[Prétendu « complotisme » de nos meilleurs lanceurs d’alerte] Remarquable réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’État profond »

Je reproduis ici intégralement le remarquable droit de réponse de Peter Dale Scott au journal Marianne, qui l’a traité de « conspirationniste » pour ses études (absolument formidables) sur l’État profond américain. Je recommande d’ailleurs chaleureusement tous les livres de Peter Dale Scott, tous très solidement documentés et littéralement bouleversants.

On commence à voir clairement 1) que l’accusation-même de « complotisme » n’est quasiment plus utilisée que par des collabos du système de domination, dont le sale boulot est d’empêcher qu’on puisse même désigner l’oppresseur, et 2) que les cibles de cette accusation de « complotisme » sont souvent les plus valeureux résistants. « Complotiste » et « conspirationniste » deviennent ainsi progressivement une sorte de légion d’honneur des vrais résistants.

Bon courage à tous les intrépides (et indispensables) dénonciateurs de complots, partout sur terre.

Étienne.

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Réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’Etat profond »

Source : Marianne : https://www.marianne.net/debattons/tribunes/reponse-de-peter-dale-scott-notre-article-sur-le-concept-d-etat-profond

Peter Dale Scott (avec Maxime Chaix) :

J’ai été récemment dénigré sur Marianne, et les accusations portent gravement atteinte à mon honneur ainsi qu’à ma réputation. Je suis donc tenu d’exercer mon droit de réponse. En effet, selon Marianne, « le concept [d’État profond] séduit aussi les conspirationnistes et plus particulièrement l’auteur canadien Peter Dale Scott » – une affirmation qui ne peut que me discréditer. M’assimilant à tort à l’extrême droite, votre magazine rappelle ensuite qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen avait évoqué mes travaux lors d’une interview. Homme de gauche et défenseur de la non-violence, j’ai œuvré pendant des décennies pour diffuser les idées humanistes de Jürgen Habermas, d’Hannah Arendt, de Mario Savio ou de Czesław Miłosz. Au demeurant, je peine à comprendre comment l’on peut me reprocher le fait qu’un géopoliticien – qui a depuis rompu avec le FN et que je ne connais pas personnellement –, ait apprécié mes écrits.

Marianne m’attribue ensuite une définition de l’État profond qui n’est pas la mienne, expliquant que je porterais « la vision, beaucoup plus complotiste, “d’un État dans l’État”« , une notion que je critique pourtant dans mon dernier livre. J’ai donc demandé à mon éditeur de publier le second chapitre de cet ouvrage paru en 2015. J’espère que cette démarche contribuera à enrichir le débat sur cette question, et qu’elle prouvera à vos lecteurs que j’écris non pas des divagations complotistes, mais des analyses rigoureuses et solidement documentées. D’ailleurs, puisque ma crédibilité est mise en cause, je me dois de rappeler que de nombreux experts ont mis en avant la qualité de mes recherches.

En effet, mon livre La Route vers le nouveau désordre mondial a été vivement recommandé par le général d’armée Bernard Norlain, qui l’a recensé en 2011 alors qu’il dirigeait la prestigieuse Revue Défense Nationale. Au vu de sa carrière, nul ne peut soupçonner ce général 5 étoiles d’être un « conspirationniste », bien au contraire. À la suite de cette recension, mon ouvrage a été conseillé par le général Alain Lamballe (Le Milieu des Empires), et par l’École militaire spéciale de Saint-Cyr. Ce livre est également disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris, un institut où j’ai étudié en 1950, et il a été recommandé par le géopoliticien Jean-Marie Collin – qui vient d’ailleurs de remporter un prix Nobel de la paix à titre collectif pour son travail au sein du réseau ICAN. Ce livre a aussi été recensé positivement dans le magazineDiplomatie, et il a fait l’objet d’une critique élogieuse de la part de Jean-Loup Feltz dans la revue Afrique contemporaine, qui dépend de l’Agence Française de Développement. Ayant recommandé mes travaux, ces experts sont-ils, eux aussi, des « conspirationnistes » ? On peut légitimement en douter.

Intitulé La Machine de guerre américaine et publié en 2012, mon second ouvrage traduit en français a connu le même succès chez les spécialistes. En effet, le général Norlain l’a vivement conseillé dans la Revue Défense Nationale, puis le lieutenant-colonel et historien Rémy Porte l’a recensé positivement. Ce livre fut égalementrecommandé par Daniel Ellsberg – le précurseur des lanceurs d’alerte actuels –, etL’Humanité l’a chroniqué favorablement, à l’instar du magazine Diplomatie qui l’a mis en avant à l’occasion d’une nouvelle interview. Comme le précédent et le suivant, ce livre est disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris. Par ailleurs, ma conception de l’État profond explicitée dans cet ouvrage a été reprise par le commissaire divisionnaire, ex-officier de la DST et criminologue Jean-François Gayraud. Ainsi, réduire ma vision du système de l’État profond à une « nouvelle marotte du FN soufflée par Trump » me semble un peu léger.

Dernier livre de la trilogie, L’État profond américain résume, selon Daniel Ellsberg, « plus de quatre décennies de recherches « , qualifiant cette analyse de «  méticuleuse, brillante et magistrale. » Ancien spécialiste au Pentagone et à la RAND Corporation, M. Ellsberg est décrit comme un pionnier par Edward Snowden et d’autres lanceurs d’alerte. Soulignons également que mon livre a été recommandé dans le numéro 100 de la Revue Internationale et Stratégique de l’IRIS, qui nous en offre un pertinent résumé. Il a également été conseillé dans Paris Match par le grand reporter François de Labarre, qui a jugé mon ouvrage suffisamment crédible pour le recenser favorablement en tant que « livre de la semaine« .

Vous en conviendrez, les experts, auteurs, journalistes, magazines, revues et journaux précités ne sont aucunement « conspirationnistes ». J’espère donc que ma réponse permettra de laver mon honneur, et de clarifier utilement ma définition de l’État profond. Bien entendu, libre à quiconque de la critiquer, mais je préférerais qu’on le fasse après l’avoir étudiée sérieusement, sans m’associer à des idées extrémistes que je combats depuis des décennies.

Peter Dale Scott.

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Vous pouvez feuilleter ci-dessous le précieux chapitre 2 du livre L’État profond américain, chapitre offert par les Éditions Demi-Lune (très courageux éditeur)  :

Peter Dale Scott, L'État profond américain, chapitre 2

Fichier pdf à télécharger ici :
http://www.editionsdemilune.com/media/extraits/l-etat-profond-americain/EDL-EPA-Chapitre-2.pdf


Voici donc les trois précieux bouquins cités dans ce droit de réponse, trois livres que vous devriez tous avoir chez vous, à la fois pour les lire et pour les faire connaître autour de vous. Ces livres sont pa-ssio-nnants :


http://www.editionsdemilune.com/la-route-vers-le-nouveau-desordre-mondial-p-36.html



http://www.editionsdemilune.com/la-machine-de-guerre-americaine-p-45.html



http://www.editionsdemilune.com/letat-profond-americain-p-58.html?zenid=a212b3d822732b53cd74cbc25a6d6118


Rappel du billet que j’avais publié sur ce dernier livre en juillet 2015 :

[Passionnant et important] Peter Dale Scott, « L’État profond américain. La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle ».

http://chouard.org/blog/2015/07/18/passionnant-et-important-peter-dale-scott-letat-profond-americain-la-finance-le-petrole-et-la-guerre-perpetuelle/


Enfin, je vous recommande cette très intéressante vidéo où Peter Dale Scott explique (en français !) son travail à l’équipe de Thinkerview :

Peter Dale Scott, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Berkeley, Californie. Il a travaillé durant quatre ans (1957-1961) pour le service diplomatique canadien. Expert dans les domaines des opérations secrètes et du trafic de drogue international. Il est connu pour ses positions anti-guerre et ses critiques à l’encontre de la politique étrangère des États-Unis.

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

 


Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155941693062317

10 réponses à “[Prétendu « complotisme » de nos meilleurs lanceurs d’alerte] Remarquable réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’État profond »

  1. Signalé par Slobodan Despot :

    BIG BROTHER | Les vraies origines de Google

    Vous souvenez-vous d’Archie? D’Alta Vista? De Lycos? De Yahoo! Non? C’est que vous êtes trop jeunes. Au début de l’internet, ces outils se partageaient le «marché» des annuaires de recherche. Puis Google a débarqué et ils ont tous disparu, comme des dinosaures, et avec la même mystérieuse rapidité.

    Google est peut-être «né dans un garage» comme le répète mécaniquement la légende dorée de l’internet. Mais on s’est peu penché sur les vrais sponsors du garage en question. Et puis aussi sur les raisons et la manière dont l’algorithme de Page et Brin a réussi à effacer aussi définitivement la concurrence (un peu comme Facebook quelques années plus tard). Sa performance et sa qualité? Sans doute. Mais les étudiants à sweater de Stanford ont aussi reçu un petit coup de pouce venant des messieurs à cravate noire.

    C’est ce parrainage qu’étudie Jeff Nesbit dans un passionnant article publié sur Quartz et dont le titre fait office de résumé: «La véritable origine de Google réside en partie dans les subsides de recherche octroyés par la CIA et la NSA pour la surveillance de masse».

    Théorie du complot? Peut-être. Mais Jeff Nesbit n’est pas n’importe qui. Romancier, directeur d’ONG et essayiste, il fut aussi l’un des plus éminents mandarins du système de communication américain sous les administrations Bush et Obama.

    Quel conspirationniste non agréé aurait osé, par exemple, écrire ceci:

    «L’histoire de la création délibérée de l’Etat de surveillance de masse moderne comprend des éléments liés à l’origine surprenante, et largement méconnue, de Google. C’est une genèse un peu différente de celle dont le public a eu connaissance, et elle explique ce que les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, ont entrepris de construire et pourquoi.

    Mais ce n’est pas seulement la genèse de Google: c’est la genèse de l’Etat espion lui-même, et de ce qui l’a financé.»

    PS — Si vous ne tenez pas à être radiographiés jusqu’à votre dernier recoin de vie privée, vous pouvez toujours faire tourner des moteurs de recherche plus pudiques, comme DuckDuckGo ou le français Qwant

    Slobodan Despot

    Source : http://log.antipresse.net/post/big-brother-les-vraies-origines-de-google

  2. SAVOIR RECONNAÎTRE UNE DICTATURE

    Les journaleux se lisent entre eux, pratiquent la « circulation circulaire de l’information » (Bourdieu) et font bien attention à ne pas qualifier de dictatorial un régime théocratique où l’on décapite, lapide, voile les femmes, emprisonne ou tue les opposants.

    Le mot juste est donc : ultra-conservateur. La preuve :

    • Ouest France : Pays ultraconservateur, l’Arabie saoudite était le seul au monde à interdire la conduite aux femmes.

    • Boursorama : En Arabie Saoudite, un royaume ultraconservateur régi par une version rigoriste de la loi islamique…

    • Le Parisien : Les femmes du royaume ultra-conservateur sont désormais autorisées à…

    • Le Progrès : Mais les autorités ultra-conservatrices promettent toutefois que si l’expérience s’avère…

    • CNEWS Matin : Cette annonce est un grand pas pour ce pays ultraconservateur où les femmes…

    • France Info : Du jamais-vu dans ce royaume ultraconservateur.

    • LC I : … premiers pas d’une lente évolution dans ce royaume ultraconservateur….

    • Libération : …une ouverture de plus dans ce royaume ultraconservateur musulman…

    • L’Obs : La publicité sera diffusée dans le royaume ultra-conservateur qui vient tout juste d’autoriser les femmes à conduire…

    • 20 Minutes : Une femme élue pour la première fois dans le royaume ultra-conservateur…

    • L’Express : Le royaume ultraconservateur saoudien de la péninsule arabique…

    • Etc.

    Pour nos médias, une dictature se reconnait à ce qu’elle organise 25 élections en 18 ans, que la presse est majoritairement dans l’opposition, que les femmes s’affichent dans la tenue qui leur plaît (photo, sur une plage du Venezuela) et que le président s’appelle Nicolas Maduro et non pas Prince Mohammed ben Salmane (notre ami le).

    Théophraste R. (Auteur du roman « La rencontre du sabre et des vertèbres, ou la démocratie princière »).

    Source : Le Grand Soir,
    https://www.legrandsoir.info/savoir-reconnaitre-une-dictature-5673.html

  3. Lu sur Facebook :
     » tiens, en parlant de complotisme, nos médias ont omis de nous dire que Julian Assange à obtenu la nationalité équatorienne et les USA sont furieux surtout qu’il va en toute logique, dans quelques mois, obtenir un poste diplomatique avec passeport« 

  4. Lundi 15 janvier 2018 :

    Les riches, grands gagnants des premières mesures de Macron, selon l’OFCE.

    D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques, « les 5 % de ménages les plus aisés capteraient 42 % des gains » liés aux réformes d’Emmanuel Macron.

    Jeudi 28 septembre 2017 :

    Le Secours populaire face à « un raz-de-marée de la misère ».

    « Un raz-de-marée de la misère » : le président du Secours populaire particulièrement touché par les retraités qui demandent à manger.

    En marge de la manifestation des retraités contre la hausse de la CSG, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, a témoigné jeudi 28 septembre sur franceinfo du « drame » des personnes âgées touchées par la pauvreté. Celui qui le touche « le plus ».

    « Le nombre de personnes âgées qui viennent demander de l’aide au Secours populaire français est en augmentation croissante, a-t-il détaillé. L’année dernière, nous avons aidé trois millions de personnes en France et il y avait parmi elles de nombreux retraités. C’est un raz-de-marée de la misère. »

    « C’est le drame qui me touche le plus, voir des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui viennent demander à manger au Secours populaire, c’est vraiment douloureux. »

    http://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/un-raz-de-maree-de-la-misere-le-president-du-secours-populaire-particulierement-touche-par-les-retraites-qui-demandent-a-manger_2393236.html

    • Je compatis vraiment !
      https://www.restosducoeur.org/chiffres-cles/
      Je leur souhaite des jours bien meilleurs , surtout à ceux qui viennent aux deux endroits …. voir même la croix rouge en plus !
      Je préfère de loin le monde migratoire , c’est plus franc !
      Ce que j’aime au secours populaire de ma ville , c’est sa foire aux livres annuelle ! Çà , c’est génial ….mais c’est comme le reste , quand c’est chouette , ça s’épuise !
      Merci pour ce clin d’oeil aux assos

  5. À propos du complot permanent des riches contre la sécurité sociale :

    Urgences sous tension : “ Du jamais vu ”


    https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/urgences-sous-tension-du-jamais-vu

    Mon commentaire : Le problème c’est qu’il n’y a presque plus que des fake journalistes (au service de 10 milliardaires, qui haïssent la sécurité sociale et les cotisations sociales qui limitent leurs profits) pour informer la population, et donc personne pour aider les gens à VOIR LE LIEN (direct) entre les baisses des « charges » sociales depuis des décennies et la dégradation des services publics qui leur sont rendus.

    Il a fallu hier des citoyens dignes de ce nom pour créer la sécurité sociale ; il faudrait aujourd’hui des citoyens dignes de ce nom pour empêcher l’insécurité sociale.

    Voir le travail essentiel (pour la mémoire des luttes) de Michel Etievent et de Bernard Friot.

    Étienne.

    • Bonsoir ,
      le flux migratoire commence à prendre de l’ampleur sur le marché du travail !
      Signe que certains font bien leur boulot …. Reste à savoir comment seront remplies les fiches de salaires et surtout comment elles seront comprises ! C’est un parcours de combattant que de l’expliquer !
      L’asservissement de ces jeunes couve sans pouvoir intervenir , les nouveaux visages en place des inspecteurs trices du travail ont déjà priorité sur les choix des petits artisans pour court-circuiter d’éventuelles embauches colorées !
      Les barrières sont nombreuses , mais sans se décourager ….

  6. Des indices montrent « des fausses déclarations, la loi bafouée » dans la façon dont le FBI enquête sur les courriels de Clinton

    Par Tyler Durden – Le 2 janvier 2018 – Zero Hedge

    L’état profond s’est pris un œil au beurre noir et Clinton un autre clou dans son cercueil. The Hill de John Solomon rapporte que les Républicains participant à certaines commissions du Congrès racontent qu’ils ont découvert de nouvelles irrégularités et contradictions dans le rapport du FBI concernant Hillary Clinton et son serveur de courriels.

    « C’était une tentative pour cacher la misère, cacher les conclusions » dit Matt Gaetz (R-Fla.), un membre de la Commission juridique du Congrès qui a assisté à la séance d’information de McCabe [le directeur adjoint du FBI, NdT], avant les Fêtes. « Hillary Clinton a manifestement bénéficié de l’aide d’individus pour s’assurer qu’elle ne soit pas tenue responsable. »

    Dans ce qui semble être une preuve claire confirmant les craintes de favoritisme et de préjugés au sein du FBI, les législateurs ont dit à The Hill que, pour la première fois, ils ont trouvé des preuves écrites montrant que le FBI pensait bien que les indices indiquaient que certaines lois avaient été enfreintes lorsque l’ancienne secrétaire d’État et ses principaux assistants ont transmis des informations classifiées par l’intermédiaire de son serveur de courriels privé non sécurisé.

    Selon les législateurs ces preuves consistent en :

    1 – Des extraits des documents du FBI indiquant que le « volume conséquent » d’informations classifiées qui circulaient dans les courriels non sécurisés de Clinton était la preuve d’une infraction ;

    2 – L’aveu par un témoin clé dans l’affaire d’avoir fait de fausses déclarations.

    Le nom du témoin est expurgé des documents du FBI, mais les législateurs ont déclaré que c’était un employé d’une société informatique qui l’avait aidée à maintenir son serveur personnel après qu’elle a quitté sa fonction de haut diplomate américain. Ce témoin a admis tardivement qu’il avait effacé définitivement les archives de ses messages, en 2015, après qu’il avait été appelé à témoigner au Congrès.

    Les enquêteurs ont également confirmé que le FBI a commencé à rédiger une déclaration disculpant Mme Clinton de tout crime alors que des éléments de preuve répondant aux citations à comparaître étaient encore en suspens et ceci avant même que les agents n’aient interrogé plus d’une douzaine de témoins clés.

    Parmi ces témoins, on compte Clinton et l’employée de la firme informatique qui a effacé définitivement ses archives de courriels quelques jours seulement après l’audition au Congrès, ont déclaré les enquêteurs.

    En particulier, les législateurs de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants qui ont assisté à une séance d’information à huis clos organisée le 21 décembre par le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, ont déclaré que le fonctionnaire du FBI avait confirmé que les décisions d’enquête et d’inculpation étaient contrôlées par un petit groupe au siège de Washington, plutôt que par le processus normal consistant à permettre aux bureaux locaux d’enquêter.

    Le démocrate Jerrold Nadler (D-N. Y.) a même reconnu que la façon dont le FBI traitait le cas était unique mais a, bien sûr, déclaré que les Républicains politisaient le travail de leur commission.

    Le républicain Gaetz dit qu’il s’interroge de plus en plus sur le rôle que le département de la Justice d’Obama a joué dans cette affaire.

    « Je pense que nous avons plus de questions que de réponses vu ce que nous avons appris » estime Gaetz.

    Un législateur républicain du Congrès a déclaré à The Hill que son personnel avait également identifié au moins une douzaine d’interrogatoires qui ont été menés après le début de la déclaration, y compris des personnes ayant des informations clés sur la destruction possible de preuves ou sur l’intention de le faire.

    Le personnel de Chuck Grassley (R-Iowa), président de la Commission juridique du Sénat, avance un chiffre plus élevé : 17 témoins, dont Clinton, ont été interrogés alors que la décision avait déjà été prise.

    « Le fait de tirer une conclusion avant d’interroger des témoins clés et le suspect lui-même viole le principe même d’une bonne enquête. On ne s’enferme pas dans une théorie avant d’avoir les faits. La preuve, qui n’est pas encore publique, montre qu’ils se sont enfermés dans une théorie et ont ensuite négligé les faits qui la contredisent » déclare ce législateur du Parti républicain, ne parlant que sous réserve de l’anonymat car les documents n’ont pas encore été divulgués.

    Le président du Sénat a soulevé une autre préoccupation avant les vacances : le FBI n’a pas démarré d’enquête lorsque les archives des courriels de Clinton ont été définitivement supprimées de son serveur privé quelques jours après qu’une assignation à comparaître eut été émise par une commission du Congrès qui enquêtait sur l’attaque de 2012 contre le complexe diplomatique des États-Unis à Benghazi.

    Cette suppression d’archives a eu lieu le jour même où l’ancien chef de cabinet de Mme Clinton et son avocat ont reçu un appel de la société d’informatique qui s’est occupée de la suppression de ces fichiers à l’aide d’un logiciel anti-récupération appelé BleachBit, fait remarquer Grassley.

    « Vous avez une conférence téléphonique avec les avocats de la secrétaire d’État Clinton, le 31 mars 2015, et le même jour, ses courriels sont effacés à l’aide du logiciel spécial BleachBit par quelqu’un qui était présent lors de cette conférence téléphonique, a déclaré Grassley. Les courriels étaient des dossiers du département d’État sur assignation du Congrès. »

    « Qu’a fait le FBI pour enquêter sur cette apparente obstruction à la justice ? se demande Grassley. Selon les affidavits déposés à la Cour fédérale, absolument rien. Le FBI ne s’est concentré que sur le traitement des informations classifiées. »

    Comme le note The Hill, les deux parties sont susceptibles d’en apprendre davantage au cours du premier trimestre de 2018, lorsque l’inspecteur général du ministère de la Justice aura publié les conclusions initiales de ce qui est devenu une enquête approfondie sur le traitement par le FBI de l’affaire des courriels de Clinton, ainsi que sur la question de savoir si ses agents et superviseurs avaient des liens politiques, des conflits éthiques ou des préjugés qui auraient influé sur leur travail.

    Tandis que la résistance tente de faire basculer le récit vers Papadopoulos, et s’éloigne du cas de Page et de Trump, il devient de plus en plus clair d’où la vraie corruption émerge.

    Tyler Durden

    Traduit par Wayan, relu par Cat pour Le Saker francophone.
    http://lesakerfrancophone.fr/des-indices-montrent-des-fausses-declarations-la-loi-bafouee-dans-la-facon-dont-le-fbi-enquete-sur-les-courriels-de-clinton

  7. Banque de France: la stupéfiante promotion de Sylvie Goulard

    17 janvier 2018 par Laurent MAUDUIT
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/170118/banque-de-france-la-stupefiante-promotion-de-sylvie-goulard

    Emmanuel Macron a décidé de promouvoir Sylvie Goulard au poste de sous-gouverneure de la Banque de France. Pourtant, une cascade d’objections, de nature judiciaire, politique ou éthique, aurait dû disqualifier l’éphémère ministre des armées pour ce poste à la tête d’une institution réputée indépendante.

    C’est une promotion sans précédent dans l’histoire de la Banque de France, qui risque de faire des vagues en France mais aussi en Europe : au poste vacant de deuxième sous-gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Macron a décidé, lors du conseil des ministres de ce mercredi (le communiqué est ici), de nommer Sylvie Goulard, l’éphémère ministre des armées, en remplacement d’Anne Le Lorier. Pourtant, une cascade d’objections, de nature judiciaire, politique ou éthique, aurait dû la disqualifier pour entrer à la tête d’une institution qui, aux termes de la loi et des traités européens, est réputée indépendante.

    
Sylvie Goulard
    Sylvie Goulard

    La première objection coule de source. Nommée le 17 mai 2017 ministre des armées dans le gouvernement d’Édouard Philippe, elle annonce un mois plus tard, le 20 juin, qu’elle renonce à ses fonctions pour démontrer sa « bonne foi » dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, une affaire qui conduit également François Bayrou (justice) et Marielle de Sarnez (affaires européennes) à quitter le gouvernement et qui donne lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire.Si, au terme de cette jurisprudence, un dirigeant politique sur lequel pèse un soupçon d’emploi fictif, ne peut rester ministre et doit se tenir à l’écart d’une fonction publique importante, le temps que la justice fasse son office, pourquoi cela en serait-il autrement pour une fonction aussi importante à la Banque de France ? Pourquoi ce souci d’exemplarité devrait-il jouer dans un cas, mais pas dans l’autre ? C’est incohérent. Cela l’est d’autant plus que la Banque de France procède à l’agrément des banquiers de la place de Paris, et parmi les critères d’agrément, le premier est« l’honorabilité ». La première question en génère donc immédiatement une autre : comment la Banque de France pourrait-elle faire prévaloir cette disposition du code monétaire et financier si, dans le même temps, elle s’exonère elle-même de ce principe.

    Il est pour le moins paradoxal qu’Emmanuel Macron se moque de ces règles, au moment même où il a donné des instructions à la ministre de la communication pour demander à Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme, d’abandonner ses fonctions de PDG de Radio France, dans un souci précisément d’« exemplarité ». À croire que Radio France doit être exemplaire, mais pas la Banque de France ?

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    Autre problème majeur : la loi française, depuis la ratification par la France en 1992 du traité de Maastricht, stipule que la Banque de France est une institution indépendante, comme l’est la Banque centrale européenne. Depuis, jamais un dirigeant politique, proche de surcroît du chef de l’État, n’a fait son entrée au sein de la Banque de France. Le profil recherché était plutôt celui des hauts fonctionnaires, du type inspecteur des finances, qui pouvait garantir (au moins en apparence) le caractère « transpartisan » de la banque, selon le jargon qu’affectionnait en son temps Jean-Claude Trichet.Or Sylvie Goulard rompt avec cette tradition. Non seulement à cause de sa proximité avec la majorité présidentielle, mais aussi des nombreuses attaches qu’elle a longtemps entretenues avec des lobbys puissants.

    Dans une enquête publiée en octobre 2014 par Mediapart, Ludovic Lamant détaillait ainsi la situation des députés européens qui avaient des activités rémunérées et il relevait que quatre élues françaises figuraient dans les dix premières places de ce classement. Sylvie Goulard (UDI-MoDem), apparaissant au sixième rang. Elle déclarait ainsi toucher « plus de 10 000 euros brut » chaque mois, en tant que « conseillère spéciale » pour le think tank pro-européen lancé par l’homme d’affaires américain Nicolas Berggruen, aux côtés de Jacques Delors ou Mario Monti. « Ce sont des sommes brut, hors charges sociales », insistait Sylvie Goulard, jointe par Mediapart. « Il s’agit d’un think tank américain, qui ne dégage aucun profit, et qui pratique effectivement des rémunérations à des niveaux comparables à ceux des cabinets d’avocats américains. Son but est de travailler aux questions de gouvernance en Europe. »

    N’y a-t-il donc pas un conflit d’intérêts à ce qu’une personnalité ayant eu ces attaches rémunérées entre ensuite au sommet de la Banque de France ? Dans un billet de blog sur Alternatives économiques, Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne, va même plus loin : « Jusqu’à son entrée au gouvernement, elle avait été pendant huit ans députée européenne. En tant que membre titulaire de la commission parlementaire en charge des affaires économiques et monétaires (ECON), elle a été (co-)rapporteure de nombreux textes législatifs concernant notamment la supervision financière (celle des banques et celle des assurances) et l’Union bancaire. Les mauvaises langues disent d’elle qu’il lui arrivait de recopier textuellement les amendements proposés par la Fédération bancaire européenne et la Fédération bancaire française. » Aucune preuve de cette assertion assassine n’est donnée, mais elle est véhiculée par beaucoup d’économistes.

    À toutes ces critiques, l’économiste français Romain Rancière, professeur à l’université de Californie du Sud, ajoute celle qui a trait à la compétence. Il fait en effet valoir que si l’ex-députée à Strasbourg connaît bien les questions européennes, ses compétences sont de nature diplomatique ou juridique, et pas économique. Or la complexité de la politique monétaire, qui est de la compétence des banques centrales, ne s’improvise pas. C’est si vrai que des économistes sont de plus en plus souvent choisis pour piloter des banques centrales, par exemple en Irlande ou en Estonie. L’économiste fait encore valoir qu’un banquier central doit être neutre politiquement.

    Comment certains pays, à commencer par l’Allemagne, vont-ils réagir à cette nomination ? Du temps où il officiait à La Tribune – il nous a depuis rejoints à Mediapart –, Romaric Godin avait raconté dans une enquête l’histoire du gouverneur de la banque centrale chypriote, qui avait dû démissionner de ses fonctions en mars 2014 – ce qui éclaire notre interrogation. Après un an de guerre de tranchées avec le président Nikos Anastasiadis, le gouverneur de la banque centrale de Chypre (CBC), Panikos Dimitriadis, avait dû jeter l’éponge. Nommé en mai 2012 par le précédent président, le communiste Dimitris Khristofias, Dimitriadis était immédiatement devenu la bête noire de la nouvelle administration arrivée au pouvoir en mars 2013, en pleine tempête financière qui avait porté le pays dans les bras de la troïka. Or dans la bataille qui avait conduit à mettre sur la touche le banquier central, Francfort avait aussi pesé, n’appréciant guère ce gouverneur partisan d’une politique favorisant la croissance. Preuve que l’Allemagne est toujours très sourcilleuse sur l’indépendance des banques centrales – pour Angela Merkel, on ne plaisante pas avec ces questions !

    Enfin, si la nomination de Sylvie Goulard risque d’alimenter la controverse, c’est aussi parce qu’elle va former un étrange attelage avec le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. En septembre 2015, quand François Hollande avait en effet porté ce dernier à cette fonction, un collectif de 150 économistes s’était insurgé dans une tribune publiée par Le Monde, faisant valoir que l’intéressé avait fait une bonne partie de sa carrière à BNP Paribas. « L’expérience de François Villeroy de Galhau lui confère à n’en pas douter une excellente expertise du secteur bancaire, au moins autant qu’elle l’expose à un grave problème de conflit d’intérêts et met à mal son indépendance. Étant donné les enjeux de pouvoir et d’argent qu’il véhicule, le secteur bancaire est particulièrement propice aux conflits d’intérêts. Il est totalement illusoire d’affirmer qu’on peut avoir servi l’industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance », remarquaient-ils.

    Soit dit en passant, au plus fort de ces controverses autour de François Villeroy de Galhau, Sylvie Goulard avait pris la défense de l’ancien banquier de BNP Paribas. Dansune tribune publiée par Les Échos, le 17 septembre 2015, elle s’était indignée du procès qu’on lui faisait et lui avait apporté son soutien : « Haro sur François Villeroy de Galhau, inspecteur des finances, ancien dirigeant de BNP Paribas, candidat au poste de gouverneur de la Banque de France ! Des économistes, des élus crient au conflit d’intérêts. Vu de Bruxelles, le débat a quelque chose de consternant », écrivait-elle. Avec le recul, on se prend donc à penser qu’il y a dans sa nomination un petit air de renvoi d’ascenseur. Et on a envie de lui renvoyer aujourd’hui le compliment : tout cela a« quelque chose de consternant ».

    Après une nomination controversée, en voici donc une seconde : la polémique sur l’indépendance de la Banque de France n’est pas près de s’éteindre. Et c’est le chef de l’État qui devra en assumer la responsabilité…

    Laurent MAUDUIT

    Source : Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/economie/170118/banque-de-france-la-stupefiante-promotion-de-sylvie-goulard

  8. Jeudi 18 janvier 2018 :

    Les trois dernières années sur Terre, les plus chaudes jamais enregistrées.

    Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la Terre, a averti jeudi l’ONU en révélant des chiffres qui montrent un rythme « exceptionnel » du réchauffement au regard des données collectées depuis l’ère pré-industrielle.

    « Il est désormais confirmé que les années 2015, 2016 et 2017 sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées », a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée de l’ONU.

    Selon l’OMM, ces trente-six mois « s’inscrivent clairement dans la tendance au réchauffement sur le long terme causée par l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre ».

    Toutes les analyses montrent par ailleurs que les cinq années les plus chaudes dans les annales ont été enregistrées depuis 2010, a précisé la Nasa.

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-trois-dernieres-annees-sur-Terre-les-plus-chaudes-jamais-enregistrees/882010.rom

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