (ou pas) :

• le site :

https://getstig.org/

• Un très court exposé de l’objectif de STIG :

• Un article sur le site MrMondialisation.org :
Stig : la première application de démocratie universelle en mode 3.0
https://mrmondialisation.org/stig-la-premiere-application-de-democratie-universelle-en-mode-3-0/

• Un autre article dans La Croix :
Stig, la démocratie au bout des doigts
http://www.la-croix.com/Economie/Social/Stig-la-democratie-au-bout-des-doigts-2016-06-16-1200769104

• Une présentation (un point hebdomadaire, apparemment) par Jean Massiet (Acropolis) :

===================================================

Je compte sur vous pour essayer de vous servir un peu de ces programmes, surtout celui de Tristan pour préparer notre outil spécifiquement constituant, et pour déduire de votre expérience personnelle quelques remarques et quelques conseils utiles à tous 🙂

Bon courage, bande de virus 🙂

Étienne.
_______________

PS : tous ces outils sont adaptés pour notre entraînement constituant, il ne faut pas oublier que le vote électronique est opaque et invérifiable, et donc (à ce jour encore) ultra-dangereux en conditions réelles.

Je rappelle ici le travail fondamental que produit Chantal Enguehard à ce sujet (à lire absolument si vous ne le connaissez pas) : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2006/10/29/49-le-vote-electronique-en-france-opaque-inverifiable

Sécuriser le vote électronique — tout en conservant l’anonymat des votes (ceci est absolument essentiel, et c’est précisément la source de la difficulté), c’est un des grands défis pour les programmeurs du 21e siècle.

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Prochain atelier constituant à Montreuil, samedi 18 juin 2016, avec Jean Massiet (Accropolis)

Le Comité des Citoyens montreuillois est plein de peps et continue à organiser des ateliers — veinards de Parisiens 🙂

Le prochain aura lieu le samedi 18 juin 2016, de 14 h à 19 h, avec comme thèmes : La démocratie d’origine citoyenne. Réécrire la constitution, Pourquoi ? Comment ?

Il faut réserver (l’adresse est indiquée sur l’affiche).

L’intervenant sera Jean Massiet. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, voici un article des Inrocks sur ce jeune homme tonique :
Jean Massiet, le streamer qui veut nous rendre accros à la vie politique
http://www.lesinrocks.com/2016/03/13/actualite/jean-massiet-le-streamer-qui-veut-nous-rendre-accros-a-la-vie-politique-11810535/

Et voici un exemple de ses vidéos : Je t’explique le 49.3

Un commentaire, au passage, sur cette vidéo : dans cette explication du 49.3, ce que Jean a oublié d’expliquer (à mon avis), c’est que les députés dépendent pour leur carrière politique toute entière de l’investiture aux élections (le soutien officiel du parti), que cette investiture est donnée (ou pas) par le chef du parti, et que le Président de la République était précisément le chef du parti qui est devenu majoritaire à l’Assemblée… ce qui permet évidemment aux apparatchiks du parti d’exercer un chantage auprès des parlementaires : « si tu votes la censure, tu nous renverses peut-être, mais tu n’auras plus jamais l’investiture du parti, et tu pourras donc faire une croix sur l’infinité de privilèges ultra-confortables liés à l’élection ».

Vous avez bien compris, cette cuisine politicienne n’a rien à voir avec le bien commun, absolument rien, effectivement.

Jean aurait pu également signaler que ce système de maître-chanteur a été pensé et voulu par le premier Président lui-même, en 1958 : le général de Gaulle, qui s’est fait écrire (par Michel Debré notamment) une « constitution » sur mesure… … … Mais cherchez bien la cause des causes 😉

Ce sera intéressant de voir le point de vue de Jean Massiet sur les ateliers constituants. J’espère que la rencontre sera filmée.

Faites passer 🙂

Étienne.

Pour mémoire, les vidéos de notre atelier à Montreuil en mars dernier :
http://chouard.org/blog/2016/04/09/videos-conference-et-atelier-constituant-montreuil-mars-2016-les-films-sont-arrives/

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Une nouvelle « Semaine de la Démocratie » commence demain à Montpellier

L’an dernier, quelques jeunes gens bien décidés ont organisé une sorte de fête de la démocratie à Montpellier, et ils ont réussi à faire intervenir des chercheurs passionnants, comme Francis Dupuis-Déri.

Ils recommencent cette année ; ça commence demain, lundi 25 avril 2016 ; et ils ont besoin d’un peu d’aide pour financer l’événement.

• Voici donc leur site :
http://www.semainedelademocratie.fr/,

le programme :

http://www.semainedelademocratie.fr/programme/

Une petite vidéo de présentation :

Le lien pour leur donner quelques sous :
http://fr.ulule.com/semaine-democratie/
Il nous reste 4 heures pour les aider !… un défi 🙂

Et quelques vidéos de l’an passé, vraiment très intéressantes (elles viennent d’être publiées, ça va vous plaire, c’est sûr) :
http://www.semainedelademocratie.fr/2016/04/22/ledition-2015-en-videos/

https://www.youtube.com/watch?list=PLGc6Wji7xRFjnkAMNzfVifbfwpZr3ucrk&v=Qiv1CB7c-r0
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Bon courage à tous les virus, dans leur travail quotidien de contamination démocratique 🙂

Étienne.

Semaine de la Démocratie 2015 – jour 1 :
« Démocratie, histoire d’un malentendu »

Semaine de la Démocratie 2015 – jour 2 :
« Sommes-nous en Démocratie ? »

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À propos de #NuitDebout (vidéo) : un processus constituant digne de ce nom ne devrait être confisqué par aucun groupe (même bien intentionné), il devrait être populaire, vraiment populaire

À l’occasion de mon voyage récent à Nantes, j’ai rencontré un jeune homme qui s’est proposé d’enregistrer rapidement (30 min) ce que m’inspire le mouvement #NuitDebout; je lui ai dit en substance : « de l’espoir et quelques craintes » :

Nuit Debout 1/7 – Que penses-tu du mouvement Nuit Debout ? (8 min) :

Nuit Debout 2/7 – Les faiblesses de ND (4 min 30) :

Nuit Debout 3/7 Toucher les classes populaires (2 min) :

Nuit Debout 4/7 – Les assemblées citoyennes à ND (6 min 30) :

Nuit Debout 5/7 – Une « mini-constitution » pour ND ? (4 min 30) :

Nuit Debout 6/7 – Viendra, viendra pas ? (6 min 40) :

Nuit Debout 7/7 – Bonus – L’idée du processus constituant (3 min 30) :

J’ai vu passer des articles sur cet entretien dont le titre était « ÉC accuse … » : c’est manipulatoire, car je n’accuse personne parmi les organisateurs, évidemment : je déplore les exclusions arbitraires et les préjugés sur un éventuel processus constituant ; c’est bien différent d’accuser, car je trouve ce mouvement intéressant et utile, à bien des points de vue.
Méfiez-vous, donc, des titres insidieusement venimeux qui nous jettent les uns contre les autres.

Je remercie tous ceux qui me défendent, et je vous demande avec insistance de rester gentils en toute occasion, sans céder aux provocations : je ne suis pas une victime de ce mouvement 🙂 On trouve des exagérations de toutes parts, ces temps-ci. Ne nous laissons pas hystériser par les semeurs de zizanie professionnels.

Et bon courage à tous les citoyens constituants, des places NuitDebout et d’ailleurs 🙂

Étienne.

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