Archives mensuelles : juin 2016

Témoignage émouvant d’un débutant, pour son premier atelier constituant

Je viens de tomber sur ce témoignage de débutant (sur le site des « abstentionnistes engagés »), que je trouve émouvant (mais je suis partial, évidemment 🙂 ).

Merci à tous, bande de virus, pour tout ce que vous faites, personnellement, quotidiennement, opiniâtrement, pour que progresse sans cesse, partout sur terre, l’idée neuve de la nécessaire origine populaire de toute Constitution digne de ce nom.

Étienne.

Atelier constituant à Montreuil le 18 juin 2016 : « La Démocratie d’origine citoyenne. Réécrire la Constitution. Pourquoi ? Comment ? »

Affiche_Montreuil_18juin2016

Veinard de parisien, un des abstentionnistes engagés a pu assister à son premier atelier constituant, sur le thème qui est notre raison d’être en tant qu’abstentionniste engagé : le changement des règles du jeu c’est-à-dire la réécriture de la constitution.
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Nous étions une trentaine de personnes, de tous âges et de tous horizons. L’un des organisateurs-facilitateurs a commencé par un petit sondage :

  • « Qui se sent capable de réécrire la constitution » : 2 mains se lèvent. La mienne reste coincée à mi-hauteur. Malgré que je sois passionné par le sujet depuis des mois, ne l’ayant jamais fait, le doute m’empêche de lever haut la main.
  • « Qui se sent légitime de réécrire la constitution » : l’unanimité des mains se lèvent. Le constat est flagrant : un désir commun anime la trentaine de personnes.

Nous avons ensuite regardé 2 courtes vidéos que je vous recommande :

  • La Constitution par Grégory Portais qui explique qu’elle est une norme fondamentale (au sommet) qui définit les institutions et les relations entre elles mais aussi les libertés fondamentales. « La Constitution est le pilier de l’État de droit. » Armel Le Divellec.
  • Vers la démocration – Partie 1 – La Constitution qui présente de manière très simple les liens entre Peuple / Droit / Constitution en montrant comment cette dernière sert à limiter les pouvoirs et les abus.

Jean Massiet, commentateur politique de la chaîne Accropolis, est intervenu pour nous présenter en synthèse le fonctionnement des différentes Républiques qui se sont succédées depuis la fin de la Monarchie absolue. Très intéressant dans l’ensemble, j’ai retenu particulièrement que :

  • La 4ème République était un régime parlementaire à pleins pouvoirs où les députés étaient élus au scrutin proportionnel.Plus juste et plus démocratique, ce mode de scrutin a généré une instabilité gouvernementale non bénéfique à la France. Ceci a laissé un traumatisme et explique le passage à la 5ème République où les députés sont élus au scrutin majoritaire
  • La 5ème République – 1958 – a connu plusieurs modifications fondamentales depuis sa création. Notre constitution d’aujourd’hui ne ressemble donc plus du tout à celle de 1958. De légères modifications peuvent avoir des impacts considérables – en positif comme en négatif. Par exemple, la désignation du Président de la République au suffrage universel direct date de 1962.
  • La majorité des modifications de constitution surviennent par une crise.
  • Une nouveauté de notre époque est cette aspiration grandissante en France et ailleurs à réécrire la constitution. Réunir 30 personnes un samedi après-midi pendant 5 heures pour expérimenter et s’entraîner à réécrire la constitution n’aurait pas été possible il y a quelques années.

Puis a démarré l’atelier constituant. Le processus a été le suivant :

  1. Répartition en groupes de travail ~ 5 personnes pour écrire les propositions.
  2. Présentation des propositions de chaque groupe à toute l’assemblée pour soumission au vote (oui, non, blanc)

1ère étape – Écriture des propositions en groupes de travail

  • Mise en situation : Une Assemblée Constituante doit réécrire la Constitution française
  • Chaque groupe devait donc travailler à répondre aux questions suivantes : Qui ? Combien de personnes ? Modalités (sélection, période, …) ? Mandat (durée, révocabilité, impératif, …) ?
  • Cette 1ère étape a été réalisée en 3 périodes qui ont été à mon goût indispensables pour faire éclore les idées de chacun et les affiner en groupe :
    • une 1ère période où la parole est donnée à tour de rôle avec des temps contrôlés et égaux pour que chacun puisse intervenir et développer ses idées,
    • une 2ème période plus courte où l’échange n’a plus de règle, à part celle du respect des autres,
    • une 3ème périodes d’écriture où toutes les propositions sont écrites, avec ou sans consensus.
  • En synthèse, ci-dessous, quelques propositions/problématiques discutées dans mon groupe :
    • Qui peut participer à l’Assemblée Constituante ? ⇒ personne majeure, de nationalité française ou résident français d’au moins une période à définir, sélection de personnes devant représenter les Français, donc respecter en proportion certains critères de la population actuelle (âge, catégorie socio-professionnelle, sexe, géographique…), ayant purgé toutes ses peines…
    • Combien de personne doivent composer l’Assemblée Constituante ? ⇒ entre 1 000 et 3 000 personnes, 50 dans chaque circonscription…
    • Quelles modalités pour cette Assemblée Constituante ? ⇒ tirage au sort avec ou sans obligation, d’une durée de 18 mois à 2 ans (temps constaté dans d’autres pays qui ont fait l’expérience), enquête sur le patrimoine…
    • Quel type de mandat pour les membres de l’Assemblée Constituante ? ⇒ d’une durée de 18 mois, d’une durée de 3 mois pour permettre un roulement, révocable si faute commise, cumul interdit, sans immunité parlementaire (contrairement aujourd’hui aux députés composant l’Assemblée Nationale).
  • Cette expérience est d’une richesse hallucinante. On comprend que l’écriture d’une Constitution est un exercice d’équilibriste entre donner un pouvoir et mettre en place un contre-pouvoir juste, entre donner de l’efficacité et protéger de l’abus. Soumettre ses idées aux autres, accueillir les idées des autres, les mélanger, les affiner à plusieurs pour arriver à un résultat et une analyse mesurée des problèmes associés dégage un enthousiasme politique très puissant.

2ème étape – Présentation des propositions pour soumission au vote de l’Assemblée

  • Chaque groupe présente ses propositions, avec ou sans consensus, et les soumet au vote de l’assemblée. Des débats ont eu lieu à la plupart des votes. Le fait que chacune des personnes ait déjà réfléchi seule et en groupe aux problèmes sous-jacents donne de suite un engagement et une sensibilité à chacun. C’est saisissant de voir à quel point les citoyens qui participent à cet exercice se sentent concernées.
  • Un point clé à cette étape est la retranscription d’une proposition devant l’Assemblée. Il est ici hyper déterminant d’avoir écrit la proposition de la manière la plus claire et simple possible. Savoir expliquer est clairement un enjeu. À maintes reprises, les propositions présentées n’ont pas été comprises du premier coup.

Il est évident que, si la première question du sondage était reposée après ses 4 heures, « Qui se sent capable de réécrire la constitution », la réponse serait unanime et toutes les mains, dont la mienne, serait levée. Mille mercis aux organisateurs/facilitateurs.

Je suis un Abstentionniste Engagé et j’ai voté environ 30 fois ce jour-là. Je revoterai 30 fois demain dans ce cadre. Chaque vote a été en moi l’accomplissement d’un processus individuel de réflexion et d’échange d’idées. J’ai vu et senti ce jour-là ce que le mot « Démocratie » veut dire. Je souhaite à tous de pouvoir le ressentir et j’agirai de sorte à ce que chacun soit en mesure de le ressentir.

Réécrire les règles du jeu est indispensable, mais réfléchir à comment les réécrire est fondamental : d’abord pour ne pas se faire dérober notre puissance politique le moment venu, ensuite pour nous exercer à articuler les pouvoirs et les contre-pouvoirs de manière équilibrée, et enfin surtout parce que cela constituera l’acte fondateur d’une démocratie réelle en France.

Un mouton noir.

Source : http://lesabstentionnistesengages.fr/atelier-constituant-a-montreuil-le-18-juin-2016-la-democratie-dorigine-citoyenne-reecrire-la-constitution-pourquoi-comment/

 

Ressources :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

http://ateliersconstituants.org/

http://chouard.org/blog/tag/ateliers-constituants-2/
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On ne peut pas penser à l’endroit avec des mots à l’envers. Besoin planétaire d’éducation populaire.

 
On ne peut pas penser à l’endroit avec des mots à l’envers.

D’où l’importance, pour le bien commun, de l’éducation populaire.

Mais sans vous, ça ne pourra pas se faire.

Il est temps de devenir tous constituants, partout sur terre.

Éducation populaire : un enjeu de lutte
par Alexia Morvan


https://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/211112/education-populaire-un-enjeu-de-lutte-par-alexia-morv

Reprendre le maquis de l’éducation populaire « avec un petit e » c’est se ressaisir de la question de l’émancipation.

L’éducation populaire est une invention du XIXe siècle. Elle suppose deux événements historiques très étroitement liés : la révolution industrielle (naissance du capitalisme) et la Révolution française (naissance d’une démocratie représentative ou formelle).

Instruire ces nouveaux citoyens (pour les citoyennes il faudra attendre le XXe siècle !) pour la République, ou ces travailleurs pour les besoins de l’industrie, devient un enjeu pour tous les courants politiques et pour les patrons même si leurs objectifs diffèrent.

Une construction par étapes

À partir de cette première période de l’éducation populaire qualifiée « d’éducationniste », toute l’histoire de ce champ peut se lire comme un lent processus de domestication des organisations civiles par l’État, qui, par étapes spécialise, rétrécit et finalement incarcère leur potentiel critique.

Le premier acte de dissociation est la loi de 1884 sur la reconnaissance des syndicats qui va d’ailleurs inspirer celle de 1901 sur les associations. Alors même que le parti politique, le syndicat, l’association, sont issus d’une même matrice historique (l’association), la loi entérine un principe de division des rôles qui assure l’étanchéité entre scène politique (aux associations politiques autorisées, la vision globale, les questions d’intérêt général, la représentation du peuple à l’assemblée) et scène professionnelle (aux syndicats, les conflits du travail).

Pelloutier estimait que la domination de la bourgeoisie ne pouvait se perpétuer sans la domination idéologique dont l’art et l’enseignement « officiel » constituaient les vecteurs essentiels. Une majeure partie de l’éducation populaire en s’institutionnalisant (en relation étroite avec la laïcisation de l’enseignement) prend le sens de supplément extrascolaire de l’école républicaine pour les classes populaires. Les termes de culture populaire ou ouvrière attestent de la présence continue d’un clivage avec cette conception de l’éducation populaire (démocratisation scolaire), une méfiance à l’égard des savoirs transmis par la culture dominante, tant en terme de contenus que de modalités d’appropriation du savoir.

La loi Astier de 1919 (deuxième tournant) sur l’enseignement technique approfondit le travail de segmentation en attribuant la responsabilité de l’extension des loisirs à l’éducation populaire tandis que se multiplient les mouvements de jeunesse et avec eux une spécialisation par l’âge, le milieu et le genre.

On comprend mieux dès lors pourquoi en 1936 le premier secrétariat d’Etat qui entreprend directement des relations avec les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, est réservé aux sports et loisirs, puis en 1940 pourquoi se crée pour la première fois un département ministériel en charge des seuls problèmes de la jeunesse sous le gouvernement de Vichy.

A contrario en 1944 le projet d’ordonnance de Guéhenno pour les associations, fédérations, coopératives, comités d’entreprises et sections jeunesses des partis politiques assimilées à des œuvres éducatives, est une tentative d’inscrire la finalité d’une formation critique des citoyens dans une large politique publique d’éducation populaire. Ce projet (au nom de la culture populaire) s’affronte avec celui d’une direction de la jeunesse et des pratiques sportives. L’échec de l’équipe de Guéhenno entérine le succès d’une conception récréative de l’éducation populaire (démocratisation des loisirs, épanouissement personnel).

Le troisième tournant de cette domestication se manifeste à partir de 1958 par la professionnalisation du secteur (personnel spécialisé formé par l’État) et la planification d’équipements socioculturels (avec la charge de locaux) dans le cadre d’une vaste politique d’animation mais surtout de pacification de la vie sociale des quartiers urbains. L’État reproche aux associations d’être trop idéologiques et pas assez techniques.

La quatrième étape de cette domestication s’amorce avec « l’Etat modeste » en 1975. Celui-ci, de plus en plus libéral, devient expert du découpage de l’action publique en dispositifs de traitement local à court terme des symptômes (chômage, délinquance juvénile…) d’une société non démocratique. Les modes de financements publics incitatifs décentralisés découpent les actions de l’éducation populaire en contrats territorialisés sur des objectifs opérationnels avec une invasion de sigles à la mesure des interventions spécialisées. Les nouveaux animateurs sont censés concevoir des séquences d’activité pour un public donné, guidés par une « méthodologie de projet » avec de nouvelles références (médiation culturelle, insertion sociale, développement local…).

Dans ces conditions l’éducation populaire « avec un petit e » pouvait elle être autre que clandestine ?

Éducation populaire et émancipation

Depuis 1995, les indices d’un retour de la conflictualité sociale en France s’accompagnent d’une réappropriation de la notion d’éducation populaire (offre publique de réflexion du ministère de la Jeunesse et des Sports entre 1998 et 2000). L’enjeu du XXIe siècle consiste à entretenir ce deuxième pôle plus restrictif dans sa définition mais plus ouvert du point de vue de ses protagonistes (au-delà des acteurs officiels agréés) d’un type d’éducation populaire visant l’émancipation par des savoirs et des pédagogies critiques, par l’exercice politique du plus grand nombre, pour la transformation radicale de l’ordre hiérarchique (patriarcal, colonial, capitaliste…) du monde social. Cette orientation impose la désinstitutionnalisation au sens de la dé-spécialisation de l’éducation populaire comme condition de sa repolitisation.

La question centrale devient de qui, de quoi faut-il s’émanciper ensemble, faire cause commune (classe) et comment ?

L’éducation populaire politique consiste dès lors, en groupe, à dire le monde, tel qu’il est, tel qu’on voudrait qu’il soit, et exercer une volonté collective quant à la façon de vivre. Elle prend sa source dans les expériences concrètes de domination des groupes concernés car l’émancipation est indéterminée et multiple jusqu’à ce qu’elle prenne forme par des aliénations identifiées dans des situations réelles, base de construction d’une revendication et d’une stratégie commune de transformation. Elle s’accompagne d’une pédagogie expérimentale d’instruction des conflits tournée vers l’action collective. Cette pédagogie tente d’articuler une philosophie de l’émancipation (Rancière, Boltanski) et une théorie (ou sociologie) critique de la domination (Marx, Bourdieu). Elle peut investir tous les espaces, objets, possibles, avec des groupes et des méthodes pédagogiques variées et stimulantes (histoires de vie, conférences gesticulées, théâtre de l’opprimé, enquêtes, jeux à partir de situations problèmes, entraînement au débat public…), dès lors que ceux-ci soulèvent des conflits d’intérêts au sens large aux yeux des intéressés pour en faire des prétextes d’émancipation collective dans une visée de transformation radicale de la réalité sociale.

Alexia Morvan.

*Alexia Morvan est docteur en sciences de l’éducation. Elle exerce son activité professionnelle dans une coopérative d’éducation populaire (Le Pavé).

La Revue du projet, n° 20, octobre 2012

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[éducation populaire] De nouveaux outils pour nous aider à multiplier et améliorer nos ateliers constituants : jepolitique.fr, STIG…

Chers amis,

Les ateliers constituants se multiplient, un peu partout, de plus en plus souvent, et ce serait bien d’avoir des outils pour nous faciliter la tâche (individuellement et collectivement), en nous connectant à distance, pour étudier, comparer, commenter, améliorer, signaler, alerter, peaufiner, progresser, etc.

J’ai rencontré la semaine dernière un jeune homme, Tristan, qui a déjà créé un site (jepolitique.fr) pour nous aider à écrire ensemble — et à voter — nos idées de lois.

Il voudrait maintenant créer un autre site, complémentaire du premier, pour nous aider à écrire et voter des articles de constitution.

Voici plus de 10 ans que j’espère que des jeunes gens vont nous programmer un outil pour montrer (et éclairer) la volonté générale, la vraie — inaccessible à l’époque de Rousseau, mais accessible aujourd’hui (il me semble).
Sur le forum, depuis 2006, nous avons longuement discuté de ce concept essentiel de volonté générale : Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=84

J’étais donc heureux que Tristan se soit mis au travail dans ce sens. Nous avons discuté tous les deux sur le cahier des charges (la liste des fonctionnalités dont nous avons sans doute besoin), et il a rédigé cette description — sur laquelle il nous demande notre avis, nos objections, nos suggestions, nos propositions d’aide, etc. :

Menu du site :

  1. Ma constitution
  2. Constitution Collaborative
  3. Structure Collaborative
  4. Atelier Constituant
  5. Débats public
  6. Compte rendu
  1. Ma constitution

Espace personnel, permettant de rédiger et modifier sa propre constitution, article par article.

Un plan composé de Chapitres, permettra de classifier les articles en grands groupes d’idées. La structure est modifiable à souhait via un glissé-déposé.

La numérotation se met à jour automatiquement en suivant l’ordre de haut en bas.

Chaque modification d’un article garde en mémoire la version précédente. L’auteur peut retrouver et comparer les anciennes versions qu’il avait écrites par rapport à l’actuelle.

Il peut également décider à tout moment, de définir comme « actuelle » une de ses anciennes versions.

Les autres utilisateurs pourront accéder à cette page perso et n’auront pas accès aux différentes versions des articles, uniquement la version actuelle.

Si l’auteur a proposé sa version d’un article dans la version Collaborative, un bouton permettra à un visiteur de voter pour celui-ci.

Il sera également possible d’envoyer une proposition d’un article à une personne en particulier, sur sa Constitution personnelle, comme sur la Constitution Collaborative.

Permettre à l’utilisateur de paramétrer les permissions de visibilité, article par article.

  1. Constitution Collaborative

Cet espace a pour objectif de faire la synthèse de toutes les Constitutions personnelles écrites par les utilisateurs. Il s’agit de La Constitution Collaborative.

Celle-ci se compose d’articles et de chapitres comme pour les Constitutions personnelles, mais pour chaque article, il sera possible de cliquer dessus afin d’afficher la liste de toutes les propositions faites par les utilisateurs.

Ceux-ci peuvent faire glisser horizontalement (façon tactile) les différentes propositions de l’article, pour les comparer à l’actuelle « meilleure proposition » et voter pour la remplacer par une version jugée meilleure.

Les propositions seront triées par pertinence (nombre de votes obtenus) dans l’ordre croissant.

Pour déterminer quelle version garder pour un article donné, c’est très simple, on utilise le système classique d’un utilisateur = un vote. On garde l’article qui a le plus haut score. Le score sera affiché juste en dessous du bouton de vote (voir Figure ci-dessous).

Tous les utilisateurs peuvent voter pour n’importe laquelle des propositions, et ne peuvent voter que pour une proposition et une seule, mais peuvent à tout moment changer d’avis et enlever leur vote et/ou le redonner à une autre proposition.

L’article qui a le meilleur score est présenté comme l’article courant. En cas d’égalité, le dernier à avoir recueilli un vote est retenu.

De la même manière, il existera une proposition « abroger » pour chaque article de la Constitution Collaborative. Voter pour abroger compte comme un vote classique. Si le nombre de votes « abroger » devient le plus élevé, alors l’article ne sera plus affiché par défaut.

Un filtre permettra d’afficher les articles « abroger », laissant le choix aux utilisateurs de changer d’avis et de le faire réapparaître.

Possibilité de flaguer en « Important » une proposition d’article (permet de distinguer une proposition qui corrige une virgule (un détail), d’une vraie proposition, quand quelqu’un pense avoir trouvé quelque chose de vraiment pertinent).

  1. Structure Collaborative

Cette page affichera uniquement les noms des chapitres (la structure, les grandes parties, le « squelette » de la constitution).

Elle permettra par glisser déposer, d’intervertir les parties, mais aussi d’en rajouter, d’en supprimer, ou encore de les renommer.

Une fois la structure conforme au souhait de l’utilisateur, il peut la proposer. Le même système de vote que pour les articles sera alors utilisé pour déterminer quelle structure est appliquée à la Constitution Collaborative.

Il sera impossible de supprimer un chapitre qui contient déjà des articles.

  1. Atelier Constituant

Page qui affiche la liste des ateliers constituants en cours. Chaque atelier peut contenir entre 2 et 6 (?) personnes et comporte un thème déterminé par le créateur de l’atelier.

Un utilisateur peut créer un atelier et attendre que des gens le rejoignent, ou il peut rejoindre un atelier qui n’est pas déjà plein.

Un atelier est constitué d’un chat qui permet aux participants connectés de discuter en temps réel (mode synchrone) entre eux + un formulaire qui permet d’ajouter/modifier sa Constitution personnelle en parallèle, pour garder les meilleurs jets, résultant de la conversation.

Un atelier est clos automatiquement après plus de 15 minutes sans aucun échange dans le chat.

À la fermeture de l’atelier, on historise les participants et les articles rédigés au cours de celui-ci.

Les ateliers sont privés, et en direct, et n’autorisent pas de « spectateur ».

Cela permet aux gens de s’entraîner sans être confronté au regard de tous, et de rester en petit comité, tout en échangeant avec des gens qui sont présents et qui ont envie d’écrire en même temps que vous.

  1. Débats public

Les débats public, à l’inverse des ateliers constituant sont visible à tout moment, par tous. La discussion n’a pas de durée limite non plus. Il s’agit plus d’une forme de discussion construite, et non d’un chat : on n’écrit pas juste une phrase, mais à la manière d’un forum, on poste une réponse structurée et argumentée.

Les utilisateurs peuvent être connectés en même temps et se répondre en direct, ou se répondre avec plusieurs heures ou jours d’écart (mode asynchrone).

La discussion porte sur un thème laissé libre par le créateur du débat (avec possibilité de laisser « thème à définir ensemble »)

Ici aussi le nombre d’intervenants sera limité entre 2 et (6) ? Mais, tel des spectateurs dans les arènes de gladiateurs, les utilisateurs pourront accéder à la discussion, et même donner leur avis via un espace qui leur sera dédié (en bas à droite de la page) sous forme d’un chat visible par tous (comme lors de Twitch), permettant de commenter rapidement ou faire des remarques aux intervenants.

Les spectateurs auront surtout pour tâche de voter pour les réponses les plus pertinentes.

On permettra par ailleurs de lire le débat par ordre chronologique (par défaut) ou par pertinence (nombre de votes).

  1. Comptes rendus

Permet de créer des comptes rendus suite à des ateliers constituant IRL (In Real Life/dans la vie réelle). Permettant à tous de les consulter au travers d’une liste qui les regroupe par lieu et date.

J’ai découvert par hasard que ce site reprend cette idée : www.constitutioncitoyenne.fr

On pourrait peut-être tenter de fusionner les deux ?

(D’une manière générale, je dirais qu’il y a trop de sites sur le thème de Chouard, ça part un peu dans tous les sens, je ne sais pas si c’est une stratégie pertinente niveau visibilité et efficacité… ?)

  1. Notifications

Une notification me sera délivrée si un autre utilisateur propose d’améliorer ma propre Constitution, je pourrai alors refuser ou accepter. Si on l’accepte, la proposition devient l’article courant, l’ancien est gardé dans l’historique.

Toute proposition d’une modification de la Constitution Collaborative sur un article où vous avez voté et/ou proposé votre version, aura pour effet de vous notifier en vous montrant la nouvelle proposition à côté de l’article actuel (et permettra de potentiellement voter pour la nouvelle version).

Option du compte : notification par mail, avec détails propositions + objet du mail qui indique type de modif :

  • nouvel article
  • nouvelle structure
  • nouveau vote
  • nouveau débat public
  1. Badges

Système de badge (récompenses) qui incite les gens à participer (auto-renforcement positif)

  • Pertinence : Avoir reçu des votes pour vos propositions d’articles sur la Constitution Collaborative 1/10/25/50/100 fois
  • Proposition : Avoir proposé sur la Constitution Collaborative 1/10/25/50/100 articles
  • Vote d’articles : Avoir voté pour 1/100/500/2500/12500 articles
  • Vote débat : Avoir voté pour 1/100/500/2500/12500 interventions dans un débat public
  • Atelier Constituant : Avoir participé à 1/10/50/100/500 ateliers


Je trouve épatante cette force généreuse que des jeunes gens mettent au service de la volonté générale (la vraie), et je voudrais les aider autant que je le peux. Je suis sûr que notre cerveau collectif leur donnera beaucoup d’idées, d’aide et d’énergie positive 🙂

Pour comprendre ce dont ce jeune programmeur est capable, je vous recommande d’aller voir son site jepolitique.fr, qui est déjà assez bien fichu :

Enfin, Tristan nous a aussi préparé une petite vidéo pour découvrir rapidement comment il a prévu que nous nous servions de son outil :

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Puisqu’on en parle (mais ce n’est pas tout à fait le même projet, car Tristan voudrait nous aider très précisément sur les ateliers constituants), je vous signale un autre outil du même ordre, qu’on m’a souvent signalé et que — honte à moi — je n’ai pas encore testé, malgré l’intérêt évident qu’il présente :

STIG est un site utilisable à tout moment, y compris sur nos téléphones portables, pour réfléchir et débattre sur des lois et pour les voter (ou pas) :

• le site :

https://getstig.org/

• Un très court exposé de l’objectif de STIG :

• Un article sur le site MrMondialisation.org :
Stig : la première application de démocratie universelle en mode 3.0
https://mrmondialisation.org/stig-la-premiere-application-de-democratie-universelle-en-mode-3-0/

• Un autre article dans La Croix :
Stig, la démocratie au bout des doigts
http://www.la-croix.com/Economie/Social/Stig-la-democratie-au-bout-des-doigts-2016-06-16-1200769104

• Une présentation (un point hebdomadaire, apparemment) par Jean Massiet (Acropolis) :

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Je compte sur vous pour essayer de vous servir un peu de ces programmes, surtout celui de Tristan pour préparer notre outil spécifiquement constituant, et pour déduire de votre expérience personnelle quelques remarques et quelques conseils utiles à tous 🙂

Bon courage, bande de virus 🙂

Étienne.
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PS : tous ces outils sont adaptés pour notre entraînement constituant, il ne faut pas oublier que le vote électronique est opaque et invérifiable, et donc (à ce jour encore) ultra-dangereux en conditions réelles.

Je rappelle ici le travail fondamental que produit Chantal Enguehard à ce sujet (à lire absolument si vous ne le connaissez pas) : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2006/10/29/49-le-vote-electronique-en-france-opaque-inverifiable

Sécuriser le vote électronique — tout en conservant l’anonymat des votes (ceci est absolument essentiel, et c’est précisément la source de la difficulté), c’est un des grands défis pour les programmeurs du 21e siècle.

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Prochain atelier constituant à Montreuil, samedi 18 juin 2016, avec Jean Massiet (Accropolis)

Le Comité des Citoyens montreuillois est plein de peps et continue à organiser des ateliers — veinards de Parisiens 🙂

Le prochain aura lieu le samedi 18 juin 2016, de 14 h à 19 h, avec comme thèmes : La démocratie d’origine citoyenne. Réécrire la constitution, Pourquoi ? Comment ?

Il faut réserver (l’adresse est indiquée sur l’affiche).

L’intervenant sera Jean Massiet. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, voici un article des Inrocks sur ce jeune homme tonique :
Jean Massiet, le streamer qui veut nous rendre accros à la vie politique
http://www.lesinrocks.com/2016/03/13/actualite/jean-massiet-le-streamer-qui-veut-nous-rendre-accros-a-la-vie-politique-11810535/

Et voici un exemple de ses vidéos : Je t’explique le 49.3

Un commentaire, au passage, sur cette vidéo : dans cette explication du 49.3, ce que Jean a oublié d’expliquer (à mon avis), c’est que les députés dépendent pour leur carrière politique toute entière de l’investiture aux élections (le soutien officiel du parti), que cette investiture est donnée (ou pas) par le chef du parti, et que le Président de la République était précisément le chef du parti qui est devenu majoritaire à l’Assemblée… ce qui permet évidemment aux apparatchiks du parti d’exercer un chantage auprès des parlementaires : « si tu votes la censure, tu nous renverses peut-être, mais tu n’auras plus jamais l’investiture du parti, et tu pourras donc faire une croix sur l’infinité de privilèges ultra-confortables liés à l’élection ».

Vous avez bien compris, cette cuisine politicienne n’a rien à voir avec le bien commun, absolument rien, effectivement.

Jean aurait pu également signaler que ce système de maître-chanteur a été pensé et voulu par le premier Président lui-même, en 1958 : le général de Gaulle, qui s’est fait écrire (par Michel Debré notamment) une « constitution » sur mesure… … … Mais cherchez bien la cause des causes 😉

Ce sera intéressant de voir le point de vue de Jean Massiet sur les ateliers constituants. J’espère que la rencontre sera filmée.

Faites passer 🙂

Étienne.

Pour mémoire, les vidéos de notre atelier à Montreuil en mars dernier :
http://chouard.org/blog/2016/04/09/videos-conference-et-atelier-constituant-montreuil-mars-2016-les-films-sont-arrives/

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La prophétie de Fakir en 2012 : les politiciens feront ce que les riches (les dieux cruels « marchés financiers ») leur diront de faire, grâce au fléau de la prétendue « union européenne » : « les nécessaire réformes », c’est-à-dire la destruction de toutes les protections sociales

Ça, c’est du bon boulot. Bien montrer – et démontrer – que les pires régressions sociales – récentes, présentes et à venir – sont DUES (rendues possibles et même rendues obligatoires ! ) par notre « appartenance » (c’est le bon mot) à la prétendue « union européenne » (outil des 1 % atlantistes pour asservir les 99 % européens), ce travail-là, c’est du bon boulot de vrais journalistes – « sentinelles du peuple » comme on appelait les journalistes en 1789, à l’époque de Marat (visionnaire dévoué au bien commun, lui aussi).

Merci Fakir.

Les politiciens sont des gredins, adversaires du bien comun. Il faut d’urgence sortir de leurs pièges démophobes, il faut sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN, de l’OMC, du FMI…

Mais la solution ne viendra pas des « élus », qui sont le problème : il nous faut une constitution digne de ce nom, et il faudra bien apprendre à l’écrire (et ensuite la protéger) nous-mêmes.

Allez, au boulot ! 🙂 Multipliez donc vos mini-ateliers, tous les jours…
Et faites passer.

Bon courage à tous — et merci pour vos chouettes messages, tous les jours 🙂

Étienne.
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PS : Ne ratez pas (et faites connaître autour de vous, ceci est essentiel) la grande enquête de Fakir sur le piège unioneuropéen, et le formidable petit bouquin – explosif – de François Ruffin :  » Faut-il faire sauter Bruxelles ?  » :

http://www.fakirpresse.info/+-Faut-il-faire-sauter-Bruxelles-+

Rappel:http://chouard.org/blog/2014/05/13/faut-il-faire-sauter-bruxelles-francois-ruffin-fakir/

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