Archives mensuelles : mars 2016

Vidéo de l’atelier constituant de Metz, en octobre 2015 #pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

Chers amis,

Pour que les gens encore endormis aient envie d’essayer de vivre eux-mêmes des ateliers constituants, cette nouvelle façon de faire de la politique (en commençant par le commencement), il faudrait qu’ils voient comment ça se passe, qu’ils perçoivent comment nous sommes quasiment tous captivés, enthousiasmés, par cette façon de penser nous-mêmes le bien commun, sans plus rien réclamer à des maîtres « élus ».

Mais, pour l’instant, nous avons finalement assez peu de films d’ateliers constituants.

Je vous invite donc tous, si vous voulez bien, à filmer vous-mêmes vos propres ateliers (un téléphone mobile sur un petit trépied fera l’affaire), à repérer vous-mêmes les meilleurs passages (en notant de telle minute à telle minute, on dit ça, etc. c’est ça qui prend du temps, ce repérage rédigé du tri des bons moments), et à nous signaler que vous avez un peu de matière première pour faire un montage. Je suis sûr qu’il y a des gentils virus réalisateurs qui accepteront de monter ces rushs de façon tonique dans de courtes vidéos capables de donner envie d’essayer à des novices.

Voici donc, à propos, et c’est une bonne nouvelle, quelques images tournées à Metz en octobre 2015, grâce au travail et au dévouement de Sylvain et de Catherine, notamment ; merci à eux pour nous tous :


Atelier Constituant par cinequaprod

Découvrez le déroulé d’un atelier constituant.

Le compte-rendu ici :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Journ%C3%A9es_d%C3%A9mocratiques_de_Lorraine_-_octobre_2015

Lien vers tous les ateliers constituants organisés :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

Pour plus d’informations :
http://lorraine.gentilsvirus.org/

Merci à tous de faire passer l’info,
et rendez-vous demain samedi à Montreuil, 15h30, pour de nouveaux ateliers constituants.

Hâte de vous revoir 🙂

Étienne.

PS : il y a un remarquable compte rendu d’atelier constituant sur le site de la (belle) revue Nexus :

https://issuu.com/magazine_nexus/docs/democratie_etienne_chouard_nexus96?e=8894731/11614488

Je vous recommande de découvrir ce compte rendu, si vous ne le connaissez pas encore 🙂

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« L’ORDRE DE LA DETTE. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché », un LIVRE MAJEUR, de Benjamin Lemoine

Enfin ! Le livre de Benjamin Lemoine est arrivé :

« L’ordre de la dette.
Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché »


http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ordre_de_la_dette-9782707185501.html

Ce livre est absolument passionnant, et décisif pour comprendre la méthode, les acteurs et la chronologie de la trahison fondamentale du peuple par ses « représentants », sabordage monétaire qui a commencé dans les années 60 (Pompidou + Giscard).

Extrait de la préface (d’André Orléan) :

[..] « Et son premier résultat a de quoi faire réfléchir : la dette publique de la France, telle que nous la connaissons aujourd’hui, à savoir sous la forme de titres négociables que souscrivent les marchés financiers internationaux, est le résultat d’une volonté délibérée, d’un choix politique !

En effet, nous explique Benjamin Lemoine, pendant de très nombreuses années, de l’après-guerre au début des années 1980, ce qu’on appelle la « dette négociable », ou encore la dette de marché, ne constituait qu’aux environs de 20 % du financement de l’État. La plus grande partie du financement public était obtenue via des mécanismes réglementaires qui contraignaient un ensemble d’acteurs économiques, selon diverses procédures qu’on trouvera décrites dans le livre, à placer leurs avoirs, pour partie ou pour totalité, dans un compte au Trésor. Il s’ensuivait un flux permanent et automatique de ressources, dont une grande partie sous forme de dépôts, qui venaient alimenter le Trésor et lui permettaient de faire face à ses responsabilités avec sécurité et à un coût que lui-même fixait. En conséquence, durant cette période, le recours à l’emprunt, comme d’ailleurs les avances de la Banque de France n’ont joué qu’un rôle périphérique.

Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances et directeur du Trésor, qui sera un acteur crucial du démantèlement de ce système, parlait, pour décrire son fonctionnement, de « tous ces mécanismes automatiques qui faisaient que le Trésor, sans bouger le petit doigt, était irrigué de liquidités qui lui arrivaient de tous les circuits financiers ». On ne saurait dire les choses plus clairement. La nouvelle doctrine du Trésor cherche a contrario à faire de l’État un « emprunteur comme un autre » ; autrement dit, à lui faire perdre ses prérogatives et à en remplacer l’hégémonie par celle des marchés financiers. Aujourd’hui ce résultat est parfaitement atteint, comme chacun sait. Mais y parvenir fut le résultat d’une évolution longue et progressive que Benjamin Lemoine nous décrit avec précision.

Peut-être faut-il en situer le tout début à la fin des années 1950 lorsque Jacques Rueff, au nom de la lutte contre l’inflation, se fait le critique acerbe du dirigisme qui alors prévaut au sein de l’appareil d’État. Mais c’est avec l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing au ministère des Finances en 1962 que les transformations institutionnelles se mettent réellement en branle et que commence véritablement le démantèlement de ce qu’on nomme le « circuit du Trésor ».

La victoire totale ne sera obtenue qu’en 1985 avec les réformes financières de Pierre Bérégovoy qui parachèvent l’œuvre de libéralisation poursuivie avec constance depuis plus de vingt années. Désormais, l’État dépend absolument des marchés financiers pour ce qui est de ses ressources financières. Ce sont eux qui fixent les conditions du financement public. Non seulement le taux de l’intérêt mais également quelle politique macroéconomique doit être suivie pour recueillir leur assentiment.

Il y a certainement un paradoxe français à observer avec quelle opiniâtreté la haute fonction publique du Trésor a lutté contre les pouvoirs de l’État banquier – qui était sa création et qui faisait sa puissance – pour faire en sorte que triomphe ce que l’on nomme aujourd’hui le capitalisme néolibéral.

Il est vrai qu’elle s’est trouvée fort bien récompensée par les positions de pouvoir qu’elle a acquises ce faisant dans le monde bancaire et financier privé.

Ce travail de conviction néolibérale des hauts fonctionnaires trouve son illustration exemplaire au moment de l’alternance de 1981 à laquelle Benjamin Lemoine consacre, à juste titre, d’importants développements. C’est le fameux tournant de 1983 qui porte en germe la politique suivie actuellement par François Hollande. Il est d’ailleurs étonnant d’observer à quel point les fondamentaux néolibéraux se trouvent mis en place dès cette date. Le chemin de la financiarisation est alors grand ouvert et il sera parcouru à grande vitesse durant la décennie suivante, par la droite comme par la gauche.

Cet accord transpartisan qui fonde l’adhésion de la France au néolibéralisme n’est pas sans rappeler celui de même nature qui a présidé à la création de l’État social-keynésien au sortir de la Seconde Guerre mondiale. S’élabore, à la fin des années 1970, un nouveau récit économique, ce qu’il faut bien nommer une nouvelle orthodoxie, qui vient légitimer l’abaissement de l’État social de même que la prépondérance accordée désormais aux entrepreneurs privés en matière d’emploi. » […]

 
Nous avions dévoré la thèse de Benjamin Lemoine quand nous l’avions découverte, à l’occasion de la grande controverse sur la loi de 73. La thèse était importante, passionnante, mais très volumineuse (une ramette de papier A4). Ce livre la rend enfin accessible à tous. C’est une bonne nouvelle.

Voici le plan du livre, très évocateur (et appétissant) pour tous ceux qui se sont déjà un peu intéressés à l’enjeu politique crucial de la création monétaire par la puissance publique :

Préface. Le résultat d’une volonté délibérée, par André Orléan
Introduction. Une histoire oubliée

I / Une histoire à (re)prendre : la mise en marché de la dette

1. Quand l’État a l’avantage : de la possibilité d’un financement hors marché
Couvrir autrement le déficit
Circuit du Trésor et marquage public de l’argent
Un prince de la République
Les banques sous contrainte
L’État, au-dessus du marché
Transgression avec l’orthodoxie et menace inflationniste
Le rappel à l’ordre monétaire
L’adoption du modèle britannique : le marché en rémission du « péché  monétaire »
L’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing
Un tremblement de terre : au nom de la démocratie des marchés
Un point de non-retour

2. La gauche au pouvoir se plie à l’ordre de la dette
Stopper la « ruine » de l’épargnant : donner aux investisseurs plutôt que les « frapper »
La relance Chirac
L’orthodoxie de Raymond Barre
L’inconcevable réhabilitation des finances publiques « actives »
Renoncer définitivement à la tentation monétaire
« Une saison en enfer »
« Merci de m’aider à comprendre »
« Une France qui vit au-dessus de ses moyens »
Pierre Bérégovoy : plus royaliste que le roi
« Ce système-là, on va le casser »
Interpréter l’extinction d’un régime économique : « préhistoire » de la modernité financière ou expérience critique ?

3. La nourriture terrestre dont les marchés ont besoin
Sur le modèle américain
Les dealers de proximité
Mise en scène du « sacrifice » et gains durables des banques
Lier les mains de l’État et rendre impossible tout retour en arrière
Quand Fabius créée une agence « à la française »
La police des conduites administratives
Les obligations DSK : le Trésor parie sur la désinflation
L’autodiscipline de l’État

II / La dette entre dans le débat public

4. Discipliner les États : le rôle de l’Europe
Une « numérologie arbitraire » ?
Opération Juppé : l’« affaire » France Télécom
Derrière le cas France Télécom, l’enjeu des retraites
Les gardiens du temple comptable contre l’« opportunisme » des États
Obtenir les meilleures statistiques possibles
Jospin : le « faux rebelle »
La discipline « brute » de la dette : pleins feux sur les passifs de l’État
L’enjeu des retraites : quand on tire le fil, tout vient
L’éclosion d’un nouvel acteur : les générations futures

5. Le rapport Pébereau : coup médiatique et pédagogie économique
Briser un tabou
Trouble dans les rangs des experts
La contre-offensive des keynésiens
« Il n’y a pas d’alternative »
Quand le ministre en fait un peu trop…
La chasse gardée du Trésor
6. La présidentielle de 2007 verrouillée ?
Une évaluation « objective »
Un « déconomètre »
Bayrou se fond dans le script de la dette
Une version dégradée du débat politique ?
La mise en scène de l’héroïsme présidentiel
Le « keynésianisme » de la dépense fiscale
François Fillon : « à la tête d’un État en faillite »

7. Et si toutes les dettes se valaient ?
Sauver les banques
Traquer l’État derrière la forme juridique
L’invention de la dette nette
L’« inéluctable » baisse des retraites
L’ordre politique des agences de notation
L’implacable « acceptation sociale »
L’obturation de l’avenir
La dette financière contre la dette sociale
Promesses de l’État et « lutte de classes »

Conclusion. Percer les boîtes noires de la dette
Politique de la (re-)structuration.

 
Ce livre raconte l’histoire dans laquelle la banque (via Pompidou) a mis le pied dans la porte politique en France, pour contrôler la société française, comme le film INSIDE JOB raconte l’histoire dans laquelle la banque (via Rubin) a mis le pied dans la porte politique aux USA, pour contrôler la société américaine et donc le monde.

Livre important, livre-preuve, à connaître et à faire connaître, à mon avis.

Il fera, dans votre bibliothèque, un très utile complément pour approfondir le formidable petit livre d’André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, « La dette publique, une affaire rentable. À qui profite le système. », livre pionnier de l’éducation populaire sur ce sujet, dont Benjamin Lemoine parle dans son livre, bien sûr.

Bonne lecture 🙂

Étienne.

PS : c’était ce même Benjamin Lemoine qui nous avait préparé cette tonique intervention au « Sommet du Plan B » il y a quelques semaines (ça dure 10 minutes, à partir de 4 h 55 min) :
http://chouard.org/blog/2015/12/30/formidable-les-suisses-vont-voter-pour-enfin-retirer-aux-banques-privees-leur-pouvoir-de-creation-monetaire/#comment-14894

PPS : rappel de l’aveu du crime antisocial de terrorisme économique (« à partir de maintenant, vous allez tous avoir peur, tout le temps ! »), proféré par Pompidou lui-même, patron d’une grande banque d’affaires (un usurier, donc), parvenu au pouvoir politique suprême (Premier ministre de de Gaulle) et recruteur d’un homme de main nommé Giscard, pour administrer à la société française le fouet « libéral » :

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« L’argent des Banques Centrales n’est donné qu’aux malfrats » #QEforThePeople !

Juste avant la rencontre épatante avec Jacques Testart à Lyon, vendredi dernier, j’ai passé quelques minutes avec les jeunes journalistes d’Agence Info Libre. En voici la trace (27 min) :

Je vous demande pardon, ceux qui suivent mon travail depuis longtemps vont trouver que je radote (et ils ont bien raison 🙂 ) Mais bon, une autre façon de voir ça est de dire que je tiens résolument un cap précis mûrement réfléchi.

Pour les pressés, il existe (déjà) un extrait très court — 3 minutes, ça va ? 🙂 :

Merci à tous ceux qui m’écrivent tous les jours des messages d’encouragement très émouvants et à qui je n’arrive pas à répondre, souvent, faute de temps (vous êtes trop nombreux). Même si je ne réponds pas, comme un affreux jojo que je suis, je vous lis et je puise une grande partie de ma force dans vos messages, qui me montrent que je ne fais pas tout ça pour rien, que ça sert à quelque chose, à quelqu’un. Il faudra peut-être un jour composer un livre avec ces messages ; c’est vraiment très émouvant et chaleureux.

Bon, merci pour tout, donc, et n’oubliez pas de vous entraîner tous les jours à constituer, bande de virus 🙂

Étienne.

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[Bilan partiel du gouvernement représentatif et du faux « suffrage universel »] Reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

Un bilan (récent et partiel) du faux « suffrage universel » (élire des maîtres au lieu de voter nos lois), imposé depuis deux siècles par des « élus » grâce à une anti-constitution (une prison au lieu d’une protection) :

Quatre ans de malfaisances continues : liste effarante.
Solfériniens : reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

http://www.legrandsoir.info/solferiniens-reniements-trahisons-attaques-frontales-contre-le-salariat.html

Mon commentaire :

Un bilan complet sur 200 ans du prétendu « gouvernement représentatif » reste à écrire (en travail collaboratif ?), en n’oubliant pas les massacres (de pauvres par des pauvres), appelés fautivement « guerres » pour masquer que ce sont des crimes de masse gouvernementaux (toujours sur ordres d’ultra-riches).

Ceci dit, la plus longue liste de conséquences épouvantables ne nous dispense pas, si l’on veut y échapper, de la recherche des causes premières et décisives. Or, tous les électeurs du monde ont UNE CAUSE COMMUNE, qui est leur impuissance politique constitutionnalisée, et qui devrait donc (logiquement) constituer leur toute première priorité.

Si l’on veut une vraie démocratie, il faudra, par éducation populaire, 1) nous désintoxiquer de la mise à l’envers des mots importants par les grands propriétaires et leurs escrocs politiciens, et donc principalement 2) arrêter de défendre l’élection de maîtres comme une vache sacrée (ça c’est vraiment important), pour 3) apprendre à écrire (et défendre, puis corriger) nous-mêmes une constitution digne de ce nom.

Voici donc (une première ébauche de l’) incroyable liste de trahisons antisociales dont nos prétendus « représentants » sont (ou plutôt devraient être) responsables :

Quatre ans de malfaisances continues : liste effarante

Solfériniens : reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

BilanPS

On ne pensait pas humainement possible de commettre autant de saloperies en quatre ans. On avait tort : les Solfériniens l’ont fait. Il ne manque que la continuation de la scandaleuse LRU par la zélée Fioraso, le désastre de la politique étrangère de l’endormi Fabius.

Projet de loi El-Khomri

En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.

Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.

Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail.

Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos.

Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu.

Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine.

Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d’une loi antérieure).

Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées.

Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats.

Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques.

Après un accord d’entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié.

Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.

Contacter le médecin du travail devient presque impossible.

Le gouvernement envisage de simplifier le licenciement économique.

Rapport Badinter : Des limitations peuvent être apportées aux libertés et droits fondamentaux si elles sont justifiées par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise.

[Envisagé] « Forfait jours » pour les salariés (= fin des heures supp.).

Rapport Badinter : fin de facto des 35 heures.

Austérité : 2 milliards d’euros « d’économies » supplémentaires.

Nouveau cadeau au patronat : prime de 2.000 € par an et par embauche pour les PME.

Prime réservée aux embauches à bas salaires.

La part socialisée des bas salaires sera donc payée par… les contribuables.

La rupture du contrat de travail sera simplifiée.

Basculement du CICE en baisse définitive de charges.

Hollande s’attaque à la durée légale du travail.

Décret n° 2015-1874 : la loi relative au Dialogue social et à l’emploi sacrifie la citoyenneté au travail.

EDF : suppression de 4.000 postes en trois ans.

Promesse de sanctionner les licenciements boursiers non tenue.

Compte pénibilité, l’inverse de la prévention.

Recul sur les critères.

Recul sur les dates d’entrée en vigueur.

Recul sur la date de paiement des premières cotisations.

Recul sur le mode de déclaration.

Criminalisation de l’action syndicale :

Torpillage de la loi d’amnistie sociale votée au sénat.

Prison ferme pour 8 ex-Goodyear malgré le retrait des plaintes.

Arrestation à l’aube de 4 syndicalistes d’Air France.

Répression pour la Confédération Paysanne, mansuétude pour la FNSEA.

Abandon du projet de loi relatif à la démocratie sociale.

Loi Macron : toutes les FNAC parisiennes se retrouvent en ZTI.

Loi Macron : vers un accès restreint aux prud’hommes.

Air France : 100 millions d’€ de CICE en 2 ans = 3000 emplois supprimés.

Démantèlement du droit du travail (ANI)

La prescription sur les rappels de salaire passe de 5 à 3 ans.

Demandes liées à la rupture de contrat passent de 5 à 2 ans.

Différé d’indemnisation de 180 jours pour rupture conventionnelle.

Mutuelle d’entreprise obligatoire (2Mds€ pour 400.000 personnes).

Sapin appelle les entreprises à ne pas augmenter les salaires trop vite.

Retrait du Burn-out de la liste des maladies professionnelles.

Destruction du Code du Travail.

[objectif] Privilégier les accords d’entreprise, au détriment de la loi.

Généralisation du travail du dimanche.

La Poste expérimente la livraison de colis le dimanche.

Ouverture des magasins de nuit.

Loi Rebsamen :

CDD renouvelable 2 fois.

Fragilisation des CE & CHSCT.

Fin de l’obligation de reclassement en cas d’inaptitude professionnelle.

Création du CDI intermittent.

Destruction de l’Inspection du Travail.

Suppression des élections prud’hommales.

Plafonnement des indemnités de prud’hommes pour licenciement abusif.

Condamnation d’une inspectrice du travail (Téfal).

Facilitation des licenciements collectifs.

Le Guen suggère de baisser la durée et le montant des allocations chômage.

Myriam El Khomri envisage la dégressivité des allocations chômages.

Idée réaffirmée le 01.02.16 par Michel Sapin.

Hausse du chômage.

309 000 radiations en novembre 2015.

Prime d’activité :
Moins d’aide pour les plus fragiles (RSA activité et PPE).

Le contribuable compensera les bas salaires du privé.

[Projet] Encourager les emplois de service (« trappes à bas salaires »).

[Projet] Formation : Valls demande des contreparties aux chômeurs.

Précarité : Explosion de l’intérim : +10% en un an.

Ségolène Royal favorable au retour des coupures d’eau pour les mauvais payeurs.

Taux de pauvreté à nouveau en augmentation.

La chasse à la fraude aux allocations s’accentue.

Renforcement du contrôle des chômeurs.

Pas de « coup de pouce » pour le SMIC.

Ouverture des centres d’hébergement seulement par -5°C.

Baisse du montant des APL.

Accessibilité : normes moins contraignantes et dérogations.

Retraites : Revalorisation de… 0,1% en 2015.

Les bénéficiaires de l’AME privés de remboursement.

Remise en cause du droit au séjour pour soins.

Durée de cotisation retraite portée à 43 ans.

Loi Macron 2 : mise en place de fonds de pension.

Hôpitaux : suppression de 22.000 postes en 3 ans.

Gel des retraites >1200€ et décalage de 6 mois de la revalorisation.

Hausse de l’allocation handicapés de 7€.

Prime exceptionnelle (sic) de 40€ pour les retraites les plus faibles.

Abandon de la réglementation sur l’accessibilité aux handicapés.

Baisse de la prestation de compensation du Handicap.

Pas retour sur les franchises de soins.

Loi fin de vie vidée de son contenu (en attente de CMP).

Don du sang : maintien d’une discrimination pour les homosexuels.

Budget Sécurité sociale : suspension des votes à l’Assemblée.

Le taux du Livret A passe pour la 1ère fois sous la barre de 1% (0,75%).

Suppression de centaines de postes de contrôleurs fiscaux.

Îles Vierges, Montserrat, Bermudes et Jersey sortis de la liste des paradis fiscaux.

Pas d’interdiction des paradis fiscaux pour les banques françaises.

3 taux d’imposition pour les entreprises : non tenu.

Fraude fiscale et sociale : aucune annonce.

Fraude aux cotisations sociales (25Mds/an) : aucune annonce.

900 millions d’euros de réduction d’impôts pour les plus riches.

Sapin demande le retrait d’un amendement visant à taxer les dividendes.

Maintien des niches fiscales : 82 milliards de perte pour l’Etat.

Communes : baisse de la DGF.

Incitation à la création de communes nouvelles pour conserver les niveaux de dotation.

CICE : 40 milliards sur 3 ans (dont 12 pour 2015).

Pacte de Responsabilité

Plus forte exonération de « charges » de la Vè République.

– 6,3 milliards pour la protection sociale.

Le bouclier fiscal de Hollande : 730M€ pour 7 630 contribuables aisés.

Maintien du Crédit Impôt Recherche (5,5 Mds€/an).

Interdiction de publication du rapport.

ISF : le gouvernement ne taxera pas les œuvres d’art.

Entraves à la taxe sur les transactions financières.

Abandon de la « grande réforme fiscale » Ayrault.

Recul sur l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail.

Recul sur l’instauration d’une taxe sur l’excédent brut d’exploitation.

Valls regrette la hausse (symbolique) des impôts des plus riches.

Vote du TSCG sans renégociation.

Le gouvernement privé de latitude.

Hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10%.

Rejet du contrôle des frais des députés, sur avis défavorable d’Eckert.

Rejet du « reporting public » sur demande de C. Eckert.

Michelin : 18M€ de CICE, profits en hausse de 12% : 494 suppressions de postes.

Corruption : les entreprises pourront payer pour éviter le procès.

Loi Macron : Projet de libéralisation des règles d’implantation de la publicité.

Obsolescence programmée : Macron tente de dénaturer la loi sur les pièces détachées.

Loi de finance 2014 : l’article 92 proposait une amnistie totale pour les banques.

La France bascule dans la marchandisation du sang.

Interdiction pour l’EFS de fabriquer du plasma thérapeutique.

Suppression des stock-option : promesse non tenue.

« Autorégulation exigeante » : pas de loi limitant les rémunérations des patrons.

Abandon de l’encadrement des bonus.

40Mds € de dividendes pour le CAC40 en 2014.

47Mds € de dividendes en 2015 (+9,9% hors taux de change).

Pas de séparation banques de dépôt / d’investissement.

Transfert du risque de faillite bancaire sur les déposants.

Démantèlement d’Alstom : le gouvernement cède au lobbying de GE.

Prolongation des concessions autoroutières.

Privatisation des aéroports.

Privatisation des barrages hydro électriques.

TAFTA : négociations secrètes.

ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseur et Etats) : Un tribunal privé.

Loi « Florange » inefficace et vide (Goodyear, Fralib, Petroplus).

Projet de loi (abandonné) sur le secret des affaires.

Multiplication des Partenariats Public-Privé.

Abandon du projet de loi sur la responsabilité juridictionnelle du Président.

Abandon du projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature.

de la Cour de Justice de la République.

Hollande gonfle le nombre de procédures antiterroristes.

Projet de réforme pénale : Valls veut court-circuiter le Parlement.

Projet de réforme pénale : mise à l’écart des juges.

Justice en faillite : cri d’alarme en Seine-Saint-Denis.

Contrôles de police : abandon de l’idée de récépissé.

État d’urgence étendu à 3 mois.

Projet d’extension à 6 mois & inscription dans la Constitution.

Prolongation de trois mois sans saisir le parlement (22.01.16).

Interdiction des manifestations non commerciales.

Assignation à résidence d’opposants.

Déchéance de nationalité.

Bruno Le Roux envisage la déchéance pour tous.

Instauration d’une rétention de sûreté après certaines peines.

Surveillance massive des citoyens.

Vote avec l’UMP contre un amendement de Taubira sur la Loi Renseignement.

Envisage la privation de liberté à titre préventif.

Fin de la présomption d’innocence.

Extension de la présomption de légitime défense pour la police.

Suspension de la Convention Européenne des Droits de Homme.

Armement des polices municipales.

Valls soutient la candidature de Lagarde à la tête du FMI.

Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l’OTAN.

La France déplore (sic) l’exécution par l’Arabie saoudite de 47 personnes.

Livraisons d’armes à la rébellion « modérée » syrienne (viol de l’embargo).

Manipulation des rapports sur les armes chimiques en Syrie.

Vente de Rafales aux pétromonarchies.

Annulation du contrat Mistral avec la Russie, et vente à l’Égypte.

Le PS soutient Juncker à la présidence de la Commission Européenne.

Hollande pousse Tsipras à accepter un accord avec la Troïka.

Refus du droit d’asile pour Assange et Snowden.

Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales.

Illégalité du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

Royal veut prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires.

Boues rouges de Gardanne : l’État accorde des permis de polluer.

Un mois après la COP21, forte baisse du bonus à l’achat de véhicules propres.

Loi Macron : Ouibus, la SNCF concurrence ses propres TGV et TER.

Les régions devront financer les déficits induits par ces pertes.

Loi Macron : le droit de l’environnement sera réformé par ordonnances.

Loi Macron : un amendement pour l’enfouissement des déchets radioactifs.

signe un accord du G8 qui promeut la fracturation hydraulique.

Aéroport Notre-Dame-Des-Landes.

Futures lignes TGV et LGV inutiles.

SNCF : suppression de 1400 emplois en 2016.

Désinvestissement dans la SNCF.

Abandon du fret ferroviaire.

Hausse du tonnage des camions.

Davantage d’autocars sur les routes.

Renoncement à la fermeture de Fessenheim.

Réduction de 25% des aides au maintien dans l’agriculture biologique.

Élevage : à la botte de la FNSEA.

Ajournement du rapport de l’ADEME sur une France 100% renouvelable.

Industrialisation de l’agriculture.

Retrait de l’écotaxe.

À peine née, baisse de l’indemnité kilométrique vélo (IKV).

Silence sur les extensions d’autorisation d’OGM.

Sivens : La gendarmerie enquête sur la mort de Rémi Fraisse…tué par un gendarme.

Loi Numérique :

Opposition à la reconnaissance des Communs par la loi.

Claviers, OS souverain, interdiction des hyperliens : le ridicule pour toute politique.

Doublement du budget de Polytechnique, 60M€ d’euros supplémentaires en cinq ans.

Suppression de la publicité dans les programmes jeunesse : Enterrée.

Retour sur l’engagement à sanctuariser le budget de la Culture.

Loi Fioraso (LRU 2) Universités mises en concurrence.

Mise en place chaotique et inégalitaire des TAP en primaire.

Le MEN enterre le Logiciel Libre et « vend » les élèves à Microsoft pour 13 M€.

Réforme du collège :

Autonomie pour 20% des horaires disciplinaires.

Mise en concurrence des établissements.

Baisse des moyens.

Suppression du Latin, du Grec et des classes bilangues européennes.

Nominations de complaisance (ex : compagne d’A. Morelle).

Hollande reproche à Bartolone une campagne trop à gauche.

Abandon du projet de loi relatif aux incompatibilités applicables à l’exercice de fonctions gouvernementales.

11 128 Roms évacués de force de leurs campements en 2015.

Stigmatisation des Roms.

Fermeture des frontières aux réfugiés syriens (30 000 en 2 ans).

Carole Delga et Alain Rousset cumulent députation et présidence de région.

Le Drian cumule les fonctions de ministre et de président de région.

Loi Macron : Constructions illégales, démolition impossible.

Laurence Boone, chef économiste à Bank of America, nommée conseillère à l’Élysée.

Jean-Pierre Jouyet, ministre de Sarkozy, nommé Secrétaire Général de l’Elysée.

Loi Alur vidée de sa substance.

Loi Alur : enterrement discret de la Garantie Universelle des Loyers.

Hollande satisfait du résultat du 1er tour des élections régionales.

Désistement et appel à voter pour la droite.

Renoncement au vote des étrangers.

Appels à la délation (fraude fiscale).

3 recours à l’article 49.3 en un an.

Des enfants en zone d’attente aéroportuaire.

Comptes de campagne : Contrôles pendant 6 mois au lieu de 12.

Préparation d’une « Alliance », sans PCF ni EEL.

ROMANE

Source originale : http://www.bilan-ps.fr/liste
Travail heureusement signalé par : http://www.legrandsoir.info/solferiniens-reniements-trahisons-attaques-frontales-contre-le-salariat.html

 
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Rendez-vous à Montreuil le samedi 26 mars à 15 h, pour des ateliers constituants, avec le Comité des Citoyens Montreuillois

Bonjour à tous.

Je vous propose de nous retrouver dans 15 jours à Montreuil, pour approfondir ensemble, cette fois avec les élus du groupe « Ma ville j’y crois », l’idée que c’est aux citoyens d’écrire eux-mêmes (et ensuite de défendre, personnellement) la Constitution ; Constitution qui devrait être notre contrat social, instituant et garantissant notre puissance politique, au lieu d’être au contraire une prison politique comme elle l’est forcément sous la plume de professionnels de la politique :

Le rendez-vous est fixé le samedi 26 mars 2016, salle Franklin, 60 rue Franklin, à Montreuil, École Diderot 2, 12 rue Pépin (métro Mairie de Montreuil), à 15h et jusqu’à 18h30…
Il faut réserver en envoyant un mail à ccmontreuillois2@gmail.com
Il me semble que la salle sera moins vaste que celle de Lyon avant-hier (nous étions plus de 300 🙂 ), donc il vaut mieux réserver, je crois.

[Edit : les organisateurs ont trouvé une salle un peu plus grande et le rendez-vous est donc modifié : le rendez-vous est à l’école Diderot 2, 12 rue Pépin (métro Mairie de Montreuil).]

J’ai hâte de vous revoir, mais j’ai aussi hâte que vous soyez (vite) capables de (et déterminés à) mener seuls, tous les jours, des millions de mini-ateliers constituants populaires sans moi 🙂

Mais bon, en attendant, je continue à semer des graines de démocratie d’origine populaire, du mieux que je le peux.

À bientôt, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : Pensez à prendre du papier et de quoi écrire 🙂
C’est surtout à VOUS de bosser, si vous voulez vous transformer (en citoyen digne de ce nom, c’est-à-dire constituant).

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[sentinelle du peuple] Gérard Filoche explique l’importance cardinale du droit du travail (CQFD, ce qu’il faut défendre)

Il y a longtemps, plus de dix ans, que j’aime écouter et lire Gérard Filoche. Cet inspecteur du travail défend bec et ongles les intérêts de ceux qui travaillent contre leurs exploiteurs.

En ce moment, quand les chefs de son propre parti sont en train de littéralement détruire le droit du travail, ses interventions sont particulièrement utiles, je trouve important de focaliser un peu notre attention sur ce que dit Gérard Filoche :

Filoche à l’antenne de Là-Bas Si J’y Suis, avec Daniel Mermet :
9 mars, grève générale contre la « loi travail » :

Le projet de loi EL KHOMRI vu par Gérard FILOCHE :

Extrait : « Tout est dans l’article 1 : ne serait-ce qu’à cause de ce seul article, tout le projet de loi El Khomri doit être retiré. C’est la remise en cause historique, théorique, juridique fondamentale d’un siècle entier de code du travail.

Pour le comprendre il faut savoir que le code du travail est né en 1910 après la catastrophe de Courrières de 1906 dans le Pas-de-Calais. Lors de cette tragédie, 1099 mineurs avaient perdu la vie au fond des puits. Le patron avait exigé que le travail reprenne en cessant la recherche des survivants, car sinon le charbon polonais allait arriver et il allait mettre la clef sous la porte. Une douzaine de jours plus tard, 13 puis 1 survivants étaient réapparus. Le choc émotionnel avait été tel qu’on avait décidé de créer le Ministère du travail pour qu’il échappe aux exigences du Ministère de l’économie.

Le choix fondamental a été d’adapter le travail aux humains et non pas les humains au travail. Si nous avons exigé les 3 X 8 : 8 h de travail, 8 h de loisir, 8h de repos, ce n’est pas pour plaire aux patrons des entreprises, c’est pour plaire aux humains, pour qu’ils puissent vivre avec leur travail.

Aussi lorsque le Président Hollande annonce qu’il allait « adapter le droit au travail aux besoins des entreprises », c’est une contre-révolution conceptuelle. Elle n’a rien de « moderne » et rien à voir avec la « crise » : c’est le retour au 19° siècle, bien avant 1906, aux débuts du salariat post esclavage quand il n’y avait ni lois ni cotisations sociales.

Ça n’a rien à voir non plus avec l’emploi : François Hollande l’avoue le 21 février 2016 en précisant que cette loi « n’aura pas d’effets en termes d’emploi avant plusieurs mois. Mais il s’agit d’installer un nouveau modèle social » Il ne pouvait mieux reconnaitre que le chômage était un prétexte, et qu’il visait surtout à rompre avec le droit du travail existant. »

 
Gérard Filoche (en janvier) : « Un culot monstre de M. Gattaz, d’oser réclamer ça ! »

Il y a aussi ce (trop) court échange, intéressant, avec des petits patrons :
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=943548459027651&id=100001175166013
(je n’ai pas encore de lien YT vers cette vidéo => seulement FB)

Il faut lire sur le blog de Gérard la synthèse des reproches à formuler contre la loi scélérate « El Khomri »
En condensé, les raisons du RETRAIT du projet El Khomri
http://www.filoche.net/2016/03/07/en-condense-les-raisons-du-retrait-du-projet-el-khomri/

=====

Je relie toutes ces alertes de Gérard Filoche à celles de François Ruffin (et de son équipe du journal Fakir, abonnez-vous), qui est, à mon sens, une autre précieuse « sentinelle du peuple » (c’est comme ça que les révolutionnaires de 1789 appelaient les journalistes, comme Marat) :

[vidéo importante] Quand la gauche a basculé à droite

La mise à mort du CDI décidé par les banques :

=====

Et puis, bien sûr, je relie aussi tout ça à la définition de Chomsky du socialisme digne de ce nom :

Chomsky : ce qu’on appelle « Socialisme » ? Du sens aux mots.

=====

Tout ceci ne doit pas, cependant, nous conduire à oublier d’apprendre à constituer : en même temps que nos luttes sociales, il faut multiplier les ateliers constituants populaires.

Ana Saillans a écrit à ce sujet un beau texte, que je reproduis ici pour lui donner un peu plus de l’audience qu’elle mérite :

9 mars 2016

Autant ou plus que contre une loi inique,
c’est contre l’ « élite » qu’il faut se mobiliser.

Car la loi n’est écrite ni par un ministre ni par un parlement,
ceux là ne font que tenir le stylo et le micro, … et les armes,
mais de tous temps la loi est écrite par une classe psychosociale unique,
intemporelle, unie, et sans vergogne,
hypercompétente…
dans l’art de consolider la république des copains-coquins.
Ses guerres intestines, sur le fond, ne sont qu’un leurre,
un mensonge qui n’a d’égal que celui de son humanisme de façade, et d’apparat.

Même s’il y eut, à l’occasion de drames guerriers, de brèves rémissions , la classe des maîtres a toujours, depuis les siècles des siècles, été unie contre les faibles.

Remplacer des élites par d’autres élites, et le mot élite m’écorche l’entendement … , cela a toujours conduit au même résultat : la persistance de la soumission du grand nombre au petit nombre.

Que se vayan todos, si, pero todos

La révolution ne s’arrête pas au moment où le tyran tombe,
c’est au contraire à cet instant qu’elle commence vraiment,
si
et seulement si
le peuple ne rentre pas à la maison,
refuse l’émergence de nouveaux leaders,
refuse de se confier aux plus séduisants d’entre ses rangs,
interdit aux voleurs de révolution de s’emparer de la réorganisation,
écrit lui-même le contrat nouveau dont il sera le seul gardien,
établit fermement la décision collective comme un bien commun,
inaltérablement commun.

Nous ne savons pas, nul ne peut prévoir, ce qu’il adviendra dans les jours qui viennent du mouvement ronchon qui légitimement gronde. Pétard mouillé ou chute du gouvernement, tout est possible. Mais souvenons nous toujours que, pour un peuple, confier son destin, c’est le perdre. »

Ana Saillans

Source : https://www.facebook.com/ana.sailland/posts/1726688287549461

 
Je conseille à tout le monde de lire les réflexions d’Ana : ce qu’elle exprime est toujours utile au bien commun, toujours fort et clair.

=====

Encore une petite pointe de colère bien sentie, avant de rejoindre la manif :
Raquel Garrido remet en place la classe politique qui pousse vers les bas salaires

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
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Graine de démocratie : mobilisons-nous !

Je reproduis ici un appel urgent qui tourne sur Facebook et qui vise à interpeller personnellement nos parlementaires pour qu’ils résistent aux accapareurs semenciers, au lieu de tout leur céder :


http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/yeswegraine-maraichers-aient-droit-utiliser-semences/14494

Graine de démocratie : mobilisons-nous !

NOUS AVONS JUSQU’AU 10 MARS POUR AGIR !! (voici le lien vers la pétition –> http://bit.ly/yeswegraine)

1ÈRE ÉTAPE : TROUVER LES DÉPUTÉ(E)S DE SA CIRCONSCRIPTION

Voici la carte de la liste des députés par circonscription :
https://www.nosdeputes.fr/circonscription

Voici comment rédiger l’adresse Mail :

Pour la structure d’email pour interpeller un(e) député(e) c’est :
« 1e lettre du prénom collée au nom »@assemblee-nationale.fr
(Par exemple: Jérôme Dupont ⇒ jdupont@assemblee-nationale.fr)

Et pour les noms composés :
(Exemple: Jean-Marie Petit ⇒ jmpetit@assemblee-nationale.fr
ou Michelle Le Guen ⇒ mleguen@assemblee-nationale.fr)

2ÈME ÉTAPE : COPIER/COLLER LE MAIL CI-DESSOUS

Cher(e) (Monsieur/Madame) …

Les 15, 16 et 17 Mars prochain, le Projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages sera voté en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale.

Dans cette loi figurent deux amendements citoyens portant sur la préservation des semences dites « traditionnelles » qui avaient été adoptés en première lecture au Sénat (en janvier dernier) avant d’être supprimés en commission le 2 Mars 2016.

Les voici :

• ARTICLE 4 QUATER : Des semences reproductibles en milieu naturel

Le code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
Le 3° de l’article L. 623-2 est ainsi modifié :
Après la dernière phrase se terminant par : « à la fin de chaque cycle », y est inséré une virgule et une phrase supplémentaire : « et dont sa semence est reproductible en milieu naturel » ;

Le 3° de l’article L.623-2 est ainsi rédigé :
« 3° demeure stable, c’est-à-dire identique à sa définition initiale, à la suite de ses reproductions ou multiplications successives ou en cas de cycle particulier de reproduction ou de multiplication, à la fin de chaque cycle, et dont sa semence est reproductible en milieu naturel.»

• ARTICLE 4 QUINQUIES: Libre utilisation des semences « traditionnelles » entre maraîchers

Le code rural est ainsi modifié:
L’alinéa 2 de l’article L.315-5 du code rural est ainsi modifié:
Après le mot : « des échanges », sont supprimés les mots : « membres d’un groupement d’intérêt économique et environnemental » ;

L’alinéa 2 de l’article L.315-5 du code rural serait ainsi rédigé:
« Il en est de même, sans préjudice de la réglementation qui leur est applicable, des échanges, entre agriculteurs, de semences ou de plants n’appartenant pas à une variété protégée par un certificat d’obtention végétale et produits sur une exploitation hors de tout contrat de multiplication de semences ou de plants destinés à être commercialisés ».

Ces deux amendements citoyens issus des revendications communes de la pétition #YesWeGraine contribuent à favoriser la pratique de l’agroécologie.

En tant que membre des 70 000 signataires de la pétition #YesWeGraine, je vous invite à déposer ou à voter favorablement pour que ces deux amendements soient de nouveau adoptés.

Je vous prie d’agréer, (Monsieur/Madame), l’assurance de ma considération distinguée.

3ÈME ÉTAPE : ENVOYER LES EMAILS EN AJOUTANT EN COPIE INFOS@COMUNIDEE.COM

Et exprimez votre soutien sur les réseaux sociaux avec le #YesWeGraine

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POUR INFORMATION

Voici les raisons invoquées par les élus pour la suppression des amendements #YesWeGraine :

Les députés ci-dessous ont déposé différents amendements visant simplement à supprimer ceux qui avaient été adoptés par le Sénat.

David Douillet : député des Yvelines, membre de la commission
Martial Saddier : député de Haute-Savoie, membre de la commission
Jean-Marie Sermier : député du Jura et vice président de la Commission développement durable
Julien Aubert : député du Vaucluse, membre de la commission
Virginie Duby-Muller : députée de Haute-Savoie
Antoine Herth : député du Bas-Rhin
Lionel Tardy : député de Haute-Savoie
Geneviève Gaillard : députée des Deux-Sèvres et rapporteur de la commission sur le projet de loi biodiversité

Pour la suppression de
Au second alinéa de l’article L. 315-5 du code rural et de la pêche maritime, les mots : « membres d’un groupement d’intérêt économique et environnemental » sont supprimés.
• Au prétexte que toutes les semences doivent êtres soumises aux règlementations sur les semences commerciales pour « garantir des échanges sains, loyaux et marchands des semences » : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD652.asp

• Au prétexte qu’il n’y aura plus de moyen de contrôle sur les échanges de semences : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD256.asp

• Au prétexte que le libre échange des semences conduit à déconsidérer le travail des semenciers et à nuire au commerce extérieur : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD928.asp

Pour la suppression de
Le 3° de l’article L. 623-2 du code de la propriété intellectuelle est complété par les mots : « et dont sa semence est reproductible en milieu naturel ».

• Au prétexte que les critères actuels sont efficaces (pour les semences reproductibles) : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD255.asp

• Au prétexte qu’en exigeant des semences qu’elles soient désormais reproductibles, le certificat d’obtention végétale (équivalent du brevet) ne soit plus garanti : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD651.asp

• Au prétexte que les semences non reproductibles en milieu naturel sont déjà interdites : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD694.asp

• Au prétexte que les céréales ont besoin de ces procédés et qu’il y a un risque économique pour la filière française : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD924.asp

 
Incroyable histoire, que ce scandale planétaire de l’accaparement du droit de semer par les géants semenciers mondiaux. Notre impuissance devant de si détestables intrigues parlementaires (ici, pour tuer notre liberté de semer) est révoltante.
Protestons comme on peut, et aidons ces lanceurs d’alerte, en signant leur pétition et en écrivant à notre député.

Mais sans cesser de nous entraîner à devenir nous-mêmes constituants, c’est important. Il faudra précisément rédiger de bons articles capables d’interdire à tout jamais aux « représentants » d’obéir ainsi (servilement et secrètement) aux barons voleurs du moment.

PS : le lien vers la pétition :
http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/yeswegraine-maraichers-aient-droit-utiliser-semences/14494
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Lien vers le fil Facebook correspondant à ce billet :
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Rendez-vous à Lyon, le 11 mars 2016, avec Jacques Testart, sur le thème « Tirage au sort et démocratie »

Ah ! que je suis content de revoir cet homme-là !
J’aime son regard, dans tous les sens du terme ; j’aime sa certitude que tous les hommes peuvent devenir meilleurs, ensemble, s’ils acceptent de se parler pour décider du bien commun.

Nous allons animer ensemble, avec Jacques Testart, une rencontre publique à Lyon le 11 mars (vendredi prochain) à 19h, pour réfléchir à cette combinaison essentielle (et encore largement méconnue) :
tirage au sort et démocratie.

Ça se passe dans le cadre d’une semaine « Expériences politiques », dont voici le programme (cliquez sur l’image) :
http://experiences-politiques.fr/programme/

Le lendemain après-midi, il y a un atelier constituant 🙂

Nous n’aurons, vendredi soir, qu’une salle de 150 places, je crois, dont 100 ont été offertes ici : https://www.eventbrite.fr/e/billets-tirage-au-sort-et-democratie-experiences-politiques-22163262916, et dont 50 seront disponibles à la Maison Pour Tous (Lyon 3e).

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Je vous parle de Jacques depuis longtemps ( et , par exemple) parce que je trouve son travail extraordinairement utile pour PROUVER (pour que nous puissions être tous bien certains) qu’un monde politique démocratique digne de ce nom est à la fois possible et souhaitable.

Jacques est un scientifique qui réunit des Conférences de citoyens (assemblées tirées au sort) pour qu’elles forgent et formulent leur opinion sur des sujets d’éthique scientifique complexes et controversés. Mais pour lui, une opinion n’a de valeur que si elle est correctement éclairée, et il travaille précisément sur cet éclairage : il fait former les tirés au sort pendant plusieurs séances avant qu’ils ne puissent voter.

Astucieusement, les conditions de cet éclairage de l’opinion (de cette formation des tirés au sort) sont fixées par un Comité de pilotage, composé d’adversaires connus sur le problème controversé en question : ces adversaires ne vont pas mener eux-mêmes la formation, mais ils vont dire quel programme il faut suivre à leur avis, pour que les tirés au sort opinent en toute connaissance de cause.

Voici comment Jacques l’explique (je le trouve passionnant, tout simplement) :

Jacques Testart : Comment les citoyens peuvent s’emparer des choix de société ?

Conférences de citoyens & Démocratie directe

Le site Sciences citoyennes :

http://sciencescitoyennes.org/

Je trouve cette idée (faire piloter l’éclairage de l’opinion de tous par les adversaires d’une controverse, sujet par sujet) intelligente et stimulante, et je réfléchis à sa généralisation à toutes les institutions (sans la limiter aux seuls sujets d’éthique scientifique). Je compte donc poser quelques questions à Jacques pour avoir son sentiment (et ses suggestions) sur des propositions d’utilisation d’éclairage-guidé-par-des-Comités-de-pilotage en matière de politique générale.

Par exemple, si l’on considère qu’on ne peut valablement voter que si on a travaillé le sujet en question, est-ce qu’on ne devrait pas :

1) empêcher les référendums secs, sans débats contradictoires préalables ?
2) empêcher les sondages habituels, et imposer plutôt les sondage délibératifs ?
3) empêcher un député de voter une loi s’il a dormi ou s’il s’est absenté pendant les débats ? 😉
4) imposer aux services publics d’information de présenter toujours deux personnes en désaccord, sans jamais imposer un point de vue univoque ? (C’est juste une piste, car on sent bien poindre mille difficultés.)
5) empêcher (ou dissuader) un électeur d’élire un candidat sans avoir écouté attentivement tous les autres candidats ? (Ne grimpez pas aux rideaux tout de suite, on réfléchit 🙂 )
6) nous auto-organiser à faible coût un parlement citoyen délibératif et permanent, capable au moins de dire de facon fiable ce que désire réellement « le peuple français » sur tous les sujets de son choix. 50 ou 100 tirés au sort pourraient suffire pour cette institution auto-proclammée qui se chargerait d’interpeller les pouvoirs et de donner son point de vue dans les médias (suggestion de Chris).

Etc.

Je vous invite à nous suggérer ici, en commentaires, d’autres applications qui vous viendraient à l’esprit ; par exemple autour des Chambres de contrôle (toutes tirées au sort) : comment éclairer leur jugement ? Quels articles pourrait-on proposer ?

J’aimerais aussi savoir si, pour Jacques, il est (éventuellement) imaginable de faire passer l’éclairage de l’opinion (par Comités de pilotage) de l’échelle de 40 personnes à celle de 4 000 ou même de 40 millions de personnes, et avec quelles modalités.

Avons-nous besoin de représentants ? Est-il possible de désigner des représentants fidèles ? Comment pourrions-nous instituer un bon éclairage de l’opinion d’une Chambre législative 1) élue sans candidats ou 2) tirée au sort (environ 1000 personnes) ? Et si on écrivait un article ?

Par ailleurs, il est des cas où il n’est peut-être pas possible (et peut-être pas souhaitable) de prendre tout ce temps pour éclairer l’opinion de ceux qui vont voter. Je pense notamment à cet article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 qui déclarait le droit sacré (et le devoir indispensable) du peuple à l’insurrection (contre un pouvoir qui serait devenu tyrannique). Est-on d’accord pour dire qu’un référendum révocatoire n’a pas besoin de formation des électeurs ni de comité de pilotage ? 🙂

J’aimerais enfin (si c’est possible, on verra) consacrer un moment à essayer de faire avec Jacques, sur scène, un atelier constituant 🙂 pour montrer à ceux qui se demandent comment ils pourraient faire leurs propres ateliers, pour qu’ils voient comme c’est simple, finalement : on est autour d’une table à prendre un café, et l’un d’entre nous invite la Constitution dans la conversation, en montrant aux autres l’article qu’il a rédigé ce matin à la hâte au réveil ; il n’est pas très bien écrit, mais on s’en fiche car ce n’est qu’une première mouture et le secret de l’action, c’est de commencer. J’imagine que Jacques va me dire « hep hep hep tu as oublié de prévoir ça et ça, non ? » – « Ah oui, que je suis bête, corrigeons… », et on corrige ensemble, et ainsi de suite… La salle pourrait peut-être intervenir pour nous proposer des mots ou des idées…

Si on est en forme, ça peut être pédagogique, ça peut donner envie à plein de gens d’essayer, en donnant en spectacle le fait que les ateliers constituants c’est simple et agréable, non ?

Bon, j’ai déjà hâte d’y être 🙂

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Un dernier mot pour vous parler du dernier livre de Jacques :

L’humanitude au pouvoir Comment les citoyens peuvent décider du bien commun

http://www.seuil.com/livre-9782021219319.htm

C’est un livre génial 🙂 Ah, mais comme ça donne de l’espoir, toutes ces histoires d’humains devenant plus intelligents et plus généreux par l’effet de la délibération collective bien organisée !

Je vais reproduire ici un extrait que je trouve particulièrement émouvant ; c’est à la page 37 :

L’humanitude : intelligence collective avec empathie

Il est des situations privilégiées, hélas fort peu fréquentes, où les personnes impliquées dans une action de groupe particulièrement exaltante semblent subir une mutation intellectuelle, affective et comportementale que je propose de nommer humanitude. Ce terme, dont la sonorité évoquera celui de bravitude, lancé sans nécessité ni bravoure par la présidente de la Région Poitou-Charentes, risque d’être moqué. Pourtant, j’ai découvert après coup que le mot humanitude a déjà été proposé, il y a trente-cinq ans19 et repris en 1995 pour qualifier la relation de bientraitance vis-à-vis des personnes âgées : « Pour rester en relation avec ces personnes et partager avec elles émotion et sentiment, il faut un  »prendre soin » fondé sur toutes les caractéristiques qui permettent aux hommes de se reconnaître les uns les autres : l’Humanitude20. »

Le sens que nous donnons ici à humanitude n’est pas limité à la bienveillance et porte l’idée d’émancipation collective car, au-delà de la compassion, il vise la recherche active de solutions partagées.

Je ne connais pas de mot qui embrasse toutes les qualités que peut manifester une personne en communion avec ses semblables pour proposer, en responsabilité, des actions bénéfiques au plus grand nombre. En effet, si le substantif « humanisme » signale le caractère altruiste, empathique, fraternel, qui se manifeste dans l’humanitude, il ne dit rien sur l’intelligence collective qui permet d’apporter des propositions concrètes.

Ceux qui ont vécu Mai 68 se souviennent de l’empathie presque générale qui s’était emparée des usagers du métro ou de personnes croisées un peu partout : c’était comme si chacun éprouvait soudain le sens du mot fraternité et s’étonnait de n’en avoir rien su auparavant. Dans l’allégresse partagée, et souvent sans motif évident, on se souriait, échangeait des plaisanteries ou des idées un peu loufoques, on s’entraidait sans qu’il soit besoin de demander. Le monde était à nous parce qu’un autre monde semblait possible, libéré des méchants, des exploiteurs, des emmerdeurs et castrateurs, un monde où l’on aurait le droit de vivre intensément chaque instant, de le transformer en fête des sens et de l’esprit, de communier avec chacun qui n’est plus un inconnu, de découvrir le goût et l’aptitude pour le bonheur simple, l’échange, l’imagination, et le respect des gens.

Cette mutation de l’Homo economicus en Homo enfin sapiens sapiens, celui qui agit en conscience, se réalisait dans une situation où bien peu étaient réellement acteurs, seulement contemporains d’un mouvement débordant la médiocrité quotidienne en ouvrant des fenêtres généreuses et fantasques sur la « vraie vie ». Un phénomène comparable peut exister, par exemple à l’occasion d’une grande manifestation publique où s’expriment, dans l’enthousiasme et le nombre, des idées joliment utopiques mais largement partagées, ou à l’occasion d’une grève soutenue qui amène à des complicités profondes avec des collègues qu’on ignorait au quotidien.

Les avancées politiques et sociales obtenues depuis deux siècles ne résultent pas directement du suffrage universel, mais d’abord des luttes sociales, des mouvements à caractère révolutionnaire où fleurissait l’humanitude et qui ont été capables d’imposer ces avancées au législateur : abolition des discriminations raciales ou de l’esclavage, droits des minorités et des femmes, décolonisation, droits sociaux…

L’humanitude n’est pas une qualité individuelle, elle ne jaillit pas d’un mouvement solitaire, mais par l’émulation qui naît au sein d’un groupe en effervescence intellectuelle, morale et affective. Elle figure le meilleur de l’humanité et de l’intelligence partagée. Dans Douze Hommes en colère (film de 1957), le réalisateur Sidney Lumet montrait comment des jurés en viennent à innocenter un homme dont la culpabilité était initialement certaine : contre les jugements trop rapides, c’était un éloge de la réflexion et de l’esprit critique de citoyens gagnés par l’humanitude.

C’est la même humanitude qui se manifeste dans les conférences de citoyens. Celles-ci stimulent l’exaltation de personnes qui découvrent leur capacité à maîtriser un sujet compliqué et ignoré il y a peu, en inventant des solutions auxquelles les experts n’avaient pas pensé ou qu’ils avaient négligées, en éprouvant la puissance du collectif pour élaborer un avis qui échappe aux mesquineries des intérêts particuliers, en esquissant une nouvelle identité où ils peinent à se reconnaître tant elle est faite de savoir, de rigueur et d’altruisme, et en cultivant l’hypothèse que le monde pourrait être changé grâce à cette œuvre à laquelle ils participent.

Selon un expert allemand des jurys citoyens, « toutes les études démontrent que les conclusions sont fortement marquées par la recherche de l’intérêt général. Sa défense est un rôle si attrayant que les citoyens vont jusqu’à proposer des solutions qui vont parfois à l’encontre de leurs propres intérêts. C’est ainsi qu’aux États-Unis les jurys citoyens ont demandé une augmentation des impôts »21.

Pour la plupart, ces citoyens s’attristent de devoir retourner à la médiocrité où la condition ordinaire les condamne, à l’issue d’une telle communion intellectuelle et humaniste avec quelques-uns de leurs semblables. Ainsi peut-on observer « la transformation personnelle que beaucoup de membres des panels disent avoir subie : l’expérience les marque, certains changeant de métier, de mode de vie, s’impliquant dans la vie publique comme ils ne l’avaient jamais fait »22.

Malgré leur pouvoir informatif ou cathartique, aucune des autres procédures « participatives » n’est capable, au moins le temps d’élaboration d’un avis, de transformer un être banal en citoyen responsable capable d’humanitude. En ce sens, il faut craindre que l’engouement croissant pour faire de l’Internet un outil majeur de l’élaboration démocratique vienne briser l’élan d’empathie, lequel passe aussi par la communion physique, les regards complices, les émotions que traduisent les visages.

C’est surtout l’humanitude qui fait l’originalité d’une conférence de citoyens et ce phénomène nous semble découler d’une levée soudaine de la chape oppressive qui inhibait au jour le jour l’intelligence, la générosité, la volonté de savoir et décider. La conférence de citoyens est l’occasion d’une rébellion paisible mais intégrale contre la domestication. Cela ne suffit pas pour conduire une révolution sociale impliquant la majorité de la population, mais donne à espérer dans les capacités humaines pour définir et réaliser de véritables changements. Car les gens qui peuplent nos sociétés sont rarement admirables : souvent lâches, bêtes et égoïstes, la plupart ne sont que la forme inhibée d’Homo sapiens comme la chenille rampante contient le papillon. Permettre la métamorphose, même dans un bref échantillon, c’est constater que l’imago vaut mieux que la larve et qu’il peut s’épanouir chez le plombier ou la ménagère, le bourgeois ou le travailleur précaire, l’apolitique ou l’électeur d’extrême droite… Il s’agit d’une sorte de miracle, qu’ont observé presque tous ceux qui ont organisé ou participé à de telles procédures.

Peut-être n’est-ce possible que grâce à la sélection des seuls volontaires pour constituer un jury citoyen ? En effet, parmi les personnes tirées au sort mais qui ont refusé ce mandat, exigeant et non rémunérateur, on peut penser que certains auraient manqué de l’aspiration curieuse et altruiste nécessaire pour les transformer en « super-citoyens », c’est-à-dire en personnes pleinement conscientes que la solidarité est le meilleur ciment de l’humanité. Par l’acceptation d’une mission collective d’intérêt public, l’émulation naît dans ce petit groupe et éveille la conscience universaliste de ceux qui ne combattent pas pour prendre ou garder le pouvoir. Ainsi se révèle le meilleur de l’humanité. Pourtant, il ne s’agit pas d’élitisme quand ce sont les élus du sort eux-mêmes qui valident leur participation, offerte par le hasard, et que leur rôle fugace et bénévole se concentre sur le bien commun.

Croire aux vertus de la citoyenneté, ce n’est pas célébrer les êtres humains en l’état où les a placés la société, c’est ne pas douter qu’un citoyen sommeille en chacun et s’efforcer de l’éveiller, c’est cultiver l’humanitude pour faire du gogo un citoyen.

Dans l’immédiat, et pour cultiver au plus tôt la capacité d’humanitude, en faire désirer les effets, les enfants pourraient consacrer davantage de temps aux échanges pour des créations collectives (dessin, scénario, chant choral, théâtre…).

Si des conditions opportunes sont capables de révéler l’humanitude, on peut se demander si cet état de l’humain est le fruit d’une levée d’inhibition ou celui d’une stimulation. L’humanitude est-elle empêchée dans les conditions usuelles, ou bien des conditions exceptionnelles sont-elles capables de créer cet état ? On ne peut que remarquer le rôle de l’économie capitaliste pour maintenir les populations dans une situation d’inhumanitude mais d’autres formes de société semblent aussi y parvenir.

Ainsi, même dans les sociétés dites « primitives », une certaine hiérarchie et l’attribution de rôles affectés aux divers membres pourraient freiner les manifestations d’humanitude. Dans nos sociétés néolibérales, une dispute oppose ceux qui accusent le système de « flatter les bas instincts » avec les jeux d’argent, la culture de compétition, le culte de la réussite, etc., à ceux qui répondent qu’on ne doit pas refuser aux gens ce qui les rend heureux. Mais, ce qui indigne finalement si, comme défendu ici, les êtres humains ne sont pas ce qu’ils paraissent, s’ils peuvent plus et mieux, c’est la dérision qui fait nommer démocratie un mode d’administration du monde qui ignore (qui craint ?) ce supplément d’âme et d’intelligence, qui parque les humains dans un troupeau existentiel n’accédant à la vraie liberté que par des lucarnes intermittentes. La démocratie ne peut se suffire de l’exécution des pulsions de l’humain inachevé, mais c’est pourtant là la seule exigence des démocrates aujourd’hui. Si notre système politique ne peut qu’entretenir cette illusion grâce à l’aliénation des majorités à coups de sondages, de débats publics ou d’élections, c’est qu’il s’adresse toujours à la part la plus médiocre de l’humain. Ainsi va la comédie politique…

 Jacques Testart, « L’humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun », Seuil 2015, p. 37 et s..

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Notes :

  1. Freddy Klopfenstein, Humanitude, Genève, Labor et Fides, 1980.
  2. Voir: http://www.igm-formation.net/index.php?option=com_content & task = view & id = 20 & Itemid = 39
  3. Hans-Liudger Dienel, « Les jurys citoyens: pourquoi sont-ils si rarement utilisés ? », in La Démocratie participative inachevée, Marie-Hélène Bacqué et Yves Sintomer (dir.), Paris, Yves Michel, 2010.
  4. Marie-Angèle Hermitte, « Conférence de citoyens », in Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013, voir: http://www.participation-et-democratie.fr/node/1289

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10154009490537317

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Rappel de cette belle rencontre (pour moi très émouvante) entre trois personnes qui, dans le pays, bossent beaucoup à faire connaître au grand public les vertus fondamentalement démocratiques du tirage au sort en politique :

Plan détaillé minuté de « J’AI PAS VOTÉ – La rencontre – Étienne Chouard, Jacques Testart et Yves Sintomer »
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_minut%C3%A9_de_%22J’AI_PAS_VOT%C3%89_-_La_rencontre_-_%C3%89tienne_Chouard,_Jacques_Testart_et_Yves_Sintomer%22
(Ouf ! Quel boulot ! Merci ! 🙂 )

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Autre rappel important :
Traitement des Objections contre le Tirage au Sort
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Affichage_Objections_contre_le_Tirage_au_Sort

[« complotiste » ou courageuse lanceuse d’alerte ?] Manuela Cadelli, magistrate : « Le néolibéralisme est un fascisme »

Quand ce sont de simples citoyens qui disent que nos régimes parlementaires actuels, à force de se vendre pour gagner les élections, sont devenus l’outil d’un fascisme déguisé — et que cela se voit à la politique de domination absolue des multinationales (et de guerre permanente, pour terroriser tout le monde) que les prétendus « représentants » imposent au peuple —, ces donneurs d’alertes sont listés et traqués pour « conspirationnisme », pour « confusionnisme », pour « complotisme », etc. par de prétendus « antifas » et par de prétendus « journalistes » (presque tous vendus aux banques, manifestement).

Je suis curieux de voir le sort qui sera réservé à cette courageuse magistrate. Je trouve en tout cas son analyse intéressante :

Le néolibéralisme est un fascisme

http://www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016-03-01/neoliberalisme-est-un-fascisme

La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats.

Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’État la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des États. La notion de service public est ridiculisée.

Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : «  There is no alternative  ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.

De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.

Ceci dans un État où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?

Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des États italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).

Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats

Source :
http://www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016-03-01/neoliberalisme-est-un-fascisme

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[Important] Complément de vocabulaire 🙂

Chomsky (passionnant) :
Ce qu’on appelle « Socialisme » ?

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Autre précieux complément (rappel) :

« Néolibéralisme versus État-providence.
Le débat économique entre classiques et keynésiens »
par Édouard Cottin-Euziol (2016)


http://www.yvesmichel.org/product-page/economie/neoliberalisme-versus-etat-providence/

J’ai rarement lu un livre à la fois aussi léger à lire et aussi efficace pour comprendre l’essentiel du débat économique fondamental pour les humains.

Un travail remarquable, à découvrir et à faire connaître.

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Vous pouvez signer (si ce n’est déjà pas déjà fait) la PÉTITION INTERNATIONALE CONTRE LE TIPP ET LE CETA (Constitution néolibérale, préparée dans le plus grand secret, scandaleux crime contre l’humanité perpétré par les marchands géants) :

https://stop-ttip.org/fr/?noredirect=fr_FR

Plus de 3 millions de signataires ! Les technocrates néolibéraux irresponsables s’en fichent complètement, bien sûr, mais nous on se compte, on n’est pas seuls !