[Arrêter les ravages de la classe nuisible et de la classe obscène] Excellent Frédéric Lordon – Bourse du travail – Et si on essayait quelque chose ? 4 avril 2018

Frédéric Lordon – Bourse du travail – Et si on essayait quelque chose ? 4 avril 2018

[… ] Nous sommes là parce que nous nous sentons requis. Nous nous sentons requis par un moment important, décisif peut-être.

Il y a du malheur dans ce pays, des gens souffrent seuls et ne se rencontrent pas. Certains choisissent même d’en finir et qui appartiennent désormais à des classes sociales qu’on n’aurait jamais imaginées.

À un moment, il faudra mettre en ordre le vocabulaire : quand des politiques publiques, continûment poursuivies depuis 30 ans, conduisent ainsi directement des gens à s’abîmer ou à se supprimer, comment faut-il les qualifier ?

Je retiens de justesse quelques mots qui me viennent à l’esprit mais au minimum, ce sont des politiques qui sont passibles de procès publics.

Il y a quelque temps j’ai proposé moitié pour rire, moitié pour provoquer, et une troisième moitié éventuellement pour réfléchir un peu, de considérer ce que j’ai appelé « la classe nuisible ». Alors si ça en agace quelques–uns, on peut l’appeler autrement, c’est vrai que ce n’est pas très gentil : la classe béate, la classe pharisienne, mais en gros, tous les ravis de la mondialisation, qui non seulement cautionnent mais applaudissent à l‘installation des structures du malheur des autres, n’en ont aucun égard, et pour finir, leur font la leçon à coup de généralités édifiantes.

Mais la classe nuisible est surmontée d’une fraction encore plus étroite qu’il faudrait appeler « la classe obscène ». Si vous croyez que j’exagère, écoutez, tendez l’oreille. Il ne se passe presque plus qu’une journée sans que quelques représentants de la classe obscène ne viennent déposer sa bouse… La classe obscène, c’est ce député macronien, entrepreneur enrichi qui vient expliquer que « ça suffit cette obsession pour le pouvoir d’achat parce qu’il y a quand même d’autres choses dans la vie» ; c’est cet autre qui soutient qu’il y a tout au plus une cinquantaine de SDF dans Paris et qui ont choisi d’y être ; ou bien ce sinistre individu qui suggère dans les colonnes du Point qu’on compte les décès liés aux grèves. Et bien comptage pour comptage, il faut relever le défi, et carrément même !

À quand, par exemple, un livre noir mondial du néolibéralisme ? Livre noir de l’ajustement structurel au sud, de la mise au travail des enfants en Afrique, du massacre de la Grèce, des décès climatiques aux suicidés bien de chez nous…

La classe obscène veut compter ? C’est parfait, on va compter avec elle. À ceci près, que nous ici, on ne veut pas seulement compter, on veut arrêter le compteur.

Alors on va dire que j’extravague, qu’il n’est question après tout que d’une simple dérégulation du transport ferroviaire demandée par l’Europe… Je réponds qu’il ne faudra pas 5 ans pour que la SNCF connaisse sa vague de suicides comme avant elle Orange, La Poste, et les hôpitaux … Nous ne laisserons pas faire ça !

La vérité c’est que partout où ils passent depuis 30 ans, les fanatiques qui se présentent comme des modernisateurs, des pragmatiques et des bâtisseurs sèment l’inefficacité, l’absurdité managériale et la démolition. Car voilà la vérité : ce sont des bousilleurs, ce sont des démolisseurs. Ils démolissent les collectifs, ils démolissent un état d’esprit, celui du service du public, et pour finir, ils démolissent les personnes.

Beaucoup d’entre nous sans doute voudraient que le corps social en soit à tout renverser dans un élan révolutionnaire. Le minimum de réalisme, c’est de constater que nous n’en sommes pas là. Mais que voit-on à la place ? Nous voyons cette chose toute simple, et en même temps assez profonde : les gens ont le goût de bien faire leur travail. Ils n’en sont pas exactement à renverser le système de l’exploitation et pourtant ce capitalisme n’en a pas moins été assez con pour leur saccager le travail, et ça, ça les rend malades, et puis ça les rend furieux. Ils ont raison.

Après déjà de trop nombreuses étapes, les ordonnances SNCF ne sont qu’une extension supplémentaire du domaine du saccage, du saccage général. C’est bien pourquoi tous les secteurs du salariat peuvent se retrouver dans la lutte d’aujourd’hui, pourvu que soit porté au jour, ce lien invisible qui les relie tous, parfois sans qu’ils le sachent. Nous sommes ici pour contribuer à ce que ce lien apparaisse, pour le construire au besoin.

Toutes les forces de l’argent et des médias de l’argent vont se dresser contre nous, comme en chaque grande occasion, comme en 1995, comme en 2005 avec le TCE, en 2010 avec les retraites… Les médias vont révéler leur parti; nous aurons droit à tout : nous aurons droit aux sondages à la con, aux micro trottoirs à la con, aux éditocrates à la con, avec leurs trois mots de vocabulaire : grogne/galère/otage. Parce qu’il leur suffit de trois mots pour appareiller leur haine viscérale de tous les mouvements sociaux. Et ce sont les organes de la bourgeoisie tels qu’en eux-mêmes l’éternité les laisse…

Mais même un film de reconstitution historique de série B ne voudrait pas de pareils cabots, de tels tocards ! Ils sont too much, ils sont épais, ils sont ridicules, et finiraient par faire passer le scénariste pour un débile. Mais c’est notre réalité à nous. Et quelle misère de voir de plus en plus souvent le service public leur emboîter le pas.

Toutes ces forces vont se scandaliser que nous ayons à la bouche, les mots de la bataille mais, elles, mènent la bataille. La leur. L’oligarchie allume partout la guerre sociale et puis vient s’offusquer que ce que les gens entrent en guerre : « Comment les gueux n’ont-ils pas le bon goût de se laisser équarrir en silence? » !

Et ils ne se laisseront pas faire ; nous ne laisserons pas faire ça ! Et à la place nous ferons autre chose. Nous savons que nos moyens sont limités mais peut-être avons nous celui de la catalyse.

Une vapeur plane sur tout le pays, une vapeur de souffrance, mais aussi de colère et peut-être même de scandale social ; une vapeur de désir également, le désir de se rassembler pour constituer une force et mettre un terme à cette agression sans fin.

Si Macron s’imagine qu’avec les ordonnances SNCF, il veut s’éviter un conflit de cheminots sur le dos, il se trompe et de beaucoup, car pas de bol pour lui, une chimie du malheur général est en train de s’opérer. Les gens étaient malheureux quand ils étaient seuls, ils découvrent qu’ils ne le sont pas ; ils se rassemblent et alors le malheur se convertit en rage, en énergie pour lutter, comme quoi la chimie apporte parfois d’excellentes nouvelles.

Quant à Macron, c’est le fou du labo 4, c’est le chimiste malgré lui. Si le macronisme a une seule vertu, c’est de rendre de plus en plus visible à tous, la cohérence d’une offensive généralisée.

Il faut porter cette évidence au dernier degré de clarté dans les têtes. Il faut que tous sachent qu’ils sont tous candidats à y passer et qu’ils sachent aussi qu’ils ont les moyens de faire dérailler le convoi.

Il faut que toutes les personnes qui constituent la masse deviennent pleinement conscientes de ce qui les attend car c’est la même chose qui les attend toutes ; et c’est à cette condition que la masse proprement devient masse.

Alors, la masse tout naturellement trouve le moyen de son auto-défense, c’est le mouvement de masse. On nous demande ce que nous voulons, voici la réponse : nous voulons le mouvement de masse. Si l’offensive est générale, nous voulons le débordement général.

Il faut dire à tous ceux qui se sentent dans le malheur qu’il y a une issue : ne restez pas seuls ! Rassemblez-vous ! Luttez ! Luttons ! C’est le moment !

Frédéric Lordon.

https://soundcloud.com/user-898678423/podcast-reunion-publique-a-la-bourse-du-travail à la minute 1:19:20.

10 réponses à “[Arrêter les ravages de la classe nuisible et de la classe obscène] Excellent Frédéric Lordon – Bourse du travail – Et si on essayait quelque chose ? 4 avril 2018

  1. C’est super.
    On devrait lire cela dans tous les lycées et l’afficher partout.

  2. Lionel Palazzi

    Les traités inébranlables de l’UE érigent en religion l’égocentrisme des classes obscènes (loi du marché supérieure). Tant que nous les respectons, l’espoir de changement réel du rapport de force est vain. Si les ordonnances SNCF gagnent, le symbole sera si fort qu’il terrassera même l’espoir virtuel. Tout mon soutien à la lutte symbolique du dernier rempart. Contribution à la 3e moitié car j’ai espoir, qu’un jour, la lutte serve à nous libérer.

    • Cette loi du marché n’est pas supérieure ! Elle est inférieure ! Commencer par mettre les vrais mots à leurs places nous aidera peut-être ! Tant que l’argent sera virtuel , il n’y a pas d’espoir ni virtuel , ni réel ! Garder cependant l’espoir de vie en nous et continuer avec du cash alternatif réel qu’ils pourront bien sûr combattre avec l’inquiétude de perdre aussi pour eux comme pour nous en ce moment ! Rêver avec espoir et courage !
      F.Lordon est toujours aussi animé que l’an dernier !
      Bonne journée combattive !

  3. Un tel élan littéraire et poétique est digne du plus grand Victor Hugo. Il n’est pas surprenant qu’Etienne Chouard y soit sensible. Avec Frédéric Lordon, étonnant trait d’union entre l’economie et la philosophie, de tels éclats de vérité transcendent la grisaille politique. Merci Lordon.

  4. MAIS QUELLE FORME DOIT PRENDRE LA LUTTE ?
    Les référendums sont niés, les grèves sont peu efficaces, alors ?

    Donc, il va falloir lacher la politique de papa (l’élection) et faire de la politique nouvelle, c’est à dire de terrain, concrete, s’organiser avec son voisin, sa rue, son quartier, etc.
    Reprenons à notre compte, le slogan des publicitaires de Macron : Mettons nous en marche ! (mais pour de vrai, pas pour de faux pour gagner les élections)
    Cessons d’être leur complice, cessons de participer à leur jeu. Pas facile.
    Il est donc plus qu’urgent de quitter le navire de l’oligarchie dès à présent et de s’engager dans la construction d’une alternative pour qu’au moment de l’impact il ne resta dans le navire que les oligarques eux-mêmes.

    Cette alternative existe, dispersée entre une multitude d’associations, d’initiatives locales, de prises de conscience individuelle, d’individus isolés, etc.

    Mais ces mouvements de résistances par la construction d’alternatives, oeuvrent chacun dans leur domaine, sans vue d’ensemble et sans liens entre eux. C’est une bonne chose pour passer sous les radars, mais il faut aussi une coordination et un objectif commun avec une stratégie commune et partagée.
    Aujourd’hui, désobéir c’est participer à la construction de l’alternative (tel Noé construisant son arche ?) pour que ce monde alternatif en émergence continue de se développer et de permettre à chacun de nous de quitter le navire de l’oligarchie.
    Deux axes :
    1 -- alimenter l’alternative :
    A chacun en son âme et conscience à faire selon ses forces, dans son domaine, ne serait-ce qu’un petit quelque chose, comme semer des graines en diffusant des informations, en faisant connaître, en participant à des mouvements locaux.
    2 – abandonner le système oligarchique :
    Des pistes, par exemple : https://www.colibris-lemouvement.org/

  5. L’oligarchie ne cédera qu’à partir du moment où nous toucherons à son porte monnaie. Dans les assemblées la « grève générale » est acclamée régulièrement. Mais elle tarde à venir.
    La proposition de Bernard Friot de développer, d’étendre, le déjà là, une amplification de la cotisation pour abonder une caisse d’investissement est une voie toute tracée à emprunter.
    Elle permet de se passer du prêt à intérêt, première pierre de déconstruction de l’accumulation du capitalisme. Son autre mesure phare est l’abolition de la propriété lucrative en instituant la propriété d’usage des moyens de production, deuxième pierre de déconstruction de l’accumulation capitaliste.
    Ces deux mesures sont du déjà là depuis que le Régime général de la sécurité sociale en 1945 a remplacé la multitude de caisses pré-existantes. Le Régime général a permis l’investissement dans la construction de tous nos CHU et leur fonctionnement jusqu’aux contre réformes qui ont abouti récemment à la tarification à l’acte. Il nous faut revenir à la caisse unique et à la progressivité du taux de cotisation.

  6. Tisser les luttes

    par Frédéric Lordon, 8 avril 2018

    Donc le 5 mai. Mais quoi le 5 mai ? Et pourquoi si loin ?

    La fragmentation des dates, des cortèges et des revendications sectorielles est un fléau. Si ces luttes n’aperçoivent pas qu’elles se fondent toutes dans une cause commune, et que leur réel objectif c’est cette cause commune, elles seront toutes défaites. Or c’est l’évidence : si la chose est plus abstraite qu’une grille ou un statut, c’est quand même bien d’une unique matrice que vient le poison qui dévaste tous les secteurs du travail. Appelons-la néolibéralisme pour faire simple. Nous savons en quoi il consiste : en la soumission de toute activité humaine à la rationalité managériale sous contrainte de concurrence généralisée. C’est-à-dire à la déshumanisation de tout. Le spectacle du forçage n’est jamais si frappant que lorsqu’il se donne dans le secteur public, converti au knout à des logiques qui lui étaient radicalement étrangères. Pierre Bourdieu n’exagérait rien quand il parlait d’enjeux civilisationnels en 1995 (1). Lorsque la manière, l’état d’esprit, la forme des relations, en quoi consiste le service du public est remplacé par la subordination aux seules logiques du nombre, c’est bien en effet d’une destruction civilisationnelle qu’il s’agit.

    La matrice du désastre

    On n’en trouve sans doute pas d’illustration plus grotesque ni plus misérable que la proposition par La Poste d’un service « Veiller sur ses parents », offre très finement segmentée et tarifée en fonction de prestations dûment calibrées, et dont on voit immédiatement à quoi elle conduit : ce que le postier faisait de lui-même, porteur conscient d’un rôle social, ne comptant pas son temps, devient un enfer de standardisation d’où toute présence humaine est vouée à s’absenter. Comme toujours, le déchirement passera au travers des individus, encore remplis de leur manière ancienne et qui ne renonceront pas comme ça aux exigences élémentaires du contact humain, mais désormais asservis à la grille des temps, l’objectif du nombre de vieux et du bénéfice par vieux à tenir.

    Voir le dossier services publics « L’intérêt général à la casse » dans Le Monde diplomatique d’avril 2018, en kiosques. Voilà comment, en effet, on détruit un monde. Il n’est pas un hasard que l’homme qui préside à ce désastre soit Philippe Wahl, ex-membre du cabinet de Michel Rocard, le premier ministre chéri de la gauche de droite, célébré par toute la classe nuisible énamourée, médias de marché en tête, comme l’homme de la modernité, quand sa responsabilité historique réelle aura été d’ouvrir tout le secteur public à la destruction néo-managériale. Les infirmières et les médecins à bout, les soignants et soignantes des Ehpad au désespoir, l’université ravagée, les suicides à Orange, à La Poste, immanquablement à la SNCF, voilà l’héritage historique réel de Michel Rocard.

    La dette aura été le levier de cette conversion forcée, elle-même précédée par une stratégie particulièrement vicieuse de paupérisation délibérée du service public (2). Starving the beast annonçaient déjà les néolibéraux américains dans les années 70. Et rien de plus simple ! Il suffit de baisser massivement les impôts pour, comptant avec l’inertie relative des dépenses, ouvrir immédiatement des déficits. Et dégager le terrain pour le tapis de bombes idéologique – l’impossibilité de vivre au-dessus de ses moyens, l’État en faillite, la dette à nos enfants. Alors commence l’ajustement du côté des dépenses. Et la paupérisation est en marche. La dégradation du service n’est plus qu’un appel clignotant à la privatisation. Quant à certaines entités para-publiques, elles n’ont plus le choix pour survivre que de s’endetter. Toute la logique du travail s’en trouve réorganisée autour de la seule contrainte financière. Comme l’a rappelé Bernard Friot à Tolbiac le 3 avril en évoquant l’hôpital, les soignants des années 1970 qui étaient au bonheur de soigner pour soigner, connaissent désormais le malheur d’avoir à soigner pour rembourser.

    Voilà comment après avoir intensifié l’asservissement actionnarial dans le privé, on soumet le public lui aussi à l’empire du nombre. Voilà la matrice où les Carrefour, les Ehpad, les hospitaliers, les postiers, les cheminots bientôt, et tant d’autres, trouvent leurs malheurs. Bourdieu, parlant de la misère du monde, enregistrait les effets, ici se tient leur foyer.

    Il arrive parfois qu’un ensemble impersonnel de structures se trouve son incarnation parfaite. Rarement l’histoire nous aura fait la faveur d’une personnification aussi criante de vérité : un banquier d’affaire, porté au pouvoir par toutes les forces de l’argent, presse de l’argent en tête. Il est la zombification managériale du monde en personne, incapable de comprendre une situation humaine hors des abstractions du nombre. Toute confrontation avec un individu réel, autre qu’un entrepreneur du numérique, est vouée au désastre communicationnel. Le « dialogue » entre Macron et une infirmière du CHU de Rouen, si l’on peut appeler « dialogue » le fracassement d’une parole vivante contre le mur de l’autisme comptable, pourrait rester comme le résumé parfait d’une époque, la terrible confirmation du propos de Friot : l’une dénonce le manque des moyens pour que puissent travailler convenablement « des gens qui ici se donnent un mal de chien », l’autre répond par le ratio du déficit public et de la dette par rapport au PIB – non sans invoquer, comme de juste, « nos enfants ». Une caméra saisit la mine de commisération qui se peint sur le visage de la ministre Buzyn découvrant que les infirmières n’entendent rien à la macroéconomie de la dette publique, et en trois secondes d’un plan volé tout est dit.

    Un nombre contre un autre

    Notre vie est livrée à ces gens-là. Les arrêter de mettre méthodiquement toute la société à sac : tel est le sens du combat d’aujourd’hui. C’est peu dire qu’il excède celui des cheminots, ou des agents de la fonction publique, ou de n’importe quelle autre catégorie, même s’il les comprend tous. C’est pourquoi les luttes fragmentées, fixées sur leurs revendications propres, occupées seulement à « se compter », défilant en itinéraires différents (comme le 22 mars à Paris), arcboutées sur la grève de semaine comme l’unique moyen (qu’elle soit l’un des moyens, qui le nierait ?), portent la certitude de l’erreur stratégique, par méconnaissance des enjeux réels, et celle de la défaite. Car, comme souvent dans l’histoire, la victoire passe par le nombre. Un nombre contre un autre en quelque sorte ! Le nombre politique contre le nombre managérial (lire « Ordonnances SNCF : l’occasion »).

    Et voilà le sens du pari du 5 mai : réaliser le nombre politique. Le nombre frappe les esprits. Une manifestation nationale, de masse, n’est pas juste « une manif de plus ». C’est une démonstration de force. C’est pourquoi elle est un objectif en soi – même si elle n’est en fait qu’un objectif intermédiaire. Pour réaliser le nombre, dans la rue, il faut un week-end. Beaucoup, entendant l’initiative du 5 mai, se sont inquiétés qu’elle ne vienne que beaucoup trop loin. S’ils savaient comme nous le pensons aussi. Mais, posé l’objectif de la manifestation de masse, qui fait tout le sens de cette initiative, il suffit de prendre un agenda et de constater. 21 avril : trop tôt pour la logistique d’un tel événement. 28 avril : jour de grève des cheminots, pas de trains pour acheminer vers Paris. L’un et l’autre (21 et 28) au surplus en pleine vacances de printemps parisiennes. Première date réaliste : le 5 mai. […]

    Lire la suite :
    https://blog.mondediplo.net/2018-04-08-Tisser-les-luttes

  7. Macron est un nazilibéral, à l’image de son temps. En 1934, Marcuse avait déjà tracé les analogies entre nazisme et libéralisme. Celui-ci est plus fort que celui-là, car il s’accomode de tous les régimes. Aujourd’hui, il a le visage d’une démocratie dite représentative, qui multiplie allègrement les manipulations sémantiques bien connues : « réforme » pour coupe sociale, « modernisation » pour retour à l’esclavage, « mobilité » et « flexibilité » pour précarité, etc., j’en passe et des meilleures. Après le 20e siècle, comme on dit, le 19e. Mais qui avons-nous pour combattre ce caméléon humanivore ? Rappeler aux professionnels de la délégation politique ce qu’est le pouvoir constituant ? Nos amis Chouard et Lordon, et quelques autres, vaillants combattants de ce qui reste d’humanité et d’intelligence, sont joyeusement bannis des médias de masse, fabriques de l’opinion majoritaire. Ils ne font pas davantage partie des « sondés » ! La sondo-médiocratie les a classés depuis longtemps comme extrémistes, dangereux et insalubres (et je ne serais pas étonné qu’ils soient déjà fichés…) ! Alors que faire ? Se décourager et s’asseoir devant Koh Lanta, les feux de l’amour, Télésport, la saga Halliday, les chroniques criminelles et autres émissions parcs à bœufs qui cultivent l’abrutissement par la logique de la compétition et de l’élimination de l’adversaire, la glorification du fric, l’éloge du confort monospace et le culte des « forces de l’ordre » ? J’irai à la manif du 5 mai, mais franchement, je suis un peu désespéré, et il me prend l’envie d’aller élever des moutons au fin fond du Cantal. Que faire docteur ?

  8. La grève SNCF. Simple. Basique :

  9. Vol des biens publics. Chaque jour un scandale de plus, sur l’ardoise des voleurs de pouvoir et du faux « suffrage universel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois). Après les autoroutes, aujourd’hui, les barrages :

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