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[juin 2020 ou juin 2021 ?] Les masques commandés par la France en Chine seront livrés d’ici la fin juin [Au secours ! Les pires sont au pouvoir !]

« Un « pont aérien » a été mis en place pour acheminer les commandes, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. »


http://www.leparisien.fr/societe/les-masques-commandes-par-la-france-en-chine-seront-livres-d-ici-la-fin-juin-07-04-2020-8295360.php

Juin 2020 ou 2021 ?…

Bande de nazes, sur-payés (par nous) pour nous martyriser du haut de leur nullité infatuée, sans jamais avoir à rendre de comptes à personne 🙁


Ça fait 10 fois qu’elle sert, la vidéo ci-dessous, chaque fois avec des sous-titres différents, mais je ne m’en lasse pas, son rire me fait pleurer de rire 🙂
Pas mal, les sous-titres, cette fois, non ?


Et puis aussi celle-là, troublante d’actualité, bien des années plus tard :

Apprenons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre constitution, en peuple digne de ce nom.

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Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #4 L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale et #5 Ritualisme et légalisme

Les quatrième et cinquième leçons d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitulent
#4 « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale »
#5 « Ritualisme et légalisme »
.

Ce retour fondamental à l’idée de LOI (pour servir au mieux l’intérêt général) est utile pour comprendre la catastrophe néolibérale de « la gouvernance par les nombres« . Ces 5 premières leçons sont comme une « fondation » qui va donner leur assise, et donc leur solidité, aux leçons suivantes (à partir de la 6) que je trouve enthousiasmantes de pertinence et d’importance ; vous verrez, on y arrive presque 🙂

Voici les deux présentations de Merryl Moneghetti :

#4 « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale »

Pourquoi « Le Dictatus Papae » de Grégoire VII représente-t-il un moment fondateur en 1075, un tournant dans l’histoire de l’Etat moderne? Le juriste Alain Supiot analyse comment l’autonomisation de la sphère juridique s’est transmise aux premiers états séculiers, nés de la révolution grégorienne.

Image de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du VaticanImage de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du Vatican • Crédits : Wikicommons

Comment la culture juridique de Common Law est-elle celle qui a le plus de traits communs avec la Rome antique?

Nous poursuivons aujourd’hui l’examen de « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale » dans le cadre du cours quAlain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités» consacre au passage du « Gouvernement des lois à la gouvernance par les nombres. »

Dans sa présentation pour le Collège de France, Alain Supiot rappelle pourquoi il faut situer la notion de gouvernement, mais aussi l’État, l’histoire du droit, ce qu’il appelle « le gouvernement par les lois » dans la longue durée. Il s’attache notamment à la matrice juridique romaine de notre culture et à la division des empires romains d’orient et d’occident. Il souligne combien on méconnaît l’importance décisive de cette division dans l’histoire juridique. Nous allons découvrir comment la révolution grégorienne a fait naître une nouvelle conception de l’ordre juridique marquée par la distinction du pouvoir temporel et de l’autorité spirituelle. Droit et théologie sont séparés et cela a ouvert, et cela peut-être non sans paradoxe, la voie à la reconnaissance corrélative d’un pouvoir temporel et à la naissance de l’Etat moderne.

« Dès lors, le droit s’est affirmé comme une technique placée entre les mains d’experts qui n’ont pas besoin de s’interroger sur la raison des lois« , nous explique Alain Supiot.

Poursuivant son histoire de l’évolution des institutions, Alain Supiot voit dans le droit dit « continental » et la Common Law « deux rameaux de la culture juridique occidentale », ainsi définie, malgré les spécificités de chacun qui ont pu être accentuées.

« Bien que rivaux, Droit continental et Common Law sont tous deux confrontés depuis l’entreprise coloniale à des montages institutionnels différents avec lesquels ils ont été et demeurent plus que jamais obligés de composer dans le contexte de la mondialisation. »

Il s’agit enfin d’interroger la notion de l’État de droit qui va naître de l’articulation de la loi et du droit à partir du XIXe siècle.

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 12 janvier 2013.


#5 « Ritualisme et légalisme »

Pourquoi l’hétérogénéité de la loi en Afrique ? Qu’est-ce que l’Ecole des lois en Chine? Soumission aux lois ou obéissance à un rituel pour garantir l’ordre social? Le juriste Alain Supiot revient sur le ritualisme & questionne ces formes d’organisation des rapports sociaux parmi les plus anciennes.

Le caractère chinois fă 法, "loi" / Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort.Le caractère chinois fă 法, « loi » / Peinture de Bernard d’Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort. • Crédits : Wikicommons

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation », met en valeur l’approche transnationale et trans-disciplinaires des questions posées par la mondialisation et la révolution numérique, qui bouleversent toutes deux nos sociétés et nos institutions. Aussi, nous propose-t-il dans le cadre de sa série consacrée au passage du « gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres », de se pencher sur l’École des lois dans la culture juridique chinoise.

« Penser un ordre en termes de loi n’a en effet rien d’universel« , explique-t-il. Dans de nombreuses sociétés, c’est l’observance de rituels qui assure le bon ordre et non l’obéissance à des lois.

Le juriste ouvre sur l’exemple des « difficultés de traductions rencontrées dans de nombreuses langues africaines pour incorporer cette notion de loi, arrivée avec la colonisation ».

Si le cas chinois est particulièrement intéressant, souligne-t-il encore, c’est parce que « les institutions impériales sont nées d’un conflit, puis d’une combinaison du ritualisme et du légalisme« .

« Cette symbiose est à l’œuvre dans de nombreux traités classiques chinois sur l’art du gouverner, qui se sont efforcés de tempérer par le ritualisme la dimension proprement totalitaire du légisme. Et aujourd’hui encore, le légisme continue de percer sous le vernis confucianiste qui enduit l’économie socialiste de marché de la République populaire de Chine« .

La pratique de l’analyse juridique d’Alain Supiot, son approche qui mêle longue durée, comparatisme et interdisciplinarité, invitent à ouvrir le regard. Son cours a été publié chez Fayard, sous le titre La Gouvernance par les nombres. En ouverture du chapitre, qui présente les « Autres points de vue sur les lois« , il remarque :

« chaque civilisation prête spontanément à ses catégories de pensée une universalité qu’elles n’ont pas. Les Occidentaux y sont d’autant plus enclins que, grâce à leurs techno-sciences, ils ont dominé depuis trois siècles le reste du monde. Cette période est en train de se clore, il leur faut désormais compter avec d’autres manières de concevoir l’organisation des sociétés humaines. » (p.81)

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot , le 28 février 2013 : « Autres points de vue sur la loi, ritualisme et légalisme »

Source : France culture,
https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-3
et
https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-4

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Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #3 L’essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain

La troisième leçon d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitule « L’essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain ».

Vous verrez qu’il est très utile de rappeler les fondements de notre ordre juridique traditionnel pour comprendre en profondeur la révolution catastrophique (en cours) du néolibéralisme, et donc de l’Union européenne, avec leur idéologie utilitariste, scientiste et gestionnaire.

Voici la présentation de Merryl Moneghetti :

Pourquoi Aristote a-t-il récusé l’assimilation de l’art législatif à 1 technique de gouvernement? Pourquoi l’idée selon laquelle l’autorité des lois dépend de leur stabilité a-t-elle couru jusqu’à nous? Alain Supiot revient sur l’apport des Grecs anciens sur l’idée de loi & le legs romain juridique.

Aristote par Lysippe, copie romaine (période impériale) d'un bronze, Musée du Louvre / Artgate Fondazione Cariplo - Allegoria della Giustizia, par Canova, 1792, Corpus iuris civilisAristote par Lysippe, copie romaine (période impériale) d’un bronze, Musée du Louvre / Artgate Fondazione Cariplo – Allegoria della Giustizia, par Canova, 1792, Corpus iuris civilis • Crédits : Wikicommons: E. Gaba (Aristote), Artgate Fondazione (Allégorie)

« La conception du droit, vidée de toute interrogation politique ou philosophique est-elle un héritage du droit romain » ? Comment « devenue technique de gouvernement, avec les Romains, la loi est-elle susceptible de servir aussi bien une monarchie, une oligarchie qu’une démocratie ».

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 de l’Institut d’études avancées de Nantes, dont il préside aujourd’hui le comité stratégique, interroge l’apport grec de notre idée de la loi et la matrice juridique romaine de notre culture dans le cadre de sa grande série de cours sur les changements qui nous font passer « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

De l’ « englobement de la lex par le ius » naît le droit romain, rappelle Alain Supiot et un paradigme institutionnel promis à une extraordinaire carrière :

« un ordre juridique qui tout à la fois s’impose aux gouvernants et il est un instrument de leur pouvoir. Cet ordre s’impose à eux car il autonomise la forme juridique et investit les gouvernés de droits individuels opposables. Et il est un instrument de leur pouvoir, car, à la différence de la loi religieuse ou scientifique, la loi civile donne force normative à la volonté humaine et peut être modelée et transformée par elle. »

Revenant sur le legs antique, dans une tribune donnée auFigaro le 7 novembre 2016, sur le « granddélitement de la démocratie » Alain Supiot rappelle :

« La démocratie est un cadre institutionnel fragile qui, faisant crédit à la valeur de la parole, nous permet de confronter durement nos opinions sans en venir aux coups.

« Mais c’est un régime qui ne peut survivre durablement , écrit-il qu’à deux conditions, repérées depuis l’Antiquité: d’une part des citoyens que ne divisent pas de trop grands écarts de richesse et rendus capables de se hisser à la considération de l’intérêt général au-delà de leurs passions et intérêts particuliers ; et d’autre part des gouvernants issus de leurs rangs, qui ne se considèrent pas comme les maîtres des hommes, mais comme les serviteurs des lois. »

Revenant sur la crise actuelle, il conclut,

Cela permet aussi de comprendre pourquoi il est dangereux de ne tenir compte des scrutins que lorsqu’on les gagne: le discrédit qui en résulte sape les bases mêmes de la démocratie, encourage la quête de l’homme fort et ouvre les vannes de la violence. »

Cela posé, questionnonsle nomos grec et la lex dans le droit romain, pour la première partie que consacre Alain Supiot, à « L’essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 14 février 2013. A cette première heure tournée vers l’antiquité succédera une deuxième partie sur la révolution grégorienne et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France.

Source : France culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-2

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[Mémoire des luttes] Sur notre (effrayante) vulnérabilité aux bobards, voyez ceci (d’Octave Mirbeau et qui date de 1901) : IL SUFFIT DE PROMETTRE pour nous tromper impunément au dernier degré

Les paysans passent, d’ordinaire, pour être malins et rusés ; les candidats, très souvent, pour être stupides. On a écrit là-dessus des romans, des comédies, des traités de science sociale, des statistiques qui, tous, ont confirmé ces deux vérités. Or, il arrive que ce sont les candidats stupides qui, toujours, roulent les paysans malins. Ils ont, pour cela, un moyen infaillible qui ne demande aucune intelligence, aucune étude préparatoire, aucune qualité personnelle, rien de ce qu’on exige du plus humble employé, du plus gâteux serviteur de l’État. Le moyen est tout entier dans ce mot : promettre… Pour réussir, le candidat n’a pas autre chose à faire qu’à exploiter – exploiter à coup sûr – la plus persistante, la plus obstinée, la plus inarrachable manie des hommes : l’espérance. Par l’espérance, il s’adresse aux sources mêmes de la vie ; l’intérêt, les passions, les vices.

On peut poser en principe absolu l’axiome suivant : « Est nécessairement élu le candidat qui, durant une période électorale, aura le plus promis et le plus de choses, quelles que soient ses opinions, à quelque parti qu’il appartienne, ces opinions et ce parti fussent-ils diamétralement opposés à ceux des électeurs. » Cette opération que les arracheurs de dents pratiquent journellement sur les places publiques, avec moins d’éclat, il est vrai, et plus de retenue, s’appelle pour le mandant : dicter sa volonté, pour le mandataire : écouter les vœux des populations… Pour les journaux, cela prend des noms encore plus nobles et sonores… Et tel est le merveilleux mécanisme des sociétés politiques que voilà déjà plusieurs milliers d’années que les vœux sont toujours écoutés, jamais entendus, et que la machine tourne, tourne, sans la plus petite fêlure à ses engrenages, sans le moindre arrêt dans sa marche. Tout le monde est content, et cela va très bien comme cela va.

Ce qu’il y a d’admirable dans le fonctionnement du suffrage universel, c’est que le peuple, étant souverain et n’ayant point de maître au-dessus de lui, on peut lui promettre des bienfaits dont il ne jouira jamais, et ne jamais tenir des promesses qu’il n’est point, d’ailleurs, au pouvoir de quelqu’un de réaliser. Même il vaut mieux ne jamais tenir une promesse, pour la raison électorale et suprêmement humaine qu’on s’attache de la sorte, inaliénablement, les électeurs, lesquels, toute leur vie, courront après ces promesses, comme les joueurs après leur argent, les amoureux après leur souffrance. Électeurs ou non, nous sommes tous ainsi… Les désirs satisfaits n’ont plus de joies pour nous… Et nous n’aimons rien autant que le rêve, qui est l’éternelle et vaine aspiration vers un bien que nous savons inétreignable.

L’important, dans une élection, est donc de promettre beaucoup, de promettre immensément, de promettre plus que les autres. Plus les promesses sont irréalisables et plus solidement ancré dans la confiance publique sera celui qui les aura faites. Le paysan veut bien donner sa voix, c’est-à-dire aliéner ses préférences, sa liberté, son épargne entre les mains du premier imbécile ou du premier bandit venu ; encore exige-t-il que les promesses qu’il reçoit, en échange de tout cela, en vaillent la peine… Il en réclame pour sa confiance, éternelle comme son destin de dupé.

« Que veut le paysan ? me disait, un jour, un député, en veine de franchise. Il veut des promesses, voilà tout. Il les veut énormes, déraisonnables, et en même temps claires… Il ne demande pas qu’on les réalise, sa voracité bien connue ne va pas jusque-là ; il exige seulement de les comprendre. Il est heureux si elles ont trait à sa vache, à son champ, à sa maison. Et s’il peut en parler, le soir, à la veillée, le dimanche, devant le porche de l’église ou au cabaret, comme d’une chose qui pourrait arriver et n’arrivera jamais, il se tient pour satisfait. On peut alors l’écraser d’impôts, doubler les charges qui pèsent sur lui… Lui, sourit d’un air fin, et à chaque contribution nouvelle, à chaque nouvelle tracasserie administrative, il se dit : « C’est bon… c’est bon… allez toujours… J’avons un député qui fera cesser, bientôt, tous ces micmacs. Il l’a promis ! » »

Octave Mirbeau, Les 21 jours d’un neurasthéniques, 1901.

—-

NB : en 1901, nous étions presque tous paysans.
PS : Si vous pensez que cette analyse ne concerne que les agriculteurs… vous avez raté un truc important : relisez en remplaçant paysan par électeur.
Étienne.

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PROJET D’EXPÉRIMENTATION DÉMOCRATIQUE, Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud – 3ème Mumble de mobilisation : 9 avril 2020

Maxime a encore besoin de volontaires 🙂

Rappel du projet : http://chouard.org/blog/2020/03/16/projet-dexperimentation-democratique-elaborer-ensemble-le-reglement-interieur-de-nos-prochaines-assemblees-democratiques-avec-maxime-peroud-2eme-mumble-de-mobilisation/


https://exp-demo.jimdo.com/

On reste concentrés sur l’essentiel : penser nous-mêmes aux institutions de notre souveraineté.

Étienne.


« Appel au peuple » de Maxime :

Mumble d’information sur le projet en cours
le jeudi 9 avril à 20h30
pour compléter l’équipe actuelle.
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IMPORTANT : LIRE ATTENTIVEMENT
CE QUI SUIT AVANT DE S’INSCRIRE
À CET ÉVÉNEMENT
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Nous sommes en train de mener un projet expérimental qui consistera, une fois que tout sera prêt, à simuler le fonctionnement d’une assemblée démocratique et, dans le même temps, à établir son règlement intérieur, seul document sur lequel ces débats parlementaires vont porter.

Actuellement, nous cherchons à renforcer l’équipe avec 5 à 10 coéquipiers très motivés. Et le compte n’y est pas encore.

Ce grand projet a commencé en fin mars 2018 et nous en sommes à la phase de préparation qui consiste à mettre au point ce qui va être nécessaire pour démarrer les travaux de cette assemblée, à savoir une première version (V1) du règlement intérieur et un outil collaboratif de gestion d’assemblée (GESTA).

Tous les travaux se font uniquement à distance afin de pouvoir rassembler des volontaires de toutes régions. Nos réunions, comme les futures séances parlementaires, se font et se feront avec l’outil Mumble.

Le règlement intérieur qui sera mis au point (de même niveau de professionnalisme qu’un règlement intérieur de l’Assemblée Nationale actuelle par exemple) pourra servir à tous les groupes de plusieurs dizaines voire centaines de citoyens qui voudront élaborer des textes complexes d’une manière parfaitement démocratique en assemblée délibérante.

Le projet est présenté en détail dans une longue vidéo (de près de 2h15 !) qui est une nouvelle version de la vidéo réalisée lors du précédent appel à volontaires de 2017 et qui avait été très appréciée. Vous trouverez cette vidéo dans la page VIDEO du site dédié au projet : https://exp-demo.jimdofree.com/

Après avoir visionné cette vidéo – et seulement après et si vous êtes tenté(e) de rejoindre l’équipe ! – vous pourrez vous inscrire à cette réunion d’information sur Mumble afin de pouvoir nous poser toutes vos questions au sujet du projet. L’aventure promet d’être passionnante mais aussi exigeante (pas mal de nos anciens coéquipiers n’ont pas pu suivre ou réellement contribuer aux travaux).

Voici donc les 3 étapes à suivre (obligatoires toutes les trois) pour participer à cette réunion :

1) Regarder entièrement cette vidéo, de préférence en prenant des notes (notamment pour noter vos questions !)

2) S’inscrire à cette réunion d’information en cliquant sur « j’y vais » dans cet événement.

3) Laisser dès que possible (et plus de 2 jours avant ce Mumble d’information) votre adresse mail en écrivant un message sur la page contact du site dédié au projet (www.exp-demo.jimdo.com), afin que, au moins deux jours avant la réunion, je puisse vous indiquer par mail la marche à suivre pour participer à ce Mumble. Votre message arrive directement dans ma boîte mail (Maxime Péroud). Pensez à préciser aussi votre « nom » sur FB et ce qui vous intéresse dans ce projet. Dans le mailing aux participants à ce Mumble, les adresses des destinataires seront en copie cachée.

Merci et à bientôt !

Maxime Péroud.

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Alain Supiot : DU GOUVERNEMENT PAR LES LOIS À LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES #2 En quête de la machine à gouverner

La deuxième leçon d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres s’intitule « En quête de la machine à gouverner » :

Voici la présentation de Merryl Moneghetti (dont je trouve toutes les synthèses remarquables) :

« Pourquoi dans le contexte de la globalisation, faut-il s’interroger sur la diversité de sens de la notion de gouvernement ? Pourquoi l’Etat social est-il une catégorie à requestionner? Pourquoi la quête de la « machine à gouverner » et pourquoi cette machine n’est-elle plus régie par des lois ?

Couverture du Léviathan de Thomas Hobbes en 1651 / "L'écrivain", automate de Pierre Jacquet-Droz, 1774 (A. Supiot reprend le détail du mécanisme dans "La Gouvernance par les nombres"Fayard, p 37)Couverture du Léviathan de Thomas Hobbes en 1651 / « L’écrivain », automate de Pierre Jacquet-Droz, 1774 (A. Supiot reprend le détail du mécanisme dans « La Gouvernance par les nombres »Fayard, p 37) Crédits : Wikicommons / Musée d’art et d’histoire, Neuchâtel

Quel est ce besoin vital de se mettre en scène pour tout gouvernement, qu’il soit un Etat ou une entreprise ? Que veut dire le mot « représenter » en droit du travail ? Comment la loi peut-elle perdre sa « souveraineté pour se faire l’instrument de la réalisation d’un programme dans l’imaginaire cybernétique ?

Nous poursuivons en compagnie du juriste Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 del‘Institut d’études avancées de Nantes, sa série de cours intitulée, « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

Dans la présentation de ce cours pour le Collège de France, Alain Supiot souligne :

« Derrière le glissement sémantique du « gouvernement » à la « gouvernance », c’est une nouvelle façon de diriger les hommes que donne à voir l’analyse juridique. La raison du pouvoir n’est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes témoignant de son bon fonctionnement. »

Cette semaine, Alain Supiot explore le gouvernement par les lois sur la longue durée (de l’Antiquité à aujourd’hui) et il interroge le rapport aux lois d’autres cultures. Il indique ainsi reprenant les travaux de l’ethnobotaniste André Haudricourt :

« A la métaphore du berger ou du timonier – de celui qui conduit les hommes avec un bâton, en exerçant sur eux une action directe – s’oppose dans les pays à dominante horticole celle du jardinier, qui agit indirectement en créant les conditions les plus favorables à l’éclosion du génie propre de chaque espèce de plante ».

Alain Supiot suit l’évolution de la « machine à gouverner imaginée par Hobbes »,

« calquée sur le modèle de l’automate et régie par des lois inflexibles du même types que l’astrophysique » vers son modèle cybernétique.

Dans une interview donnée au magazine, L’Usine Nouvelle en 2015, Alain Supiot résumait :

« Comme souvent, le changement d’imaginaire a commencé dans l’ordre juridique avant de s’exprimer au plan scientifique et technique. La perte de la foi dans l’existence d’un souverain législateur date du XIXe siècle et de la première crise de légitimité de l’État. C’est cette crise qui a donné naissance à l’État social, mais aussi aux expériences totalitaires du XXe siècle qui ont cherché dans la science les « vraies lois » devant régir l’humanité. Au plan scientifique et technique ce sont dès les années 30, de grandes découvertes mathématiques, puis l’invention de la machine de Turing et les débuts de l’informatique, qui marquent ce passage à l’imaginaire cybernétique (…) Trois concepts jouent un rôle essentiel dans cette nouvelle vision de l’homme et du monde : le programme, le feedback (aujourd’hui nous dirions la « réactivité ») et la performance. « L’homme machine » des XVII-XVIIIe siècles disparaît, ou plus exactement, il se métamorphose en « machine intelligente », machine programmable par des objectifs chiffrés (…) Le fantasme aujourd’hui poursuivi est celui d’une mise en pilotage automatique des affaires humaines. »

Alors, comment l’Europe pense-t-elle le gouvernement des hommes ? Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, le 7 février 2013, « En quête de la machine à gouverner ».


Pour prolonger:

Les ressources en ligne autour d’Alain Supiot : bibliographie, conférences et entretiens, les résumés annuels des cours…

La leçon inaugurale d’Alain Supiot, « Grandeur et misère de l’État social » sur France Culture et auCollège de France(lien vers le fichier vidéo).

Alain Supiot, La Gouvernance par les lois, Fayard, 2015, Collection « Poids et Mesures du monde »

Alain Supiot, La Gouvernance par les nombresAlain Supiot, La Gouvernance par les nombres • Crédits : Fayard

Le musée d’art et d’histoire de Neuchâtel présente sur son site des photos des automates de l’horloger, Pierre Jaquet-Droz avec un commentaire sur les oeuvre et les mécanismes. « Les automates sont exposés et accessibles au public toute l’année et fonctionnent en démonstrations le premier dimanche du mois ou encore sur réservation »…

Alain Supiot au Collège de France en entretien :

Présentation de l’Institut d’études avancées Nantes

Voir tous les épisodes

DANS LA MÊME SÉRIE

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (3/12) : L'essence des lois, le nomos grec et la lex dans le droit romain

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (4/12) : L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres (5/12) : Ritualisme et légalisme

Alain Supiot, Grandeur et misère de l'Etat social

Grandeur et misère de l’Etat social
Alain Supiot
Fayard, 2013

La Gouvernance par les nombres

La Gouvernance par les nombres

Alain Supiot Fayard, 2015

"Le droit du travail" (PUF, 2019)

Le droit du travail
Alain Supiot
PUF – Que sais-je?, 2019

L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total

L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total
 Alain Supiot
Seuil, 2010

Source : France Culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/du-gouvernement-par-les-lois-la-gouvernance-par-les-1

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« Devant nous s’étend la terre des pauvres, dont les richesses appartiennent exclusivement aux riches… » par Antoine Volodine (Des anges mineurs, 1999)

« Devant nous s’étend la terre des pauvres, dont les richesses appartiennent exclusivement aux riches, une planète de terre écorchée, de forêts saignées à cendre, une planète d’ordures, un champ d’ordures, des océans que seuls les riches traversent, des déserts pollués par les jouets et les erreurs des riches, nous avons devant nous les villes dont les multinationales mafieuses possèdent les clés, les cirques dont les riches contrôlent les pitres, les télévisions conçues pour leur distraction et notre assoupissement, nous avons devant nous leurs grands hommes juchés sur leur grandeur qui est toujours un tonneau de sanglante sueur que les pauvres ont versée ou verseront, nous avons devant nous les brillantes vedettes et les célébrités doctorales dont pas une des opinions émises, dont pas une des dissidences spectaculaires n’entre en contradiction avec la stratégie à long terme des riches, nous avons devant nous leurs valeurs démocratiques conçues pour leur propre renouvellement éternel et pour notre éternelle torpeur, nous avons devant nous les machines démocratiques qui leur obéissent au doigt et à l’œil et interdisent aux pauvres toute victoire significative, nous avons devant nous les cibles qu’ils nous désignent pour nos haines, toujours d’une façon subtile, avec une intelligence qui dépasse notre entendement de pauvres et avec un art du double langage qui annihile notre culture de pauvres, nous avons devant nous leur lutte contre la pauvreté, leurs programmes d’assistance aux industries des pauvres, leur programmes d’urgence et de sauvetage, nous avons devant nous leurs distributions gratuites de dollars pour que nous restions pauvres et eux riches, leurs théories économiques méprisantes et leur morale de l’effort et leur promesse pour plus tard d’une richesse universelle, pour dans vingt générations ou dans vingt mille ans, nous avons devant nous leurs organisations omniprésentes et leurs agents d’influence, leurs propagandistes spontanés, leurs innombrables médias, leurs chefs de famille scrupuleusement attachés aux principes les plus lumineux de la justice sociale, pour peu que leurs enfants aient une place garantie du bon côté de la balance, nous avons devant nous un cynisme tellement bien huilé que le seul fait d’y faire allusion, même pas d’en démonter les mécanismes, mais d’y faire simplement allusion, renvoie dans une marginalité indistincte, proche de la folie et loin de tout tambour et de tout soutien, je suis devant cela, en terrain découvert, exposée aux insultes et criminalisé à cause de mon discours, nous sommes en face de cela qui devrait donner naissance à une tempête généralisée, à un mouvement jusqu’au-boutiste et impitoyable et de reconstruction selon nos règles, loin de toutes les logiques religieuses ou financières des riches et en dehors de leurs philosophies politiques et sans prendre garde aux clameurs de leurs ultimes chiens de garde, nous sommes devant cela depuis des centaines d’années et nous n’avons toujours pas compris comment faire pour que l’idée de l’insurrection égalitaire visite en même temps, à la même date, les milliards de pauvres qu’elle n’a pas visités encore, et pour qu’elle s’y enracine et pour qu’enfin elle y fleurisse. Trouvons donc comment le faire, et faisons-le. »

Antoine Volodine, Des anges mineurs


Mon commentaire :

Contre les riches esclavagistes, et plus largement contre toutes les formes de tyrannie, je défends la solution politique radicale et universelle du TIRAGE AU SORT.

Impartial et incorruptible, le tirage au sort des représentants politiques — et de leurs contrôleurs — permet de DÉSYNCHRONISER, forcément, durablement, mécaniquement, la puissance politique de la puissance économique : avec le tirage au sort, les riches, peu nombreux, ne peuvent jamais contrôler le pouvoir politique, alors que les pauvres, plus nombreux, peuvent toujours exercer le pouvoir politique et faire ainsi valoir les droits de la multitude.

L’élection est un piège aristocratique, qui se prétend fallacieusement démocratique, alors que, toujours et partout, l’élection permet aux riches du moment d’acheter le pouvoir politique.

L’élection est l’outil même de la dépossession politique des citoyens. L’élection est la procédure qui rend possible — et invulnérable — le capitalisme.

Pas de justice sans démocratie.
Pas de démocratie sans tirage au sort.
Pas de tirage au sort sans citoyens constituants.

Étienne.

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[Seul rempart — populaire — contre la tyrannie qui vient] LA VISION CONSTITUANTE

Ce serait bien que vous m’aidiez à rédiger le plan détaillé (minuté) de ce long entretien 🙂

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[Pour le RIC en toutes matières] Le Cercle des Citoyens Constituants disparus (version RICou), par Dr Alwest

Dans la playlist de la chaîne YT, il y a 50 vidéos qui retracent l’historic de St-Clair et du RIC ! 🙂


Les commentaires de la version originale sont sympas :

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Chouard #2 : le procès de l’élection et la vision partisane

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CHOUARD #1 : Lepage, les partis et le clivage Gauche/Droite (Le Canard Réfractaire)

Lors de mon récent passage en Bretagne (pour une soirée formidable avec Franck, voyez les 7 vidéos : 1 2 3 4 5 6 et 7), j’ai passé un moment, au calme, avec les jeunes gens du Canard réfractaire. Je suis manifestement crevé, et sans doute un peu triste au fond, pardon, mais bon, voilà, on y a évoqué quelques thèmes dont je ne parle que rarement :

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[Projet d’expérimentation démocratique] Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud – 2ème Mumble de mobilisation : 29 mars à 20h30

Comme vous le savez, je soutiens le projet prometteur et enthousiasmant lancé par Maxime Péroud. Ce projet consiste à simuler le fonctionnement d’une assemblée délibérative strictement démocratique et à élaborer son règlement intérieur. Ce projet peut être considéré comme un des piliers de la construction de la démocratie que nous appelons de nos vœux.


https://exp-demo.jimdo.com/

Ce projet est en cours et l’équipe actuelle a besoin de renfort (entre 5 et 10 coéquipiers).

Je vous en avais longuement parlé dans un article récent que je vous recommande de lire si vous ne connaissiez pas déjà ce projet :
http://chouard.org/blog/2020/02/28/projet-dexperimentation-democratique-elaborer-ensemble-le-reglement-interieur-de-nos-prochaines-assemblees-democratiques-avec-maxime-peroud-suite

Le mieux est de commencer par regarder la longue vidéo de présentation du projet qu’il a préparée et qui est accessible sur la page VIDEO du site dédié au projet : http://www.exp-demo.jimdo.com

Puis, si le projet vous intéresse et si vous pensez pouvoir y participer dans la durée, de vous inscrire à la prochaine réunion d’information du 29 mars à 20h30.

Pour cela, il suffit de cliquer sur « Participe » à l’événement Facebook https://www.facebook.com/events/250371876125071

et surtout d’envoyer un message à Maxime à partir de la page CONTACT du site http://www.exp-demo.jimdo.com.  Il vous donnera ensuite toutes les indications pour participer à la réunion.

Bien à vous tous.

Étienne.

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Rendez-vous le 14 mars à Cassis, au Forum des Nouveaux Mondes : Retissons le monde ensemble

Samedi 14 mars 2020 à Cassis

Forum participatif : « Retissons le monde ensemble »

Écrire nous-mêmes la constitution – Réflexions sur le R.I.C (référendum d’initiative citoyenne) et les alternatives monétaires

https://www.associationlesnouveauxmondes.com/forum-2020

(Brasserie et buvette sur place – Emportez vos gourdes pour l’eau originelle)
Inscription et covoiturage en fin de page

Les outils concrets pour assurer la transition :

– Montage idéal juridico-financier pour les écolieux, habitats participatifs, écovillages etc.
– Réforme constitutionnelle et RIC
– Economie et monnaies
– Les constructions d’habitat légers
– Permaculture et agroforesterie
– L’intelligence collective
– La gouvernance partagée
– La communication bienveillante
– Les philosophies qui repensent le monde

 

Invités : Etienne Chouard, Jean-Michel Elzeard,  Philippe Pellan, Michèle Avaro, Béatrice Mesini, Véronique Guérin

 

Les conférences – débats – ateliers :

10h00
Conférence débat
Autonomie et mode vie écologique pour la société de demain :
« comment vivre et se nourrir en prenant soin de la planète »
avec Philippe Pellan
Eco-paysagiste concepteur, formateur en écologie appliquée et éditeur engagé.
Produire son énergie. Produire sa nourriture. Vivre en Tiny house. Réduire son impact sur l’environnement. Protéger et soigner  son environnement. Les bases de la permaculture.  Gestion écologique, et économie d’eau sur un site autonome. Toilettes sur silo à compost bio-maitrisées…
En savoir plus sur l’intervenant
Site : ecolieu-les-amandiers.com

11h30
Conférence débat
Changer notre regard sur l’habitat léger :
avec Béatrice Mesini
« Les éco-logis éphémères et réversibles du Sud-Ardèche, ancrage et désancrage dans les espaces-ressources »
Sociologue, juriste, chercheure CNRS, Membre du Pôle de Développement Durable des Territoires Méditerranéens, Membre du réseau Egalité des droits sociaux. Cette monographie des formes d’habitats légers et mobiles a été conduite en Ardèche méridionale en collaboration avec l’association Avril, en raison de l’intérêt manifesté par le Pays et les collectivités territoriales pour ce mode atypique de résidentialités (yourte, tipi, tente, marabout, roulotte, camion, caravane, auto-construction, serre). Les témoignages collectés par Floriane Bonnafoux, ont été analysés et complétés par de travaux précédents conduits dans les Pyrénées, le Vaucluse, les Cévennes, le Limousin (Mésini, 2014). La notion d’habiter implique l’appropriation de l’espace, mais recouvre des significations plurielles relevant du cognitif, de l’affectif et de l’esthétique.(…) Faut-il se battre localement sur un « territoire hostile » pour faire évoluer les mentalités, ou migrer vers des territoires plus accueillants et hospitaliers ?
En savoir plus sur l’intervenante

 

14h00
Conférence débat
Les montages juridico-financiers à connaître pour construire le vivre ensemble dans les écolieux, les habitats participatifs, de manière éthique et durable
avec Jean-Michel Elzeard
Maître en droit des affaires et IEP d’Aix-en-Provence (sciences-po), chef d’entreprise, promoteur immobilier, assistant à maître d’ouvrage spécialisé dans les énergies renouvelables et les bâtiments à énergie positive, accoucheur d’habitat participatif (www.ecoravie.org), promoteur de lieu alternatif avec la coopérative les pas-sages, une union entre les pluriels.

 

16h00
Conférence théâtralisée 

Gouvernance partagée
avec Véronique Guérin
Psychosociologue, directrice de l’organisme de formation Etincelle, elle explore la dynamique des groupes et l’évolution individuelle et collective via le théâtre.
La gouvernance partagée favorise une synergie agréable et créative ou s’articulent efficacité et ouverture à la diversité. Au travers d’un spectacle interactif, nous aborderons quelques point-clefs de la gouvernance partagée  : la raison d’être, la clarification des rôles et la prise  de décision par consentement.
Site : www.etincelle-theatre-forum.com

17h30
Présentation atelier
Intelligence collective
avec Michèle Avaro
Facilitatrice d’ateliers d’intelligence collective et de groupes de codéveloppement auprès d’entreprises et de particuliers. Accréditée par le Centre Européen de codéveloppement, CECODEV à PARIS. Membre de l’AQCP, Association Québécoise de Codéveloppement, dans le respect de son code éthique. Facilitatrice de forum ouvert, formée à la médiation par l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence, Coach adhérente à la Fédération Internationale de coach (ICF), et Master en programmation neuro linguistique.
Cette approche s’appuie sur la réalité du vécu de chacun, elle permet aux participants de partager ce vécu dans un espace sécurisé et de bénéficier du groupe pour aider à la réflexion. Au-delà de la production de solutions pratiques, elle permet un travail sur les savoirs-être de chacun, travail nécessaire pour se sentir en sécurité dans le groupe et oser s’exprimer avec bienveillance. La mixité des âges, métiers, sexes, cultures, constitue une richesse inestimable. Le travail de chacun sur ses « peurs, appréhensions », permet peu à peu de s’ouvrir à l’autre, aux autres et d’aller chemin faisant vers une intelligence collective.
En savoir plus sur l’intervenante

En raison des contraintes de temps d’1h30, nous vous proposons d’envoyer par mail un SUJET en amont qui vous tient à cœur, en lien avec le thème du forum àisabelleduffaud@yahoo.fr et michele.avaro@orange.fr en copie
Un sujet sera choisi pour le déroulement de l’atelier pour faciliter son expression dans le temps imparti.
Lors de ces ateliers un seul sujet peut être abordé, cependant l’expérience montre à chaque fois, la transversalité entre les sujets et même si le vôtre n’est pas choisi vous y travaillerez tout de même.
Voici quelques conseils pour choisir et rédiger votre sujet :
. Votre sujet peut être un projet, une difficulté, une problématique ou une décision à prendre, ou simplement une préoccupation.
. Choisir un sujet, une situation réelle, dont vous êtes acteur/actrice en ce moment.
. Choisir un sujet que vous avez envie de faire avancer, et sur lequel vous avez le pouvoir d’agir
Une question pour vous aider à le rédiger : « Qu’est-ce que je rencontre aujourd’hui, concrètement dans mon quotidien comme situation, difficulté, en lien avec le thème du forum, « retissons le monde ensemble » que je souhaite partager et faire évoluer ? Au plaisir de découvrir vos sujets, et merci de votre coopération pour préparer cette belle journée qui s’annonce !

19h00
Conférence et atelier
Ecrire nous-mêmes la constitution – Réflexions sur le R.I.C
(référendum d’initiative citoyenne) et les alternatives monétaires
avec Etienne Chouard
professeur de droit et d’économie à Marseille, blogueur et militant politique préparant un processus constituant démocratique par éducation populaire (entre simples citoyens).
Depuis 2005 et son « NON » médiatisé au référendum sur la Constitution européenne, il travaille à une autre organisation politique de la société, à travers une nouvelle Constitution d’origine populaire.
Depuis 15 ans, il anime de nombreuses conférences et ateliers constituants, en France et à l’étranger, pour que, progressivement, les électeurs enfants se transforment par eux-mêmes en citoyens adultes.
Le site de Etienne Chouard
En savoir plus sur l’intervenant

Programme :

10h Philippe PELLAN
11h30 Beatrice MESINI
Pause
14h Jean-Michel Elzeard
16h Veronique GUERIN
17h30 Michèle AVARO
19h Etienne CHOUARD

 

Lieu : Cassis centre culturel (salles du haut) avenue Agostini. Plan sur Google Maps

Horaires : de 10h à 20h

Tarif entrée : 35€/30€ adhérent la journée

Lien pour covoiturage : www.togetzer.com/covoiturage-evenement/rsz2rk

Nous mettons une buvette et brasserie bio à disposition sur place pendant la journée avec assiette repas, vin, thé, tisane et café.

Merci d’apporter vos gourdes !
Thibaut vous offre de les remplir sur place d’une délicieuse eau originelle ! www.eauriginelle.com

JE M’INSCRIS

Rendez-vous vendredi 13 mars à Annemasse :) DÉMOCRATIE ET MONNAIE LOCALE

La page Facebook de la rencontre :
https://www.facebook.com/events/234691420898444/

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Une liste citoyenne (marquée « Gilets Jaunes » – label de qualité apposé par le préfet, véritable légion d’honneur de résistance citoyenne au régime illégitime) pour un vrai RIC local, à Saint-Clair-du-Rhône, « capitale du RIC »

Encore une initiative passionnante !
Et ça se passe dans « la capitale du RIC », Saint-Clair-du-Rhône 🙂

La page Facebook de cette liste étiquetée « Gilets Jaunes » par le préfet, label de qualité politique, sorte de légion d’honneur de vraie résistance à la violence d’État contre le peuple) :

https://www.facebook.com/Avec-nous-le-pouvoir-est-%C3%A0-VOUS-104827891121519/

Un reportage sur France 3 Grenoble et Lyon devrait être diffusé ce soir (jeudi 12 mars) dans le 19/20 et demain dans le 12/13.

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Vidéo

Modèle de Gouvernance Brest, La Liste Citoyenne B2LC #MunicipalesCitoyennes #Municipales2020

• Le site : http://brestlalistecitoyenne.fr/

• Le résumé du projet : http://resume.b2lc.fr

• Le projet complet : http://projet.b2lc.fr

#PasDeDémocratieSansTirageAuSort
#ÇaGermeUnPeuPartout 🙂

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[Très important, faites passer] Et si les municipales étaient l’occasion de mettre en place un RIC ? par (le formidable) Raul Magni-Berton

Chers amis,

Ne ratez pas cette importante étude du Raul sur nos possibilités juridiques actuelles d’instituer localement le RIC, ici et maintenant.

À imprimer, à lire le crayon à la main, et à faire connaître partout autour de vous (car il ne faut pas compter sur les prétendus « journalistes » mainstream pour faire une publicité loyale à une telle synthèse des moyens d’émancipation populaire par le RIC).

Bon courage à tous, pour supporter cette période d’élections où les médias nous rebattent les oreilles toute la journée avec le mot démocratie littéralement mis à l’envers, et confondent cent fois par jour, et sans personne pour les contredire, élire et voter…

Hâte de vous retrouver demain à Longuyon 🙂

Étienne.



http://theconversation.com/et-si-les-municipales-etaient-loccasion-de-mettre-en-place-un-ric-130896

Raul Magni-Berton : L’un des principaux points de revendication lors du mouvement des « gilets jaunes » a été le Référendum d’initiative citoyenne – le RIC. Une revendication qui a été largement relayée par la presse nationale entre décembre 2018 et mars 2019 mais qui, depuis, fait de moins en moins la une dans le débat public.

Avec l’essoufflement du mouvement des « gilets jaunes » et la mobilisation importante des derniers mois sur la réforme des retraites, l’appel à la démocratisation par le RIC a perdu sa force. En fait, le refus catégorique de cette mesure de la part de la majorité en place semble avoir découragé ses soutiens.

Pourtant, le RIC local, et plus généralement la démocratisation de la vie locale, sera l’un des enjeux des prochaines élections municipales.

Cette revendication n’est certes plus dans la rue ni dans les médias, mais elle continue à faire son chemin dans des cercles plus restreints. Plusieurs associations visent à consulter les citoyens sur la forme que peut prendre un RIC, à l’image d’Objectif RIC ou de Culture RIC.

Plusieurs référendums locaux organisés par les habitants ont été lancés, à Grenoble entre le 14 et le 20 octobre 2019 ou à Saint-Affrique dans l’Aveyron le 11 novembre.

Enfin, depuis un an nous voyons émerger des think tanks, groupes de pression, mobilisations locales visant à instaurer le RIC au niveau national et local. Des instituts se spécialisent également sur ce processus et sa mise en place concrète en France, comme l’Institut de recherche territoire démocratique dont je suis membre.

Ric local et expérimental à Saint-Affrique : Après les débats en petits comités, les Gilets jaunes invitent au vote par référendum https://www.aveyrondigitalnews.fr/2019/11/22/ric-local-et-experimental-a-saint-affrique-apres-les-debats-en-petits-comites-les-gilets-jaunes-invitent-au-vote-par-referendum/?feed_id=1661&_unique_id=5dd7ea00b5b1d 

Ric local et expérimental à Saint-Affrique : Après les débats en petits comités, les Gilets jaunes invitent au vote par référendum

« Instaurer aussi souvent que possible l’utilisation de produits bio issus de producteurs locaux dans les préparations des cuisines collectives de Saint- Affrique » ; « interdire l’usage du glyphosate et des produits phytosanitaires sur la commune » ; « intégrer le Ric dans les prises de décision de la commune ». Ces trois propositions, les plus soutenues par …

Des initiatives à concrétiser lors des municipales

Les élections municipales constitueront la première étape qui permet d’évaluer l’activité de ces groupes. Plusieurs personnes impliquées dans le mouvement des « gilets jaunes » ont choisi, au niveau municipal, soit de lancer une association pour faire pression sur les candidats, soit de créer des listes citoyennes indépendantes de tout parti politique, soit encore d’entrer dans des listes soutenues par des partis politiques à la condition d’exiger le RIC.

C’est le cas par exemple, de la France Insoumise, d’Europe Écologie les Verts ou du Rassemblement national.

Promouvoir le RIC au niveau local n’est pas un combat évident. La France est un pays très centralisé et bien peu de compétences sont déléguées, qu’il s’agisse du niveau local, et encore plus municipal. Cependant, promouvoir le RIC au niveau local est une stratégie qui vise avant tout à refaire vivre cette revendication, à la faire connaître aux citoyens et à l’exercer concrètement.

Une manifestante en gilet jaune: sa veste porte l’inscription RIC lors d’une mobilisation à Paris le 28 septembre 2019. Zakaria Abdelkafi/AFP

Illégalité de la mesure

Le principal problème lié à cette revendication au niveau municipal est que le RIC est, en tant que tel, illégal.

Plus généralement, les communes n’ont pas la prérogative qui consiste à décider comment elles vont prendre des décisions, puisque celle-ci revient à l’État et apparaît dans le Code général des collectivités territoriales. D’après celui-ci, les deux instruments clefs du RIC – la pétition et le référendum – sont prévus, mais d’une façon qui n’est pas compatible avec le fonctionnement du RIC. Ce dernier prévoit qu’une pétition puisse déclencher automatiquement un référendum dont le résultat est contraignant pour les pouvoirs publics. Par conséquent, il s’agit d’une procédure où, à aucun moment, les représentants ont leur mot à dire.

Or, quatre dispositifs prévoient l’utilisation de la pétition ou du référendum.

D’autres mesures déjà prévues

Tout d’abord, il existe dans la Constitution la possibilité de lancer une pétition pour demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour d’une assemblée locale.

Il n’y a pas encore de texte d’application de ce dispositif, mais les communes peuvent y faire appel dans la mesure où il s’agit d’un droit constitutionnellement protégé. Cependant, ce droit ne permet pas de déclencher un référendum.

Il existe également la consultation d’initiative populaire, selon laquelle 20 % des inscrits peuvent déclencher un référendum à travers une pétition, mais ce référendum n’est pas contraignant pour les pouvoirs publics.

D’où son label « consultation », qui signifie qu’il est consultatif. Il faut également noter que le déclenchement du référendum n’est pas contraignant non plus, si bien qu’à chaque étape le conseil municipal peut arrêter le processus.

Par ailleurs si les consultations à l’initiative de la collectivité territoriale existent, elles ne prévoient ni d’initiative citoyenne, ni de référendum contraignant.

Enfin, si le référendum local lui est bien contraignant, il faut que la participation atteigne 50 %. Et, l’initiative de ce référendum revient au conseil municipal.

Un guide pour le RIC

Au-delà de ces dispositifs, aucune autre procédure ne peut être mise en place, sous peine d’être dénoncée par le préfet et annulée par le juge administratif. Le dernier cas en date remonte à 2018, quand la municipalité de Grenoble a vu son RIC – appelé Interpellation et votation citoyenne – annulé de cette façon. Dès lors, il est préférable se contenter des dispositifs existants. La méthode la plus intuitive est de pousser les candidats à utiliser la consultation d’initiative populaire, comme le fait efficacement le Comité de liaison pour l’initiative citoyenne. Ce comité est devenu un véritable lobby pour promouvoir le RIC, en rassemblant les personnes morales qui défendent cette institution et en faisant pression sur les élus.

Cependant, il existe une alternative juridique pour mettre en place un RIC au niveau local bien plus efficace que la consultation. Les détails sont donnés dans le « Guide pour mettre en place le Référendum d’initiative citoyenne dans une commune dès aujourd’hui » en accès libre sur le site de l’Institut de recherche Territoire démocratique et auquel j’ai moi-même participé.

La préconisation de ce guide, écrit à l’origine pour la mise en place du RIC à Grenoble, a été reprise par plusieurs listes candidates aux élections municipales, dont deux des trois citées plus haut.

Il s’agit d’enchaîner trois dispositifs parfaitement légaux : le vœu, la pétition et le référendum local.

Photo prise le 24 octobre 2019 dans le quartier Arlequin, à Grenoble, où les habitants ont mis en place un RIC concernant l’avenir de certains bâtiments dont la démolition ou la rénovation est prévue. Jean‑Pierre Clatot/AFP

Trois dispositifs cruciaux

Tout d’abord, il faut que le conseil municipal formalise son intention politique d’octroyer ce nouveau droit aux citoyens à travers un acte écrit, mais non contraignant. Ceci peut se faire par le vœu.

Cela signifie que le conseil municipal demande au maire d’être saisi sur toute question faisant l’objet d’une pétition écrite par les citoyens et remise au conseil municipal ; c’est une subtilité légale qui permet d’engager le conseil municipal et le maire, tout en n’ayant pas de valeur légale. Il ne confère donc pas un « droit » mais un engagement à faire comme si ce droit existait.

Ainsi, le tribunal administratif de Paris a considéré en 2011 qu’un vœu du conseil de Paris tendant à ce que le maire le saisisse de certaines pétitions n’était pas contraire au droit. Cette étape consiste à rendre crédible le dispositif aux yeux des citoyens.

La deuxième étape consiste à utiliser le droit de pétition pour demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour d’une assemblée locale inscrit dans la constitution. Il s’agit ici de mettre concrètement en œuvre le dispositif.

Puisque ce dispositif pétitionnaire n’est pas réglementé par la loi, chaque commune est libre de réglementer comme il le souhaite. Ainsi, elle peut s’engager à rendre compte de toute pétition qui atteint un seuil entre 1 % et 5 % (selon la taille de la commune), ou elle peut également accepter les signatures des résidents non nationaux. Il s’agit d’une procédure assez courante qui, si elle ne débouche pas habituellement sur un référendum, fait souvent l’objet de débats au sein des conseils municipaux, comme, par exemple, c’est le cas à Strasbourg.

Finalement, l’engagement du conseil municipal consiste à mettre en place un référendum local sur tout objet de pétition qui atteint le seuil requis.

Le référendum local n’est contraignant que si le seuil de 50 % de participation est atteint. Si ce seuil n’est pas atteint, le conseil municipal est libre de suivre ou non le résultat majoritaire. Ce seuil est très exigent : il est non seulement très rarement atteint pour les référendums, mais aussi pour les élections locales. Il est donc important que le conseil municipal s’engage auprès des citoyens à suivre systématiquement l’avis majoritaire même si le seuil de participation n’est pas atteint.

Est-ce que cela fonctionne ?

Cette formulation a deux avantages et un inconvénient. Premièrement, elle combine trois dispositifs légaux, et est donc légale face au juge administratif (même s’il y a encore un risque dans l’interprétation du vœu). Deuxièmement, il permet de construire un RIC basé sur des seuils de signatures abordables et sur des institutions contraignantes.

Il a été démontré que des seuils trop hauts conduisent à des dispositifs inopérants, et des dispositifs non contraignants découragent l’utilisation du RIC comme instrument de contestation, en lui enlevant ainsi sa première qualité.

L’inconvénient majeur de ce dispositif – comme tous les autres qui peuvent être mis en place au niveau local à l’heure actuelle – est qu’il repose sur la bonne volonté des élus. Un inconvénient de taille, mais qui ne pourra pas être évité. Comme noté plus haut, le RIC local aura plus une valeur pédagogique et expérimentale qu’une valeur proprement institutionnelle.

Actuellement, des dispositifs démocratiques sont proposés par les différentes listes, même s’ils sont plus ou moins opérants. Une autre initiative de chercheurs – le Participomètre – vise à étudier et donner les moyens à tous d’évaluer l’aspect démocratique des programmes des candidats aux municipales.

Pour la première fois, les programmes peuvent être comparés dans chaque commune par les internautes comme les chercheurs. « Les résultats des évaluations sont publiés et mis en parallèle de ceux résultant de l’évaluation réalisée par les chercheurs » indique le site du Participomètre. Parmi les dispositifs évalués, le référendum d’initiative citoyenne aura une place de choix.

Raul Magni-Berton.

Source : http://theconversation.com/et-si-les-municipales-etaient-loccasion-de-mettre-en-place-un-ric-130896

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157969437157317

Bernard Friot : “Si la bourgeoisie est la classe dirigeante, c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche”

Bernard Friot : “Si la bourgeoisie est la classe dirigeante, c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche” Deuxième partie

Source : Frustration Magazine, https://www.frustrationmagazine.fr/si-la-bourgeoisie-est-la-classe-dirigeante-cest-parce-quelle-dirige-le-travail-entretien-avec-bernard-friot-partie-ii/

On a tous quelque chose en nous de communiste. Et même que ce quelque chose réside dans des institutions que nous connaissons très bien, dont la plupart du temps nous nous félicitons de leur existence. Lesquelles ? Le statut de la fonction publique et le régime général de la sécurité social, bien sûr ! C’est ce que nous explique de manière évidente non sans une certaine pugnacité l’économiste et sociologue du travail Bernard Friot, que nous avons rencontré. En plein mouvement social historique contre la réforme des retraites et de débats parlementaires cette semaine, il nous semblait plus que nécessaire de dialoguer avec lui, qu’il nous insuffle ce “Désir de communisme” face au “rouleau compresseur du capitalisme néolibéral”, concrétisé dans son dernier livre co-écrit avec Judith Bernard. L’occasion de se demander pourquoi la question du travail, si centrale pourtant, est si peu ou mal abordée à gauche et même au sein de la gauche dite “radicale”, comment retrouver un second souffle de mobilisation face à la régression des retraites, et qu’est-ce qu’apporte le mouvement des Gilets jaunes au combat social ? Partie II.

Entretien, par Selim Derkaoui et Nicolas Framont

Le mouvement des gilets jaunes a un peu fait voler en éclat tout ça, non ?

Toute cette conjonction de la science sociale critique et des directions politiques est sur la défensive, et en assez grande difficulté pour proposer une alternative. Cette impuissance de ceux qui ont organisé les conquêtes dont j’ai parlé et qui aujourd’hui se révèlent incapables de les promouvoir, incapables de les voir même, fait qu’ont commencé à prospérer d’autres formes de discours et d’action comme les gilets jaunes, qui sont un mouvement de fond inscrit dans la durée.

Les gilets jaunes, à travers des formes d’organisation beaucoup plus horizontales, rejoignent d’autres formes de mobilisations nouvelles, toute cette jeunesse souvent diplômée qui crée des alternatives “ici et maintenant”, dans des tas de champs de la production. On a maintenant toute une marge alternative, communiste à mon sens, de gens qui se destinent à maîtriser leur travail. Cela a toujours existé mais à l’échelle atteinte aujourd’hui, c’est tout à fait nouveau. Cela vient de la crise du capitalisme qui est tellement avancé dans l’élimination du travail vivant par le travail mort des machines qu’il se heurte à de graves problèmes de valorisation qu’il ne parvient pas à juguler par la fuite en avant qu’il pratique à grande échelle.

Quelle en serait la suite logique ?

La rupture de tous ces alternatifs avec la logique capitaliste du travail me semble durable. Avec ses ambiguïtés certes. Ils ont tendance à confondre le marché du travail et les employeurs et avec les conquêtes du salariat : “la retraite, on n’en aura pas”, “non non surtout pas de CDI, je veux rester flexible” … Avec l’illusion que sur les plateformes collaboratives, on va être dans l’horizontalité, on va faire ce que l’on veut… Et la tentation d’adhérer au projet capitaliste qui se substitue au salaire à la qualification personnelle : nos personnes ne peuvent pas être titulaires d’un salaire, mais elles pourraient disposer d’un revenu de base. Il y a donc des illusions mais il y a quelque chose de magnifique à refuser d’être le jouet du capital.

Ces alternatifs sont dans cette situation ambiguë d’une adhésion de fait à une flexibilité recherchée par la bourgeoisie capitaliste, mais pour poser des actes de productions communistes, c’est-à-dire sur des produits qui aient du sens, qui ne soient pas faits pour mettre en valeur du capital, etc. Le dépassement de cette contradiction, ce n’est pas que ces producteurs deviennent des employés, avec un emploi stable auprès d’employeurs, mais qu’ils soient propriétaire de leur qualification et donc titulaires d’un salaire à vie.

Qu’est ce que cela signifie ?

Que l’enjeu pour les livreurs de Deliveroo n’est pas qu’ils deviennent employés de la plateforme mais qu’ils soient titulaires de leur salaire et copropriétaires d’usage de la plateforme, sous une forme coopérative ou autre. Une des choses les plus difficiles vient de ce que la bourgeoisie, qui s’emploie en permanence à disqualifier les institutions qui la mettent en difficulté, a tout fait pour que nous connotions négativement le salaire et positivement le revenu de base. Certes ils ont pour point commun de faire de la ressource un droit politique de la personne. Mais il y a un gouffre entre le pouvoir d’achat minimum que la bourgeoisie est toujours prête à accorder à quiconque dans un revenu de base (surtout s’il est payé par l’impôt, c’est-à-dire assez peu par elle), et la reconnaissance inconditionnelle, dans un salaire à la qualification personnelle, de la capacité de tout adulte à produire de la valeur. Un tel droit politique au salaire pose les personnes comme les seules productrices de valeur et donc candidates légitimes à ravir à la bourgeoisie son monopole sur la valeur économique, qui est le fondement de sa puissance.

Si la bourgeoisie est la classe dirigeante c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche. C’est le travail qui est le cœur de la lutte de classes, ce n’est pas l’argent, l’argent c’est la conséquence du travail. Donc la classe dirigeante n’a de pouvoir sur l’argent que parce qu’elle a le pouvoir sur le travail, et c’est son pouvoir sur le travail qu’il faut lui ravir. Et pour le lui ravir il faut d’abord que nous sortions de l’aléa de notre reconnaissance comme travailleur selon le bon vouloir de l’employeur ou selon notre performance sur les marchés sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir en réalité. La bourgeoisie tient ces marchés, soit du travail soit des biens et services, et si nos personnes sont niées comme productrices et que nous ne sommes reconnus comme producteur qu’à la mesure de nos performances sur les marchés qu’elle tient, elle a de longs jours devant elle. Mais elle n’en a pas parce qu’une classe révolutionnaire est en cours de constitution depuis plus d’un siècle et institue l’alternative.

Vous pensez que la gauche a abandonné la question du travail ? Est-ce parce qu’elle est devenue un peu bourgeoise elle aussi ?

Devenir bourgeois c’est quand même précis : c’est être propriétaire de l’outil de travail, décider l’investissement, décider de ce qui vaut, par exemple arbitrer entre la route et le fer pour les transports. La gauche n’est pas devenue bourgeoise.

Mais qu’elle ait abandonné la question du travail, oui. Pour moi, c’est un manque tout à fait considérable. Augmenté encore par cette espèce de fascination pour la financiarisation du capital dans laquelle on nous fait croire qu’il se crée de la valeur dans la sphère de la finance, que finalement le capitalisme n’a plus besoin du travail, que tout ça va pouvoir être fait par des robots, que c’est la fin du travail… c’est dans l’air du temps, bien sûr.

Le mot « argent » l’emporte dans le débat public sur le mot « travail » : on a l’impression que l’argent fait des petits tout seul et que le capitalisme serait en mesure de se passer du travail et donc, qu’il faut lui prendre son pouvoir sur l’argent, que c’est ça qui est décisif. Quand on regarde les propositions alternatives, par exemple à propos de la retraite, elles portent sur le financement des pensions : on peut prendre l’argent là où il est car de toute façon « de l’argent, il y en a ». Mais il est mal réparti, il y a un coût du capital, … c’est ça le fond de l’argumentaire du mouvement progressiste. La solution, c’est une « bonne » fiscalité… Alors voilà le constat : la prise du pouvoir sur le travail n’est pas à l’ordre du jour globalement, sauf chez ces jeunes alternatifs… chez eux oui, c’est très puissant. Mais dans les organisations qui ont été porteuses des conquêtes du salariat, ce qu’on associe à « travail » c’est « souffrance ». Et c’est « réduction ».

Ce sont les mots les plus associés au travail aujourd’hui chez les militants ?

Je n’ai pas fait de lexicométrie à ce propos, mais je pense que les mots les plus associés au travail aujourd’hui, dans les milieux progressistes, ce sont en effet bien eux. Il s’agit de réduire le temps de travail et il y a de la souffrance au travail. C’est-à-dire que le mot travail est connoté négativement. C’est assez rare qu’il soit connoté positivement. Y compris chez les alternatifs qui, justement, parce qu’ils ne veulent pas faire du travail comme leurs aînés, en acceptant des travaux avec lesquels ils seraient en désaccord, vont dire qu’ils ne travaillent pas, vont dire qu’ils sont dans l’activité.

Ça correspond à une vision elle aussi péjorative du travail chez ceux qui aspirent à se libérer du travail, à réduire le temps de travail, et vivent le travail comme de la souffrance qu’il faut gérer. Il faut donc « prévenir la souffrance au travail », faire condamner les employeurs qui génèrent de la souffrance au travail. Mais la souffrance au travail c’est un concept qui est accepté. C’est une sorte de catégorie qui médicalise une violence sociale qui n’est pas dénoncée comme telle. Ce qu’on va condamner, c’est la souffrance qu’elle génère, comme si c’était naturel que le travail génère de la souffrance. Et pourtant les origines de la souffrance au travail sont claires : c’est l’absence de la maîtrise du travail. Donc tant qu’il n’y aura pas détermination à construire les institutions de pouvoir sur le travail, concret, dans l’entreprise, on va continuer à chercher à gérer la souffrance au travail et à chercher à réduire le temps de travail.

Est-ce que ça vient d’un manque de courage à affronter cette question ?

Je sais que c’est dur d’être militant, d’être syndicaliste, j’ai le plus grand respect pour tous ceux qui se battent. C’est plutôt qu’il n’y a pas de tradition de maîtrise collective du travail… On dit, « c’est nous qui produisons, c’est nous qui décidons », mais un peu comme un mantra, c’est comme le « tous ensemble tous ensemble hé » dans les manifs, quand on sait bien qu’on n’est pas tous ensemble et que trop d’organisations se tirent les unes sur les autres …

Rien de concret n’est fait dans les entreprises par les organisations de travailleurs pour qu’ils décident. Parce que décider, ça veut dire s’opposer aux directions. Et s’opposer aux directions ça ne se fait pas par la grève. La grève, c’est un temps pratiquement inexistant dans le secteur privé et très intermittent dans le secteur public. Donc non, ce n’est pas par la grève qu’on s’oppose aux directions, et comme aujourd’hui il n’y a que ça comme moyen d’action, la grève comme absence de travail, on ne mobilise pas toute l’organisation – les militants, les institutions, les protections (par exemple la protection contre le licenciement des délégués syndicaux), on ne mobilise pas toute cette organisation pour dire « ah non non, nous allons nous auto-organiser dans ce que nous faisons au travail ».

C’est ça la réponse à la souffrance au travail. Il n’y a aucune raison que le travail soit source de souffrance, aucune. Au contraire, c’est une source de liberté. Le déplacement à opérer dans l’action collective est autour de « nous nous auto-organisons ». Mais si la maîtrise du travail est abandonnée aux employeurs et que le temps de travail devient insupportable, toute la militance se consacre à la réduction du temps de travail, hebdomadaire et sur le cycle de vie, avec la retraite comme fin du travail. Alors que la retraite, rappelons-le, a été construite en 1946 par les communistes comme la fin de l’obligation d’aller sur le marché du travail pour avoir un salaire. Un retraité ce n’est pas quelqu’un qui ne travaille plus, c’est quelqu’un qui n’a plus besoin de quémander son salaire auprès d’un employeur parce qu’il est devenu titulaire de son salaire. C’est pour cela que vous avez une telle détermination de Macron : « non, entrer en retraite c’est être bénéficiaire du différé de ses cotisations, on ne peut jamais être titulaire de son salaire ». La bourgeoisie a absolument besoin que nous soyons à poil pour que sa domination sur nos vies soit possible, pour que nous ne puissions pas lui ravir le monopole sur la production de valeur qui est la source de son pouvoir.

Pour autant, cette question est totalement absente du débat public sur la réforme des retraites en ce moment  …

Vous avez raison, et c’est parce que le travail, connoté négativement, est absent du débat public. Cela dit, je suis optimiste sur le fait que le travail vienne sur le devant de la scène. La prise de conscience que la maîtrise du travail concret doit devenir le cœur de l’activité collective, ça je suis convaincu que ça va monter. Déjà, il y a tous les alternatifs qui en sont porteurs, et tous les militants syndicaux qui voient bien qu’on ne peut pas se contenter de réduire le temps de travail et d’attendre la retraite comme la fin du travail, et qu’il faut commencer à se poser la question de la conquête des outils de l’affrontement aux directions sur le contenu du travail.

Que penser du traitement médiatique du travail ?

Je suis peu au fait du traitement médiatique, mais ce qui me frappe c’est la montée au cours des trente dernières années, dans l’opinion courante, de la connotation péjorative du travail. Jusqu’à son étymologie, avec l’invention d’une étymologie fausse, le fameux « tripalium », cet instrument de torture. Est tout à fait significative la façon dont Hannah Arendt, dans son essai sur La condition de l’homme moderne, prolongé par Dominique Méda dans la Fin du travail ?, reprend le triptyque aristotélicien sur travail, action, œuvre : le travail ce sont les esclaves, l’œuvre ce sont les artisans et l’action ce sont les citoyens libres, c’est la politique. Ce bouquin a eu un très grand succès, et les années 90 sont des années où dans l’opinion cultivée s’exprime cette dévalorisation du travail qui naturalise l’état déplorable dans lequel la logique du profit met le travail. Et c’est une saga qui, là encore, écrit ce dont la bourgeoisie a besoin.

Cette disqualification du travail vient de la crise du capitalisme : la bourgeoisie n’est plus capable de gérer le travail de façon à ce qu’il soit anthropologiquement, écologiquement, territorialement humain. Incapable de nous mobiliser positivement sur le travail, elle nous mobilise sur des colifichets de la consommation et s’emploie à ce que nous considérions comme naturel que le travail, c’est de la merde. Raison de plus pour nous appuyer sur le déjà-là communiste pour soutenir l’action collective de conquête de la souveraineté sur le travail afin de le tirer de ce mauvais pas. Nous disposons, avec la sécurité sociale de la production de soins que le régime général a su mettre en place de la fin des années 1950 au milieu des années 1970, d’un dispositif que nous pouvons transposer à toute la production. Une hausse du taux et un élargissement de l’assiette de la cotisation à l’assurance-maladie ont permis d’une part de subventionner l’investissement hospitalier, d’inclure dans son sein les hôpitaux psychiatriques, de transformer les hospices en hôpitaux locaux, et d’autre part de conventionner les soins de ville. Et ça s’est fait sur un mode que je qualifie de communiste : salaire à la qualification personnelle des soignants, fonctionnaires hospitaliers ou libéraux conventionnés, subvention de l’investissement ôtant toute place à la propriété lucrative de l’outil.

Je crois que vous avez des propositions qui s’appuient sur cet existant ?

Oui, l’application d’une telle sécurité sociale à l’alimentation (SSA) par exemple est un terrain d’autant plus propice qu’il y a déjà des alternatifs à tous les niveaux : de la production des biens bruts comme le lait ou le blé, à la production des biens élaborés, la distribution, la restauration, la production d’outils agricoles : tout cela aujourd’hui est investi par des alternatifs qui ne sont plus quantité négligeable, même s’ils restent marginalisables ou récupérables… Le levier serait une cotisation qui pourrait être de 8% de la valeur ajoutée marchande, soit 120 milliards, ce qui correspond en gros à la moitié des dépenses de consommation alimentaire aujourd’hui – ce qui n’est pas rien, et qui serait une opération blanche à l’échelle macro pour les entreprises, puisqu’à ces 120 milliards de cotisation correspondront 120 milliards de non remboursement de dettes, ou de non-versement de dividendes. Ça suppose toute une bataille politique sur l’illégitimité du crédit…

On n’affecterait pas la totalité de ces 120 milliards à solvabiliser la population, parce que les alternatifs ne peuvent pas aujourd’hui assurer la moitié des besoins d’alimentation. Disons pour lancer le débat qu’on peut proposer d’affecter les 2/3 des 120 milliards aux consommateurs/usagers, soit 100€ par personne et par mois, sur la carte vitale. Un foyer de 3 personnes perçoit dont 300€ par mois, ça ne couvre pas la totalité de la dépense en alimentation, mais c’est quand même très significatif. Et cette carte vitale, elle ne pourra être présentée que chez des professionnels conventionnés– exactement comme pour les hôpitaux et les médecins libéraux. On ne va évidemment pas conventionner la grande distribution, l’agrobusiness etc. Et il faudra aller loin dans le refus du conventionnement : un des enseignements qu’on peut tirer de l’assurance maladie, c’est qu’on a conventionné les producteurs de soins en conservant un mode capitaliste de production du médicament, moyennant quoi on a fourni un marché public incroyable aux groupes capitalistes comme Sanofi qui ont investi, et en partie pourri, la pratique du soin… Il ne s’agit pas qu’on fasse la même chose dans l’alimentation en fournissant un marché public à Massey Ferguson ou à Bayer ! Il faut que ne soient conventionnés que les producteurs qui ne font pas appel à des fournisseurs capitalistes, qui produisent bio en respectant le droit du travail (ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui), des entreprises dont les travailleurs sont les propriétaires d’usage de leur outil de travail…

Quant au tiers restant des 120 milliards, il serait consacré au soutien des producteurs alternatifs. Il faut acheter des terres, notamment : il faut arracher la terre à la logique marchande et en faire un bien commun, et ça aussi c’est un travail considérable. Il faut payer les travailleurs conventionnés à la qualification personnelle. Il faut subventionner l’investissement de producteurs agricoles alternatifs, il faut aider les agriculteurs qui voudraient passer au bio à le faire –il y en a pour quatre ou cinq ans, avant que ce soit rentable, et pendant ces quatre ou cinq ans il faut qu’ils soient soutenus ; il faut soutenir la production de machines nouvelles, etc.

Et je voudrais conclure sur le fait que nous créons là une institution macroéconomique qui pourrait être articulée avec cette autre institution macro qu’est la retraite, entendue comme l’âge où l’on devient titulaire de son salaire sans plus passer par le marché du travail. On pourrait la fixer à l’âge critique sur le marché du travail, 50 ans. Les quinquagénaires retraités, dotés de leur salaire et d’une responsabilité d’auto-organisation des travailleurs, pourront évidemment investir massivement ces entreprises alternatives dont l’activité va être considérablement augmentée.  Et ce qu’on vient de dire sur l’alimentation, on pourrait le transposer sur la production de logement, sur le transport de proximité, sur l’énergie, la culture, l’accès à la justice… Retrouver la dynamique communiste rend inventif et joyeux !

Bernard Friot

Première partie de l’entretien ici

Photos de Serge d’Ignazio

Source : Frustration Magazine, https://www.frustrationmagazine.fr/si-la-bourgeoisie-est-la-classe-dirigeante-cest-parce-quelle-dirige-le-travail-entretien-avec-bernard-friot-partie-ii/

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Parallèle intéressant entre le Caracazo vénézuélien et les Gilets jaunes français, par Romain Migus

Passionnant Romain Migus 🙂

https://youtu.be/vHcRRMITmgI

Parallèle intéressant entre le Caracazo vénézuélien (1989) et les Gilets jaunes français (2018-2020), révoltes populaires à visées institutionnelles contre les politiques néolibérales d’insécurité sociale, d’inégalités criantes et de misère.

Viva la revolucion ! 🙂

#mémoiredesluttes

#GrèveGénéraleConstituante

Étienne.

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Rendez-vous à Longuyon (54) le 7 mars 2020 : quelle démocratie pour demain ? Représentative ? Directe ? Quelle place pour le RIC dans notre constitution ?

La perspective d’un débat loyal avec un élu m’enchante. Je me souviens d’une soirée passionnante sur ce format, pendant une tournée en Bretagne l’an passé :
[IMPORTANT]Soirée mémorable, le 8 février 2019, avec Paul Molac (député LREM) et Cédric André, et plein de gilets jaunes bretons : « LA BRETAGNE VEUT LE RIC »

Je ne doute pas que ce prochain échange avec Xavier Paluszkiewicz sera à nouveau très éclairant pour tout le monde.

Au plaisir de vous y retrouver.

Étienne.

Annonce et réservation sur Facebook :
www.facebook.com/events/3522961034443798

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[Projet d’expérimentation démocratique] Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud (suite)

Chers amis,

Je vous recommande  de vous intéresser à au projet présenté par Maxime Péroud dans une longue vidéo qu’il a réalisée et qui est accessible sur le site www.exp-demo.jimdo.com  .


https://exp-demo.jimdo.com/

Et de vous intéresser à son invitation à le rencontrer pour parler du projet avec lui et voir, à la fin de cette réunion, si vous pourriez être un coéquipier / une coéquipière de qualité (il cherche 5 à 10 coéquipiers supplémentaires sur ce projet en cours).

Adresse de son invitation sur Facebook : https://www.facebook.com/events/1385257511634703/

J’ai rencontré Maxime et nous avons eu également plusieurs longues conversations téléphoniques. Il est l’initiateur de ce grand projet, très organisé, cohérent avec nos travaux sur la Constitution. Ce projet consiste à simuler (dans plus d’un an, quand tout sera prêt), avec au maximum 30 à 40 participants, une assemblée démocratique délibérante comme il en sera prévu certainement dans la future Constitution. Au cours de ces travaux parlementaires simulés, l’équipe de ce projet élaborera le règlement intérieur de cette assemblée tout en respectant ce règlement dans sa version en cours d’élaboration.

Le règlement intérieur pourra servir à des assemblées dites « autonomes » (pour l’instant sans relation avec d’autres instances de pouvoir) et sans commission (pour simplifier dans un premier temps). Un projet ultérieur aboutira à un règlement prévoyant des commissions.

Pour le moment, l’équipe actuelle en est à la phase de préparation. Ils ont fort à faire et ils ont besoin de renfort.

Voici ce que Maxime m’a écrit pour me présenter la raison d’être de son projet :

1. Nous voulons qu’un jour – appelons-le le jour J – notre pays devienne une démocratie pour la première fois de son histoire. Les pouvoirs seront organisés de manière à servir durablement l’intérêt général et, pour ce faire, seront entre les mains du peuple ou sous son contrôle effectif.

Cela signifie que, le jour J, ces pouvoirs auront été organisés sous forme provisoire par une Pré-Constitution rédigée nécessairement avant le jour J par des citoyens volontaires. Cette Pré-Constitution prévoira certainement une Assemblée Constituante qui, après le jour J, repartira de cette Pré-Constitution provisoire pour établir la 1ère Constitution (réellement) démocratique.

2. Pour pouvoir servir, cette Pré-Constitution devra obligatoirement être considérée comme légitime par la majeure partie des forces démocrates du moment. Or, il existe déjà de nombreuses variantes de projets de Constitution et, chaque année, il en émerge de nouvelles. Aucune d’entre elles ne peut correspondre à la future Pré-Constitution car elle provient d’un petit groupe et sera contestée par les autres groupes.

La seule solution pour élaborer une Pré-Constitution suffisamment légitime pour pouvoir organiser provisoirement les pouvoirs le jour J est de l’élaborer en Assemblée Pré-Constituante, une assemblée certainement composée de plusieurs centaines de citoyens volontaires issus des différents mouvements (associations, partis, groupes, …) se revendiquant ou pas « démocrates ».

3. La première question que se posera cette Assemblée Constituante sera la suivante : « comment allons-nous travailler, selon quelles règles du jeu : règles pour les débats, les votations, règles de comportements, etc. ? »

Ces règles feront l’objet d’un document essentiel : le règlement intérieur de cette Assemblée Pré-Constituante. Sans ce règlement, pas de travaux possibles !

4. Nous devons dès maintenant réfléchir à ces règles de fonctionnement d’une grande assemblée démocratique de manière à pouvoir livrer à la Pré-Constituante une version avancée d’un règlement intérieur. La Pré-Constituante n’aura plus qu’à le finaliser pendant les premières semaines de son existence, après quoi elle sera « opérationnelle ».

Lui livrer ce règlement intérieur lui fera gagner un temps considérable car l’élaboration de ce règlement n’est pas simple et va prendre beaucoup de temps : il n’aura rien à voir avec le « petit protocole de sociocratie délibérative » utilisé actuellement dans les ateliers constituants. Ce protocole ne peut servir qu’à des petits groupes de travail. Il est totalement inadapté à des assemblées délibérantes de plusieurs centaines de citoyens ! Il suffit d’imaginer à quel point ces assemblées seraient inefficaces si les débats y avaient lieu en levant la main pour partager une idée spontanée.

Une assemblée délibérante de plusieurs centaines de citoyens ne pourra élaborer efficacement des textes complexes que si les débats portent sur des propositions et des amendements rédigés et mis à la disposition de tous les parlementaires. Un peu à la manière de notre Assemblée Nationale actuelle, à ceci près (et la nuance est de taille !) que le règlement intérieur garantira la stricte égalité politique des parlementaires et les obligera à des débats rationnels servant l’intérêt général. Le règlement intérieur à élaborer sera donc lui-même un texte complexe.

5. Le projet en cours et dont nous cherchons à renforcer l’équipe actuellement vise à établir une version simplifiée d’un tel règlement intérieur mais aussi de l’expérimenter pour en garantir la pertinence. L’idée est de conduire ces travaux en simulant, à effectif réduit, les travaux d’une telle assemblée qui mettrait au point son propre règlement intérieur, travaux qui seront eux-mêmes régis par le règlement intérieur en cours d’élaboration.

Nous en sommes pour le moment à la phase de préparation et, du fait du départ d’un nombre important des membres de l’équipe (principalement des départs volontaires et des exclusions du fait de l’absence de contributions), nous souhaitons renforcer l’équipe de 5 à 10 membres. Par la suite, un peu avant le début des simulations, nous ferons à nouveau appel à des volontaires car nous aurons besoin d’être plus nombreux.

Ce projet est totalement indépendant de l’écriture de la Constitution mais, en même temps, il lui est complémentaire. Il s’annonce comme une véritable aventure politique passionnante mais aussi exigeante.

Pour bien le comprendre, il faut prendre le temps de se documenter à son sujet.
Une vidéo très didactique en 10 parties explique le déroulement et les attendus du projet à l’aide de nombreux schémas. Elle se trouve dans la page vidéo du site dédié au projet : www.exp-demo.jimdo.com

Pour ceux que le projet intéresse ou interpelle, des Mumble d’information (réunions d’information) auront lieu régulièrement dans les semaines à venir pour leur permettre de poser leurs questions et présenter leurs commentaires et objections qui leur seront venus à l’esprit pendant le visionnage de cette vidéo. Maxime Péroud animera ces réunions et répondra à chaque fois aussi clairement que possible à ces questions et objections.

Les Mumble seront annoncés en tant qu’événement sur Facebook postés sur la page FB de Maxime.

L’avenir ne se construit pas seulement dans les ateliers constituants et assez peu en discutant de l’actualité. Nous devons aussi élaborer les textes de demain et nous organiser pour être capables de le faire en grand nombre, en complément de nos actions dites « de terrain ».

Maxime Peroud.

 
Je cautionne autant que je le peux ce projet qui m’apparaît comme absolument nécessaire pour préparer la démocratie de demain.

Je vous encourage à vous y intéresser et, pour commencer, à regarder cette vidéo puis à participer à l’un des prochains Mumble d’information.


https://exp-demo.jimdo.com/

Étienne.

PS : je vous ai déjà parlé, en 2017, du travail démocratique impressionnant de Maxime Péroud : http://chouard.org/blog/2017/09/09/projet-dexperimentation-democratique-elaborer-ensemble-le-reglement-interieur-de-nos-prochaines-assemblees-democratiques-avec-maxime-peroud

 

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157947883087317

[Pas de démocratie politique sans DÉMOCRATIE ÉCONOMIQUE] Formidable Alain Supiot : Figures juridiques de la démocratie 1/9 : Essor et reflux de la démocratie économique

Chers amis,

Je me permets d’insister : Alain Supiot est un penseur important, il va vous bouleverser, il va alimenter votre pensée, il va vous montrer des racines importantes de notre humanité. Selon moi, un citoyen vigilant ne devrait pas rater Supiot.

Pour ma part, j’écoute ces conférences en vélo, en grimpant les petits chemins des collines autour de ma maison, m’arrêtant sans arrêt pour prendre fébrilement des notes importantes 🙂

Je vous ai déjà (un peu) parlé de son travail sur la (redoutable) gouvernance par les nombres (dépolitisation criminelle de l’action publique, voulue à la fois par les scientistes soviétiques, hitlériens et unioneuropéens), et sur l’allégeance qui vient (sur le modèle féodal). Ces deux séries de passionnantes conférences sont reprises dans un livre important : « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres ».

Que je sache, il n’y a pas encore de livre publié pour retranscrire la troisième série de conférences que je voudrais ici vous signaler chaleureusement ; elle s’appelle « Figures juridiques de la démocratie » (toujours sur France Culture, qu’il faut remercier pour son travail de veille) : https://www.franceculture.fr/emissions/series/figures-juridiques-de-la-democratie

Je vous propose d’en étudier un (ou deux) épisode à la fois, pour bien digérer — et commenter ensemble — ce travail important. Je reproduirai ici, chaque fois, la synthèse, toujours très claire, proposée par Merryl Moneghetti sur France Culture.

En plus, je vais essayer de retranscrire moi-même en commentaires (et je vous invite à m’aider) les passages essentiels, à ne surtout pas rater.

Étienne.


Commençons par le commencement :

1/9 Essor et reflux de la démocratie économique

Introduction, par Merryl Moneghetti :

Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? s’interroge Alain Supiot. Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ?

William Gropper's "Construction of a Dam" (1939), is characteristic of much of the art of the 1930s, with workers seen in heroic poses, laboring in unison to complete a great public project.
William Gropper’s « Construction of a Dam » (1939), is characteristic of much of the art of the 1930s, with workers seen in heroic poses, laboring in unison to complete a great public project. Crédits : Wikicommons

Comment « le travail indépendant pour tous », s’avère-t-il la base d’un régime démocratique, « que chacun puisse vivre, dans l’indépendance, du fruit de son travail » ? demande encore le juriste Alain Supiot. Quels sont les dispositifs en France, en Allemagne et aux Etats-Unis qui ont pu exprimer l’idée de démocratie économique à l’âge industriel ? Comment cette démocratie économique a-t-elle reflué sous l’effet du tournant néolibéral ?

La Grande Bretagne du Brexit, l’Italie et son étrange coalition gouvernementale, la France des gilets jaunes, mais aussi la Suède et l’Allemagne, aux dernières élections de 2018, montrent tour à tour au fil des crises politiques et économiques qui les touchent, combien nos vieilles démocraties sont bousculées par le doute, la colère sociale et l’angoisse.

À partir de l’analyse juridique, Alain Supiot, titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités,  observe de manière privilégiée les grandes mutations qui nous touchent.

Le juriste s’est notamment attaché dans les séries de cours que nous avons diffusés en 2017 et en 2018 aux effets du recul du gouvernement par les lois, conséquence de la globalisation et de la gouvernance par les nombres, dans un monde contemporain où tout est soumis, désormais ou presque, au « calcul d’utilité ». Nous avions vu que l’ordre juridique se trouvait inféodé à l’ordre économique et que de nouveaux liens, des « nouvelles figures de l’allégeance » émergeaient alors que l’Etat social s’effaçait…

Alain Supiot, membre de la Commission mondiale sur l’avenir du travail, a débuté en 2016 et sur deux ans, une grande réflexion autour des « Figures juridiques de la démocratie économique« , que nous vous proposons en ce début d’année. Le juriste précise en ouverture de sa nouvelle série :

« La démocratie économique est entendue (c’est une première définition !) comme l’ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice. Si l’on admet  — dans le prolongement des analyses de Karl Polanyi — que les marchés sont « un élément utile mais secondaire dans une société libre« , le problème qui se pose aujourd’hui est de « ré-encastrer » les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l’économie de marché. Ceci suppose des dispositifs juridiques qui obligent à prendre en considération l’expérience concrète de ceux qui travaillent. »

Face aux conséquences désastreuses de la crise de 1929, François Mauriac avait fait part à son frère dans une lettre de ses grandes inquiétudes et de sa tristesse face à la jeunesse accablée par les maux de l’époque, en 1932 :

« Nous aurons été bien gâtés en comparaison de nos enfants. […] Ce que nous observons de tout près, dans notre famille, c’est l’anéantissement de la classe moyenne […]. Nos enfants seront des besogneux s’ils ne sont pas armés. Il faut apprendre à être à la fois heureux et pauvres. »

Cette angoisse du grand bourgeois, propriétaire terrien a nourri la révolte de l’écrivain Mauriac contre la politique fiscale du début des années trente et le poids des charges et fait naître le journaliste engagé contre les injustices et la montée des fascismes.

Comme le rappelle Alain Supiot, dans la grande série qui s’ouvre aujourd’hui,

« la proclamation des droits économiques et sociaux a résulté au XXème siècle de l’expérience historique des deux guerres mondiales. La référence à cette expérience est explicite dans la Déclaration de Philadelphie de 1944 :

L’expérience a pleinement démontré le bien-fondé de la déclaration contenue dans la Constitution de l’Organisation internationale du Travail, et d’après laquelle une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale »

Dans une première partie, Alain Supiot analyse la « prise du pouvoir économique par les managers », qui « ont privilégié l’investissement et la politique salariale sur les intérêts des actionnaires », pour favoriser la croissance des entreprises, du New deal au tournant des années Thatcher-Reagan, puis dans une deuxième partie, il revient sur les effets destructeurs de ce qu’on appelle la Corporate gouvernance, qui a condamné les entreprises au court-termisme.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 28 octobre 2016, pour le cours d’Alain Supiot, « Figures juridiques de la démocratie économique  » :


Bonus : Présentation de l’Institut d’études avancées Nantes dont Alain Supiot est le fondateur en 2008 ; il en préside aujourd’hui le comité stratégique.

Source : France Culture, https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-19-essor-et-reflux-de-la-democratie-economique-0

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Quel est le rôle législatif légitime des citoyens ? Audition du constitutionnaliste Dominique Rousseau à l’Assemblée sur l’art. 6 de la DDHC 1789

Mon commentaire :

Intéressante formulation — quoique très timide à mon goût, du fait d’une sainte horreur (partagée par la plupart des constitutionnalistes, d’ailleurs) de « la démocratie directe », vue comme « LA catastrophe » (sic) alors que « la démocratie directe », c’est simplement… la démocratie 🙂 évidemment — de Dominique Rousseau,

MAIS, quoi qu’il en soit,

N’OUBLIEZ PAS SURTOUT que ce qui compte essentiellement, ce n’est PAS QUI VOTE la constitution, mais QUI L’ÉCRIT : jamais les élus n’inscriront eux-mêmes dans la constitution le pouvoir réel d’un législateur concurrent de leur propre pouvoir, jamais ; à cause du conflit d’intérêts, dans lequel ils sont plongés jusqu’au cou dans tout processus constituant, forcément, mécaniquement, par définition. Ils ont tous un intérêt personnel (puissant) à ne pas instituer la démocratie.

#CeNEstPasAuxHommesAuPouvoirDÉcrireLesRèglesDuPouvoir

Ce qu’oublie de penser Dominique Rousseau, à mon avis, c’est la qualité du processus constituant, et donc la faisabilité des principes dont il souhaite sincèrement l’institution : Qui est légitime et apte à écrire une constitution digne de ce nom ? Les représentants ou les représentés ? Tout est là. L’institution de la démocratie se joue là, précisément.

Aucune institution réellement démocratique (le RIC en toutes matières, notamment) ne sera JAMAIS instituée par une assemblée constituante ÉLUE-parmi-des-candidats. Jamais.

IL FAUT que nous devenions #CitoyensConstituants.

Étienne.

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LEPAGE – CHOUARD #6 Reportage pendant les ateliers constituants (Rostrenen, 27-1-2020)

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LEPAGE – CHOUARD #5 Les conseils d’Étienne pour vos ateliers constituants (Rostrenen, 27-1-2020)

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LEPAGE – CHOUARD #3 Débat mouvant sur une question clivante (Rostrenen, 27-1-2020)

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LEPAGE – CHOUARD #1 Introduction à une soirée d’éducation populaire (Rostrenen, 27-1-2020)

Live sur la MONNAIE (et la démocratie), ce soir mardi 4 février à 20h

Ce soir, mardi 4 février 2020 à 20h, de passage à Paris, je retrouve une petite bande d’amis pour parler de MONNAIE (et donc, aussi un peu, forcément, de démocratie et d’Union européenne).
Je vous propose d’être avec nous à travers ce lien (qui sera un live YouTube) :

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Rendez-vous le 27 janvier 2020 à Rostrenen, en Bretagne, avec Franck Lepage

Je suis heureux de vous revoir bientôt, et cette fois avec un ami cher :

#Démocratie #ÉducationPopulaire #GiletsJaunes #RIC #ProcessusConstituantPopulaire #ÉlectionVsTirageAuSort #SourcesDeLImpuissancePolitiquePopulaire …


• En attendant, pour ceux qui ne l’ont pas vue passer, je vous signale une série d’entretiens très intéressants avec Franck, datant de l’été dernier (2019) : https://www.youtube.com/playlist?list=PLFePO0DghdicNrU0KytikJAV310b9i7Gz

#1 – Introduction aux conférences gesticulées (3’10) :

#2 : Naissance des conférences gesticulées (9’23) :

#3 – Les Gilets Jaunes (10’14) :

#4 : Le piège des élections (5’39) :

#5 – Le Néo-Libéralisme (6’19) :

#6 – Intellectuels de gauche et Gilets Jaunes (7’23) :

#7 : Bernard Friot (5’44) :

#8 : L’avenir (5’45) :

#9 – La place de la violence (6’34) :

#10 : Conclusion (2’23) :

• Lire aussi cet article sur les gilets jaunes (Le Comptoir, 26 déc 2018) :

Franck Lepage : « Le gilet jaune est le symbole d’une conscience de classe qui est en train de renaître » :

https://comptoir.org/2018/12/26/franck-lepage-le-gilet-jaune-est-le-symbole-dune-conscience-de-classe-qui-est-en-train-de-renaitre/

• Et bien sûr les deux conférences gesticulées mythiques (passionnantes, ne ratez pas ça) :

Inculture(s) 1 « L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu… » Une autre histoire de la culture (3 h 50)

http://www.ardeur.net/conferences-gesticulees/conference-gesticulee-franck-lepage-inculture-1/

NB : il y a un exemplaire 5h40 (!) de ce formidable spectacle Inculture 1 sur la Culture.

Inculture(s) 2 Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres ? Une autre histoire de l’éducation (3 h 45)

http://www.ardeur.net/conferences-gesticulees/conference-gesticulee-franck-lepage-inculture-2/

• Voir aussi les ressources de L’Ardeur :
http://www.ardeur.net/liens/liens-ressources/

• Et puis, l’agenda de Franck 🙂 :
http://www.ardeur.net/agenda/

J’ai hâte d’y être 🙂

Bon courage à tous.

Étienne.


[Edit : voici les 7 vidéos qui retracent cette formidable soirée :

LEPAGE ET CHOUARD #1 – Introduction à une soirée d’éducation populaire

LEPAGE ET CHOUARD #2 – La parole au public : « Après un an de GJ, vous êtes dans quel état ? »

LEPAGE ET CHOUARD #3 – Le débat mouvant, par Franck Lepage

LEPAGE ET CHOUARD #4 – Introduction aux ateliers constituants

LEPAGE ET CHOUARD #5 – Les conseils d’Etienne Chouard pour vos ateliers constituants

LEPAGE ET CHOUARD #6 – Reportage pendant les ateliers constituants

LEPAGE ET CHOUARD #7 – Restitution des Ateliers Constituants et conclusion