Bernard Friot à Ballast : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

Puissante synthèse de Bernard Friot,
pour Ballast :
« Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

À lire.

http://www.revue-ballast.fr/bernard-friot/

Entretien inédit pour le site de Ballast

Économiste et sociologue, Bernard Friot défend depuis de nombreuses années une alternative au capitalisme, qu’il a théorisée à partir de son sujet de prédilection : la sécurité sociale. Contrairement à la proposition du revenu de base qu’il qualifie de « roue de secours du capitalisme », la solution du salaire à vie s’inscrit autant dans une refonte complète de notre rapport à la propriété que dans une démarche de suppression de notre aliénation au marché de l’emploi, au profit de la valorisation du travail. Car, pour ce professeur émérite de l’université de Nanterre, c’est très clair : nous travaillons tous, même si nous n’avons pas d’emploi. Au sein de l’association d’éducation populaire Réseau salariat dont il est cofondateur, Bernard Friot déconstruit méthodiquement la rhétorique de ce qu’il appelle la « religion capitaliste », que nous avons intégrée jusqu’à en être prisonniers conceptuellement. Entretien.


Potrait1Dans l’une de vos conférences, vous affirmez que la France n’est pas un État laïc. Pouvez-vous nous expliquer en quoi le capitalisme est une religion, d’État qui plus est ?

La France est un État partiellement laïc et c’est heureux : la laïcité, en séparant l’État des religions, est une condition de l’émancipation populaire, car les religions sont de puissants systèmes d’adhésion à la classe dirigeante. Mais justement, il y a une religion qui, loin d’être séparée de l’Etat, y règne en maître : c’est la religion capitaliste. Entendons par là un ensemble très construit de dogmes, de croyances, de rituels, qui font passer pour divine la violence des institutions du capital. Les dogmes sont construits par la prétendue « science économique », qui s’est imposée à l’université en excluant les hétérodoxes des postes de professeur et qui formate tout le discours des gouvernants et des médias. Plus la réalité infirme le dogme, plus il est raffiné, avec l’affirmation classique de toute religion : c’est parce que nous ne sommes pas assez fidèles au dogme qu’il n’informe pas encore suffisamment le réel ! La prétendue « science économique » procède par injonction permanente. Les croyances permettent d’intérioriser les injonctions du capital : nous présenter sur le marché du travail comme « demandeurs d’emploi » (alors que nous sommes les seuls producteurs de la valeur !) parce que nous croyons que seuls ceux qui ont un emploi produisent de la valeur économique ; nous soumettre aux marchés financiers parce que nous croyons que l’on ne peut financer l’investissement (et créer de la monnaie) que par crédit ; accepter la rémunération du capital parce que nous croyons que l’outil de travail crée de la valeur ; apprendre à vivre avec la souffrance d’un travail mené sous la dictature du temps parce que nous croyons que la mesure naturelle de la valeur, c’est le temps de travail. Je m’en tiens à ces exemples, mais les croyances capitalistes nous enserrent dans un filet très fin.

Les rituels, eux, inscrivent notre quotidien dans la pratique ou l’acceptation des croyances et des dogmes. Là encore, je n’en retiens que quelques-uns dans un ensemble infini. Dès l’enfance, nous entendons à la radio et à la télé le prêche des éditorialistes, qui nous rabâchent ad nauseam le même sermon : si vous n’êtes pas sages, vous irez en enfer (voyez, les Grecs n’ont pas été sages, ils sont en enfer). À la radio toujours, l’appel plusieurs fois par jour du muezzin qui, depuis le temple de la Bourse, récite le moulin à prières de la cote des titres financiers. Dès le collège, nos enfants sont régulièrement conduits dans des salons d’orientation où ils vont apprendre à appauvrir leurs désirs professionnels pour les conformer aux « exigences du marché du travail », un dieu particulièrement cruel. Puis il faudra aller régulièrement à confesse : auprès de conseillers de Pôle emploi et autres institutions du marché du travail pour examiner avec eux comment sortir du péché en améliorant notre employabilité, auprès du N+1 pour entretenir soigneusement notre incertitude sur la légitimité de notre présence dans notre emploi. A l’opposé, dans une pratique laïque de l’État, la loi ne doit être porteuse d’aucune de ces croyances et de ces rituels, leur expression doit être interdite dans les instances d’État et les services publics (mais autorisée bien sûr sur France Culture le dimanche matin parmi les autres croyances) ; la loi doit interdire leur obligation et garantir l’impunité pour ceux qui les refusent. Nous en sommes loin, le combat laïc a encore fort à faire. Mener la bataille pour la séparation de l’État et de la religion capitaliste est d’autant plus décisif aujourd’hui que, chez les socialistes, les mânes de la séparation de l’État et des églises traditionnelles sont invoquées comme caution de gauche à une politique de soutien résolu à la religion capitaliste, tandis que la laïcité a été récupérée par le Front national et Les Républicains comme argument raciste au service d’une division populaire qui dédouane le capital de sa responsabilité dans la crise du travail.

Vous décrivez donc une religion capitaliste qui est la cause d’une très puissante aliénation aux institutions du capital. Quelles sont les alternatives possibles à ces institutions ?

« Tout cela peut être étendu à toute la production, car nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires, ni de prêteurs pour produire. » 

Mettre en évidence le déjà-là de ces alternatives est tout l’objet de mon activité de chercheur : je fais donc une réponse sommaire et je renvoie le lecteur à mes livres, du plus simple (Émanciper le travail, entretiens avec Patrick Zech, aux éditions La Dispute, en 2014) au plus technique (Puissances du salariat, édition augmentée, La Dispute, 2012). Vous avez raison de souligner que malgré la chape de plomb de la religion d’État, le mouvement populaire a commencé à construire une classe révolutionnaire qui s’est victorieusement opposée aux institutions du capital. Contre le marché du travail a été construit le salaire à vie des fonctionnaires et des retraités. Contre le salaire « prix de la force de travail », qui fait de nous des mineurs économiques ayant droit à du pouvoir d’achat, niés comme producteurs de valeur, la classe ouvrière a imposé le salaire à la qualification. Contre la mesure de la valeur par le temps de travail, la production des administrations est mesurée par la qualification des producteurs. Contre la propriété lucrative, de multiples formes de propriété d’usage sont en train de s’instituer. Contre le crédit à l’investissement, l’impôt et la cotisation permettent de subventionner des équipements collectifs. Tout cela peut être étendu à toute la production, car nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires, ni de prêteurs pour produire.

Il a été reproché à Thomas Piketty de négliger dans son livre best-seller Le Capital au XXIsiècle toute la violence sociale contenue dans le rapport entre un employeur et un employé. Peut-on imaginer un capitalisme sans ce rapport asymétrique, et donc sans cette violence ?

Évidemment pas : la propriété lucrative réserve la propriété de l’outil de production à une minorité, qui exerce une dictature sur la majorité par le double chantage à l’emploi et à la dette. Les institutions de l’Union européenne, syndicat du capital, organisent depuis les années 1950 ce double chantage, avec une constance et une détermination que des travaux comme ceux de Corinne Gobin, politiste à l’université libre de Bruxelles, ont très bien montrées depuis des décennies, sans qu’ils aient été pris au sérieux par tous les croyants dans une possible réforme de l’Union européenne. L’affrontement de la troïka au peuple grec ouvre aujourd’hui les yeux de certains de ces croyants, et cela en dépit de la mise en scène du jeu de rôles entre Hollande et Merkel, et de l’incroyable propagande du clergé médiatique. Dans une affaire où Le Monde et Libération s’illustrent par leur participation sans retenue à la curée, de tous les quotidiens, seul L’Humanité soutient le peuple grec, même s’il faut déplorer qu’elle le fasse sur la base d’un appui sans réserve à Syriza, qui ne mène pas la nécessaire lutte contre la classe capitaliste grecque pour la propriété populaire de l’économie, condition sine qua non de tout bras de fer avec la troïka – ce qui nous renvoie, chez nous, à la dérive sociale-démocrate du PCF et de la CGT. Puisque votre question fait référence à Thomas Piketty, qui s’inscrit dans la filiation de François Furet et de Pierre Rosanvallon dont la responsabilité dans le déplacement à droite du débat public depuis quarante ans est énorme, je note qu’il a pris position contre la troïka, avec tous les économistes hétérodoxes. Ce qui montre que le refus de l’austérité, qui motive l’essentiel de l’opposition à la politique de l’Union, est à côté de la plaque : la violence du capital exige en réponse la construction d’une autonomie populaire sur la base d’une production alternative à la production capitaliste, comme la classe ouvrière, avant son affaissement des quarante dernières années, a commencé à le faire. Je viens de rappeler ces commencements en réponse à votre précédente question, et c’est de ces acquis – considérables – qu’il faut partir pour les généraliser.

Pour faire disparaître la violence sociale due à l’emploi, vous proposez, entre autres, la copropriété d’usage, et donc l’abolition de la propriété lucrative. En quoi cette dernière est-elle différente de ce que l’on appelle communément la propriété privée des biens de production ?

« Le capitalisme ne repose pas sur la propriété privée des biens de production mais sur leur propriété lucrative, c’est-à-dire sur la contrainte faite aux non propriétaires de présenter leur force de travail comme une marchandise sur un marché du travail. »

Remplacer dans l’analyse de la propriété l’opposition propriété privée/publique par l’opposition propriété lucrative/d’usage est décisif si le mouvement populaire veut sortir de son désastreux mutisme sur la propriété. « Propriété privée » est un pléonasme : le propriétaire d’un logement individuel ou le collectif copropriétaire d’une usine en ont un usage privé, personne d’autre que ces propriétaires ne peut disposer de ce logement ou de cette usine. Le projet  d’« abolir la propriété privée » est de ce point de vue un non-sens : seuls des logements ou des outils de travail portés par des propriétaires sont réellement assumés. C’est pourquoi ce projet est si peu énoncé, ou alors selon deux propositions très contestables. La première, traditionnelle dans la revendication de nationalisations, opère une distinction entre les petits et les gros propriétaires : seuls les seconds seraient concernés par la collectivisation de la propriété (le projet étant, je le rappelle, de passer du « privé » au « public »)… ce qui revient à laisser au capital l’essentiel du tissu productif, fait de PME, et crée une division du salariat entre les salariés des grandes entreprises et les autres, deux raisons essentielles de l’échec des nationalisations, qui ont pourtant été très nombreuses au XXe siècle. La seconde, plus récente, considère la propriété comme une question dépassée, et préconise l’usage : certes, mais sur quelle base juridique et avec quelles capacités décisionnelles ? Revendiquer l’usage sans la propriété ne risque pas de faire peur au capital ! Le capitalisme ne repose pas sur la propriété privée des biens de production mais sur leur propriété lucrative, c’est-à-dire sur la contrainte faite aux non-propriétaires de présenter leur force de travail comme une marchandise sur un marché du travail, afin de produire des marchandises sous la dictature du temps et ainsi d’augmenter le patrimoine des propriétaires. Seul le travail vivant produit de la valeur, et donc, si un patrimoine procure un revenu, c’est forcément sur la base de cette extorsion du travail d’autrui dans la sphère de la production. Y compris si l’on est « petit » : propriétaire d’une TPE ou d’une PME, salarié actionnaire ou titulaire d’une épargne dont le rendement est supérieur à la croissance du PIB courant, loueur d’un bien foncier ou immobilier.

Tant que la propriété lucrative n’est pas délégitimée (et interdite) dans toutes ses manifestations, l’œuf volé par le « petit » légitimera le bœuf volé par le « gros ». Contre la propriété lucrative et à sa place, c’est une autre propriété qu’il faut continuer à construire pour la généraliser : la propriété d’usage. Propriété, parce que c’est la condition pour décider : de l’investissement, de ce qui va être produit, de la hiérarchie, du collectif de travail. Tout cela doit être le fait de chacun de nous, nous devons absolument devenir propriétaires de notre outil de travail (et, j’ajoute, de notre logement, pour pouvoir y apporter les modifications conformes à notre pratique de l’espace privé). Faute d’être nous-mêmes propriétaires, nous sommes impuissants devant des propriétaires lucratifs qui délocalisent à leur guise, qui nous imposent l’objet et les conditions de notre travail ou des hiérarchies sur lesquelles nous n’avons aucune prise, qui nous obligent à restituer notre logement dans l’état où nous l’avons trouvé. Oui, contre cette impuissance, nous devons devenir tous propriétaires de notre outil de travail et de notre logement, mais propriétaires d’usage ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Que nous ne tirons aucun revenu de cette propriété, et qu’elle n’est transmissible que comme propriété d’usage. Pas de parts sociales cessibles comme dans trop de coopératives : dès qu’on est embauché, on entre dans l’entreprise avec tous les droits d’un copropriétaire (décision sur l’investissement, le produit, la hiérarchie, le collectif de travail…), sans nécessité d’un quelconque apport autre que celui de son travail, et quand on la quitte, c’est sans autre enrichissement que celui d’une progression salariale, si on a pu passer une épreuve de qualification grâce à l’expérience acquise. Dans la même logique, la maison de famille, la ferme ou l’outil de travail d’un artisan sont transmissibles comme propriété d’usage, et uniquement comme propriété d’usage. Aucune accumulation individuelle et familiale ou collective n’est possible.

Devant le rejet de la hiérarchie de la part de la nouvelle génération, le capitalisme semble opérer une nouvelle mutation. Dans de plus en plus d’entreprises, on supprime les hiérarchies, et on autonomise et implique davantage tous les travailleurs dans les créations de projet. On leur propose même parfois de décider eux-mêmes de leur salaire. Qu’en pensez-vous?

On peut aussi venir y travailler en short et tongs et avec son chat. Et, si possible, avec son sac de couchage, pour être en permanence « créateur de projet » ! La capacité de telles entreprises à essorer les jeunes en s’appuyant sur leur intérêt pour leur travail pour obtenir d’eux un infini travail gratuit est effectivement très perverse. Mais, à 30 ou 35 ans, ils se rendent compte qu’ils ont été floués.

Cette question vous est souvent objectée mais, pour avoir lu et écouté vos réponses, nous restons encore sur notre faim : qu’est-ce qui pourrait pousser les gens à travailler s’ils reçoivent un salaire à vie ? Ne projetez-vous vos propres dispositions personnelles sur l’ensemble de la population ? Votre anthropologie ne souffre-t-elle pas de quelque candeur ?

« La valeur n’a pas d’autre fondement que politique, elle est le lieu d’expression de l’enjeu de pouvoir inhérent à toute production, à tout travail. »

Si les réponses que je fais habituellement à cette objection ne vous satisfont pas, je vais passer par un détour théorique sur la valeur et la lutte des classes. Le mot « travail » renvoie à deux réalités qu’il faut bien distinguer. Nous passons l’essentiel de notre vie éveillée dans des activités concrètes qui produisent, avec la nature, des biens et des services utiles – ou considérés comme tels. Ce travail concret est producteur de la richesse sans laquelle notre espèce ne pourrait pas se reproduire. Et lorsqu’une personne, bien qu’engagée dans ces activités concrètes, dit qu’elle « cherche du travail » ou qu’elle « ne travaille plus », nous sommes renvoyés à la seconde dimension du travail, celle de sa validation sociale et de l’expression monétaire de cette validation dans le profit du propriétaire lucratif et le salaire du salarié, ou dans le bénéfice du travailleur indépendant. Ici, ce n’est pas sous sa dimension concrète, en tant que producteur de richesse, que le travail est considéré, mais en tant que producteur de valeur. On parle alors de travail abstrait : quelles que soient les différences de leur travail concret, une comptable et un boucher peuvent produire la même valeur. Le travail abstrait détermine le travail concret : c’est sur « ce qui vaut » que va se concentrer la production de richesse et cela, selon les critères de « ce qui vaut ». Par exemple : si ce sont les transports liés à la route qui valent, il y a peu de chance pour que des moyens de transport ferroviaires ou fluviaux soient produits. Il y a une loi de la valeur, au sens où la production de richesse est déterminée par la production de valeur. Penser qu’on pourrait faire société dans la transparence des valeurs d’usage, éliminer le travail abstrait, libérer la richesse de la valeur en supprimant la monnaie et le travail est un rêve mortifère, qui prétend abolir le pouvoir par décret et qui empêche de voir que le travail abstrait est l’objet d’une lutte de classes. Car qui décide de ce qui vaut dans tout ce que nous produisons ? La lutte de classes. La valeur n’a pas d’autre fondement que politique, elle est le lieu d’expression de l’enjeu de pouvoir inhérent à toute production, à tout travail.

La classe capitaliste, en tant que classe dirigeante, exerce une dictature sur la production de valeur en la mettant au service de l’accumulation du capital : les richesses produites hors de son emprise (par les retraités, les fonctionnaires, les travailleurs indépendants, les chômeurs) sont déclarées sans valeur, tandis que valent des biens et des services parfaitement inutiles ou dangereux, dont la production alimente le capital. Mais contradictoirement, comme nous l’avons vu, une classe révolutionnaire se construit depuis deux siècles, avec des hauts et des bas, et commence à imposer une autre pratique de la valeur que, dans L’Enjeu du salaire et dans Émanciper le travail, je qualifie de « salariale » parce qu’elle se construit à partir des institutions du salaire conquises par la classe révolutionnaire : une pratique de la valeur décidée par des copropriétaires d’usage titulaires d’un salaire à vie, libérés du marché du travail, du chantage au crédit et de la mesure de la valeur par le temps de travail. La lutte de classes est l’affrontement irréductible entre deux pratiques antagonistes de la valeur. Elle se joue dans la matérialité des institutions de la production et dans les représentations qu’elles génèrent. La bourgeoisie prend l’avantage dans la lutte de classes quand elle réussit à imposer le gel ou le recul des cotisations et des impôts qui paient les soignants, les retraités, les fonctionnaires, les parents ou les chômeurs. Quand elle transforme le droit au salaire des chômeurs en droit à l’emploi, la retraite comme salaire continué par la retraite comme salaire différé, le salaire à la qualification par la sécurisation des parcours professionnels. Quand elle réimpose le financement à crédit des équipements collectifs. Quand, par le new public management, elle introduit la dictature du temps dans la production des services publics et y remplace des fonctionnaires par des CDI ou des salariés associatifs. Nous sommes là dans la matérialité des institutions de la production. Mais la lutte de classes se joue aussi dans les représentations. Quand un chômeur dit qu’il ne travaille pas, ou qu’un retraité dit qu’il ne travaille plus, il y a, dans cet aveu que ce qu’ils font peut être utile mais ne crée pas de valeur, adhésion à la religion capitaliste, aliénation à la violence de rapports de classes qui permettent à la classe capitaliste de refuser de valider l’activité qui se déroule hors de l’emploi, dont elle a la maîtrise absolue.

« Quand un chômeur dit qu’il ne travaille pas, ou qu’un retraité dit qu’il ne travaille plus, il y a, dans cet aveu que ce qu’ils font peut être utile mais ne crée pas de valeur, adhésion à la religion capitaliste. »

Quand des fonctionnaires acceptent l’idée absurde qu’ils dépensent (et non pas qu’ils produisent, comme tous les salariés) la valeur de l’impôt qui les paie, ils témoignent aussi de la même violence et de son intériorisation religieuse : ils croient que, comme ils ont un salaire à vie lié à leur grade, qui est un attribut de leur personne, et non un salaire à l’emploi (dont le support est le poste de travail, comme dans le privé), ils ne travaillent pas – au sens de : ils ne produisent pas de valeur –, puisque leur travail concret ne s’inscrit pas dans les canons capitalistes du travail abstrait. L’enjeu est que la classe révolutionnaire reprenne l’avantage, dans les institutions comme dans les représentations. Pour m’en tenir à l’objet de votre question (mais le raisonnement serait le même pour la copropriété d’usage de tous les outils de travail, pour le financement de l’investissement sans appel au crédit, ou pour le remplacement de la mesure capitaliste du travail abstrait par le temps de travail, par sa mesure salariale, par la qualification du producteur), nous ne pourrons généraliser le salaire à vie que si la classe révolutionnaire retrouve l’offensive et continue à imposer la pratique salariale de la valeur contre sa pratique capitaliste, comme elle l’a fait jusque dans les années 1970. Énumérons quelques mots d’ordre et pratiques d’une telle ré-offensive en vue de l’institution d’un droit politique au salaire, c’est-à-dire d’un salaire attribué de façon irrévocable à chaque personne, de 18 ans à sa mort, avec une progression possible par épreuves de qualification : hausse massive des cotisations et des impôts qui paient les fonctionnaires, les libéraux de santé ou les retraités, pour que la valeur qu’ils produisent aille au salaire socialisé, exclusivité des marchés publics pour les seules entreprises non capitalistes afin de sortir les coopératives et le travail indépendant de la marginalité, affectation de la qualification, et donc du salaire, à la personne des salariés du privé et non à leur poste de travail, transformation des prétendues « aides à l’agriculture » en salaire à vie des paysans, etc.

Si une telle mobilisation était porteuse d’une moindre incitation à travailler, elle serait immédiatement vaincue par l’adversaire de classe. Et d’ailleurs, qu’est-ce qui pousse aujourd’hui à une telle mobilisation ? Précisément l’expérience que le marché du travail et le marché des capitaux (ces fouets esclavagistes qui sont implicitement derrière la croyance que leur disparition conduirait à une moindre incitation à travailler) sont des institutions du travail abstrait qui empêchent le travail concret, celui des travailleurs bridés dans leurs initiatives par la nécessité de produire de la valeur pour l’actionnaire, celui des jeunes sous-utilisés massivement parce que victimes du marché du travail, celui des retraités réduits au bénévolat, celui des travailleurs indépendants ou des patrons de PME réduits aux miettes que leur laissent les groupes capitalistes. La mutation salariale du travail abstrait va considérablement relancer le travail concret et, ce qui est encore plus décisif quand on considère les considérables dégâts anthropologiques et écologiques de la pratique capitaliste du travail, le déplacer vers d’autres valeurs d’usage si, dès l’enfance, nous sommes éduqués à la coresponsabilité sur la valeur, puisque nous nous serons libérés de la dictature du capital.

Je résume : la généralisation du salaire à vie contre le marché du travail est l’affaire d’une incessante lutte de classes pour construire un travail abstrait libéré de sa pratique capitaliste et rendant possible un travail concret pour tous dans de bonnes conditions anthropologiques et écologiques. Il ne s’agit en aucun cas d’une « autre répartition de la valeur » qui affecterait aux personnes sous forme inconditionnelle une partie de la valeur créée par un travail abstrait inchangé. Laissons ce projet aux tenants du revenu de base, roue de secours d’une classe capitaliste porteuse d’un travail abstrait à ce point aberrant pour le travail concret qu’elle est prête à mettre en place la soupape de sécurité d’un revenu de base permettant à chacun, dans les interstices que laisse une production capitaliste inchangée, de mener les activités concrètes de son choix : par exemple avoir un jardin bio dans un océan d’agro-business, produire des logiciels libres qui, au bout du compte, alimenteront le droit de propriété intellectuelle des groupes capitalistes de l’internet. En contradiction avec cette dérive hélas possible, la généralisation du salaire à vie est une des dimensions de la suppression de la production capitaliste et de l’institution, à l’échelle macroéconomique, d’une autre pratique de la valeur et du travail dans laquelle le chantage à l’emploi et à la dette cédera la place à la coresponsabilité dans la production d’une valeur suffisante pour assurer le droit politique au salaire.

Nous avons récemment interviewé le sociologue Alain Bihr. Il nous disait : « Ce qui me paraît fort critiquable dans l’idée de « salaire à vie », c’est qu’elle passe à la trappe l’idée qu’abolir le capital, c’est, simultanément et du même mouvement, abolir le salariat. Le processus révolutionnaire est celui par lequel les producteurs associés, et au-delà l’ensemble de la société à travers eux, se réapproprient les moyens sociaux de production et dirigent, organisent et contrôlent la production de manière à satisfaire l’ensemble des besoins sociaux. Dans le cadre de pareils rapports de production, il n’y a pas de salariat. » Que répondez-vous ?

« La croyance dans une révolution qui n’aura jamais lieu que demain entretient le mythe de l’impuissance des dominés aujourd’hui. »

Alain Bihr fait partie de ces marxistes (et ils sont hélas nombreux) qui pensent qu’il n’y a pas de sujet révolutionnaire effectivement en train de se construire à l’échelle macrosociale, que la seule classe qui existe est la classe capitaliste. Et cela contre le cœur même de l’œuvre de Marx, analyste magistral du capitalisme comme contradiction, journaliste soigneux des mouvements révolutionnaires, acteur de la Première Internationale. Alain Bihr écrit certes sur « les rapports sociaux de classes », au sens où il énonce, à juste titre, que les classes ne préexistent pas à leur conflit et que ce sont les luttes de classes qui produisent les classes, mais les classes qu’il définit ne comportent… qu’une classe, la « classe capitaliste » qui domine respectivement  le« prolétariat »,  l’« encadrement » et la « petite bourgeoisie ». Le postulat de la lutte de classes reste chez lui un élément du puzzle théorique mais, dans la réalité, il n’observe aucun résultat révolutionnaire de la mobilisation syndicale ou politique concrète des dominés : la qualification, la sécurité sociale, la fonction publique, la cotisation, tout cela peut selon lui apporter une correction aux inégalités sociales et desserrer provisoirement l’étau, mais ne constitue en aucun cas les prémices d’une alternative, voire sert les intérêts fondamentaux du capital. Ce mouvement ouvrier qui n’a rien conquis de véritablement subversif du capital n’est donc pas un sujet historique, il n’est pas une classe révolutionnaire. Seule la classe capitaliste existe comme telle. Alain Bihr n’est pas le seul à exalter le mouvement ouvrier abstrait mais à faire du mouvement ouvrier concret un idiot utile du capital, à élaborer une critique théorique du capitalisme dans l’ignorance de sa critique sociale, à raconter la saga d’une classe dirigeante qui a toujours la main : la majorité des chercheurs en sciences sociales écrivent l’histoire du point de vue de la domination de classe. Par leur fascination pour le pouvoir, ils sont un élément décisif du clergé de la religion capitaliste. Je ne parle pas ici des économistes orthodoxes, dont j’ai dit dès le début qu’ils sont le haut clergé de cette religion et qui pratiquent d’ailleurs, non pas la science sociale (pouah), mais la science tout court ! Je parle d’un bas-clergé d’autant plus efficace qu’il critique une domination capitaliste dont il nie qu’elle ait commencé à être radicalement mise en cause.

On retrouve là un ingrédient constitutif de la religion, qui, je le rappelle, n’est pas simple soumission, mais aussi soupir du soumis contre son maître. De même que la croyance dans la damnation des riches après la mort entretient la soumission dans cette vie à ces riches haïs, de même la croyance dans une révolution qui n’aura jamais lieu que demain entretient le mythe de l’impuissance des dominés aujourd’hui. J’ai tout à fait conscience de la gravité qu’il y a à dire cela, s’agissant de collègues aussi respectables qu’Alain Bihr ou les Pinçon-Charlot, ou trop d’Économistes atterrés. Si je le dis aujourd’hui avec encore plus de fermeté qu’hier, c’est parce qu’il y a urgence à sortir d’une critique du capitalisme aveugle sur les tremplins révolutionnaires construits dans la lutte de classes, une critique qui, par son aveuglement, participe, évidemment à son corps défendant, à la domination qu’elle combat. Pourquoi Alain Bihr identifie-il souveraineté sur la production des producteurs associés et abolition du salariat ? Précisément parce que les salariés sont rangés chez lui dans deux classes-qui-n’en-sont-pas, le prolétariat, qu’il définit exclusivement comme dominé, et l’encadrement, qui regroupe « les agents subalternes de la domination capitaliste ». Le salariat, c’est les prisonniers et leurs kapos. Et alors même qu’il insiste sur le papier sur la nécessité théorique d’une historicisation des classes sociales, en pratique il les essentialise : les salariés sont enfermés à vie dans le camp du capital. Rien, dans ce qui s’est passé depuis deux siècles de combat ouvrier, n’est fondamentalement émancipateur. Le « processus révolutionnaire » dont il parle dans la citation que vous rapportez est pour demain, Alain Bihr attend le Messie qui balaiera la classe capitaliste, et donc le salariat qui en est l’appendice. Alors que si, comme je m’y efforce depuis quarante ans dans mon analyse de la sécurité sociale dans l’Europe continentale, on élabore une critique théorique du capitalisme à partir de sa critique sociale, le salariat prend une tout autre couleur. En tant que classe ouvrière, il a mené une lutte de classes sur le salaire qui a produit les institutions décisives que sont le salaire à la qualification et, plus encore, à la qualification de la personne qui en fait un salaire à vie, et une socialisation massive de la valeur contradictoire à l’accumulation capitaliste par la partie de la cotisation et de l’impôt qui est affectée au paiement du salaire à vie et au subventionnement de l’investissement.

« Il y a urgence à sortir d’une critique du capitalisme aveugle sur les tremplins révolutionnaires construits dans la lutte de classes. »

Aujourd’hui où la classe ouvrière s’est affaissée dans les vieux pays capitalistes – ce qui certes est dommageable sur le court terme mais doit être lu dans le nécessaire temps long de la révolution du mode de production (après tout, la bourgeoisie a mis cinq siècles pour l’emporter comme classe révolutionnaire sur l’aristocratie féodale, et a connu elle aussi des hauts et des bas dans ce combat séculaire) –, l’imposition d’une production salariale sans emploi et sans crédit, sans chantage donc de la propriété lucrative, relève de la mobilisation et de l’inventivité des organisations encore vivantes de la classe ouvrière, mais aussi, très au-delà d’elles, de la mobilisation des cadres, écœurés des pratiques des actionnaires et des prêteurs et qui mettent leur savoir-faire au service d’une production alternative portée par de plus en plus de trentenaires éduqués qui refusent, c’est leurs termes, de «produire de la merde pour le capital » ou de se soumettre aux injonctions d’employabilité : et aussi de la mobilisation de travailleurs indépendants qui ont compris que leur intérêt n’est absolument pas du côté du capital, voire de patrons de PME sur qui pèsent la fonction d’employeur et la propriété d’un patrimoine dont ils pourraient être libérés par une organisation salariale de la production. Le salariat comme classe révolutionnaire en cours d’affirmation face à la classe capitaliste ne se définit évidemment pas à partir du contrat de travail avec un employeur. Il regroupe toutes celles et tous ceux qui assument les institutions anticapitalistes du salaire : droit politique au salaire à vie, copropriété d’usage de l’outil de travail, socialisation de tout le PIB dans la cotisation-salaire et la cotisation-investissement, création monétaire sans crédit.

Dans Après l’économie de marché, paru aux éditions ACL, Anselm Jappe vous reproche de vous battre pour des choses qui, finalement, existent déjà (la valeur, l’argent, le salaire, les fonctionnaires, les retraites), et estime que votre montagne (la révolution) accouche d’une souris. Vous voyez les choses en petit ou Jappe a-t-il la folie des grandeurs ?

Comme Alain Bihr, Anselm Jappe pense qu’il n’y a pas de sujet révolutionnaire en construction face à la classe capitaliste, ce qui pour lui n’a d’ailleurs aucune importance. Car la lutte de classes disparaît chez lui non seulement de l’observation concrète, mais de la théorie elle-même. Le capitalisme est défini comme fétichisme de la valeur, un fétichisme qui domine tant les capitalistes que ceux qu’ils dominent, les uns comme les autres impuissants à contenir une dynamique éperdue de marchandisation pour tenter d’échapper à l’implacable baisse tendancielle du taux de profit, dans une fuite en avant qui débouchera sur une inévitable apocalypse. Il reste à espérer qu’elle sera joyeuse. Anselm Jappe ne voit les choses ni en petit ni en grand : il développe du capitalisme une lecture millénariste irresponsable. Ce qui m’importe, c’est de débattre avec ceux que touche cette lecture. Car un tel discours sur l’horreur économique, sur l’inutilité des mobilisations syndicales, sur la nécessité de suppression de la valeur, et donc du travail et de la monnaie, n’est pas sans échos à une époque où, à défaut de pouvoir susciter l’adhésion au triste état dans lequel elle met la pratique de la valeur et donc le travail concret, la classe dirigeante s’accommode d’opposants qui récusent toute mobilisation pour changer cette pratique.


REBONDS 

☰ Lire notre entretien avec Franck Lepage, « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques », juin 2015
☰  Lire notre entretien avec Alain Bihr, « Étatiste et libertaire doivent créer un espace de coopération », mai 2015

Source : Ballast

Fil Facebook de ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10153694690082317?pnref=story

98 réponses à “Bernard Friot à Ballast : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

  1. Passionnant Maurizio Lazzarato :
    « La Fabrique de l’homme endetté
    Essai sur la condition néolibérale »

    http://www.editionsamsterdam.fr/la-fabrique-de-lhomme-endette/

    • … il restera des poches de lumières en différents endroits du monde, …
      Ça me fait penser aux TAZ d’ Hakim Bey

  2. Dossier : surveillance de masse

    http://www.franceinter.fr/dossier-surveillance-de-masse-dici-et-dailleurs

    « Comment une PME française s’est-elle retrouvée témoin assisté dans le cadre d’une information judiciaire pour complicité de torture en Syrie ?

    Qu’est-ce que le Deep Packet Inspection, le produit phare de Qosmos, qui a fait son succès ? La vente de ce type de technologie permettant la mise en place d’une surveillance de masse est-elle suffisamment encadrée ?

    Comment Qosmos, une entreprise habilitée confidentiel-défense depuis 2009, gère-t-elle sa communication ?

    En France, la loi sur le renseignement ouvre-t-elle la voie à ce type de surveillance intrusive, au nom de la lutte antiterroriste ? »

    […]

  3. Le monde serait bien meilleur, tout naturellement, si nous cessions (personnellement) de démissionner à en instituer les règles fondamentales de dévolution et de contrôle des pouvoirs.

  4. Pour ce qui concerne la monnaie et la dette publique, je suis en train de préparer (pour mes étudiants) le script complet de l’excellente enquête INSIDE JOB. C’est un texte essentiel. On devrait tous bosser ce texte le crayon à la main, tout y est très important :

    Dès que c’est prêt, je vous le passe.

  5. Sur le blog de Coralie Delaume,
    « Les gauches n’ont le choix qu’entre abandonner toute perspective de changement ou redevenir révolutionnaires »
    entretien avec Christophe Bouillaud :
    l-arene-nue.blogspot.fr/2015/09/les-gauches-nont-le-choix-quentre.html

  6. La cotisation sociale,
    outil de souveraineté populaire

    par Réseau Salariat Provence-Alpes Côte d’Azur 10 mai 2015

  7. Professionnalisation progressive
    de la corruption des parlementaires
    par « l’industrie financière » :

    « Les eurodéputés à l’école des banquiers »
    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5182

  8. Sur l’inutilité, ou plutôt sur l’extrême nocivité de « la finance » pour l’intérêt général, je rappelle aux nouveaux venus ce billet important :

    LERNER, la finance fonctionnelle et le mythe de la contrainte budgétaire, par Randall Wray :

    Dans cette présentation des principes de la finance fonctionnelle développée par Abba Lerner, l’économiste post-keynésien Randall Wray, citant le prix Nobel d’économie Paul Samuelson, rappelle que celui-ci assimilait à une « religion », une « superstition » l’idée qu’un gouvernement utilisant sa propre monnaie doive équilibrer son budget. Selon Samuelson ce mythe était nécessaire pour « effrayer la population afin qu’elle se comporte de la manière souhaitée, » et permettre ainsi d’éviter que les électeurs n’exigent de leurs gouvernants trop de dépenses. Ce faisant, poursuit Wray, « l’idée que l’équilibre budgétaire soit souhaitable n’a rien à voir avec « la capacité de financement » et les analogies entre le budget du ménage et un budget du gouvernement ne sont pas fondées. En réalité, s’il est nécessaire de limiter les dépenses du gouvernement grâce à un « mythe », c’est précisément parce qu’il n’est pas réellement confronté à une contrainte budgétaire. » […]

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/08/08/241-lerner-la-finance-fonctionnelle-et-le-mythe-de-la-contrainte-budgetaire-par-randall-wray

  9. Quand des « élus » s’accrochent à leur pouvoir
    comme des arapèdes [cratocrates] à leur rocher :

    « Coup d’État en Suède » :
    http://www.contrepoints.org/2015/01/27/195862-coup-detat-en-suede

  10. Pour comprendre « arapèdes cratocrates », cherchez cette expression dans cette page 🙂
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Avertissement.htm

    …. ou voyez la page 141 de ce document (plus complet) :
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Journal.pdf

  11. La révolution du salaire à vie de B.Friot avec la propriété d’usage est une solution pour sortir du capitalisme sauvage actuel, mais reste toujours la question essentielle comment la faire passer du stade d’utopie a celui de réalité?
    Surtout que le moment si rare ou cela devient possible car l’économie mondiale est entrain de s’effondrer tous les signes sont aux rouges.

  12. Comment le faire passer du stade de l’utopie à la réalité? Rien de plus simple, il suffit de recommencer à augmenter les cotisations sociales, comme durant les 30 glorieuses (au lieu de les baisser systématiquement à chaque réforme depuis 30 ans). Comme le dit Friot, le révolutionnaire est déjà-là, il suffit de savoir le voir.

  13. Remarquable…

    Frédéric Lordon : Il faut défendre le social

    Il faudrait retranscrire certains passages particulièrement bien formulés de cet entretien.

  14. La Commission pour la vérité sur la dette grecque fait sa rentrée !
    http://cadtm.org/La-Commission-pour-la-verite-sur

    leur analyse dévoile comme un « striptease » l’arnaque de la zone euro…et de l’UE.

  15. [progrès de la dictature] Tous des cobayes ?
    Obama autorise des expériences comportementales sur les citoyens américains (à leur insu)

    http://lesakerfrancophone.net/tous-des-cobayes/

  16. [Guerre permanente, nécessaire pour Big Brother]
    Nous venons en amis – Le film
    Le cauchemar au Soudan du Sud

    http://lesakerfrancophone.net/nous-venons-en-amis-le-filmle-cauchemar-au-soudan-du-sud/

  17. Je constate que plus personne n’intervient ici, ou presque.
    Peut-être parce que tout a déjà été dit.

    Donc concrètement, maintenant on fait quoi?
    On continue à siffler sur la colline, en attendant que nos chères élites aient fini de tout cadenasser, ou on attaque?
    Nous n’avons pas signé leur soit-disant « contrat social », ni un quelconque « pacte de non-agression », qu’attendons-nous pour dénoncer ce contrat unilatéral, et pour faire usage de la légitime défense?

    Ils ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux, et nous avons des armes pour nous défendre: autonomie et refus de la consommation, désobéissance civile sous toutes ses formes et sabotage si nécessaire.

    • « Plus personne n’intervient » ?!

      Hum.

      C’est la rentrée, on a parfois un métier 🙂 Et puis on n’est pas obligé de tout le temps parler 🙂 on peut aussi lire et méditer, c’est autorisé 🙂

      Mais « attaquer », quand on est encore (extraordinairement) faibles (et endoctrinés) sur TOUS les plans (économique, politique, culturel…), c’est politiquement se suicider ; c’est donner aux pouvoirs la légitimité pour (littéralement) nous enfermer.

      Non merci.

      Rappel : « Attention ! Pas de guerre civile ! La guerre civile perdrait la liberté. Deux heures de conversation à coups de canon, et c’est vingt ans d’euphorie pour les banques et vingt ans de misère et de silence pour les faubourgs. »

      Jules Vallès, cité par Henri Guillemin, « La Commune, n°4 » minute 5’40.

      (Voyez ma précieuse page « En vrac », p 28.)

      http://www.rts.ch/archives/tv/culture/dossiers-de-l-histoire/3448548-le-siege-de-paris.html

      « Donc concrètement, maintenant on fait quoi ? »

      Eh bien on fait comme on a dit 🙂 : on s’entraîne (mais vraiment, hein) à instituer nous-mêmes notre puissance politique ; et surtout, on entraîne avec nous le plus possible d’endormis, pour devenir vraiment nombreux à être devenus citoyens constituants, ce qui n’est pas encore (pas du tout) le cas.

      Je comprends les jeunes gens qui brûlent d’agir, mais en fait d’action ils feraient mieux de multiplier (vraiment, quotidiennement) les ateliers constituants populaires que de chercher la bagarre avec un monstre mille fois plus fort qu’eux.

      • J’en profite pour glisser que multiplier l’expérience d’Aurillac serait porteur de progrès.
        Zut, cataracte et coronaires. Il faudrait que je me donne des coups de pieds aux cul. Allez les jeunes !

        Demain je donne une conférence sur monnaie versus don, et j’impulse un atelier constituant, à Poisy (74)
        Allez les jeunes !

      • Etienne,
        Merci pour votre réponse.

        J’ai le sentiment que les méthodes que vous proposez, si elles ont été extrêmement efficaces et virales sur moi comme sur beaucoup d’autres, atteignent aujourd’hui leurs limites: ceux qui étaient disposés à remettre en cause leurs conditionnements l’ont fait; mais trop en sont incapables, par arrogance ou résignation.
        Il faut bien entendu continuer à rassembler et éduquer autant que possible, et je ne vous remercierai jamais assez pour l’éveil des consciences que vous avez pu provoquer.
        Mais je doute que ce soit suffisant.

        C’est pourquoi je propose d’autres moyens d’action complémentaires, car je ne peux me résoudre à votre idée que le monstre soit mille fois plus fort que nous: c’est l’apparence qu’il souhaite nous donner, mais il l’est bien moins que nous l’imaginons…

        Comme le dit Joss un peu plus bas, citant Sun Tzu: « Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. »
        Nous connaissons bien ses leviers comme ses points faibles: puisque nous sommes son unique carburant, arrêtons de l’alimenter.
        C’est NOUS TOUS qui produisons TOUT!

        Beaucoup ne sont plus (à mon humble avis) ni faibles ni endoctrinés, bien que l’immense majorité le soit encore.

        Il faut attaquer sur tous les fronts, de façon individuelle et sans hiérarchie. J’en appelle à la propagande par le fait, dont les ateliers constituants sont une des facettes, mais pas le seul.

        Ceci n’est PAS une incitation au terrorisme ni à la guérilla, les actions que je prône sont avant tout basés sur l’obstruction et les changements de comportements individuels, chacun étant libre de les appliquer suivant sa conscience, son imagination et ses moyens.
        La sécession, le refus de collaborer… Et leur mettre autant de bâtons dans les roues qu’on le peut.

        C’est le meilleur moyen de démontrer aux sceptiques que le système qu’ils pensent immuable n’est qu’un fragile château de carte.

        Ces idées ne sont pas les vôtres, et je respecte votre point de vue consistant à éduquer les esprits dans l’espoir d’un changement futur.

        Cependant je vous remercie au nom de vos convictions démocratiques de me permettre de lancer cet appel.

        • 100% d’accord. Mais pour les autres actions il faut aller sur d’autres blogs…Déja sur le seul travail d’Etienne se trouvent d’autres groupes…
          C’est la richesse et la faiblesse des mouvements alternatifs… A la rigueur, peut-ếtre qu’Etienne serait d’accord qu’un courageux volontaire soumette une liste ( à compléter par les blogueurs) sur les sites et les actions de terrain. Le mot sabotage ne me déplaît pas quand on pense que simplement parler de décroissance, c’est déja considéré comme du sabotage par le capitalisme…
          Comment ne pas être pessimiste face aux forces en place et pourtant,au sujet de l’énergie, je n’aurais jamais penser voir vaciller les monstres du secteur ( voir l’excellent Patrick Reymond: w. La chute-lapsus).En fait, je pense comme beaucoup que
          le système approche de l’explosion; autant s’y préparer…Le salut sera dans le plus d’autonomie possible et l’entraide…Et peut-être que les idées d’Etienne s’appliqueront à l’échelon local…

    • Quelques citations de
      Sun Tzu « l’art de la guerre » (toujours d’actualité) :

      « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. »

      « Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l’ennemi sera victorieux une fois sur deux. Qui ne connaît ni son ennemi ni lui-même est toujours en danger. »

      « Ne laissez pas vos ennemis s’unir. »

      Je ne sais pas pourquoi mais cela me fait penser à l’Union Européenne 😉

      Et aussi au fait qu’on essaye de nous mettre les uns contre les autres: les travailleurs contre les chômeurs, les vieux contre les jeunes, les Français contre les étrangers, les « riches » contre les pauvres,…

    • « Je constate que plus personne n’intervient ici »

      L’ergonomie du blog n’est pas très agréable. ( Le mécanisme d’indentation fait qu’on se marche desus et qu’une conversation devient vite impossible). Le support free me semblait plus ergonomique.
      Et il y a une migration vers Facebook, qui n’est pas très pratique non plus.

  18. Emmanuel Todd, toujours passionnant (et courageux), dénonce la tournure autoritaire, hiérarchique, antidémocratique, que prend de plus en plus la prétendue « Union européenne » :

  19. Souvenir !
    Louis Even pensait déjà comme Etienne 😉
    Les partis politiques divisent:
    https://www.youtube.com/watch?v=1F1IaBfkQ70

    Dans la video, il parle aussi du dividende du crédit social, notion similaire au salaire à vie de Bernard Friot.

  20. Encore une video de Louis Even sur les grèves contre le profit, contre le progrès (la robotisation aujourd’hui),…qui finalement rendent légitime le système capitaliste néo-libéral, ne le remettent pas en cause.
    https://www.youtube.com/watch?v=LIz2PDZ7HFU

  21. Ne pas louper les séquences entre les minutes 28 et 35, et entre 44 et 47… :

    • Merci J-Stéphane.

      Voir aussi (très important) les minutes 13’53 à 22′, sur le caractère indispensable (et quelques modalités pratiques) d’une monnaie parallèle publique.

      • j’ai écouté une fois en entier il y a quelques jours, il me semble que ce qui concerne la monnaie parallèle est plus loin.

        Pour un pays qui ne souhaite pas sortir de l’euro ( hum hum ) mais qui est en situation périlleuse et douloureuse, il est impératif qu’il dispose de cartouches pour répondre à l’intransigeance de la commission/troïka/eurogroupe. N’ayant pas le pouvoir de battre monnaie continentale ni de battre monnaie nationale acce^tée en internationale, il se doit cependant d’assurer sa liquidité intérieure.
        Un monnaie nationale complémentaire est certainement (?) le meilleur outil permettant d’assurer la liquidité intérieure, et de permettre la survie de l’économie intérieure, mieux encore, son embellie, voire plus, l’aspect relocalisant étant tout sauf racoucougnant 😉
        Dès le début de l’aventure Syrisa, nous avions entendu dire qu’était pensé un tel projet de monnaie bis, et je m’en réjouissait. Et puis silence radio.
        Personnellement, je n’arrive pas à comprendre que cette voie n’ait pas été empruntée énergiquement, qui dans la situation de la Grèce me semblait nécessaire, même avant le carcan renforcé ultérieur. Peut être est ce dû à l’obsession du « rester dans l’euro », et donc à la crainte qu’une telle initiative soit « mal perçue »

        ;;;;;;;;;;;;;;

        Une idée marrante pour créer dans l’urgence une monnaie parallèle, non scripturale, mais quasi infalsifiable, c’est de couper les billets euros en deux, en conservant la même valeur faciale pour chaque moitié 😉

        ;;;;;;;;;;

        Cette vidéo regorge de pépites.
        Fait particulièrement sursauter l’instant où il est dit qe l’eurogroupe n’étant pas une institution européenne il n’a pas à respecter les traités.
        Il s’agit là, de la part du président de l’eurogroupe, de l’aveu de l’équivalent d’un coup d’état.

    • Les explications d’inexistence de rapport des réunions de l’Eurogroupe et d’inexistence de l’Eurogroupe dans la législation européenne prouve que :
      l’Eurogroupe est impuissant, c’est une mascarade, une façade, une marionnette. Ceux qui décident réellement, ce sont ceux qui sont derrière la Troïka, c’est-à-dire les créanciers, les big banques, ceux qui tirent les marrons hors du feu.
      C’est une preuve supplémentaire que le capitalisme est la dictature du capital…mondialisé. Pas facile de trouver notre place souveraine là dedans, autant créer une oasis dans le désert. Le plus dur est de créer la première oasis, peut-être une micro-oasis et puis des micro-oasis pour à la fin ne plus avoir de désert.

    • Je ne suis pas d’accord avec Varoufakis sur la monnaie parallèle électronique, surtout si elle est toujours dans les mains du système bancaire. Il faut prévoir une monnaie parallèle mais pas électronique, trop facile pour avoir le monopole sur l’économie du pays et nous contrôler. Ne pas oublier que le pouvoir corrompt.
      Avoir différentes monnaies dans une même zone économique…
      Ce serait pas mal d’avoir de la concurrence dans les monnaies, pouvoir choisir la monnaie qui nous correspond le mieux, celle qui ne nous rend pas esclave. Pour l’instant, nous n’avons pas le choix, c’est l’euro et il nous coûte très (trop) cher à cause des intérêts que nous demandent ses propriétaires, les créanciers.

      • Un archipel de monnaies locales est une solution, particulièrement adaptée à la Grèce. Mais je n’imagine pas qu’un gouvernement puisse imaginer cela 😉 car c’est pour lui contre nature.

  22. Le printemps d’Athènes, vous connaissez?

    file:///C:/Users/Claude/Downloads/notre_printemps_d_athenes_par_yanis_varoufakis.pdf

  23. Drôme : Saillans est passée à la démocratie participative intégrale
    « Dans cette commune de 1.200 habitants, toutes les décisions sont prises par et avec la population » :
    http://www.rtl.fr/actu/politique/drome-saillans-est-passee-a-la-democratie-participative-integrale-7779894519

    • À Saillans, les habitants réinventent la démocratie
      17 octobre 2015 / Gaspard d’Allens et Lucile Leclair (Reporterre) :
      http://www.reporterre.net/A-Saillans-les-habitants-reinventent-la-democratie

      « Dans ce village suspendu aux pentes du Vercors, l’histoire commence comme une fable. Un projet de supermarché menaçait le « bien vivre au pays ». Le maire était pour, les habitants contre. Des citoyens se sont présentés aux élections municipales. Leur liste a gagné et, depuis, la révolution participative est en marche. » […]

      • Je pense qu’au niveau de la critique du système actuel, on a fait un peu le tour de la question. On voit bien que l’on n’a plus grand chose à dire sur le fond, si ce n’est multiplier des exemples d’abus de pouvoir. L’étape suivante, cela va être comme dans le cas de Saillans, de tester différentes expériences démocratiques, qui seront forcément locales. On saura ainsi ce qui fonctionne bien, ce qui ne marche pas, les points forts et les faiblesses. Visiblement, ils sont à Saillans actuellement dans une phase de bilan à mi-chemin de l’expérience. Tristan Rechid présentait récemment le détails des événements passés dans la commune :
        https://www.youtube.com/watch?v=5x6DX-S4VeI
        (Notez qu’il n’est pas un pur amateur, mais est au départ directeur de centre social ; et on reconnaîtra facilement la formation aux « Conférences Gesticulées »). Il y raconte comment le nouveau mode de fonctionnement s’est mis en place pas à pas. J’ai trouvé intéressant le passage de 36:15 à 42:30, qui explique l’équilibre des pouvoirs dans les commissions thématiques, et les passages 1:24:30-1:26:40 et 1:54:45-1:57:00 où l’on voit que tout ne va pas si facilement, que beaucoup de gens préfèrent sincèrement l’Ancien Régime, et qu’il est nécessaire de marier Progressisme et Tradition.

        Le Week-End « Curieuses Démocraties » évoqué dans le papier et dans la video a bien eu lieu. L’intégralité des ateliers est disponible (plusieurs heures -- je n’ai pas encore écouté) :
        http://www.curieusesdemocraties.org/index.php/curieuses-democraties-we-18-20-09-2015/14-materiaux-audio-video-we-2015-pendant

        Il y a une video de commentaires de commentateurs sur ce week-end publiée ici (par Armel Le Coz) :
        https://www.youtube.com/watch?v=_j6Wc4W0C00

  24. Pour un Sénat tiré au sort

    Supprimer cette chambre ne relève pas d’une position plus éclairée que de la laisser sombrer dans son état actuel de décadence

    3 octobre 2015 | Alain Deneault -- Chroniqueur à la revue «Liberté» et auteur de «La Médiocratie» (Lux éditeur) | Canada
    En tirant au sort les sénateurs, les citoyens seraient à même de s’imaginer un jour en poste et y verraient une incitation à suivre de près le débat public.
    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne
    En tirant au sort les sénateurs, les citoyens seraient à même de s’imaginer un jour en poste et y verraient une incitation à suivre de près le débat public.

    « En insistant sur les dysfonctionnements occurrents du Sénat canadien ainsi que sur des affaires de corruption à la petite semaine, personne n’aborde la question de la Chambre haute eu égard au rôle qu’elle a en principe dans un État de droit fonctionnant convenablement. Le Sénat est un contre-pouvoir qui a pour fonction de modérer les ardeurs de l’Assemblée législative lorsque celle-ci abuse de son autorité. Au vu du contexte actuel, ce n’est pas un luxe.

    On rêve d’un véritable Sénat lorsqu’un parti au pouvoir mène à l’aveugle des projets majeurs et prend des décisions d’envergure sur des sujets fondamentaux sans les avoir préalablement soumis à l’approbation du peuple lors d’une campagne électorale ou de consultations dignes de ce nom, par exemple.Malheureusement, les chambres hautes de bien des pays gèrent aujourd’hui les sinécures de serviteurs et amis des partis de gouvernement. S’il s’agit là d’un détournement auquel il urge de remédier, supprimer cette chambre ne relève pas d’une position plus éclairée que de la laisser sombrer dans son état actuel de décadence. Actuellement dominée par la vie des partis, leurs commanditaires occultes et leurs animateurs de carrière, la politique institutionnelle provoque du désabusement.

    Au contraire, donner vie à la démocratie, du point de vue institutionnel, c’est chercher à ce que, le plus littéralement possible, le pouvoir revienne au peuple. Or, on a vu ces dernières années des exécutifs prendre des décisions graves sur des sujets pour lesquels ils n’avaient reçu aucun mandat, que ce soit l’achat d’avions militaires, l’envoi de troupes armées, la fusion de très nombreuses villes ou encore des compressions budgétaires majeures dans les services publics. Cette farce a assez duré.Le principe démocratique repose nécessairement sur un acte de reconnaissance : l’égalité des intelligences. Être démocrate suppose qu’il revient à n’importe qui de pouvoir délibérer sur les choses communes. Cela suppose a contrario qu’il n’y a pas, dans notre tradition, de théorie garantissant en dernière instance des critères devant déterminer à qui revient le pouvoir de délibérer sur des enjeux de nature publique, que ce soit ceux de l’âge, de la classe sociale, des diplômes, de la fortune ou des titres de noblesse.

    L’égalité des intelligences

    Le philosophe français Jacques Rancière postule en ce sens l’égalité des intelligences. Cela ne revient pas platement à affirmer que tous les gens sont égaux en termes de savoirs et de compétences, mais que la politique, contrairement aux différents champs de savoir technique et aux différentes pratiques qui font la vie sociale, relève, elle, d’une « compétence sans spécificité ». C’est-à-dire que s’il y va de compétences spécifiques pour organiser un déploiement militaire, pour construire un barrage ou pour élaborer le programme d’enseignement de l’histoire d’un pays, en démocratie on se sait tous à même de réfléchir de manière éclairée sur la possibilité de dépêcher une armée en Afghanistan, de harnacher une rivière et d’enseigner l’histoire nationale à de jeunes écoliers.

    L’élection au sort ne suppose pas que le hasard déniche des décideurs plus compétents que ceux auxquels on a droit par le processus électoral. La vérité reste néanmoins cruelle : s’ils étaient choisis aléatoirement, les parlementaires ne seraient toutefois pas nécessairement moins compétents que ceux que nous déléguons au Parlement. Pourquoi le seraient-ils ? C’est implicitement ce type de réflexion qui a mené les Québécois à voter massivement en 2011 pour des parlementaires qui n’étaient pas vraiment destinés à siéger à la Chambre des communes. Le système actuel, le plus souvent, n’encourage au fond qu’une compétence, celle qui consiste à prendre le pouvoir. Combien de politiciens de carrière sont doués pour se hisser au sommet tout en donnant l’impression de ne pas savoir quoi faire de leur « pouvoir » une fois qu’ils l’ont conquis ?Cette approche n’est d’ailleurs pas tout à fait étrangère à nos institutions publiques. Elle s’applique déjà depuis longtemps en droit dans le système pénal. Face à des accusés sujets à des années d’incarcération, on demande depuis longtemps littéralement à n’importe qui de trancher sur leur statut d’innocents ou de coupables, en tablant sur ce principe du partage des intelligences et sur l’absence de compétence spécifique.

    Un contre-pouvoir

    En procédant ainsi au Sénat, non seulement disposerions-nous en permanence d’un contre-pouvoir, mais on stimulerait immanquablement la conscience politique. Désormais, tous les citoyens seraient à même de s’imaginer un jour en poste, et ils verraient dans cette possibilité une incitation à suivre de plus près le débat public.

    Réservée au Sénat, cette façon de procéder ne bousculerait pas pour autant des pratiques électorales auxquelles certains peuvent encore être attachés, bien que celles-ci gagneraient en crédibilité dans un système à deux tours ou à la proportionnelle. Il ne s’agirait pas de confier de manière aléatoire à n’importe qui le pouvoir de faire des lois, cela restant la prérogative de l’Assemblée législative toujours soumise au suffrage électoral, mais de doter le peuple au nom duquel les décisions se prennent d’une Chambre haute pesant sur le processus délibératoire du Parlement, en exerçant un pouvoir de veille. Les mêmes considérations valent, bien entendu, pour la vie parlementaire à Québec. Le Conseil législatif, aboli en 1968, pourrait très bien renaître sous cette forme. Ce type de structure reste également envisageable dans un Québec indépendant.

    On a là une proposition qui remédie en partie à la crise de confiance de la population envers les décideurs publics, sans revêtir toutefois le caractère improbable d’une assemblée constituante capable dès aujourd’hui de renverser l’ordre constitutionnel au profit d’une démocratie populaire immédiatement à l’oeuvre, comme la défendent de manière théoriquement fondée par exemple Étienne Chouard, Francis Dupuis-Déri, Alexander Guerrero ou David Van Reybrouck. »

    Source : ledevoir.com

    • Bonsoir. C’est très bien. Voici un commentaire de Roméo Bouchard dans sa page FB: Excellent article qui fait une démonstration claire de la nécessité d’une Chambre citoyenne tirée au sort comme chien de garde des législateurs et qui explique bien les avantages et le bien fondé d’un tirage au sort. J’ai déjà aussi fait la suggestion d’un tirage au sort pour les commissaires scolaires pour remplacer l’élection défaillante. Je suis d’accord avec lui que de commencer tout de suite certaines réformes démocratiques comme celles-là ne peut que hâter l’avènement d’un processus constituant global. Je trouve juste que dans sa liste finale des défenseurs de ce concept de chambre citoyenne tirée au sort, j’aurais aimé et mérité je pense de figurer (j’en fais la promotion depuis 5 ans déjà), même si je ne suis qu’une sorte d’universitaire indigène….ou peut-être qu’un « farmer »…
      ……. Et moi j’ai ainsi commenté: Très`vrai, Roméo est dans cette liste quant à moi et ce grand écrivain devrait être célébré:) le tirage au sort n’est qu’un des nombreux éléments du chantier démocratique qu’il propose.

  25. L’idée d’un sénat tiré au sort est sympa mais cela ne changerai rien si comme c’est le cas actuellement en france le président conserve tout les pouvoirs politiques, les banques tous les pouvoirs économiques (battre monnaie compris) et le parlement seul décideur en dernier ressort quand il y a encore un vote ce qui n’est même plus le cas (49.3 etc…).
    Donc la seule chose a faire c’est de se préparer pour le jour J de l’effondrement qui ne va pas tarder (tous les signes sont là) car on le voit toute action de résistance au système est immédiatement réprimé actuellement et cette répression de plus en plus rapide et forte est a elle seule la preuve de la connaissance de la part de nos « élites » de la défaillance du système.

    • Jour J de l’effondrement. Vous avez un plan d’action?

      • Bonjour Claude,
        l’idée d’Etienne de créer et surtout de diffuser le plus largement possible nos analyses sur la non démocratie actuelle est la première pierre d’un plan d’action non prédéfini (donc non repérable et par la même indestructible par le système). Dans ce prolongement il faut contre informer le plus simplement possible ex: la vidéo de Usul2000 sur le salaire à vie de B.Friot est super car simple pas trop longue et surtout compréhensible car les meilleurs idées sont toujours les plus simple (https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw)
        Le Zapatisme sud américain est aussi une méthode qui a fait ses preuves (https://lundi.am/Avis-de-tempete-planetaire-Jerome-Baschet)
        Pour le reste du plan il faut surtout s’impliquer et expliquer chacun a notre niveau et selon nos moyens la réalité du monde actuel qui tout en étant catastrophique permettra si l’on est prêt de basculer vers un monde meilleur et enfin démocratique.

  26. « Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. […] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »

    Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906.

    • Je suis effarée de lire sur Facebook jusqu’aux victimes du système ( ouf … pas toutes 😉 ) se dresser contre la réaction des salariés d’air france, car trop violente ( 2900 salariés à poil confisquent une chemise … et on crie au scandale).
      De même quand les grévistes sont assimilés à des preneurs d’otages.

      Essentielle est donc cette dissymétrie en visibilité entre la violence que subit le grand nombre et celle dont il devrait user pour se libérer.

      Pour se libérer du petit nombre, il manque au grand nombre la perception de son unité, l’intégration de l’article 34 de la déclaration de 1793. Il lui manque la capacité de constituer un corps social solide, cohérent, synergique, de façon naturelle, donc sans le secours de rassembleurs qui tôt fait seront du petit nombre.

      Sur cela viennent se greffer les perversions du monde médiatique, qui c’est évident, va subrepticement façonner la pensée du grand nombre dans un sens souhaitable par les propriétaires de l’information. Afin de favoriser la désunion et de ternir la moindre étincelle avant qu’elle n’enflamme les âmes.

  27. Qui est Alexandre Marie Henry Begoügne de Juniac ?

    Alexandre Marie Henry Begoügne de Juniac, né le 10 novembre 1962 à Neuilly-sur-Seine, est un chef d’entreprise français, actuel président-directeur général d’Air France-KLM.

    Issu d’une famille de Limoges qui avait obtenu la noblesse sous le Premier Empire, fils de l’ambassadeur Gontran de Juniac, il étudie au lycée Pasteur puis entre à l’École polytechnique en 1981 et à l’ENA (1988, promotion « Michel de Montaigne »). Il a notamment effectué une partie de ses études à la Harvard Business School.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_de_Juniac

    A propos de la guerre des classes :

    26 novembre 2006 :

    Warren Buffett, troisième fortune mondiale, déclare au journal New-York Times :

    « There’s class warfare, all right, Mr. Buffett said, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning. »

    Traduction :

    « La guerre des classes existe, c’est d’accord, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »

    http://www.nytimes.com/2006/11/26/business/yourmoney/26every.html

    Bon.

    D’accord.

    Mais la guerre des classes n’est pas finie.

    La guerre continue.

  28. Par qui sommes-nous gouvernés ?
    Qui accepte une telle prise de risque pour la société (au profit de quelques giga-escrocs en costume) ?
    => La BNP (et donc nos comptes et notre monnaie) est exposée au risque (insensé) des « dérivés » pour… 48 000 milliards d’euros, soit 24 fois le PIB de la France (2 000 milliards par an) !!!

    http://www.agefi.fr/articles/les-banques-sous-estimeraient-les-risques-sur-les-produits-derives-1300862.htmlhttp://www.agefi.fr/articles/les-banques-sous-estimeraient-les-risques-sur-les-produits-derives-1300862.html
    Ce n’est pas si bête (ni si violent que ça, quand on songe à leur propre violence, quotidienne, contre la société toute entière) de leur arracher leur costume…

    • Wall Street: les révélations perturbantes d’un financier « repenti »
      08 octobre 2015, 08:30 | Amid Faljaoui

      Entendre un financier dire du mal de la finance ou plutôt de la Bourse est extrêmement rare, surtout si ce financier est une légende de la finance. C’est portant ce qu’a fait John Bogle (1), le fondateur du fameux groupe financier Vanguard.

      A 85 ans, John Bogle n’a en fait plus rien à perdre et peut se permettre de dire la vérité, sa vérité. Qu’a dit, en substance, ce gourou ? Pour lui, c’est simple, Wall Street ne sert à rien. Pire encore, l’industrie financière pour laquelle il a pourtant travaillé pendant des années serait, selon lui, tout juste parasitaire.

      Bien entendu, il ne se contente pas de le dire, il essaie aussi de le démontrer via des chiffres. Donc selon lui, pas moins de 32.000 milliards de dollars de titres -- autrement dit, des actions et des obligations -- sont échangés tous les ans à Wall Street mais avec très peu d’impact positif pour l’économie. C’est étonnant, car le discours officiel que l’on retrouve dans tous les manuels qui parlent de la Bourse, c’est que justement la Bourse sert au moins à une chose fondamentale : financer les entreprises, et notamment celles en croissance.

      Or, justement, d’après John Bogler, ce n’est pas ce que fait la Bourse aujourd’hui. Pour lui, 99% de ce qui se fait dans l’industrie financière consiste en des échanges d’une personne avec une autre dans le seul intérêt, je le cite (1), de l’intermédiaire. Il en résulte un gâchis considérable. Traduis en termes simples, notre financier « repenti » nous dit que ces 32.000 milliards de dollars de titres qui sont échangés chaque année à Wall Street (pour rappel, ce montant correspond à deux fois le PIB des Etats-Unis, soit deux fois la richesse annuelle de la première puissance économique mondiale), servent de rente à une industrie financière qui prend un pourcentage sur chaque transaction.

      On peut voir cela comme une sorte de péage à l’achat et à la vente. Pour John Bogle, les traders, à l’inverse des analystes financiers, n’ont aucune valeur, ils ne savent pas quelles sont les actions qui vont grimper ou baisser, mais ils gagnent à la baisse et à la hausse. Sa vérité, c’est que les grandes banques d’investissement américaines pourraient travailler une semaine par an seulement et fermer le reste du temps sans que cela ait la moindre conséquence sur l’économie réelle. Evidemment, les experts qui écoutent cette chronique ne seront pas d’accord et diront que ces banques ont un rôle (assurer la liquidité par exemple). Il n’empêche, entendre un homme âgé de 85 ans, qui a très bien réussi dans la finance et cela, au plus haut niveau mondial, dire que la finance -- telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui -- n’apporte rien à l’économie réelle, c’est perturbant !

      (1) Why 99 of trading is pointless, John Bogle, sur le site de marketwatch.com, et de slate.com

  29. Un vrai cas d’école (d’éducation populaire), ce honteux « traitement de l’information » par de prétendus « journalistes ».
    Merci à Jean-Luc Mélenchon de si bien leur résister. Merci beaucoup.
    https://www.facebook.com/toutsimplement123/videos/745169378926498/

    L’ITV intégrale (JLM n’a pas été censuré par BFM) :
    http://www.bfmtv.com/emission/non-bfmtv-n-a-pas-censure-jean-luc-melenchon-920587.html

    • ET ICI, dans ce VIDÉO, Yanis Varoufakis, révèle que l’Europe n’existe par légalement, que le Président peut faire ce qu’il veut… minutes 29 à 31.

      http://yanisvaroufakis.eu/2015/10/08/what-to-do-about-europe-at-the-volksbuhne-theatre-berlin-6th-october-2015/

    • Varoufakis s’illusionne : En 1965 le Général de Gaulle pour réorienter la « construction » européenne à la fois dans un sens plus favorable aux agriculteurs et plus démocratique inaugure la politique de la chaise vide :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_chaise_vide

      Il obtient gain de cause, mais ce gain est annulé par l’Acte Unique de 1986 qui restreint le domaine des votes à l’unanimité des États-Membres.

      En 1981 François Mitterrand veut réorienter la « construction » pour lutter contre les injustices du capitalisme et lutter pour le plein-emploi, il est obligé d’abandonner ces objectifs en 1983, la « construction » ne lui laisse pas le choix, soit il accepte les règles de la « construction » ou il sort de la « construction ». Il préfère rester sans avoir demandé leur avis aux gens.

      En 2005 suite au Non des peuples français, néerlandais et irlandais au traité Constitutionnel Européen, les autres peuples n’ayant pas été consultés, des parlementaires européens ont demandés un référendum sur la « construction » européenne, voir image :
      http://files.getwebb.org/index.php?mode=view&id=cre66dcz

      Ils ont été bousculés ensuite par les huissiers du Parlement après que les caméras aient été enlevées de force par ces mêmes huissiers. Comment croire que l’on puisse changer les buts de la « construction » européenne ?

      Le 4 février 2008 est ratifié par voie parlementaire le Traité que les peuples français et néerlandais avait refusé. Encore une Belle Réussite de la volonté de changer la « construction » !
      En 2008-2009 Georges Papandréou mène une campagne à tonalité assez anti-capitaliste :

      http://pix.toile-libre.org/upload/original/1444488505.jpg

      http://pix.toile-libre.org/upload/original/1444489234.jpg

      où il indique que la « construction » devra s’adapter aux caractéristiques spécifiques de la Grèce. Son parti le ΠΑΣΟΚ ( PASOK ) a la majorité aux élections législatives d’octobre 2009. Bing ! La Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI ne sont pas du même avis et impose au peuple grec une cure d’austérité :

      Un plan d’austérité vise à économiser 4,8 milliards d’euros sur le dos de la population grecque pour rembourser les créanciers. Ils serviront également à payer les honoraires de la banque Goldman Sachs dont on sait maintenant qu’elle a aidé le gouvernement à dissimuler une partie de sa dette. Au menu notamment :

      • gel du recrutement et réduction des salaires des fonctionnaires (forte baisse du montant des 13e et 14e mois, diminution des primes, après une réduction des salaires de 10% décidée en janvier) ;

      • gel des retraites ;

      • hausse de la TVA de 19% à 21%, alors qu’il s’agit d’un impôt injuste qui frappe davantage les plus démunis ;

      • hausse des taxes sur l’alcool et le tabac ;

      • réduction drastique des budgets sociaux, comme celui de la Sécurité sociale.

      Tout ceci en bafouant la démocratie et la séparation des pouvoirs :

      Toutes les lois et tous les accords pris dans le cadre du plan dit de soutien à l’économie défini par le gouvernement grec, l’UE et le FMI seront signés par Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, sans vote de la Vouli, le Parlement, qui ne sera plus qu’informée.

      Et récemment SYRIZA dont on connaît les exploits en matière de changement et de réorientation de la « construction » européenne et de son résultat : l’Union Européenne.

      Comment croire que l’on puisse changer les buts de la « construction » européenne ?

  30. Salut Etienne,
    Un article intéressant où l’on parle encore de toi (tu va finir en star « blague »)

    http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-ere-numerique-de-la-democratie-172761

    Sinon mon ressenti (ptit doigt) me dit qu’on se rapproche d’un bouleversement radical en espérant que l’on ne tombe pas dans le piège des monstres genre (FN,UMP,PS etc…)

    L’histoire grecque récente m’a beaucoup touché mais ne doit pas nous arrêter car c’est leur but, aux puissants.

  31. Le Nobel de la Paix à l;a Tunisie. Basé su une illusion? Étienne maintient-il que les Tunisiens n’ont pas participé à l’écriture de la Constitution?

    http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/452236/le-nobel-de-la-paix-au-quartet-du-dialogue-tunisien-pour-son-effort-democratique
    ( désolé, je n’ai pas l’article au complet)

    • Le prix nobel de la paix ou autre, fait partie de la société du spectacle, sert à renforcer les croyances au système en place, c’est un catalyseur, le nonosse au chien modèle.

    • étrange ta question… où exactement EC a-t-il dit que les tunisiens n’avaient pas participé à l’écriture de leur constitution?

      Parce que la dernière fois que je l’ai entendu parler de ça, ce n’est pas du tout ce qu’il a dit. Je l’ai entendu dire que les tunisiens s’étaient fait enfler en confiant l’écriture de leur constitution à des élus, c’est un poil différent… Ces élus étaient probablement Tunisiens oui… On peut discuter le terme « élus » mais d’après ton article « Le Dialogue national tunisien est constitué de membres du principal syndicat des travailleurs, d’un ordre d’avocats, de la Ligue des droits de l’Homme tunisienne et d’une organisation patronale. » … Pas vraiment des assemblées populaires quoi…

      On peut jouer sur les mots tant qu’on veut et acclamer des médailles en chocolat mais manifestement EC a raison, les tunisiens ont troqué un tyran pour une ploutocratie moderne et n’ont en rien obtenu la démocratie.

  32. Très remarquable analyse de Frédéric, qui en viendra un jour, je le sais, j’en suis sûr, à travailler le mode de désignation de ceux qui écrivent les institutions qu’il dénonce.

    Et quand il en sera là, je suis sûr qu’il verra (et assimilera en profondeur dans ses analyses) les innombrables vertus du tirage au sort (avec contrôle des tirés au sort par d’autres tirés au sort) pour protéger — structurellement — le corps social contre les conflits d’intérêts (et contre la kyrielle de chantages, de coups de force impunis et d’injustices sociales qui s’ensuivent mécaniquement).

    Frédéric Lordon : « Air France et le parti de la liquette »

    http://blog.mondediplo.net/2015-10-09-Le-parti-de-la-liquette

  33. A ne pas manquer l’émission de Daniel Mermet en accés libre:
    http://la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/2-900-salaries-perdent-leur-chemise
    Les propos du PDG d’AIR FRANCE sont absolument scandaleux, d’une violence inouïe (54.06).

    • Quoiqu’on en dise, l’esclavage n’est pas aboli, a seulement changé de forme juridique

      et certains voudraient le muscler.

  34. Non Étienne, désolé mais M. Lordon, aussi intéressant et pertinent soit-il ne rejoindra pas la cause de la constitution populaire ou du tirage au sort :
    « Dans cette pensée dostoïevskienne du pauvre, ou plus exactement du nouveau riche, « si le communisme est mort, alors tout est permis ». L’instance externe de la peur effondrée, et l’instance interne de la contention – le pouvoir politique – passée avec armes et bagages du côté des forces qu’elle avait à contenir, la peur ne retrouvera plus d’autre origine que diffuse et immanente : elle viendra du bas – du bas qui se soulève. »

    Où l’on peut lire que selon lui le pouvoir politique est passé du côté des forces qu’elle avait à contenir. Par magie ? Par accident ? Du fait de circonstances particulières ?

    Non M. Lordon, le pouvoir politique des gouvernements représentatifs n’est pas passé avec armes et bagages de ce côté là puisqu’il est dans sa nature d’y être. Il ne joue un rôle de modérateur que dans des circonstances historiques exceptionnelles et somme toute assez (trop) rares, lorsque lesdites forces constituent un contre pouvoir de puissance suffisante pour -- comme vous le faites justement remarquer -- leur faire peur, rôle d’épouvantail qu’a effectivement joué le contre modèle fallacieusement auto proclamé communiste.

  35. À propos de la « compétence » et du « sens des responsabilités » des « élus », « au service des intérêts des peuples »…

    Manuel Valls “marchand d’armes” reçu par Sissi en Égypte
    http://sanstransition.tumblr.com/post/130799552636/manuel-valls-marchand-darmes-re%C3%A7u-par-sissi-en

  36. [70e AG ONU] Russie + Ukraine : « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ? »
    Discours de Vladimir Poutine lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le 28 septembre 2015
    http://www.les-crises.fr/70e-ag-onu-russie-ukraine-jaimerais-demander-aux-responsables-de-cette-situation-avez-vous-au-moins-conscience-de-ce-que-vous-avez-fait/

  37. Un article intéressant vu sur le Saker Francophone
    (Saker tenu par un ancien de l’OTAN, en référence il me semble au SACEUR

    https://en.wikipedia.org/wiki/Supreme_Headquarters_Allied_Powers_Europe#Supreme_Allied_Commander_Europe_.28SACEUR.29

    )

     » Revoir notre grille de lecture est indispensable

    Einstein disait que « la théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Si la pratique et la théorie sont réunies, rien ne fonctionne et on ne sait pas pourquoi ». Nous sommes exactement dans ce dernier cas de figure dans la crise économique qui nous occupe aujourd’hui.

    Quant à Stephen M. Goldfeld il disait qu’un « économiste est quelqu’un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie ».

    Pourquoi ces deux citations ? D’abord parce que j’avais envie de les caser, c’est comme ça, et puis surtout parce que je trouve que cela est révélateur de notre situation.
    Que nous montrent les faits ?

    Les faits nous montrent que nos théories économiques ne fonctionnent tout simplement plus.
    Les politiques de relance dites keynésiennes ? Un échec monumental qui n’a fait qu’accroître les dettes des états les rapprochant un peu plus de l’insolvabilité.
    Les politiques d’austérité ? Un bilan économique et humain absolument dramatique et ce quel que soit le pays et l’époque. Au bout du chemin, l’insolvabilité par la déflation.
    Les politiques baptisées pudiquement « non conventionnelles » qui ne consiste qu’à imprimer des billets à volonté comme le ferait un gamin faux-monnayeur dans une partie de Monopoly, aucun impact durable à part rajouter de la dette encore à d’autres dettes, dévalorisant la monnaie, faisant monter les prix, notamment des matières premières. Dans ce cas au bout du chemin, l’insolvabilité par l’inflation.
    Pour la première fois l’inflation et la déflation sont simultanées  »

    http://insolentiae.com/2015/10/06/oubliez-linflation-ou-la-deflation-voici-lindeflation/

  38. Bonjour à tous,
    Encore un ptit article de C.Sannat que je suis journalièrement sur son site insolentiae.com qui parle d’Etienne.
    Dans l’article une seule chose me dérange c’est le mot « revenu de base » qui comme dit B.Friot est le dernier avatar a la mode du capital pour uberiser donc tuer le salariat. Il faudrait l’échanger dans cet excellent texte par « salaire à vie » ce qui le rendrait presque parfait.
    http://insolentiae.com/2015/10/14/le-chomeur-au-lieu-detre-la-rancon-de-la-science-devrait-en-etre-la-recompense-ledito-de-charles-sannat/

  39. Merci pour cette transcription d’ un interview de B.Friot.
    J’ avais un certain goût pour la critique de la valeur portée par des sites comme
    http://www.palim-psao.fr/ et des gens comme Anselm Jappe. Cette mise au point m’ est bénéfique. C’ est vrai qu’ ayant travaillé dans des emplois qualifiées et aseptisées de l’ Informatique, j’ ai des reflexes « petit bourgeois ».
    Merci

  40. « Création monétaire et Société » :
    Débat Historique au Parlement britannique

  41. Jacques Sapir (19/10/2015) : Si on sort de l’euro comme il faut, « on peut considérer qu’une baisse du chômage des DEUX TIERS constitue une prévision robuste et crédible » !
    http://russeurope.hypotheses.org/4394

    L’Euro, la peur et Vichy
    Par Jacques Sapir · 19 octobre 2015

    Le discours sur les conséquences catastrophiques que pourrait avoir une sortie de l’Euro pour l’économie française, et celle des autres pays de la zone Euro est commun dans une bonne partie du spectre politique français. On est en présence d’un discours de peur tenu par ceux-là même qui accusent le Front National de jouer sur des peurs. Voilà qui ne manque pas de sel quand certains de ces hommes politiques ne font que reprendre la vieille antienne du gouvernement de Vichy ! Cela montre à quel point la question de l’Euro est devenue une question religieuse dans la politique française. Rester dans l’Euro nous conduirait au paradis et en sortir nous entraînerait en enfer ! Mais, ce discours ne repose pas sur des bases solides.

    On sait qu’une dissolution de l’Euro poserait deux problèmes immédiats, celui des dettes et celui des flux financiers entre les diverses économies. Ces deux problèmes sont, en réalité, bien moins compliqués que ce que certains hommes politiques, de Nicolas Sarkozy à François Hollande veulent nous faire croire. De plus, est avéré que l’Euro a failli, et dans des proportions importantes, tant à engendrer la croissance qu’à protéger les économies des pays membres contres les fluctuations financières internationales. De cela, on a eu la preuve avec la crise de 2007-2009. On se propose donc de revenir sur ces différents points pour distinguer le vrai du faux.

    La question des dettes

    Pour ce qui est des dettes, on sait aussi que la dette souveraine de nombreux pays, dont la France à 97%, est émise dans le droit de ce pays. Or, la règle, établie par la cour d’arbitrage internationale depuis la fin des années 1920, est que tout titre émis dans le droit du pays « x » doit être payé dans la monnaie du pays « x », quel que soit le nom de cette monnaie. C’est ce que l’on appelle la lex monetae. Cela veut dire que si la France décide de quitter l’Euro et de revenir au Franc, 97% de notre dette publique sera immédiatement et sans contestation possible, re-dénomminée en Franc. De ce point de vue, le seul pays qui serait obligé de faire défaut sur sa dette souveraine serait la Grèce car plus des deux-tiers de sa dette est émis en droit étranger.

    Parler soit d’une multiplication importante pour la dette française comme le font Nicolas Sarkozy et les dirigeants de l’ex-UMP, ou au contraire parler d’un possible défaut, comme le fait J-L Mélenchon, n’a aucun sens. Pour les uns, cela relève du mensonge pur et simple. Les dirigeants de l’ex-UMP ne peuvent pas ignorer la composition et la nature de la dette souveraine de la France, et donc ignorer qu’une sortie de l’Euro serait ici indolore. Pour ce qui est de J-L Mélenchon, l’erreur provient de son incompréhension du mécanisme des dettes publiques.

    En ce qui concerne les dettes privées, une grande part de ces dernières est placée auprès d’acteurs français. Il n’y aura aucun problème en cas de sortie de l’Euro. Pour les entreprises multinationales françaises, une large part de leur endettement est souscrite par des non-résidents. Mais, ces entreprises font aussi une large part de leur chiffre d’affaires hors de France. Dès lors, en cas de sortie de l’Euro accompagnée d’une dépréciation du « nouveau » Franc, les dettes seraient réévaluées mais le chiffre d’affaires (et les profits) aussi ! Les calculs qui ont été fait par diverses banques indiquent que les deux mécanismes s’équilibrent.

    La question des flux financiers

    Il reste le problème des flux financiers entre pays, qu’ils soient dans la zone Euro ou hors de la zone Euro. Techniquement, les grandes banques internationales se sont déjà préparées à la perspective d’une dissolution de l’Euro. Il conviendrait de suspendre les transactions financières pour une durée de 24 à 72h, puis de limiter les mouvements à très court terme (qui relèvent essentiellement de la spéculation) pour une période d’environ 6 mois.

    L’image d’une sortie de l’Euro provoquant un « désastre » relève donc de la fiction. C’est une fiction dont les partisans de l’Euro se servent pour alimenter des peurs au sein des populations. Il faut remarquer que ce sont les mêmes qui accusent Marine le Pen et le Front National de jouer sur la peur qui, en réalité, tiennent un véritable discours de peur et cherchent à provoquer une réaction de panique chez les électeurs. Ce point est important. En fait, la peur semble bien devoir être le seul argument que les partisans de l’Euro peuvent encore utiliser devant la faillite complète de l’Union Économique et Monétaire.

    Les avantages d’une sortie de l’Euro

    Maintenant, il faut être aussi conscient que les avantages d’une sortie de l’Euro, et ces avantages sont nombreux que ce soit dans le domaine de la croissance, de l’emploi, mais aussi du rétablissement des comptes publics, seront affectés par les conditions dans lesquelles se fera cette sortie et par la politique qui sera conduite une fois la question de l’Euro résolue. L’Euro peut disparaître par une décision concertée, commune à l’ensemble des pays de la zone, comme il peut disparaître par une succession de crise donnant lieu à des sorties, chacune aggravant la crise et conduisant un nouveau pays à sortir à son tour. Cette hypothèse est la plus défavorable.

    Mais, même dans cette hypothèse, et en supposant que la France soit l’un des derniers pays à sortir de l’Euro, notre situation serait meilleure que la situation actuelle. Ensuite, un point important sera celui des politiques à mettre en place une fois la sortie de l’Euro effectuée. Il est clair que si le gouvernement alors en place donnait la priorité au désendettement de la France, et cherchait à maintenir le taux de change à un niveau surévalué, les avantages de la sortie de l’Euro seraient très faibles. Mais ils ne seraient pas nuls. Par contre, avec une politique rompant de manière décisive avec les politiques menées depuis ces 25 dernières années et donnant une priorité à l’investissement, les avantages d’une sortie de l’Euro seraient impressionnants[1]. C’est pourquoi j’ai toujours dit que la sortie de l’Euro était une condition nécessaire, c’est à dire que tant que nous restons dans l’Euro rien n’est possible, mais nullement une condition suffisante. Ce point est important car, trop souvent, nombre des adversaires de l’Euro présentent la sortie de la monnaie unique comme une panacée, ce qu’elle n’est pas.

    Quand fut rédigée la brochure pour la fondation ResPublica où ont été estimées les conséquences possibles d’une sortie de l’Euro, une bonne part des discussions qui se sont déroulées avec Cédric Durand et Philippe Murer, les deux autres co-auteurs de cette dite brochure, portaient justement sur l’ampleur des gains que l’on pouvait attendre d’une telle sortie. Les premiers résultats, donnés automatiquement par le modèle nous avaient semblé fantastiques, au point que nous avons délibérément corrigé à la baisse certains de ces résultats. Même ainsi, une sortie de l’Euro conduirait à près de 2 millions de créations d’emploi supplémentaires à court terme, rien que pour la catégorie « A » de la DARES. Avec les effets induits (plus d’emplois implique plus de cotisation, donc un retour à l’équilibre des régimes retraites et santé, donc la possibilité de baisser les cotisations individuelles, etc…), on arriverait en cinq ans à près de 3,5 millions de créations d’emplois, c’est à dire à un retour au plein emploi. Il faut avouer que l’on peut avoir des doutes sur de tels chiffres, parce que les changements d’échelle impliquent des changements dans les relations économiques. Mais, on peut considérer qu’une baisse du chômage des deux-tiers constitue une prévision robuste et crédible.

    L’Euro est-il une protection ?

    Un dernier argument, fréquemment utilisé dans le débat sur l’Euro est que ce dernier permettrait aux pays membres de s’affirmer face aux États-Unis et à la Chine. Mais, cet argument ne correspond nullement à la réalité. La zone Euro, ou l’Union Économique et Monétaire pour l’appeler par son nom véritable, n’a jamais réussi à s’imposer face aux États-Unis voire à la Chine. Dans le domaine monétaire, actuellement l’Euro est, certes, la deuxième monnaie de réserve au monde en ce qui concerne les réserves des Banques Centrales. Mais, son poids est de 20%, ce qui est inférieur aux montants cumulés des monnaies des pays de l’UEM avant 1999. Le tout n’est donc pas supérieur à la somme des parties, ce qui témoigne de l’inexistence d’une dynamique de l’Euro.

    Notons aussi que l’Euro a perdu sa deuxième place face au Dollar en ce qui concerne les monnaies de transactions financières internationales. Cette deuxième place revient désormais au Yuan ! Bien sûr, l’UE est un grand marché, mais ce n’est pas une puissance industrielle, en raison de l’incapacité à formuler une véritable politique industrielle à l’échelle de l’UE. En fait, nombre de projets qui sont présentés comme des projets « européens », ont été conçus dans des cadres bi ou multilatéraux. Il en est ainsi d’Airbus ou d’Ariane. En fait, la réalisation de tels projets serait rendue aujourd’hui si ce n’est impossible à tout le moins très difficile tant par les réglementations européennes que par l’existence de l’Euro.

    Enfin, il faut se demander si l’UE, et la zone Euro, ont jamais été réellement conçues comme des instruments d’opposition à la politique des États-Unis. Cela recoupe la question de « l’Europe-Puissance » dont on a dit qu’elle était un mythe, voire un mensonge. En fait, la CEE et l’UE ont été conçues comme des appendices économiques à l’OTAN. L’UE a été le principal instrument de la mondialisation en Europe, le principal facteur de démantèlement des protections nationales. On le voit encore dans la manière dont se déroule la négociation sur le partenariat transatlantique ou TAFTA. L’UE est en réalité un cheval de Troie des États-Unis.

    Vichy c’est l’Euro ?

    Il faut ici réfléchir à ce que révèle ce type d’argument dans l’inconscient de ceux qui l’utilisent. Il y a aujourd’hui un pessimisme profond dans les élites françaises à propos de la survie de la France. Ce pessimisme qu’exprime un François Hollande ou un Nicolas Sarkozy, c’est celui qui pense que sans l’Union européenne il n’y aurait plus de France. Ce pessimisme pense que la France ne peut faire face au monde qu’en disparaissant dans une entité plus vaste. Or, ce discours, nous l’avons déjà entendu dans notre histoire, et en particulier de 1940 à 1944. Ce fut le discours du régime de Vichy, théorisant la défaite de juin 1940. Ce fut par exemple le discours de Pierre Laval, ancien socialiste et partisan de la déflation quand il fut Président du Conseil en 1935, deux points qui le rapprochent de François Hollande, quand il s’exclame sur les ondes de Radio-Paris « je souhaite la victoire de l’Allemagne ».

    En fait la politique européenne menée par nos deux derniers présidents, que ce soit Nicolas Sarkozy ou François Hollande, s’inscrit, consciemment ou inconsciemment, dans la filiation de la politique de renoncement de Vichy. Il en est ainsi parce que ces deux hommes se sont toujours opposés en réalité au Général de Gaulle, et ne cessent de le combattre quotidiennement quand bien même ils le louent par la bouche ou la plume. Il faut donc ici revenir sur ce que le désastre de 1940 nous apprend sur les élites françaises, dont on sait qu’une partie préférait Hitler au Front Populaire. C’est en réalité ce vieux fond réactionnaire, pétainiste, héritier de Vichy, qui ressort dans l’argument que seul l’UE pourrait nous protéger face aux États-Unis et à la Chine.

    Jacques Sapir.

    [1] Voir Sapir J., Les scenarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand) Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

    Source : http://russeurope.hypotheses.org/4394

  42. Son discours a sapir sur l’euro peut passer et encore faut voir mais sa dernière idée d’un front avec les fachos que sont et resteront les lepen et toute cette bande de minables qui d’ailleurs ne veulent qu’accélérer ce que l’umps est entrain d’installer c’est à dire une belle dictature avec un ennemi déjà tout désigner (tout ce qui n’est pas f de souche bien blanc chrétien) c’est ce que nous combattons il me semble?
    salariat contre capital
    peuple contre oligarchie
    vivre ensemble contre guerre éco et militaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *