À propos de #NuitDebout (vidéo) : un processus constituant digne de ce nom ne devrait être confisqué par aucun groupe (même bien intentionné), il devrait être populaire, vraiment populaire

À l’occasion de mon voyage récent à Nantes, j’ai rencontré un jeune homme qui s’est proposé d’enregistrer rapidement (30 min) ce que m’inspire le mouvement #NuitDebout; je lui ai dit en substance : « de l’espoir et quelques craintes » :

Nuit Debout 1/7 – Que penses-tu du mouvement Nuit Debout ? (8 min) :

Nuit Debout 2/7 – Les faiblesses de ND (4 min 30) :

Nuit Debout 3/7 Toucher les classes populaires (2 min) :

Nuit Debout 4/7 – Les assemblées citoyennes à ND (6 min 30) :

Nuit Debout 5/7 – Une « mini-constitution » pour ND ? (4 min 30) :

Nuit Debout 6/7 – Viendra, viendra pas ? (6 min 40) :

Nuit Debout 7/7 – Bonus – L’idée du processus constituant (3 min 30) :

J’ai vu passer des articles sur cet entretien dont le titre était « ÉC accuse … » : c’est manipulatoire, car je n’accuse personne parmi les organisateurs, évidemment : je déplore les exclusions arbitraires et les préjugés sur un éventuel processus constituant ; c’est bien différent d’accuser, car je trouve ce mouvement intéressant et utile, à bien des points de vue.
Méfiez-vous, donc, des titres insidieusement venimeux qui nous jettent les uns contre les autres.

Je remercie tous ceux qui me défendent, et je vous demande avec insistance de rester gentils en toute occasion, sans céder aux provocations : je ne suis pas une victime de ce mouvement 🙂 On trouve des exagérations de toutes parts, ces temps-ci. Ne nous laissons pas hystériser par les semeurs de zizanie professionnels.

Et bon courage à tous les citoyens constituants, des places NuitDebout et d’ailleurs 🙂

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10154136090507317?pnref=story

47 réponses à “À propos de #NuitDebout (vidéo) : un processus constituant digne de ce nom ne devrait être confisqué par aucun groupe (même bien intentionné), il devrait être populaire, vraiment populaire

  1. Je présume qu’il serait difficile de porter un tel mouvement en ton nom, et je doute un peu de l’enthousiasme que ça puisse susciter…

    Nicolas Hulot avait fait un grenèle de l’environnement (avec un succès mitigé).

    Y aurait il un sens à établir une procédure démocratique pour formuler une constitution et proposer un grenèle de la démocratie pour mettre en défaut les candidats qui s’y engagerait et ne le respecterai pas?

    Les présidentielles approchant, je vois par exemple Mélenchon aller dans le bon sens mais avec une mauvaise procédure (assemblée constituante élue).

    Pourrait on envisager quelque chose dans ce sens? Que ce soit pour forcer le sujet dans les débats, se donner la parole, voire espérer un réel résultat?

  2. bonjour Monsieur Chouard , je suis tout a fait en accord avec vous ! il est triste de voir la division des citoyens et j aie bien peur que  » nuit debout  » ne s essouffle nous sommes tous concerner et si le combat part d un peuple ou l on choisis qui peut et qui peut pas partager la mobilisation les citoyens vont vite se fatiguer ……… dans un combat comme celui ci il est important de restez unis dans une union massive !je suis de Belgique et je suis votre combat qui est au font celui de toute l Europe !!!

  3. HIERRO-IZAGUIRRE Annie

    Monsieur Chouard,

    « un processus constituant digne de ce nom ne devrait être confisqué par aucun groupe (même bien intentionné), il devrait être populaire, vraiment populaire » les « élites » au sens « non proclamé » devraient faire bénéficier de leurs lumières les lieux dans lesquels elle n’entre pas.
    Les lumières sont confisquées. Elles circulent dans des cercles dont le périmètre esquisse des portes et fenêtres.
    Il faudra des coups de boutoirs pour les dessiner, les ouvrir.
    C’est ce qui est arrivé insidieusement, mais très clairement en même temps
    Les temps des oligarques et de leurs maîtres ont fini d’assujettir les peuples
    Le temps de la fin de leurS tempS est arrivé
    Toutes les élites « non proclamées » doivent rejoindre les peuples et quitter leurs lieux de prédilection et leurs cercles
    Sur FB par exemple, il existe une distinction entre ceux qui parlent des problèmes distincts et variés (qui divisent) et ceux qui en tirent la
    quintessence. Ils seraient des esprits « éclairés, supérieurs…..
    Il n’est pas si aisé que cela d’entrer dans leurs cercles.
    L’écueil est là.
    C’est le coeur très très attristé que force me fut faite de le constater
    C’est le coeur très craintif que me vint la conviction intime que la jonction entre eux et leS peupleS relèverait de l’utopie
    Car si il y a une utopie, c’est bien celle là
    Mais de l’utopie naît le plus grand.

    Annie HIERRO-IZAGUIRRE

  4. Les différentes initiatives, plutôt que de se combattre dans une compétition inquiétante pour revendiquer « une part du gâteau », doivent avoir la générosité du pédagogue qui, mieux que transmettre un savoir, donne sans calcul à l’élève les outils pour apprendre par lui-même.
    L’impulsion peut venir de personnalités fortes mais ces initiateurs doivent ensuite se retirer : ils ne peuvent pas passer la barre des élections ni même y promouvoir leur clan. Servir la nation doit être un geste généreux sans attendre d’autre retour que la satisfaction d’avoir été utile à la société.

  5. Et en ce sens, je trouve personnellement E. Chouard plus convaincant que d’autres…

  6. Magnifique comme d’hab Etienne 🙂
    Je suis de votre avis sur votre présence aux nuits debout, laissez les « gentils virus » faire le job, laissez-les au min « enchouardiser » les consciences, au mieux rendre les gens adultes constituants.
    Tout comme vous aviez dit vouloir « déchouardiser l’idée » lors d’une de vos conférences, il faut selon moi « Enchouardiser » les consciences, on n’en est qu’à ce stade d’ensemencement des plantes, même si pour certaines, ça commence à donner de petits bourgeons ^^

  7. Ana Sailland :
    https://www.facebook.com/ana.sailland/posts/1745398155678474

    « Depuis que nuit debout est debout, et ça commence à faire un bail, si je compte bien, il y a eu de son fait quatre « bavures », principalement des exclusions, plus du dégât sur le chemin de chez valls. Contrairement aux accusations des encravatés, il me semble que cela dénote une rare maturité de la foule.
    En effet, d’une foule en colère, dense et nombreuse, non structurée, qui se veut sans chef, on pourrait s’attendre à pire. Hé bien non, la multitude est globalement sage, même si parfois certains de ses éléments se distinguent en négatif ( parfois = rarement ).

    « On » pourra penser que mon argumentation est légère, et tend à excuser des excès inexcusables. Pourquoi pas.

    Mais alors prenons des éléments de comparaison.

    1er étalon : la police et les CRS : il me semble que dans le même laps de temps, ces corps constitués ont commis bien plus de bavures, que même on ne saurait compter tant il y en a, qui plus est souvent des atteintes à l’intégrité physique des gens, autrement plus graves que des atteintes à l’ego.

    2ème étalon de référence : le gouvernement, le parlement, et le parlement européen, la commission. Là, il s’agit de structures hiérarchisées, parfaitement structurées, qui donc, selon les amoureux de l’ordre, devraient être dignes de confiance, voire angéliques. Hé bien non, durant ces quelques semaines, ces gens ont effectué des bavures de dimension cosmique, en prenant dans notre dos des décisions politiques toxiques, ( ogm, pesticides, secret d’affaires ) qui sont infiniment plus graves qu’un crachat ou même un coup de matraque ((( je n’excuse ni l’autre ni l’un ))) puisque ces bavures concernent la survie de la vie, ou la santé de nos enfants.

    Donc quand on entend des oligarques crier haut et fort qu’il faudrait dissoudre nuit debout, captons et saisissons au passage leur inaptitude à examen de conscience, leur superbe, donc leur incompétence à gérer la cité, comprenons bien que si on se fondait sur le palmarès des infamies, ce sont eux qui devraient dégager.

    Sur la sagesse de la foule et du prince, on pourra aussi relire Machiavel :
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F08%2F11%2F245-machiavel-la-foule-est-plus-sage-et-plus-constante-qu-un-prince

  8. Intéressante synthèse d’Anthony Rêveur :

    #NuitDebout : 6 arguments libertaires contre l’exclusion

    AVRIL 18, 2016 / 123REVEUR

    « Du blogueur Sylvain Baron à Paris à Étienne Chouard à Marseille, en passant par deux militants FN « partisans de la démocratie directe » à Chambéry ou des adhérents d’Égalité & Réconciliation à Lyon, les menaces d’exclusion voire les exclusions tout court vont bon train à Nuit Debout.

    Voici six arguments contre ce type d’exclusion pour lancer le débat aux Nuits Debouts par chez vous.

    1- La censure est l’arme du fascisme.

    Le fascisme est une doctrine qui a notamment pour caractéristique d’exclure physiquement des individus sur la base de leur opinion. Par conséquent, exclure physiquement autrui sur la base de son opinion revient à se rendre fasciste à son tour en utilisant la même méthode qu’eux et surtout POUR LA MÊME RAISON — à cause de ce qu’il pense ou avec qui il peut s’inspirer ou échanger.

    2- L’expression d’une opinion est à distinguer de l’acte.

    La majorité des personnes désignées comme « fascistes » aux Nuits Debouts n’ont en réalité jamais été violents dans leurs actes. Il est nécessaire de dissocier les actions des paroles, parce que sinon on rentre dans un flou dont il est difficile de sortir sans entraver la liberté d’autrui et de créer à son tour une injustice.

    3- Dans un état de droit, Nuit Debout est public.

    Les Nuits Debouts prennent place dans l’espace public. Personne n’est donc légitime pour priver quiconque de l’accès à cet espace, ou à la parole au sein de ce lieu.

    4- Le débat public et contradictoire est un moyen d’éducation populaire.

    Pourquoi avoir peur d’une opinion contraire à la nôtre ? Empêcher quelqu’un de s’exprimer parce que son opinion est différente, voire choquante pour nous, est une insulte à notre esprit critique. Il n’y a pas d’aveu de faiblesse à avoir, nous sommes adultes, c’est-à-dire être assez murs nous pour ne pas nous laisser embrigader par un discours de rejet ou de haine envers autrui, personne ou groupe.

    5- Le danger : essentialiser l’adversaire.

    Ce n’est pas en excluant ceux que l’on considère comme « méchants » ou « dangereux » pour leurs opinions que leurs positions évolueront positivement. Au contraire, le sentiment de persécution les renforce et leur donne une légitimité par elle-même : « si on me censure c’est que je dis vrai ! ».

    6- Quatre étapes préalables à l’exclusion.

    Quand bien même ces 5 arguments ne vous ont pas convaincu, il faudrait que les censeurs :

    a) définissent le fascisme : choisir arbitrairement ceux qu’on désigne comme fascistes nécessite une définition rigoureuse et employant des critères bien précis ;

    b) donnent des preuves de ce qu’ils avancent ;

    c) laissent la personne accusée se défendre publiquement ;

    d) n’exercent aucune pression ou menace sur la personne incriminée pendant qu’elle défend ses droits.
    ______

    Pour terminer ce réquisitoire, quelques images relatives à la liberté d’expression :

    Conseil de lecture sur le sujet : Jean Bricmont – La République des Censeurs.

  9. Je trouve cet article des Pinçon-Charlot particulièrement intéressant :
    « Les riches estiment qu’ils ont tous les droits »
    http://www.humanite.fr/les-riches-estiment-quils-ont-tous-les-droits-604453
    Source : L’Humanité.

    • Je ne suis pas chouariste, je ne suis pas anti-fa. Mais votre première partie de vidéo me choque :
      -vous mettez l’accent sur l’exclusion
      -vous mettez l’accent sur la présence d' »antifa »

      D’où tirer vous ces informations ? Si c’est le soi-disant crachat sur Finkelkraut, l’histoire est loin d’être clair, et il est difficile dans une foule de 1000 personnes, qu’elle soit debout ou pas, de ne pas trouver qqu’un de remonter contre cette figure médiatique. Je ne vois pas l’intérêt de mettre l’accent sur ces deux informations, alors qu’on a enfin qquechose qui se passe ! Et ce, même si ca n’aboutira pas là où on voudra, ou que ça n’aboutira pas du tout. C’est pour le moins démobilisant votre message…

      Ensuite, vous dites : il faut rassembler à droite comme à gauche. Certes, mais vous savez que cela n’arrivera pas. Je vous suis de très loin, mais c’est une erreur que je vous ai déjà vu faire. A un moment, et je pense, malheureusement dès l’écriture d’une constitution, le choix entre capital et travail devra se faire. Autoriser ou non la propriété privé lucrative est par exemple une question qui très rapidement : elle est à la base de certaine conception de la liberté ou d’égalité. Ne pas prendre en compte cette contradiction c’est se condamner à attendre longtemps. Et on aura beau pester contre les « antifa », qui de toute façon n’ont rien à voir avec ces questions, si j’ai bien compris (franchement porter autant d’attention à ce mouvement est déraisonnable), ca n’y changera rien.

  10. La Chine dit Non à la convertibilité du Nouveau Yuan contre le Dollar


    http://reseauinternational.net/la-chine-dit-non-a-la-convertibilite-du-nouveau-yuan-contre-le-dollar/

    « Dans une décision qui a bouleversé les milieux financiers et susceptible de réduire en miette l’économie américaine du jour au lendemain, la Chine refuse de rendre son nouveau Yuan soutenu par l’or convertible vis-à-vis du Dollar américain. Le nouveau Yuan sera présenté mardi prochain, 19 Avril. Lorsque le Fonds monétaire international (FMI) a décidé d’ajouter le Yuan au panier de devises utilisées pour les réserves mondiales et le commerce international, ils voulaient que la Chine rende le yuan plus fiable en tant que devise. Depuis lors, la Chine a presque détaché son Yuan du Dollar, ce qui permet à sa valeur de fluctuer sur les marchés mondiaux. Mais depuis des années, la Chine a amassé d’énormes quantités d’or; certains disent que son appétit pour l’or est « stupéfiant », et que, avec son nouveau Yuan basé sur l’or qui sortira mardi prochain, le monde entier aura le choix d’une nouvelle monnaie à utiliser pour le commerce international; entre le vieux Dollar américain qui n’est soutenu par rien, et le nouveau Yuan chinois qui est soutenu par l’or, quelle monnaie utiliseriez-vous?

    Lorsque cette nouvelle monnaie est émise, les pays qui ont été contraints d’utiliser les Dollars américains pendant des décennies, et ont dû garder des milliards de Dollars dans leurs réserves de devises étrangères, seront libres de se débarrasser de ces Dollars, mais ils ne seront pas en mesure de les fourguer à la Chine contre le nouveau Yuan basé sur l’or ! La Chine aurait décidé « il ne pourra pas y avoir de conversion du Yuan soutenu par l’or vers ou à partir du Dollar américain ». Ce que la Chine craint, c’est que de nombreux pays à travers le monde veuillent échanger leurs Dollars de réserve des États-Unis pour le nouveau Yuan, laissant la Chine avec des montagnes de Dollars sans valeur. La Chine a déjà plusieurs milliards de Dollars en réserves en Dollars américains et n’en veut pas plus ou n’en a pas besoin d’autres. […] »

  11. Les faux antifas : mieux les reconnaître !

    http://cvipma.chez.com/antifa.htm
    Source : Site Web du Comité de Vigilance contre les Infiltrations Policières dans le Mouvement Antifasciste (CVIPMA)

    « D’abord, qu’est-ce qu’un faux antifa ?

    Un faux antifa a plusieurs visages : celui du flic, de l’idéologue, de l’hystérique. Sachant que plusieurs catégories peuvent se recouper. Ce sont alors les faux antifas à casquettes multiples.

    Les faux antifas flics : Les plus difficiles à repérer. Ce sont les provocateurs de tous poils. Ceux qui sont téléguidés par une organisation étatique pour infiltrer le milieu antifasciste. Cela va du simple fonctionnaire des RG jusqu’au barbouze d’extrême droite chargé de faire de l’entrisme et de discréditer un mouvement, toujours au service d’un Etat ou d’un mouvement occulte. Il n’a rien à voir, de près ou de loin, avec l’antifascisme. C’est un pur agent provocateur. Il noyaute le mouvement antifasciste pour un intérêt qui le dépasse. En général, son objectif est plutôt d’infiltrer l’extrême gauche, les mouvements anti-mondialisations. Les Black Blocks, qui font l’objet d’une enquête du CVIPMA, pourraient être infestés de ces flics. Nous ne sommes pas à l’abri du retour des stratégies de tension à l’italienne.

    Les groupuscules anarchistes violents sont sa cible privilégiée. Rien de tel pour faire dégénérer une manifestation pacifiste, en accord avec les vrais flics. Mais, plus subtil, il existe des flics qui ont leur propre organisation antifasciste. Au service d’un Etat, ils concentrent leurs attaques sur les partis ou mouvements politiques les plus dangereux. Personne n’a trouvé mieux, à l’heure ou l’antifascisme dérive vers les autodafés médiatiques, que d’accuser tel ou tel parti ou homme politique de fascisme. Comme le premier type de flic, les valeurs démocratiques et humanistes de l’antifascisme sont subordonnées à une cause policière. C’est une forme très perverse de trahison de la cause antifasciste. Le CVIPMA enquête actuellement sur plusieurs organismes autoproclamés antifascistes mais suspects de fliquage. Le site web de Franc-tireur a été accusé récemment par le PCN-NCP d’être un site de flics. L’enquête suit son cours.

    Les faux antifas idéologues : C’est l’idéologue en chef d’une idéologie qui tente de se réapproprier l’antifascisme. Pour que cette idéologie soit la seule habilitée à dénoncer ceux qu’elle considère comme des fascistes. Historiquement, le mouvement antifasciste a été miné par les staliniens et les maoïstes. Dans les années 1960 et 1970, la Gauche Prolétarienne voyait des fascistes partout. Comme nous l’avons vu ailleurs sur ce site, une telle appropriation revient à jeter tous les adversaires de l’idéologie en question dans le camp du fascisme. C’est une pure instrumentalisation. Dans le cas du communisme, tout capitaliste devenait fasciste. Cette rhétorique contamine encore beaucoup l’extrême gauche. Les accusations de fascismes ont encore trop tendance à fuser dès que les collégiens et étudiants gauchistes s’énervent. Notons que les organisations staliniennes de type PCN-NCP ont toujours tendance à vouloir monopoliser l’antifascisme. Là encore, le CVIPMA enquête.

    Mais le grand tournant, après la fin de la Guerre Froide, c’est l’appropriation par les idéologues en chef du néo-libéralisme triomphant des slogans de l’antifascisme. Aujourd’hui, tous les ennemis du nouvel ordre mondial sont taxés de fascisme. L’effet médiatique est immédiat. Ils n’ont pas trouvé mieux, avant les tapis de bombe en Irak, en Yougoslavie, en Afghanistan, que de sortir la grande cause de l’antifascisme. Ceux qui lisent le Monde et le Courrier International en savent quelque chose. Il n’y qu’à ouvrir les pages des quotidiens ou allumer les chaîne de télévision où se répandent les maîtres penseurs du néo-libéralisme. Pour ceux d’entre eux qui haïssent le communisme, et qui se sont vu privés de leur raison d’être avec la fin de l’URSS, il y a un nouveau slogan : les rouges-bruns. C’est la grande panacée, on fait d’une pierre deux coups : on vomit sa haine du communisme et on instrumentalise l’antifascisme. Le CVIPMA prépare un texte là-dessus. Les rouges-bruns, c’est un mythe.

    Les faux antifas hystériques : Là, on touche aux ravages de l’aliénation. Cette tendance s’est développée chez les plus jeunes militants dans années 1990, lorsque certaines organisations antifascistes ont commencé à voir le fascisme partout. Le national-populisme était une constellation de familles d’extrême droite en relation d’équivalence avec le fascisme. On pouvait donc légitimement les classer dans une même catégorie. Mais les dérives ont commencé lorsque la confusion s’est installée durablement sur la nature même du fascisme. Les jeunes antifas ont mélangé crise d’adolescence et militantisme antifasciste. L’autorité est devenue fasciste, la loi est devenue fasciste, le nationalisme est devenu fasciste, la rigueur est devenue fasciste. La nuance elle-même est finalement devenue fasciste. D’où l’hystérie, la paranoïa.

    Pire, cette posture est extrêmement perméable à l’action des autres faux antifas. Les pseudo antifas hystériques, qui sont finalement des antifas naïfs, sont des éponges à propagande. Dès que l’opprobre médiatique ou autre leur jette en pâture le terme de fascisme, ils courent, ils se font avoir. Cette catégorie est extrêmement influençable par les flics et les idéologues. Les hystériques n’attendent qu’une chose, c’est qu’on leur désigne un nouveau fascisme. Le problème est que cette attitude fait le jeu de l’idéologie dominante, le néo-libéralisme. Non pas qu’ils la cautionnent, mais ils se rangent très facilement à ses côtés, spécialement lors des grandes campagnes de colonialisme dans les Balkans. Précisons qu’un hystérique peut ne plus être très jeune, tout en restant très naïf. Il sera tout aussi dangereux et contre-productif pour l’antifascisme, mais avec moins d’ardeur. Tout en restant une véritable éponge médiatique.

    Le règlement de compte : A l’échelle groupusculaire ou internationale, le règlement compte est la logique d’instrumentalisation de l’antifascisme par toute la gamme des faux antifas précédemment évoquée. Lorsqu’un Etat occidental veut justifier une intervention armée ou discréditer un parti politique, il peut mobiliser des flics, des idéologues et des hystériques. Rien de plus simple. On commence par accuser l’Etat ou le parti en question d’être fasciste. Les flics s’en chargent au sein des organisations qu’ils infiltrent. Ou alors ils montent de toutes pièces un faux groupement antifasciste. Là, les idéologues leur fournissent indirectement des arguments de choc. Le fascisme, instrumentalisé, est extrêmement protéiforme. On peut toujours faire rentrer un Etat ou un parti non conforme aux valeurs du nouvel ordre mondial dans la catégorie de fascisme devenue complétement vide de toute définition rigoureuse.

    Une fois l’accusation lancée, le bal des hystériques commence. Les plus naïfs des antifas sincères reprennent tout pour argent comptant. Les insultes commence à pleuvoir, les communiqués rageurs envahissent les journaux et le net. Un nouvel Hitler vient d’être trouvé. Peu importe qu’il ne soit pas racialiste, qu’il ne soit pas antisémite, qu’il n’ait rien à voir avec les fascismes historiques. Peu importe qu’il véhicule éventuellement les mêmes idées autoritaires que nombre d’Etats ou partis soutenus par le nouvel ordre mondial. Peu importe les millions de juifs et de résistants à l’hitlérisme qui sont morts et dont on se sert alors pour justifier un pur règlement de compte idéologique et politique. Peu importe la mémoire, peu importe la dignité, peu importe la vérité.

    Et enfin :

    L’antifa légitime : Il apparaît déjà en creux. L’antifa légitime est d’abord indépendant des idéologies et de leurs relais médiatiques. Il se méfie des abus de langage, des amalgames. Il combat le fascisme quand il se présente, et il combat les autres idéologies meurtrières et aliénantes pour ce qu’elles sont. Pas pour régler des comptes, pas pour servir l’ordre dominant à une époque donnée. C’est une posture critique et lucide, qui sait se garder des slogans et mythes de ceux qui se réapproprient l’antifascisme. Afin que ce combat ne dérive pas vers des objectifs de reproduction de l’ordre dominant, ni ceux de le réémergence d’idéologies aussi meurtrières qui appartiennent au passé. Ses principaux ennemis sont d’abord les faux antifas. Parce que le fascisme ne peut être combattu si on les laisse dénaturer cette cause. »

    Source : Site Web du Comité de Vigilance contre les Infiltrations Policières dans le Mouvement Antifasciste (CVIPMA)
    http://cvipma.chez.com/antifa.htm

  12. Celle-là, elle est top (0% MG) 🙂
    La « théorie » du ruissellement expliquée aux enfants :

  13. « Face au fascisme on ne pense plus; il ne faut plus penser -- c’est tabou.

    L’antifascisme est une forme plus évoluée, plus subtile que l’antisémitisme, mais pas moins contre-révolutionnaire.

    Il crée une attitude de réflexe et de haine.

    Face au fascisme, tout est permis: les crapuleries, le mensonge, le truquage, le lynchage, l’appel à l’État.

    L’antisémitisme fonctionnait aussi bien contre l’épicier du coin que contre le « judéo-bolchévisme », le « judéo-capitalisme » …

    La capacité d’assimilation du terme fascisme sera encore plus vaste: tout ce qui dérange et tout ce qu’on ne veut pas comprendre devient du « fascisme ».

    La seule attitude révolutionnaire possible n’est pas d’en rajouter dans l’antifascisme, de voir du fascisme partout comme le font les gauchistes.

    Il n’y a pas de monstres en face de nous.

    Nos ennemis, ce sont des rapports sociaux, même si ce sont des hommes qui les défendent et que nous devons affronter.

    C’est en s’attaquant à l’argent et à l’État que l’humanité pourra non pas accéder à un impossible paradis, mais se constituer en communauté. »

    Groupes radicaux pour l’abolition de l’argent et de l’État

  14. « L’antifascisme est le pire produit du fascisme.

    Dans la trajectoire que Karl Marx a positionné au sein de la Première Internationale et dans les groupes radicaux qui ont suivi, l’idée essentielle est qu’il ne s’agit pas d’amender et d’améliorer l’esclavage salarial mais de le détruire, qu’il ne s’agit pas d’amender et d’organiser autrement la domination étatique mais qu’il s’agit de la détruire.

    L’antifascisme policier de théâtre a pour présupposé l’idée que il ne s’agit pas de détruire l’état, qu’il ne s’agit pas de détruire le salariat, mais qu’il existerait des fractions capitalistes plus dangereuses que d’autres.

    L’idée mythologique, cette gigantesque schizophrénie, c’est que le fascisme est le pire ennemi.

    La fonction de l’antifascisme est de détruire les luttes prolétaires radicales pour les amorcer, les enfermer, et les attacher à l’appareil d’État.

    La paranoïa policière et la schizophrénie militaire du Capital rentre et absorbe tous ces groupes antifa : ils sont chasseurs de faf comme certains étaient chasseurs de nazis.

    Ils ne se battent pas pour détruire la marchandise, l’État et l’argent ; ils se battent contre le fascisme.

    Dire « Je suis antifa » alors que le fascisme est mort structurellement depuis 1945 et que de la guerre du Viêt Nam en passant par les millions d’enfants irakiens massacrés, toutes les grandes industries massacrantes de la modernité sont démocratiques, c’est non seulement ne rien comprendre, mais c’est montrer qu’on est un valet du capitalisme.

    La seule chose dont le système du fétichisme de la marchandise a peur, c’est la conscience radicale anti-marchande et anti-étatique qui ne veut pas améliorer l’esclavage salarial mais l’abolir.

    Tous ces gens qui se disent antifa, qu’est-ce qu’ils nous disent? Ils nous disent, ah bah l’abolition du salariat on verra plus tard.

    Aujourd’hui, la crise du Capital en France est en train de déstructurer l’intégralité des vies humaines, des vies individuelles, des vies collectives.

    On devrait imaginer qu’il y ait des chasseurs de Hollande, des chasseurs de Valls, des chasseurs de Gattaz, des chasseurs de toute cette clique capitaliste qui est en train d’organiser un sur-servage contemporain.

    Être antifa, ça coûte pas cher, ça plaît au ministère de l’intérieur et ça permet d’organiser de grandes dérivations pour que les problèmes ne soient pas posés. »

    L’Internationale

  15. Pourquoi nous voulons abolir le délit d’opinion ?

    La liberté d’expression est une valeur humaine dans sa liberté même de dire l’inhumain. Les opinions racistes, xénophobes, sexistes, sadiques, haineuses, méprisantes ont autant le droit de s’exprimer que les nationalismes, les croyances religieuses, les idéologies sectaires, les clans corporatistes qui les encouragent ouvertement ou sournoisement selon les fluctuations de l’ignominie démagogique. Les lois qui les répriment, telle, en France, la loi Gayssot de 1992, s’en prennent au « puéril revers des choses » sans toucher aux causes. Elles exorcisent le mal au lieu de le prévenir et de le guérir. Elles substituent la sanction à l’éducation. Ce ne sont pas les propos qui doivent être condamnés, ce sont les voies de fait. Ce ne sont pas les discours ignominieux du populisme qui doivent faire l’objet de poursuites ‐ sans quoi il faudrait dénoncer aussi leur imprégnation sournoise et leur présence masquée dans les déclarations démagogiques de la politique clientéliste et bien‐pensante ‐, ce sont les violences à l’encontre des biens et des personnes, perpétrées par les sectateurs de la barbarie.

    Le sens commun montre qu’il est inconséquent d’interdire Mon Combat de Hitler, Bagatelles pour un massacre de Céline, les Protocoles des sages de Sion, ou les ouvrages révisionnistes, et de tolérer par ailleurs les propos misogynes de Paul de Tarse et du Coran, les diatribes antisémites de saint Jérôme et de Luther, un livre truffé d’infamies comme la Bible, l’exhibition complaisante des violences qui forment la matière ordinaire de l’information, l’affichage omniprésent du mensonge publicitaire et tant de contrevérités historiques, entérinées par l’histoire officielle. Mieux vaut ne pas l’oublier : une fois instaurée, la censure ne connaît pas de limites, car la purification éthique se nourrit de la corruption qu’elle dénonce.

    On ne combat pas et on ne décourage pas la bêtise et l’ignominie en leur interdisant de s’exprimer : la meilleure critique d’un état de fait déplorable consiste à créer la situation qui y remédie. La bêtise, l’infamie, la pensée ignoble sont les sanies d’une sensibilité blessée. Les empêcher de s’écouler, c’est envenimer la blessure au lieu d’en diagnostiquer les causes afin d’y porter remède. Si nous ne voulons pas qu’une aberration finisse par infecter le tissu social comme une tumeur maligne, nous devons la reconnaître pour ce qu’elle est : le symptôme d’un malaise dans l’individu et dans la société.

    Ce n’est pas le symptôme qui est condamnable, c’est notre peu
    d’empressement à éradiquer des conditions qui propagent le prurit, l’abcès, la peste. Au souci d’écraser l’infâme, mieux vaut seconder le désir de vivre mieux ‐ c’est‐à‐dire plus humainement.

    Raoul Vaneigem – Rien n’est sacré, tout peut se dire.

  16. Une mauvaise herbe est une plante
    dont on n’a pas encore trouvé les vertus.

    Ralph Waldo Emerson.

  17. La tolérance n’est pas une concession que je fais à l’autre, elle est la reconnaissance du principe qu’une partie de la vérité m’échappe.
    Paul Ricoeur.

  18. La fleur de lotus vient au milieu de la boue.
    Proverbe japonais.

  19. Celui dont le pied glisse montre le chemin à beaucoup.
    Proverbe turc.

  20. Tant que les informations seront entre les mains de quelques-uns, que leur diffusion se fera de haut en bas, après filtrage, et qu’elles seront reçues à travers les grilles imposées par ceux qui ne désirent pas, pour la satisfaction de la dominance, que cette grille soit contestée ou qu’elle se transforme, la démocratie est un vain mot, la fausse monnaie du socialisme.
    Henri Laborit

  21. Toute autorité imposée par la force est à combattre. Mais la force, la violence, ne sont pas toujours du côté où l’on croit les voir. La violence institutionnalisée, celle qui prétend s’appuyer sur la volonté du plus grand nombre, plus grand nombre devenu gâteux non sous l’action de la marijuana, mais sous l’intoxication des mass media et des automatismes culturels, la violence des justes et des bien-pensants, la violence qui s’ignore ou se croit justifiée, est fondamentalement contraire à l’évolution de l’espèce. Prendre systématiquement le parti du plus faible est une règle qui permet pratiquement de ne jamais rien regretter.
    Henri Laborit

  22. ETIENNE, je crois qu’il est temps que tu le réalises, et le dises ; comme il l’a prouvé à de nobreuses reprises, vidéos pour témoigner, LORDON (et sa clique) est non seulement un personnage ultra clivant, d’une ligne idéologique ultra minoritaire et partant a-démocratique, empêchant toute convergence des Français et des jeunes pour faire démocratie contre les voleurs de démocratie, mais il apparait de plus en plus sous son vrai jour d’intervention en intervention : doctrinaire, totalitaire, et dangereux.

    DIS LE AU PEUPLE.

    Amitiés.

  23. Si vous voulez bien rire avec les antifas, lisez leur dernière production :
    http://www.lesenrages.antifa-net.fr/ruffin-et-lordon-une-nuit-a-dormir-debout/

    Eux qui se plaingnent de confusionnisme, ils mettent dans le même sac : Lordon, Ruffin, Chouard, l’UPR, P. Carles, Ball, Bayou, Michéa, Usul, Friot, Mélenchon, Filoche, Kempf, les Pinçon Charlot, Dieudonné, Soral, Lepage, Graeber, Le parti du vote blanc, les auteur du film Demain, P. Rabhi, …

    Tous des salauds de fachos d’extrême-droite, bien sûr.

    Au bout d’un moment, je me demande si le mec qui écrit ça n’est pas le seul vrai résistant de ce monde. Il ne peut en rester qu’un, c’est lui.

    • Il faudrait alors lui demander qui sont les gens fréquentables, ce serait plus simple, vu la longue liste qu’il expose… 😉

      • http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L500xH375/ornella_guyet_ecole-59d83.jpg

        Je m’insurge contre l’expression -- « petite salope » -- employée par un site indépendantiste breton (*) à l’égard de cette sous-crotte d’agent de la CIA (voir message précédent) : je serais plutôt d’avis qu’il y a franchement de quoi la plaindre de se sentir sans doute aussi désirable. De là à penser qu’à défaut de vendre son cul à des salauds qui n’en voudraient de toutes façons même pas, elle n’avait plus qu’à vendre son âme au premier envahisseur venu… il y a au moins un pas qu’il n’appartient ni à moi ni à personne de franchir à la place de cet esprit manifestement si libre et si aimable.

        Note : les mamies de mon village disent « mauvaise coucheuse » et non « mal baisée », preuve que les délires féministes ont finalement eu un certain succès.

        Mes excuses, cette voltigeuse professionnelle de la division est tellement souillon qu’elle a oublié qu’elle feignait seulement de nous croire fascistes, comme elle a souvent fini par croire en ses propres mensonges qu’elle déverse à longueur de pages, s’imaginant que ça nous ferait bander de voir sa meute de doberman s’attaquer à des types qui ont été eux-mêmes si scrupuleux à appliquer leur « vigilance anti-fasciste » contre Étienne.

        http://breizatao.com/2015/06/16/claude-halfen-portrait-de-lanimateur-juif-du-site-antifasciste-la-horde/

    • L’auteur du texte (que l’on retrouve aussi sur confusionnisme.info) s’est vraiment lâché, cette fois-ci. Au point que l’attaque « sous faux drapeau » devient trop visible. Manifestement c’est l’ensemble de la gauche qui est sa cible, ou plus particulièrement la gauche antiparlementaire. Même l’antisémitisme n’est même plus une préoccupation majeure. Les personnage les plus diaboliques de ce côté ne sont plus évoqués qu’en passant. Par contre, il y a de longs développement sur François Ruffin, Etienne, Graeber, etc …
      C’est vrai que l’on s’amuse toujours bien aux passages les plus outranciers : Chouard, le « nostalgique du féodalisme » (celle-là, on ne l’avait pas encore entendue 🙂 ), Friot, la « crapule stalinienne », etc, et là aussi la mauvaise foi est évidente.
      Par ailleurs, les sites anti-fa restent toujours une sorte d’anti-annuaire du web : il suffit de lire leurs articles -- toujours bien étoffés -- pour découvrir l’un ou l’autre lien vers des sites intéressants que l’on ne connaissait pas.

      • Le retour des clowns tristes

        L’auteur du texte (que l’on retrouve aussi sur confusionnisme.info) s’est vraiment lâché, cette fois-ci. Au point que l’attaque « sous faux drapeau » devient trop visible. Manifestement c’est l’ensemble de la gauche qui est sa cible, ou plus particulièrement la gauche antiparlementaire.

        Je trouve que c’est globalement plutôt le contraire… La « professeur » Ornella Guyet -- qui dirige ou codirige vraisemblablement ce site et d’autres bien plus qu’elle y pige -- s’est illustrée, certes, pour avoir présenté sur commande à un aréopage d’agents d’influence US, une leçon intitulée « le 5e pouvoir, des chiens de garde au dessus des chiens de garde« . Mais si on passe sur cet obscure personne « sous la direction de laquelle » ce texte semble être présenté, il me semble bien plutôt qu’il s’agit d’un travail collectif se présentant pour ce qu’il est : une analyse produite par des gens qui se croient peut-être sincèrement libertaires. Il importe de démontrer que, non seulement de par leurs agissements mais d’après leur propre idéologie, ces bouffons mauvais sont, tout à l’inverse, des agents actifs du néo-conservatisme, du statut-quo étatiste sous domination impériale accessoirement racialiste. D’ailleurs en partie consciemment, quoique dans le cadre d’une vision schizophrénique. Mais je pense que ce serait une grosse erreur de commencer par dénier aux co-auteurs l’honnêteté et une certaine cohérence de leur vision libertaire.

        Pour commencer, ils ne tapent justement pas sur la « gauche antiparlementaire » (ce qui est d’ailleurs un oxymore) mais sur la gauche parlementaire (pléonasme). Cela apparaît assez bien, notamment, dans leur charge contre F. Lordon. F. Lordon à qui ils n’ont guère que ça à reprocher, du reste : au nom d’une vision conséquente du socialisme, celle de la lutte des classes bien comprise, ils dénient évidemment la capacité et le droit de parler au nom d’ouvriers anonymes à un intello, philosophe, ex HEC et autres, invité ici et là dans les salons petit-bourgeois (et quitte à lui inventer un splendide et immense appart qu’il n’a pas, d’après Étienne)… mais évidemment, personne n’ira croire qu’une geek supposément diplômée de journalisme, qui a pu se faire embaucher au Diplo, au Canard enchainé, à Acrimed et accessoirement par une officine de la CIA, et ses collègues « théoriciens des luttes » ont un pied à l’usine autrement que par fantasme. C’est eux-mêmes qui le disent (et se trahissent d’ailleurs ainsi doublement, puisque témoignant d’une forme de racisme anti-ouvrier) : l’ouvrier, le vrai, s’exprime mal, il n’a pas les moyens ni le temps de monter un blog, etc. donc on ne l’entend pas. Mais eux parlent bien, ils sont d’une certaine manière fort renseignés, ont le temps d’écrire, d’étoffer, de torturer les propos des autres et la logique, de surveiller, etc; et leurs merdes sont lues par plein de monde. Quant à leurs blogs, ils sont manifestement bien financés et administrés, passons. C’est encore et toujours la division du travail… même s’ils prétendent que leur travail de vigiles et d’écrivaillons est au service des gueux -- qui ne le fait pas ?

        Bref, ils ne comprennent pas mieux les ouvriers que les autres, et ils les foutent d’ailleurs dans une case comme le font tant d’autres et comme ils le font pour tant d’autres, ces valeureux défenseurs de la liberté individuelle de penser. Dans leurs fantasmes les plus intimes, où l’ouvrier ne branle rien, comme eux, celui-ci s’est transmuté en drag-queen qui ne s’étonne pas de se voir attribuer par miracle des papiers et une forme de revenu salarié garanti à vie tandis qu’il compose des odes à paillettes pour l’abolition du salariat et de l’État. Manque de bol, l’ouvrier ne manifeste plus et il vote Front national. Bien sûr, comme il faut bien vivre, ils ressortent le turlututu et se croient encore de gauche quand il leur faut gagner un salaire (nécessairement jamais suffisant). Mais Friot qui veut généraliser le salaire, tout comme, d’ailleurs, les promoteurs du salaire de base garanti, sont des monstres étatistes, ce qui se conçoit quand même d’un certain point de vue… de fanatique anti-État inconséquent (de môme assisté). Il faut abolir le salariat, point barre… Mais les coopératives c’est de la merde capitaliste puisque ça généralise la propriété privée des moyens de production. Tant pis si c’est celle de ceux pour qui elle est d’abord propriété d’usage… Bon, il sont débiles, totalement inconséquents, mais continuons donc à les supposer honnêtes.

        Ils tapent sur le principe même de la représentation. Ils refusent le principe même de la loi (et accessoirement, donc, celui de la surveillance de son exécution, bref, la police). Ceci apparaît très clairement dans un passage de leur chapitre intitulé « L’arnaque du tirage au sort chouardien » (un texte qui mérite d’être décortiqué entièrement ici, car il alterne entre distorsion complète des propos et témoignage de leurs propres contradictions) : « L’objectif est bien de garantir l’ordre. Ainsi Chouard voit dans l’inspiration athénienne « un moyen de décomplexifier le droit, de le rendre plus accessible et donc d’améliorer l’obéissance ». En effet selon lui, on obéit mieux à des lois que l’on comprend. Nulle considération morale en la matière, nulle interrogation sur la légitimité ou non d’obéir aux lois, même compréhensibles, en vertu de leur caractère juste ou injuste ni bien évidemment aucune remise en cause de la légitimité de l’existence des lois et de l’Etat eux-mêmes. »

        C’est très clair. Puisqu’ils refusent le principe même selon lequel une personne doive obéir à des lois qu’elle trouverait injuste, ils refusent le principe même de la loi, de l’État de droit. Et donc, par extension, celui de l’État. Quand bien même on se rallierait à cette position plus extrémiste que radicale (la radicalité admet mal l’inconséquence), on objectera qu’ils sont eux-mêmes une petite minorité qui entend imposer à tous les autres sa vision tyrannique et ses méthodes aussi arbitraires que policières.

        Autre problème : ils sont fondamentalement antidémocrates quand ça les arrange, mais s’ils combattent un fascisme toujours réputé d’extrême droite, il est difficile de ne pas croire que c’est pour défendre leurs propres libertés voire aussi, supposément, celles de toutes ces minorités opprimées au nom desquelles ils jactent. Pas celles des cathos ou des musulmans intégristes, bien sûr. Pas plus celle des parents de tous bords et de leurs enfants que l’on met de plus en plus sous tutelle de l’֤État, de la maternité à la maison de retraite -- surtout dans les classes populaires, qui par construction n’auraient guère, pour s’informer, que de littérature fléchée de la propagande d’État. Nan, un bon fascisme de gauche leur suffirait. Bref, un minimum d’analyse suffit pour les dévoiler, je disais, comme des agents actifs et conscients du néo-conservatisme, du statut-quo étatiste sous domination impériale accessoirement racialiste. Evidemment, ce n’est pas non plus parce que leurs chéris officiels sont ouvriers qu’ils s’emploient vainement à défendre les féministes, les transsexuels, les homos, les sans papiers (au moins eux semblent avoir compris que les papillons et les ours polaires ne travaillent ni ne votent, y a un certain progrès…) La drag queen, par construction, n’a pas le droit d’être un gros spéculateur, pas même un petit patron. Elle ne saurait être conservatrice en rien. Elle est forcément pour l’immigration sans limite, et une hystérique « anti-antisémite ». Mais du reste, ils ne défendent que les minorités qu’on leur indique, même quand une Femen, loin d’être opprimée, se voit accorder le droit d’asile en deux secondes et même celui de devenir illico la nouvelle figure de Marianne (ça ne les dérange pas ?) après avoir fricoté avec les néo-nazis ukrainiens et les staliniens employés au service de l’empire au motif émouvant de combattre la méchante Russie et son indépendance.

        Bien évidemment, dans la conception de ces affreux boutonneux, les féministes, les transsexuels, les homos, les sans papiers, et d’ailleurs les ouvriers, ne sont que de la chair à canon : des objets, qu’il ne s’agit surtout pas de considérer comme de simples agrégats, « socialement construits » (je veux dire : artificiellement agrégés) de personnes libres chacune de penser comme elles le veulent. Elles sont présumés penser toutes pareil, pour la même raison qu’on pense à leur place. Un pédé qui n’aimerait pas les paillettes, les musiques néo-primitives et autres drogues débilitantes, un Juif qui voterait Le Pen, un sans-papier fan de Bernanos, une féministe pour qui les hommes ne sont ni des objets ni d’incurables machos, une gouine qui ne tiendrait pas plus à adopter qu’à interdire l’avortement, un trans qui les prendrait pour ce qu’ils sont : de dangereux fascistes, évidemment ça les dépasse, donc ça ne peut pas être. Quant à l’ouvrier, il est con, il ne sait pas parler, il n’a ni le temps ni l’envie d’apprendre et, pas plus que les autres, de toutes manières, il n’a le droit de concevoir une nouvelle constitution. Je suppose que dans les cas où c’est un peu vrai, les intéressés n’ont pas non plus l’occasion de lire leurs conneries en ligne…

        Alors comme ces pauvres gens se sentent logiquement très seuls et incompris, ils ne leur reste plus qu’à diviser et isoler les autres. Même leurs soi-disant priorités anti-fascistes, effectivement, semblent avoir cédé le pas pour l’occasion, à en juger surtout par leur manque de scrupule s’agissant de diaboliser des gens dont on aurait pu croire qu’ils étaient heureux de les voir se « désolidariser » l’un après l’autre de leur bête noire numéro un, le « fasciste Chouard ». La priorité réelle se révèle simplement plus clairement : empêcher toute tentative des gens de se rassembler au delà de leurs différences et de leurs divergences pour modifier les lois qui régissent le gouvernement, dans un cadre géographique et culturel nécessairement circonscrit, sinon national. Des gens forcément fascistes, nationalistes et pas pauvres, puisque la liberté, l’internationalisme et la misère, ce sont eux qui les portent.

        Ils tapent donc sur toute la gauche, disais-je, puisque la gauche ne saurait être que parlementaire. Par parenthèse, donc, qu’ils soient socialistes ou feignent de l’être, ils ne sont pas de gauche. Or ils l’oublient aussi sec à chaque fois qu’ils manient la rhétorique anti-réactionnaire : ils sont contre la gauche dès qu’ils abordent les institutions, mais ils se croient de gauche dès lors qu’il s’agit de combattre l’extrême droite. A cet égard, il est intéressant de décrypter un peu le long paragraphe dans laquelle, feignant d’être de grand démocrates, et feignant en un sens de laisser de côté leur antifascisme hystérique, ils entreprennent, à grand coup de tri sélectif, de citations hors contexte et de fausses attributions, de montrer que « Chouard [est un] nostalgique du féodalisme » :

        L’arnaque du tirage au sort chouardien
        http://confusionnisme.info/2016/04/23/ruffin-et-lordon-une-nuit-a-dormir-debout/#12

        « Les partisans d’Etienne Chouard le présentent comme un chantre de la démocratie directe, et son près à rejeter l’argument des ses amitiés fascistes pour dire que les idées qu’il défend en matière de démocratie et de tirage au sort restent malgré tout pertinentes. Pas de chance, car si on se penche en détail dessus, ce qui apparaît, c’est un système contre-révolutionnaire des plus réactionnaires. Rarement Chouard a aussi bien clarifié ses idées que dans la vidéo tournée en 2011 par le site Enquête et Débat du fasciste Jean Robin dans laquelle il dialogue avec Yvan Blot du Club de l’Horloge.
        Toute l’arnaque de son système réside dans le fait qu’il n’entend en fait pas mettre fin au système électif (il entrevoit un système bicaméral avec une chambre d’élus dite « chambre des partis » et une chambre de tirés au sort encadrées par des « experts » et donc pas à l’abri de l’influence de groupes d’intérêts), et que son tirage au sort ne portera pas sur l’ensemble du corps électoral.
        En fait, Chouard introduit de l’électif dans le tirage au sort lui-même, quand ce dernier doit être mis en place pour désigner une assemblée constituante (qui serait elle aussi conseillée par des juristes). En effet, le risque de voir tirer au so[r]t des « abrutis » ou des « incapables » est élevé à ses yeux. Aussi Chouard propose d’élire des citoyens méritants parmi lesquels seraient tirés au sort les constituants : « J’aimerais quand même arriver à conserver cette idée que ce soit des citoyens qui écrivent eux-mêmes leur constitution, sans que ce soit n’importe qui pour qu’il y ait vraiment une qualité de la réflexion. On ferait en deux temps. Imaginez que dans un premier temps chaque citoyen malin ou pas malin, jeune ou vieux, riche ou pauvre, désignerait autour de lui deux ou trois personnes qu’il considérerait comme valeureuses, éclairées, comme des honnêtes gens. […] Et c’est parmi ces gens valeureux que nous tirerions au sort. Et il pourrait y avoir un biais : […] ceux qui ont été désignés très peu souvent ne pourraient pas être tirés au sort et ceux qui ont été désignés très souvent, peut-être par un effet médiatique […], on ne les prend pas non plus, pour garder les gens valeureux mais normaux. » Seraient d’office exclus du tirage au sort les hommes et femmes politiques ainsi que les « bureaucrates » (à savoir entre autres les militants syndicaux).

        On voit assez bien les problèmes que pose ce système, puisque les gens bénéficiant du moins de ressources économiques, sociales ou culturelles seraient d’emblée exclus du tirage au sort, ayant très peu de chance d’être suffisamment désignés. Il en serait de même sans doute d’une large part des individus habituellement victimes de discriminations : personnes victimes de racisme, femmes, homosexuels, handicapés… L’objectif est très conservateur, et l’argument très similaire à celui de ceux qui défendaient au 19e siècle le suffrage censitaire : il s’agit d’éviter l’irruption dans l’assemblée des « passions populaires » et le « règne des incompétents ».
        L’objectif est bien en fait de constituer une assemblée homogène socialement, un peu comme celle qui se réunit à Nuit Debout, et qui ne risque donc pas de remettre en cause l’ordre capitaliste puisqu’elle ne risquera pas de prendre des décisions allant dans le sens inverse de ses intérêts de sous-classe dominante. Cette assemblée sera une assemblée de profs, de notables, de commerçants et de petits patrons, dont seront largement exclues les classes laborieuses qui pourtant représentent la majorité de la population. Chouard estime ainsi que sur un corps électoral de 40 millions de personnes, 1 ou 2 millions au maximum seraient susceptibles de participer au tirage au sort après écrémage.
         »

        A chaque fois que ça les arrange, soit presque en permanence, ces petits bourgeois qui se croient anarchistes enfreignent leur propre loi fondamentale, qui est qu’eux-mêmes, pas plus que tant d’autres, n’ont pas le droit de parler au nom des gueux, des travailleurs à la chaîne, que sais-je. Parce qu’il faut bien faire avec le fait qu’ils sont des sans voix, qui n’ont matériellement pas le temps de s’éclairer, d’apprendre à monter un blog, qui sont trahis, même quand ils se tuent à se passer de leur paie pour faire grève, par les centrales syndicales, etc.

        Mais si Étienne se permet, plus conséquemment, de composer en pensée avec de telles nécessités, c’est juste un prétexte qui lui permet de masquer que son rêve, au fond, comme celui de l’obscur Guillemin, est d’empêcher les gueux de parler et de s’organiser pour soumettre les lois à leurs besoins.

        « Citant l’exemple de la Colombie britannique, Chouard avance qu’écrire une constitution change les gens au point qu’ils arrêtent de boire des bières et de regarder la télé. Il prône en fait une morale ascétique, qui va de pair avec la vision quasi-religieuse qu’il a de la constitution comme étant la « cause des causes » à tous nos problèmes. »

        Fumez vos pétards tranquilles, et arrêtez déjà un peu de projeter. Étienne ne comprend rien aux saveurs du bon pinard, j’en conviens. Raison pour laquelle je viens avec ma bouteille quand je suis invité à bouffer chez lui. De là à dire qu’il s’agisse d’un symptôme de vision « quasi-religieuse »… Déjà, l’idée que l’ascèse soit de droite et l’amour de l’alcool et autres réjouissances soit de gauche forme un concept très douteux au regard des pratiques réelles des uns et des autres… Il y a des drogués de droite comme il y a des pédés de droite, des ascétiques de gauche comme des « refoulés » de gauche. Il y a des curés alcooliques. Freud se défonçait aux barbituriques, ça ne l’a pas empêché de composer une religion gauchiste en rêvant à sa mère tandis qu’il contemplait le nombril du monde de Courbet. Là où ça devient comique, c’est que la « droite économique » est notoirement foncedée à la coke.. Si elles suivaient vraiment les personnes et les médias qu’elles qualifient de nauséabonds, elles sauraient que, d’après le principal fondateur et directeur d’Égalité et Réconciliation, alcoolique invétéré qui, à l’instar de cette pauvre frustrée dont on cause, balance comme une grosse merde (et se qualifie lui même de fasciste à l’italienne), Alain Soral serait un brin accro au Subutex voire à quelque substance dont il est un substitut. Ou que Jean Monnet, fameux moine soldat agent de la CIA et fondateur de l’UE à son service, dealait de l’alcool depuis le Canada durant la prohibition (tout ça et bien pire est même consigné sur Wikipedia France, c’est dire), bien avant que Churchill ne se défonce le foie au wisky et que Clinton et Bush s’envoient des rails ensemble pendant qu’ils se tapaient des esclaves envoyées par leurs médecins nazis. Bref, ces pauvres illuminés pour qui le fascisme ne peut qu’être un remake à l’identique de fantômes du passé ont tellement peur que les flics viennent les empêcher de picoler des bières en chantant du Bob Marley qu’ils n’ont pas honte d’écrire des débilités pareilles, qui montrent, peut-être mieux que bien d’autres de leurs propos, qu’ils ne comprennent rien du monde dans lequel ils vivent et qu’ils sont comme tous leurs confrères fascistes : des victimes de leur immense inculture, de fait livrés aux consignes les plus débiles de leurs maîtres à penser. Des religieux.

        Mais si même considérer qu’arrêter de regarder la télé est une bonne chose leur pose un problème…. S’ils opposent télé et visions quasi-religieuse, c’est vraiment qu’ils sont atteints. Ou totalement insincères. Mais on les connaît, aucun coup bas ne leur pose problème.

        « Enfin, qui mettra en place cette constituante ? Ce n’est pas très clair, mais Chouard croit en la venue d’un homme providentiel : « Il faut un Chavez », dit-il. « Il faut une personnalité à la fois forte mais juste : un Robespierre », répète-t-il. Il rêve que du système « tyrannique » de la 5e république émerge un homme suffisamment désintéressé qui une fois président la mettrait en place. »

        Ces petits merdeux qui font semblant de croire à la révolution alors qu’ils sont les premiers à tirer dès que quoi que ce soit s’organise (ont jouit d’avance à l’idée de ce que leurs sources leur ferait écrire dès lors qu’il y aurait une première contagion atteignant l’armée) font là encore semblant de ne pas comprendre. Ces incultes, à leur décharge, ignorent sans doute même que, dans la Constitution de la Ve, il faut être le Président, en pratique, pour abolir le rôle du Président. « Chouard croit en la venue d’un homme providentiel » : rien n’est plus près du contresens total. Ces fouille-merde sélectionnent et sortent de leur contexte les propos comme pas permis. Le problème, c’est que pour eux il est facile de faire juste semblant de croire à la révolution. Quand on « vend » du tirage au sort, surtout, d’ailleurs, pour la constituante, et qu’on a dès lors contre soit, par construction, tous les partis et autres organisations de masse fondés par et pour le système électif (en plus des faux libertaires maîtres-chiens), on est précisément placé pour savoir qu’on risque d’attendre longtemps avant de voir sa « quasi-religion » fonder une nouvelle constitution.

        « S’agissant du référendum d’initiative populaire, il en est de même. Chouard acquiesce aux propos anti-pauvres et anti-prolétaires de Blot : « Le référendum est stabilisateur à condition d’avoir des grands classes moyennes. […] Les pauvres ne prennent pas toujours des décisions très sages tandis que la classe moyenne est dans le juste milieu. […] Il faut que la démocratie soit enracinée dans les classes moyennes. […] Ce qui est terrible c’est le prolétaire car lui il n’a plus rien à perdre étant donné qu’il n’a rien le malheureux et [qu’] il peut être emmené à des situations excessives. » Pour Blot, le référendum est le moyen par lequel les fameuses « classes moyennes » peuvent s’exprimer, au contraire d’aujourd’hui où selon lui seul le haut du panier à droit à la parole. Mais dans son système approuvé par Chouard comme dans l’actuel, il est surtout important de museler la contestation des plus défavorisés. »

        En gros, ils citent tout simplement un autre -- Étienne n’a jamais parlé de cette manière, ni des pauvres ni des « classes moyennes » ; il s’agit uniquement, dans tout le paragraphe, des propos de Blot (sinon ceux d’autres ou de propos inventés) -- et considèrent qu’Étienne, qui a eu l’occasion de discuter avec lui, est supposé avoir une opinion totalement équivalente ou totalement opposée sur toute la ligne. C’est évidemment une manipulation grossière.

        « Pour organiser ses référendums d’initiative citoyenne, le petit prof d’Aix-en-Provence envisage deux dates annuelles lors desquelles on voterait sur différents sujets, le 4 août (pour la nuit du 4 août 1789, date de l’abolition des privilèges) et le 4 février (pour le 4 février 2008 : date de l’adoption du TCE par les parlementaires réunis en Congrès). Problème : la première tombe ne plein milieu des vacances d’été, tandis que la deuxième est susceptible de tomber pendant celles de février. Comment est-il envisageable que suffisamment de gens y participent pour que les résultats soient crédibles ? »

        Les pauvres n’ont vraiment rien à dire…

        [Suit un paragraphe déjà cité et commenté, qui indiquent qu’ils rejettent le principe de la loi.]

        « Les références de Chouard sont réactionnaires. Il idéalise la démocratie athénienne sans jamais mentionner le fait qu’elle excluait esclaves, femmes et étrangers mais aussi, de fait, tous ceux qui n’avaient pas la possibilité de se déplacer aux assemblées et notamment les paysans, ni qu’à cette époque, il n’existait pas de séparation entre rituels civiques et rituels religieux. […] »

        Au baratin usuel de petit-bourgeois que ça ne dérange pas de commettre les plus gros anachronismes, surtout lorsqu’il s’agit de considérer ce qu’on appelle l’évolution de la productivité (le machinisme, si développé sans doute à l’époque, est aussi ce qui leur amène des bières dans le frigo et de quoi publier leurs débilités juvéniles), s’ajoute une nouveauté lumineuse (au sujet d’un rapport à la religion qui n’a rien à foutre là, quand bien même il ne serait pas si mal compris). Nouveauté mise à part, le problème se résume au même auquel ces morveux se heurtent 100 fois par jour : on est des petits-bourgeois et à ce titre on n’a pas le droit de parler au nom des ouvriers et des pauvres, mais on n’arrête pas de le faire quand même vu qu’ils n’ont soit pas le temps de penser soit pas les moyens de venir s’exprimer sur l’agora.

        « L’exemple suisse n’est pas mieux avec son système référendaire qui permet l’adoption des pires mesures racistes. »

        Il permet aussi de changer de régime monétaire. Ou de filler un salaire de base aux parasites dans votre genre, qui mentent, calomnient, et entendent imposer aux autres, l’immense majorité, ce qu’ils doivent penser. Ou de les ostraciser avec un coup de pompe dans le cul. Pour le reste, vous avez beau vous défoncer pour reformater les gens, ce n’est pas à moi que vous ferez gober ainsi, même en douce, votre éternel amalgame entre racisme et régulation quelconque des conditions d’immigration. Quand ça vous arrange, vous défendez la gauche et les travailleurs, les patrons les plus esclavagistes adorent votre rhétorique. En tout état de cause, pensez-vous que l’élection immunise contre les lois racistes ? Vous n’êtes pas en train de nous fourguer en douce une consigne de vote… je veux dire, celle d’aller voter ?…

        « Notons qu’en suisse, le fait que ce soit les cantons qui votent à main levée qui sont les plus réactionnaires et qui ont accordé le plus tardivement le droit de vote aux femmes (dans les années 1990 !!!) ne semble déranger ni Chouard, ni Blot. D’ailleurs, dans certains conférences, Chouard explique que si un tel référendum permettait de revenir sur le droit à l’IVG ou de rétablir la peine de mort, il n’y aurait rien à dire, puisque c’est la volonté du peuple.

        Vous êtes juste pitoyables, il n’est même pas besoin de vous chatouiller pour vous faire avouer pour qui vous bossez (bénévolement, je suppose, bande de marionnettes): vous n’avez aucune confiance dans le peuple, que d’ailleurs vous détestez, et vous qui faites semblant de condamner l’État, la loi, et pourquoi pas les banques, à dire que rien ne s’obtient qui tombe du ciel, vous vous complaisez dans ce machin dès lors que les banquiers, pour amadouer leurs chiens de garde que vous êtes, nous refilent des droits à l’IVG dont ils se foutent parfaitement pourvu que ça nous tienne tranquilles. Accessoirement, je ne comprends pas qu’on soit contre l’IVG : il s’agit de protéger les médecins qui font, dans des conditions dignes et propres, ce que toutes les rebouteuses ont toujours fait à la demande des femmes pour qui il s’agit évidemment d’un droit personnel. Quant à la peine de mort, mes chéris, ce n’est pas une question dont on discute avec des morveux comme vous, égarés entre le monde des bisounours, la nature qui chie directe ses produits au Monop du coin et les chiens hurlants que vous envoyez attaquer tout ce qui bouge. Mais là encore,tiens, depuis quand vous vous occupez des modalités de vote, des décisions nationales et étatiques ? On croyait que vous étiez contre le tout.

        Autre référence citée par Chouard dans cet échange avec Blot : De Gaulle. Voici ce qu’il en dit : « C’était pas un tyran De Gaulle mais il a écrit une constitution tyrannique, c’est-à-dire que De Gaulle avait un sens de l’honneur qui nous protégeait. C’était De Gaulle la garantie. Et quand quelqu’un d’autre qui n’a plus ce sens de l’honneur rentre dans ces institutions c’est une catastrophe. Et on le voit depuis, de Mitterrand à Sarkozy. »

        On ne comprend pas bien la question… Accessoirement, chacun peut s’amuser à enquêter sur la probité des uns et des autres. Il y a aussi que de Gaulle était moins corrompu que ses successeurs, tout simplement parce que ce n’est pas l’élection qui l’avait placé là, mais un processus de sélection, en temps de guerre, qui a, moyennant souvent quelques malentendus, le chic d’écarter les couilles molles opportunistes, les vendus et les vendables. Autrement dit, le système électif ne marche qu’au début, précisément parce que les premiers dirigeants ne sont pas élus, après quoi il dégénère sans fin, jusqu’à la prochaine. Mais avec le tirage au sort, il ne s’agit justement plus de compter sur le bon vouloir d’un monarque ou d’un chef de guerre, sur son esprit ascétique, son sens de l’honneur ou de mon cul sur la commode.

        « En réalité, Chouard est un anti-parlementariste et un nostalgique du féodalisme. Au lieu de voir un rapport entre la naissance du capitalisme est celle de l’Etat, quelque soit son régime, lui voit un « lien logique et puissance » entre la naissance du capitalisme et ses injustices et le « gouvernement représentatif ». Il en vient à regretter l’Ancien Régime, où selon lui noblesse et clergés étaient des « contre-pouvoirs » aux « riches et ultra-riches ». la chute de l’Ancien régime donné selon lui « aux marchands et aux financiers […] tous les droits, dont celui de faire travailler les gens sans limites ». Voilà une analyse bien originale du système féodal, dans laquelle la bourgeoisie banquière et marchande devient la classe dominante principale alors que noblesse et Eglise ne font plus partie des riches mais protègent les pauvres contre les abus des premiers. Oubliés le servage, la Taille et la Gabelle… »

        Ayez la décence de laisser à Marion Sigaud ce qui lui appartient et à M. Chouard ce qui revient à César… Étienne -- cédant peut-être bien trop souvent à un penchant dangereusement gauchiste à mon goût -- n’a aucune nostalgie de l’ancien régime. Mais il n’est ni assez con ni assez malhonnête pour que ça l’empêche de voir ou de dire les privilèges inouïs que le « nouveau régime » a établis.

        Je note en passant une découverte que j’ai faite hier, en quelques clics, cherchant à entendre que certaines de vos bêtes noires présumés ont à dire. Voici ce que j’ai trouvé dans le programme, à mon avis surréaliste, d’une sorte de groupement monarchiste, nationaliste et fanatiquement anti-technologie -- https://ilfaudrabienvousyfaire.files.wordpress.com/2015/06/lys-noir-27.pdf :

        « 7 -- Frugalisation du gouvernement et instauration du tirage au sort pour désigner une Assemblée populaire permanente, sur des listes de citoyens volontaires pour leur désignation »

        « L’idéal de société chouardien est profondément inégalitaire : « On a besoin d’inégalités pour que les gens aient des moteurs pour se donner du mal, et même peut-être de fortes inégalités », affirme-t-il devant un Blot ravi. « Je suis d’accord sur l’idée d’admettre des inégalités peut-être même importantes, parce que si quelqu’un est très très utile et se donne bcp de mal, ok », répète-t-il. Question : que compte faire Chouard des gens qui seront jugés « inutiles » dans sa société idéale ? »

        J’ai un beau frère qui donne des cours de la CGT, il désespère de voir combien d’ouvriers « non qualifiés » refusent catégoriquement d’occuper à tour de rôles chacun des autres postes. Les modèles d’auto-gestion, même dans leur métier, dans leur atelier, ils n’en ont rien à battre, même avec un plus gros revenu. Ils veulent juste qu’on leur foutte la paix. Inversement, ils y a des petits patrons qui cèdent à l’aventure de l’entreprise qui, pour pas mal d’entre eux ce n’est que secondairement une affaire de pognon, d’abord le goût de la liberté d’ « inventer » comme ils l’entendent ou de « gérer autrement ». Pour certains, patrons ou pas, avoir plus de pognon sert surtout à se donner plus de boulot. Pour Étienne, ça lui permet de se payer des livres, des déplacements pour des rencontres utiles… Ce genre de considérations me laisse donc plutôt indifférent, je le trouve surtout à côté de la plaque. Quoi qu’il en soit, il n’a jamais parler de décider lui même qui est utile ou pas… Ici, à l’évidence, il admet simplement que, si c’est le cas de la majorité de considérer ça comme un aiguillon si indispensable, on puisse supporter des écarts de salaires… Mais vous êtes au-dessus de tout ça, vous, pas besoin de gagner sa croûte ne serait-ce que pour se maintenir en vie afin d’écrire vos inepties si indispensables.

        « Dans l’entretien, Chouard juge important de noter que Suisses et Américains ont le droit de posséder des armes. « L’homme libre est armé », renchérit Blot, reprenant un des principaux arguments de la NRA (le lobby américain des armes). »

        Bah ou, bande de nazes. Vous pensez la même chose… La lutte, les luttes, pas de pitié pour les fachos, on discute pas on tire d’abord. Difficile de trouver meilleur exemple s’agissant de vous dévoiler comme les marionnettes lâches ou les apprentis sorciers inconséquents que vous êtes.

        « Le moins que l’on puisse dire, c’est que Chouard a déjà des idées très arrêtées s’agissant des mesures que devra prendre l’assemblée constituante tirée au sort. Ainsi, il faudra que la constitution borne le rôle des médias (le « 4e pouvoir », qu’il convient donc de « séparer » des trois autres). Chouard envisage des journalistes ayant un statut similaire à celui des juges qui seraient donc désignés et payés par l’Etat. Les médias seraient dans ce modèle « soumis à une autorité supérieure sous contrôle citoyen ». Disons-le tout net : c’est la fin de la liberté de la presse. Que ceux qui se réjouiraient de la fin des grands médias soumis à l’influence des grands groupes auxquels ils appartiennent s’interrogent : en quoi les médias seraient-ils plus libres sous contrôle étatique (ou « citoyen » ?) Et qu’adviendra-t-il de ceux qui persisteront à s’exprimer hors de ce cadre, et notamment des médias et blogs militants ? Enfin, qu’adviendra-t-il de la liberté d’expression sur Internet, cet outil auquel Chouard voue pourtant une sorte de culte ? »

        Ornella s’y connaît bien en indépendance du journalisme. Incidemment, comme c’est moi qui ai proposé les passages en question dans le brouillon du plan C, je suis placé pour savoir qu’ici encore elle torture les propos des autres. Il ne s’agit absolument pas d’interdire les médias privés, seulement de proposer aux associations de journalistes qui le souhaiteraient de bénéficier de financements publics. Pour eux et pour eux seuls, effectivement, on imposerait qu’ils élisent leurs cadres parmi leurs pairs, et serait établie une assemblée tirée au sort, totalement indépendante du parlement et autres pouvoirs constitués, laquelle aurait pour rôle de vérifier qu’ils appliquent la « Charte de Munich », et le pouvoir suprême d’enquêter sur la base de plaintes le cas échéant, et de décider combien on refile à chacune des associations intéressées et si, éventuellement, on lui coupe les vivres lors du prochain exercice.

        « Finalement, quel genre de régime trouverait grâce à ses yeux ? Il énumère : « démocratie directe, semi-directe ou gouvernement représentatif amendé »… Plus on avance, plus on s’éloigne en fait de l’idéal de départ tel qu’il est présenté par ses partisans. Si aujourd’hui Chouard se dit favorable à la République sociale proposée par Lordon, il précise en revanche que le processus constituant ne devra être ni de droite ni de gauche et que c’est seulement une fois la constitution rédigée que pourra peut-être être décidée l’abolition de la propriété privée des moyens de production. »

        Chouard n’est pas un dictateur, il ne veut pas l’être, il se remet en question, il écoute… Et il n’a même pas l’intention de croire qu’on puisse imposer à une multitude en bonne partie « de droite » une « constitution de gauche » (concept que vous vous abstiendrez toujours de questionner). La belle affaire. Eh les charlots : la paix.

  24. Nuit Debout – Accueil et Sérénité Vs Education Populaire
    http://www.agenceinfolibre.fr/nuit-debout-accueil-et-serenite-vs-education-populaire/

    J’ai comme l’impression que la place est en train de devenir la propriété des détenteurs de la Vérité. Et la Vérité imposée entraîne les guerres.

    « Accueil et Sérénité » risque de se métamorphoser en « Police de la pensée » si une assemblée ne se réunit pas pour établir une Charte (type de Constitution) de la place.

    Les échelles de hiérarchie de dominance se forment spontanément lors de toute naissance de groupe social. Il faut le savoir pour s’en protéger. C’est pour cela qu’à la création d’une nation, une Assemblée Constituante se dépêche d’établir les fondations des lois qui nous rassemblent.

    • Le gars qui faisait son (très bon) speech sur l’évasion fiscale et (la sortie de) l’euro, dans ce film, au moment ou les gros bras débarquent pour empêcher la caméra de tourner, sauf erreur de ma part, c’était Sylvain Baron. Je dis ça, je ne connaissais pas du tout ce gars -- à part qu’il s’était fait virer là bas, avant -- mais je cherchais justement à savoir ce qu’il a à dire, et je viens de voir sa bouille et d’entendre quelques bouts de son discours. Merci à ces gros cons, et surtout aux appareils aveugles qui les dirigent, de m’avoir fait connaître ce bonhomme… Je sais pas comment il tient, si en plus c’est un SDF. D’après lui, Lordon et Ruffin sont au courant et ils n’ont pas bougé le petit doigt. Bigre.

      • En effet, c’est bien lui…connaissais pas avant.
        Sélectionner (ou interdire ou censurer) certains orateurs, certains discours, c’est une forme de fascisme.
        Dans un tribunal, même le plus grand des criminels a droit à la parole, à sa défense.

      • Je suis d’accord avec l’ensemble de ce que vous avez écrit !
        Les exclusions sont réellement nocives pour le mouvement !
        Hors des tensions , elles prouvent un manque certain de maturité dans le fait de pouvoir accepter les idées des autres ! Les rencontrer doit , enfin , devrait nourrir et apporter de l’eau au moulin par le fait que les combattre devrait permettre d’avancer des arguments contradictoires et redonner de la force au mouvement , voir le conforter !
        Mais je dois dire que la même tolérance ne fonctionne pas souvent dans les deux sens pour l’intérêt commun ! Ainsi quand on veut faire annuler un débat , il se trouve toujours des personnes bienveillantes pour agir , quitte à casser le matériel mis à disposition pour l’intérêt commun ! Doit-on laisser faire ? Comment demander et obtenir réparation ? Et si c’est une vengeance punitive , pour un écart antérieur voulu , donc pré-établi , l’un sachant et oeuvrant , l’autre subissant et accusant réduira la confrontation à ce moment-là en deux parties sectaires !
        Ce genre de comportement n’amène rien de bon aux nuitdebout !
        La pyramide s’effrite , mieux vaut ne pas essayer de colmater , creuser la faille !
        ève

    • …si possible une Assemblée Constituante tirée au sort sinon…le ver (des dominants) est dans la pomme 😉

    • Je trouve bizarre et incomplète cette vidéo qui ne montre pas les interventions de ces gens empêcheurs de voir , filmer et suivre ce débat commencé qques minutes plus tôt ! La censure serait-elle aussi dans ce post ????????

  25. Apparemment, il boude pour de bon…

    https://www.youtube.com/watch?v=-XSc3Ojm4CU

  26. Échange passionnant : Lordon Mercier :
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/l-intello-et-l-ouvrier-debat-frederic-lordon-et-jean-pierre-mercier

    L’Intello et l’Ouvrier, deux mondes, deux défiances, deux ignorances, parfois deux rejets par où passent à la fois déférence et mépris. Avec le mouvement NUIT DEBOUT reviennent les images de Jean-Paul SARTRE en 1968 devant les ouvriers de Billancourt, ou la figure de Pierre BOURDIEU en 1995 avec les cheminots.

    Et cette fois pour les NUITDEBOUTISTES, c’est LORDON qui s’y colle : « NOUS NE REVENDIQUONS RIEN. » Lancée à la foule au départ du mouvement, la formule de LORDON n’a pas manqué de choquer un militant ouvrier comme Jean-Pierre MERCIER, délégué syndical CGT engagé corps et âme dans la lutte contre PSA et que montre admirablement le film COMME DES LIONS.

    Nous avons proposé à Frédéric LORDON et à Jean-Pierre MERCIER de venir débattre. À l’heure où, selon un tout récent sondage (modérément diffusé), 69% des Français estiment que la lutte des classes est une réalité, tandis que 59% jugent qu’elle les concerne, ce genre de débat est nécessaire. Le néolibéralisme a été accompagné de ce que Jacques Rancière appelle « une contre révolution intellectuelle », dotée d’un très puissant appareil médiatique qui a ringardisé et criminalisé la longue lutte pour l’égalité.

    En 1968, la rencontre entre le monde étudiant et les syndicats ouvriers n’a pas eu lieu. Aujourd’hui, les matins qui chanteront au bout de la nuit debout passent par la convergence entre les NUITDEBOUTISTES, les SYNDICATS OUVRIERS et les QUARTIERS POPULAIRES.

    Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

    • Méchant Virus

      Le CGTiste est un magnifique conséquençophobe comme tu les aimes. Apparemment ce sont les Betancourt et les Peugeot qui sont la cause des causes (mais il n’ajoute pas les Rothschild pour ne pas passer pour un rouge-brun). On sent qu’il est sympathique et plein de bonne volonté mais il pédale un peu dans la semoule.

      Par contre tu l’as vraiment contaminé le Frédéric, à 20 min on dirait presque du Chouard.

  27. « De l’exclusion : réponse à Frédéric Lordon »

    Jean Bricmont, à propos de l’ouverture ou pas de NuitDebout à tout le peuple (et de la zizanie paralysante imposée partout par de prétendus « antifas ») :

    https://francais.rt.com/opinions/19941-de-exclusion-reponse-frederic-lordon
    ________

    Remarque : ce que je défends le plus ardemment n’est PAS le tirage au sort (qui n’est qu’une procédure, très indispensable car authentiquement démocratique), mais la priorité absolue du caractère populaire du processus constituant : « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir », c’est ça l’idée essentielle.

    Si on réduit ce que je fais (involontairement ou sciemment) à la défense monomaniaque du tirage au sort, on déforme profondément mon travail (et l’enjeu réel de ces luttes fratricides), à mon avis.

    Étienne.

  28. « Remarque : ce que je défends le plus ardemment n’est PAS le tirage au sort (qui n’est qu’une procédure, très indispensable car authentiquement démocratique), mais la priorité absolue du caractère populaire du processus constituant : « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir », c’est ça l’idée essentielle.
    Si on réduit ce que je fais (involontairement ou sciemment) à la défense monomaniaque du tirage au sort, on déforme profondément mon travail (et l’enjeu réel de ces luttes fratricides), à mon avis. »

    Nooon, sans dec Etienne? 🙂

    Bon, plus important : il faudra contribuer à désactiver cette saloperie http://www.communes-citoyennes.fr au cas où elle prendrait racine, saloperie qui, tu l’auras compris je l’espère, est sans peuple et vise à prendre le peuple pour un con en l’empêchant d’inventer quoi que ce soit en termes de Démocratie, à l’encadrer et le castrer comme une bande d’incapables, « le peuple » devant donc être guidé par des maires étiquettés, des universitaires médiocres et suffisants, des syndicalistes vendus des partis de gauche sans électeurs, des maçons antédiluviens qui se croient en 1789, etc.

    Si si, il y a bien intention, je les connais les gens derrière, toi aussi d’ailleurs.

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