[Souveraineté, guerres et responsabilités] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

Entretien intéressant d’Oliver Stone, sur RT en français :


https://francais.rt.com/international/46645-oliver-stone-on-espere-leader-francais-europeen-de-gaulle

Rappel :

• les entretiens d’Oliver Stone avec Poutine (diffusés sur France 3 en juin 2017, très intéressants) dont il est question ci-dessus :

1. https://rutube.ru/video/fa2c54495589ba5ab40bf54c78b27ee1/

2. https://rutube.ru/video/1626c1292288434540d30c6f685d5437/

3. https://rutube.ru/video/e65630bb9a3efc6e8ab09aacb7a1d9aa/

4. https://rutube.ru/video/e81025ac176cdb8a38114bb05d36e30e/

• Je n’arrive pas à retrouver la vidéo du débat qui a suivi la diffusion de ce long film sur France 3, avec Hubert Védrine.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155886558697317

11 réponses à “[Souveraineté, guerres et responsabilités] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

  1. Mathilde Larrère (Historienne des révolutions et de la citoyenneté) :

    « À chaque Noël, je pense aux trêves de Noël sur le front, pendant la 1ère Guerre mondiale
    Quand les armes se taisaient. Que des chants s’élevaient des tranchées face à face.
    Les voix qui se mêlaient dans le no man’s land » :

    Mon commentaire :

    Si les troufions du monde fraternisaient, les usuriers du monde auraient du souci à se faire pour leur système de domination.

    Exemple de constitution d’origine populaire :
    Art 1: pas de guerre sans référendum.
    Art 2: ceux qui ont voté oui à la guerre doivent partir la faire eux-mêmes.

    #PasDeDémocratieSansCitoyensConstituants

  2. (RT Bashing) L’angoisse de nos médias face à la perte de leur monopole de la propagande

    Olivier Berruyer (les-crises.fr) : « Sur ce site, vous le savez maintenant, nous sommes très attentifs aux propagandes médiatiques en tout genre, et à cet égard, il est évident que le lancement de RT nous intéresse tout particulièrement. Déjà, parce que cela marque la naissance d’un nouveau média à surveiller, mais ensuite parce que les réactions de ses concurrents outrepassent largement les bornes de la bienséance.

    Pendant ce temps, on le rappelle, la plupart des Russes peuvent assez facilement accéder aux chaines d’information occidentales, par internet ou par satellite, afin de compléter leur propre vision.

    Le combat acharné de quelques journaux contre l’arrivée d’une seule chaine russe, à l’audience somme toute limitée, et sous contrôle du CSA, en dit long sur leur crainte viscérale de perdre le monopole de l’information – et donc de la propagande -, et de voir leurs méthodes remises en cause.

    Cependant, les réactions ont été très nombreuses, trop nombreuses, il m’est impossible de vous proposer une analyse de chacune d’entre elles. Alors voici à la place le palmarès des « meilleurs » titres d’articles rédigés ces derniers jours.

    I. Un accueil confraternel

    No comment

     

    Une exception dans cette “semaine de la haine” : le Télégramme (de Brest) (sans juger globalement, cela fait plusieurs fois que je tombe par hasard sur des articles de ce journal de grande qualité et intégrité), à lire ici en intégralité :

    (N.B. : le titre est de l’humour pour se moquer de la russophobie de la presse française !)

    Tous mes respects à Hubert Coudurier, directeur de l’information du journal Le Télégramme.

    II. Quand Le Monde appelle à interdire RT France

    Le journal Le Monde a publié le 23 décembre une courte tribune que nous avons décidé de reprendre compte tenu de son apport « historique » au journalisme : il est en effet assez inédit qu’un grand média comme celui-ci appelle expressément à faire interdire un concurrent… qui n’a même pas encore commencé à émettre.

    « Monsieur Schrameck, suspendez l’attribution de la licence de diffusion à Russia Today »

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la Russie interpelle Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), considérant que l’autorisation donnée à la chaîne Russia Today (RT) de diffuser en France est d’une extrême gravité.

    Le Monde | 20.12.2017 à 16h46 | Par Collectif

    Tribune. Nous nous adressons à vous, Olivier Schrameck, […] une telle autorisation ne pourrait que susciter une profonde incompréhension, sinon l’indignation.

    Russia Today est accusée aujourd’hui par des responsables du plus haut niveau aux Etats-Unis comme en Europe de semer la zizanie et d’affaiblir les démocraties. Au motif qu’elle relaie la propagande du Kremlin, cette chaîne est désormais obligée par les autorités américaines de s’enregistrer comme « agent de l’étranger ».
    Guerre hybride

    […]Dans un tel contexte de guerre hybride, l’autorisation donnée à Russia Today de diffuser en France est d’une extrême gravité car elle peut conduire au brouillage des esprits et à la désunion des Français.
    En conséquence, nous vous prions, au nom de la préservation de la paix civile, de suspendre l’attribution de la licence de diffusion à Russia Today sur le territoire français.

    A lire en intégralité sur la source : Le Monde, 23/12/2017

    III. Quand un universitaire démonte en retour Le Monde et la “Gauche Pentagone”

    Réaction à la tribune précédente…

    Par Jean-Robert Raviot – maître de conférences à Sciences Po Paris. Il est également professeur de civilisation russe et soviétique à Paris X. (Source)

    La tribune du Monde demandant la suspension de la chaîne RT appelle de ma part deux commentaires.

    1. de qui se moque-ton?

    Cette tribune n’est pas sérieuse. Il est toujours bon de lire avant d’écrire et d’étudier avant de dénoncer.

    Se fonder sur les déclarations de Macron ou sur le rapport (sans le citer) de la “communauté du renseignement” US sur le sujet (dont ceux qui me suivent régulièrement savent qu’il a été démontré, notamment par Robert Parry de Consortium News, qu’il était parfaitement vide), ce n’est pas sérieux, c’est même grotesque.

    Je renvoie aux études sérieuses, par exemple aux travaux de Maxime Audinet, et notamment son superbe papier sur la chaîne RT paru dans le “Monde Diplo” d’avril 2017. Maxime est doctorant sous ma direction, il y a conflit d’intérêt, certes, mais je certifie qu’il n’y a pas de meilleure analyse disponible en langue française à ce jour.

    2. pour qui nous prend-on?

    Cette tribune est une tribune de militants qui avancent masqués. Elle est typique de ce que j’appelle la “gauche Pentagone” (même si certains signataires, telle Mme F. Thom, sont clairement positionnés “à droite”, si cela a encore un sens). La “gauche Pentagone”, c’est un vaste et puissant secteur de l’élite intellectuelle, stratégique et médiatique française qui, de manière systématique, défend l’atlantisme intégral, la continuation de la vieille guerre froide et sa diabolisation permanente de la Russie par tous les moyens, c’est-à-dire les positions les plus radicales de l’Etat profond américain, habile à habiller ses intérêts (ceux du vaste complexe militaro-industriel et stratégique) des beaux atours de la “démocratie” et des “droits de l’homme”. Sur l’”Etat profond”, voir les livres de Mike Lofgren et sur l’atlantisme en France, voir le livre de Hadrien Desuin, “La France atlantiste”. Or, c’est ce secteur de l’élite, dont BHL est en quelque sorte le chef de file façon hologramme, cet ensemble de tous ceux qui se rangent plus ou moins sciemment et consciemment dans le “cercle de la raison”, qui domine, et largement!, l’espace public des grands médias en France.

    Les signataires de cette tribune ne défendent donc pas le pluralisme ou les “valeurs” dont ils se prévalent: ils préconisent la censure afin d’assurer le maintien de la domination des positions atlantistes et des “valeurs” de l’anglosphère dans le paysage informationnel français. Sous couvert de dénoncer la “menace russe” en “spécialistes”, ils servent la soupe des tenants de l’hégémonie contre le pluralisme.

    RT France n’émet que depuis trois jours et, à ce stade, il est tout de même difficile de savoir si, oui ou non, elle sape la “paix civile” (sic), voire les fondements de la “démocratie française”!…

    En réalité, il n’y a, au sujet de cette chaîne, que des questions et aucune réponse tranchée. Pour ceux qui connaissent la chaîne anglophone (ce qui apparemment n’est pas du tout le cas de nos signataires!), et en particulier RT America – ce qui est mon cas, y étant même intervenu plusieurs fois – l’interrogation est la suivante: RT France réussira-t-elle à bousculer le paysage informationnel, comme elle a su le faire aux Etats-Unis? Outre-Atlantique, RT America est un segment marginal, mais parfaitement opérationnel, de remise en question de ce que l’on nomme par commodité le MSM (mainstream médiatique).

    RT France saura-t-elle, comme RT America, affûter une stratégie asymétrique qui lui permettra de jouer un rôle de “média alternatif” dans le paysage informationnel français? Elle est bien plus dotée que tous les “médias alternatifs” de la place, mais saura-t-elle se positionner en “grain de sable” efficace empêchant la machine de tourner en rond?

    Je n’ai pas de réponses, je n’ai que des interrogations. Et le plus vif intérêt à suivre, en analyste, ces évolutions politiques et médiatiques sur un nouveau terrain franco-russe qui s’ouvre !

    IV. Bonus Le Monde

    Je ne résiste pas à l’envie de vous partager ce modèle de neutralité journalistique, que nous devons au dénommé Alexandre Piquard, « présenté comme journaliste » du Monde :

    Ce à quoi le journaliste a répondu :

    Ce dernier message est resté à cette heure sans réponse.

    V. Magazine ELLE : LADY FAMATRICE !

    Je termine sur un article magistral du magazine ELLE, qui présente au grand public la présidente de RT France. C’est un chef d’oeuvre de propagande, admirez plutôt :

    On saluera le talent de « D.W” (pratiques, les initiales – quelqu’un aurait le nom ?), qui parvient magistralement à glisser une belle bassesse à chaque phrase.

    (N.B. on rappellera que des journalistes de BFM ou LCI ont rejoint RT France…)

    Enfin, on se rappellera l’opération de propagande pro-milices-d-extrême-droite du magazine en 2014 que nous avions relevée :

    franc

    Précision finale

    Comme à chaque fois que j’essaie de mettre en lumière les méthodes peu éthiques des journalistes, je me vois accuser de soutenir un camp au détriment de l’autre. C’est bien évidement une facilité de pensée, une forme de manichéisme nuisible au débat et à la réflexion.

    Je précise donc en des termes clairs et non équivoques que je ne cherche pas à défendre RT France, qui ne bénéficiera pour moi d’aucun traitement de faveur dans mon modeste exercice de critique des médias.
    Pour l’heure, je n’ai vu qu’un seul de leur JT, plutôt de qualité, qui affichait une ligne éditoriale propre à RT (tout comme France 24 ou CNN ont la leur).

    J’ai simplement des principes, tels que ne pas accuser sans preuve, ne pas encourager la paranoïa et la peur, éviter le deux poids deux mesures. Et ces principes, j’essaie de les appliquer au mieux quelles que soient les circonstances… »

    Olivier Berruyer.

    Source : https://www.les-crises.fr/rt-bashing-l-angoisse-de-nos-medias-face-a-la-perte-de-leur-monopole-de-la-propagande/

  3. Lu ce très bon commentaire sur l’article d’Olivier (signalé ci-dessus) :

    DUGUESCLIN : »Il faudrait que certains médias cessent d’accepter des termes méprisants tels que “les popovs”. Ou l’œil de Moscou. Les russes vivent mal ce mépris.

    Bien informés de ce que nous colportons comme insultes envers eux et leur chef d’état, ils me posent la question: “Mais qu’est-ce qu’on vous a fait?”

    Il m’arrive, pour plaisanter, de me présenter comme m’appelant “d’Artagnan”. Aussitôt les sourires enjoués me répondent. Alexandre Dumas et les mousquetaires sont très populaires. Ils aiment la France et ne comprennent pas le mépris de nos politicards et pseudo journalistes. Ils suivent nos informations. Ils ne comprennent pas que la France chevaleresque qu’ils admirent soit devenue aussi méprisante envers eux.

    Malgré les critiques habituelles envers leur chef d’état, ils sont fiers de lui et de leur pays.

    Ils aiment la paix. Ils sont fraternels et chaleureux une fois la “glace brisée”. Ils s’empressent de nous accueillir avec chaleur et de nous faire découvrir leur pays.

    Alors…s’il vous plait, ne dites plus “les popovs”. »

  4. Alain Soral répondant à une question dans « Soral répond n°4 à 1h 22mn 5s »:
    « Si j’étais à la tête de l’état français, je me considérerais comme un despote éclairé […] la première chose que je ferais, j’appellerais Étienne Chouard pour qu’il mène à bien son projet d’écriture de la constitution par le peuple et qu’on mette en place le tirage au sort. Je trouverais ça une expérience très intéressante et pas du tout utopique en réalité […] »
    On peut toujours affirmer (sans savoir donc) qu’il ne le ferait pas mais toujours est-il que de prétendus politiques de gauche s’y opposent avant même d’être en mesure de le mettre en œuvre.

    De Mélanchon ou Soral, lequel est le plus autoritaire ?

    PS/ ce système anti-robot Captcha fonctionne très mal.

  5. Bernard Genet: Le groupe Bilderberg

    …le groupe qui écrit les partitions musicales jouées à travers le monde.

    -à la min. 25, Macron président !
    -d’après le livre de Domenico Moro

  6. Alain Denault chez Taddéi au sujet de «La Médiocratie»

    « Etre médiocre, c’est être en phase avec les exigences du pouvoir présentées comme étant raisonnables, pondérées, normales… (…) Etre médiocre, c’est abdiquer son pouvoir de penser et c’est mettre de côté ses principes pour satisfaire des puissances auxquelles on loue ses dispositions intellectuelles et morales. »

    Conférence d’Alain Deneault -- démocratie et gouvernance

  7. François Lenglet va apprendre ses leçons chez Bilderberg.
    Quel manque de créativité ! Et ça travaille sur une chaîne publique (enfin ce qu’il en reste, le mot peut-être).

  8. ..Bonne année tout de même.. pour revenir sur » la guerre de propagande » ou « la guerre  » tout court, il est nécessaire de bien regarder la situation.
    Trump va t-il déclencher une guerre thermonucléaire contre la Corée du Nord et contre la Chine car géographiquement ces 2 pays sont frontaliers. On sait que si une guerre est menée contre la corée du nord, la Chine devra réagir vu que ces intérêts géostratégiques seront menacés. Une victoire (si cela est envisageable) des USA donnerait l’opportunité d’installer des bases américaines pour surveiller toute la partie maritime de la Chine et de la Russie . Pour l’instant Trump y regardera à 2 fois.
    Pour l’instant la balle est dans le camp du numéro 1 coréen qui marque des points en faisant 2 tests de missiles intercontinentaux. La réaction de Trump est l’envoi de 2 portes avions ainsi qu’un renforcement du contingent américain en corée du sud et au japon. On en est là pour l’instant.
    En ce qui concerne la Syrie les USA, l’OTAN ont acté la « défaite militaire » de l’EI. même si ensuite ils revendiquent les « droits de propriétés » de cette victoire. Les idiots utiles ou inutiles sont pour 1 fois dans le camp occidental. C’est la Turquie, la Russie l’Iran qui bénéficient de cette nouvelle situation. En diplomatie c’est toujours celui qui agît en premier qui a l’initiative. Dans ces 2 cas l’occident n’a jamais eu l’initiative. En syrie la Russie est intervenue en sept. 2015 et comme je l’ai dit plus haut pour la Corée par les 2 essais tests de missiles.
    Ce n’était pas le cas en Libye ou au Kosovo. Les USA et l’OTAN avaient frappé les premiers. Sans parler du cas de l’Arabie Saoudite où les cartes sont beaucoup moins claires pour la redistribution. Venue du nouveau Roi d’Arabie en Russie puis les difficultés de cette pétromonarchie dans le conflit au Yémen. Pris en étau entre un Iran vigilant et parfois « animateur » de la guerre au Yémen puis de l’autre côté une administration américaine qui se rend compte de l’impasse où se situe ce pays.
    Bref on est loin de la toute puissance américaine des années 1990 QUI faisait ce qu’elle voulait n’ayant plus d’adversaire face à elle.

  9. Pour y voir plus clair l’excellent BLOG de Catherine Galactéros . Une vidéo excellente de cette même spécialiste sur la situation en Syrie et Turquie qui date un peu mais toujours percutante.
    Géopôles -- Tout sur la Turquie et ses alliés d’hier et d’aujourd’hui TV libertés.

  10. pardon..Caroline Galactéros…

  11. Traduit par l’indispensable site d’information quotidienne les-crises.fr :
    https://www.les-crises.fr/google-renforce-la-mise-sur-liste-noire-des-sites-web-et-des-journalistes-de-gauche-par-andre-damon/

    Google renforce la mise sur liste noire des sites Web et des journalistes de gauche, par Andre Damon

    Dans une expansion généralisée de ses mesures visant à censurer Internet, Google a supprimé les principaux sites Web et journalistes de gauche de sa plate-forme d’agrégation d’articles d’informations, Google News.

    Au moment de la publication de cet article, une recherche pour « World Socialist Web Site » sur news.google.com ne renvoyait pas un seul article publié sur le WSWS. Une recherche du titre exact de l’un des articles publiés pendant cette période ne donne par ailleurs aucun résultat.

    Au cours des sept derniers jours, news.google.com n’a redirigé que 53 personnes vers le World Socialist Web Site, ce qui représente une baisse de 92 pour cent pour la moyenne hebdomadaire par rapport aux plus de 650 au cours de la dernière année.

    Une recherche par Google News pour un article de l’édition du WSWS du jeudi ne renvoie aucun résultat

    Le journaliste et auteur Chris Hedges, titulaire du prix Pulitzer, a informé le WSWS mercredi que ses articles avaient cessé d’apparaître sur Google News. Hedges a déclaré que le changement est survenu après la publication de son entretien [en anglais] avec le World Socialist Web Site dans lequel il a dénoncé la censure par Google des sites de gauche.

    « Quelque temps après avoir accordé cet entretien, ils m’ont mis sur liste noire », a déclaré Hedges. « Si vous allez dans Google News et tapez mon nom, il y a six articles, dont aucun n’a un rapport avec moi. »

    Une recherche sur Chris Hedges par le biais de Google News ne renvoie aucun résultat pertinent

    « J’écris constamment. Auparavant, Google News a listé mes articles pour Truthdig et mes contributions à Common Dreams et Alternet, ainsi que des références à mes livres », a déclaré Hedges. « Mais maintenant tout s’est volatilisé. Et je suis certain que c’est parce que je me suis prononcé contre la censure par Google. »

    Google semble avoir conservé une version plus ancienne de son système d’agrégation de nouvelles disponible en ligne, accessible en se rendant sur google.com et en cliquant sur le lien news sous la barre de recherche. Cette version d’agrégation de nouvelles, qui semble être en voie de disparition, répertorie 254 000 résultats pour la recherche « World Socialist Web Site ».

    De même, une recherche pour « Chris Hedges » renvoie 89 600 entrées.

    Les changements apportés à Google News marquent une nouvelle étape dans une campagne systématique de censure et de mise sur liste noire qui a débuté au moins depuis avril, lorsque Ben Gomes, vice-président chargé de l’ingénierie, a déclaré que Google cherchait à promouvoir des médias « fiables » par rapport aux sources de nouvelles « alternatives ».

    Depuis lors, treize principaux sites web de gauche ont vu un effondrement de 55 pour cent de leur fréquentation via le moteur de recherche de Google, de même pour le World Socialist Web Site qui a connu une chute de 74 pour cent de sa fréquentation depuis le moteur de recherche.

    « Rien que du point de vue d’un journaliste, c’est terrifiant », a déclaré Hedges. « Ceux qui essaient toujours de faire du journalisme, ce sont eux qui en pâtissent ; en particulier les journalistes qui tentent de s’attaquer aux problèmes de pouvoir et de l’intégration entre les grandes entreprises et l’État. »

    « Cela montre non seulement comment l’état est en faillite, mais aussi combien il est effrayé », a déclaré Hedges.

    « Google développe des méthodes de plus en plus intensive de ciblage visant à bloquer toutes les voix critiques dissidentes », a déclaré David North, le président du comité de rédaction international du World Socialist Web Site.

    « C’est une attaque sans précédent contre la liberté d’expression. Dans l’histoire des États-Unis, la censure à cette échelle n’a jamais été imposée en dehors de la guerre », a-t-il ajouté, soulignant le blocage des publications trotskystes pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Hedges a noté le précédent de la répression politique pendant la Première Guerre mondiale. « Au nom de la sécurité nationale, pendant toute la durée de la guerre, The Masses, un journal de gauche anti-guerre a été privé de publication. »

    L’intensification de la répression par Google contre les sites de gauche a lieu dans le contexte d’une forte accélération de la campagne anti-russe menée par les démocrates du Congrès, ainsi que des sections du Parti républicain, des agences de renseignement américaines et les principaux médias.

    Jeudi, les sénateurs du Parti démocrate Mark Warner et Amy Klobuchar ont présenté le premier texte législatif issu de la campagne entourant l’affirmation selon laquelle la Russie cherchait à « se mêler » de l’élection de 2016 en « semant des divisions » au sein de la société américaine, une théorie du complot non-étayée visant à créer une justification pour la censure d’Internet.

    Un résumé du projet de loi obtenu par Axios voudrait que « les plateformes en ligne déploient des efforts raisonnables pour s’assurer que les personnes et entités étrangères n’achètent pas d’annonces politiques afin d’influencer l’électorat américain » et pour maintenir une base de données des publicités politiques prétendument achetées par des étrangers.

    Dans ses remarques annonçant le projet de loi, Warner a précisé que son but était de l’utiliser comme point de départ pour des restrictions plus agressives sur la liberté d’expression sur Internet. « Ce que nous voulons essayer de faire est de commencer par une touche légère », a déclaré Warner.

    Commentant le caractère pas à pas du régime de censure créé aux États-Unis, M. Hedges a déclaré : « Si vous regardez un système totalitaire, leur attaque contre la presse se fait pas à pas. Ainsi, même dans l’Allemagne nazie, quand Hitler prenait le pouvoir, il interdisait les publications des sociaux-démocrates pendant une semaine et les laissait par la suite de réapparaître. Il ne fermait pas l’ensemble d’un seul coup. »

    « Google est impliqué dans une conspiration ouvertement politique, en coordination avec le gouvernement », a déclaré North. « Un logiciel secret de censure a été créé et dirigé contre les opposants à la politique étrangère américaine. C’est une attaque illégale contre les droits protégés par la Constitution. »

    Hedges a ajouté : « Je peux vous dire, après avoir vécu sous, et avoir écrit sur, des régimes despotiques, je pense que nous devons tirer toutes les sonnettes d’alarmes pendant que nous en avons encore l’occasion, parce qu’ils ne vont pas s’arrêter. »

    (Article paru en anglais le 20 octobre 2017)

    Source : World Socialist Web Site, Andre Damon, 21-10-2017


    Censure et chaussettes roses

    Source : Le Monde diplomatique, Pierre Rimbert, 01-01-2018

    L’un, Google, prétend « organiser l’information du monde et la rendre universellement accessible et utile ». L’autre, Facebook, veut « rapprocher le monde » en connectant les gens. Chaque jour, plus d’un milliard de personnes utilisent ces services comme s’ils échappaient aux pesanteurs politiques avec autant d’agilité que leurs maisons mères esquivent leurs obligations fiscales. Générés par de froids algorithmes, les résultats d’une requête ou la sélection du fil d’actualité nous paraissent aller de soi : déformés par la publicité, certes, mais imperméables à l’idéologie. On n’accuserait pas un tuyau de gauchisme ou d’atlantisme. On devrait.

    Le 18 novembre dernier, lors d’un forum international sur la sécurité, M. Eric Schmidt, alors président exécutif d’Alphabet, la société qui contrôle Google, répond à un utilisateur allemand indigné de recevoir sur son smartphone trop d’alertes Google en provenance de l’agence publique russe Sputnik : « Nous travaillons sur la détection et le déréférencement de ce genre de sites, je pense à RT et à Sputnik. Nous sommes bien conscients de ce qu’ils font — on en a beaucoup parlé — et nous essayons d’élaborer un système pour empêcher cela . » Avec sa cravate fuchsia et ses chaussettes assorties, M. Schmidt vient tranquillement d’annoncer que le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde truquerait désormais ses résultats au détriment de certains médias suspects de véhiculer des fake news fausses nouvelles »). Pas n’importe lesquels : les seuls ouvertement visés figurent dans le collimateur du ministère de la défense américain, dont M. Schmidt est par ailleurs conseiller. Sous pression depuis l’élection présidentielle de 2016, Facebook et Twitter pourchassent les publicités achetées par des comptes associés au Kremlin, tandis que Google s’emploie à renvoyer dans les profondeurs du classement les résultats trop proches des vues de Moscou.

    Mais comment séparer automatiquement le bon grain de l’ivraie ? « Dans un communiqué publié le 25 avril, M. Ben Gomes, vice-président de l’ingénierie de Google, a déclaré que la nouvelle version du moteur de recherche rétrograderait les sites “offensants”, et ferait remonter plus de “contenus faisant autorité” »,écrivent Andre Damon et David North, du World Socialist Web Site (wsws.org, 2 août 2017). Aidé d’une société d’analyse de référencement, ce site trotskiste a mesuré les effets du nouvel algorithme qui, par défaut, présuppose les médias dominants fiables et la presse alternative louche. « On observe une perte importante de lectorat des sites socialistes, antiguerre et progressistes au cours des trois derniers mois, avec une diminution cumulée de 45 % du trafic en provenance de Google. » Entre mai et juillet 2017, les visites de wsws.org issues de Google ont chuté de 67 %, celles du réseau Alternet.org de 63 %. La plate-forme audiovisuelle Democracynow.org enregistre un plongeon de 36 % ; Counterpunch.org, de 21 % ; et Theintercept.com, de 19 %. « Dans la bataille contre les “fake news”, alerte l’association américaine Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR)(1), une grande partie des reportages les plus indépendants et les plus précis sont en train de disparaître des résultats des recherches effectuées dans Google . » Tuer le pluralisme au nom de l’information ?

    Pierre Rimbert

    (1) Robin Andersen, « Backlash against Russian “fake news” is shutting down debate for real », Fair.org, 29 novembre 2017, dont le présent article reprend plusieurs éléments.

    Source : Le Monde diplomatique, Pierre Rimbert, 01-01-2018

    P.S. Google a par la suite démenti les propos de son PDG (sic.)

    Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. […]

    Source : les-crises.fr Olivier Berruyer
    https://www.les-crises.fr/google-renforce-la-mise-sur-liste-noire-des-sites-web-et-des-journalistes-de-gauche-par-andre-damon/

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