Voulez-vous faire un petit atelier constituant avec moi ? Parlons, cette fois, si vous voulez bien, du droit sacré du peuple à se réunir publiquement librement

Chers vous tous,

Je connais à Chambéry un jeune homme attachant et stimulant, qui s’appelle Sylvain et qui travaille comme nous depuis des années sur ce que devrait être une démocratie digne de ce nom.

À ce que je sais, ses travaux le conduisent, ces temps-ci, à se polariser sur deux points que je trouve, moi aussi, importants :

1) la façon dont est organisée / imposée l’éducation nationale, [Sylvain prône carrément la déscolarisation… (d’une façon que je trouve parfois inutilement brutale et injuste, mais l’idée de fond est importante et intéressante)… Les débats s’annoncent toniques 🙂 ]
et
2) la confiscation des lieux de réunions publiques par les professionnels de la politique.

Je m’alimente presque tous les jours des nombreux livres qu’il nous invite à lire à propos d’éducation et d’émancipation. Par exemple, en ce moment, je suis tout remué par les idées que je découvre dans « La domination adulte. L’oppression des mineurs » d’Yves Bonnardel. Sylvain m’a ainsi conduit à découvrir des dizaines d’ouvrages remarquablement bien argumentés sur la façon, souvent révoltante, dont les adultes traitent aujourd’hui les enfants. Certaines thèses me hérissent, mais toutes me conduisent à réfléchir. Il y a là, je le reconnais, sans doute une des grosses racines qui alimentent l’invraisemblable consentement du plus grand nombre à la domination d’un petit nombre.

Un peu de la même façon que je m’impatiente moi-même de voir les intellectuels que j’estime (Lordon, Généreux, Onfray, Michéa…) ne pas accorder la moindre importance à la [nécessaire] source populaire des processus constituants, Sylvain s’irrite et s’impatiente de ne pas me voir embrayer immédiatement sur ses chantiers à lui. 🙂 Pourtant, j’y travaille en silence, parmi mille autres sujets que je trouve importants.

Je le prouve : mercredi dernier, je devais rester quelques heures immobile, sans même pouvoir lire (une surveillance de devoir), et j’en ai profité pour faire dans ma tête, en tête-à-tête avec moi-même pour commencer, un petit atelier constituant… 🙂 Prenant comme points de départ les plus scandaleux des abus de pouvoir qui encombrent l’actualité, j’ai entrepris d’écrire l’ébauche de quelques nouveaux articles de constitution. L’entraînement de base, quoi 🙂 J’imaginais de vous les soumettre lors d’une prochaine rencontre, ou même de vous les soumettre un par un, sur le net grâce à des billets dédiés.

Et voilà que je lis aujourd’hui le billet de Sylvain (reproduit plus bas), et j’y trouve l’occasion en question, de vous soumettre une de ces idées. Voici donc un des articles que j’ai ébauché intérieurement mercredi (je vous parlerai des autres plus tard) :

Article X : le droit de réunion publique est inviolable et sacré. Aucune loi ou règlement ne peut interdire au peuple de se réunir librement, sous peine de forfaiture et de déchéance pour les représentants qui l’aurait tenté.

Chaque commune doit mettre à disposition à tout moment — et entretenir — des salles de réunion de taille adaptée aux besoins du village (ou du quartier).

Une Chambre Communale des Réunions Publiques, composée de 20 membres tirés au sort pour 28 jours, renouvelables par quart toutes les semaines, vérifie dans chaque commune le respect par les autorités du droit constitutionnel de réunion populaire.

La Chambre Communale des Réunions Publiques organise un référendum local quand elle le juge nécessaire (« Faut-il agrandir ou aménager telle salle ? », « Voulez-vous construire plusieurs nouvelles salles ? », etc.). Les décisions prises lors de tels référendums s’imposent à toutes les autorités.

« Le secret de l’action, c’est de commencer » : ce brouillon d’article, qui voudrait finalement formaliser et garantir notre droit de réunion, n’est qu’un premier jet, bien sûr, et je vous invite (fraternellement) à le corriger, le compléter, l’améliorer, en toute liberté.

La synchronicité de ma réflexion avec les reproches de Sylvain est amusante, je trouve. Pendant que Sylvain rédigeait une sorte d’interpellation pour me reprocher de ne pas donner d’importance au droit fondamental pour le peuple de disposer de lieux pour se réunir librement à tout moment, au même moment, je tâchais dans mon coin de formaliser un article de constitution précisément sur ce sujet… Comme on dit en blaguant, les grands esprits se rencontrent 🙂
Voici donc le billet de Sylvain en question, amicalement réprobateur :

Réponse courte et conjointe à Etienne Chouard et Frédéric Lordon

Courte, car je ne vais pas ré-écrire tout ce qu’il y a dans ce site et tout ce que j’écris depuis des années. Mais Étienne a marqué ceci récemment (20/11/15) sur son blog :

etienne chouard

« Vous avez été des milliers (et des milliers), à aimer et à partager le précédent billet, qui résumait cette vérité, bien d’actualité : « Une constitution digne de ce nom (d’origine populaire) permettrait à un peuple digne de ce nom (composé de citoyens constituants) de s’opposer aux représentants qui veulent lui imposer la guerre. » POURTANT, malgré cet élan spontané (pour l’idée de nous auto-constituer), vous n’êtes PAS — pas encore — des milliers (et des milliers) à vous entraîner, pied à pied, « pour de vrai », à constituer 🙁 Mais qu’est-ce qui vous retient donc ? Qu’est-ce qui vous empêche, vous personnellement, de passer à l’acte, massivement, puisque vous pouvez le faire librement (pour l’instant) ? Si vous trouvez (le frein qui nous gêne), soyez gentils de m’en parler. »

Ce frein (qui est un mur) est explicité en long en large et en travers, via les idées de « Déscolarisation » présentes ici, et dans les têtes et papiers de Sylvain et Mathilde. Un atelier constituant doit pouvoir se dérouler dans l’espace commun (l’espace public) ! Le cas échéant, il ne s’agira que d’une discussion privée, ésotérique (au sens étymologique de ce mot), vécue par une ou plusieurs hétairies philosophiques. Le fait d’être « constituant » doit être en lien avec l’espace public (espace commun, à vrai dire). Car c’est le peuple qui est constituant en démocratie, et non telles ou telles bandes privées.

Ce à quoi Étienne répondra certainement à peu près ceci (« l’antienne d’Étienne » disait-il lui-même) : « Non ! Vous pouvez le faire partout : chez vous, dans un ascenseur, au bistrot, au bureau et même aux chiottes ! Il suffit d’être au moins deux ! « . Je pense au plus profond de moi-même qu’Étienne se trompe cruellement sur ce point : un atelier constituant digne de ce nom, doit se tenir dans l’espace public ! Pourquoi ? Car la constitution concerne la chose publique et le peuple. Dans les lieux privés : il n’y aura jamais le peuple (l’Idée de peuple) et il ne s’agira jamais — c’est une lapalissade — d’espace public ! Pour que Mamie Josette, tante Ursule, le vieux Robert, Monsieur tout-le-monde, s’intéressent à la constitution, les ateliers constituants doivent se tenir dans l’espace public. Le cas échéant, Nico, Valentin, Sylvie, et Benoît (des gentils virus, des militants d’extrême gauche, de l’UPR et des alters permaculteurs, adeptes des couches lavables et du revenu de base, ou autres bobos cultivés) continueront tout seul dans leur coin, avec les membres de leur club philosophique, à s’intéresser à la constitution.

Or l’espace public est volé, actuellement, par l’oligarchie. Nous devons d’abord « arracher » nos espaces. Curieux, vraiment très curieux, qu’Étienne n’aille jamais sur ce point (je ne sous-entends rien de spécial, mais je trouve ça juste hallucinant que le sujet ne vienne jamais). Étienne répondrait sûrement : « nous devons d’abord ré-écrire la constitution pour que l’oligarchie nous restitue ce qui nous appartient ». Comment ne pas voir ce bon vieux serpent qui se mord la queue ? Pourtant, nous savons très bien que le véritablement commencement c’est quand les gens se ré-approprient les espaces communs pour prendre la parole et faire de la politique ensemble.

lordonFrédéric Lordon, qui a fourni récemment une excellent tribune sur la situation (a)politique actuelle conclut, ÉVIDEMMENT, à la nécessité absolue de se rassembler dans l’espace public ! Mais, très grave erreur, pour lui, comme pour des milliards de cerveaux formatés, l’Espace public, c’est toujours sinistrement « LA RUE ». Comment ne pas voir, ne pas entendre, le pathétique-larme-à-l’oeil teinté de religiosité, avec lequel la grande majorité des « militants gauchistes » prononce l’expression « LA RUE ! » . Ne nous laissons donc pas berner par ce puissant affect-triste !! (pour reprendre un concept pourtant si bien malaxé par Lordon). Nous devons trouver le chemin d’un affect doux et joyeux concernant « les communs », et « la rue » ne sera alors qu’une très maigre portion des « communs » (soit-dit en passant : la rue, de nos jours, est en prime un des territoires privilégiés du capitalisme : règne de la bagnole, du béton, de l’artificiel et des commerces (et du sécuritaire régalien). Voici les trois dernières phrases de sa tribune (qui sont sinistres, contrairement au reste du billet)  :

Cette manière ne peut être posée qu’en actes, c’est-à-dire dans la rue. Donc il faut aller dans la rue. Et puis nous verrons bien.

C’est-à-dire que le programme selon Lordon, ça serait ENCORE de se geler les couilles au profit d’une pub massive sur l’usage urbain à rude épreuve des tentes Queshua de Décathon. Il s’agirait encore, selon Lordon, qu’on se regroupe sur le béton et dans le froid, comme des SDF, avec du vin chaud et des soupes au moins pour se rassurer, créer une illusion de fraternité retrouvée, et afin d’organiser la Révolution…  (??) Bizarre… ! Programme que nous connaissons par cœur : épuisement des motivations, situation qui ne permet absolument pas d’être efficaces collectivement sur tous les plans : matériellement et intellectuellement. Situation en forme de courbe de gauss (en cloche), qui monte agréablement, qui atteint son extremum (ce qui est autorisé) et qui redescend comme c’est monté. Oui, il faut conclure comme Lordon à la nécessité absolue de se rassembler dans l’espace public ! Mais à partir de là, il faudrait dire ce qu’est véritablement l’espace public et dire que c’est infiniment plus que « LA RUE », dire que toutes les salles municipales éclairées et chauffées c’est surtout cela l’espace-public, dire que c’est de cela dont nous avons besoin pour organiser notamment les « ateliers constituants » à la Chouard, mais pas seulement. Nous avons aussi besoin de ces espaces pour faire jaillir une égalité d’expression tous azimuts ! Des intellos comme Chouard ou Lordon devraient pourtant savoir que tous les vrais basculements social-historiques vertueux et constructifs sont toujours marqués par le jaillissement un peu partout de la parole de ceux qui en étaient privés, et précisément dans les lieux où ils étaient privés de parole.

Bref, c’est bien curieux… Chouard et Lordon, tout en allant comme d’hab dans le bon sens, demeurent conjointement en-deça d’une ligne symbolique qui m’apparaît bien nette, comme le nez au milieu de la figure !

Nous devons redevenir des hommes politiques au sens athénien de la chose, oui sieur Lordon et sieur Chouard ! Mais le premier nous dit que ça se peut se faire dans l’ascenseur ou au cinéma, et le deuxième, possédé par « un affect-triste » (rapport au monde qu’il dénonce pourtant dans des bouquins), que ça doit se faire dans « LA RUE !  » Non et non !! Ils se trompent, et peut-être sans le vouloir, ils nous trompent ! Le processus nécessaire doit se faire dans « LES COMMUNS« , dans une culture retrouvée et actualisée du « commun », et leur reconquête culturelle et matérielle doit être la priorité des priorités !!!

Donc, tout ceci nous amène, ni dans l’ascenseur, ni sur le coin de table d’un restau, ni dans « La rue !! », mais dans des espaces municipaux : éclairés, conviviaux et chauffés (voir le récent billet Espacemelimelo.barre) ou bien encore : nos conseils pour aider la déscolarisation de la société ou même la totalité du site Déscolarisation)

Merci DONC à tous (Lordon et Chouard, y compris) de cesser avec L’INDIGNITÉ !!!! Nous valons mieux que ça !

Peut-être que Chouard et Lordon savent, plus ou moins inconsciemment que lorsque « L’insurrection qui vient » vient vraiment, « ceux qui parlent plus que les autres et/ou à la place des autres « (dont Chouard et Lordon font partie actuellement) , doivent s’effacer automatiquement au profit du Démos tout entier qui se met à parler… Ces deux-là veulent-il vraiment sacrifier leur statut actuel de tribun quelque-peu aristos, au profit d’une réelle et intense activitédémocratique ? (Chouard, je pense, est tout enclin pour se diriger vers cette sagesse ; Lordon, je sais pas car je ne le connais pas du tout).

P.S : ce billet n’est pas ce qu’on appelle une « charge » contre Étienne pour qui je demeure dans l’amitié totale. Ce n’est point non plus une charge contre Lordon, chez qui j’apprécie la justesse des analyses, mais avec lequel je ne peux point parler d’amitié puisque nous ne sommes liés d’aucune façon. Gros bisous aux deux dans tous les cas.

Sylvain Rochex

Source : http://descolarisation.org/index.php/bibliotheque/vraie-democratie/339-reponse-lapidaire-a-etienne-chouard-et-frederic-lordon

 
Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10153827376337317

54 réponses à “Voulez-vous faire un petit atelier constituant avec moi ? Parlons, cette fois, si vous voulez bien, du droit sacré du peuple à se réunir publiquement librement

  1. On pourrait traiter dans un nouvel alinéa (ou article)
    • les prétendus « états d’urgence »,
    ainsi que
    • le cas particulier des manifestations.
    Selon vous, y a-t-il des cas acceptables où l’État pourrait légitimement nous interdire de manifester ?
    À mon avis, non, mais je peux me tromper, bien sûr.
    Et si ces cas existent, ne pourrait-on pas confier à une Chambre tirée au sort la charge de délibérer et de décider si telle manifestation est autorisée ou interdite, et combien de temps, etc. ?
    Le cas du contrôle et du jugement des éventuelles violences policières est également à envisager.

    • Bonsoir etienne je suis nouveau et après avoir regarder et ecouter qquelques unes de vos interventions je me suis abonné à votre page facebook 🙂 .
      je pense comme il ne faut pas interdire les manfestion et on ne peut le faire légitimement. En fait il serait interessant a contrario de ce que l’on observe aujourdhui qu’une manifestation ne déclenche pas un blocage des institutions mais provoque l’organisation systématique d’une audition des personnes du peuple qui manifestent pour reccueillir leur doleances et les inscrire systématiquement et prioritairement à l’ordre du jour de la prochaine reunion publique » digne » …. je débute je me lance alors merci pour votre indulgence .

      jérémie
      à bientôt

    • Qu’est-ce qu’une manifestation ? N’est-ce pas une forme policée, abâtardie de l’émeute ? Un groupe de personnes, ne disposant pas de moyens d’action autre pour faire valoir ses revendications, fait usage de la violence en groupe pour effrayer, faire pression sur le souverain pour qu’il accorde telle ou telle concession matérielle ou politique. Ce sont les Jacqueries, puis les manifestations ouvrières du XIXè siècle, puis la Manif pour Tous aujourd’hui. Elle n’ont historiquement jamais été « autorisées » par le pouvoir mais se sont imposée par la force.

      Or, j’imagine que le but de la réforme démocratique, c’est que ceux qui souhaite tel où tel changement puissent le soumettre à la délibération commune sans passer par une démonstration de force. Ceux qui auront besoin d’en passer par là, ce sont au contraire ceux dont les aspirations ne sont pas compatible avec les institutions démocratiques et qui voudraient renverser le régime pour un autre qui leur seraient plus profitable.

      J’entends par « manifestation » quelque chose comme ceci :

      Mais si vous entendez par manifestation plutôt cela : … alors il n’y a pas beaucoup d’intérêt à discuter de leur interdiction. Cela ne sert de toute façon à rien ; même dans un régime autoritaire, personne ne perdrait son temps à interdire ce genre de manifestation.

      Dans un régime démocratique, les groupes qui vont manifester, ce sont évidemment les partisans d’un retour à l’ordre ancien. Je pense par exemple au Venezuela de Chavez: si le régime à le soutien de la majeure partie de la population, ceux qui vont organiser des manifestation, ce sont les oligarques locaux, alliée aux puissances étrangère hostiles, pour renverser le gouvernement par un coup d’État. Une nation démocratique qui apparaîtrait serait immédiatement confrontée à ce genre de menace, et ce, pendant de longue années, vu qu’il n’y aura très certainement pas de révolution démocratique d’emblée mondiale. Dans la société aux institutions parfaites, dans le Royaume de Fins, les manifestations n’auraient pas de raison d’être et devraient être interdites.

      Néanmoins, ce raisonnement n’est valable que dans un régime idéal. Or, il est clair que le système institutionnel qui sera mis en place dans le monde à venir sera imparfait. Il y aura toujours des interstice où se glissera l’oppression. Il faut donc permettre une voie de recours « extra-institutionnelle » à la contestation.

      En somme, moi, je serais favorable à ce que la constitution autorise par défaut toutes les manifestations, sauf celles interdites par une décision expresse. Une loi organique indiquerait comment cette décision se prendrait. Il faudrait réunir une commission ad hoc tirée au sort, et qu’il y ait plus que la majorité (peut-être les trois quart : en cas d’inquiétude réelle de la population, on obtient facilement de tels scores de soutien) qui soit en faveur de l’interdiction, pour s’assurer qu’il y ait un consensus large pour juger que l’ordre public est menacé. Ce serait l’exécutif qui lancerait la convocation de cette commission.

    • Comment s’explique le consentement populaire à se faire piétiner par une minorité ?
      La violence éducative y serait-elle pour quelque chose ?
      Mais oui, Etienne, tout part de là. La cause de la cause des causes.
      Lisez « Oui la nature humaine est bonne » d’Olivier Maurel, je vous l’ai offert il y a deux ans.
      Alleeeeeeez 🙂

    • Je vais me lancer comme à l’accoutumée dans un « hors sujet »…que j’affectionne… dans votre réponse à Sylvain vous évoquez son énorme travail sur l’education nationale…j’ai consulté son blog et peut-être que je n’ai pas tout lu mais je n’y ai pas trouvé la référence aux travaux d’Elisabeth Nuyts consultable pour partie ici: http://www.lire-ecrire.org/conseils-pratiques/aider-a-apprendre/echec-scolaire/elisabeth-nuyts-pour-en-finir-avec-le-mal-etre-scolaire.html.
      Sans doute faut-il trouver dans l’ouvrage présenté (et que je prête à l’occasion à des enseignements désireux de progresser dans leur « art ») les racines du « mal » qui frappe notre société axée sur l’image. Il est aisé de critiquer ces jeunes (ou moins jeunes) qui aujourd’hui ne lisent pas, ne raisonnent plus ou si peu. Qu’enseigne cet ouvrage? Analyse succincte:

      « L’enseignement global de la lecture, celui de l’écriture et de la lecture silencieuses et rapides, tous imposés dès la petite enfance, les mathématiques modernes éloignées de la réalité concrète vécue par l’enfant, la disparition des « leçons de choses », l’informatique dès l’école primaire, la grammaire fonctionnelle (par opposition à la grammaire analytique), la multiplication des photocopies et des exercices à trou, l’histoire enseignée en dehors de toute chronologie, les règles de mathématiques à apprendre sans démonstration, les « productions d’écrits à la manière de… » qui ressemblent plus à des copier-coller qu’à de vraies rédactions : tous ces enseignements dispensés à grande allure, se sont conjugués pour déconnecter les apprentissages de leur signification concrète. Les grands perdants sont le « temps » et la « parole » qui sont pourtant deux éléments essentiels à toute compréhension fine.

      C’est l’art de raisonner qui disparaît au profit des intuitions immédiates accueillies sans jugement de valeur, ceci expliquant que l’on puisse aujourd’hui débattre d’un texte en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas, davantage porté par ses passions que par son souci d’en analyser le contenu. L’actualité médiatique foisonne de tels exemples. Un raisonnement est vrai ou faux dans l’absolu, une intuition est vraie si son auteur l’estime telle. »

      Bien sûr il est important voire indispensable de penser notre future organisation sociale mais ne faut-il pas commencer par le commencement? Qui seront les « tirés au sort »? Quel sera leur intérêt pour la chose publique? Il serait bon également d’éviter de tomber dans le Piège Élitiste que j’ai pu, rapidement je l’avoue, observer sur ce forum et en visionnant certaines vidéos qui mettent en image des échanges avec le public. La critique est aisée, certes…

      Pour revenir aux études d’Elisabeth NUYTS (que je n’ai malheureusement pas rencontré) les habitants de la rue Grenelle ont-ils choisi par hasard d’appliquer une méthode qui confisque le raisonnement, annihile la mémoire et transforme les petits d’hommes en robots? Ce n’est pas à moi de le dire. Mais après avoir dévoré la petite centaine de pages qui constituent cet ouvrage on a envie de hurler..mais également de se mettre en marche pour penser les blessures faites à la raison.

  2. Rappelons la directive Orwellienne (pardon Orwell qui n’avez rien à voir avec ces crapules qui rackettent le pouvoir executif) « Toutes les manifestations sur la voie publique à caractère revendicatif ou protestataire sont interdites. Les manifestations sportives, récréatives ou culturelles ne sont pas visées par l’interdiction… » (préfet du Rhône novembre 2015)

    Sachant que les attentats du vendredi 13 à Paris ont visé un concert et un rassemblement sportif.

    Il faut se souvenir que la force du mouvement des chômeurs de 1995 consista à occuper l’espace public en occupant des salles municipales et chauffées, souvent des CCAS.

    A Nantes, c’est (après le CCAS) un immeuble de l’ancienne Manufacture des Tabacs qui fut occupé pendant plus de 3 mois. C’était une façon pour les chômeurs, ne pouvant faire grève, de se rendre visibles. Pour y avoir participé, je dois témoigner que c’était un épuisant rapport de forces car il fallait veiller 24h/24, et que manqua cruellement un convergence de lutte avec un quelconque mouvement d’employés. Malgré l’effet de trappe de ne se retrouver qu’entre chômeurs, étudiants et précaires, cet épisode permit à toute une génération de se constituer en réseau et de se politiser (AG quotidiennes, organisation, manifs, happenings, etc). Combien de temps aurions-nous attendu si nous avions demandé la permission ? Un effet de cette lutte, la prime de Noël pour RSA de 150 euros…. Même si le fond du problème est que c’est aujourd’hui le RSA qui est le revenu minimum sur lequel s’alignent les salaires, que bien souvent le quart ou la moitié de ce RSA sert à payer des loyers déments.

    Les choses ont depuis bien empiré et le gouffre entre chômeurs et employés reste toujours béant. Seuls les travaux de Bernard Friot autour du salaire universel permettraient de le combler.

    « Le terrorisme, nouvel outil de l’impérialisme, stade suprême du capitalisme.
    La barbarie, nous y sommes. Le terrorisme, c’est la phase barbare de l’impérialisme  » (JP Garnier) à 11m30

    http://www.dailymotion.com/video/x3fyn6w_la-strategie-du-chaos-2-l-exportation-du-chaos-1_news

  3. Bonjour proposition de correction à l’article de sylvain: mise en place d’un espace public « dematérialisé » permettant une reunion du peuple ou la participation à cette reunion lorsque l’on est dans l’impossibilité physique et ou momentanée de pouvoir accéder et/ou disposer d’une salle. Par exemple mise en place d’un site internet appelé site de reunion public pour et par le peuple.: à inserer dans l’article X si cela retient votre attention ….

    Merci et bonne soirée

    Article X : le droit de réunion publique est inviolable et sacré. Aucune loi ou règlement ne peut interdire au peuple de se réunir librement, sous peine de forfaiture et de déchéance pour les représentants qui l’aurait tenté.

    Chaque commune doit mettre à disposition à tout moment — et entretenir — des salles de réunion de taille adaptée aux besoins du village (ou du quartier).

    Une Chambre Communale des Réunions Publiques, composée de 20 membres tirés au sort pour 28 jours, renouvelables par quart toutes les semaines, vérifie dans chaque commune le respect par les autorités du droit constitutionnel de réunion populaire.

    La Chambre Communale des Réunions Publiques organise un référendum local quand elle le juge nécessaire (« Faut-il agrandir ou aménager telle salle ? », « Voulez-vous construire plusieurs nouvelles salles ? », etc.). Les décisions prises lors de tels référendums s’imposent à toutes les autorités.

  4. Bonjour Etienne,
    Est-il prévu dans notre constitution le fait que l’on ne puisse pas modifier la constitution dans « l’état d’urgence » ? Réagir « à chaud » revient souvent à faire n’importe quoi…Pourquoi entend-on autant parler de constitution depuis les attentats du 13/11 ? Finalement, les politiques professionnels savent que ça existe ?
    Bien à toi
    fm

  5. j’organise un atelier constituant chez nous , quel est l’ordre de l’ordre du jour et comment légitimer son résultat ?

  6. J’oubliais qu’il y eut alors un fort soutien de paysans de la confédération paysanne et qu’un autre effet de cette lutte de 1995 fut la constitution d’un jardin collectif collectiviste de 2 hectares à la lisière urbaine de Nantes, qui existe toujours.

  7. L’état d’urgence repose, en France (si je ne dis pas de bêtise), sur l’article 15 de la Constitution, qui stipule qu’en temps de guerre, l’état peut renoncer au respect de la DUDH. Pour cela, Hollande a donc dut déclarer l’état de guerre de la France contre DAESH. Or, un état ne peut se déclarer en guerre que contre une autre nation. DAESH (ou l’EI) N’EST PAS UNE NATION NI UN ETAT (quelle que soit la dénomination qu’il s’attribue) : il ne dispose ni d’une reconnaissance des Nations Unies, ni de frontière, ni de constitution, ni d’un peuple, ni d’une histoire, bref, absolument rien qui définisse une nation. Sur cette base, la déclaration du président est abusive : la France n’est pas en guerre, et le gouvernement ne peut donc pas délacer l’état d’urgence. Il y a là double forfaiture. L’ennui, c’est que personne, pas même la prétendue opposition politique incarnée par les partis n’étant pas au pouvoir, n’intente une action en opposition avec ces abus. Et en dehors de ces partis politiques, le peuple lui-même ne dispose d’aucun recours légal conte cette forfaiture, sinon la révolte… qui serait alors très vraisemblablement écrasée dans le sang par le gouvernement, avec le support zélé des forces de l’ordre mobilisée par l’état d’urgence justement contesté. On se trouve dans une sorte de nasse inextricable.

    • C’est probablement pour cela qu’ils veulent changer la Constitution tant qu’il en est encore temps… Ils connaissent certainement la faille actuelle.

    • Il y a erreur. L’article 15 de la constitution du 4 octobre 1958 dit seulement: Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et comités supérieurs de la Défense nationale. L’état d’urgence est un régime exceptionnel organisé par la loi no 55-385 du 3 avril 1955. D’après l’article 1er de la loi :
      « L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain ou des départements d’outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique. ». Il n’y a donc pas besoin d’état de guerre pour décréter l’état d’urgence.

  8. Bonjour.
    Je trouve un grand intérêt dans vos idées.
    Cependant je m’interroge sur l’aspect concret de la chose. Je retiens de cette lecture deux phrases fortes : 1- « Le secret de l’action, c’est de commencer », oui cher monsieur, tout le monde s’y retrouvera. 2- « Nous devons d’abord « arracher » nos espaces. » Oui! Mais comment? Voici la question fondamentale, à mon humble avis. Si l’on me propose demain de participer à la rédaction d’une nouvelle constitution, avec l’assurance que l’aspect constructif est réel, je signe immédiatement, évidemment, comme la plupart de mes amis, sans aucun doute. Alors, comment en arriver là?
    Deux solutions me viennent à l’esprit:
    1- La révolution violente.
    Voyons… cela n’est pas impossible, mais y croyons-nous vraiment? Y tenons-nous vraiment? Ce genre de bordel peut-il garantir la sérénité nécessaire à la sagesse et à la réflexion? L’histoire nous répond « non ». S’il vous plait, faisons abstraction de cette solution. (Pour le moment.)
    2- Utiliser la constitution actuelle contre elle-même.
    Malheureusement, je ne dispose pas des connaissances législatives suffisantes pour être catégorique. Il me semble que le référendum d’initiative populaire n’existe pas en France. Mais tout de même, les intellectuels spécialistes du sujet, riches de leurs audiences et de leurs réseaux, ne pourraient-ils pas se fédérer et réfléchir à un moyen de faire voter une loi qui permettrait aux citoyens de se réunir au sein de leurs communes pour proposer des articles constituants? Il parait évident, en outre, que le thème de « la parole au peuple » serait à la fois un argument-massue dans la bataille médiatique et une ligne extrêmement fédératrice, toutes tendances confondues.
    Définir un idéal est ardu, mais l’atteindre est le vrai défi.

    • Merci tony pour votre commentaire, j’ai le même sentiment. L’idée me plait, j’ai envie de participer mais je ne sais pas trop comment. Je trouve plein de pistes de lecture, d’articles dans ce blog et cela me permet de faire évoluer ma pensée et mes idées de manière personnelle, mais je n’arrive pas à voir comment cela peut faire changer les fondements de notre société….

  9. Excellente idée de ne communiquer sur les blog, les commentaires et autres médias que sous la forme d’articles de constitution, nouvel article, commentaire d’article, discussion pour améliorer un article… comme cela nous nous pratiquons en même temps que nous traitons le problème en question à la cause des causes (plutôt que des critiques sans proposition, bavardages, etc.).

  10. Oui Mr Pizzato, excellente idée, et cela revient à faire de la philosophie au sens propre : penser en se mettant à la place du commun, articuler la pensée de façon conséquente, sans se cacher sous l’autorité d’un nom propre.
    Devenir soi-même la source de la loi a un côté révolutionnaire en fait. Simplement, cette révolution est à mener contre soi, contre sa paresse, ses préjugés, sa précipitation…. c’est d’ailleurs la tâche de l’école ; et pas contre un autre, qui serait le barbare, le terroriste : quand on pense que ce qui arrive est une aubaine pour les gouvernements, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils sont finalement heureux de ce qui se passe, puisqu’ils ont le pouvoir sans la responsabilité afférente. En effet, la répétition d’attentats, en temps de démocratie, aurait dû se marquer de la démission de ceux qui ont été en place : les conforter et leur conférer un pouvoir sans contrepouvoir accentue l’irresponsabilité.
    Je ne pense qu’on puisse se débarrasser, Mr Lordon, de la notion de responsabilité : celle politique excède celle simplement juridictionnelle (l’imputation), laquelle n’a pas de sens dans la situation.

  11. Bonsoir,

    Petite proposition, la syntaxe n’est pas top, mais j’espère que vous en percevrez l’idée :

    Article X : le droit de réunion publique n’étant pas un droit positif, mais un droit naturel, il ne peut être entravé par quelque devoir négatif ou positif. Au contraire, il incombe aux autorités d’en assurer la faisabilité, et d’avertir de tout risque sans en interdire le déroulement…

  12. Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement (sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi). Il semblerait que les révolutionnaires aient oublié: « se réunir ».

  13. @J-Stéphane intéressant ces types de droits, certains au dessus d’autres. Vous pouvez en dire plus ? J’y pensais aussi pour par exemple dire que le droit à l’éducation ne peut pas être retiré par la loi, comme pourrait l’être de droit de circulation (emprisonnement).

    • Je pense qu’il nous faut définir nos droits naturels en début de constitution (pour moi le droit de propriété n’en est pas un), préciser dans quels cas un droit positif peut l’entraver, préciser que seul individuellement le citoyen peut en être privé, et en aucun cas un groupe ou une catégorie d’individus.

  14. Je garderais l’article 20 de la déclaration universelle des droits de l’homme: Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.

    Et ajouterais:

    « Les citoyens ont le droit de se réunir publiquement. Ce droit ne peut être retiré par la loi pour aucun citoyen ou groupe de citoyen.  »

    « L’Etat a le devoir de garantir aux citoyens les espaces publics de réunion qui permettent aux citoyens d’exercer ce droit. »

    • Ca fait très peur, le but semble clairement de faire en sorte que plus personne parler à quelqu’un d’autre sans etre sous surveillance.

      Il ne manquerai plus qu’il soit interdit de se parler directement sans porter de micro (je rapelle qu’en pratique on en porte un 99% du temps: notre téléphone portable), et l’on serait dans un totalitarisme sans précédent.

      On ne pourrait plus sereinement partager ses opinions.

      Pierre.

  15. argumenter nos convictions par tous les moyens est une des manière de faire circuler (pdt qu’on peut encore) les idées….que penser vous de mes commentaires sur le site de marianne.fr:
    http://www.marianne.net/front-national-ne-plus-faire-si-rien-n-etait-100238525.html#comment-2397682805

  16. Encore merci, cher Etienne, de nous indiquer ces pistes précieuses de réflexions. Je ne connaissais pas le site descolarisation que je lis avec beaucoup d’émotion et d’intérêt. Je suis moi-même professeur (comme toi, jadis d’ailleurs dans le même lycée de Marseille) de philosophie et j’adhère de plus en plus aux thèses de Rancière, Tolstoï, etc…

  17. Ok, dans ma vision des choses:

    Les seuls ‘representants’ qu il reste n’ont qu’un pouvoir protocolaire (president/maires), ils n’ont pas plus de pouvoir politique que les autres a part celui de s’exprimer depuis une fonction protocolaire prestigieuse.

    Sinon il y a des tirés au sort, cependant a l echelle communale il s agit d une boulé qui est sensée mettre en oeuvre les decisions de l’ ecclesia cad tout le monde.

    Sinon les tires au sort qui siegent a l ecclesia nationale ont pour obligation de 1 a deux fois par semaine de faire de permanances dans les ‘maisons de quartier’ (lieux de reunion libres donc, plus petits que l ecclesia) afin de debattre avec les citoyens des affaires en cours a l echelle nationale et des votes qu il y exprimera.

    En termes de referendum il y en a tout le temps, au moins deux fois par an des referendums multiples.

    • Petite precision a propos des referendum: il y a referendum a l initiative des ecclesia (nationale/locales) pour toutes les decisions importantes depassant le cadre de la simple gestion des affaires courrantes (modification de la loi par exemple). En sus il y a les ric.

  18. Sur la descolarisation j y suis fermement opposé, discuter des ameliorations que l on peut apporter, bien sur, remettre en cause completement l ecole me parrait a la foi irrealiste et irresponsable.

  19. Le droit de réunion me parait très incomplet s’il n’est pas dans un contexte échapant à la surveillance. Dans 1989, il n’y a pas d’interdiction de réunion il me semble, mais comme tout est toujours surveillé personne ne peut s’exprimer librement.

    Article X :
    Le droit de tennir des réunion publiques ou privées, dans un contexte échapant à toute surveillance du pouvoir, est inviolable et sacré. Aucune loi ou règlement ne peut interdire au peuple de se réunir librement, ni organiser la surveillance de telles réunions, sous peine de forfaiture et de déchéance pour les représentants qui l’aurait tenté.

  20. « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes… » par Zbigniew Brzezinski :

    http://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski

    Olivier Berruyer : « Fantastique interview de 1998, dont il est fascinant de voir qu’elle n’a eu aucun impact dans notre mémoire collective…

    Rappelons que Zbigniew Brzezinski était le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité – et que Barack Obama l’a nommé conseiller aux affaires étrangères lors de sa campagne présidentielle…

    Bref, c’est bien tous le problème des “complots” : des fois, ils existent bel et bien ! »

  21. Ce message pour signaler que
    samedi, les citoyens constituants organisent leur atelier constituant mensuel à Paris.

    Détails ici : http://ateliersconstituants.com/

    Étienne, pourrais-tu -s’il te plait- reprendre ces détails et leur donner toute la visibilité qu’ils méritent ?
    Dèmos kratiquement,
    Wikicrate.

    • Bonjour, petite suggestion: ce serait bien d en faire un un dimanche un jour, le samedi je bosse (et je ne suis peut etre pas le seul dans ce cas).

      • Dans un bureau de vote, et surtout les dimanches avant les élections… 😉

        • Lol, comptez pas sur moi pour participer a la pantalonade actuelle… j irai pas choisir entre l’ump et le ps ni meme faire barage au grand satan, qu’ils aillent au diable avec leur tambouille. Par contre je veux bien me lever pour un atelier constituant.

          • C’est bien ma pensée, je me faisais juste la réflexion : Pourquoi nos écoles peuvent servir pour les bureaux de vote ou pour les kermesses les dimanches et pas pour faire classe aux citoyens demandeurs de connaissance et d’expression politique.

          • Je sais bien J Steph, je me doute bien que tu n’essayais pas de me faire voter pour Bartolone LOL … sinon oui je suis d’accord, le dimanche les ecoles seraient bien plus utiles comme ateliers constituants que comme bureau de pseudo vote…bien sur en démocratie ce serait autre chose, j’irais au bureau de vote avec joie.

  22. Très beau message :

  23. bonjour à tous voici mon commentaire sur l’intervention de JL Mélenchon sur F.inter ce matin:

    Je lui donne raison sur un point: « qu’ils s’en aillent tous » mais lui avec car comme les autres il fait parti de la nomenklatura et la « sociale-démocratie » est morte.

    Vu l’avenir éco sombre qui vient il faut recréer un imaginaire politique où le peuple se retrouve avec effet immédiat (pas de promesse a moyen ou long terme, plus personne n’y croit) pour les plus démunis ce qui seul permettra une union du peuple.

    Je pense que c’est le moment de mettre en place le « salaire à vie » de B.Friot avec sur le plan politique une révolution citoyenne digne qui seule a même de lutter contre la corruption et la vassalisation des sectes-parti politique c’est à dire au moins une chambre (sénat et/ou parlement) tirée au sort accompagner d’une vrai subsidiarité inversée (décisions politiques se prennent au niveau le plus bas possible sans parti) le temps d’installer une vrai démocratie en devenant constituant nous mêmes.

  24. Morgan Stanley recrute Alistair Darling, ancien ministre britannique des Finances
    http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021545024817-morgan-stanley-recrute-alistair-darling-ancien-ministre-britannique-des-finances-1183105.php

    « L’homme qui a orchestré le sauvetage du secteur bancaire outre-Manche rejoint le conseil d’administration de la banque américaine Morgan Stanley. »
    Une constitution digne de ce nom permettrait de jeter de jeter de tels gredins en prison.

    • Essayez de rédiger l’article qui incriminerait gravement ce qu’on appelle complaisamment le « pantouflage » (c’est trop gentil d’appeler comme ça une trahison) et qui permettrait à n’importe qui de contrôler et de dénoncer publiquement ces corruptions évidentes.
      Ce n’est pas si simple.

      • Je ne pense pas qu’il faille tenter de tout régler par la loi et la menace de sanctions. Dans le cas présent, il serait beaucoup plus simple d’organiser la prise de décision telle que le sauvetage des banques de telle manière qu’une personne unique ne puisse pas avoir le dernier mot dans un dossier. Celle-ci devrait par exemple être prise par un collège représentant divers intérêts (dont les banques). Sur le modèle des conventions patronat-syndicats. A choisir, dans un cas pareil, les intérêts des décisionnaires devraient être bien identifiés dès le départ. Il vaut mieux organiser les choses de telle manière qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt plutôt que de le rendre possible puis de sanctionner s’il y a « trahison ».

      • C est un peu comme pour l article du post. J entends par la qu en instituant une vraie democratie les ministres (tires au sort) ne seraient que des executants charges d’ordonner et de veiller a la mise en application des decisions prises par l’eclesia ou les referendums (ajoutons que de plus ils seront etroitement surveilles par les controleurs totes au sort)…pareil pour le systeme banquaire, la banque centrale serait soumise au ministre des finances lui meme soumis a l eclesia et aux referendums… Avec un tel systeme j ai meme envie de dire que si le type passe avec succes sa mise en accusation de fin de mandat (court) il peut bien se faire embaucher par les casino Barrière si ca lui chante…

        Non?

      • Avec l’instauration d’un salaire à vie type « Bernard Friot », ce genre de méfaits n’aurait plus de raison d’être, on tuerait le bébé dans l’oeuf.
        Tout en ayant instauré des mesures de contrôle au niveau constitutionnel du type par exemple :
        -pour les organes: séparation des pouvoirs, chambres de contrôle, tirage au sort
        -pour les représentants: ostracisme, révocabilité, reddition des comptes.

        Je préfère le mot « délégué » au mot « représentant ». Le délégué doit rendre des comptes. On lui délègue du travail, mais pas notre responsabilité citoyenne. Nous restons responsables, il est donc un simple exécutant, il a un niveau hiérarchique inférieur à la communauté citoyenne.
        Contrairement au mot « représentant » qui a pris un coup de novlangue durant la période de « démocratie » représentative.

  25. Je ne suis pas sûr que la priorité pour l’écriture d’une constitution soit de traiter directement du droit de réunion, ce qui pour moi relève du détail, et pour le coup, de ce « droit de l’hommisme » tellement mis en avant pour nous mener au cosmopolitisme et qui fait tant de dégâts actuellement.
    Il me semble que notre préoccupation pour que des citoyens responsables puissent écrire une bonne constitution est d’en d’établir en préalable les conditions c’est à dire faire adhérer, convaincre de son efficacité, et expliquer son fonctionnement :

    A) Faire adhérer:

    1 Expliciter le vocabulaire de base pour qu’il soit parfaitement compris.
    2 Définir clairement les fameuses « valeurs » dont se gargarisent, sans les citer, ceux qui nous imposent en fait celle de l’actionnariat du CAC 40.

    B Convaincre,
    en faisant apparaître clairement le principe fondamental de la construction de son caractère démocratique, c’est-à dire la hiérarchisation des « pouvoirs » et la façon dont le peuple les maîtrise de façon qu’on ne puisse pas le leur dérober.

    C Expliquer le mode d’emploi :

    1 De la constitution :
    Bien faire apparaître la séparation de la partie immuable (hiérarchisation et maîtrise du pouvoir), des aménagements techniques liés aux évènements.

    2 Du périmètre législatif :

    -- faire apparaître l’universalité du périmètre, souveraineté sur tout ce qui relève du législatif national
    -- énoncer le principe de réversibilité

    Il me semble qu’ensuite il faut laisser faire les représentants, en reconnaissant qu’il est évident que le point de départ des réformes à entreprendre est la situation qu’ils vont trouver en arrivant.

    Dans cette idée j’avais propose une ébauche que je rappelle ici:

    Titre premier : Principes fondateurs de la constitution de la France
    La présente constitution établit la France en tant qu’Etat souverain, républicain, démocratique et laïc, respectant la souveraineté de tous les Etats ses voisins.

    Elle institue la France comme Etat souverain, en ce sens qu’il possède la faculté de juger souverainement si les engagements qu’il peut être amenés à prendre vis à vis des autres Etats ou institutions internationales respectent, et maintiennent, cette souveraineté (principe de subsidiarité)

    Elle institue la France comme République en ce qu’elle établit un régime de partage du pouvoir, et de rotation de ses détenteurs, sans donner à ceux-ci, à aucun moment, un quelconque moyen privilégié de le transmettre.

    Elle institue cette république comme démocratique en créant des institutions politiques donnant au peuple le pouvoir de gouverner, la faculté de l’exercer effectivement et sans discontinuité, et périodiquement les moyens de le valider ou le rejeter.

    Elle institue cette république démocratique comme laïque et fait respecter toutes les croyances, dès lors que leurs pratiquants respectent la loi concrète qui est issue du pouvoir politique et ne lui créent pas des contraintes spécifiques, et que les enseignements confessionnels s’expriment dans la langue nationale.

    Elle s’engage à respecter militairement la souveraineté des autres pays de la planète, tout en se réservant la faculté de moduler souverainement ses relations avec chacun.
    Titre second : Des principes du pouvoir politique

    1 : Unicité et souveraineté du pouvoir politique national

    En France, Etat organisé, il ne saurait exister qu’un seul pouvoir politique.
    Car c’est une condition nécessaire pour viser à établir un pouvoir cohérent, de façon à maintenir l’unité du peuple, qui passe par la compréhension de ce pouvoir, de façon à se l’approprier, et pouvoir l’exercer effectivement et efficacement.
    Il en découle :

    11 La nécessité d’une instance populaire souveraine qui décide souverainement dans les domaines :
    — du corpus législatif national: ensemble du des textes contraignants (y compris les code civil et judiciaire) auquel le peuple est soumis
    (et éventuellement réversiblement, « errare humanum est, perseverare diabolicum »)
    — de l’appréciation efficiente de son respect par les organes exécutifs délégués.

    12 La subsidiarité des autres pouvoirs :

    121 La subsidiarité des pouvoirs politiques « professionnels » classiques

    La notion habituelle de séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif, et le judiciaire doit donc être abandonnée au profit de la notion de « pouvoir » et de « pouvoir délégué ».Il s’agit donc pour le second et le troisième de pouvoirs « délégués », qui sont chargés d’« exécuter » « professionnellement » les actes concrets de la politique sous la prescription (de l’organisme législatif) et son contrôle (le même ou éventuellement d’une autre instance.)

    La subsidiarité des pouvoirs corporatistes : entreprises

    La subsidiarité des reconnaissances juridiques des institutions ou législations internationales.

    — toute reconnaissance juridique de législation et/ou d’institution internationale, qui interfèrerait sur ce corpus, est soumise au principe de subsidiarité, quelle que soit sa portée utilitaire, morale ou symbolique.
    En particulier :
    — souveraineté de la Banque Nationale
    — repositionnement sans a à priori sur les relations avec les organismes faussement internationaux du type OTAN, FMI, ONU, et entreprises multinationales etc

    2 : Légitimité du pouvoir politique national

    21 Le pouvoir est amateur

    Le pouvoir est l’affaire du peuple. On ne saurait demander au peuple d’être un professionnel de la politique, qu’il n’est appelé à exercer que brièvement. L’assemblée détentrice du pouvoir est donc une assemblée d’amateurs.

    22 Le pouvoir est capable

    Chaque citoyen est déclaré posséder une pleine capacité de jugement, qu’il ne peut exercer utilement que dans la mesure où elle bénéficie du maximum d’informations sur les concepts et dispositions et mécanismes sur lesquels il a à délibérer. Des mesures spécifiques sont prévues dans la constitution pour établir et maintenir cet éclairage.

    23 Le pouvoir agit librement

    Cette assemblée délibérante ne saurait être déclarée représentative dès lors que chacun des représentants serait mis dans l’incapacité d’exercer librement cette capacité de jugement. La constitution possédera donc un panel de mesures pour minimiser les inévitables influences s’exerçant sur les représentants et notamment prévoir la rotation des charges.

    24 Le pouvoir est socialement représentatif

    La population française entière ne peut être appelée à la délibération et à la permanence des votes d’adoption des textes législatifs. Elle est donc amenée à désigner des représentants.
    La nécessité pour le peuple de s’approprier le pouvoir est que lesreprésentants constituent un échantillon socialement représentatif de la population citoyenne. Pour être rationnel, le jugement du représentant repose sur la compréhension des propositions qui sollicitent sa capacité de jugement ( § 22), mais doit être complété par une évaluation des impacts divers qu’elles auront sur les citoyens suivant les positions sociales occupées, qui ne sera complète que si l’ensemble de ces situations est débattue.
    Un tel échantillon ne peut être obtenu que par le tirage au sort de ces représentants

  26. Cousins, Cousines, bon matin de l’autre continent…

    À part que de vous offrir ma sympathie dans votre décision d’obtenir un vrai contrat de constitution citoyenne et de remettre en premier plan votre liberté, votre égalité, votre fraternité… Chambery, est l’endroit tout indiqué, pour entreprendre cette prise de conscience collective et faire la différence…

    En mon nom personnel et celui de mes frères concernés, recevez et inspirez vous de notre solidarité filiale séculaire pour bientôt passer vos existences du rêve à la suprême réalité qui nous joint tous dans cette quête incessante de nos valeurs les plus fondamentales qui soient.

    Québécois de souche issu des pionniers venu de France pour bâtir en Nouvelle-France, la terre promise de l’espérance…

    Et comme le Général de Gaule est venu clamer notre quête de liberté : Vive le Québec, … Vive le Québec, LIBRRRE…

    Quelque 50 ans plus tard, Châteauvert vous dit :
    Vive la France… Vive la France LIBRRRE…

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