[Passionnant, émouvant, important] John PILGER interroge Julian ASSANGE (vidéo), et John Pilger insiste sur le rôle criminel des « journalistes » mainstream qui nous conduisent à nouveau à accepter la guerre

Je considère John Pilger et Julian Assange comme deux personnes admirables, du point de vue du bien commun ; deux journalistes dignes de ce nom, deux héros de la résistance à la corruption, aux abus de pouvoir et à la guerre.

Je regroupe ici deux documents poignants, essentiels pour comprendre pour quelles lamentables raisons l’humanité va subir à nouveau l’enfer sur terre.

1) Une vidéo passionnante, où Pilger et Assange évaluent calmement les responsabilités scandaleuses de la guerre qui vient.

2) Une synthèse écrite, importante, à lire le crayon à la main, où Pilger pointe la responsabilité cardinale des journalistes dans les guerres qui ravagent et ravageront la planète.

Merci à RT et à LGS de relayer ces importantes informations, au milieu de l’ambiance générale va-t-en-guerre de la presse prostituée aux pires criminels.

C’est à nous, simples citoyens, de défendre ces héros, lanceurs l’alertes, « whistleblowers », du mieux que nous pouvons, pied à pied, de porter leur parole, partout sur terre, contre les mensonges des médias de la banque et de la guerre, pour que la conscience populaire refuse massivement la guerre, où que ce soit, et pour que soient un jour incriminés les riches assassins.

Étienne.


Entretien exclusif de John Pilger avec Julian Assange :

À l’intérieur du gouvernement invisible : Guerre, Propagande, Clinton & Trump


par John PILGER
Le journaliste américain, Edward Bernays, est souvent présenté comme l’inventeur de la propagande moderne. Neveu de Sigmund Freud, le pionnier de la psychanalyse, Bernays a inventé le terme « relations publiques » comme un euphémisme pour désigner les manipulations et les tromperies.En 1929, il a persuadé les féministes de promouvoir les cigarettes pour les femmes en fumant lors d’une parade à New York – un comportement considéré à l’époque comme saugrenu. Une féministe, Ruth Booth, a déclaré,  » Femmes ! Allumez un nouveau flambeau de la liberté ! Luttez contre un autre tabou sexiste ! »

L’influence de Bernays s’étendait bien au-delà de la publicité. Son plus grand succès a été de convaincre le public américain de se joindre à la grande tuerie de la Première Guerre mondiale. Le secret, disait-il, était « de fabriquer le consentement » des personnes afin de les « contrôler et orienter selon notre volonté et à leur insu« .

Il décrivait cela comme « le véritable pouvoir de décision dans notre société » et l’appelait le « gouvernement invisible« .

Aujourd’hui, le gouvernement invisible n’a jamais été aussi puissant et aussi peu compris. Dans toute ma carrière de journaliste et de cinéaste, je n’ai jamais connu de propagande aussi influente sur nos vies que celle qui sévit aujourd’hui, et qui soit aussi peu contestée.

Imaginez deux villes. Les deux sont en état de siège par les forces gouvernementales de ces pays. Les deux villes sont occupées par des fanatiques, qui commettent des atrocités, comme la décapitation.

Mais il y a une différence essentielle. Dans une des deux villes, les journalistes occidentaux embarqués avec les soldats gouvernementaux décrivent ces derniers comme des libérateurs et annoncent avec enthousiasme leurs batailles et leurs frappes aériennes. Il y a des photos en première page de ces soldats héroïques faisant le V de la victoire. Il est très peu fait mention des victimes civiles.

Dans la deuxième ville – dans un pays voisin – il se passe presque exactement la même chose. Les forces gouvernementales assiègent une ville contrôlée par la même trempe de fanatiques.

La différence est que ces fanatiques sont soutenus, équipés et armés par « nous » – par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Ils ont même un centre de médias financé par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Une autre différence est que les soldats gouvernementaux qui assiègent cette ville sont les méchants, condamnés pour avoir agressé et bombardé la ville – ce qui est exactement ce que les bons soldats font dans la première ville.

Déroutant ? Pas vraiment. Tel est le double standard de base qui est l’essence même de la propagande. Je parle, bien sûr, du siège actuel de la ville de Mossoul par les forces gouvernementales irakiennes, soutenues par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne et le siège d’Alep par les forces gouvernementales de la Syrie, soutenues par la Russie. L’un est bon ; l’autre est mauvais.

Ce qui est rarement signalé est que les deux villes ne seraient pas occupées par des fanatiques et ravagées par la guerre si la Grande-Bretagne et les États-Unis n’avaient pas envahi l’Irak en 2003. Cette entreprise criminelle fut lancée sur la base de mensonges étonnamment semblables à la propagande qui déforme maintenant notre compréhension de la guerre en Syrie.

Sans ce battement de tambour de propagande déguisé en informations, les monstrueux Daesh, Al-Qaida, al-Nusra et tout le reste de ces bandes de djihadistes pourraient ne pas exister, et le peuple syrien ne serait pas en train de se battre pour sa survie.

Certains se souviendront peut-être de tous ces journalistes de la BBC qui en 2003 défilaient devant les caméras pour nous expliquer que l’initiative de Blair était « justifiée » pour ce qui allait devenir le crime du siècle. Les chaînes de télévision US fournissaient les mêmes justifications pour George W. Bush. Fox News invita Henry Kissinger pour disserter sur les mensonges de Colin Powell.

La même année, peu après l’invasion, j’ai filmé une interview à Washington de Charles Lewis, le célèbre journaliste d’investigation. Je lui ai demandé, « Qu’est-ce qui se serait passé si les médias les plus libres du monde avaient sérieusement remis en question ce qui s’est avéré être une propagande grossière ? »

Il a répondu que si les journalistes avaient fait leur travail, « il y a de très fortes chances qui nous ne serions pas entrés en guerre contre Irak. »

Ce fut une déclaration choquante, et confirmée par d’autres journalistes célèbres à qui j’ai posé la même question – Dan Rather de CBS, David Rose du Observer et des journalistes et producteurs de la BBC, qui souhaitaient rester anonymes.

En d’autres mots, si les journalistes avaient fait leur travail, s’ils avaient contesté et enquêté sur la propagande au lieu de l’amplifier, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants seraient encore en vie aujourd’hui, et il n’y aurait pas de Daesh et aucun siège à Alep ou à Mossoul.

Il y aurait eu aucune atrocité dans le métro de Londres le 7 Juillet 2005. Il n’y aurait eu aucune fuite de millions de réfugiés ; il n’y aurait pas de camps misérables.

Lorsque l’atrocité terroriste a eu lieu à Paris, au mois de novembre dernier, le président François Hollande a immédiatement envoyé des avions pour bombarder la Syrie – et plus de terrorisme a suivi, de façon prévisible, produit par la grandiloquence de Hollande sur la France « en guerre » et « ne montrant aucune pitié ». Que la violence de l’État et la violence djihadiste s’alimentent mutuellement est une réalité qu’aucun dirigeant national n’a le courage d’aborder.

« Lorsque la vérité est remplacée par le silence« , a déclaré le dissident soviétique Yevtushenko, « le silence devient un mensonge« .

L’attaque contre l’Irak, l’attaque contre la Libye, l’attaque contre la Syrie ont eu lieu parce que les dirigeants de chacun de ces pays n’étaient pas des marionnettes de l’Occident. Le bilan en matière de droits de l’homme d’un Saddam ou d’un Kadhafi est hors de propos. Ils ont désobéi aux ordres et n’ont pas abandonné le contrôle de leur pays.

Le même sort attendait Slobodan Milosevic une fois qu’il avait refusé de signer un « accord » qui exigeait l’occupation de la Serbie et sa conversion à une économie de marché. Son peuple fut bombardé, et il fut poursuivi à La Haye. Une telle indépendance est intolérable.

Comme WikLeaks l’a révélé, ce ne fut que lorsque le dirigeant syrien Bashar al-Assad rejeta en 2009 un projet d’oléoduc qui devait traverser son pays en provenance du Qatar vers l’Europe, qu’il a été attaqué.

A partir de ce moment, la CIA a prévu de détruire le gouvernement de la Syrie avec les fanatiques jihadistes – les mêmes fanatiques qui tiennent actuellement en otage les habitants de Mossoul et des quartiers est d’Alep.

Pourquoi les médias n’en parlent pas ? L’ancien fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères britannique, Carne Ross, qui était responsable des sanctions opérationnelles contre l’Irak, m’a dit : « Nous fournissions aux journalistes des bribes d’informations soigneusement triées, ou nous les tenions à l’écart. Voilà comment ça fonctionnait. ».

L’allié médiéval de l’Occident, l’Arabie Saoudite – à laquelle les Etats-Unis et la Grande-Bretagne vendent des milliards de dollars d’armement – est en ce moment en train de détruire le Yémen, un pays si pauvre que, dans le meilleur des cas, la moitié des enfants souffrent de malnutrition.

Cherchez sur YouTube et vous verrez le genre de bombes massives – « nos » bombes – que les Saoudiens utilisent contre des villages de terre battue, et contre les mariages et les funérailles.

Les explosions ressemblent à de petites bombes atomiques. Ceux qui pilotent ces bombes depuis l’Arabie Saoudite travaillent côte à côte avec des officiers britanniques. Vous n’en entendrez pas parler dans les journaux télévisés du soir.

La propagande est plus efficace lorsque notre consentement est fabriqué par l’élite éduquée – Oxford, Cambridge, Harvard, Columbia – qui fait carrière à la BBC, au Guardian, New York Times, Washington Post.

Ces médias sont réputés pour être progressistes. Ils se présentent comme des gens éclairés, des tribuns progressistes de la morale ambiante. Ils sont anti-racistes, pro-féministes et pro-LGBT.

Et ils adorent la guerre.

En même temps qu’ils défendent le féminisme, ils soutiennent les guerres rapaces qui nient les droits d’innombrables femmes, dont le droit à la vie.

En 2011, la Libye, un Etat moderne, fut détruite sous prétexte que Mouammar Kadhafi était sur le point de commettre un génocide contre son propre peuple. L’information tournait en boucle ; mais il n’y avait aucune preuve. C’était un mensonge.

En réalité, la Grande-Bretagne, l’Europe et les États-Unis voulaient ce qu’ils aiment à appeler un « changement de régime » en Libye, le plus grand producteur de pétrole en Afrique. L’influence de Kadhafi sur le continent et, surtout, son indépendance était intolérable.

Il a donc été assassiné avec un couteau dans le dos par des fanatiques, soutenus par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Devant une caméra, Hillary Clinton a applaudi sa mort horrible en déclarant,  » Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !« 

La destruction de la Libye fut un triomphe médiatique. Tandis que l’on battait les tambours de guerre, Jonathan Freedland écrivait dans le Guardian : « Bien que les risques soient bien réels, le cas d’une intervention reste forte. »

Intervention. Un mot poli, bénin, très « Guardian« , dont la signification réelle, pour la Libye, fut la mort et la destruction.

Selon ses propres dossiers, l’OTAN a lancé 9.700 « frappes aériennes » contre la Libye, dont plus d’un tiers étaient destinées à des cibles civiles. Elles comprenaient des missiles avec des ogives d’uranium. Regardez les photos des décombres à Misurata et à Syrte, et les fosses communes identifiées par la Croix-Rouge. Le rapport de l’Unicef sur les enfants tués dit, « la plupart [d’entre eux] avaient moins de dix ans. » Comme conséquence directe, Syrte est devenue la capitale de l’Etat Islamique.

L’Ukraine est un autre triomphe médiatique. Des journaux libéraux respectables tels que le New York Times, le Washington Post et le Guardian, et les diffuseurs traditionnels tels que la BBC, NBC, CBS et CNN ont joué un rôle crucial dans le conditionnement de leurs téléspectateurs pour accepter une nouvelle et dangereuse guerre froide.

Tous ont déformé les événements en Ukraine pour en faire un acte maléfique de la Russie, alors qu’en réalité, le coup d’Etat en Ukraine en 2014 fut le travail des États-Unis, aidés par l’Allemagne et de l’OTAN.

Cette inversion de la réalité est tellement omniprésente que les menaces militaires de Washington envers la Russie sont passées sous silence ; tout est occulté par une campagne de dénigrement et de peur du genre de celui que j’ai connu pendant la première guerre froide. Une fois de plus, les Russkoffs viennent nous chercher des poux, dirigés par un nouveau Staline, que The Economist dépeint comme le diable.

L’occultation de la vérité sur l’Ukraine est une des opérations de censure les plus complètes que j’ai jamais vue. Les fascistes qui ont conçu le coup d’Etat à Kiev sont de la même trempe que ceux qui ont soutenu l’invasion nazie de l’Union soviétique en 1941. Alors que l’on se répand sur les craintes d’une montée de l’antisémitisme fasciste en Europe, aucun dirigeant ne mentionne les fascistes en Ukraine – sauf Vladimir Poutine, mais lui ne compte pas.

Beaucoup dans les médias occidentaux ont travaillé dur pour présenter la population russophone ethnique de l’Ukraine comme des étrangers dans leur propre pays, comme des agents de Moscou, presque jamais comme des Ukrainiens qui cherchent une fédération en Ukraine et, en tant que citoyens ukrainiens, qui résistent à un coup d’Etat orchestré depuis l’étranger contre leur gouvernement élu.

Chez les bellicistes règne pratiquement le même état d’excitation que lors d’une réunion de classe. Le batteurs de tambour du Washington Post qui incitent à la guerre contre la Russie sont les mêmes qui publiaient les mensonges sur les armes de destructions massive de Saddam Hussein.

Pour la plupart d’entre nous, la campagne présidentielle US est un spectacle de monstres, où Donald Trump tient le rôle du grand méchant. Mais Trump est détesté par ceux qui détiennent le pouvoir aux États-Unis pour des raisons qui ont peu à voir avec son comportement odieux et ses opinions. Pour le gouvernement invisible à Washington, le Trump imprévisible est un obstacle au projet de l’Amérique pour le 21e siècle, qui est de maintenir la domination des États-Unis et de soumettre la Russie, et, si possible, la Chine.

Pour les militaristes à Washington, le vrai problème avec Trump est que, dans ses moments de lucidité, il ne semble pas vouloir une guerre avec la Russie ; il veut parler avec le président russe, pas le combattre ; il dit qu’il veut parler avec le président de la Chine.

Dans le premier débat avec Hillary Clinton, Trump a promis de ne pas être le premier à utiliser des armes nucléaires dans un conflit. Il a dit : « Je ne voudrais certainement pas effectuer la première frappe. Une fois l’option nucléaire prise, c’est fini. » Les médias n’en ont pas parlé.

Le pensait-il réellement ? Qui sait ? Il se contredit souvent. Mais ce qui est clair, c’est que Trump est considéré comme une grave menace pour le statu quo entretenu par le vaste appareil de sécurité nationale qui opère aux États-Unis, quel que soit l’occupant de la Maison Blanche.

La CIA veut le voir battu. Le Pentagone veut le voir battu. Les médias veulent le voir battu. Même son propre parti veut le voir battu. Il représente une menace pour les dirigeants du monde – contrairement à Clinton, qui n’a laissé aucun doute qu’elle était prête à aller en guerre contre la Russie et la Chine, deux pays qui possèdent des armes nucléaires.

Clinton a la forme, comme elle s’en vante souvent. En effet, elle n’a plus rien à prouver. En tant que sénatrice, elle a soutenu le bain de sang en Irak. Quand s’est présentée contre Obama en 2008, elle a menacé de « totalement détruire » l’Iran. En tant que secrétaire d’Etat, elle a comploté dans la destruction des gouvernements de la Libye et du Honduras et mis en branle la provocation de la Chine.

Elle a promis de soutenir une zone d’exclusion aérienne en Syrie – une provocation directe d’une guerre avec la Russie. Clinton pourrait bien devenir le président le plus dangereux des États-Unis de mon vivant – un titre pour lequel la concurrence est rude.

Sans la moindre preuve, elle a accusé la Russie de soutenir Trump et d’avoir piraté ses e-mails. Publiés par WikiLeaks, ces e-mails nous révèlent que ce que dit Clinton en privé, dans ses discours aux riches et puissants, est le contraire de ce qu’elle dit en public.

Voilà pourquoi il est si important de faire taire et de menacer Julian Assange. En tant que dirigeant de WikiLeaks, Julian Assange connaît la vérité. Et permettez-moi de rassurer tous ceux qui sont préoccupés, il va bien, et WikiLeaks tourne à plein régime.

Aujourd’hui, la plus grande accumulation de forces dirigées par les Etats-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale est en route – dans le Caucase et l’Europe orientale, à la frontière avec la Russie, et en Asie et dans le Pacifique, où la Chine est la cible.

Gardez cela à l’esprit lorsque le cirque de l’élection présidentielle atteindra son apogée le 8 Novembre, Si Clinton gagne, un chœur des commentateurs écervelés célébrera son couronnement comme un grand pas en avant pour les femmes. Aucun ne mentionnera les victimes de Clinton : les femmes syriennes, les femmes irakiennes, les femmes libyennes. Aucun ne mentionnera les exercices de défense civile menées en Russie. Aucun ne rappellera « les flambeaux de la liberté » d’Edward Bernays.

Un jour, le porte-parole chargé des relations avec la presse de George Bush a qualifié les médias de « facilitateurs complices ».

Venant d’un haut fonctionnaire d’une administration dont les mensonges, permis par les médias, ont provoqué tant de souffrances, cette description est un avertissement de l’histoire.

En 1946, le procureur du Tribunal de Nuremberg a déclaré au sujet des médias allemands : « Avant chaque agression majeure, ils lançaient une campagne de presse calculée pour affaiblir leurs victimes et préparer psychologiquement le peuple allemand pour une attaque. Dans le système de propagande, la presse quotidienne et la radio étaient les armes les plus importantes. »

John Pilger

Traduction « j’avais récemment recommencé à écouter France-Inter mais je n’ai tenu qu’une petite semaine » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://johnpilger.com/articles/inside-the-invisible-government-war-pro…
URL de cet article 31101
http://www.legrandsoir.info/a-l-interieur-du-gouvernement-invisible-guerre-propagande-clinton-trump.html

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10154655510532317

28 réponses à “[Passionnant, émouvant, important] John PILGER interroge Julian ASSANGE (vidéo), et John Pilger insiste sur le rôle criminel des « journalistes » mainstream qui nous conduisent à nouveau à accepter la guerre

  1. John Pilger -- Les Nouveaux Maîtres du Monde (2001)

    • NON !
      Les maitres du monde , c’est la main d’oeuvre !
      Imaginer qu’un matin , personne ne soit au travail !
      Puisqu’il faut mourir dans la précarité , qu’ils soient invités

  2. Interview -- John Pilger à Going Underground VOSTFR

  3. Utopia -- John Pilger (2013)

  4. John Pilger -- La Guerre Invisible (2010)

  5. Pour Julian Assange, Clinton et Daesh sont financés par le même argent et Trump ne gagnera jamais

    https://francais.rt.com/international/28446-julian-assange-daesh-financeur-fondation-clinton

  6. Pour Julian Assange, Clinton et Daesh sont financés par le même argent

  7. WikiLeaks, essaie-t-il de pousser Donald Trump dans la Maison Blanche ?

  8. Cher Etienne, merci pour ce site et tout se travail accompli.

    Ça fait un sacré moment que je doute, que je réponds sur ce sujet (entre autre) : « je ne sais pas comment me positionner, il y a trop d’informations à trier. Mais plus j’avance plus j’ai l’impression que tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie vendue (parce qu’en plus elle n’est pas gratuite) par des gens qui se disent du bon côté. »

    Merci d’exister !

    Je suis effaré parce que je viens de lire. J’avais d’autres sources rapportant des faits similaires mais je n’étais pas sûr de leur fiabilité. Et puis j’ai presque 49 ans d’endoctrinement. Or il se trouve que lorsque je vous ai découvert il y a une dizaine d’années, j’ai tout de suite été « séduit » par vos propos, ce qui entraîne une certaine confiance qu’il n’est généralement pas facile à donner. Ayant plus de temps aujourd’hui, j’ai l’impression de « rencontrer » un partenaire qui sonne juste.

    Je reste dans les parages…

  9. Merci, merci de continuer le plus longtemps que vous pourrez à nous renseigner sur la vérité qui se fait rare de nos jours, et qui est fortement censuré mais qui devrait être connu de tous! Mais j’ai toujours cette question du pourquoi, pourquoi nous sommes pas mis au courant de tout ce lobby mensonger si ne nous renseignons pas par nous même! cette vérité peux faire peur tellement elle est difficile a croire mais elle est malheureusement bien là ! ils ne veulent pas de gens curieux…

    Thomas 30 ans
    Continuer svp ma curiosité en redemande

  10. Le vrai crime dans l’«Huma-gate», ce sont les liens avec les Frères musulmans !

    Par F. William Engdahl – Le 3 novembre 2016

    Le vrai crime qui a été révélé par les courriels d’Hillary Clinton envoyés depuis son serveur privé a été consciencieusement camouflé, au moins jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit là d’une conspiration criminelle – oui, une réelle conspiration –, visant à cacher quelque chose au peuple américain et au monde. C’est si explosif que cela pourrait faire plus que dérailler l’étrange campagne présidentielle de Clinton. C’est si dangereux pour ceux qui sont impliqués qu’un ministre de la Justice américain [Loretta Lynch] et un Directeur du FBI [James Comey] l’ont également camouflé au risque d’y perdre leur carrière. Surtout, ce serait constitutif de charges susceptibles d’engendrer la destitution du Président Barack Obama, pour complicité criminelle dans un crime odieux contre les États-Unis. Voilà ce qui est en train d’être consciencieusement camouflé…

    La personne clé qu’il s’agit d’examiner ici, c’est Huma Mahmood [Mahmoud] Abedin : la compagne quasi constante d’Hillary depuis qu’elle fut son assistante à la Maison blanche sous Bill Clinton, au gré de la montée en puissance des scandales qui commencèrent en 1996. Huma Abedin est aujourd’hui, à 40 ans, la vice-directrice de campagne de la même Hillary Clinton, candidate à l’élection présidentielle.

    Huma Abedin est apparemment la seule autre personne a avoir disposé d’un accès complet au compte d’e-mails privés d’Hillary quand elle était Secrétaire d’État, et Huma était sa chef d’équipe adjointe [Deputy Chief of Staff], et, dans un arrangement suspect à faire dresser les cheveux sur la tête, avec marqué dessus en rouge pétant «conflit d’intérêt», au moment même où elle occupait son emploi au Département d’État américain nantie de la plus haute accréditation de sécurité, Abedin était employée par la Fondation Clinton : la même Fondation Clinton qui se trouve [aujourd’hui] sous le coup d’une enquête pour avoir illégalement utilisé la place de Hillary en tant que Secrétaire d’État afin de vendre de l’influence, en échange de millions de dollars de «dons» à la Fondation de Bill 1. Les principaux donateurs comprenaient les gouvernements de l’Arabie saoudite et du Qatar, et pas par accident : ce sont ceux-là mêmes qui sont les deux principaux financiers du Front al-Nusra d’al-Qaïda (l’opposition «modérée» de Washington à Assad) et de l’EEIL aujourd’hui 2.

    Pourquoi est-ce que je pense que Huma Abedin, qui a été une intime de Clinton depuis vingt ans, depuis ses dix-neuf ans, se trouve au cœur d’une conspiration criminelle illégale qualifiée de potentiellement «plus grosse que le Watergate» ?

    Mais parce que Huma Abedin se trouve être au centre d’un réseau de terrorisme international criminel qui fut derrière les groupes terroristes islamistes majeurs actifs dans le monde, depuis que la CIA créa les moudjahidines afghans à la fin des années 1970, en tant qu’une partie de son Opération Cyclone.

    Huma Abedin, le bras droit de la potentielle prochaine Présidente américaine, est en effet membre de la Fraternité des Frères musulmans de pied en cap, plus précisément dans son cas de la «Sororité musulmane». Et le degré d’influence qu’elle a sur Hillary Clinton, d’après tous les observateurs rapprochés, est considéré comme extraordinaire. […]
    Lire la suite :
    http://lesakerfrancophone.fr/le-vrai-crime-dans-lhuma-gate-ce-sont-les-liens-avec-les-freres-musulmans
    Source : le Saker Francophone

  11. L’oligarchie peut elle encore voler l’élection présidentielle étatsunienne ?

    Par Paul Craig Roberts – Le 5 novembre 2016 – Strategic Culture

    Tout a été fait pour que cette élection soit volée à Trump. C’était le but des sondages truqués en surpondérant les partisans de Hillary dans les échantillons. Après des semaines passées à entendre les résultats de sondages annonçant qu’Hillary est en tête, le public ne croira pas que l’élection a été truquée. Le vote électronique rend les élections faciles à truquer, et j’ai déjà transmis les explications données par les experts en fraude électorale, sur la façon dont cela peut être fait.

    De toute évidence, l’oligarchie ne veut pas de Donald Trump à la Maison Blanche, car elle n’est pas sûre de pouvoir le contrôler, et Hillary est son agent.

    Avec la réouverture de l’enquête du FBI sur Hillary et les scandales connexes qui explosent tout autour d’elle, le vol de l’élection ne devient pas seulement plus risqué, mais aussi moins susceptible de servir les intérêts de l’oligarchie.

    L’image, ainsi que l’argent, font partie du pouvoir oligarchique. L’image de l’Amérique en prendrait un grand coup si le peuple américain élisait un président qui est soumis à une enquête pour félonie.

    De plus, une présidente Hillary serait soumise à enquête pendant des années. Avec autant de projecteurs braqués sur elle, elle ne serait pas en mesure de servir les intérêts de l’oligarchie. Elle serait sans valeur pour eux et, au contraire, les enquêtes qui ont déterré diverses connexions entre Hillary et les oligarques pourraient faire du tort à ces derniers.

    En d’autres termes, pour l’oligarchie, Hillary est passée du statut de choix avantageux à celui de choix risqué.

    Une présidence Hillary pourrait entraîner notre pays dans le chaos. Je doute que les oligarques soient assez stupides pour penser qu’une fois qu’elle a prêté serment, Hillary puisse virer le directeur du FBI, Comey, et clore l’enquête. Le dernier président à avoir tenté une telle chose était Richard Nixon, et regardez où cela l’a mené.

    De plus, les républicains à la Chambre et au Sénat ne l’admettraient pas. Le président du comité parlementaire sur la surveillance et la réforme du gouvernement, Jason Chaffetz, a déjà déclaré que Hillary allait être «une cible facile». Avant même la fin de sa première journée de mandat, nous disposons déjà de deux ans de matériel légal prêt à être présenté. Le président de la Chambre Paul Ryan a déclaré que l’enquête devra suivre son cours.

    Si vous étiez un oligarque, voudriez-vous d’un agent susceptible d’être soumis à enquête? Si vous étiez Hillary, voudriez-vous subir ce genre de pression?

    Que se passera-t-il si le FBI recommande l’inculpation du président? Même les Américains insouciants y verraient un camouflage, si le procureur général refusait de poursuivre l’affaire. Les Américains perdraient toute confiance en leur gouvernement. Le chaos régnerait. Le chaos peut devenir révolution, et ce n’est pas bon pour les oligarques.

    En outre, si l’on peut croire certains rapports, des scandales salaces semblent attendre leur heure avant d’entrer en scène. Par exemple, en mai dernier, Fox News a déclaré:

    «L’ancien président Bill Clinton était un passager du fameux avion à partouzes beaucoup plus assidu que précédemment signalé, avec les journaux de bord montrant que l’ancien président a fait au moins 26 voyages à bord du Lolita Express – cherchant même à se débarrasser de ses gardes du corps sur au moins cinq des vols, selon les enregistrements obtenus parFoxNews.com.

    La présence de Clinton à bord du Boeing 727 de Jeffrey Epstein a été signalée à 11 reprises, mais les journaux de bord montrent que le vrai chiffre est plus du double et que les voyages, entre 2001 et 2003, comprenaient des trajets étendus à travers le monde avec Epstein et ses compagnons, identifiés sur les papiers de vol par leurs initiales ou par des prénoms, comme«Tatiana». Le surnom de cet avion clos, inspiré par Nabokov, vient du fait qu’il aurait été équipé d’un lit où les passagers avaient des rapports en groupe avec des jeunes filles.»

    Fox News rapporte qu’Epstein a purgé une peine en prison pour «sollicitation et achat de mineurs pour la prostitution. Il dirigeait une équipe de trafiquants qui se procurait des jeunes filles, dont certaines n’ayant que 12 ans, pour les mettre au service de ses amis sur «l’île Orgie», un domaine sur l’île d’Epstein, appelé Little St. James, aux Îles Vierges américaines».

    Certains sites Internet, dont la crédibilité m’est inconnue, ont aussi lié Hillary à ces vols.

    Ce genre de comportement semble téméraire, même pour Bill et Hillary qui sont habitués à toujours s’en tirer. Néanmoins, si vous êtes un oligarque déjà inquiet au sujet de la réouverture du cas de Hillary sur ces courriers électroniques et d’autres enquêtes du FBI, comme celui de la Fondation Clinton, et préoccupé par ce qui pourrait ressortir des 650 000 courriels trouvés sur l’ordinateur de l’ancien député républicain Weiner, sujet d’une enquête pour pédophilie par le NYPD, mettre Hillary au bureau ovale ne ressemble pas à une bonne décision.

    À ce stade, je pense que l’oligarchie préférerait donner les élections à Trump, plutôt que de les lui voler, et plutôt que permettre aux Américains insouciants de détruire la réputation de l’Amérique en choisissant pour président des États-Unis une personne sous investigation

    Être la «nation exceptionnelle» prendrait une toute nouvelle signification s’il y avait un criminel à la barre.

    Paul Craig Roberts

    Article original publié dans Strategic Culture

    Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone.
    Note du Saker Francophone : Vous trouverez une pertinente analyse critique de ce texte de PCR sur le site francophone De Defensa.org.

     

  12. C’est un TRUMPLEMENT de terre.
    La propagande vient de subir une défaite historique.

  13. Encore un passionnant billet (comme tous les jours)
    publié par Olivier sur son blog, les-crises.fr :

    [Pourquoi il a gagné] Trump comme on ne vous l’a jamais montré…

    Olivier Berruyer : Les médias on montré – à raison – la large face sombre de Trump.

    Il l’ont même montrée jusqu’à plus soif, jusqu’à l’hystérie.

    Notez que, pour l’essentiel, cette face problématique, dangereuse, écœurante, n’est, la plupart du temps, que celle du parti Républicain dans son ensemble.

    Mais le gros problème – vous le savez si vous avez l’habitude de lire ce site – est qu’on ne nous a pas montré l’autre face, celle qui l’a fait gagner. Et sans cette face, il était évidemment bien impossible de concevoir sa victoire – d’où le naufrage médiatique…

    Cette face est parfois plaisante – car on peut estimer qu’il a raison, que c’est du bon sens. Parfois, simplement drôle, avec le bagout du personnage. Parfois “populiste” (nouvelle insulte, mais qui, souvent, fait juste une moyenne avec tous nos “élitistes”). Parfois aussi d’un cynisme révoltant – mais qui parle aussi à beaucoup de gens… Bref, elle existe, et le métier d’un journaliste est de la montrer.

    Je vous propose donc quelques vidéos glanées sur le web, qui sont des montages sous-titrés de moments forts de ses meetings – non vus à la télé…

    Incise (vu qu’on en parle après – et c’est savoureux quand on a entendu les réactions du jour en Europe, 87e naufrage de notre diplomatie) :

    Et une seconde vidéo, en version d’abord courte :

    Et en version longue :

    Après, c’est du débat politique et démocratique…

    N.B. : j’ai cherché sur Youtube, mais je n’ai pas trouvé d’équivalent à ce dernière montage constitué uniquement de phrases de Trump, qu’il me semble important d’avoir entendues. Et je n’ai pas le temps de refaire un tel montage, d’où la reprise (les médias n’ont qu’à faire leur boulot… Signalez d’autres liens si vous en avez). Je précise cependant clairement que je ne partage nullement les valeurs du site ayant réalisée cette vidéo (qui ne pose, elle, aucun souci), bien au contraire, comme les habitués de ce blog le savent.

    Olivier Berruyer.

    Source : http://www.les-crises.fr/pourquoi-il-a-gagne-trump-comme-on-ne-vous-la-jamais-montre/

    • Ce qu’il y a de positif avec Trump, c’est qu’il a introduit dans le débat public des problèmes que tout le monde voit mais qui n’avaient pas le droit d’être évoqués. À ma connaissance, c’est le premier homme public a dire qu’il versait de l’argent à des parlementaires, et qu’en échange, ils lui rendent service quand il en a besoin.

      Quand un demande à des représentants du Camp du Bien ce qu’ils ont à répliquer, on n’obtient que des slogans sur le thème « non au populisme ! », « heures les plus sombres de notre histoire », … On finit par se dire que ces gens sont soit stupides soit complices.

      Même en admettant que Trump ne tienne aucune de ses promesses progressistes, le fait d’avoir introduit des sujets sur la place publique est déjà un progrès en soi.

      Un commentaire sur les réactions du Camp du Bien, auquel je n’ai rien à retrancher :

  14. Jean Bricmont : Victoire de Trump : la défaite de l’arrogance

    https://francais.rt.com/opinions/28803-victoire-trump-defaite-arrogance-bricmont

    « L’élection de Trump révèle l’abime croissant entre les victimes de la mondialisation et les élites intellectuelles de gauche qui ont depuis longtemps cessé de s’intéresser à elles, selon l’essayiste belge Jean Bricmont. »

    JB : « Pourtant je suis assez vieux pour me souvenir d’une époque où tous les partis de gauche, socialistes ou communistes, et même les démocrates américains, s’appuyaient sur les travailleurs ou sur la «classe ouvrière» ou sur le «common man». Personne n’allait vérifier si ces gens étaient munis de diplômes universitaires et on ne faisait non plus d’enquête pour vérifier si leurs opinions étaient politiquement correctes sur des questions comme le racisme, le sexisme ou l’homophobie.

    Ce qui définissait les travailleurs comme sujets progressistes était leur situation d’exploitation économique et non pas une quelconque orthodoxie idéologique ou pureté morale.

    Le héros plus ou moins mythique de la gauche ne fut plus le prolétaire mais le marginal, le migrant

    À la fin des années 1970 un grand tournant s’est opéré dans les partis de gauche ; ils ont été de plus en plus dominés par des intellectuels souvent issus du monde universitaire et leur idéologie a radicalement changé par rapport à celle de la gauche classique.

    Loin de viser à établir une forme ou une autre de socialisme ou même de justice sociale, la gauche est devenue la championne de la lutte pour l’égalité des chances, contre les discriminations, les préjugés, et, mondialisation oblige, l’ouverture des marchés.

    Le héros plus ou moins mythique de la gauche ne fut plus le prolétaire mais le marginal, le migrant, l’étranger, le dissident, ou le rebelle, mêmes si celui-ci est un fanatique religieux dont aucun intellectuel de gauche ne voudrait dans son voisinage. On est forcé de repenser à Rousseau qui se moquait des gens qui font mine d’aimer les Tatares pour se dispenser d’aimer leurs voisins.

    On s’est peu à peu retrouvé avec une nouvelle alliance de classe : le 1% comme on l’appelle, ou, pour être réalistes, les 10% des plus riches qui bénéficient de la mondialisation sont alliés à l’ensemble de la petite-bourgeoisie intellectuelle qui nous vendent la mondialisation heureuse au nom de «l’ouverture à l’autre» et qui agitent le spectre du racisme et du sexisme pour attirer les minorités et certaines féministes (bien que les femmes ne soient pas une minorité, certaines féministes ont des revendications similaires à celles des minorités).

    Les principales victimes de la mondialisation sont les travailleurs les moins qualifiés

    Mais cette alliance était extrêmement contre-nature d’un point de vue socio-économique, parce que les principales victimes de la mondialisation sont les travailleurs les moins qualifiés, qui sont souvent issus de minorités ou des femmes.

    Le parti pris pro-globalisation de la gauche l’a amenée d’une dérive à l’autre. D’abord elle a abandonné toute prétention à une régulation quelconque de l’économie, se contentant de prétendre répartir équitablement les fruits de la croissance et à assurer «l’égalité des chances». Mais dans le monde réel, on a eu affaire à un accroissement des inégalités et à une croissance économique très faible.

    On a aussi imaginé que le droit international pouvait être aboli et qu’une certaine «communauté internationale», en pratique les Etats-Unis et leurs alliés, allait faire régner l’ordre au niveau mondial et cela de façon militaire. À nouveau, dans le monde réel, cela n’a fait qu’engendrer plus de chaos, de misère, de réfugiés, et de résistance à cet ordre «américain». En fait, à la longue, la population américaine s’est mise à souffrir d’un mal étrange, le « war fatigue ». À part une minorité d’idéologues, presque plus personne aux Etats-Unis ne veut assumer les coûts d’un empire.

    Il a fallu aussi réagir aux protestations des victimes de la mondialisation. Ces protestations ont été gérées par l’idéologie de la tolérance : toute hostilité à la mondialisation devenait rejet de l’autre, racisme, xénophobie. Les intellectuels se sont lancés avec enthousiasme dans ce « combat contre le racisme », tout en veillant à garder leur position privilégiée dans la société, à l’abri des tornades de la mondialisation.

    L’élection de Trump montre la révolte de la population américaine

    Aux États-Unis, on se contente de stigmatiser les mal-pensants, en Europe, on va jusqu’à les poursuivre devant les tribunaux.

    Tout cela devait bien exploser un jour, comme le mur de Berlin et l’URSS, et fondamentalement pour les mêmes raisons : une élite auto-satisfaite, coupée des réalités sociales et passablement incompétente qui prétend faire le bonheur du peuple sans lui demander son avis, et qui, en fin de compte, ne délivre même pas les bienfaits promis, finit par produire une révolte contre elle.

    Après le Brexit, vint Trump. On peut gloser à l’envi sur ce personnage, mais plus les «libéraux» américains en disent du mal, plus ils soulignent implicitement l’énormité de leur défaite : après des années de politiquement correct et «d’éducation» au féminisme et à l’antiracisme, que peut-on imaginer de pire comme échec que l’élection d’un individu aussi diabolisé par les féministes et les antiracistes que Trump ?

    Pour les européistes et les partisans de la mondialisation et des guerres humanitaires, la victoire de Trump a un peu l’effet que les grèves ouvrières en Pologne avaient sur les communistes : celles-ci montraient le mécontentement qui existait même dans le prolétariat là où il était supposé exercer sa dictature. L’élection de Trump montre la révolte de la population américaine dans la citadelle même du libre-échange et de l’impérialisme.

    Reste évidemment à savoir si Trump va réaliser les aspects progressistes de son programme : protectionnisme et paix avec la Russie. Ce sont ces aspects qui irritent sans doute le plus l’oligarchie et non ses petites phrases ou ses galipettes. Par conséquent, ce sont ces aspects qui nécessiteront le plus d’intelligence et de détermination de sa part.

    Une gauche qui ferait un bilan lucide de ses égarements passés devrait consacrer tous ses efforts à pousser Trump dans la bonne direction, plutôt que de s’aliéner encore plus la population en adoptant une nouvelle posture de supériorité morale et en vendant à nouveau son âme à la direction du parti démocrate. »

    Jean Bricmont

    • Les choses semblent déjà claires : le Parti Républicain a remis les choses au point. Dans le site programmatique de l’équipe de transition, il n’est plus question du retour du Glass-Steagall Act promis par Trump, et la politique étrangère reste très classiquement centrée sur « la lutte contre le terrorisme et les idées radicales ». Il reste néanmoins prévu une politique de relocalisation de l’industrie ; on verra ce qu’il en reste.
      Le site : https://www.greatagain.gov/

  15. Viktor Dedaj : 15 jours avec Donald Trump, et je ce que j’ai appris

    « Décidément, le charlatanisme assumé des journalistes ne finira jamais de m’étonner. Hier encore, les médias nous expliquaient que Clinton allait gagner – et même largement. Aujourd’hui, les mêmes nous expliquent pourquoi Trump a gagné. En 24h, ils ont compris ce qu’ils n’avaient pas compris pendant un an. Trop forts.

    Quant à moi, au début des primaires aux Etats-Unis, j’avais fait un pari. A l’époque, on ne savait pas encore qui serait les candidats respectifs du Parti Démocrate et du Parti Républicain, mais une chose me paraissait certaine, et c’est ceci : Hillary Clinton n’allait pas être élue. J’ai bien-sûr gagné mon pari et j’en suis encore à digérer un couscous royal arrosé d’un pichet de côte du Rhône offert par mon malheureux challenger (j’ai les victoires modestes).

    Cela dit, je viens de passer quinze jours en compagnie de Donald Trump, de ses sympathisants, de ses conseillers. Tous les soirs, aussitôt rentré du travail et jusqu’à des heures déraisonnables, je m’attablais à la tâche ingrate que je m’étais fixée : connaître Donald Trump et, surtout, les gens qui sont derrière lui. J’ai donc patiemment écouté ses discours (quelques-uns suffisent car il répétait peu ou prou souvent la même chose) ; j’ai écouté bon nombre de ses conseillers et/ou proches ; j’ai longuement consulté et suivi les sites qui le soutenaient. Pendant quinze jours, donc, j’ai bouffé du Trump à toutes les sauces. Voici un rapide compte-rendu de mes impressions.

    Au risque de vous décevoir, j’ai acquis l’intime conviction que Donald Trump n’est pas le Che Guevara de l’immobilier de luxe, mais bien un mec de droite. Sa politique sera donc, en toute logique, très probablement une politique de droite. Je dis « très probablement » car l’expérience montre que les politiciens de droite ont tendance à appliquer des politiques de droite – alors que les politiciens « de gauche », eux, se contentent de trahir leurs promesses (et par la même occasion de critiquer sévèrement ceux qui, ailleurs, les tiennent).

    Au risque de vous surprendre, les « cerveaux » du camp Trump (conseillers, journalistes) ne sont pas particulièrement extrémistes dans leurs propos – si on les replace dans le contexte US qui n’est pas un havre de progressisme. Si la forme est parfois plus « rugueuse » que les versions polies (du verbe « polir ») communément servies dans les milieux de l’élite établi, le fond est empreint d’un bon sens et d’une logique qui semble cruellement faire défaut depuis quelque temps dans ce pays. C’est vrai, ils détestent « la gauche ». Mais lorsque « la gauche » est représentée chez eux par des Hillary Clinton et consorts (il s’agit des Etats-Unis), qui d’entre nous ne la détesterait pas, cette gauche-là ?

    Alors que les médias (français et US) se contentent de nous les présenter simplement comme des « réactionnaires » et des « xénophobes », on constate qu’en réalité leur argumentaire est plus développé qu’il n’y paraît (et très certainement moins réac et xénophobe qu’on ne le dit). Exemple : « Mme Clinton prétend défendre la cause des femmes alors qu’elle a renvoyé les femmes Libyennes à l’âge de pierre ». Autre exemple « On reproche à M. Trump des propos tenus il y a dix ans dans un contexte privé et particulier, alors que Mme Clinton s’affiche avec des rappeurs dont je ne pourrais pas répéter les paroles de leurs chansons sans être censuré ».

    Par ailleurs, les critiques sur la politique étrangère des Etats-Unis étaient omniprésentes. Curieusement, alors que le camp Trump est présenté comme le camp « agressif » et « guerrier », je n’ai personnellement entendu et lu que le contraire : des critiques très sévères contre les guerres « pour le pétrole », « basées sur des mensonges », « qui ont coûté des centaines de milliers de vies », etc. avec des rappels fréquents de la fameuse déclaration de Madeleine Allbright (sur les 500,000 enfants irakiens morts qui en « valaient le prix »).

    J’ai entendu par ailleurs des rappels incessants à la nécessité de revenir à la diplomatie (ferme, certes, mais diplomatie quand même) et de mettre fin au bellicisme tous azimuts des administrations précédentes (notez le pluriel).

    J’ai entendu et lu « la folie de Mme Clinton, rongée par sa Russophobie, qui veut nous entraîner dans une guerre nucléaire ».
    Autre critique qui revenait souvent : le double-jeu de l’élite établi qui entretient des relations cordiales avec les régimes qui financent le terrorisme… (Arabie Saoudite et Qatar, souvent et nommément cités). Parmi les révélations de Wikileaks qui ont été largement relayées par le camp Trump – accompagnés d’accusations de « trahison », ni plus, ni moins -- est l’aveu implicite de Clinton dans un email de 2012 que l’Arabie Saoudite et le Qatar finançaient bien les réseaux terroristes.

    Les critiques n’étaient pas limitées au Parti Démocrate. En effet, presque systématiquement, lorsque la critique ne visait pas spécifiquement une action ou un trait du Parti Démocrate, il était rappelé que la critique visait aussi « Le Parti Républicain » en tant que parti représentant de l’élite. Bonne nouvelle : Bush et les néoconservateurs étaient systématiquement traînés dans la boue (en compagnie d’Obama).

    Bernie Sanders : certes, M. Sanders était un socialiste égaré, mais il était intègre, honnête, et comprenait comment marchait le système. Et Hillary et le Parti Démocrate lui ont volé sa nomination à la candidature (probablement des appels du pied aux partisans de Sanders…)

    Les louanges envers Wikileaks n’ont pas manqué. Certes, là encore, il s’agit probablement d’opportunisme, mais c’est déjà ça. L’image gravée dans l’esprit du public n’est peut-être plus celle d’une « organisation criminelle » et plus proche de celle de « guerriers de l’information ». En tous cas, on était loin du discours de Clinton qui voulait « droner » Julian Assange. J’espère de tout cœur que le nouveau président des Etats-Unis s’en souviendra et fera le geste qui permettra à Assange d’être libre…

    En ce qui concerne les fuites, savamment diffusées par Wikileaks, on notera aussi que dès le début, l’entourage de Trump a rejeté les accusations contre la Russie et, fait moins connu, a insisté que les fuites provenaient, selon eux, des cercles internes du pouvoir (police et services secrets), lassés par le niveau de corruption constaté. Il se pourrait que ce ne soit qu’un argument pour saper un peu plus la crédibilité de Clinton, mais mon impression est qu’ils étaient dans le vrai.

    Élément intéressant (et trouvé par hasard) : Donald Trump ne croit pas à la version officielle des attentats du 11 septembre (Interview en anglais) :
    )

    Lors de ma plongée dans le monde de Trump, j’ai évidemment croisé Hillary Clinton. Au bout de quelques jours, je me suis rendu compte à quel point son discours me paraissait plus extrémiste et déconnecté de la réalité que celui du camp Trump. Il ne fait aucun doute dans mon esprit qu’en termes du contenu du discours, des idées véhiculées, Clinton était nettement plus dangereuse que Trump. Trump s’exprimait comme Trump, c’est-à-dire comme un businessman à succès, une célébrité, qui a bien côtoyé le monde politique mais sans plus d’attaches ou de relations que celles « dues à son rang ». Je n’ai pas trouvé trace du Ku-Klux-Klan et j’ai entendu quelques (rares) allusions à l’extrême-droite (les suprémacistes, notamment) en termes très peu flatteurs.

    Au final, j’ai trouvé la campagne (au sens large) de Trump extrêmement faible dans son argumentaire « intérieur » (politique sociale, droits, libertés) mais extrêmement efficace dans sa dénonciation des dérives extérieures, des mensonges successives, des double-jeux, des dangers posés par la politique extérieure des Etats-Unis (et donc par Clinton). Un véritable feu d’artifice que je n’aurais pas renié, et qui fut diffusé à l’échelle du pays et – fait très rare et exceptionnel -- par de hautes personnalités auprès d’un public probablement peu habitué à de tels discours. Sur ce point précis, il me semble qu’il ne faut pas sous-estimer les effets à terme d’un tel déballage de « vérités désagréables à entendre sur la politique extérieure des Etats-Unis » (et malgré la censure des médias US). C’est déjà ça… et c’est pas mal.

    Alors, qui est Donald Trump ? Il m’a donné l’impression d’être un de ces « bons chrétiens conservateurs » qui a fini par s’exaspérer d’une classe parasitaire « libérale » (à chacun son vocabulaire) qui rongeait les fondations de ce qu’il chérit le plus au monde (après sa femme et ses enfants évidemment) : le capitalisme. Qui l’a soutenu ? Un peu tout le monde, mais parmi les « élites », très certainement ceux qui pensaient qu’une opération de provocation ouverte contre la Russie, la Chine, et le reste du monde, et le risque d’un conflit nucléaire qui semblait se préciser à l’horizon, ne valait décidément pas vraiment le prix.

    Attendons de voir si celui qui a promis « d’assécher le marécage » (slogan des derniers jours de sa campagne) tiendra parole ou s’il ne se révélera être qu’un crocodile de plus. »

    Viktor Dedaj

    https://www.facebook.com/viktor.dedaj/posts/10209834037580299

  16. Dimitri Courant :

    (https://www.facebook.com/courant.dimitri/posts/937969522975332)

    « Pour savoir ce qu’est le populisme je recommande donc chaudement la lecture de cet excellent papier du philosophe Jacques Rancière :

    Non, le peuple n’est pas une masse brutale et ignorante

    Par Jacques Rancière, Philosophe

    Le mot « populisme » a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libérationa sollicité trois philosophes: Jacques Rancière (lire ci-dessous) qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso qui  s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le« populisme industriel » né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de l’image analogique.

    « Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénoncer les risques du populisme. Il n’est pas pour autant facile de saisir ce que le mot désigne. Qu’est-ce qu’un populiste ? A travers tous les flottements du mot, le discours dominant semble le caractériser par trois traits essentiels : un style d’interlocution qui s’adresse directement au peuple par-delà ses représentants et ses notables ; l’affirmation que gouvernements et élites dirigeantes se soucient de leurs propres intérêts plus que de la chose publique ; une rhétorique identitaire qui exprime la crainte et le rejet des étrangers.

    Il est clair pourtant qu’aucune nécessité ne lie ces trois traits. Qu’il existe une entité appelée peuple qui est la source du pouvoir et l’interlocuteur prioritaire du discours politique, c’est la conviction qui animait les orateurs républicains et socialistes d’antan. Il ne s’y lie aucune forme de sentiment raciste ou xénophobe. Que nos politiciens pensent à leur carrière plus qu’à l’avenir de leurs concitoyens et que nos gouvernants vivent en symbiose avec les représentants des grands intérêts financiers, il n’est besoin d’aucun démagogue pour le proclamer. La même presse qui dénonce les dérives «populistes» nous en fournit jour après jour les témoignages les plus détaillés. De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement dits «populistes», comme Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, se gardent bien de propager l’idée «populiste» que les élites sont corrompues. Le terme «populisme» ne sert pas à caractériser une force politique définie. Il ne désigne pas une idéologie ni même un style politique cohérent. Il sert simplement à dessiner l’image d’un certain peuple.

    Car « le peuple » n’existe pas. Ce qui existe ce sont des figures diverses, voire antagoniques du peuple, des figures construites en privilégiant certains modes de rassemblement, certains traits distinctifs, certaines capacités ou incapacités. La notion de populisme construit un peuple caractérisé par l’alliage redoutable d’une capacité -- la puissance brute du grand nombre -- et d’une incapacité -- l’ignorance attribuée à ce même grand nombre. Pour cela, le troisième trait, le racisme, est essentiel. Il s’agit de montrer à des démocrates toujours suspects d’«angélisme», ce qu’est en vérité le peuple profond : une meute habitée par une pulsion primaire de rejet qui vise en même temps les gouvernants qu’elle déclare traîtres, faute de comprendre la complexité des mécanismes politiques, et les étrangers qu’elle redoute par attachement atavique à un cadre de vie menacé par l’évolution démographique, économique et sociale. La notion de populisme remet en scène une image du peuple élaborée à la fin du XIXe siècle par des penseurs comme Hippolyte Taine et Gustave Le Bon, effrayés par la Commune de Paris et la montée du mouvement ouvrier : celle des foules ignorantes impressionnées par les mots sonores des « meneurs » et menées aux violences extrêmes par la circulation de rumeurs incontrôlées et de frayeurs contagieuses.

    Ces déchaînements épidémiques de foules aveugles entraînées par des leaders charismatiques sont-ils vraiment à l’ordre du jour chez nous ? Quels que soient les griefs exprimés tous les jours à l’égard des immigrés et notamment des «jeunes des banlieues», ils ne se traduisent pas en manifestations populaires de masse. Ce qu’on appelle racisme aujourd’hui dans notre pays est essentiellement la conjonction de deux choses. Ce sont d’abord des formes de discrimination à l’embauche ou au logement qui s’exercent parfaitement dans des bureaux aseptisés. Ce sont ensuite des mesures d’Etat dont aucune n’a été la conséquence de mouvements de masse : restrictions à l’entrée du territoire, refus de donner des papiers à des gens qui travaillent, cotisent et paient des impôts en France depuis des années, restriction du droit du sol, double peine, lois contre le foulard et la burqa, taux imposés de reconduites à la frontière ou de démantèlements de campements de nomades. Ces mesures ont pour but essentiel de précariser une partie de la population quant à ses droits de travailleurs ou de citoyens, de constituer une population de travailleurs qui peuvent toujours être renvoyés chez eux et de Français qui ne sont pas assurés de le rester.

    Ces mesures sont appuyées par une campagne idéologique, justifiant cette diminution de droits par l’évidence d’une non-appartenance aux traits caractérisant l’identité nationale. Mais ce ne sont pas les « populistes » du Front national qui ont déclenché cette campagne. Ce sont des intellectuels, de gauche dit-on, qui ont trouvé l’argument imparable : ces gens-là ne sont pas vraiment français puisqu’ils ne sont pas laïques.

    Le récent «dérapage» de Marine Le Pen est à cet égard instructif. Il ne fait en effet que condenser en une image concrète une séquence discursive (musulman = islamiste = nazi) qui traîne un peu partout dans la prose dite républicaine. L’extrême droite « populiste » n’exprime pas une passion xénophobe spécifique émanant des profondeurs du corps populaire ; elle est un satellite qui monnaye à son profit les stratégies d’Etat et les campagnes intellectuelles distinguées. L’Etat entretient le sentiment permanent d’une insécurité qui mêle les risques de la crise et du chômage à ceux du verglas ou du formamide pour faire culminer le tout dans la menace suprême de l’islamiste terroriste. L’extrême droite met les couleurs de la chair et du sang sur le portrait standard dessiné par les mesures ministérielles et la prose des idéologues.

    Ainsi ni les « populistes » ni le peuple mis en scène par les dénonciations rituelles du populisme ne répondent-ils vraiment à leur définition. Mais peu importe à ceux qui en agitent le fantôme. L’essentiel, pour eux, est d’amalgamer l’idée même du peuple démocratique à l’image de la foule dangereuse. Et d’en tirer la conclusion que nous devons nous en remettre à ceux qui nous gouvernent et que toute contestation de leur légitimité et de leur intégrité est la porte ouverte aux totalitarismes. « Mieux vaut une république bananière qu’une France fasciste », disait un des plus sinistres slogans antilepénistes d’avril 2002. Le battage actuel sur les dangers mortels du populisme vise à fonder en théorie l’idée que nous n’avons pas d’autre choix. »

    Jacques Rancière Philosophe

    http://www.liberation.fr/france/2011/01/03/non-le-peuple-n-est-pas-une-masse-brutale-et-ignorante_704326

    Car le populisme dans son sens historique, que ce soit lors de sa naissance dans la Russie du XIXe puis sa diffusion par le People’s Party aux USA ou encore en Amérique Latine au XXe est principalement une dynamique anti-élitiste de gauche en défense du peuple (cf: Antoine Chollet).

    Ce n’est que très récemment que « populiste » est devenu une insulte visant à disqualifier les adversaires des « partis de gouvernement », adversaires de droite comme de gauche, xénophobe ou pro-migrants sans distinction, et le peuple avec eux. Le contraire populiste est avant tout « élitiste ». Et il en va de même pour « démagogue » qui désignait dans l’Antiquité ceux qui prenaient le parti du peuple contre l’aristocratie.

    Idem pour « democratie ». Le système représentatif électif actuel a été conçu lors des révolutions du XVIIIe contre la démocratie par ses pères fondateurs aussi bien états-uniens que français. Pour en savoir plus lire Wolin 1993, Manin 1995, et Dupuis-Déri 2013.

    Dimitri Courant.

    • Jean Paul Jouary sur le populisme :

      • Je ne suis pas du tout d’accord avec Jean-Paul Jouary sur ce point : il rend les armes aux menteurs, il valide l’acception négative d’un mot essentiellement positif (pour nous tous).

        Est populiste celui qui défend (vraiment) les intérêts du peuple. Ne pas confondre avec démagogue, qui ment pour gagner les élections et accéder au pouvoir par la ruse. Ceux qui dénoncent le populisme sont des élitistes. C’est leur droit, mais il faut que, de son côté, le peuple refuse de se laisser berner par la mise à l’envers des mots importants, et qu’il assume et fasse respecter le mot populiste comme un drapeau rouge, un signe de ralliement autour de l’intérêt général, contre les ultrariches et leurs privilèges.

        • Le populiste est celui qui défend les intérêts du peuple, mais l’élite lui accole une intention négative cachée, servir les intérêts de quelques uns (ou de lui-même)…le comble ! Comme si l’élite connaissait à l’avance les intentions de chacun. Ce qui revient à le traiter de « démagogue ».
          Il faut se méfier des mots « multi-usage » (les discours servent toujours de maquillage), ce sont les actes et les faits qui comptent dans le sens du bien commun et dans un processus de protection contre les dominances.

  17. Edward Snowden : « Obama ou Trump, cela n’a pas d’importance, nous sommes toujours autant surveillés »


    De Moscou, le célèbre lanceur d’alerte a exhorté les américains de «penser eux-même», expliquant qu’aucun dirigent ni aucune élection ne changerait le système de surveillance de masse dans le monde.

    Edward Snowden s’exprimait de Moscou, le 10 novembre, via une plateforme de livestream hébergée aux Pays-Bas pour répondre aux questions des auditeurs réunis au théâtre Tuchinski à Amsterdam.

    Il a dès le début attiré l’attention du public sur le résultat de l’élection américaine exhortant la population à voir au-delà de la procédure électorale ou d’un président élu et prendre son avenir en main. «Il nous faut arrêter « d’avoir de l’espoir » avec Obama ou « d’avoir peur » de Trump. Ce qu’il nous faut c’est penser par nous même», a indiqué le lanceur d’alerte.

    Snowden, ancien employé de la NSA (les services secrets américains) a fui les États-Unis en 2013 après avoir divulgué des documents top-secrets de l’agence révélant des détails sur ses programmes mondiaux de surveillance de la population. Il réside actuellement en Russie où l’asile lui a été accordé.

    Le lanceur d’alerte a refusé d’entrer dans une discussion portant uniquement sur la victoire électorale de Donald Trump, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas que d’une simple question d’élection ou de gouvernement.

    Il a par exemple profité de son intervention pour rappeler que le président américain sortant Barack Obama n’a pas rempli les promesses qu’il avait faites au peuple à propos de la fin de la surveillance de masse ou encore la fermeture de la prison de Guantanamo.

    «Le président Obama a fait de la fin de la surveillance de masse et de la torture en prison ses sujets clefs de campagne et nous y avons crus. Nous avons pensé que tout allait changer parce que la bonne personne était entrée dans le bureau».

    Le lanceur d’alerte a admis avoir suivi l’élection de près, mais a insisté sur le fait qu’il était «au-dessus» de cela». «Je me soucie plus de ce qui se passe autour de moi, autour de nous, c’est bien plus important», a-t-il insisté.

    Revenant au sujet de Donald Trump, Edward Snowden a déclaré: «ce n’est pas que les gens considèrent Trump comme une personne exceptionnelle, c’est juste qu’ils trouvent que c’est l’option la moins pire».

    Interrogé par un membre du public sur ce que le peuple américain devait faire, il a exhorté à participer à des organisations qui luttent pour la protection de droits civils et de la vie privée.

    Le lanceur d’alerte a ajouté qu’il espérait retourner un jour aux États-Unis, mais qu’il refuserait définitivement « de servir le gouvernement contre le peuple ».

    Source : RT
    https://francais.rt.com/international/28830-edward-snowden-obama-ou-trump

  18. « La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen non seulement sur les affaires de l’Etat, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession.

    Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toute sorte de groupes, sont abandonnés à leur propre faiblesse et cèdent bientôt, soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis …

    La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »

    Pierre MENDES-FRANCE

  19. Excellent ! (j’ai raté des trucs, quand même…)
    Il faudrait traduire ça, s’il vous plaît 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *