[Résumé dense, 37 min] Les électeurs-enfants doivent MUTER en citoyens-adultes (adultes politiques et DONC économiques)

Si vous ne connaissez pas cet entretien (c’est un rappel), (avec presque tout ce qui compte le plus, à savoir et à faire savoir, de mon point de vue), il devrait vous plaire (j’espère) 🙂

Bonne rentrée à tous, bande de virus 🙂 avec, j’espère, une bonne grève générale, illimitée et reconductible, avec occupation des usines et ateliers constituants, un peu partout sur terre 🙂


Deux conseils de lecture pour la rentrée, deux tout petits livres, puissants, enthousiasmants, épatants épatants épatants :

Simone Weil (magnifique) : grève et joie pure

(éditions Libertalia)


http://www.editionslibertalia.com/catalogue/a-boulets-rouges/simone-weil-greves-et-joie-pure


Noam Chomsky (passionnant) : Sur le contrôle de nos vies

(ou « La Conférence d’Albuquerque »)

(Édition Allia)


http://www.editions-allia.com/fr/livre/454/sur-le-controle-de-nos-vies-br-ou-la-conference-d-albuquerque

16 réponses à “[Résumé dense, 37 min] Les électeurs-enfants doivent MUTER en citoyens-adultes (adultes politiques et DONC économiques)

  1. Tant que les campagnes électorales seront financées par des fonds privés, nous ne ferons que voter pour la corruption.

  2. Fabrice Epelboin et la société de surveillance

  3. Cher Etienne,

    Vous pensez vraiment le système « légaliste » ?

    Pourtant, ne dites vous pas que le pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite, comme s’il s’agissait d’une loi physique ?

    J’aime beaucoup cette formule, je la trouve d’une lucidité, d’une densité et d’une puissance explicative surprenante.

    Encore faut-il ne pas la perdre de vue.

    Le droit est un moyen de légitimation des puissants. Nos gouvernants ET les juges l’utilisent volontiers tant que cet usage du droit est possible pour parvenir à leurs fins. Compte tenu de la complexité des lois et de la latitude d’interprétation qu’elle permettent, il ne leur est pas nécessaire -- le plus souvent -- de violer le droit. Mais dès que le droit entrave leurs objectifs, ils le violent sans aucune hésitation.

    Les uns et les autre exerçant leurs pouvoirs (macro ou micro social) sans contrôle réel et en quasi totale impunité (ces deux pouvoirs jouant un peu à « je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier qui tente de contrôler l’autre sera bien puni ») ils ne font finalement rien d’autre que ce permet d’anticiper votre constat : « le pouvoir va jusqu’à ce qu’il rencontre une limite ».

    • Etienne ne parlait pas des gouvernants qui eut effectivement sont de purs psychopathes qui ne suivent qu’une loi, celle de leur intérêt. Il parle plutôt de masse de l’appareil institutionnel l’administration, de la police, de l’armée, etc, qui elle est légaliste. C’est-à-dire qu’elle ne se pose pas de question sur le bien-fondé des instructions, mais applique les règles qui leur sont imposées de qui que ce soit qu’elles viennent (c’est d’ailleurs la même chose dans les entreprises privées). C’est ennuyeux pour ceux qui veulent ébranler l’Etat car un tout petit nombre de crapules peut garder longtemps le contrôle sur toute une nation du fait de cette obéissance à la loi. Mais inversement, si l’on parvient à s’emparer de la fabrique des lois, l’appareil d’Etat suivra. Ainsi, il ne risque pas d’y avoir un soulèvement régional ou corporatiste pour défendre les privilèges de Manuel Valls ou Christian Estrosi, lorsque le régime aura été modifié. (cfr le Chapitre IV du Prince)

  4. @ Fabrice Epelboin :
    Donc selon vous la république se définit par la tenue de votations plus ou moins fréquentes ?
    Ah bon, je pensais qu’une république était une société ou la notion et l’action de bien public dominait le bien privé…
    Dans cette seconde interprétation et compte tenu de la part très largement prépondérante des biens privés sur les biens publics des systèmes politiques « occidentaux », notamment de la monnaie, nous ne sommes pas plus en république qu’en démocratie.

    Il faut cesser je crois de propager l’usage des mots tel que les puissants les utilisent à dessein d’influencer nos représentations et donc de nous contrôler.

  5. Une petite vidéo pour se détendre (on aimerait tant), s’affuter plus exactement :
    https://www.youtube.com/watch?v=zaZ_x3sLbkQ

    Du Linky, aux agendas 21 en passant par toutes les nombreuses législations que notre gouvernement a produit cette année même, ma filiation professionnelle (bâtiment) et ma passion de la nature (l’entière, l’ontologique, l’infinie et indéfinie !) confirme la vision. Qu’on se le dise et qu’on reconquiert notre sol de vie (aujourd’hui pratiquement inaccessible à qui en est parti = 95% pour 5% d’agriculteurs vers le latifundisme).

    • Voici un des films dont sont tirés quelques images de l’affreux documentaire ci-dessus (monté en électro-choc, certes ! et il faut s’en remettre). Le déploiement et les conséquences des compteurs dits intelligents aux USA y sont longuement décrits.
      Il s’agit de Take your power back, de Josh DEL SOL.
      https://www.youtube.com/watch?v=hazBcxuRdZc

      Concernée à brève échéance comme tout un chacun en France, je me dis comme il est d’ailleurs exprimé en fin de film, que le compteur Linky, par toutes les réalités monstrueuses qu’il révèle peut être un accès à un certain réveil collectif…
      Next-up, Robin des Toits (associations) et de nombreux documents sont ouverts à tous.
      N’étant pas américaine, je ne saurais sortir mon arme de combat héroïque pour finir. Une précision sordide alors : des kits pédagogiques ont été créés pour former nos enfants dans les écoles…

  6. La servitude des « démocraties » modernes, anticipée (par Alexis de Tocqueville, en 1840)

    Sources : panarchy.org, relayé et illustré par partage-le.com, puis signalé par les-crises.fr (et enfin par le Plan C 🙂 ) : http://partage-le.com/2016/08/la-servitude-des-democraties-modernes-anticipee-par-alexis-de-tocqueville-en-1840/

    Extrait de « De la Démocratie en Amérique, vol II » (Quatrième Partie : Chapitre VI) publié en 1840.

    Ce texte est d’une clarté et d’une lucidité extraordinaires. Il présente ce qui s’est passé et ce qui se passe de plus en plus
    sous la domination de la démocratie totalitaire : manque d’indépendance, manque d’esprit créatif, manque de vitalité. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés dominent. C’est un portrait impitoyable de la réalité contemporaine, composé il y a plus de 150 ans.


    Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

    Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

    Au-dessus de ceux-la s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

    C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

    Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

    J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir a l’ombre même de la souveraineté du peuple.

    Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

    Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

    Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.

    Je ne nierai pas cependant qu’une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d’un homme ou d’un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.

    Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l’oppression qu’il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu’on le gêne et qu’on le réduit à l’impuissance, peut encore se figurer qu’en obéissant il ne se soumet qu’à lui-même, et que c’est à l’une de ses volontés qu’il sacrifie toutes les autres.

    Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d’elle, les forces et les droits qu’on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l’État, mais profitent à l’État lui même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu’ils ont fait au public de leur indépendance.

    Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c’est donc diminuer le mal que l’extrême centralisation peut produire, mais ce n’est pas le détruire.

    Je vois bien que, de cette manière, on conserve l’intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu’on put jamais être assuré de l’une sans posséder l’autre.

    La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l’obéissance, qui n’est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité.

    J’ajoute qu’ils deviendront bientôt incapables d’exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu’ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s’agit-il du gouvernement de tout l’État, ils confient à ces citoyens d’immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d’élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s’étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu’ils remarquent ne tenait pas a la constitution du pays bien plus qu’a celle du corps électoral.

    Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs.

    Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m’a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s’étendre aux pieds d’un seul maître.

    Alexis de Tocqueville

    [Toute sa description de l’absurdité des soi-disant démocraties modernes est remarquablement exacte, il n’avait pas cependant imaginé qu’une constitution aussi monstrueuse puisse durer, et se renforcer à l’aide du progrès technique]


    Source: http://www.panarchy.org/tocqueville/democratie.1840.html

    • Effectivement, de tous les textes de philosophie politique que j’aie lu, celui-ci est sans conteste le plus étonnant. Hormis qu’il ne voit pas la décomposition de la famille, tout est rigoureusement exact. Pour l’aspect visionnaire du livre, j’aime aussi beaucoup le passage -- à la fin du premier tome -- où il annonce la division du monde entre Russie et Etats-Unis (alors que l’ouvrage est écrit lorsque la Grande-Bretagne domine le monde comme aucune puissance ne l’a jamais fait) -- assez bluffant.

  7. « …qu’une constitution aussi monstrueuse puisse se renforcer à l’aide du progrès technique. »
    Nous somme désormais à l’âge de la technologie (fille du « progrès » technique ?), et certains rêvent et croient en la bio-technologie comme suppléante définitive (nanoparticules aidant).
    Non seulement, la technologie entame la santé des humains (et de leurs voisins terrestres, ne serait-ce qu’en se substituant à eux ou une partie de leur capacités et habiletés à activer quotidiennement, effraction cellulaire par les ondes intenses, les nano-molécules à l’autre bout), mais les choix alimentaires, les engouements techniques de toutes sortes (la cuisson pouvant en faire partie) plus anciens et probablement très anciens sont possiblement à l’origine de nos béquilles assez constantes depuis que l’histoire s’écrit -- avec la classique grande H, quel que soit le degré d’emprise de pouvoirs hiérarchisés, centralisés souvent, et aujourd’hui encensés et dits démocratiques.
    Comment justifier la passivité, l’inconscience de la majorité des gens… Pourquoi tant de peur et dépression, de soumission que les derniers avatars technologiques risquent de parachever, instrumentalisés comme jamais par ceux qui jouissent de leviers solides, administratifs, financiers (tout en souffrant manifestement de la peur eux aussi, outre le goût pathologique de choisir le destin des autres à la place du leur, propre et unique) ?
    Le temps passant, les recherches et expérimentations personnelles s’étoffant (changement alimentaire, choix du moindre outillage, résidence et travail à la campagne), bien des carcans souvent pris pour psychologiques et culturels s’évanouissent devant l’évidence d’une erreur monumentale, d’une succession de faux-pas, rendant, dans une vision généralisée, l’humain victime autant que bourreau, à commencer de lui-même.
    Il est question de se réapproprier, comme d’ailleurs jamais il n’a été sans doute réel, ou effectif, la souveraineté des vies, en ces temps mondialisés et informés, ce qui ne signifie en aucun cas conflit décisionnaire (comme socle organiqque), mais composition pragmatique et en plénitude (sur la base communautaire ? / Tönnies ? universelle qui sait ?).
    L’autre fait marquant de ces sociétés technicistes (et démocratiques) où les solutions d’un problème deviennent règles de fonctionnement et support d’autres règles et « avancées » techniques, reste leurs liens au travail, à la transformation des personnes en agents avant tout productifs (industrieux dit tout de même Tocqueville), dont les loisirs furent pour certains cas -- au nord, un deal aussi plaisant, nécessaire et dérivatif que rentable et aujourd’hui singulièrement tendancieux (sombrant dans la drogue et proche de l’abandon de toute conscience, l’esprit perméable à une organisation aberrante comme la disponibilité absolue des biens sans contrepartie trébuchante / illusion du revenu universel en un sens, viabilité de la métropolisation hors-sol).

  8. « L’héroïne électronique » : comment les écrans transforment les enfants en drogués psychotiques

    « Susan* a acheté un iPad à son fils de 6 ans, John, lorsqu’il était au CP. « J’ai pensé : ‘Pourquoi ne pas le laisser prendre de l’avance?’ » m’a-t-elle confié durant une séance de thérapie. L’école de John avait commencé à utiliser ces outils avec des élèves de plus en plus jeunes — et son professeur de technologie ne tarissait pas d’éloges à l’égard de leurs bénéfices éducatifs — Susan voulait donc faire ce qui était le mieux pour sa petite tête blonde qui adorait lire et jouer au baseball.

    Elle a commencé par laisser John jouer avec différents jeux éducatifs sur son iPad. Finalement, il a découvert Minecraft, dont l’enseignant en technologie lui a assuré qu’il n’était rien d’autre qu’un « Lego électronique ». Se souvenant du plaisir qu’elle avait, étant enfant, à construire et à s’amuser avec ces blocs de plastiques qui s’emboîtent, elle a laissé son fils jouer à Minecraft des après-midi durant.

    Au début, Susan était assez satisfaite. John semblait être engagé dans un amusement créatif, alors qu’il explorait le monde cubique du jeu. Elle n’a pas remarqué que le jeu n’avait rien à voir avec les Lego dont elle se souvenait — après tout, elle n’avait pas à tuer des animaux ni à trouver des minerais rares pour survivre et accéder au niveau suivant lorsqu’elle jouait à son ancien jeu bien aimé. Mais John semblait vraiment apprécier ce jeu et l’école avait même une association Minecraft, alors est-ce que ça pouvait vraiment être néfaste ?

    Pourtant, Susan ne pouvait pas nier qu’elle voyait des changements chez John. Il commençait à être de plus en plus concentré sur son jeu, et perdait tout intérêt dans le baseball et la lecture, tandis qu’il refusait d’effectuer ses corvées. Certains matins, il se réveillait et lui disait qu’il pouvait voir les formes cubiques dans ses rêves.

    Bien que cela l’inquiétait, elle pensait que son fils faisait peut-être simplement preuve d’une imagination active. Alors que son comportement continuait à se détériorer, elle a essayé de retirer le jeu mais John a commencé à faire des crises de colère épouvantables. Ces crises étaient si intenses qu’elle a abandonné, rationalisant toujours en se répétant encore et encore que « c’est éducatif ».

    Puis, une nuit, elle a compris que quelque chose n’allait vraiment pas.

    « Je suis entrée dans sa chambre pour le surveiller. Il était censé dormir – et j’ai eu si peur… »

    Elle l’a trouvé assis dans son lit le regard fixe, les yeux écarquillés et injectés de sang, perdus dans le vide, l’écran scintillant de son iPad posé près de lui. Il semblait être en transe. Ne pouvant plus contenir sa frayeur, Susan a dû secouer le garçon à plusieurs reprises pour le sortir de cet état. Affolée, elle ne pouvait pas comprendre comment son garçon qui avait autrefois été un enfant sain et heureux soit devenu si accro au jeu qu’il se tordait dans une stupeur catatonique.

    Il y a une raison pour laquelle les parents les plus méfiants face à la technologie sont les concepteurs et les ingénieurs en technologie. Steve Jobs était bien connu pour être un parent anti-technologie. Les directeurs techniques et ingénieurs de la Silicon Valley placent leurs enfants dans les écoles Waldorf, non-technologisées. Les fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page sont issus d’écoles Montessori, non-technologisées, à l’instar du créateur d’Amazon Jeff Bezos et du fondateur de Wikipédia Jimmy Wales.

    Bon nombre de parents comprennent intuitivement que les écrans lumineux omniprésents ont un effet négatif sur les enfants. On observe des crises de colère lorsque ces outils leur sont retirés et des périodes de déficit d’attention lorsque les enfants ne sont pas sans arrêt excités par leurs appareils ultra stimulants. Pire, on constate que les enfants s’ennuient, deviennent apathiques, inintéressants et indifférents lorsqu’ils ne sont pas connectés.

    Seulement, c’est encore pire que ce que nous pensons.

    Nous savons désormais que ces iPads, smartphones et Xbox sont une forme de drogue numérique. Des recherches récentes en imagerie cérébrale montrent qu’ils affectent le cortex frontal — qui contrôle la fonction exécutive, y compris le contrôle des impulsions — exactement de la même façon que la cocaïne. La technologie est tellement stimulante qu’elle augmente les taux de dopamine — le neurotransmetteur du plaisir le plus impliqué dans la dynamique de l’addiction — autant que le sexe.

    Cet effet addictif explique pourquoi le Dr Peter Whybrow, directeur du programme de neuroscience à l’Université de Californie de Los Angeles, appelle les écrans la « cocaïne électronique » et pourquoi les chercheurs chinois l’appelle « l’héroïne numérique ». D’ailleurs, le Dr Andrew Doan, à la tête de la recherche sur les addictions pour le Pentagone et la marine américaine — qui a enquêté sur l’addiction aux jeux vidéo — appelle les jeux vidéo et les dispositifs technologiques munis d’écrans des « pharmakeia numériques » (terme grec pour désigner les drogues).

    Dans mon travail clinique auprès de plus de 1000 adolescents au long des15 dernières années, j’ai compris que le vieil adage “mieux vaut prévenir que guérir” est particulièrement juste lorsqu’il s’agit de dépendance aux technologies. Une fois qu’un enfant a passé le cap de l’addiction technologique, le traitement peut être très difficile. J’ai même trouvé qu’il était plus facile de traiter un patient accro à l’héroïne ou à la méthamphétamine en cristaux que des joueurs invétérés « perdus dans la Matrice » ou que des toxicomanes des réseaux sociaux accros à Facebook. » […]

    (lire la suite : )
    http://partage-le.com/2016/09/lheroine-electronique-comment-les-ecrans-transforment-les-enfants-en-drogues-psychotiques/

    Source : partage-le.com

  9. Horizon- L’habit fait le moine

    (On en avait parlé il y a quelques années sur ce site, et elle vient d’être repérée et signalée par les-crises.fr)

  10. « Le coup d’État citoyen »

    (Editions La Découverte), un livre apparemment bien intéressant
    (même si l’idée des ateliers constituants populaires semble ne pas y figurer, ce qui serait quand même étonnant et décevant) :
    http://fr.calameo.com/read/00021502224a0b0391e25

  11. Bonjour à Tous excellent entretien avec Médiapart:
    Manuela Carmena, maire de Madrid : « Parce que les choses peuvent être différentes »
    https://youtu.be/uoicBRY2Axw

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