APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY À LA FORMATION D’ASSEMBLÉES POPULAIRES : « Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer. »

Formidable tournure institutionnelle – et donc radicale, et donc possiblement unitaire, vraiment unitaire, enfin ! – que prend ce mouvement populaire historique :

https://lundi.am/APPELDES-GILETS-JAUNES-DE-COMMERCY-A-DES-ASSEMBLEES-POPULAIRES-PARTOUT

« Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer. »

REFUSONS LA RÉCUPÉRATION !
VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE !
PAS BESOIN DE ’REPRÉSENTANTS’ RÉGIONAUX !

Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations-services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.

Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !

À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !

Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que s’il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.

Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !

Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !

Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.

Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !

C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça,là-haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !!

Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur giletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !


À ceux qui vont à Paris demain, RESTEZ CALMES, envers et contre tout, malgré les provocations et les injustes violences qui vont vous énerver, vous révolter.

Une grande foule ne réfléchit pas, c’est imprévisible, manipulable et dangereux.

Votre immense puissance, inédite, historique, actuellement, sur chaque point de blocage, c’est votre froide détermination, votre calme réflexion, votre refus de la représentation, votre totale dispersion géographique ET votre grandissante concentration sur UNE idée démocratique : l’institution de la puissance populaire par le RIC en toutes matières.

Cette dispersion géographique + concentration politique radicale vous rend invulnérables, insaisissables, redoutables.

Votre regroupement à Paris par millions va créer une fragilité, un risque de fin prématuré, faites attention, restez calmes et déterminés, unis puissamment autour d’une idée, la puissance populaire qu’il s’agit d’instituer.

Soyez forts, pas impatients, pas violents.

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156767648027317

17 réponses à “APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY À LA FORMATION D’ASSEMBLÉES POPULAIRES : « Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer. »

  1. Prenons l’exemple de l’ISF : qu’est-ce qui empêche le peuple de revenir à l’ancienne Loi t de déclarer illégitime l’ISF de Macron ?
    Les services fiscaux peuvent décider de continuer à appliquer l’ancien ISF. En accord avec les services juridiques et la police. Leurs syndicats respectifs peuvent se charger de coordonner le lancement de cette décision et de coordonner ces services. Ainsi les fonctionnaires des impots ne seront pas inquiété par leur collègue juges ou policiers etc.
    Les assujétis protestant devront porter plainte : plainte déclarée non recevable par la justice, inversement les récalcitrant ne voulant pas payer seront eux poursuivis par la justice et la police.

    Pas besoin des politiques.

  2. Cher Etienne j’espère que vous ferez comprendre aux gilets jaunes que vos idées sont la solution.

  3. Une excellente initiative, pacifique, et démocratique, à reproduire partout en France !

    Amitiés Étienne ! : espérons que tes idées et ton travail vont enfin porter des fruits concrètement !!! 😉

    === UNE INITIATIVE À FAIRE CIRCULER D’URGENCE PARTOUT !!! ====

  4. Encore un bon Fil d’Actu :

  5. Et encore un bon Lordon :

    Fin de monde ?

    par Frédéric Lordon, 5 décembre 2018
    Le Monde diplomatique
    https://blog.mondediplo.net/fin-de-monde


    Egon Schiele — « Selbstbildnis in gelber Weste » (« Autoportrait en veste jaune »), 1914.

    La chute d’un ordre de domination se reconnaît à la stupéfaction qui se lit sur les visages de ses desservants. Samedi, le spectacle n’était pas seulement dans la rue. Il était, et il dure toujours depuis, sur les faces ahuries de BFM, de CNews, de France 2, et d’à peu près tous les médias audiovisuels, frappées d’incompréhension radicale. Que la stupidité ait à voir avec la stupéfaction, c’est l’étymologie même qui le dit. Les voilà rendues au point d’indistinction, et leur spectacle commun se donne comme cette sorte particulière d’« information » : en continu.

    Comme l’esprit se rend préférentiellement aux idées qui font sa satisfaction et là où il trouve du confort, les trompettistes du « nouveau monde » et du « macronisme révolutionnaire », sans faire l’économie d’une contradiction, retournent invariablement à l’écurie de leurs vieilles catégories, les catégories du vieux monde puisque c’est celui-là qui a fait leur situation, leurs émoluments et leur magistère (lire « Macron, le spasme du système »). Et les voilà qui divaguent entre l’ultradroite et l’extrême gauche, ou l’ultragauche et l’extrême droite, cherchent avec angoisse des « représentants » ou des « porte-parole » présentables, voudraient une liste circonstanciée de « revendications » qu’on puisse « négocier », n’en trouvent pas davantage, ni de « table » autour de laquelle se mettre. Alors, en désespoir de cause, on cherche frénétiquement avec le gouvernement au fond du magasin des accessoires : consultations des chefs de parti, débat à l’Assemblée, réunion avec les syndicats — l’espoir d’une « sortie de crise » accrochée à un moratoire sur la taxe gasoil ? un Grenelle de quelque chose peut-être ? C’est-à-dire pantomime avec tout ce qui est en train de tomber en ruine. Voilà où en sont les « élites » : incapables de seulement voir qu’il n’est plus temps, que c’est tout un monde qui est en train de partir en morceaux, le leur, qu’on ne tiendra pas pareille dislocation avec du report de taxe ou des taux minorés, bien content si les institutions politiques elles-mêmes ne sont pas prises dans l’effondrement général. Car il ne s’agit pas d’un « mouvement social » : il s’agit d’un soulèvement.

    Car il ne s’agit pas d’un « mouvement social » : il s’agit d’un soulèvement.

    Quand une domination approche de son point de renversement, ce sont toutes les institutions du régime, et notamment celles du gardiennage symbolique, qui se raidissent dans une incompréhension profonde de l’événement — l’ordre n’était-il pas le meilleur possible ? —, doublée d’un regain de hargne, mais aussi d’un commencement de panique quand la haine dont elles font l’objet éclate au grand jour et se découvre d’un coup à leurs yeux. Ceci d’autant plus que, comme il a été noté, la singularité de ce mouvement tient à ce qu’il porte désormais l’incendie là où il n’avait jamais été, et là où il doit être : chez les riches. Et sans doute bientôt, chez leurs collaborateurs.


    À Paris, la contestation des « gilets jaunes » gagne les lieux de pouvoir.
    En regard, les parcours habituels des manifestations et les rassemblements des 24 novembre et 1er décembre 2018.

    On lit que la directrice de BFM est restée interloquée d’entendre scander « BFM enculés » sur les Champs, et que le président de la société des journalistes a découvert, dans le même état, que « cela ne vient pas de militants mais de gens du quotidien ». Les pouvoirs de ce genre, ceux de la tyrannie des possédants et de leurs laquais, finissent toujours ainsi, dans la sidération et l’hébétude : « ils nous détestent donc tant que ça ». La réponse est oui, et pour les meilleures raisons du monde. Elle est aussi qu’après toutes ces décennies, le moment est venu de passer à la caisse et, disons-le leur dès maintenant, l’addition s’annonce salée. Car il y a trop d’arriérés et depuis trop longtemps.

    Depuis les grèves de 1995, la conscience de ce que les médias censément contre-pouvoirs sont des auxiliaires des pouvoirs, n’a cessé d’aller croissant. Du reste, ils ont œuvré sans discontinuer à donner plus de corps à cette accusation à mesure que le néolibéralisme s’approfondissait, mettait les populations sous des tensions de plus en plus insupportables, qui ne pouvaient être reprises que par un matraquage intensif des esprits, avant qu’on en vienne à celui des corps.

    C’est à ce moment que, devenant ouvertement les supplétifs du ministère de l’intérieur en plus d’être ceux de la fortune, ils se sont mis à rendre des comptages de manifestants plus avantageux encore que ceux de la préfecture, puis à entreprendre de dissoudre tous les mouvements de contestation dans « la violence » — et par-là à indiquer clairement à qui et à quoi ils avaient partie liée.

    C’est peut-être en ce lieu, la « violence », que la hargne des laquais trouve à se dégonder à proportion de ce qu’ils sentent la situation leur échapper. Au reste, « condamner » ayant toujours été le meilleur moyen de ne pas comprendre, à plus forte raison poussé par des intérêts si puissants à la cécité volontaire, « la violence des casseurs » a été érigée en dernière redoute de l’ordre néolibéral, en antidote définitif à toute contestation possible — sans par ailleurs voir le moins du monde le problème à célébrer le 14 juillet 1789 ou commémorer Mai 68 : folle inconséquence de l’Histoire embaumée, mise à distance, dévitalisée, et privée de tout enseignement concret pour le présent.

    C’est peut-être en ce lieu, la « violence », que la hargne des laquais trouve à se dégonder à proportion de ce qu’ils sentent la situation leur échapper.
    En tout cas, dans le paysage général de la violence, les médias, surtout audiovisuels, ont toujours pris ce qui les arrangeait en ayant bien soin de laisser le reste invisible, donc la violence incompréhensible, par conséquent à l’état de scandale sans cause : le mal à l’état pur. Mais pourquoi, et surtout au bout de quoi, les Conti envahissent-ils la sous-préfecture de Compiègne, les Goodyear séquestrent-ils leur direction, les Air France se font-ils une chemise de DRH, et certains gilets jaunes sont-ils au bord de prendre les armes ? Qu’est-ce qu’il faut avoir fait à des gens ordinaires, qui ont la même préférence que tout le monde pour la tranquillité, pour qu’ils en viennent à ces extrémités, sinon, précisément, les avoir poussés à toute extrémité ?

    Le déni de la violence sociale est cette forme suprême de violence à laquelle Bourdieu donnait le nom de violence symbolique, bien faite pour que ses victimes soient réduites à merci : car violentées socialement, et méthodiquement dépouillées de tout moyen d’y résister « dans les formes » puisque tous les médiateurs institutionnels les ont abandonnées, elles n’ont plus le choix que de la soumission intégrale ou de la révolte, mais alors physique, et déclarée d’emblée odieuse, illégitime et anti-démocratique — normalement le piège parfait. Vient cependant un moment où la terreur symbolique ne prend plus, où les verdicts de légitimité ou d’illégitimité volent à leur tour, et où la souffrance se transforme chimiquement en rage, à proportion de ce qu’elle a été niée. Alors tout est candidat à y passer, et il ne faudra pas s’en étonner : permanences de députés, banques, hôtels particuliers, préfectures, logiquement plus rien n’est respecté quand tout a failli.

    Il est vrai qu’à ceux qui ont lié leur position et leurs avantages au cadre du moment, et qui n’ont cessé de répéter qu’il n’y en avait ni de meilleur ni simplement d’autre possible, l’irruption du hors-cadre radical ne laisse aucune autre solution de lecture que « l’aberrant », le « monstrueux », ou mieux encore, quand elle est « avérée », la « violence ». Encore fallait-il qu’elle demeure marginale pour pouvoir être maintenue dans son statut de monstruosité, et puis aussi qu’on occulte systématiquement la responsabilité de celle des forces de police. Mais ce sont ces deux conditions qui sont en train d’être détruites en ce moment.

    La première parce que les « gilets jaunes » offrent à profusion cette figure oxymorique, incompréhensible pour les pouvoirs, des « braves gens enragés ». « Enragé » normalement c’est « enragé », c’est-à-dire ultra-radical-minoritaire. Ça ne peut pas être « braves gens », qui veut dire majorité silencieuse — ou bien contradiction dans les termes. Or, si. Assez simplement même : on est enragé quand on est poussé à bout. Il se trouve qu’au bout de 30 ans de néolibéralisme parachevés par 18 mois macroniens de guerre sociale à outrance, des groupes sociaux entiers ont été poussés à bout. Alors enragés.

    Les « gilets jaunes » offrent à profusion cette figure oxymorique, incompréhensible pour les pouvoirs, des « braves gens enragés »
    Croyant que ce dont ils ne parlent pas n’existe pas, les médias ne les avaient pas vu venir ces enragés-là. Mais voilà, ils sont là, produits d’une longue et silencieuse accumulation de colère, qui vient de rompre sa digue. Ceux-là on ne les fera pas rentrer facilement à la maison. Et ceci d’autant moins qu’avec la naïveté des « braves gens », ils ont expérimenté, à l’occasion de leur première manifestation pour beaucoup d’entre eux, ce que c’est que la violence policière. En sont restés d’abord sidérés. Puis maintenant, s’étant repris, dégoupillés pour de bon. Alors on ne compte plus ceux qui, à l’origine « braves gens » certifiés, sont pris dans un devenir-casseur — comme certains autres, débitant des palettes sur un rond-point pour construire une cabane, sont pris dans un étonnant devenir-zadiste.

    Gageons d’ailleurs que des révisions de grande ampleur doivent être en train de s’opérer dans leurs esprits. Car tous ces gens qui depuis 2016 et la loi El Khomri, jusqu’à 2018 avec Notre-Dame-des-Landes et les ordonnances SNCF, avaient été abreuvés de BFM et de France Info, invités à pleurer les vitres de Necker, se retrouvent aujourd’hui dans la position structurale des casseurs, en vivent la condition de violence policière et médiatique, et savent un peu mieux à quoi s’en tenir quant à ce que ces deux institutions diront désormais des « ultras violents radicalisés ». En tout cas c’est très embêtant pour les chaînes d’information en continu cette affaire : car si le devenir-casseur prend cette extension, que pourra donc encore vouloir dire « casseur » ?

    L’autre condition est de maintenir les agissements réels de la police hors-champ. Sur ce front-là, on se battra jusqu’au bout dans les chefferies audiovisuelles. Le mensonge par occultation est général, acharné, épais comme de la propagande de dictature. La population basculerait instantanément dans l’indignation si elle avait l’occasion de voir le dixième de ce que les grands médias audiovisuels lui cachent systématiquement, ainsi ces vidéos d’une vieille dame en sang gazée ou d’un retraité matraqué. Quand France Info nous avait saoulés jusqu’à la nausée des vitres de Necker ou du McDo en feu, aucun flash à la mi-journée de lundi n’avait encore informé de la mort d’une octogénaire tuée par une grenade lacrymogène. Les robots de BFM n’opposent jamais aucune image aux syndicalistes policiers qui disent qu’on les « matraque » (sic !) et qu’on les « mutile ». Mais, si les mots ont encore un sens, de quel côté du flashball ou du lanceur de grenades compte-t-on les éborgnés et les mains arrachées ? On se demande si Nathalie Saint-Cricq ou Apathie garderaient leur déjeuner si on leur montrait au débotté les photos proprement insoutenables (il s’agit de blessures de guerre) de manifestants mutilés — vraiment — par les armes de la police. On ne sache pas qu’il se soit encore trouvé un seul grand média audiovisuel pour montrer en boucle, comme ils le font d’habitude, aux « braves gens » pas encore devenus casseurs cette vidéo d’un jeune homme roué de coups par huit policiers, qui achèverait de les informer sur le degré de confiance qu’il convient d’avoir en la « police républicaine » quand on met tout ça — ces dizaines de vidéos, ces centaines de témoignages — bout à bout.

    Mais il y a une économie générale de la violence et on sait ce qu’elle donne quand elle est lancée : elle est réciprocitaire, divergente et peut emmener très loin. Nul ne sait jusqu’où dans la situation actuelle, et peut-être à des extrémités dramatiques. Mais qui l’aura déclenchée sinon Macron qui, après avoir déclaré la guerre sociale à son peuple, lui déclare la guerre policière, peut-être bientôt la guerre militaire, en compagnie des médias de gouvernement qui lui déclarent la guerre symbolique ? Le partage des responsabilités est d’autant plus clair que les offensés auront encaissé très longtemps sans mot dire : l’agression économique, le mépris élitaire, le mensonge médiatique, la brutalité policière. Or le mauvais génie de la réciprocité violente est une mémoire, et une mémoire longue. Sur un fil Twitter une baqueuse découvre sidérée — elle aussi, comme les primo-manifestants matraqués pour rien, mais en sens inverse, car, en définitive tout est affaire de sidération dans cette histoire, de sidérations opposées, qui passent les unes dans les autres, qui se nourrissent les unes les autres — la baqueuse, donc, découvre de quelle haine ses collègues et elle sont l’objet. Et l’on peine à le croire. Décidément toutes les institutions de la violence néolibérale tombent ensemble des nues. Les collégiens cernés et gazés au poivre par des flics accompagnés de chiens n’oublieront pas de sitôt ce moment de leur vie où s’est formé décisivement leur rapport à la police et, dans deux ans, cinq ans, cette police oublieuse qui les croisera de nouveau s’émouvra de la détestation brute qu’elle lira sur leurs visages — et n’y comprendra rien.

    Et voilà que le corps préfectoral se met à avoir des sueurs froides à son tour. C’est qu’ils ont de quoi se sentir un peu seulets dans leurs hôtels. Depuis que la préfecture du Puy-en-Velay a brûlé, on sait de quoi « les autres » sont capables — oui, maintenant, de tout. Alors il est urgent de négocier un virage sur l’aile sans attendre, pour faire savoir par « quotidien de référence » interposé que l’Élysée macronien a quitté terre, que, eux, préfets, ont conscience des malheurs du peuple, qu’ils pourraient même se reconvertir en lanceurs d’alerte si on les écoutait. On tâchera quand même de se souvenir que ce sont ces préfets qui depuis Nuit debout font éborgner, grenader, et tirer-tendu.

    Mais l’on y verra surtout le retour de ce qu’on pourrait appeler « la situation La Boétie », celle que le pouvoir s’efforce de nous faire oublier constamment, et d’ailleurs que nous oublions constamment, tant elle semble un incompréhensible mystère : ils sont très peu et règnent sur nous qui sommes nombreux. Il arrive cependant que le voile se déchire et que fasse retour la cruelle réalité arithmétique du pouvoir. Et c’est bien cet aveu touchant de candeur qu’a consenti samedi soir le sous-ministre de l’intérieur, en reconnaissant qu’il ne pouvait guère engager davantage de troupe à Paris quand toute la carte de France clignote et demande de la garnison. Un manager de la startup nation trouverait sans doute à dire que le dispositif est « stressé ». Le « stress du dispositif », c’est le retour de La Boétie. Nous sommes les plus nombreux. Nous sommes même beaucoup plus nombreux qu’eux. C’est d’autant plus vrai que le plein est loin d’avoir été fait et qu’il y a encore une belle marge de progression. Tout ça se vérifiera bientôt : lycéens, étudiants, ambulanciers, agriculteurs, tant d’autres.

    Ils sont très peu et règnent sur nous qui sommes nombreux. Il arrive cependant que le voile se déchire et que fasse retour la cruelle réalité arithmétique du pouvoir.
    Mais alors quoi ? L’armée ? L’adolescent désaxé qui est à l’Élysée en est très capable : n’utilise-t-il pas contre sa population des grenades qui sont des armes de guerre, et n’a-t-il pas fait placer des snipers avec fusils à lunettes au sommet de quelques bâtiments parisiens, image des plus impressionnantes, étonnamment offerte par Le Monde qui est peut-être en train de se demander lui aussi s’il n’est pas temps de lâcher son encombrant protégé dans un virage ?

    En tout cas, terrible moment de vérité pour l’éditorialisme « faites ce que vous voulez ». On avait adoré le dégagisme à Tunis ou place Tahrir. Mais expliqué que ce qui est là-bas un merveilleux sursaut de la liberté est ici du populisme crasseux qui rappelle les heures sombres. Jusqu’ici ça tenait. Et voilà que « mais votez Macron » pourrait bien tourner Moubarak, mon dieu dans quelle mouscaille ne nous sommes-nous pas mis ? Et forcément, plus on pagaye pour en sortir, plus on en met partout. Tout revient, tout éclabousse. Or nous en sommes là : quand un pouvoir verse une prime exceptionnelle à des forces de l’ordre qui se rendent chaque jour plus odieuses, c’est qu’il redoute par-dessus tout d’être lâché par elles et que, toute légitimité effondrée, il ne tient plus que par son appareil de force, dans la main duquel en réalité il se remet entièrement. Faites ce que vous voulez, mais votez Moubarak.

    Ce pouvoir est honni car il s’est méthodiquement rendu haïssable. Il paye une facture sans doute venue de très loin, mais dont il est le parachèvement le plus forcené, par conséquent l’endosseur le plus logique. Il n’a plus pour se cramponner que le choix de la répression sanglante, peut-être même de la dérive militaire. Il ne mérite plus que de tomber.

    Frédéric Lordon

    Source, Le Monde diplomatique,
    https://blog.mondediplo.net/fin-de-monde

  6. [Incroyable ! Pour une fois « Les Décodeurs » du « Monde » n’ont pas menti, ils ont seulement été sournoisement perfides — en raccrochant l’idée du RIC aux deux « extrêmes » Mélenchon et Le Pen… Observez : calomnier, c’est un métier.]

    Qu’est-ce que le référendum d’initiative citoyenne demandé par des « gilets jaunes » ?

    La consultation du peuple fait partie des revendications largement partagées sur Facebook et reprises par plusieurs responsables politiques.

    De la baisse des taxes sur les carburants à la démission d’Emmanuel Macron, en passant par le refus du pacte sur les migrations, les revendications sont variées parmi les « gilets jaunes », et reflètent la diversité du mouvement. Mais une proposition semble avoir la faveur de nombreux groupes : le référendum d’initiative populaire ou citoyenne, présenté comme la solution pour redonner la parole au peuple.

    Qu’est-ce qui existe actuellement ?

    Comme l’explique le site Vie publique, les consultations populaires peuvent prendre plusieurs formes :

    Un référendum initié par l’exécutif ou les parlementaires. La Constitution de la Ve République, adoptée le 4 octobre 1958, prévoit depuis son origine dans l’article 11 la possibilité d’organiser un référendum sur « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, comportant approbation d’un accord de Communauté, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité ». Mais l’initiative doit alors provenir du gouvernement ou d’une proposition conjointe de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’objet du référendum est élargi par une révision constitutionnelle en 1995, et peut désormais concerner des projets de loi sur la politique économique, sociale ou environnementale.

    Un référendum constitutionnel. Régi par l’article 89, il permet d’approuver ou rejeter une révision de la Constitution, mais son utilisation n’est pas impérative : le président peut choisir, à la place, de faire voter le Congrès (réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat à Versailles). Le général de Gaulle a ainsi convoqué en 1969 un référendum constitutionnel qu’il a perdu.

    Un référendum d’initiative partagée. En 2008, l’article 11 a été complété et un référendum peut désormais être initié par « un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales », soit au moins 185 députés ou sénateurs (sur 925) et plus de 4,5 millions d’électeurs. En vigueur depuis 2015, la disposition n’a jamais été appliquée, même si un site Internet a été conçu pour soutenir les éventuelles « propositions de loi référendaires ». Elle est aussi limitée dans son contenu : il est notamment interdit d’abroger par référendum une loi récemment votée.

    Un référendum décisionnaire local. Depuis 2003, les collectivités locales peuvent soumettre des projets au vote de leurs électeurs, seulement sur des questions relevant de leurs compétences (par exemple un changement de nom des habitants, l’instauration de la vidéosurveillance dans la commune…). Si le oui est majoritaire et que plus de la moitié des électeurs ont participé au vote, la décision est adoptée. Sinon, il devient consultatif.

    Une consultation locale sur l’environnement. Une ordonnance de 2016 permet de consulter la population impliquée par un projet ayant une incidence sur l’environnement. C’est la forme qui a éte choisie pour faire voter les habitants de Loire-Atlantique sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, puisque l’enjeu dépassait le cadre local. Mais contrairement au référendum, ce processus n’est que « consultatif ». Ainsi, le projet d’aéroport, pourtant approuvé par les urnes, a été abandonné par le gouvernement.

    Lire aussi : Quel cadre pour le référendum sur Notre-Dame-des-Landes ?

    Que demandent les gilets jaunes ?

    Dans la liste, largement partagée, de 42 revendications de gilets jaunes figure l’instauration dans la Constitution d’un « référendum populaire ».

    Contrairement à d’autres projets qui restent assez flous, les modalités de celui-ci sont détaillées :

    « Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale qui aura l’obligation (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures), de la soumettre au vote de l’intégralité des Français. »

    A la différence des systèmes existant en France, ni le gouvernement ni les députés ou sénateurs ne seraient associés au lancement de ce référendum, et le nombre de signatures à obtenir serait sensiblement moins élevé.

    Parmi les initiatives fréquemment relayées sur Facebook par certains « gilets jaunes » figure celle du groupe RIC (Référendum d’initiative citoyenne), qui propose d’utiliser ce mécanisme pour « supprimer une loi injuste » et « révoquer le mandat d’un représentant » (ce qui est contraire au fonctionnement actuel de la démocratie représentative).

    Plusieurs candidats à la présidentielle de 2017 proposaient des mécanismes s’en approchant : Jean-Luc Mélenchon (qui proposait aussi un référendum révocatoire, sans préciser combien de citoyens devaient l’initier), Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen (qui proposaient tous deux la signature d’au moins 500 000 électeurs) et François Asselineau.

    Lundi 3 décembre, le député Les Républicains du Vaucluse Julien Aubert, secrétaire général adjoint du parti, a déposé une proposition de loi pour assouplir l’article 11, en abaissant le seuil de signatures à 1,5 million de citoyens, et celui des parlementaires à l’initiative de la procédure à « 4 députés ou sénateurs de 4 groupes différents ».

    Lire aussi Sur un axe de Mélenchon à Le Pen, où se situent les revendications des « gilets jaunes » ?

    Anne-Aël Durand

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/07/qu-est-ce-que-le-referendum-d-initiative-citoyenne-demande-par-des-gilets-jaunes_5394287_4355770.html

  7. MICHEL COLLON
    Michel Midi: 80% soutiennent les gilets jaunes. Vivons-nous en démocratie?
    https://www.youtube.com/watch?v=NBoFr16r8A4

  8. A la Réunion, en Estonie et en Suisse, ils ont déjà adopté ce système : autrefois c’était impossible. Nous avions besoin de dirigeants ; désormais nous pouvons connaître l’opinion de chaque citoyen en temps réel. Voter les lois par Internet responsabiliserait et éduquerait les citoyens. Si cette idée vous intéresse, lisez la page https://www.facebook.com/Votons-les-lois-par-Internet-0-2256652851273504 et demandez à rejoindre le groupe https://www.facebook.com/groups/342259202997293/346341315922415/

  9. Ping : L’argent dette (Paul Grignon) – Éloge de la raison dure

  10. L’An 01 : On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste!
    https://vimeo.com/76020165

    L’An 01, film de Gébé, Doillon , Rouch, Resnais (1973). Face à l’écnomie de marché, au productivisme à tout crin, la première décision de la population est « On arrête tout ».

  11. Quelle est la différence profonde entre la dictature et la démocratie représentative? C’est tout simple et cela tient en peu de mots. Allons-y: la dictature, c’est: « ferme ta gueule » et la démocratie représentative, c’est: « cause toujours », ce n’est pas une belle différence, cela?

  12. Concernant le RIC, il me semble que la barre des 700.000 signatures est bien trop haute.
    Je crois aussi qu’il pourrait y avoir un autre moyen pour porter une question posée au stade du vote national qu’un quorum de signatures :
    Compte tenu du gigantesque chantier de refondation du corpus législatif et constitutionnel qui nous attend, un agenda d’un RIC chaque mois pendant trois ans ne me semble pas excessif compte tenu d’une mise en œuvre via un site internet.
    Dans ces conditions, un quorum ne serait pas nécessaire car serait sélectionnée chaque mois pour votation nationale la question suscitant le plus de soutien.
    De même, pas de quorum pour le vote et tant pis pour ceux qui ne prennent pas la peine de s’exprimer sur un RIC.

    Les trois premiers RIC à proposer chronologiquement selon moi :
    1er : Réintroduction des ordonnances de 1948 sur la presse, après éventuelle mise à jour (objectif bloquer les manipulations médiatiques)
    2ème : Frexit (objectif sortir de la dictature de l’UE)
    3ème : Monnaie pleine (se réapproprier notre souveraineté monétaire)
    Et puis tant d’autres par la suite…

    J’y étais aujourd’hui (sur Clermont-Fd) dans une ambiance plutôt joyeuse et festive. Même pas vu un membre des forces de l’ « ordre »(oui mais quel ordre ?) et j’ai tracté et essaimé pour « le RIC exigence unique de GJ ».

  13. Le RÉFÉRENDUM des GILETS JAUNES
    avec Fly Rider, Etienne Chouard, Yvan Bachaud et Léo Girod
    https://www.youtube.com/watch?v=rPKZKvQzhik

  14. Gilets jaunes : pour avoir un peu regardé les actions de ce Samedi 8 Décembre, je me demande si maintenant la solution n’est pas la grève générale totale et illimitée : tout s’arrête. Une solution contre laquelle tous les pouvoirs ne peuvent rien faire.

    Parallèlement, les groupes locaux de gilets jaunes doivent s’organiser pour débattre et décider d’une nouvelle constitution à exiger pour cesser la grève.

    Se pose le problème de la synthèse, mais quelqu’un comme Étienne Chouard pourrait faire consensus pour organiser une assemblée constituante à partir du porte-parole de chaque groupe local de gilets jaunes. Ainsi, cette assemblée constituante pourrait travailler à partir des idées de base des groupes locaux, et rédiger une nouvelle constitution qui serait ensuite proposée et soumise à référendum au peuple français. Alors seulement, la grève pourrait cesser si elle adoptée.

    Il faut enclencher une autre phase que celle des simples manifestations, qui doivent certes continuer, mais qui doivent muter en assemblées locales de réflexion sur le texte d’une nouvelle constitution.

    Demander juste le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) est très insuffisant et idiot : il est naïf de croire que nos traîtres de politiciens vont l’adopter comme nous le voulons : ils niaiseront sur ses modalités de manière à en limiter la portée d’une façon ou d’une autre.

    C’est être immature et idiot, et répéter la même erreur, à savoir rester comme des enfants sous leur coupe, que de ne pas les chasser des divers pouvoirs : ils s’adapteraient à ce RIC, comme en Suisse, c’est tout, laissant les riches, les très riches, les hyper-riches, et les banques et les multinationales, presque tout encore contrôler se se gaver sur notre dos.

    Il nous faut virer les partis, les syndicats, les politiciens, les oligarques, les castes, les réseaux, les lobbies, etc., de l’équation démocratique, et instituer une vraie démocratie directe participative neutre en commençant par l’écriture d’une nouvelle constitution par les citoyens, suivie d’un référendum pour la ratifier. Tout le reste est une perte de temps, de l’auto-tromperie, et c’est faire le jeu de nos ennemis.

  15. Bonjour Tristesse #85 : Les Gilets jaunes contre l’État

    httpv://www.youtube.com/watch?v=5sVzJujmzH0

  16. [RIC ?] JE SUIS TON MAÎTRE, L’ÉLU

    (Suggestion : musardez sur le premier blog du site du Plan C, on y trouve des merveilles, table des matières à droite 🙂 :

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2014/01/22/364-je-suis-ton-maitre-l-elu )

  17. Bonjour

    Pour les législatives, on pourrait voter pour des CANDIDATS tirer au sort parmi des volontaires (qui auront fait acte de candidature auprès de leur mairie).
    Avec 10 candidats par département cela devrait aller; cela donne du choix et de la diversité . 100 députés pour le pays c’est bien assez vu qu’ils ne seront là que pour enregistrer et mettre en forme les propositions des RIP.

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