Le secret des banques derrière la tragédie grecque

Un réquisitoire important, sur le méga-scandale des « dettes publiques », publié sur (l’indispensable) Mediapart.
À lire attentivement, le crayon à la main, et à faire connaître partout en Europe.

Le secret des banques
derrière la tragédie grecque

Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque [1] et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour revèler la supercherie du bailout grec de 2010.


La Grèce est confrontée à l’énorme problème de la dette et à une crise humanitaire. La situation est maintenant pire que ce qu’elle a connue en 2010, lorsque la troïka – le FMI, la Commission européenne et la BCE – a imposé son « plan de sauvetage », justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. En fait, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.

Ce dont personne ne parle est qu’un autre plan de sauvetage réussi a effectivement eu lieu à ce moment-là en 2010, mais pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées. Et la façon dont il est mené représente un risque immense pour l’Europe.

Après cinq ans, les banques ont obtenu tout ce qu’elles voulaient. La Grèce, d’un autre côté, est entrée dans une véritable tragédie : le pays a vu son problème de la dette considérablement alourdi, ses biens perdus en raison du processus de privatisation qui a été accéléré, ainsi que son économie qui s’est énormément réduite. De surcroit, il y a eu un coût social incalculable perceptible pour des milliers de personnes désespérées qui ont vu leur subsistance et leurs rêves touchés par les sévères mesures d’austérité imposées depuis 2010. La santé, l’éducation, le travail, l’assistance, les pensions, les salaires et tous les autres services sociaux ont tous été touchés de façon destructive.

La répartition du budget national grec montre que les dépenses de la dette l’emportent sur toutes les autres dépenses de l’Etat. En fait, les prêts, les autres titres de créance, intérêts et autres frais, couvrent 56% du budget : budget annuel national de la Grèce en 2013 (Source: Εισηγητική Έκθεση Απολογισμού και Ισολογισμού 2013 – p. 90. Elaboré par Stavros Papaioannou).

En mai 2010, en même temps, toutes les attentions se sont focalisées sur les multiples annonces autour de l’ingérence de la Troïka en Grèce, avec son curieux « plan de sauvetage »; un autre plan de sauvetage efficace et un ensemble de mesures illégales pour sauver les banques privées était également sur le point d’être approuvé.

En un seul coup, justifiées par la nécessité de « préserver la stabilité financière en Europe », des mesures illégales ont été prises en mai 2010. But de la manœuvre : fournir les structures nécessaires qui permettraient aux banques privées de se débarrasser de la « bulle » dangereuse, à savoir la grande quantité d’actifs toxiques – des actifs essentiellement dématérialisés et non négociables – qui a chargé leurs comptes de patrimoine hors-bilan [2]. L’objectif principal était d’aider les banques privées à transférer ces actifs problématiques aux pays européens.

Une des mesures adoptées pour accélérer l’échange d’actifs des banques privées et de régler la crise bancaire était le programme de titre de marché ou Securities Markets Programme SMP [3], qui a permis à la Banque Centrale Européenne (BCE) de faire des achats directs de titres de créance publics et privés sur les marchés primaire et secondaire. L’opération liée aux titres de la dette publique est illégale en vertu de l’article 123 du traité de l’Union Européenne [4]. Ce programme est l’un parmi plusieurs « mesures non conventionnelles », prises par la BCE à ce moment-là.

La création d’une société Special Purpose Vehicle (SPV) basée à Luxembourg a été une autre mesure très importante pour aider le transfert dématérialisé d’actifs toxiques des banques privées dans le secteur public. Croyez-le ou non, les pays européens [5] sont devenus « partenaires » de cette société privée, une « société anonyme » appelée Fonds européen de stabilité financière (FESF) [6]. Les pays se sont engagés avec des garanties de milliardaire, qui a été initialement mis en place sur le montant de 440 milliards d’euros [7]; puis en 2011, le capital a été porté à 779 780 000 000 EUR [8]. Le but réel de cette société a été d’éclipser par des annonces le fait que cette société fournirait des « prêts » à des pays, basés sur des « instruments de financement », et non pas de l’argent réel. La création du FESF était clairement imposée par le FMI [9], qui lui a donné un appui de 250 milliards d’euros [10].

Ensemble, le SMP et le FESF représentent un schéma complémentaire essentiel de sauvetage des actifs [11] dont les banques privées avaient besoin pour conclure le soutien du public qui avait été lancé au début de la crise bancaire de 2008 aux Etats-Unis et aussi en Europe. Depuis le début de 2009, les banques ont postulé pour davantage de soutien public afin de se décharger de la quantité excessive de leurs actifs toxiques qui alourdissaient leurs comptes hors-bilan. Les solutions peuvent être soit les achats directs du gouvernement, ou le transfert des actifs à des sociétés de gestion de patrimoine indépendantes. Les deux outils ont été fournis par le SMP et le FESF, et les pertes liées aux actifs toxiques sont à la charge des citoyens européens.

L’échange d’actifs toxiques des banques privées à une entreprise par simple transfert, sans paiement et sans opération adéquate d’achat / vente serait illégal selon les règles de reddition de comptes [12]. EUROSTAT a changé ces règles et a permis « les opérations de liquidité menées par l’échange d’actifs », justifiant ce changement par les « circonstances particulières de la crise financière ».

La principale raison du fait que le FESF a été basé au Luxembourg était d’éviter d’avoir à se soumettre aux lois internationales. En outre, le FESF est également financé par le FMI, dont la collaboration serait illégale, selon ses propres statuts. Cependant, le FMI a revisité ses règles pour fournir les 250 milliards d’euros au FESF [13].

Conformément à la loi [14] autorisant sa création, la société luxembourgeoise FESF pourrait déléguer la gestion de toutes les activités de financement. Le conseil d’administration pourrait déléguer ses fonctions et ses États membres associés pourraient déléguer des décisions concernant les garants de l’Eurogroup Working Group (EWG). À ce moment-même l’EWG n’a même pas un président à plein temps [15]. C’est le Bureau de la gestion de la dette allemande qui dirige réellement le FESF [16], et de concert avec la Banque européenne d’investissement fournit un soutien pour la gestion opérationnelle du FESF. Le manque de légitimité du fond est évident, car il est effectivement géré par un organisme différent. Aujourd’hui, le FESF est le plus grand créancier de la Grèce.

Les instruments de financement gérés par le FESF sont les plus risqués et restreints, dématérialisés, non négociables: tels les billets à taux flottant (Floating Rate Notes) réglés comme pass-through, de change et d’arrangements de couverture et d’autres activités de co-financement qui implique la fiduciaire Britannique Wilmington Trust (Londres) Limited [17] en tant qu’instructeur pour la délivrance de type restreint d’obligations non-certifiés, qui ne peuvent être commercialisées dans un marché légitime des actions, parce qu’ils ne respectent pas les règles pour les obligations de la dette souveraine. Cet ensemble d’instruments de financement toxiques représentent un risque pour les États membres dont les garanties peuvent être appelées à payer pour tous les produits financiers de la société luxembourgeoise.

Un grand scandale de proportion aurait eu lieu en 2010 si ces agissements illégaux avaient été révélés : la violation du traité de l’UE, les changements arbitraires dans les règles de procédure de la BCE, EUROSTAT et le FMI, ainsi que l’association des États membres à la société Luxembourgeoise à but spécial privé. Tout cela juste pour le sauvetage des banques privées et au détriment d’un risque systémique pour l’ensemble de l’Europe, en raison de l’engagement d’États avec des garanties de milliardaires qui couvriraient actifs toxiques problématiques, dématérialisées et non négociables.

Ce scandale n’a jamais eu lieu, parce que la même réunion extraordinaire des affaires économiques et sociales de l’UE [18] qui a discuté de la création du « Special Purpose Vehicle » qu’est la société du FESF en mai 2010 a donné une importance particulière au « soutien du package pour la Grèce », ce qui fait croire que la création de cette structure était pour la Grèce et que, ce faisant, elle assurerait la stabilité financière dans la région. Depuis lors, la Grèce a été le centre de toutes les attentions, occupant constamment les grands titres des principaux de médias partout dans le monde, tandis que le régime illégal qui a effectivement soutenu et profité les banques privées reste dans l’ombre, et presque personne ne parle de ce sujet.

Le rapport annuel de la Banque de Grèce montre une immense augmentation des comptes « hors bilan » liées aux valeurs mobilières en 2009 et 2010, sur des montants beaucoup plus important que l’actif total de la Banque, et cette tendance se poursuit sur les années suivantes. Par exemple, sur le bilan de la Banque de Grèce de 2010 [19], le total des actifs au 31/12/2010 a été 138,64 milliards d’euros. Les comptes hors bilan sur cette année ont atteint 204,88 milliards d’euros. Le 31/12/2011 [20], alors que le solde du total des actifs additionnés est à 168.44 milliards d’euros; les comptes hors bilan a atteint 279.58 milliard d’euros.

« Ainsi, le transfert des actifs toxiques des banques privées dans le secteur public a été un grand succès pour les banques privées. Et le système de la dette [21] a été l’outil pour dissimuler cela. »

La Grèce a été mise sur ce scénario après plusieurs mois de pression persistante de la Commission de L’Union Européenne sur les allégations d’incohérences sur les données statistiques et l’existence d’un déficit excessif [22]. Étape par étape, une grosse affaire a été créé sur ces questions, jusqu’en mai 2010, lorsque le Conseil d’Affaires Économiques et Financières, a déclaré: « dans le sillage de la crise en Grèce, la situation sur les marchés financiers est fragile et il y a un risque de contagion » [23]. Et ainsi la Grèce a été soumise à un package comprenant l’ingérence de la Troïka avec ses mesures sévères en vertu des plans d’ajustement annuels, un accord bilatéral surprenant, suivis par des « prêts » de la société FESF, soutenus par des instruments de financement à risque.

Les économistes grecs, des dirigeants politiques, et même certaines autorités du FMI ont proposé que la restructuration de la dette grecque pourrait fournir des résultats bien meilleurs que ce package. Cela a été tout simplement ignoré.

Les critiques qui ont dénoncé la surestimation du déficit grec – qui avait été la justification de la création de la grosse affaire autour de la Grèce et de l’imposition de du package de 2010 – ont également été ignorées.

Les dénonciations graves faites par des spécialistes grecs [24] au sujet de la falsification des statistiques n’ont également pas été prises en considération. Ces études ont montré que la quantité de 27,99 milliards d’euros a surchargé les statistiques de la dette publique en 2009 [25], en raison de l’augmentation erronée sur certaines catégories (comme les DEKO, les arriérés des hôpitaux et SWAP Goldman Sachs). Les statistiques des années précédentes avaient également été touchées par 21 milliards d’euros de swaps Goldman Sachs distribués ad hoc en 2006, 2007, 2008 et 2009.

Malgré tout cela, sous une atmosphère d’urgence et de menace de « contagion », de curieux accords ont été mis en œuvre depuis 2010 en Grèce; non pas comme une initiative grecque, mais comme une injonction des autorités de l’UE et le FMI.

« L’analyse des mécanismes [26] insérées dans ces accords montre qu’ils ne bénéficient pas du tout la Grèce, mais qu’ils ont servi les intérêts des banques privées, en parfaite conformité à l’ensemble des mesures de sauvetage illégales approuvés en mai 2010. »

• Premièrement, le prêt bilatéral a utilisé un compte spécial à la BCE par lequel les prêts consentis par les pays et la Banque allemande de développement, les prêteurs, iraient directement aux banques privées qui détenaient des titres de créance avec des valeurs nominales bien en deçà. Donc, cet accord bilatéral étrange a été organisé pour permettre le paiement intégral au profit des détenteurs d’obligations tandis que la Grèce n’a obtenu aucun avantage. Au lieu de cela, les Grecs auront à rembourser le capital, les taux d’intérêt élevés et tous les coûts.

• Deuxièmement, les « prêts » du FESF ont abouti à la recapitalisation des banques privées grecques. La Grèce n’a pas reçu un véritable prêt ou un soutien du FESF. À travers les mécanismes insérés dans les accords du FESF, l’argent réel n’est jamais parvenu en Grèce. Le pays a donc été forcé de réduire les dépenses sociales essentielles afin de rembourser, en espèces, les taux d’intérêt élevés et tous les frais abusifs. Et devra également rembourser le capital qu’il n’a jamais reçu.

Nous devons chercher la raison pour laquelle la Grèce a été choisie pour être dans l’œil de la tempête, soumis à des accords et mémorandums illégaux et illégitimes, siégeant en tant que décor pour couvrir le plan de sauvetage illégale scandaleux des banques privées depuis 2010.

Peut-être que cette humiliation est liée au fait que la Grèce a été historiquement la référence mondiale pour l’humanité, car elle est le berceau de la démocratie, le symbole de l’éthique et des droits humains. Le système de la dette ne peut pas admettre ces valeurs, car il n’a aucun scrupule à endommager les pays et les peuples afin d’obtenir leurs profits.

Le Parlement grec a déjà installé la Commission de la Vérité sur la Dette Publique et nous a donné la chance de révéler ces faits. Car c’est seulement grâce à la transparence que les pays vaincront ceux qui veulent les mettre à genoux.

Il est temps que la vérité l’emporte, il est le temps de placer les droits humains, la démocratie et l’éthique au-dessus des intérêts privés. Ceci est la mission que la Grèce doit prendre en ce moment.

Maria Lucia Fatorelli.

Traduit de l’anglais par Mabrouka M’Barek (co-auteur de la loi pour l’audit de la dette tunisienne)

_______________________________

Notes :

[1] Coordonnatrice Nationale de l’Audit Citoyen de la Dette au Brésil (www.auditoriacidada.org.br), invitée par la présidente du Parlement grec la député Zoe Konstantopoulou afin de collaborer avec la Commission de la vérité sur la dette publique créée le 4 avril 2015 et coordonnée par Eric Toussaint du CADTM.

[2] Hors-bilan signifie une section extérieure aux comptes de bilan normal, où les actifs problématiques, tels que les actifs non négociables dématérialisés sont informés.

[3] Securities Markets Programme (SMP) – BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE. Glossaire politique monétaire. Disponible depuis:

https://www.ecb.europa.eu/home/glossary/html/act4s.en.html#696 [Consulté: 4th Juin 2015]

[4] LE TRAITÉ DE LISBONNE. Article 123. Disponible à partir: http://www.lisbon-treaty.org/wcm/the-lisbon-treaty/treaty-on-the-functioning-of-the-european-union-and-comments/part-3-union-policies-and-internal-actions/title-viii-economic-and-monetary-policy/chapter-1-economic-policy/391-article-123.html [Consulté: 4th Juin 2015]

[5] La zone euro des États membres ou actionnaires du FESF: Royaume de Belgique, République Fédérale d’Allemagne, Irlande, Royaume d’Espagne, la République française, la République italienne, la République de Chypre, le Grand-Duché de Luxembourg, la République de Malte, Royaume des Pays-Bas, République d’Autriche, la République portugaise, la République de Slovénie, la République slovaque, la République de Finlande et République hellénique

[6] La société FESF privée a été créée comme un Mécanisme européen de la stabilisation financière (MESF), dans: http://ec.europa.eu/economy_finance/eu_borrower/efsm/index_en.htm

[7] Commission européenne (2010) Communication de la Commission au Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil, la Banque centrale européenne, le Comité économique et social et au Comité des régions – Renforcer la coordination des politiques économiques.

http://ec.europa.eu/economy_finance/articles/euro/documents/2010-05-12-com(2010)250_final.pdf – Page 10.

[8] IRISH STATUTE BOOK (2011) Fonds européen de stabilité financière et le Fonds de la zone euro prêt (Amendment) Act 2011. Disponible auprès de: http://www.irishstatutebook.ie/2011/en/act/pub/0025/print.html # s2 [Consulté: 4th Juin 2015].

[9] Déclaration faite par M. Panagiotis Roumeliotis, ancien représentant de la Grèce au FMI, à la « Commission de la vérité sur la dette publique », au Parlement grec, le 15 Juin à 2015.

[10] EUROPEAN FINANCIAL STABILITY FACILITY (2010) A propos FESF [en ligne] Disponible à partir:

http://www.efsf.europa.eu/about/index.htm et http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf – Question A9 [Consulté le 3 Juin 2015].

[11] Haan, Jacob de; OSSTERLOO, Sander; SCHOENMAKER, Dirk. Institutions et marchés financiers – A European Perspective (2012) 2e édition. Cambridge, Royaume-Uni. régimes d’actifs de secours, Van Riet (2010) page 62.

[12] EUROSTAT (2009) Nouvelle décision d’Eurostat sur le déficit et la dette – L’enregistrement statistique des interventions publiques pour soutenir les institutions financières et les marchés financiers durant la crise financière. Disponible depuis:

http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/5071614/2-15072009-BP-EN.PDF/37382919-ebff-4dca-9175-64d78e780257?version=1.0 [Consulté: 4th Juin 2015]

[13] « La plupart des administrateurs (…) appelé le Fonds à collaborer avec d’autres institutions, comme la Banque des règlements internationaux, le Conseil de stabilité financière, et les autorités nationales, à atteindre cet objectif. » En FMI (2013) des décisions choisies. Disponible à partir: http://www.imf.org/external/pubs/ft/sd/2013/123113.pdf – Page 72. [Consulté: 4th Juin 2015]

[14] LOI SUR L’European Financial Stability Facility 2010. FESF accord-cadre, l’article 12 (1) a, b, c, d, et (3); Article 10 (1), (2) et (3); Article 12 (4); Article 10 (8).

[15] Seulement à partir d’Octobre 2011, selon une décision du Conseil le 26 Avril 2012, EWG a président à temps plein:
JOURNAL OFFICIEL DE L’UNION EUROPÉENNE (2012) Décision officiel. Disponible depuis:
http://europa.eu/efc/pdf/council_decision_2012_245_ec_of_26_april_2012_on_a_revision_of_the_statutes_of_the_efc.pdf .

La même personne, Thomas Wieser, avait été le président du Comité économique et financier (CEF) de Mars 2009 à Mars 2011: CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE. Groupe de travail de l’Eurogroupe. Disponible depuis:
http://www.consilium.europa.eu/en/council-eu/eurogroup/eurogroup-working-group/

[16] EUROPEAN FINANCIAL STABILITY FACILITY (2013) FESF questions générales. Disponible depuis:
http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf – Question A6. [Consulté: 4th Juin 2015].

Voir aussi: L’agence de gestion de la dette allemande a émis des titres du FESF au nom du FESF.

De EUROPEEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (2010) de l’UE et de financement du FESF plans visant à fournir une aide financière pour l’Irlande. Disponible depuis:

http://www.efsf.europa.eu/mediacentre/news/2010/2010-006-eu-and-efsf-funding-plans-to-provide-financial-assistance-for-ireland.htm [Consulté: 4th Juin 2015]

Accord [17] Co-financement, PREAMBULE (A) et de l’article 1 – Définitions et «Obligations» d’interprétation. Disponible au http://crisisobs.gr/wp-content/uploads/2012/02/7-co-financing-agreement.pdf [Consulté: 4th Juin 2015]

Ces obligations sont émises sur la forme dématérialisée et non certifiés. Ils ont beaucoup de restrictions parce qu’ils sont émis directement dans un certain but et pas offerts sur le marché, comme les valeurs mobilières lois et règles déterminées par la SEC. Ils sont émis en vertu d’une règle d’exception permise seulement pour les émetteurs privés, pas pour les États.

[18] AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES Conseil Réunion extraordinaire de Bruxelles, 9/10 mai 2010. CONCLUSIONS DU CONSEIL

https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf

[19] BANQUE DE GRECE RAPPORT ANNUEL 2010 BILAN p. A4 http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2010.pdf

[20] BANQUE DE GRECE RAPPORT ANNUEL 2011 BILAN p. A4. http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2011.pdf

[21] L’expression créé par l’auteur pour vérifier, suite à plusieurs procédures d’audit de la dette dans différentes instances, l’utilisation abusive de l’instrument de la dette publique comme un outil pour prendre des ressources des États, au lieu de les soutenir, en fonctionnant comme un ensemble d’engrenages qui concernent le système politique, le système juridique, le modèle économique basé sur des plans d’ajustement, les grands médias et la corruption.

[22] 24 mars 2009 – Avis de la Commission – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-05/2009-03-24_el_104-5_en.pdf

27 avril 2009 – Décision du Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-06_council/2009-04-27_el_104-6_council_en.pdf

10 novembre 2009 – Conclusions du Conseil – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111025.pdf

8 JANVIER 2010- Rapport de la Commission – http://ec.europa.eu/eurostat/documents/4187653/6404656/COM_2010_report_greek/c8523cfa-d3c1-4954-8ea1-64bb11e59b3a

2 décembre 2009 – Décision du Conseil – https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111706.pdf

11 février 2010 – Déclaration des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne. – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/112856.pdf

16 février 2010 – Décision donnant Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-02-16_el_126-9_council_en.pdf

[23] 9/10 mai 2010 – Conclusions du Conseil – Réunion extraordinaire – En vertu de la justification de la « crise grecque », les mesures du régime pour sauver les banques sont mises en œuvre.

https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf

10 MAY 2010 – Décision du Conseil –

http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-05-10_el_126-9_council_en.pdf

[24] Le professeur Zoe Georganta, professeur d’économétrie appliquée et de la productivité, Ex membre de la contribution du conseil ELSTAT à «La Commission de la vérité sur la dette publique » le 21 mai 2015.

[25] HF international (2011) Georgantas a dit que le déficit de 2009 était délibérément gonflé pour nous mettre dans le code rouge. Disponible à partir: http://hellasfrappe.blogspot.gr/2011/09/shocking-report-official-admist-2009.html

[26] Les mécanismes sont résumés dans le chapitre 4 du rapport préliminaire présenté par la Commission de la vérité sur la dette publique, le 17 Juin 2015. Disponible auprès de: http://www.hellenicparliament.gr/UserFiles/8158407a-fc31-4ff2-a8d3- 433701dbe6d4 / Report_web.pdf

(Article disponible dans le blog de la plateforme de l’audit citoyen de la Grèce http://www.auditamosgrecia.org/en/banks-behind-greek-tragedy/)

Source : Mediapart

Mon commentaire :

Encore une incitation puissante à réfléchir à la responsabilité effective (pénale, financière et patrimoniale) des « responsables » politiques… non ?

Ceux qui nous gouvernent en servant aussi honteusement les banques privées aux dépens de l’intérêt général sont des fléaux de l’humanité et devraient être punis à plusieurs titres.

Mais ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.
Notre impuissance politique découle — directement et principalement — de NOTRE démission du processus constituant.
La solution (durable et universelle) est entre NOS mains (inutile de réclamer quoi que ce soit à qui que ce soit : la solution ne viendra PAS des « élus ») : il faut nous entraîner personnellement, dès aujourd’hui et tous les jours qui viennent, à écrire nous-mêmes les règles qui nous permettront un jour de contrôler enfin comme il faut les acteurs politiques ; et aussi ne pas oublier d’entraîner avec nous le plus grand nombre possible d’endormis que nous aurons réveillés.

Tout va dépendre de ce que vous faites, VOUS, oui vous, maintenant et les jours qui viennent, pour déclencher et entretenir votre mutation en citoyen constituant.

Étienne.

151 réponses à “Le secret des banques derrière la tragédie grecque

  1. Rappel d’une importante conférence (un million de vues),
    avec la formidable Myret Zaki :

  2. Ping : Grèce | Pearltrees

  3. Intervention d’Eric Toussaint (CADTM) à Athènes le 17 juin 2015 (www.zintv.org)

  4. Gérard Foucher :
    Pourquoi la Grèce ne quittera jamais l’Euro

  5. du texte de Maria Lucia Fatorelli

    J’étais par hasard depuis hier soir en conversation sur son FB avec Alexandra Grossmann sur le thème « un citoyen peut il porter plainte contre la gouvernance » et voici qu’elle me signale ce texte.

    C’est vraiment du lourd qui je pense pourrait permettre plusieurs choses

    -Une action en justice ; il y a du beau monde qui mérite la poêle à frire, là.
    -Beaucoup plus que la restructuration de la dette, grecque mais pas que : sa contestation.
    -De la pédagogie, un vecteur d’éveil.

    Je m’intéresse ici au troisième point.

    Ce texte est difficile à lire, et je pense que percolé tel quel il aura peu d’effet.
    Ce qui serait très dommage car il mérite … une indignation, non, une révolution …

    Il mériterait donc d’être travaillé afin d’être rendu clair au plus grand nombre.

    Une personne seule peut faire ( je n’ai pas la compétence ) ou un groupe.

    Chiche ?

    • Ayant moi-même du mal à lire ce texte (et donc, n’imaginant que difficilement le partager avec mes proches) j’approuve entièrement votre remarque!

      Je pense que ce genre de travail de vulgarisation scientifique (entendre: sciences humaines) est primordial, car c’est un excellent outil d’éducation populaire.

      A bon entendeur,
      Salut!

  6. Myret Zaki :
    Qui doit payer l’austérité?

    http://www.bilan.ch/entreprises/root-21/qui-doit-payer-lausterite

    Les tensions viennent d’un sentiment de détournement des richesses :
    les populations paient à la place des spéculateurs

    Ces dernières semaines, nous avons vu les populations se soulever contre les méfaits de l’austérité, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, sur fond de montée de l’europhobie. Dans l’esprit de tout-un-chacun, le coupable est «l’austérité». Mais le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. C’est qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle.

    Or il y a tragique méprise: ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. Jamais auparavant les peuples n’avaient dû s’appauvrir alors que le monde était si riche, et que leur propre prodigalité avait si peu à voir avec la crise. C’est à ce titre que cette austérité est illégitime. D’où le profond malaise.

    Cette crise a pour origine les dégâts colossaux de la spéculation financière sur l’économie réelle et sur les budgets des Etats. Ces derniers ont dû encaisser les chocs récessionnistes et fiscaux majeurs de la bulle boursière et immobilière venue des Etats-Unis, qui avait entraîné, par voie de mimétisme monétaire, des bulles de même nature en Espagne, en Angleterre et en Irlande.

    Les mêmes techniques spéculatives importées ont permis à Goldman Sachs de s’enrichir en vendant à la Grèce une solution pour masquer son endettement. Les tensions actuelles viennent d’un sentiment de détournement des richesses, les populations ayant d’abord supporté les sauvetages bancaires, et devant, avec l’austérité, supporter le sauvetage des Etats… qui avaient sauvé la finance privée. Quand les Portugais marchent contre le «vol des salaires et des pensions», ils se doutent bien qu’il y a tromperie.

    A raison. Ainsi, les mêmes 5 milliards d’euros que Lisbonne demande aux Portugais d’économiser en 2013 sont ceux que les fonds spéculatifs ont raflé en 2011 en dégradant la dette du Portugal et de ses voisins. Depuis 2010 en effet, le détournement de richesses s’opère à travers les gains privés réalisés sur la mise à terre des dettes européennes. En 2011, les fonds spéculatifs ont généré leurs meilleurs profits sur la chute provoquée des obligations de la zone euro. Selon CNBC, les fonds britanniques Brevan Howard, Caxton Associates et GLG Partners en ont tiré, sur les seuls mois d’août et septembre 2011, 3 milliards de dollars, soit la moitié de l’austérité que devra consentir le Portugal en 2013. Et là, on parle de 3 fonds et de quelques semaines. Il faudrait encore ajouter tout ce qu’ont gagné, en pariant contre l’Europe, les fonds de Paul Tudor Jones, Soros Fund Management, Brigade Capital, Greenlight Capital et SAC Capital Management, mais aussi John Paulson, ainsi que les principales banques intermédiaires sur ces stratégies que sont Goldman Sachs, Bank of America et Barclays.

    D’immenses fortunes se sont créées. Ces gains proviennent de la chute de valeur des obligations grecques et des pays voisins, causée par des ventes à découvert (short selling) massives. L’argent tiré de ces paris vendeurs est le même qui est soustrait aux gouvernements par la flambée des taux d’intérêt ainsi créée, induisant leur strangulation financière. Avec l’austérité, Athènes, Lisbonne et Madrid demandent aux salariés européens de renflouer les pertes colossales que ces gouvernements ont essuyées suite au transfert d’une partie de leurs richesses vers la finance spéculative. Cette dernière a donc permis de détourner des fonds publics vers des traders milliardaires.

    Des fortunes colossales

    Les gains individuels que peut générer le short selling dépassent l’entendement. L’Americain John Paulson avait empoché, à lui seul, 3 milliards de dollars en 2007 en pariant contre l’immobilier américain. Avant lui, George Soros s’était personnellement enrichi de 2 milliards en 1992 en coulant la livre sterling. Les hedge funds gagnent davantage que des pays entiers. En 2006, 25 spéculateurs (dont Jim Simons et Kenneth Griffin) avaient personnellement empoché l’équivalent du PIB de l’Islande (15 milliards de dollars). D’aucuns refusent par principe d’établir un quelconque lien entre les fortunes amassées par les hedge funds sur les difficultés de l’Europe et l’austérité en cours: c’est manquer là de notions financières de base.

    De toute évidence, les gains prélevés par les acteurs financiers équivalent à l’austérité aujourd’hui payée par la population. Ceux qui devraient renflouer les Etats ne sont autres que ceux qui les ont ruinés. Au minimum devraient-ils contribuer au prorata des pertes économiques et de l’endettement qu’ils ont occasionnés. Mais comment l’Europe pourra-t-elle jamais récupérer cet argent, elle qui a tenté en vain de réglementer la spéculation?

    Myret Zaki

    (Publié le 2 octobre 2012.)

  7. claude saint-jarre

    Dette: tout le monde est insatisfait qu’aucun pays Européen ne prenne la défense des Grecs. À défaut de pays, pourquoi pas des centaines de conseils municipaux ( au Québec) ou de Communes ( en France et autres pays européens) où des gentils virus, -- qui s’entendent auparavant sur un texte commun à lire- ne diraient -ils pas un message de vérité sur la dette, grecque et de leur propre pays ou province??
    Moi, je suis prêt à le faire dans mon propre conseil municipal. Le micro est ouvert. la participation citoyenne est bienvenue, la télévision est là… et on ‘a découragé de le faire…

    • claude saint-jarre

      Voilà, c’est fait , j’ai lu un texte co-écrit par deux personnes mises en relations par un catalyseur, au conseil municipal de Boucherville. Il y aura un lien télévision dans quelques jours et un journaliste m’a demandé le texte que voici:
      a) L’idée d’un tel appui par les municipalités est soutenu par des personnalités impliquées et fait son chemin à travers le Québec parce que les municipalités sont les instances les plus proches du peuple et c’est la volonté du peuple qui est mis en valeur dans le référendum Grec.

      b) Objet: Appui au peuple grec
      ATTENDU
      1. que les mesures d’austérité imposées au peuple grec par les pouvoirs financiers pour rembourser les intérêts de sa dette publique ont fait perdre à la Grèce 25% de soin PIB, ont fait doubler le chômage, l’ont obligé à sabrer dans son système de santé, ses régimes de retraite, ses services et biens publics, et ont appauvri considérablement sa population;
      2. que ces mesures d’austérité et les prêts consentis ne profitent désormais qu’aux banques privées et étouffe toute possibilité de relance économique de leur pays;
      3. que la dette publique est due bien davantage à l’accumulation des intérêts qu’à l’excès de dépenses, et que la monnaie est, par nature, un outil collectif et non privé dont la création et le contrôle relèvent de la souveraineté du peuple et de l’État;
      4. que tout porte à croire que notre pays, le Québec en particulier, est engagé sur la même pente,
      LE CONSEIL MUNICIPAL DE Boucherville, en tant que représentant de la communauté locale de Boucherville,
      1. tient à exprimer son appui au peuple grec qui remet en question l’austérité que lui imposent les pouvoirs financiers européens et internationaux
      2. demande aux dirigeants concernés chez nous et dans le monde de remettre en question sans délai le contrôle de la dette publique et du système monétaire par les banques privées
      3. demande que cette résolution soit acheminée au ministre des finances du Québec, du Canada et de la Grèce.
      Carlos J. Leitäo, ministre, ministères des finances du Québec, 12, rue Saint-Louis, Québec, G1R 5L3
      Joe Oliver, ministre, ministère des finances du Canada, 90, rue Elgin, Ottawa, Ontario, K1A 0G5
      Euclide Tsakalotos, ministre des Finances, Parlement grec, Place Syntagma, Athènes, Grèce.

  8. La dette de nos pays :
    Expliquez-moi pourquoi la Banque centrale Européenne « donne » de l’argent aux banques privées qui ensuite prêtent cet argent avec des intérêts exorbitant !!!
    Cela ressemble plus à une arnaque qu’à un plan de sauvetage qui profite aux banksters et pas à nos pays …
    L’Europe n’est plus une démocratie, mais ressemble de plus en plus à un système mafieux dirigé par la voyoucratie politique au service des banksters …

    • Leur vernis commence à s’écailler ! Les gens ne sont pas dupes. C’est du toc sous la peinture et de très mauvaise qualité.
      L’Union Européenne n’a jamais voulu être une démocratie, mais une Union de Banksters.

  9. claude saint-jarre

    Pourquoi est Grecs n’en profiteraient-ils pour réécrire leur Constitution pour qu’elle soit d’origine Citoyenne? Cette fois, sans esclaves et avec le droit de vote pour les femmes???!!!!:) Étienne y est allé, monsieur Toussaint a fait son audit, toutes les meilleures conditions sont réunies. Il ne manque qu’un message public de monsieur Tsipras pour que des ateliers constituants soient mis sur pied!!!! Je rêve? Pincez-moi!

    • claude saint-jarre

      Pourquoi est Grecs n’en profiteraient-ils pour réécrire leur Constitution pour qu’elle soit d’origine Citoyenne? Cette fois, sans esclaves et avec le droit de vote pour les femmes???!!!!:) Étienne y est allé, monsieur Toussaint a fait son audit, toutes les meilleures conditions sont réunies. Il ne manque qu’un message public de monsieur Tsipras pour que des ateliers constituants soient mis sur pied!!!! Je rêve? Pincez-moi! Au besoin, commencer les balbutiements d’un démocratie électronique. Des babillards avec des cartes géographiques et des choix à cocher, des commentaires??

  10. Maintenant nous avons deux exemples (modèles) de comportement à tenir : l’Islande et la Grèce ! avec la France et d’autres nous pouvons faire en sorte qu’enfin une EUROPE SOCIALE chasse cette Europe de l’argent sale ! La fin 2016 devrait à mon humble avis correspondre à une proposition de 6° république ; proposition émanant de gens du peuple décidés !
    La politique financière s’auto détruira par la force des choses.

  11. [Recommandé] Crises et Dévoilement, par Jacques Sapir (+ bonus)

    http://www.les-crises.fr/recommande-crises-et-devoilement-par-jacques-sapir/

    Nul ne peut prévoir le résultat du référendum qui se tiendra en Grèce le 5 juillet prochain. Les électeurs grecs sont soumis à une pression tant économique que médiatique sans précédents pour les convaincre de voter « oui ». Les exemples ici abondent, depuis les déclarations des hiérarques de l’Union européenne (les Juncker, Schulz et autres) jusqu’aux pressions faites par les entreprises grecques, en passant bien entendu par la pression la plus importante, et la plus significative, celle de la Banque Centrale européenne qui a coupé l’accès au compte Target2 des entreprises grecques, les empêchant de commercer avec l’étranger. On est en train d’étrangler la Grèce, en la privant de liquidités, et ce au moment même ou le FMI reconnaît le bien-fondé des positions défendues par le gouvernement d’Alexis Tsipras. L’ampleur de l’ingérence européenne est sans égale ; elle constitue un scandale inouï et un déni de démocratie immense. Elle jette un doute sur l’honnêteté du résultat si le « oui » devait l’emporter.

    Mais, ce référendum a permis en quelques jours d’opérer un dévoilement important de l’attitude tant de l’Eurogroupe que de l’Union européenne. Ce dévoilement de la nature réelle des institutions européennes est un fait important pour l’ensemble des peuples qui vivent sous ce qu’il nous faut bien aujourd’hui appeler la coupe de l’UE. Il faut donc ici faire le bilan de ce que nous avons appris à la fois dans les mois qui nous séparent de l’élection de janvier dernier et surtout dans les jours qui ont suivi l’annonce du référendum.

    La position, tant de l’Eurogroupe que de la Commission européenne, ou du Conseil européen, vis-à-vis du gouvernement grec n’a nullement été fondée sur un constat économique mais elle a toujours procédé d’un parti-pris politique. En effet, il était clair que les demandes de restructurations que le gouvernement grec a présenté sans relâche depuis le mois de février dernier de la dette étaient fondées. De nombreux économistes l’ont écrit[1]. Même le FMI l’a récemment reconnu[2]. Il est aujourd’hui évident que cette restructuration devra avoir lieu, et que le plus tôt sera le mieux. Les rejets multiples et répétés de ces propositions par l’Eurogroupe n’ont eu pour seul objectif que d’aboutir soit à la capitulation du gouvernement grec soit à sa démission. La déclaration de Martin Schulz, Président du Parlement européen le confirme[3]. Il est donc désormais bien établi que les institutions européennes n’ont eu de cesse que d’obtenir le départ d’un gouvernement démocratiquement élu. Ceci en dit long sur la notion de « démocratie » dont on se gargarise tant à Bruxelles qu’à Strasbourg. Ces « institutions » ont donc mené une guerre sans relâche contre le gouvernement grec, n’hésitant devant aucune manœuvre pour le déstabiliser. On en a eu une confirmation avec les méthodes odieuses qui sont utilisées contre lui depuis qu’il a décidé de recourir au référendum.

    L’Eurogroupe, qui est l’instance assurant le pilotage de l’Union Economique et Monétaire, que l’on appelle la « zone Euro » n’a pas hésité à violer les règles tacites de fonctionnement établies depuis maintenant des décennies que ce soit du temps du « Marché Commun » ou de celui de l’Union européenne. En décidant de tenir une réunion dont le ministre Grec, M. Varoufakis, serait exclu, l’Eurogroupe, et en particulier son Président M. Dijssenbloem ne se sont pas seulement comportés de manière illégale, mais surtout de manière contraire aux principes qui sont censés être respectés entre les différents pays de l’UE. Il s’agit, ici encore, d’un abus de pouvoir inouï. Il n’a de parallèle que la décision de la Banque Centrale Européenne de couper les comptes Target2 (ou système électronique de transferts intra-zone) des entreprises grecques, organisant une pénurie artificielle de liquidités en Grèce, pénurie qui pèse de manière dramatique sur la situation de la population et qui compromet la tenue du référendum. C’est la première fois que, dans l’Histoire, une Banque Centrale organise une crise financière au sein de la zone dont elle a la responsabilité, non par incompétence mais à dessein. A nouveau, nous sommes confrontés à un abus de pouvoir inouï. Cet abus de pouvoir signifie en réalité que, sans le dire, la BCE a exclu la Grèce de la zone Euro. Si tel n’était pas le cas, la BCE aurait dû continuer à respecter les comptes Target2 des entreprises. Cela signifie que tant l’Eurogroupe que la BCE ne respectent pas la souveraineté de la nation grecque. Nous sommes revenus à la situation des années 1960 quand Leonid Brejnev affirmait la doctrine de « souveraineté limitée » des pays de l’Est vis-à-vis de l’Union soviétique. Ce qu’on fait l’Eurogroupe et la BCE est l’équivalent financier de l’intervention soviétique à Prague en août 1968. Nous sommes donc bien confronté à une tyrannie. Il faut en mesurer soigneusement toutes les conséquences.

    On peut en déduire que l’Euro n’est pas une monnaie, ni même un projet économique, mais qu’il est un mode de gouvernement qui vise à imposer les règles du néo-libéralisme contre l’avis des peuples. Telle est la conclusion logique des dénis de démocratie que l’on a décrits et que le gouvernement grec, avec beaucoup de courage et un grand discernement, ont permis de dévoiler. Le maintien de l’Euro ne se justifie pas par des arguments économiques, mais essentiellement par la volonté politique de domination qui aujourd’hui s’incarne dans l’Allemagne, mais qui s’étend, que l’on parle ici de « collaboration » ou de « syndrome de Stockholm » n’a que peu d’importance, aux élites politiques de l’Espagne, de la France et de l’Italie. De ce point de vue, l’absence de politique française, ou plus précisément la servilité compassionnelle dont elle fait preuve face à l’Allemagne sur la question de la Grèce est des plus instructives. On ne peut que s’indigner de la passivité du Ministre des Finances, M. Michel Sapin quand, le samedi 27 juin, M. Varoufakis a été exclu de la réunion de l’Eurogroupe. Mais reconnaissons que cette passivité est dans la logique de l’attitude française depuis le début. Rappelons ici qu’avant son élection M. Alexis Tsipras n’avait pas été reçu par les membres du gouvernement et du P « S »…

    Ces comportements signifient la fin des illusions en ce qui concerne la possibilité d’aboutir à un « autre Euro » ou de « changer l’UE ». Il faut sur ce point être très clair. De nombreuses forces se sont bercées d’illusions sur ce point, que ce soit en Grèce, et c’est l’une des contradictions de Syriza, ou en France, avec l’attitude du PCF et du Parti de Gauche. Toute bataille menée de l’intérieur du système est appelée à rencontrer des obstacles tellement formidables que l’on peut douter de son succès. James Galbraith, après beaucoup d’autres, a écrit que seul le vote « non » au référendum du 5 juillet pourrait encore sauver l’Euro[4]. Ce qui est sûr est que, paradoxalement, le « oui » va accélérer la fin de l’Euro en mettant au jour la nature réelle de la zone Euro. Le voile de la soi-disant « rationalité » économique désormais déchiré, réduit à un mécanisme de domination, l’Euro se révèle dans sa nature la plus odieuse[5]. Vouloir « changer » l’Euro n’est plus aujourd’hui une simple erreur ; cela devient au vu de l’action de la zone Euro envers la Grèce une stupidité criminelle. Il faudra d’urgence que les différents partis qui ont joué avec cette idée se mettent rapidement au clair sur cette question ou qu’ils assument de n’être que l’aile compassionnelle de la tyrannie européiste.

    Les erreurs stratégiques de Syriza pèsent alors lourd, même si la manière dont la négociation a été menée est digne d’éloge. Il convient de s’inspirer du combat mené mais de ne pas en répéter les erreurs. Ne s’étant jamais mis au clair sur cette question, le gouvernement grec n’a pu apporter au coup d’Etat financier organisé par Bruxelles qu’une réponse bien incomplète. A partir du moment où la clôture des comptesTarget2 des entreprises grecques était constatée il devait réquisitionner la Banque Centrale de Grèce pour que le pays ne se trouve pas à court de liquidité, ou émettre des certificats de paiement (garantis par le Ministère des finances). On rétorquera que cela aurait été interprété par l’Eurogroupe comme une rupture définitive. Mais l’action de la BCE était bien l’équivalent de cette rupture. Il n’est aujourd’hui pas dit que le « oui » l’emporte. Mais, s’il devait l’emporter, ce serait bien parce que le gouvernement grec n’a pas voulu aller jusqu’au bout de la logique dans sa lutte pour la démocratie.

    Les leçons que l’on doit tirer de ce qui se passe actuellement en Grèce, que ce soit en France ou ailleurs, sont extrêmement importantes. Un gouvernement qui entrerait en conflit avec l’Eurogroupe et avec l’UE sait désormais à quoi s’attendre. Les risques de déstabilisation de la société sont immenses dès lors que l’arme financière est utilisée sans restriction par la BCE. Devant ces risques, du moins en France, nous avons une procédure d’exception qui est prévue par la constitution : c’est l’article 16. Le précédent de la Grèce montre que les pressions financières peuvent empêcher un fonctionnement normal des institutions. Le pouvoir exécutif serait alors en droit d’user de l’article 16 pour gouverner par décret dans la période de crise et pour répliquer, du tac au tac, aux actions venant de Bruxelles et de Francfort.

    * * *

    [1] Voir Stiglitz J, « Europe’s attack on Greek democracy », le 29 juin 2015,http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-referendum-troika-eurozone-by-joseph-e–stiglitz-2015-06
    [2] Voir The Guardian du 2 juillet, http://www.theguardian.com/business/2015/jul/02/imf-greece-needs-extra-50bn-euros?CMP=share_btn_tw
    [3] « Un gouvernement de technocrates pour en finir avec l’ère Syriza », déclaration de Martin Schulz, 2 juillet 2015,http://fr.sputniknews.com/international/20150702/1016824871.html
    [4] Galbraith J., « Greece: Only the ‘No’ Can Save the Euro », 1er juillet 2015,http://www.prospect.org/article/greece-only-no-can-save-euro
    [5] Lordon F., La Malfaçon, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2014
    Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 3 juillet 2015.

  12. Syriza envisage d’utiliser le Traité de Lisbonne contre la BCE:
    http://www.voltairenet.org/article188068.html

  13. Au fil des siècles, ils ont gagné notre soumission à leur système en nous cloisonnant dans l’idée que nous pouvions être individuels. Nous leur avons tout abandonné, nous avons renoncé à tout ce qui nous constitue pour cet idéal personnalisable. Je suis pour une reprise en main mais le sevrage s’annonce long. N’y a-t-il pas un électrochoc à mettre en place ?

  14. Ping : Le secret des banques derrière la trag&e...

  15. Bonjour,
    Je ne comprends pas pourquoi nous devons accepter les mots en boucle par le mainstream « de sauver la Grèce » depuis des années, plutôt les banques privées grecques et non grecques qu’ils essayaient de sauver jusqu’à maintenant .
    L’Union Européenne elle même ne veut rien dire, avez vous remarqué que les billets ne représentent aucun cas l’identité de chaque pays?
    En France, prenons un exemple: AIR FRANCE, FRANCE TELECOM, EDF, GDF… les entreprises continuent de changer de nom sans laisser une identité particulière. Le logos AIR FRANCE devient AIRFRANCE, ORANGE…etc.
    N’y-a-t-il pas une volonté d’effacer l’identité de chaque pays membre? ont-ils pillé les entreprises publiques de chaque pays membres: les biens matériels, les brevets par l’intermédiaire de la planche à billet(quantitative easing drôle de mots) ou les dettes odieuses?
    Quand je prends l’autoroute pratiquement vide jusqu’en Espagne en moyenne 800km, j’ai compté 6 personnes maximum sur les péages de tout le trajet (période de vacance), est-ce-normal?Pourtant le prix ne cesse pas d’augmenter. Bonjour le dégât de la privatisation…
    L’Union Européenne ne nous aime pas (peuple de chaque pays), alors pourquoi continuons nous à crever avec eux?Il est temps de quitter cette mascarade…
    Ils les disent en plus le referendum est contre l’essence de leur définition de la démocratie, si j’essaie de comprendre comment fonctionne dans leur tête…
    Bref, il n’y a jamais eu de projet social en Europe.Au contraire, l’Europe est une destruction méthodique des acquis. Peut être elle est un projet de la paix? Je ne sais pas mais L’OTAN et Les Nazis en Ukraine sont pressés de bouffer l’ours russe, ils veulent provoquer la guerre à la Russie, sommes nous vraiment en pays?
    Avez vous remarquer que les prix ont augmenté depuis la création de l’Euro?Ou encore la quantité de produit est ajustée pour masquer l’augmentation de prix.
    Voilà nos discussions de comptoir, je vous fais partager, l’avenir est dans le « coin de rue « 8) . Encore minable de dire qu’il y a une autre Europe possible …
    Bon courage à tous,
    Les commentaires:
     » Ils foutes la gueule de tout le monde là … un jour nous sommes dans la même situation, nous rigolerons moins  »
    « C’est salaud limite à 60 euros par jour pour verrouiller notre fruit de travail, les riches ont déjà vidé leurs comptes ailleurs… »

  16. Deux ennemis du peuple, collabos de l’occupant (qui traitent les résistants, tous les jours depuis 10 ans, de paranoïaques racistes proches de l’extrême droite, et qui feront peut-être un jour enfermer ces résistants pour « maladie mentale », comme aux temps totalitaires), sont incriminés par Frédéric Lordon :

    Le crépuscule d’une époque

    mardi 7 juillet 2015, par Frédéric Lordon

    http://blog.mondediplo.net/2015-07-07-Le-crepuscule-d-une-epoque

    C’est une photo comme il y en a des milliers, certaines sympathiques, d’autres grotesques : un selfie. Deux ahuris font un selfie, regards béats et satisfaits. Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Ils sont visiblement très contents de leur coup, « on va le mettre sur Twitter pour les faire chier ». Arnaud Leparmentier et Jean Quatremer. On est jeudi 2 juillet, jour de manifestation de solidarité avec le peuple grec. Il y a une légende à la photo : « Ça va Bastille ? Nous on est rive gauche ».

    En fait, oui, ça va, pas mal même. Et vous ?

    ***

    Une victoire électorale, fut-elle massive, n’a par soi aucun vrai pouvoir de dessillement du camp d’en face, ni d’endiguement des contre-vérités. On n’attendra donc pas des deux ahuris au selfie qu’ils renoncent à leurs scies préférées : « les contribuables européens ne veulent pas payer pour les fonctionnaires grecs » ; « et si la Grèce fait défaut, ce sont les retraités slovaques et allemands qui paieront pour eux » — soit le bon sens à front de bœuf.

    Les contribuables européens ne payent pas pour les fonctionnaires grecs. Ils payent pour les épargnants européens. Car c’est une tuyauterie financière désormais entièrement circulaire qui prête aux Grecs pour qu’ils remboursent les créanciers — de ces euros-là qui circulent sous leur nez, les Grecs ne voient pas la couleur. Les contribuables européens ont d’abord payé pour la reprise publique des titres grecs détenus par les banques privées — un grand classique. Maintenant ils payent directement pour eux-mêmes — enfin certains pour d’autres. On progresse…

    Ils payent surtout en conséquence une des plus colossales erreurs de politique économique de l’histoire, inscrite il est vrai dans les traités européens et engendrée de leur fonctionnement quasi-automatique : forcer le retour vers les 3 %-60 % en pleine récession, a conduit à la destruction d’une économie, ni plus ni moins : 25 % de PIB en moins, 25 % de taux de chômage, tout le monde connaît ces chiffres qui sont désormais entrés dans l’histoire. Le plus étonnant, mais en réalité c’est un signe d’époque, c’est l’incapacité de ces données pourtant massives, données d’une faillite intellectuelle écrasante, à désarmer l’acharnement et déclencher le moindre processus cognitif de révision. Leparmentier et Quatremer continueront donc soit de soutenir que les traités n’y sont pour rien, soit de maintenir qu’il s’agissait de la seule politique possible, soit d’assurer que pour notre bonheur ça n’était pas seulement la seule possible mais la meilleure. Soit de regarder ailleurs — les fonctionnaires grecs. Autisme et quasi-racisme (car il faut voir ce que depuis 2010 ces deux-là auront déversé sur « le Grec »). Bellicisme aussi d’une certaine manière, pour ceux qui n’ont que « l’Europe de la paix » à la bouche mais s’acharnent à jeter les uns contre les autres Grecs et « Européens » (les autres) — « contribuables européens » contre « fonctionnaires grecs », ou quand l’aveuglement idéologique n’hésite plus à répandre la discorde pour se donner libre cours : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame au fonctionnaire grec. Eh bien non : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame à ses gouvernants qui, « en son nom », ont pris la décision éclairée de le charger pour sauver les banques, et puis de charger la Grèce en s’adonnant à la passion macroéconomique des traités.

    En matière de passions, Leparmentier et Quatremer n’ont pas que celle des contribuables : celle des retraités aussi (pourvu qu’ils ne soient pas grecs). « Qu’est-ce que vous dites aux retraités de Bavière si la Grèce ne rembourse pas ? » demande Leparmentier à Piketty qui répond à base de grande conférence sur la dette en Europe [1]. On pourrait répondre aussi que si les Bavarois avaient une retraite entièrement par répartition, cette question n’aurait même pas lieu d’être. On pourrait répondre que c’est bien ce qui arrive quand depuis des décennies on fait le choix de faire passer le financement de toutes les activités sociales — retraites, études universitaires, bientôt santé, etc. — par les marchés de capitaux, ce fléau voué à toutes les catastrophes. Et que, là encore, ça n’est pas « aux Grecs », mais à tous les gouvernants qui ont pris ce parti de la financiarisation qu’il faut s’adresser. Ou bien accepter que la retraite confiée aux marchés, ça fait… comme les marchés : ça va, ça vient, un mauvais investissement et c’est le bouillon. On pourrait d’ailleurs, et enfin, répondre qu’on n’a pas le souvenir d’avoir vu Leparmentier prendre fait et cause pour les retraités de la capitalisation lorsque les marchés d’actions se sont effondrés au début des années 2000, et toute la finance dans un bel ensemble en 2007-2008, au passage pour des pertes autrement considérables que celles qui suivraient d’un défaut grec — mais il est vrai qu’il n’y avait alors ni fonctionnaires grecs ni gouvernement de gauche à incriminer.

    ***

    Et maintenant que peut-il se passer ? L’« alternative de la table » est-elle dépassée si peu que ce soit ?

    De 2005 à 2015, si l’on fait bien les comptes, on jouit une fois tous les dix ans. C’est bon à proportion de ce que c’est rare — avouons les choses, imaginer la tête des ahuris au selfie (et de tous leurs semblables) est spécialement délectable. Mais tout ceci n’implique pas de céder complètement à l’ivresse. Il n’y a rien de significatif à gagner dans la négociation avec la troïka. Le scénario le plus avantageux est donc celui d’une reprise de négociation d’où sortiront quelques concessions de second ordre — diminution de la décimale du surplus primaire exigé, licence laissée au gouvernement grec d’organiser l’ajustement budgétaire comme il l’entend (et non sous la menue dictée de la troïka), promesse éventuelle d’une discussion sur la restructuration de la dette (en étant vraiment très optimiste).

    C’est qu’il y a des raisons sérieuses à ce que rien de plus ne puisse être obtenu. On les connaît. L’Allemagne en fait partie. Qu’entre Sigmar Gabriel et Martin Schulz, la réaction du Parti social démocrate (SPD) ait été encore plus violente que celle d’Angela Merkel pourrait peut-être finir par faire apercevoir de quoi il y va vraiment dans la position allemande. Les principes d’orthodoxie dont l’Allemagne a exigé l’inscription dans les traités sont l’expression d’une croyance monétaire transpartisane et pour ainsi dire métapolitique – en amont des différenciations politiques. Elle n’est pas une affaire d’« idéologie politique » au sens ordinaire du terme, c’est-à-dire de quelque chose qui ouvrirait la perspective d’un retournement possible à échéance électorale, mais une construction symbolique de longue période qui donne leur cadre commun aux alternances.

    C’est dire combien la thèse de l’« Allemagne de Merkel », cette argutie de raccroc pour tous les Bernard Guetta, faux appel à la patience d’une future « Europe social-démocrate » [2] quand le débris qu’est la social-démocratie européenne est entièrement passé à droite, c’est dire combien cette thèse était promise — par bêtise ou par cécité volontaire ? — à ne rien comprendre à ce qui se passe en Europe, et surtout à ce qui ne pourra jamais s’y passer, en tout cas dans sa configuration actuelle.

    Ce qui ne pourra jamais s’y passer c’est qu’un pays, qui plus est du Sud, prétende s’être soustrait aux principes — le thème récurrent de tous le commentaire allemand sur la Grèce, c’est la règle enfreinte. Que cette règle ne convienne qu’à l’Allemagne, qu’elle soit la sienne même, que partout ailleurs ou presque son application forcenée ait tourné à l’un des plus grands désastres économiques de l’histoire européenne, rien de ceci ne produira le moindre bougé — et jusque dans les autres pays, notamment la France, en état de stupéfaction fusionnelle avec l’Allemagne, hommes politiques pour qui le « couple franco-allemand » est devenu un intouchable fétiche auquel tout sera aveuglément sacrifié, experts ressassant le catéchisme ordolibéral (dont même les économistes américains se tapent sur les cuisses qu’on puisse être bête à ce point de le prendre au sérieux), éditorialisme du gramophone.

    C’est bien ici en tout cas que s’avèrera la malfaçon européenne. Le peuple allemand vit à sa manière la chose monétaire. C’est son droit le plus absolu. Mais il a choisi d’imposer sa manière à tous les autres. Et les problèmes ne pouvaient qu’apparaître. Après cinq ans d’épuisement, et même de persécution économique, le peuple grec vient de dire que cette manière, il n’en voulait plus. Ce sera donc manière contre manière, et voilà pourquoi l’« alternative de la table » se trouve reconduite à l’identique — aux concessions cosmétiques près dont on fait les communiqués de victoire des deux bords.

    Il ne faut pas douter en effet de la réponse que donnerait l’électorat allemand s’il était consulté, sans doute d’autres avec lui, mais lui tout spécialement. Au lendemain du « non » grec, les incompatibilités européennes sont maintenant aiguisées à un point qui réduit à très peu l’espace des compromis, et ne permet plus du tout d’exclure par exemple que le Parlement allemand, écrasante majorité sociale réunie derrière lui, rejette tout nouvel accord de l’Eurogroupe. Le référendum de Tsipras avait évidemment (aussi) à voir avec la préservation de sa coalition. Le refus de Merkel procédera des mêmes mobiles – auxquels il n’y a pas grand-chose à redire : à un certain moment les hommes politiques sont rappelés aux nécessités de leur politique nationale, celle qui les a mis là où ils sont.

    Comme toujours la chasse aux lièvres sera ouverte et l’on verra le commentaire se précipiter avec passion sur toutes les fausses pistes : l’irresponsabilité des uns, l’égoïsme des autres, le défaut de solidarité de tous. Soit le fléau du moralisme. Car le moralisme est bien cette pensée indigente qui rapporte tout aux qualités morales des acteurs sans jamais voir ni les structures ni les rapports : rapports de force, de convenance ou de disconvenance, de compatibilité et de viabilité. On ne compose une totalité collective viable que si l’on met ensemble des parties qui entretiennent entre elles des rapports de compatibilité minimale. Et si cette compatibilité tombe sous un certain seuil critique, alors la totalité — tautologiquement — court à la décomposition. Le rapport entre la croyance monétaire allemande et les blocs d’affects de certains autres peuples européens est en train d’atteindre ce seuil. L’incompatibilité, restée masquée tant qu’un environnement macroéconomique pas trop défavorable permettait de tenir à peu près les objectifs, était vouée à devenir criante au premier point de crise sérieuse. Depuis 2009, nous y sommes.

    Le droit des Allemands de ne pas vouloir voir enfreintes les règles auxquelles ils tiennent par-dessus tout est finalement aussi légitime que celui des Grecs à ne pas être précipités aux tréfonds de la misère quand on les leur applique. C’est donc d’avoir imaginé faire tenir ensemble durablement ces deux droits sans penser aux conditions où ils pourraient devenir violemment antagonistes qui était une mauvaise idée. Ou alors il faut disposer des institutions qui rendent un peu plus compatibles les incompatibles, par exemple une union de transfert, sous la forme d’une (très significative) assurance-chômage européenne — le rapiéçage minimal quand, par ailleurs, tant de lourds problèmes demeureraient. Ceci en tout cas n’a rien d’une question de morale, c’est une question de structures, capables ou non d’accommoder des forces politiques centrifuges au sein d’un ensemble mal construit, et menacé d’une perte complète de viabilité pour n’avoir pensé aucune régulation de la divergence. Si l’Allemagne ne veut pas entendre parler d’annulation d’une (part de) dette qui ne peut qu’être annulée, il s’en suivra logiquement l’éclatement de la zone euro.

    Et par tous les bouts. Car il ne faut pas s’y tromper : si d’aventure il se formait une coalition d’Etats-membres pour soutenir cette annulation, et plus généralement une réforme d’ampleur des principes monétaires de la zone, c’est l’Allemagne, éventuellement accompagnée de quelques semblables, qui menacerait de prendre le large, au nom de la défense de ses irréfragables principes — Gerxit et non Grexit, l’hypothèse constamment oubliée.

    ***

    Il ne faut donc pas se tromper dans l’appréciation de la portée de l’événement oχi. Il est des plus que douteux que le gouvernement Syriza obtienne davantage que des concessions marginales — dont il lui appartiendra de faire comme il peut une présentation triomphale… Mais ça n’est pas ainsi qu’il faut juger de l’événement, car c’est un ébranlement d’une tout autre sorte qui s’est produit dimanche 5 juillet. L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes. Et l’annonce d’un crépuscule — donc aussi d’une aube à venir.

    Ce qui s’est trouvé enfin condamné et appelé à l’effacement historique sous cette poussée d’un peuple, c’est une époque et ses hommes. Nous allons enfin entrer dans l’agonie de l’économicisme, cette dégénérescence de la politique, une vocation à la non-politique qui, comme de juste, ne cesse pas de faire de la politique — de même que la « fin des idéologies » est le dernier degré de l’idéologie —, mais de la pire des façons, au tréfonds d’un mélange de mensonge et d’inconscience. Seuls de grands cyniques étaient capables de voir que le règne gestionnaire, la réduction économiciste de tout, qui se targuent de préférer l’administration des choses au gouvernement des hommes, comme l’auront répété en boucle tout ce que le néolibéralisme a compté d’idiots utiles, seuls de grands cyniques, donc, étaient capables de voir qu’il y avait dans cette profession de foi anti-politique la plus sournoise des politiques.

    Quitte à être du mauvais côté de la domination, il faut regretter qu’il n’y ait pas plus de cyniques. Eux au moins réfléchissent et ne se racontent pas d’histoires — ni à nous. On leur doit l’estime d’une forme d’intelligence. Mais quand les cyniques manquent ce sont les imbéciles qui prolifèrent. Le néolibéralisme aura été leur triomphe : ils ont été partout. Et d’abord au sommet. Une génération d’hommes politiques non-politiques. Le pouvoir à une génération d’imbéciles, incapables de penser, et bien sûr de faire de la politique. Le gouvernement par les ratios est le seul horizon de leur politique. On comprend mieux le fétichisme numérologique qui s’est emparé de toute la construction européenne sous leur conduite éclairée : 3 % [3], 60 %, 2 %. Voilà le résumé de « l’Europe ». On comprend que ces gens soient réduits à la perplexité d’une poule devant un démonte-pneu quand survient quelque chose de vraiment politique — un référendum par exemple. La perplexité et la panique en fait : la résurgence des forces déniées est un insupportable retour du refoulé. Qu’il y ait des passions politiques, que la politique soit affaire de passions, cela n’était pas prévu dans le tableur à ratios. Aussi observent-ils, interdits, les événements vraiment politiques : la quasi-sécession écossaise, les menaces équivalentes de la Flandre ou de la Catalogne — le sursaut grec, évidemment. Le choc de l’étrangeté est d’ailleurs tellement violent qu’ils s’efforcent spontanément de le recouvrir. Comme la guerre de Troie, les référendums n’ont pas eu lieu.

    En une tragique prédestination à l’échec, c’est à cette génération qu’a été remise la construction européenne. On lui aura dû cette performance, appelée à entrer dans l’histoire, d’une monnaie unique sans construction politique — catastrophe intellectuelle typique de l’économicisme qui croit à la souveraineté de l’économie, et pense que les choses économiques tiennent d’elles-mêmes. Même leur réveil tardif, et brutal, est aussi pathétique que le sommeil épais d’où il les tire : « il faut une Europe politique ! » Mais le pyjama est de travers, le cheveu en bataille et les idées encore un peu grumeleuses. C’est qu’il ne suffit pas d’en appeler à une Europe politique pour qu’ipso facto elle advienne. La formation des communautés politiques n’est pas un jeu de Meccano. Comme fait-on vivre ensemble des idiosyncrasies hétérogènes ? Par quelles formes institutionnelles peut-on espérer réduire leurs incompatibilités ex ante ? Quelles sont les contraintes d’une économie générale de la souveraineté ? Quelles sont les conditions de possibilité d’acceptation de la loi de la majorité ? Sont-elles nécessairement remplies ? Et dans le cas présent ? Tiens, on va aller poser toutes ces questions à Michel Sapin.

    Comme un symptôme du degré ultime de soumission à l’ordre des choses qu’aura incarné la « social-démocratie », c’est en effet au Parti socialiste qu’on trouve les plus beaux spécimens de la catastrophe : Sapin donc, mais aussi Macron, Valls, Moscovici, et bien sûr, primus inter pares, Hollande. Les figures ahuries du gouvernement des ratios et, en temps de grande crise, les poules dans une forêt de démonte-pneu. Un cauchemar de poules. Il faut les regarder tourner ces pauvres bêtes, désorientées, hagardes et incomprenantes, au sens étymologique du terme stupides. Tout leur échappe. D’abord il y a belle lurette que les ratios ont explosé à dache, mais la vague angoisse qui les gagne leur fait bien sentir que c’est plus grave que ça : ça pourrait ne plus être une affaire de ratios… La pensée par ratios risque de ne plus suffire. Il faudrait refaire « cette chose… » : de la politique. « Mais comment faire ? Nous ne savons pas ».

    On le sait qu’ils ne savent pas. Le pire, d’ailleurs, c’est quand ils font comme s’ils savaient. Qu’ils s’essayent à la « vision ». « Il faut que les jeunes Français aient envie de devenir milliardaires », voilà la pensée des ratios dans son effort de « prendre de la hauteur ». Les ratios en hauteur, ça donne ça : la vision civilisationnelle d’Emmanuel Macron. Voici les gens que nous mandatons pour nous conduire. Mais où peuvent-ils nous emmener si ce n’est au désastre — civilisationnel, précisément ? Comment imaginer que l’Europe à tête de bulot ait pu aller ailleurs qu’au naufrage ? Quelqu’un depuis vingt ans a-t-il éprouvé le moindre tremblement à un discours européiste ? Senti le moindre souffle ? Peut-on composer une épopée autre que grotesque lorsqu’on met bout à bout les odes à l’Europe sociale d’Elisabeth Guigou et de Martine Aubry, les bafouillements de Jacques Delors, les chuintements de Jean-Claude Juncker, les hystéries de Cohn-Bendit, les commercialismes de Lamy, les fulgurances charismatiques de Moscovici, et tant d’autres remarquables contributions à la chronique d’un désastre annoncé ? La vérité est qu’il suffisait de les écouter, ou plutôt de tendre l’oreille, en fait de percevoir l’absence de toute vibration, pour se pénétrer de la certitude de l’échec : une entreprise historique conduite par des gens de cette étoffe ne pouvait qu’échouer.

    Il ne faut pas faire acception de cas singuliers : c’est bien une génération entière qui est en cause. La génération du néolibéralisme. Les autres pays ont les leurs, les mêmes : Barroso, Renzi, Monti, Zapatero, Verhofstadt, etc., tous ont été formés dans la même matrice, la matrice d’une époque. Comment l’économicisme néolibéral qui est une gigantesque dénégation du politique ne pouvait-il pas engendrer sa génération d’hommes politiques ignorants de la politique ? « Abandonnez ces sottises, regardez les ratios, ils ne sont ni de droite ni de gauche », on ne compte plus les décérébrés qui, répétant cet adage, auront cru s’affranchir de la politique, en faisant la pire des politiques : la politique qui s’ignore.

    Et ceux-là auront été partout, pas seulement sous les lambris. Car c’est tout un bloc hégémonique qui aura communié dans la même éclipse. A commencer par ses intellectuels organiques, si vraiment on peut les appeler des intellectuels puisque, de même qu’il a fait dégénérer les hommes politiques, le néolibéralisme n’a produit que des formes dégénérées d’intellectuels : les experts. Et forcément : l’économicisme néolibéral ne pouvait se donner d’autres « intellectuels » que des économistes. Les dits think tanks auront été la fabrique de l’intellectuel devenu ingénieur-système. A la République des Idées c’était même un projet : en finir avec les pitres à chemise échancrée, désormais le sérieux des chiffres — la branche universitaire de la pensée des ratios.

    Et derrière eux toute la cohorte des perruches — les journalistes. Fascinés par le pseudo-savoir économique auquel ils n’ont aucun accès de première main, ils ont gravement répété la nécessité de commandements économiques auxquels ils ne comprennent rien — de la même manière, on peut le parier, que, têtes vides, ils se la laisseront remplir par le nouvel air du temps et soutiendront exactement l’inverse dès que les vents auront tourné.

    Il faut déjà les imaginer perturbés et angoissés par le conflit renaissant des autorités, comme des enfants devant la dispute des parents. Car on entend des économistes dissonants — si ce ne sont que des hétérodoxes, ça n’est pas trop grave. Mais il y a aussi ces prix Nobel qui disent autre chose — c’est tout de même plus sérieux. Pire encore, de l’intérieur même de la curie, du dissensus se fait entendre : des économistes du FMI suggèrent mezza voce qu’il aurait pu y avoir quelques erreurs… du FMI, une sombre histoire de multiplicateur [4], mais on comprend bien que l’édifice doctrinal n’était pas, comme on le croyait, en marbre de Carrare. Que le monde ait été plongé en plein chaos en 2008, que des pays européens se tapent des descentes façon Grande Dépression années trente, non, cela ne pouvait avoir aucun effet sur les perruches, tant que la volière restait bien arrimée : ouvrir les yeux pour s’interroger ne sert à rien puisqu’il suffit d’écouter les réponses qui font autorité. Mais quand l’autorité commence à se craqueler, et que le clou menace de céder ?…

    Pour l’heure il tient encore. On dépayse la volière et les perruches prennent le chemin d’Aix-en-Provence, où l’on va se réchauffer, et se rassurer, entre soi. On reviendra dûment regonflé en répétant les éléments de langage avec d’autant plus de conviction qu’ils ne sont pas reçus comme des éléments de langage mais comme des évidences qui parlent d’elles-mêmes : réforme, ne-pas-dépenser-plus-qu’on-ne-gagne (enfin-c’est-élémentaire), la-dette-qu’on-va-laisser-à-nos-enfants. Et puis pour les plus doués, ceux qui sont en classe supérieure : archéo-keynésianisme. C’est Emmanuel Macron qui le dit, et comme nous l’avons vu, c’est quelqu’un. Evidemment la perruche ignore cette phrase de Keynes, à qui ce serait faire insulte que de le mettre en simple comparaison avec Macron, cette phrase qui dit qu’il n’est pas de dirigeant politique qui ne soit l’esclave qui s’ignore d’un économiste du passé. C’est peu dire que Macron fait partie de ces esclaves inconscients et ravis. Et pour cause : il ne connaît même pas son maître. On va le lui indiquer. Son maître s’appelle Pigou. Une espèce d’Aghion de l’époque qui a si bien plaidé la cause de l’ajustement par les marchés que Hoover, Brünning et Laval ont dans un bel ensemble précipité leurs économies dans l’effondrement de la Grande Dépression. Emmanuel Macron, qui a appris à l’ENA l’économie dans la même version que son président l’histoire — pour les Nuls — ronronne de contentement en s’entendant dire « archéo-keynesien ». Et les perruches caquètent de joie tout autour. Le problème c’est qu’il est, lui, paléo-libéral. Et qu’il ajoute son nom à la série historique des années trente.

    Et puis il y a l’élite : les twittos à selfie. Même au milieu des ruines fumantes de l’Europe effondrée, eux ne lâcheront rien : ce sera toujours la faute à autre chose, les Grecs feignants, les rouges-bruns, la bêtise des peuples, l’erreur, quand même il faut le dire, de trop de démocratie. Mais tous les systèmes ont leurs irréductibles acharnés et leurs obturés du jusqu’au bout.

    Têtes politiques en gélatine, experts de service, journalisme dominant décérébré, voilà le cortège des importants qui aura fait une époque. Et dont les réalisations historiques, spécialement celle de l’Europe, seront offertes à l’appréciation des temps futurs. Il se pourrait que ce soit cette époque à laquelle le référendum grec aura porté un coup fatal. Comme on sait, il faut un moment entre le coup de hache décisif et le fracas de l’arbre qui s’abat. Mais toutes les fibres commencent déjà à craquer. Maintenant il faut pousser, pousser c’est-à-dire refaire de la politique intensément puisque c’est la chose dont ils ignorent tout et que c’est par elle qu’on les renversera.

    L’histoire nous livre un enseignement précieux : c’est qu’elle a des poubelles. Il y a des poubelles de l’histoire. Et c’est bien. On y met les époques faillies, les générations calamiteuses, les élites insuffisantes, bref les encombrants à oublier. Alors tous ensemble, voilà ce qu’il faudrait que nous fassions : faire la tournée des rebuts, remplir la benne, et prendre le chemin de la décharge.

    Frédéric Lordon.

    Notes

    [1] Thomas Piketty, « Ceux qui cherchent le Grexit sont de dangereux apprentis-sorciers », Le Monde, 4 juillet 2015.

    [2] Bernard Guetta, « De l’urgence de savoir défendre l’Europe », Libération, 26 février 2013.

    [3] Cf. « La règle des 3 % de déficit est née sur un coin de table », Le Monde diplomatique, octobre 2014.

    [4] Olivier Blanchard et Daniel Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers » (PDF), IMF Working Paper, janvier 2013.

    Source : http://blog.mondediplo.net/2015-07-07-Le-crepuscule-d-une-epoque

  17. Piketty :
    « l’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes »

    (« Libération »)

    «Ce qui m’a frappé pendant que j’écrivais, c’est que l’Allemagne est vraiment le meilleur exemple d’un pays qui, au cours de l’histoire, n’a jamais remboursé sa dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale. […] L’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes. Elle n’est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations.»

    http://www.liberation.fr/direct/element/piketty-lallemagne-est-le-pays-qui-na-jamais-rembourse-ses-dettes_12395/

    • Piketty: «L’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes»
      (Slate.fr)
      http://www.slate.fr/story/103989/piketty-allemagne-jamais-rembourse-dettes

      • quelle hypocrisie. Le plan est évident. Good cop/bad cop puis revenir sur la culpabilisation des allemands. N’oubliez pas que ce sont les Rothschild, Ford et Rockefeller qui ont financé la II guerre mondiale, qui l’ont encouragée pour que Hitler détruise la Russie et les pays slaves `aleur place.

        Piketty fait maintenant partie de ces hypocrites comme Mélenchon qui ressortent volontairement le mépris entre les peuples au lieu de dénoncer les différents gouvernements d’Israel et des Etats Unis pour escroquerie, viol, pressure, génozide, chantage, crimes de guerre, meurtre, pillage, et je’en passe.

        D’ailleurs DIE Zeit: les rédacteurs en chef Matthias Nass et Joffe sont membres du Bilderberg, tout comme les rédacteurs en chef de la Bild et du Standard (Autrichien).

  18. Bonjour,
    Je me suis permis de reprendre ce texte extrêmement intéressant pour le rendre plus lisible en français. J’espère n’avoir pas écrit d’ânerie… je suis traductrice mais je ne lis pas toutes les langues! Je n’ai donc pas pu vérifier ma version avec l’original, j’ai fait au mieux…

    Derrière la tragédie grecque :
    Les secrets des banques

    Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque [1] et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour revéler la supercherie du bailout grec de 2010.
    ________________________________________
    La Grèce est aujourd’hui confrontée à l’énorme problème de la dette, ainsi qu’à une crise humanitaire. La situation est pire qu’en 2010, lorsque la troïka – FMI, Commission européenne et BCE – a imposé son « plan de sauvetage », alors justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. De fait, ce plan s’est avéré complètement désastreux pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.
    Ce dont personne ne parle, c’est qu’un autre plan de sauvetage, réussi, lui, a effectivement eu lieu en 2010, non pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées, qui représente un risque immense pour l’Europe.
    Cinq ans après, les banques ont obtenu tout ce qu’elles voulaient. La Grèce, en revanche, est entrée dans une véritable tragédie : le pays a vu sa dette considérablement alourdie, ses biens perdus en raison d’un processus de privatisation accéléré, ainsi que son économie énormément réduite. De surcroit, le coût social est incalculable. Des millions de personnes désespérées ont vu leur subsistance et leurs rêves touchés par les sévères mesures d’austérité imposées depuis 2010. Les retraites, les salaires, le travail mais aussi la santé, l’éducation, la protection sociale, et tous les services sociaux ont été gravement affectés, voire détruits.
    La répartition du budget national grec montre que les dépenses de la dette l’emportent sur toutes les autres dépenses de l’Etat. En fait, les prêts, titres de créance, intérêts et autres frais, couvrent 56% du budget annuel de la Grèce en 2013 (Source: Εισηγητική Έκθεση Απολογισμού και Ισολογισμού 2013 – p. 90. Elaboré par Stavros Papaioannou).
    En mai 2010, toutes les attentions se sont focalisées sur les multiples annonces autour de l’ingérence de la Troïka en Grèce avec son curieux « plan de sauvetage » mais un autre plan de sauvetage efficace et un ensemble de mesures illégales pour sauver les banques privées étaient également sur le point d’être approuvés.
    Ce sont les mesures illégales qui ont été choisies en mai 2010, et justifiées par la nécessité de « préserver la stabilité financière en Europe ». But de la manœuvre : fournir les structures nécessaires aux banques privées pour se débarrasser d’une « bulle » dangereuse, à savoir une grande quantité d’actifs toxiques –essentiellement dématérialisés et non négociables – qui grevaient leurs comptes de patrimoine hors-bilan [2]. L’objectif principal était d’aider les banques privées à transférer ces actifs problématiques aux pays européens.
    Une des mesures adoptées pour faciliter cet échange d’actifs des banques privées et régler la crise bancaire était le “programme de titres de marché” ou Securities Markets Programme SMP [3], qui a permis à la Banque Centrale Européenne (BCE) d’acheter directement des titres de créance publics et privés sur les marchés primaire et secondaire. Cette opération est illégale en vertu de l’article 123 du traité de l’Union Européenne [4], et ce programme n’est qu’un exemple des « mesures non conventionnelles », prises par la BCE à ce moment-là.
    La création d’une société Special Purpose Vehicle (SPV) basée à Luxembourg a également été très importante pour faliciter ce transfert dématérialisé d’actifs toxiques des banques privées vers le secteur public. C’est difficile à croire mais les pays européens [5] sont devenus « partenaires » de cette société privée, une « société anonyme » nommée « Fonds européen de stabilité financière » (FESF) [6]. Les pays se sont engagés en fournissant des garanties qui se montaient initialement à 440 milliards d’euros [7]; puis en 2011, le capital a été porté à 779 780 000 000 EUR [8]. Le but réel de cette société, éclipsé par les annonces, était de fournir à des pays des « prêts » basés sur des « instruments de financement », et non sur de l’argent réel. La création du FESF a clairement été imposée par le FMI [9], qui lui a fourni un appui de 250 milliards d’euros [10].
    Ensemble, le SMP et le FESF constituent un mécanisme de sauvetage des actifs [11] dont les banques privées avaient besoin pour obtenir le soutien du public, et qui a été lancé au début de la crise bancaire de 2008 aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Depuis début 2009, les banques réclamaient davantage de soutien public afin de se décharger de la quantité excessive d’actifs toxiques qui grevaient leurs comptes hors-bilan. Deux solutions possibles donc : des achats directs des gouvernements, ou le transfert des actifs à des sociétés de gestion de patrimoine indépendantes. Les deux outils ont été fournis par le SMP et le FESF, et les pertes liées aux actifs toxiques sont désormais à la charge des citoyens européens.
    Mais les transfert d’actifs toxiques des banques privées à une entreprise, sans paiement et sans opération adéquate d’achat / vente aurait été illégal selon les règles de reddition de comptes [12]. EUROSTAT a donc changé ces règles et a permis « les opérations de liquidité menées par l’échange d’actifs », en utilisant les « circonstances particulières de la crise financière » pour justifier ce changement.
    Si FESF a été basé au Luxembourg, c’est principalement pour ne pas avoir à se soumettre aux lois internationales. Mais le FESF était également financé par le FMI, dont la collaboration était théoriquement illégale selon ses propres statuts. Le FMI a donc revisité ses propres règles pour fournir les 250 milliards d’euros au FESF [13].
    Conformément à la loi [14] autorisant sa création, la société luxembourgeoise FESF peut déléguer la gestion de toutes ses activités de financement. Le conseil d’administration peut déléguer ses fonctions et ses États membres associés peuvent déléguer des décisions concernant les garants de l’Eurogroup Working Group (EWG). En ce moment l’EWG n’a même pas de président à plein temps [15]. C’est le Bureau de la gestion de la dette allemande qui dirige réellement le FESF [16] et, de concert avec la Banque européenne d’investissement, fournit un soutien pour sa gestion opérationnelle. Le manque de légitimité du fonds est évident car, dans les faits, il est géré par un autre organisme. Or, aujourd’hui, le FESF est le plus grand créancier de la Grèce.
    Les instruments de financement gérés par le FESF sont des plus risqués et restreints. Ils sont dématérialisés et non négociables, tels les billets à taux flottant (Floating Rate Notes) réglés comme pass-through, de change et d’arrangements de couverture et d’autres activités de co-financement qui implique la fiduciaire Britannique Wilmington Trust (Londres) Limited [17] en tant qu’instructeur pour la délivrance de type restreint d’obligations non-certifiées. Celles-ci ne peuvent être commercialisées sur un marché légitime des actions, parce qu’elles ne respectent pas les règles pour les obligations de la dette souveraine. Cet ensemble d’instruments de financement toxiques représente un risque pour les États membres, dont les garanties peuvent être appelées à payer pour tous les produits financiers de la société luxembourgeoise.
    Un gigantesque scandale aurait eu lieu en 2010 si ces agissements illégaux avaient été révélés : la violation du traité de l’UE, les changements arbitraires des règles de procédure de la BCE, d’EUROSTAT et le FMI, ainsi que l’association des États membres à une société Luxembourgeoise à but spécial privé. Tout cela rien que pour le sauvetage des banques privées, et en créant risque systémique pour l’ensemble de l’Europe, en raison de l’engagement des États apportant des milliards de garantie pour couvrir ces actifs toxiques problématiques, dématérialisées et non négociables.
    Ce scandale n’a jamais eu lieu, parce que la même réunion extraordinaire des affaires économiques et sociales de l’UE [18] qui a discuté de la création du « Special Purpose Vehicle » qu’est la société du FESF, en mai 2010, a mis l’accent sur le « package de soutien pour la Grèce », ce qui fait croire que cette structure avait été bien créée pour la Grèce et que, par conséquent, elle assurerait la stabilité financière dans la région. Depuis lors, la Grèce est le centre de toutes les attentions, et fait constamment les gros titres des principaux médias partout dans le monde, tandis que le régime illégal qui a effectivement soutenu les banques privées et leur a profité reste dans l’ombre, et que presque personne n’en parle.
    Le rapport annuel de la Banque de Grèce montre une immense augmentation des comptes « hors bilan » liée aux valeurs mobilières en 2009 et 2010, sur des montants beaucoup plus important que son actif total. Cette tendance se poursuit sur les années suivantes. Par exemple, sur le bilan de la Banque de Grèce de 2010 [19], le total des actifs au 31/12/2010 était de 138,64 milliards d’euros. Les comptes hors bilan sur cette même année atteignaient 204,88 milliards d’euros. Le 31/12/2011 [20], alors que le solde du total des actifs additionnés est à 168.44 milliards d’euros; les comptes hors bilan atteignent, eux, 279.58 milliard d’euros.
    « Ainsi, le transfert des actifs toxiques des banques privées vers le secteur public a été un grand succès pour les banques privées, ce que le système de la dette [21] a permis de dissimuler. »
    C’est ce qui s’est produit en Grèce après plusieurs mois de pression de la Commission de L’Union Européenne concernant des allégations d’incohérences sur les données statistiques et l’existence d’un déficit excessif [22]. Étape par étape, une grosse affaire a été créée sur ces questions, jusqu’à ce que le Conseil d’Affaires Économiques et Financières déclare, en mai 2010 : « dans le sillage de la crise en Grèce, la situation sur les marchés financiers est fragile et il y a un risque de contagion » [23]. La Grèce a alors été soumise à un package comprenant l’ingérence de la Troïka, avec des mesures sévères en vertu de plans d’ajustement annuels, un accord bilatéral surprenant, suivi par des « prêts » de la société FESF, soutenus par des instruments de financement à risque.
    Les économistes grecs, des dirigeants politiques, et même certaines autorités du FMI soutenaient que la restructuration de la dette grecque pourrait fournir des résultats bien meilleurs que ce package. On ne les a tout simplement pas écoutés
    Des critiques ont dénoncé la surestimation du déficit grec –justification de la création d’un gros scandale autour de la Grèce et de l’imposition du package de 2010 – on ne les pas écoutés non plus.
    Les spécialistes grecs qui ont dénoncé [24] la falsification des statistiques n’ont également pas été écoutés. Des études ont montré que les statistiques de la dette publique en 2009 la surestimaient de 27,99 milliards d’euros [25], en raison de l’augmentation erronée sur certaines catégories (comme les DEKO, les arriérés des hôpitaux et SWAP Goldman Sachs). Les statistiques des années précédentes avaient également été affectées avec 21 milliards d’euros de swaps Goldman Sachs distribués ad hoc en 2006, 2007, 2008 et 2009.
    Malgré tout cela, dans une atmosphère d’urgence et de menace de « contagion », de curieux accords ont été mis en œuvre depuis 2010 en Grèce; non pas à son initiative, mais sous l’injonction des autorités de l’UE et du FMI.
    « L’analyse des mécanismes [26] insérés dans ces accords montre qu’ils ne bénéficient pas du tout à la Grèce, mais qu’ils ont servi les intérêts des banques privées, en parfaite conformité avec l’ensemble des mesures de sauvetage illégales approuvées en mai 2010. »
    • Premièrement, le prêt bilatéral a utilisé un compte spécial à la BCE par lequel les prêts consentis par les pays et la Banque allemande de développement, les prêteurs, allaient directement aux banques privées qui détenaient des titres de créance avec des valeurs nominales bien inférieures. Donc, cet accord bilatéral étrange a été organisé pour permettre un paiement intégral au profit des détenteurs d’obligations tandis que la Grèce n’a obtenu aucun avantage. Au lieu de cela, les Grecs auront à rembourser le capital, les taux d’intérêt élevés et tous les coûts.
    • Deuxièmement, les « prêts » du FESF ont abouti à la recapitalisation des banques privées grecques. La Grèce n’a pas reçu un véritable prêt ni de soutien du FESF : en raison de son mode de fonctionnement, l’argent réel n’est jamais parvenu en Grèce. Le pays a donc été forcé de réduire des dépenses sociales essentielles afin de rembourser, en espèces, des taux d’intérêt élevés et tous les frais abusifs. Il devra également rembourser le capital qu’il n’a jamais reçu.
    Nous devons chercher la raison pour laquelle la Grèce a été choisie pour être dans l’œil de la tempête, soumise à des accords et des mémorandums illégaux et illégitimes, pour devenir le décor qui sert à couvrir un plan de sauvetage illégal et scandaleux des banques privées depuis 2010.
    Peut-être cette humiliation est-elle liée au fait que la Grèce est, historiquement, une référence mondiale pour l’humanité en tant que berceau de la démocratie, symbole de l’éthique et des droits humains. Le système de la dette ne peut pas admettre ces valeurs, car il n’a aucun scrupule à nuire aux pays et aux peuples afin de faire des profits.
    Le Parlement grec a déjà créé la Commission de la Vérité sur la Dette Publique et nous a donné la chance de révéler ces faits. Car c’est seulement grâce à la transparence que les pays vaincront ceux qui veulent les mettre à genoux.
    Il est temps que la vérité l’emporte, il est le temps de placer les droits humains, la démocratie et l’éthique au-dessus des intérêts privés. C’est cette mission que doit maintenant remplir la Grèce.
    Maria Lucia Fatorelli.
    Traduit de l’anglais par Mabrouka M’Barek (co-auteur de la loi pour l’audit de la dette tunisienne)
    _______________________________
    Notes :
    [1] Coordonnatrice Nationale de l’Audit Citoyen de la Dette au Brésil (www.auditoriacidada.org.br), invitée par la présidente du Parlement grec, Zoe Konstantopoulou, afin de collaborer avec la Commission de la vérité sur la dette publique créée le 4 avril 2015 et coordonnée par Eric Toussaint du CADTM.
    [2] Hors-bilan signifie une section extérieure aux comptes de bilan normaux, où figurent les actifs problématiques, tels que les actifs non négociables dématérialisés.
    [3] Securities Markets Programme (SMP) – BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE. Glossaire politique monétaire. Disponible depuis:
    https://www.ecb.europa.eu/home/glossary/html/act4s.en.html#696 [Consulté: 4th Juin 2015]
    [4] LE TRAITÉ DE LISBONNE. Article 123. Disponible à partir: http://www.lisbon-treaty.org/wcm/the-lisbon-treaty/treaty-on-the-functioning-of-the-european-union-and-comments/part-3-union-policies-and-internal-actions/title-viii-economic-and-monetary-policy/chapter-1-economic-policy/391-article-123.html [Consulté: 4th Juin 2015]
    [5] La zone euro des États membres ou actionnaires du FESF: Royaume de Belgique, République Fédérale d’Allemagne, Irlande, Royaume d’Espagne, République française, République italienne, République de Chypre, le Grand-Duché de Luxembourg, la République de Malte, Royaume des Pays-Bas, République d’Autriche, République portugaise, République de Slovénie, République slovaque, République de Finlande et République hellénique
    [6] La société privée FESF a été créée comme un Mécanisme européen de la stabilisation financière (MESF), dans: http://ec.europa.eu/economy_finance/eu_borrower/efsm/index_en.htm
    [7] Commission européenne (2010) Communication de la Commission au Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil, la Banque centrale européenne, le Comité économique et social et au Comité des régions – Renforcer la coordination des politiques économiques.
    http://ec.europa.eu/economy_finance/articles/euro/documents/2010-05-12-com(2010)250_final.pdf – Page 10.
    [8] IRISH STATUTE BOOK (2011) Fonds européen de stabilité financière et le Fonds de la zone euro prêt (Amendment) Act 2011. Disponible auprès de: http://www.irishstatutebook.ie/2011/en/act/pub/0025/print.html # s2 [Consulté: 4 Juin 2015].
    [9] Déclaration faite par M. Panagiotis Roumeliotis, ancien représentant de la Grèce au FMI, à la « Commission de la vérité sur la dette publique », au Parlement grec, le 15 Juin 2015.
    [10] EUROPEAN FINANCIAL STABILITY FACILITY (2010) A propos du FESF [en ligne] Disponible à partir:
    http://www.efsf.europa.eu/about/index.htm et http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf – Question A9 [Consulté le 3 Juin 2015].
    [11] Haan, Jacob de; OSSTERLOO, Sander; SCHOENMAKER, Dirk. Institutions et marchés financiers – A European Perspective (2012) 2e édition. Cambridge, Royaume-Uni. régimes d’actifs de secours, Van Riet (2010) page 62.
    [12] EUROSTAT (2009) Nouvelle décision d’Eurostat sur le déficit et la dette – L’enregistrement statistique des interventions publiques pour soutenir les institutions financières et les marchés financiers durant la crise financière. Disponible depuis:
    http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/5071614/2-15072009-BP-EN.PDF/37382919-ebff-4dca-9175-64d78e780257?version=1.0 [Consulté: 4th Juin 2015]
    [13] « La plupart des administrateurs (…) appelé le Fonds à collaborer avec d’autres institutions, comme la Banque des règlements internationaux, le Conseil de stabilité financière, et les autorités nationales, à atteindre cet objectif. » En FMI (2013) des décisions choisies. Disponible à partir: http://www.imf.org/external/pubs/ft/sd/2013/123113.pdf – Page 72. [Consulté: 4 Juin 2015]
    [14] LOI SUR L’European Financial Stability Facility 2010. FESF accord-cadre, l’article 12 (1) a, b, c, d, et (3); Article 10 (1), (2) et (3); Article 12 (4); Article 10 (8).
    [15] Seulement à partir d’Octobre 2011, selon une décision du Conseil le 26 Avril 2012, EWG a président à temps plein:
    JOURNAL OFFICIEL DE L’UNION EUROPÉENNE (2012) Décision officiel. Disponible depuis:
    http://europa.eu/efc/pdf/council_decision_2012_245_ec_of_26_april_2012_on_a_revision_of_the_statutes_of_the_efc.pdf .
    La même personne, Thomas Wieser, avait été le président du Comité économique et financier (CEF) de Mars 2009 à Mars 2011: CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE. Groupe de travail de l’Eurogroupe. Disponible depuis:
    http://www.consilium.europa.eu/en/council-eu/eurogroup/eurogroup-working-group/
    [16] EUROPEAN FINANCIAL STABILITY FACILITY (2013) FESF questions générales. Disponible depuis:
    http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf – Question A6. [Consulté: 4 Juin 2015].
    Voir aussi: L’agence de gestion de la dette allemande a émis des titres du FESF au nom du FESF.
    De EUROPEEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (2010) de l’UE et de financement du FESF plans visant à fournir une aide financière pour l’Irlande. Disponible depuis:
    http://www.efsf.europa.eu/mediacentre/news/2010/2010-006-eu-and-efsf-funding-plans-to-provide-financial-assistance-for-ireland.htm [Consulté: 4 Juin 2015]
    Accord [17] Co-financement, PREAMBULE (A) et de l’article 1 – Définitions et «Obligations» d’interprétation. Disponible au http://crisisobs.gr/wp-content/uploads/2012/02/7-co-financing-agreement.pdf [Consulté: 4 Juin 2015]
    Ces obligations sont émises sur la forme dématérialisée et non certifiées. Elles comportent beaucoup de restrictions parce qu’elles sont émises directement dans un certain but et non offertes sur le marché, comme les valeurs mobilières lois et règles déterminées par la SEC. Elles sont émises en vertu d’une règle d’exception permise seulement pour les émetteurs privés, pas pour les États.
    [18] AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES Conseil Réunion extraordinaire de Bruxelles, 9/10 mai 2010. CONCLUSIONS DU CONSEIL
    https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf
    [19] BANQUE DE GRECE RAPPORT ANNUEL 2010 BILAN p. A4 http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2010.pdf
    [20] BANQUE DE GRECE RAPPORT ANNUEL 2011 BILAN p. A4. http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2011.pdf
    [21] L’expression créée par l’auteur pour vérifier, suite à plusieurs procédures d’audit de la dette dans différentes instances, l’utilisation abusive de l’instrument de la dette publique comme un outil pour prendre des ressources des États, au lieu de les soutenir, en fonctionnant comme un ensemble d’engrenages qui concernent le système politique, le système juridique, le modèle économique basé sur des plans d’ajustement, les grands médias et la corruption.
    [22] 24 mars 2009 – Avis de la Commission – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-05/2009-03-24_el_104-5_en.pdf
    27 avril 2009 – Décision du Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-06_council/2009-04-27_el_104-6_council_en.pdf
    10 novembre 2009 – Conclusions du Conseil – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111025.pdf
    8 JANVIER 2010- Rapport de la Commission – http://ec.europa.eu/eurostat/documents/4187653/6404656/COM_2010_report_greek/c8523cfa-d3c1-4954-8ea1-64bb11e59b3a
    2 décembre 2009 – Décision du Conseil – https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111706.pdf
    11 février 2010 – Déclaration des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne. – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/112856.pdf
    16 février 2010 – Décision donnant Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-02-16_el_126-9_council_en.pdf
    [23] 9/10 mai 2010 – Conclusions du Conseil – Réunion extraordinaire – En vertu de la justification de la « crise grecque », les mesures du régime pour sauver les banques sont mises en œuvre.
    https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf
    10 MAY 2010 – Décision du Conseil –
    http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-05-10_el_126-9_council_en.pdf
    [24] Le professeur Zoe Georganta, professeur d’économétrie appliquée et de la productivité, Ex membre de la contribution du conseil ELSTAT à «La Commission de la vérité sur la dette publique » le 21 mai 2015.
    [25] HF international (2011) Georgantas a dit que le déficit de 2009 était délibérément gonflé pour nous mettre dans le code rouge. Disponible à partir: http://hellasfrappe.blogspot.gr/2011/09/shocking-report-official-admist-2009.html
    [26] Les mécanismes sont résumés dans le chapitre 4 du rapport préliminaire présenté par la Commission de la vérité sur la dette publique, le 17 Juin 2015. Disponible auprès de: http://www.hellenicparliament.gr/UserFiles/8158407a-fc31-4ff2-a8d3- 433701dbe6d4 / Report_web.pdf
    (Article disponible dans le blog de la plateforme de l’audit citoyen de la Grèce http://www.auditamosgrecia.org/en/banks-behind-greek-tragedy/)
    Source : Mediapart

  19. Bon, voilà que je découvre que l’original est en anglais?
    Quelqu’un l’aurait-il? ou sait-il où le trouver?
    Je n’ai pas le temps de chercher…
    Cette première traduction a le mérite d’exister mais elle n’est pas du tout satisfaisante. Ce texte mérite une large diffusion, ce qui semble impossible avec la première version…

  20. claude saint-jarre

    Bonjour. Je pense que ma résolution est passée inaperçue. Je pense que chacun-chacune de vous pouvez la présenter dans votre Commune, en la modifiant quelque peu. Qu’en dites-vous?

    Objet: Appui au peuple grec
    ATTENDU
    1. que les mesures d’austérité imposées au peuple grec par les pouvoirs financiers pour rembourser les intérêts de sa dette publique ont fait perdre à la Grèce 25% de son PIB, ont fait doubler le chômage, l’ont obligé à sabrer dans son système de santé, ses régimes de retraite, ses services et biens publics, et ont appauvri considérablement sa population;
    2. que ces mesures d’austérité et les prêts consentis ne profitent désormais qu’aux banques privées et étouffe toute possibilité de relance économique de leur pays;
    3. que la dette publique est due bien davantage à l’accumulation des intérêts qu’à l’excès de dépenses, et que la monnaie est, par nature, un outil collectif et non privé dont la création et le contrôle relèvent de la souveraineté du peuple et de l’État;
    4. que tout porte à croire que notre pays, le Québec en particulier, est engagé sur la même pente,
    LE CONSEIL MUNICIPAL DE Boucherville, en tant que représentant de la communauté locale de Boucherville,
    1. tient à exprimer son appui au peuple grec qui remet en question l’austérité que lui imposent les pouvoirs financiers européens et internationaux
    2. demande aux dirigeants concernés chez nous et dans le monde de remettre en question sans délai le contrôle de la dette publique et du système monétaire par les banques privées
    3. demande que cette résolution soit acheminée au ministre des finances du Québec, du Canada et de la Grèce.
    Carlos J. Leitäo, ministre, ministères des finances du Québec, 12, rue Saint-Louis, Québec, G1R 5L3
    Joe Oliver, ministre, ministère des finances du Canada, 90, rue Elgin, Ottawa, Ontario, K1A 0G5
    Euclide Tsakalotos, ministre des Finances, Parlement grec, Place Syntagma, Athènes, Grèce.

  21. « -Une action en justice ; il y a du beau monde qui mérite la poêle à frire, là. »

    Une action en justice ? C’est une blague ? Un gag ?

    Je reste coi devant un tel déni des faits, une ignorance aussi profonde des mécanismes du pouvoir et du rôle réel de l’institution judiciaire (et non de « la Justice », une notion transcendante, philosophique, une perspective, un concept).

    Pas de problème, remettez vous en à « la Justice » ! Cet instrument indépendant -- servi par ces gens si honnêtes et droits que sont les juges (« les pires gouverneront » Alain) -- dira le droit sans le violer, l’interprétera en toute neutralité, pourvoira au juste et à l’équitable, punira les puissants qui abusent (abus de puissance = pléonasme) et restaurera les humbles dans leur dignité et leurs biens.

    Il était une fois un prince charmant…

  22. Salut nlesca, Tsipras se dégonfle, remettons-lui la pression !
    Malgré la large victoire du NON au référendum, Tsipras prépare un accord odieux avec la Troïka.

    Par Gaston Lefranc ( 9 juillet 2015)

    Après la fête de la victoire dimanche soir, les lendemains sont difficiles. Très difficiles. Les choses s’accélèrent et laissent pour l’instant penser qu’on se dirige vers un accord dimanche 12 juillet lors du sommet des chefs d’État européens.

    Lundi, Tsipras a viré son ministre de l’économie Varoufakis dont la tête était depuis longtemps réclamée par les créanciers. Son intervention virulente dimanche soir, en contradiction avec le discours apaisant et de concorde nationale de Tsipras, a sans doute précipité la décision de Tsipras. Ce même lundi, une déclaration commune signée par les partis gouvernementaux (Syriza et Anel) et les partisans du OUI (Nouvelle Démocratie, Pasok, Potami) s’est permise d’interpréter le sens du vote des grecs : ils se seraient exprimés pour la poursuite des négociations avec la Troïka ! Par cette déclaration, Tsipras tourne la page du référendum pour afficher une convergence de vue avec les partisans du OUI.

    Malgré les signes d’ouverture de Tsipras, la Troïka est restée ferme et n’a fait aucune concession. Hollande et Merkel ont demandé à la Grèce de rédiger une nouvelle copie. La BCE a encore durci davantage les conditions de financement des banques grecques. Conséquence : les banques resteront fermées au moins jusqu’à lundi prochain et les retraits aux guichets automatiques sont toujours limités à 60 euros par jour. En étranglant l’économie grecque, la Troïka montre qu’elle est prête à tout pour arriver à ses fins, c’est-à-dire la conclusion d’un accord odieux avec le gouvernement grec.

    Mardi, alors qu’un rapport du FMI indique que la dette devra être restructurée (ce qui n’est pas un scoop!), et qu’environ 30% de la dette devra être effacée pour que la Grèce puisse continuer à payer, le gouvernement allemand maintient sa position : on pourra « parler de la possibilité de réduire la dette seulement quand le gouvernement grec montrera qu’il met en œuvre les réformes », a précisé Sigmar Gabriel, ministre SPD de l’économie. Pas question donc d’accorder à Tsipras une restructuration de la dette en contrepartie d’un nouveau mémorandum. Autrement dit, l’Allemagne

    Lire la suite ici : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=27938#p27938

  23. Salut Gilles,

    Attends un peu de voir avant de cracher a la gueule de Tsipras…après si vous vous attendiez à Ché Guevara forcément vous allez être déçus…Moi ce que je vois c’est un mec avec un tout petit pays criblé de dettes qui fais des pieds et des mains pour gratter du mou aux barbares mangeurs de saucisses et leur caniches a baguette sous le bras (oui c’est nous)… Il est trop tôt pour parler.

  24. La Grèce, seule face à la meute
    véritable crime économique contre un peuple souverain
    CES MENSONGES SUR LA GRECE QUE L’ON NOUS ASSENE TOUS LES JOURS

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-grece-seule-face-a-la-meute-169601

  25. Bonjour Ana et nlescan, si vous plaît, examinons la question sans passion excessive, cela ne me fait pas plaisir de dire du mal de Tsipras, je préférerais en dire du bien et m’occuper d’autres choses, je ne m’attendais pas à Ché Guevarra non-plus, j’ai cité l’article de la tendance CLAIRE du NPA, mais j’aurais pu citer des articles de l’Union Populaire Républicaine ou du M’PEP qui allaient dans le même sens.

    Tsipras tient un double discours depuis 2013, un aux dirigeants politiques et patronaux américains et un autre aux électeurs grecs, ceci depuis qu’il a fait une tournée aux États-Unis, ceci a été relevé par une fraction trotskyste américaine qui l’a exprimé sur son site :

    https://www.wsws.org/fr/articles/2013/fev2013/tsip-f02.shtml

    Bon, je dois partir, déjà examinez cela, nous en reparlerons. À beintôt !

    • Peu importe ce que raconte le NPA (toujours si prompt a critiquer tout et tout le monde mais qui est lui même bourré de contradictions, dont les militants et responsables sont violents façon hooligan bien fachos et surtout bien lâches, j’ai vu des preuves objectives de ça, je n’écoute même plus ce ridicule groupuscule)…

      Ça n’a rien a voir avec de la passion, bien au contraire. Personnellement, comme Chouard me l’a remis encore récemment, je ne crois pas à une solution venant d’un quelconque élu. Les gens vont encore traiter Tsipras de traître à cause des compromis qu’il fait avec les euro-ploutocrates dans l’espoir de gratter une ristourne.

      Je ne vois toujours pas ça, je continue de voir un type qui se débat pour essayer de tirer son pays de la mouise….alors bien sur il fonctionne dans un cadre, ce cadre étant le principal problème qu’il faudrait briser, bien sur. N’empêche que parmi les types qui continuent de fonctionner dans ce cadre, a tort ou à raison, peut être par réalisme, ou par manque de réalisme (toujours une question de point de vue), je ne trouve pas qu’il soit le gars a mettre en priorité dans la case des vends patrie et autre vampires assoiffés, désolé.

      • c’est ‘relativement’ facile d’être ‘un saint’ dans un cadre où c’est ‘sans conséquences’. Au fond il s’appui sur la lettre des traités et est soutenu par l’usa.

        Objectivement il (tripras) est quand même en train de s’allier avec les partisans du oui.
        Reste sa demande de restructuration de la dette qui est toujours une bombe à retardement.
        la situation est très complexe c’est certain.
        Une des ‘victoire’ possible serait la désobéissance aux USA, le début du dé-tricotage de l’ue par la sortie de la Grèce; mais si elle advient elle ne sera pas le fait des grecs mais le fait de l’Allemagne.

        • L’Allemagne ne virera jamais la Grèce: d’une parce qu’ils ne peuvent pas juridiquement, de deux parce que si ils le font le grecs ne rembourseront pas, ni intérêts, ni dette, de trois parce que ce serait le début de la fin de l’Euro (qui est une monnaie qui favorise un pays: l’Allemagne).

          La Grèce ne sortira pas de l’Euro (en tout cas pas toute seule). Si elle le fait elle va se faire littéralement bouffer par les fonds vautours et se retrouvera dans une situation pire qu’à l’heure actuelle (ce qui ne serait peut être pas le cas si elle sortait en même temps que d’autres pays). Le PIB de la Grèce est inférieur à la fortune des 10 français le plus riche, il faut le savoir et s’en rappeler quand on lui demande d’en avoir plus dans le pantalon que tout le monde et de sauter à pieds joints dans le feu de joie.

    • « Bonjour Ana et nlescan, si vous plaît, examinons la question sans passion excessive, » >>> à toi l’honneur 🙂

  26. dans la rubrique: on peut partager les même analyses sans être d’accord sur les méthodes pour régler les problèmes, l’analyse d’Asselineau est à mon sens des plus cohérentes.
    http://www.cercledesvolontaires.fr/2015/07/08/interview-de-francois-asselineau-a-propos-du-referendum-grec-et-des-tractations-entre-tsipras-et-leurogroupe/

  27. Ping : BCE - FMI Banque Mondiale BCE | Pearltrees

  28. Ping : MES FESF | Pearltrees

  29. Bonjour nlescan, premièrement sur le cadre économique et politique, je suis d’accord qu’il faille en changer.

    Les deux promesses simultanées de Tsipras de la fin de l’austérité en Grèce et celles du maintien dans la zone euro ne sont pas compatibles.

    Pourquoi ?

    C’est assez technique et cela mérite d’être expliqué. Ce n’est pas à moi d’avoir le mérite d’avoir expliqué cela en premier vous vous en doutiez bien, mais je commence un peu à piger le truc. Les différentes économies de la zone euro divergeaient avant l’euro, elles n’étaient pas synchronisées en rythme d’inflation, de productivité du travail, de progression des salaires, elles étaient différentes en terme de répartition des secteurs d’activité, de pyramide des âges, etc.

    L’euro n’y a rien changé, les différentes économies continuent à diverger, seulement un taux de change unique existe, une monnaie unique existe entre ces économies différentes. L’ajustement des différences de l’efficacité économique ne peut plus se faire par les taux de change. Avant la monnaie unique une réévaluation de la monnaie avait lieu si la productivité d’un pays avait nettement plus augmentée que celle des principales économies avec lesquelles il étaient en relation, cela par exemple a été le cas du Deutsche Mark plusieurs fois ou bien une dévaluation dans le cas contraire.

    Alors comment ajuster les différences économiques dans le cadre d’une monnaie unique ?

    — Premièrement soit par le déplacement des travailleurs et des moyens de production des zones les moins productives vers celles les plus productives.

    — Deuxièmement soit par des transferts financiers massifs et permanents des zones les plus productives vers les zones les moins productives, comme ceux par exemple entre la Région Parisienne et les régions françaises les moins favorisées.

    — Troisièmement soit par de la déflation salariale, c’est à dire des baisses du revenu du travail, salaires, pensions de retraite, allocation de chômage etc. dans les régions et pays les moins productifs et une inflation salariale dans les pays les plus productifs.

    La première solution, celle du déplacement des travailleurs et des moyens de production n’est pas praticable à 100 % dans la zone euro en raison des différences linguistiques et culturelles.

    La deuxième, celle des transferts, est inscrite dans les traités et les pays comme par exemple la Finlande, l’Allemagne souhaitent maintenir inchangé cet aspect des traités européens.

    Les deux premières solutions, n’étant pas viables, la zone euro pratique donc une partie seulement de la troisième solution, uniquement celle de la déflation salariale, puisque la BCE a dans ses statuts de lutter contre l’inflation et donc lutter contre l’inflation salariale.

    En résumé, les divergences et les chocs économiques ne sont traités dans la zone euro que par la déflation salariale, c’est à dire l’austérité.

    La fin de l’austérité n’est pas possible avec le maintien dans l’euro et le reproche que je ferais à Tsipras, c’est d’avoir semé l’illusion du contraire.

    Sur le cadre géo-politique et géo-stratégique

    Couplé à un défaut négocié ou pas ( dans un premier temps ) sur la dette, ce n’est pas le renouveau de la monnaie nationale grecque qui pose véritablement problème, des mécanismes de rééquilibrage et de substitution aux importations couplés à de bons choix économiques peuvent, après une période difficile d’adaptation, relancer l’économie, les salaires, la productivité.

    Ce qui fait, selon moi et quelques autres, véritablement obstacle au renouveau du cadre est plus inquiétant, c’est que l’euro est d’une part, en raisons des liens étroits entre les élites UE et US, entre les liens étroits entre Réserve Fédérale Américaine et BCE, un rempart défensif de l’hégémonie du dollar, cela serait assez long à expliquer, désolé et d’autre part l’UE est un bloc économico-politico-militaire aligné sur les intérêts US. Le détricotage de l’euro à partir de la Grèce vu comme un éventuel détricotage du bloc UE est très mal par les milieux stratégiques américains. Il entraînerait de leur part une vague de rétorsions assez sévères tant qu’officielles et publiques que dissimulées. Le renouveau du cadre, c’est à dire renouveau des monnaies nationales et fin de l’austérité est bloqué par volonté US.

  30. Errata :
    Veuillez excuser les erreurs de frappes et la non-fermeture de la balise de mise du texte en gras.

    corrections :
    La deuxième, celle des transferts, est interdite dans les traités

    Le détricotage de l’euro à partir de la Grèce vu comme un éventuel détricotage du bloc UE est très mal vu par les milieux stratégiques américains.

    • Bonjour Gilles,
      Êtes-vous sûr de votre propos? Encore une fois, je me demande si cette situation ne masque pas les vrais problèmes des pays occidentaux dominés par les anglo-saxons.


      La « crise grecque », vue de Grèce
      par Dimitris Konstantakopoulos
      A propos de l’image:

      De gauche à droite : (1) Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand après avoir été plusieurs fois ministre de l’Intérieur. Il est connu pour son alignement sur Washington, sa dénonciation des alliances avec Moscou, son soutien à la guerre contre l’Irak et au camp de Guantánamo. (2) Angela Merkel, chancelière fédérale. Ancienne responsable de la propagande en RDA, elle rejoignit du jour au lendemain le gouvernement Köhl et reste sous surveillance de la CIA. (3) Otmar Issing, professeur d’économie. Il est à la fois conseiller de la banque Goldamn Sachs et administrateur de la Banque centrale européenne. Il a publié en 2012 un ouvrage en faveur d’une éjection des « PIIGS » (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne) hors de la zone euro.

      Bien à vous,

  31. Ping : Les dessous de la dette grecque… - Le blog des éditions Yves Michel

  32. selon toutes évidences Une des ‘victoire’ possible serait la désobéissance aux USA, et le début du dé-tricotage de l’ue par la sortie de la Grèce dont pour le moment ON nous dit qu’ils ne veulent pas…
    Le NON au référendum sera-t-il suffisant pour empêcher que le déménagement du bureau des privatisation à Brussel (ou au paradis) explose la retenue de la sainte patience populaire…?

  33. Condensé très précieux sur la dette grecque (entre autres):

    …il y aurait du pétrole et du gaz au large de la Crête ! Pas que des olives !

    • claude saint-jarre

      J’aime beaucoup. Madame Bugault a un langage non verbal fort. Elle dit aussi des choses graves, avec le sourire et le corps détendu.

  34. Ping : Le secret des banques derrière la tragédie grecque | FINALSCAPE

  35. Alexis Tsipras aurait promis de rejeter les mesures d’austérité et de conserver l’Euro. Beaucoup s’accordent sur l’incompatibilité des deux propositions et j’en déduis qu’il trahira au moins une de ses deux promesses.
    SAUF DANS DEUX CAS.
    En cas de Grexpulsion, les faucons Européens porteront le chapeau, pas Tsipras.
    Au cas où le Peuple Grec lui-même le relèverait de la seconde promesse. C’est pas fait mais en cas de manifs devant les banques fermées avec des bannières telles que « Y’a plus d’Euros, on veut des Drachmes » « L’Europe nous refuse l’Euro – On a la Drachme » « En Euros ou en Drachmes ouvrez les banques »…

  36. Il me semble que Nigel Farage (paradoxalement détesté par une partie de la gauche) fait le boulot de la gauche, à la place de la gauche (qui, elle, nous enferme —scandaleusement— dans le piège européen) :

    • Nigel Farage, c’est bien ce politicien anglais qui trouve Margaret Thatcher un peu molle au niveau de la déréglementation, non?… Si ce type est anti-européen, c’est parce qu’il trouve que l’UE est un cadre trop contraignant pour le capitalisme, un comble! Il voudrait bien que celle-ci n’amende pas trop le TAFTA…

      Que la gauche le déteste, ça n’a rien de paradoxal!

      • Il n’empêche que Farage dit haut et fort ce que la gauche devrait dire haut et fort, et ne dit PAS haut et fort. La gauche condamne même ces propos, et c’est cette condamnation qui est LE scandale.

        Donc, si : c’est ultra paradoxal de voir maudire par la gauche populiste ce discours de droite populiste (et du point de vue populaire, populiste n’est évidemment PAS un gros mot).

        Et cette carence — scandaleuse — de la gauche est la source même du fascisme historique (relire Daniel Guérin) : s’il n’y a plus qu’un acteur pour défendre ardemment (et vraiment) le peuple sur la scène médiatique, et même si c’est évidemment un nouveau leurre, il est naturel que le peuple abandonné se tourne vers ce populisme de droite, davantage que vers ses « amis » prétendument « de gauche » mais qui le trahissent chaque jour un peu plus.

        • Si j’ai bien compris la vidéo, Farage conclut son intervention en affirmant que les Grecs ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre, et que la Grèce ne doit plus désormais compter que sur elle-même et sortir de la zone. Bref, comme beaucoup de leaders de droite dure, Farage assume qu’il est pro-grexit. La différence avec eux (et ça fait pas lerche), c’est qu’il ponctue son discours de petites allusions historiques piquantes et de « ça-les-autres-n’osent-pas-le-dire », des petites choses qui ne coûtent rien, mais qui l’assurent au moins que sa vidéo sera reprise sur le net par ceux qui voient en lui quelqu’un de « différent ».

          Bref, je ne vois pas en quoi « la gauche » devrait reprendre un verbiage aussi inepte, politiquement aussi douteux et socialement aussi vide. A force d’entendre Farage et d’autres (Sarko?) pousser la Grèce vers la sortie, avec l’argument « assez payé pour ces branques », on en viendrait même à se demander si cette sortie serait en ce moment une bonne chose pour les Grecs. Si les plus affamés des loups le veulent, ça doit pas être si bon que ça pour les moutons…

          Quoiqu’il en soit, Farage est un libertarien habile, d’autant plus redoutable qu’il sait jouer avec les tabous de la classe dominante pour balancer quelques punchlines bien senties qui feront ensuite le tour du web et renforceront sa cote « antisystème » -- alors qu’il n’est antisystème que dans la mesure où le système entrave encore trop à son goût les intérêts de ses puissants amis.

          C’est donc à un ennemi de classe particulièrement retors -- capable de s’adresser à la jeunesse connectée et aux travailleurs désillusionnés pour les séduire -- à qui nous avons affaire. Combattu, il doit l’être de toute évidence! Et c’est pourquoi il semble étonnant de le voir ici promu, et encore plus étonnant de vous voir faire de Farage un argument contre « la gauche ». Certes, le succès d’un tel démago doit beaucoup aux incuries et aux renoncements des sociaux-traîtres. Pour autant, ses arguties systématiques méritent-elles d’être relayées? Au vu des ses positionnements idéologiques hors question européenne, n’est-il pourtant pas suffisamment clair que les interventions de ce zigue relèvent davantage de l’écran de fumée que d’une réelle proposition sociale?

          • « marco »,

            Si vous êtes contre le « grexit », vous êtes donc pour que les Grecs restent enfermés dans le piège fasciste (antidémocratique, anticommuniste et antisocial) de la prétendue « union européenne » et son verrou de l’euro.

            C’est votre point de vue, mais ce n’est PAS un point de vue de gauche : c’est un point de vue européiste, donc (hypocritement) ultra-libéral.

            SUR LE FOND de la vidéo incriminée, vos reproches (votre premier paragraphe) sont littéralement inconsistants. C’est juste indigent, une critique pareille ; ça ne vaut rien. Farage dit dans cette vidéo ce que tous les intellectuels de gauche dignes de ce nom devraient dire AUSSI.

            En ne le disant JAMAIS, en ne disant pas qu’il faut absolument et urgemment sortir du piège usurier qu’est l’UE+euro, les intellectuels de gauche se déshonorent et se révèlent indignes de la mission qu’ils prétendent assumer mais qu’ils trahissent EN FAIT (comme vous aujourd’hui) tous les jours en semant la zizanie dans l’opinion populaire.

            La « gauche européiste » est un oxymore, une opposition contrôlée (© Orwell), c’est-à-dire une fausse opposition, une « opposition » dont le système n’a RIEN à craindre.

            Manifestement, « marco » fait partie de cette opposition contrôlée.

        • En Grece le parti communiste est resté droit dans ses bottes et a continué a rejetter l’Euro jusqu’au bout… remarque vaine mais qui prouve que tout les partis de gauche ne sont pas forcement soumis…mais c’est vrais que la Syriza reste en travers de la gorge…et sort objectivement de la gauche ou du moins de ce que j’apelle ainsi.

          Par contre je ne trouve pas que toutes le critiques de Marco envers Farage soient inconsistantes…il souleve des points valides, dans le cas de ce type on voit bien qu’anti euro ne signifie pas forcement anti capitaliste.

        • Je faisais simplement remarquer que Nigel Farage était peut-être plus farouchement libéral encore que les institutions de l’UE. J’en concluais qu’un anti-EU n’était pas nécessairement un compagnon de route viable, et que ce positionnement était somme toute une façon commode d’attirer les suffrages des peuples écrasés par l’UE.

          Je faisais remarquer l’inconsistance des discours de Farage, hélas, c’est ma critique qu' »etienne » trouve inconsistante…

          C’est tout. Visiblement, c’est déjà de trop, et suffisamment en tout cas pour se faire estampiller: « opposition contrôlée ». Je ne viendrai donc plus vous contrarier, « etienne »!

          • Ne t’agace pas Marco, Etienne a les boules, je suppose…moi en tout cas j’ai les boules…il ne t’a pas traité « d’opposition controlée », il parle de gauche européiste…

            C’est normal d’avoir un coup de mou vu le grand huit emotionnel que les peripéties greques nous ont fait vivre…le pire c’est pour eux, ils doivent avoir mal au bide…mais il ne faut pas que de petits qui pro quo sement la zizanie ici…

            En tout cas la trahison des élus se verifie, le non respect des referendums…comme d’hab.

          • A si pardon il l a dit…j’avais pas vu la derniere phrase…une erreur probablement.

          • Récuser -- à juste titre -- l’extrême-droite du PS, pour mieux plébisciter l’extrême-droite…de la droite libérale, sous prétexte qu’elle est parfois anti-européenne…What the fuck!

            Mais pourtant, ça crève les yeux que Farage n’en a strictement rien à foutre des Grecs! Qu’on refile ce nid de cocos aux yankees: voilà la position anglaise sur la Grèce, et ça fait un bout de temps que ça dure.

          • Marco, apparemment votre argument ‘de gauche’ c’est de s’opposer à ce « Qu’on refile ce nid de cocos aux yankees ».

            Or il y a des solution de gauche pour la Grèce hors de l’ue, celle de Sapir http://russeurope.hypotheses.org/4089
            celle de nokonoff aussi… dans ‘sortons de l’euro’

            En tout état de cause, contre le cordon sanitaire qui est l’argument préféré de la gauche européiste, le bon sens note concernant l’opposition droite gauche, que l’on puisse être en accord sur des analyses politiques sans être d’accord sur les solutions à mettre en œuvre, donc en restant opposés politiquement.

          • Marco je suis d’accord avec toi sur Farage, je n’aime pas ce mec et son projet est tout pourri…si EC le cite c’est pour sa position anti euro, il a le droit de trouver qu’il dit des trucs interessants si ca lui chante…Je suis d’accord qu’au vu le reste du contenu du type il n’est pas interessant, du tout…mais bon restons cool…comme je te dit les evenements recents pesent sur le moral d’un peu tout le monde ici, on s’agace…mais ca sert a rien.

    • Farage analyse la situation comme toute personne pour le moins critique et sensée devrait le faire. Il voit un car (la zone euro) rempli de touristes (les eurozonards) qui foncent droit vers un mur et qui accélère. Ca a l’air de faire la fête dans ce car. Tsipras voudrait y rester mais Farage lui dit qu’il ferait mieux de descendre…
      Ses analyses sont percutantes (comme le car ci-dessus). Mais sa finalité, son projet social est probablement à des miles de notre démocratie citoyenne.

    • Étienne, pas d’accord avec Farage à 100%, il faudrait transcrire la vidéo ou demander la transcription à l’Agence Info Libre pour détailler ce avec quoi nous sommes d’accord, ce que nous trouvons douteux ou à examiner plus soigneusement et ce que nous refusons dans les propos de Farage. Je suis néanmoins d’accord sur le fait qu’il accomplit ( avec verve et brio et malheureusement avec une absence de critique sociale, ce que tu aurais pu noter ) une partie du boulot critique sur l’euro et l’UE que devrait effectuer le Parti de Gauche et le PCF. Le moindre économiste, athée en matière de religion européiste, sait que les règles des traités et les règles de l’Union Économique et Monétaire entraînent euro = austérité, le Parti de Gauche et le PCF dissimulent ceci et enfument sur la question.

      Voir l’article du Courant Communiste Révolutionnaire du NPA
      Début :
      « L’austérité, c’est l’Allemagne ! »
      La « gauche de la gauche » hexagonale, Hollande et Tsipras

      Publié le 14 juillet 2015

      Yano Lesage

      Difficile exercice d’équilibriste pour la « gauche de la gauche » hexagonale face à l’échec cinglant de Tsipras contre la Troïka, pour ceux-là mêmes qui ont fait de Syriza et, plus largement, des phénomènes néo-réformistes comme Podemos, un modèle à suivre. En effet, avec l’imposition d’un nouveau mémorandum à la Grèce par la Troïka et, surtout, la trahison de Tsipras vis-à-vis de l’expression du peuple grec, comment sauver la face politiquement ? Les prises de position sont à l’évitement de la question de fond et à l’expression d’un soutien… à Hollande que cette gauche voudrait faire passer pour l’allié du peuple grec contre l’Allemagne.

      Rien de mieux qu’une situation de crise pour révéler le véritable visage des politiques. La situation en Grèce, avec la capitulation de Tsipras, qui est en passe de devenir le nouveau relais des politiques d’ajustement structurel imposées par la Troïka, impose des repositionnements révélateurs de la part des gauches hexagonales. Sous couvert d’un soutien indéfectible à Tsipras, la « gauche de la gauche » française montre, une fois de plus, qu’elle n’a rien à envier à cette gauche de gouvernement en qui elle accorde, en dernière instance, sa confiance et qu’elle copie une fois au pouvoir. Pis encore, la crise grecque a ouvert les vannes d’un patriotisme débridé, qui omet les responsabilités de Hollande dans la mise sous tutelle de la Grèce, le couvre sur sa gauche et fait de l’Allemagne l’ennemi désigné.

      Valls fier d’être hollandais

      Manuel Valls a exprimé sa « fierté d’être aux côtés de Hollande », n’hésitant pas à convertir l’issue des négociations avec la Grèce et l’évitement d’un Grexit en ressources politiques internes. Hollande est ainsi devenu « sauveur » d’un maintien de la Grèce dans la zone euro. Si on n’en attendait pas moins de la part du gouvernement et de sa majorité, il est plus étonnant de voir la « gauche de la gauche » répercuter le même son de cloche ou presque.

      Du côté d’Europe-Ecologie les Verts (EELV), on salue la ligne défendue par l’Elysée au sommet de Bruxelles et on se félicite que l’Allemagne et la France soient parvenues à un compromis. Quant la « mise sous tutelle de la Grèce », François de Rugy, député EE-LV de Loire Atlantique la réfute : c’est l’intérêt de l’Union Européenne qui a été sauvé, qu’importe que cela se fasse au prix d’une semi-colonisation d’un des pays-membre. Juste retour à l’ordre des choses pour ces anciens de la majorité gouvernementale qui n’attendent qu’une chose : y retourner. A ce propos, de Rugy ronge son frein depuis des mois.

      La vraie surprise vient plutôt du PCF : non content de falsifier la réalité en faisant titrer l’Humanité, le 10 juillet, « les nouvelles propositions de Tsipras font souffler un vent d’espoir sur la Grèce », le PCF s’est également aligné sur la position de Hollande. Pierre Laurent, son principal dirigeant, c’est ainsi satisfait de voir « la France hausser le ton » face aux diktats de Berlin. « Je me félicite du rôle positif qu’a joué la France dans la conclusion de cet accord. J’avais moi-même conduit une délégation (…) à l’Elysée pour demander que la France joue ce rôle, ce combat ne peut pas s’arrêter », a ainsi déclaré Pierre Laurent sur BFM-TV.

      Si le Parti de Gauche est plus réticent face aux conditions imposées à la Grèce et dénonce un accord obtenu « le revolver sur la tempe » la responsabilité française est également évacuée. Durant les négociations avec l’Eurogroupe, Eric Coquerel, porte parole du PG, n’a pas eu peur de déclarer que « le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l’état. Beaucoup de choses vont dépendre de la France : nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d’apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce ».

      Confiance apportée à Hollande donc, et à sa politique. Oubli manifeste des mesures d’austérité passées en France durant ces derniers mois sous la houlette socialiste pour lui préférer la critique virulente de l’orthodoxie allemande. La manœuvre gouvernementale a ainsi bien fonctionné : la liquidation de l’option Syriza et la possibilité d’une contestation de la politique de la Troïka par des voies institutionnelles se fait en miroir d’une liquidation de l’opposition anti-austérité au niveau national.

      Devant l’impossibilité d’analyser les contradictions qui se creusent entre les intérêts de la bourgeoisie allemande et la bourgeoisie française (qui serait beaucoup plus impactée par les conséquences économiques d’un Grexit) mais qui sont, in fine, les deux visages d’une même politique au service du capital et hostile au travailleurs et au peuple grec, la gauche de la gauche tombe dans le panneau patriotique. Comble de l’ironie, c’est autour d’un soutien à Tsipras et Syriza, et à cause d’un aveuglement politique qui conduit y compris à accorder du crédit aux pires ennemis des travailleurs et du peuple grec que sont l’Elysée et le gouvernement français, que la gauche de la gauche se retrouve phagocytée par Hollande.

      Il n’aura fallu que quelques mois pour que Syriza recule. Il n’aura servi que quelques heures, le temps d’un sommet de l’Eurogroupe, pour que la gauche de la gauche française revienne dans le giron du Parti Socialiste et valide la position de la bourgeoisie française pour imposer sa politique sur la scène européenne.

      Fin de citation.

      Source : http://www.revolutionpermanente.fr/La-gauche-de-la-gauche-hexagonale-Hollande-et-Tsipras

      Nous pouvons aussi lire pour nous informer , malgré qu’Étienne tu ais eu des mots avec lui, le blog de Yannis Youlountas :

      http://blogyy.net/

  37. La solution ne viendra pas des « élus ».

    Syriza était un leurre :

    Grèce: un accord à l’arraché organise la mise sous tutelle de Tsipras
    http://www.mediapart.fr/journal/international/120715/grece-un-accord-larrache-organise-la-mise-sous-tutelle-de-tsipras

    C’est Asselineau qui a raison : il faut (vite) sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, sans quoi nous finirons en colonie d’un empire, gouvernés par des agents de l’étranger.

    • 🙁
      Athènes et la zone euro parviennent à un accord, « le Grexit a disparu »
      http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-grece-et-ses-creanciers-parviennent-a-accord-le-grexit-est-evite-491698.html

      À l’expérience, Tsipras n’est pas de gauche.
      Il ne vaut pas mieux que notre P$.
      Ceux qui nous enferment dans l’UE, l’euro et l’OTAN sont DE FAIT des ennemis du peuple.
      La solution ne viendra pas des « élus ».

      • Ouh là c’est grave. Il est où Sandy, le mec qui disait que « les élections c’est bien puisque Syriza peut les gagner » ?

        Déjà il y a quelques mois, j’étais persuadé que les riches achètent le pouvoir avec les élections, mais que dans le cas de la Grèce, ce n’était pas la peine puisqu’il n’y avait plus rien à vendre, ils pouvaient laisser le pouvoir à un vrai parti.

        Mais là ce qui c’est passé est encore plus vicieux, et nous sommes tous complices du fait de notre léthargie citoyenne. Il est temps de se réveiller, et je remarque que les seuls qui proposent quelque chose de concret sont les jeunes qui veulent se présenter en masse aux élections pour les bloquer et les rendre impossibles.

        Si vous aussi vous pensez que c’est un devoir citoyen de se présenter lorsque les partis ne nous représentent pas, et qu’il faut être le changement que nous voulons voir dans notre pays, eh bien inscrivez-vous à http://newsletter.democratiereelle.fr/

        • Eh oui, dommage pour Sandy pourtant:
          « Aucun joueur, si bon et si fort qu’il soit, ne l’a jamais emporté sur le propriétaire du casino !
 » Dimitris Konstantakopoulos

      • J’admet que meme si j’ai eu tendance a essayer de defendre Tsipras tout au long des épisodes du psychodrame je suis bien deçu…mais bizarement peu surpris…

        • t’es pas trop surpris parce qu’on a tous senti le vent du boulet, et crié au loup dès le début. t’es pas trop surpris parce que ‘les choses’, à notre cœur défendant, continuent d’être logique…

      • Bof, ce n’est que partie remise. Comme le système de l’argent-dette n’est pas viable sur la durée, la situation sera identique dans 1 an, avec une dette publique grecque à 200%. Tsipras viendra demander un quatrième >plan d’aide<. Les choses coinceront, et il quittera la zone euro, en disant "Nous avons mis en échec les plans des forces conservatrices qui voulaient nous asphyxier, bla bla bla". Et Mélenchon reprendra : "Tsipras a montré que la gauche radicale pouvait vaincre l'arrogance de l'axe Bruxelles-Berlin, etc etc" Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs …

        • C’est probable…mais ce qui l’est encore plus c’est un peu plus de psychodrame debouchant sur plus de pillages en echange d’une ralonge en monnaie de singe jusqu’a plus soif (les grecs en slip a credit)

  38. Merci à Yves Michel, pour son courageux et opiniâtre travail d’édition : on a du mal à choisir les livres à conseiller, tellement il y en a de bons et utiles dans cette collection :
    http://www.yvesmichel.org/product-page/economie/

  39. « Peut-être que cette humiliation est liée au fait que la Grèce a été historiquement la référence mondiale pour l’humanité, car elle est le berceau de la démocratie, le symbole de l’éthique et des droits humains. Le système de la dette ne peut pas admettre ces valeurs, car il n’a aucun scrupule à endommager les pays et les peuples afin d’obtenir leurs profits. »

    Il y a peut-être aussi quelques autres raisons… Les grecs ont peut-être inventé la démocratie ( avec esclaves, quand-même…), mais également les combines par lesquelles l’état est utilisé comme une (sacrée) vache à lait…

    A prendre avec des pincettes, vu que se sont des experts de l’UE qui ont rédigée le rapport,…mais enfin…!

    « La politique en Grèce ou pourquoi Angela n’est pas prête a se laisser encore berner.
    Les experts mandatés par l’Union Européenne pour étudier les causes qui ont conduit la Grèce à la situation économique actuelle rapportent les faits suivants:
    >
    > -- La Grèce a falsifié ses comptes pour entrer dans l’euro, puis a déformé la réalité, jusqu’à ce que celle-ci explose.
    > -- Il y a eu des départs massifs en retraite à 50 ans.
    > -- Il y avait jusqu’à 50 chauffeurs par voiture officielle, en moyenne
    > -- Il y avait 45 jardiniers pour une petite pelouse avec 4 buissons à l’hôpital Evangelismos.
    > -- La Grèce a la plus forte population fictive au monde, de personnes déclarant un âge de 110 ans.
    > -- Les décès ne sont souvent pas enregistrés et les pensions continuent à être perçues.
    > -- L’Union Européenne a détecté qu’il y a des familles qui perçoivent 4 à 5 pensions, qui ne leur sont pas destinées.
    > -- Il y a encore des pensions payées à des personnes mortes en 1953, il ya 50 ans.
    > -- 40 000 jeunes filles reçoivent mensuellement une rente viagère de 1000 euros pour le simple fait qu’elles sont filles célibataires de fonctionnaires décédés et il en coûte aux caisses de l’Etat € 550 millions d’euros par année. Maintenant elles la percevront seulement…jusqu’à 18 ans.
    > -- Des stimulateurs cardiaques dans les hôpitaux grecs ont été acquis à un prix 400 fois supérieur à celui des hôpitaux britanniques.
    > -- En Grèce, de nombreux travailleurs ont bénéficié de la retraite anticipée, fixée à 50 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes qui appartiennent à l’une des 600 catégories d’emploi reconnus comme particulièrement pénibles, et parmi lesquelles sont inclus les coiffeurs (à cause des colorants pouvant être considérés comme nocifs), les musiciens d’instruments à vent (souffler dans une flûte est épuisant) ou les présentateurs de télévision (les microphones étant censés causer des dommages à la santé). (Cette loi a été adoptée par le gouvernement socialiste de 1978)
    > -- Il y a des milliers de bonnes « combines », de ministères et instituts inutiles, desquels vivent beaucoup de Grecs. A titre d’exemple l’Institut pour la protection du Kopais Lake, un lac asséché depuis 1930. (1763 Grecs sont employés pour sa protection)
    > -- Dans la dernière décennie, il s’est créé plus de 300 nouvelles entreprises publiques.
    > -- La fraude fiscale est massive, plus de 25% des Grecs ne paient pas un sou sur le revenu des particuliers.
    > -- En outre, le poids du secteur public dans l’économie est écrasant. Il y a environ un million de fonctionnaires pour 4.000.000 de personnes actives.
    > -- Le salaire moyen des employés des chemins de fer publics grecs dépasse € 66.000.- par an Et cela inclut les nettoyeurs ainsi que les travailleurs peu qualifiés. Le (presque gratuit) métro d’Athènes délivre pour environ 90 millions d’euros de billets par année, alors que le coût total de cette société publique dépasse 500 millions
    > -- Les Français reçoivent en moyenne à titre de retraite 51% du dernier salaire, les allemands 40%, les Nord-Américains 41% et les japonais 34%. Pendant ce temps, les retraités grecs reçoivent 96% de leur salaire antérieur.
    > -- La Grèce a quatre fois plus d’enseignants que la Finlande, le pays le mieux situé dans le dernier rapport PISA, alors que cette surpopulation d’enseignants n’a servi qu’à être parmi les pays européens disposant du plus bas niveau dans presque tous les tests éducatifs alors que leurs enseignants ainsi que ceux de l’Espagne et du Portugal (dont les résultats obtenus sont aussi mauvais, même après le Luxembourg) sont les mieux payés au monde, ont le plus d’abstention et le moins d’élèves.
    > -- Quelques confirmations en lisant ceci :
    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-124498-grece-quatre-pistes-de- reformes-qualexis-tsipras-pourrait-proposer-1096223.php#
    > Il serait temps que les médias cessent de nous bassiner avec les “pauvres Grecs” que l’on doit “absolument” assister dans leur profonde détresse. »

    • Sauf qu’en realité:

      L’Allemagne n a ja mais payé aux grecs sa dette de guerre (bien superieure, mais de loin, a la dette de la Grece)

      La crise greque n’est pas du due a la serie a la liste de reproches des oligarques, elle est due a des attaques financières pratiquées par des fonds vautours (Soros & friends, informé illegalement dans le cadre d’un delit d’initiés par la Goldman Sachs) qui ont touché la pactole sur de placements de type credit default swap… demandes a la pote d’Etienne elle va t’expliquer en video dans les premiers coms de ce fil…

      Le contenu de ton com c’est de la propagande qui vaut peau d’balle.

  40. « Les Allemands torturent les Grecs pour que les Italiens entendent leurs cris », par Charles Gave
    http://www.les-crises.fr/les-allemands-torturent-les-grecs-pour-que-les-italiens-entendent-leurs-cris-par-charles-gave/

  41. C’est bien ce que je pensais: les menaces de grexit de la part des allemands n’etait qu’une posture pour mettre la pression a Tsipras… actualité bien triste mais previsible. En tout cas Tsipras a interet a obtenir un serieux amenagement de sa dette vu le niveau ou il a accepté de baisser le pantalon des grecs…

  42. L’Europe se déchire à propos du cas grec – et personne ne semble en mesure de l’en empêcher
    par Ambrose Evans-Pritchard

    http://www.les-crises.fr/leurope-se-dechire-a-propos-du-cas-grec-et-personne-ne-semble-en-mesure-de-len-empecher-par-ambrose-evans-pritchard/

  43. Si Tsipras a des c…, c’est maintenant qu’il doit appeler pour un REFERENDUM, il connait la musique!
    Il a si bien dit, en jouant du violon, que la démocratie allait renaître de ses cendres à Athènes, tel le Phénix (un oiseau d’origine grecque, différent du pigeon du moins je l’espère).
    Ou alors qu’il aille rejoindre Papendreou et tous les autres, ils trouveront certainement un poste chez Goldman Sachs !

    • Je pense que Tsipras pensait vraiment qu’il arriverait a negocier et un a fait face a un mur. Un mur fasciste… Je pense que si il se couche aujourd’hui c’est parcequ’il flippe et je ne suis pas sur qu’il ait totalement tort.

      Je pense que l’europe et en particulier l’Allemagne est conservatrice… dominatrice et xenophobe…fasciste quoi.

      Ces gens la n’ont pas souffert qu’un gouvernement de gauche prenne le pouvoir en Grece et ils l’ont etranglé et humilié…

      • Xenophobe: tu connais la derniere vanne de cet etron de Junker: ‘les americains veulent que l’on garde la Grece dans l’Euro, je leur ai dit que si il prenaient la Grece dans le dollar je voulais bien prendre Portorico dans l’euro’ … hahaha… et cette prostituée de Sapin qui ricanait comme une baleine.

      • Je ne pense pas qu’ils soient tous fascistes. Une grande partie ne se rend pas compte que le décor de leurs réflexions c’est du toc, c’est factice. Mais ils sont comme lobotomisés par les médias qui martèlent ces idées jour après jour. Les idées non fondées deviennent alors des réalités enracinées, des dogmes, une religion. Et discuter, débattre, raisonner de manière scientifique devient alors inopérant.
        Je les considère alors comme des victimes collatérales du système, comme de pauvres zombies (irrécupérables ou difficilement ceux-là)…
        Par contre, certains, l’élite, sont bien au courant de toute cette propagande et ceux-là ne sont pas des victimes mais les réels persécuteurs ou commanditaires. Ils connaissent les tenants et les aboutissants et sont alors entièrement responsables.

        • Quand je dis « les allemands » je parle de leurs dirigeants…mais bon il semble bien qu’en allemagne les oligarques beneficient du soutient d’une majorité de la population…des moutruches probablement…

  44. Le cas de la Grèce n’a pas servi à rien, il a au moins servi à nous ouvrir un peu plus les yeux et nous tirer les oreilles (ou aussi nous mettre une claque, ou un coup de pied). Des pans entiers du décors du système sont tombés et derrière c’est pas beau à voir. Notre petite voix, notre intuition avait malheureusement raison. La vérité est difficile à accepter.
    Comme disait Arthur Schopenhauer :
    « Toute vérité passe à travers trois étapes :
    Elle est d’abord ridiculisée.
    Ensuite elle est violemment contestée.
    Finalement, elle est acceptée comme évidente. »
    Du coup, je me suis repris une bonne dose de Gérard Foucher sur « pourquoi la Grèce ne quittera jamais l’euro ».

  45. Capitulation
    par Jacques Sapir :
    http://russeurope.hypotheses.org/4102

    Au petit matin de ce lundi 13 juillet, le Premier-ministre grec, M. Alexis Tsipras, a fini par capituler. Il a capitulé sous les pressions insensées de l’Allemagne, mais aussi de la France, de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Il n’en reste pas moins qu’il a capitulé. Car, il n’y a pas d’autres mots pour désigner l’accord qui lui a été imposé par l’Eurogroupe, puis par les différents dirigeants européens, le revolver – ou plus précisément la menace d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro – sur la tempe. Cette capitulation aura des conséquences dramatiques, en Grèce en premier lieu où l’austérité va continuer à se déployer, mais aussi au sein de l’Union européenne. Les conditions dans lesquelles cette capitulation a été arrachée font voler en éclat le mythe d’une Europe unie et pacifiée, d’une Europe de la solidarité et des compromis. On a vu l’Allemagne obtenir de la Grèce ce que les anciens appelaient une paix carthaginoise. On sait que telle était la position dès le départ de M. Dijsselbloem, le Président de l’Eurogroupe[1]. On a vu, avec tristesse mais aussi avec colère, la France finir par se plier à la plupart des exigences allemandes, quoi qu’en dise notre Président.

    Ce 13 juillet est et restera dans l’histoire un jour de deuil, à la fois pour la démocratie et pour l’Europe.

     

    Un accord détestable

    Cet accord est un accord détestable, et pour plusieurs raisons. Il l’est dans le domaine économique. Il saigne à nouveau l’économie grecque sans lui offrir la nécessaire et réelle bouffée d’oxygène dont elle avait besoin. L’accroissement de la pression fiscale sans contreparties, aura des conséquences désastreuses pour l’économie grecque. C’est la poursuite de l’austérité dans la plus pure logique d’un Pierre Laval en France, mais surtout d’un Brüning en Allemagne, ou d’un McDonald en Grande-Bretagne, ces figures tragiques des années trente qui ont aggravé par leurs politiques les conséquences de la crise de 1929. La hausse de la pression fiscale exigée, les nouvelles coupes dans les dépenses, ne s’accompagnent nullement du plan d’investissement massif qui aurait pu en compenser, au moins en partie, les effets. Notons ainsi que le gouvernement grec est contraint de s’engager à : « mener d’ambitieuses réformes des retraites et définir des politiques visant à compenser pleinement l’incidence budgétaire de l’arrêt de la cour constitutionnelle relatif à la réforme des pensions de 2012 et mettre en œuvre la clause de déficit zéro ou des mesures alternatives mutuellement acceptables d’ici octobre 2015 ». En d’autres termes on demande au gouvernement grec de compenser l’arrêt de la cour constitutionnelle qui avait cassé la réforme des retraites de 2012. Bref, la logique de l’austérité est ici proclamée plus importante que la constitution d’un état souverain[2].

    Cet accord est aussi détestable dans le domaine financier aussi. Il engage donc le Mécanisme Européen de Stabilité, ou MES. Mais, cet engagement sera appelé à grandir régulièrement. L’économie grecque va, en effet, continuer à s’enfoncer dans la dépression. Les ressources fiscales vont au total stagner, voire diminuer et cela même si la pression fiscale augmente comme il est prévu dans l’accord. La dette va donc, en proportion de la richesse produite, devenir de plus en plus lourde. Sur cette dette, le reprofilage – mot barbare qui désigne un allongement des délais de paiement du principal et un report des intérêts – ne résout rien. On sait, le Fonds Monétaire International l’a dit, qu’il faut restructurer, c’est à dire annuler, une partie de la dette grecque. Mais, l’Allemagne s’y refuse toujours avec obstination. Il faudra d’ici peu trouver à nouveau de l’argent pour la Grèce. L’une des raisons pour lesquelles ce plan est détestable est qu’il ne règle rien, ni économiquement, ni financièrement.

     

    Un accord de type néo-colonial

    Enfin, ce plan est détestable pour une troisième raison. Politiquement, il aboutit à mettre la Grèce en tutelle, à l’assimiler dans les faits à une colonie privée de tout pouvoir réel. Le parlement grec non seulement est sommé de voter au plus vite certaines réformes, avec deux dates butoirs, du 15 et du 22 juillet[3], mais il devra soumettre désormais les différentes mesures à prendre au contrôle et au bon vouloir des institutions européennes. En particulier, un paragraphe de l’accord est très significatif. Il dit ceci : « Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement »[4].

    C’est le rétablissement de ce que les grecs appellent le « régime de la Troïka », régime qu’ils avaient répudié lors des élections du 25 janvier dernier. Et c’est là sans doute le résultat le plus inouï de cet accord. Il équivaut à annuler une élection libre et démocratique, à affirmer que les règles édictées à Bruxelles ont plus de poids que le jeu démocratique. Il faudra s’en souvenir car, de ce point de vue, cet accord ne concerne pas les seuls grecs ; il menace aussi tous les peuples de la Zone Euro. Il nous menace donc nous aussi, les français. Et c’est pourquoi le fait que notre Président, M. François Hollande, se soit prêté à ce crime, car il n’y a pas d’autre mot pour qualifier cet accord dans le domaine politique, doit nous emplir d’effroi. En acceptant de poser sa signature au bas de cet accord, en acceptant de la faire voter d’ici la fin de la semaine au Parlement français, François Hollande est dès lors connivent à cet étranglement de la démocratie en Grèce, mais aussi dans l’ensemble de la Zone Euro.

    Allant toujours plus loin, cet accord organise la spoliation de la population grecque dans le paragraphe léonin qui concerne les privatisations et qui date directement de ce que l’on appelait au XIXème siècle la « politique de la canonnière ». Ce paragraphe stipule en effet que le gouvernement grec doit : « élaborer un programme de privatisation nettement plus étoffé avec une meilleure gouvernance; des actifs grecs de valeur seront transférés dans un fonds indépendant qui monétisera les actifs par des privatisations et d’autres moyens. La monétisation des actifs constituera une source permettant le remboursement programmé du nouveau prêt du MES et générera sur la durée du nouveau prêt un montant total fixé à 50 milliards d’euros, dont 25 milliards d’euros serviront au remboursement de la recapitalisation des banques et d’autres actifs, et 50 % de chaque euro restant (c’est-à-dire 50 % de 25 milliards d’euros) serviront à diminuer le ratio d’endettement, les autres 50% étant utilisés pour des investissements »[5]. Cela revient à dire que la Grèce ne pourra utiliser que 50% de 25 milliards, soit 12,5 milliards issus des privatisations pour des investissements. Or, ces sommes ne seront pas disponibles – si tant est qu’elles le soient un jour – avant deux à trois ans.

    Quand on entend François Hollande affirmer dans la mâtinée de ce 13 juillet que la souveraineté de la Grèce a été préservée, on se dit que notre Président a un goût douteux pour la plaisanterie. C’est ajouter l’insulte à la blessure. Car la souveraineté de la Grèce a bel et bien été piétinée par l’Eurogroupe et par l’Allemagne, avec l’aide et avec l’assentiment de la France. C’est pour cela que ce 13 juillet sera désormais un jour de deuil pour tous ceux qui défendent la démocratie, la souveraineté et la liberté des peuples.

    La question de l’Euro

    François Hollande affirme que son action a sauvé l’Euro. Il est clair que si l’Allemagne avait imposé l’expulsion de la Grèce hors de la Zone Euro, cela aurait déclenché à relativement court terme le processus de dissolution de cette zone. Mais, le maintient de la Grèce dans la zone Euro ne sauve nullement l’Euro. D’une part parce que les problèmes économiques et financiers de la Grèce ne sont pas résolus. D’autre part, parce que d’autres pays sont aujourd’hui en grandes difficultés, et en particulier l’un de nos voisins, l’Italie.

    L’Euro est, on en a eu la preuve aujourd’hui, indissolublement lié à la politique d’austérité. La politique économique menée dans la Zone Euro consolidée par le rôle des divers traités, et en particulier du dernier le TSCG ratifié en septembre 2012, ne peuvent que mener à l’austérité. Si on ne l’avait pas encore compris c’est aujourd’hui parfaitement clair : l’Euro c’est l’austérité. Bien sur, il peut y avoir des politiques d’austérité sans l’Euro. Mais l’Euro implique en réalité la politique d’austérité et toute politique menée dans le cadre de l’Euro conduit à l’austérité. Il faut comprendre le sens profond de cette affirmation. Aujourd’hui, tant que l’on restera dans la zone Euro, il sera impossible de mener une autre politique économique que l’austérité. Pour ne pas avoir compris cela Alexis Tsipras s’est mis de lui-même la tête sur le billot.

    Cette constatation est appelée à devenir le véritable point de clivage de la politique française dans les mois et les années à venir. Ainsi, ce qu’a sauvé François Hollande, en réalité, c’est bel et bien l’austérité. On sait qu’il fit ce choix en 2012. Il n’en a pas changé. Il devra donc être jugé dessus aux prochaines élections.

    Jacques Sapir

    Source : http://russeurope.hypotheses.org/4102

    ________
    Notes :

    [1] VAROUFAKIS: POURQUOI L’Allemagne REFUSE D’ALLÉGER LA DETTE DE LA GRÈCE, http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/120715/varoufakis-pourquoi-lallemagne-refuse-dalleger-la-dette-de-la-grece

    [2] Déclaration du sommet de la zone euro , Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 3.

    [3] Le texte de l’accord précise que ce dernier ne sera valable que dans les conditions suivantes : « Ce n’est qu’après – et immédiatement après – que les quatre premières mesures susmentionnées auront fait l’objet d’une mise en oeuvre au plan juridique et que le Parlement grec aura approuvé tous les engagements figurant dans le présent document, avec vérification par les institutions et l’Eurogroupe, qu’une décision pourra être prise donnant mandat aux institutions de négocier un protocole d’accord ». Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 2.

    [4] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 5.

    [5] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 4.

    • Parfait resumé de la situation.

    • « Toute politique menée dans le cadre de l’Euro conduit à l’austérité. Tant que l’on restera dans la zone Euro, il sera impossible de mener une autre politique économique que l’austérité. Pour ne pas avoir compris cela Alexis Tsipras s’est mis de lui-même la tête sur le billot. »

      Je suis quand même plus que circonspect sur le fait qu’un analyste aussi performant que Sapir ‘s’imagine’ que Tsipras soit ‘un crétin’ qui n’aurait pas compris; lui qui ambitionnait une présidence au parlement UE, et dont on peu voir les traits se décomposer quand Farage lui administre tous les arguments qui mènent à l’invitation à sortir de l’ue la tête haute….

      • Je pense que Sapir a raison et que c’est ton analyse qui manque de clairvoyance sur ce coup la. Pour quelle raison Tsipras aurait fait semblant de vouloir renégocier sa dette et mener une politique plus keynésienne? Il aurait embauché un Varoulakis pour faire semblant pensant 5 mois afin de mieux le virer au moment de mettre en place le plan qu’il aurait sournoisement préparé avec les allemands depuis le départ?

        La version « complot » sur Tsipras ne tient pas à l’épreuve de la logique (niveau CP).

        Tsipras y a cru mais n’était manifestement pas prêt à aller jusqu’au grexit, il a donc déballonné quand les nazis, pardon les dirigeants allemands, lui ont mis la pression, ça s’est vu gros comme le nez au milieu de la figure…

        Il y a des fois ou il est inutile de chercher midi a 14h.

        Donc non il n’était pas si fin que ça, ni si courageux, il a fait un peu de remous et s’est couché comme un carpette, le tout très probablement de bonne foi et ce n’est probablement pas un agent du BND.

        • « En ce qui concerne le mouvement Trotskiste de Syriza, son lien avec le milliardaire George Soros qui le finance est on ne peut plus clair comme le révèle le site Gazetawarsza . »

          « L’ascension fulgurante de Tsipras semble avoir été facilitée par l’oligarchie financière internationale afin d’empêcher l’arrive au pouvoir en Grèce du mouvement « ultra-nationaliste » Golden Dawn, opposé à l’UE et à l’OTAN, dont les principaux dirigeants sont en prison depuis bientôt deux ans. »

          je n’ai pas pu vérifier personnellement la valeur de ces arguments, pour autant ils me paraissent hautement vraisemblable.

          http://mai68.org/spip/spip.php?article9013

  46. Très intéressant…

    Grèce : Yánis Varoufákis révèle les raisons de sa démission surprise
    http://www.liberation.fr/economie/2015/07/13/varoufakis-revele-les-raisons-de-sa-demission_1347506

    Son départ du gouvernement, au lendemain du référendum, avait surpris tout le monde. L’ancien ministre des Finances grec, Yánis Varoufákis, a révélé, dans un entretien au magazine britannique New Statesman publié lundi, avoir démissionné après avoir été mis en minorité, le soir du référendum, sur sa ligne dure prévue face à la BCE après la fermeture des banques grecques.

    L’économiste qui assurait avant le référendum qu’il démissionnerait en cas de victoire du oui, avait assez inexplicablement démissionné au lendemain de la victoire à 61,1% du non, le 5 juillet dernier. Officiellement, il avait jeté l’éponge parce que les créanciers ne l’aimaient pas et que le Premier ministre Alexis Tsipras jugeait son départ «utile» pour un accord.

    Mais il a révélé lundi avoir en fait perdu à quatre contre deux lors d’une réunion de cabinet après la victoire du non, au cours de laquelle il prônait une ligne dure.

    Yánis Varoufákis a également affirmé au magazine britannique qu’il avait prévu «un triptyque» d’actions pour répondre à la situation que connait la Grèce aujourd’hui, et notamment à la fermeture des banques, pour éviter une hémorragie de l’épargne : «émettre des IOUs» (phonétiquement «I owe you», «je vous dois», des reconnaissances de dettes en euros) ; «appliquer une décote sur les obligations grecques» détenues par la BCE depuis 2012, pour réduire d’autant la dette, et «prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE».

    Cela laissait, selon lui, entrevoir une possible sortie de la Grèce de l’euro mais avec la certitude, explique-t-il, qu’il n’y avait de toute façon aucun moyen légal de la pousser dehors. Le tout pour faire peur et obtenir un meilleur accord des créanciers, selon lui. «Mais ce soir-là, regrette-t-il, le gouvernement a décidé que la volonté du peuple, ce « non » retentissant, ne devait pas être le déclencheur de cette approche énergique (…) au contraire cela allait mener à des concessions majeures à l’autre camp».

    La «très subtile» voix de Michel Sapin face à l’Allemagne

    L’ancien ministre éreinte également le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. Selon lui, le groupe des ministres des Finances de la zone euro est «complètement, totalement» dominé par lui. «C’est comme un orchestre extrêmement bien dirigé, dont il serait le chef», raconte Yánis Varoufákis, qui s’est dit «soulagé» de ne plus avoir à négocier une position «difficile à défendre».

    Selon lui, «il n’y a que le ministre des Finances français [Michel Sapin] qui émettait une tonalité différente de la ligne allemande, et c’était très subtil. (…) Dans l’analyse finale, quand Doc Schäuble répondait et déterminait la ligne officielle, le ministre français finissait toujours par plier et accepter», assure-t-il.

    Enfin Yánis Varoufákis, universitaire de formation, s’en prend à l’absence de débat de fond au sein des instances européennes: «Il y avait un refus pur et simple d’engager des débats économiques.» Et d’assurer que lorsqu’il exposait un argument économique, il était confronté à «des regards vides». Avant de lancer une pique à ses anciens homologues européens : «J’aurais pu tout aussi bien chanter l’hymne national suédois, j’aurais obtenu la même réponse».

  47. L’Europe allemande.

    TINA !

    There Is No Alternative !

    La zone euro, c’est la zone mark.

    La politique monétaire de la zone euro, c’est la politique d’Angela Merkel.

    Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule politique possible en Europe : c’est la politique d’Angela Merkel.

    « Tout à coup, l’Europe se met à parler allemand. » (déclaration du leader des députés chrétiens-démocrates, Volker Kauder, au congrès de son parti, le 15 novembre 2011)

    « Tout à coup, l’Europe se met à parler allemand. » Maladroite ou cynique, la déclaration du leader des députés chrétiens-démocrates, Volker Kauder, au congrès de son parti, le 15 novembre 2011 à Leipzig, est bien dans le style de l’époque. Le ténor de la CDU a été ovationné lorsqu’il a précisé que ce n’était pas la langue de Goethe qui s’imposait, « mais l’acceptation des idées politiques pour lesquelles Angela Merkel se bat avec tant de succès ».

    http://www.challenges.fr/economie/20111124.CHA7248/l-europe-a-l-heure-allemande.html

    Au sujet de l’Europe allemande :

    Charles de Gaulle rêvait de construire une Europe des Etats indépendants, une Europe des Etats souverains.

    En revanche, l’Allemagne rêvait de construire une Europe allemande !

    Entre 1965 et 1969, Charles de Gaulle est de plus en plus violent lorsqu’il parle de l’Allemagne.

    Je recopie un passage de l’historien Eric Roussel, dans son livre « De Gaulle », édition Tempus, tome 2, page 575 :

    A mesure que le temps passe, de Gaulle semble de plus en plus enclin à faire cavalier seul sur le plan international, à aller jusqu’au bout de la logique exposée dans Le Fil de l’épée. Henry Kissinger en a eu la preuve lors d’un dîner à l’Elysée. Ayant demandé au général comment il pensait éviter que l’Allemagne ne domine l’Europe dont il rêvait, il s’est entendu répondre, très calmement : « Par la guerre. » « Il faudra leur rentrer dans la gueule », dira le général peu après à l’amiral Flohic, soucieux d’avoir son avis sur le même sujet.

  48. http://www.courrierinternational.com/dessin/crise-grecque-les-propositions-de-leurogroupe-sont-bel-et-bien-un-coup-detat

    Crise grecque. Paul Krugman : Les propositions de l’Eurogroupe sont bel et bien un coup d’Etat

    “Même si vous prenez Tsipras pour une andouille incompétente, même si vous souhaitez ardemment écarter Syriza, son parti, du pouvoir, et même si vous êtes favorable à la perspective d’éjecter ces Grecs agaçants hors de la zone euro, même dans ce cas-là la liste des demandes de l’Eurogroupe est de la pure folie”, s’indigne Paul Krugman dans le New York Times.

    Le Nobel d’économie ne cache pas son accord avec le hashtag #thisisacoup lancé par des internautes pour dénoncer un coup d’Etat de l’Allemagne contre la Grèce. Les efforts demandés à Athènes “dépassent la sévérité, ils recèlent un esprit de vengeance, la destruction totale de la souveraineté nationale et effacent tout espoir de soulagement”.

    On assiste à “une grotesque trahison de tout ce que prétend être le projet européen.” Pour Krugman, “l’argumentation économique est devenue presque secondaire. Durant les deux dernières semaines, nous avons tout simplement constaté qu’être membre de la zone euro signifie que votre économie peut être détruite si vous sortez des rangs.”

    Et d’asséner : “Le projet européen vient de subir un coup terrible voire fatal. Et quoique vous pensiez de Syriza ou de la Grèce, ce ne sont pas les Grecs qui ont porté ce coup.”

    • On peut se demander sérieusement quel est le but poursuivi.

      L’hypothèse de la démence meurtrière ne doit pas être exclue.

      Plus n’est besoin de wagons plombés, on peut dépecer sur place.

      • Et pourtant …

        LE FMI s’engage pour une restructuration de la dette !!!

        http://www.romandie.com/news/Le-FMI-reclame-un-allegement-massif-de-la-dette-grecque/612441.rom

        • A mon avis ce n’est pas désintéressé.

          Mon intuition c’est que le FMI (qui on le sait bosse essentiellement pour les USA) ne souhaite pas que l’europe technocratique et sclérosée (et donc faible et a sa botte) ne soit trop destabilisée a terme.

          Les USA veulent conserve cet euro status quo qui ne mene nulle part et qui leur permet de nous dominer.

          Le FMI sait par exeperience qu’etre trop dur avec un pays entraine inevitablement que ce dernier finisse par se rebiffer et s’echappe de leurs griffes (comme l’Argentine par exemple).

          Avec Syriza et le referendum les grecs ont montré qu’ils sont murs pour tout envoyer peter…et la baltringuade de Tsipras va fortement beneficier aux mouvements anti euro (en Grece: coco/natios).

          Pour moi le FMI cherche simplement a garder le pouvoir.

          • « LE FMI s’engage pour une restructuration de la dette !!! »
            sur ce point totalement d’accord avec nlesca.

            cette dernière reculade n’a qu’un objectif, le maintient de la Grèce dans la zone euro. Et plus, des argument pour ‘calmer les grecs’ et le maintient de tsipras comme homme de paille qui a prouvé sa docilité.

  49. Une Europe contre les peuples et la démocratie
    par François Bonnet :
    http://www.mediapart.fr/journal/international/130715/une-europe-contre-les-peuples-et-la-democratie

    L’euro a accouché d’un monstre politique. L’humiliant accord imposé à Alexis Tsipras le démontre une fois encore : il n’est pas de marges de manœuvre politiques possibles dans une zone monétaire devenue l’otage des idéologues du libéralisme.

    Depuis dimanche soir, le hashstag #ThisIsaCoup est l’un des plus suivis sur Twitter. De l’économiste Prix Nobel Paul Krugman à l’ancien ministre grec Yanis Varoufakis, en passant par le souverainiste français Nicolas Dupont-Aignant, le #CestUnCoup canalise les indignations contre l’accord imposé par les Européens à la Grèce en échange de son sauvetage financier.

    Coup d’État ? L’expression peut cristalliser les désaccords mais une chose n’est guère contestable : les « institutions européennes » ont bel et bien décidé de prendre le pouvoir en Grèce. La proposition du socialiste allemand Martin Schulz, président du Parlement européen, d’installer « un gouvernement de technocrates » à Athènes s’est ainsi réalisée de fait, au terme d’un week-end de négociations qui a vu l’Allemagne imposer de bout en bout sa ligne.

    C’est la vraie démonstration de ce week-end : la zone euro et ses présumés critères de gestion ont accouché d’un monstre politique. Et ce monstre est en train de dévorer ce qui est au cœur même du projet européen : l’approfondissement démocratique. La zone euro n’est plus l’Europe, elle est devenue une machine à balayer les peuples et à écraser la démocratie. Nous l’avions déjà expérimenté à l’automne 2011, quand deux chefs de gouvernement furent renversés sous les pressions des marchés et du duo Merkel/Sarkozy. Il s’agissait alors de Silvio Berlusconi et Georges Papandréou.

    Cette fois, la démonstration est autrement plus violente parce qu’elle s’est faite de bout en bout sous les yeux des citoyens européens. Le premier ministre grec Alexis Tsipras se trouve de fait démis de ses fonctions, de la principale au moins, celle de conduire une politique économique ; c’est ce qu’explicite par le menu le texte de l’accord obtenu à l’arraché à l’issue de dix-sept heures de négociations.

    Tsipras et la Grèce ne sont pas seulement humiliés ; le premier ministre est brisé politiquement tant il a été contraint d’abdiquer la plupart de ses demandes. Et si sa majorité parlementaire peut encore le suivre un temps, il ne fait nul doute qu’un bouleversement radical du paysage politique grec va intervenir dans les mois qui viennent. À Bruxelles, de nombreux dirigeants européens suggèrent déjà un remaniement, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, la démission des ministres jugés les plus radicaux…
    Donald Tusk, président du Conseil, Alexis Tsipras et son ministre des finances, Euclide Tsakalotos.

    […]

  50. François Morin:
    l’oligopole bancaire, une « hydre mondiale »

    Vidéo d’interview, par Martine Orange de Mediapart :

    l’article :

    François Morin: l’oligopole bancaire, une « hydre mondiale » 14 juillet 2015 | Par Martine Orange

  51. Varoufakis : « La zone euro est un espace inhospitalier pour les gens honnêtes »

    http://www.marianne.net/varoufakis-zone-euro-est-espace-inhospitalier-les-gens-honnetes-100235472.html

    Si les tenants européens du « tout austéritaire » pensaient s’être définitivement débarrassés de leur meilleur ennemi, l’ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, avec son éviction du gouvernement Tsipras, c’est bel et bien raté. Puisque l’économiste à bécane, véritable cauchemar de ses homologues européens, vient de donner un entretien au magazine britannique NewStatesman. Il y met à jour les petits et grands secrets des négociations qui se sont tenues entre les membres de l’Eurogroupe sur la crise grec et dénonce, sans ménagement, le déficit démocratique au sein des institutions européennes.

    « Je me sens sur le toit du monde – je ne dois plus vivre à travers ce calendrier chargé, qui était absolument inhumain, tout simplement incroyable. Je n’avais que deux heures de sommeil chaque jour pendant cinq mois », résume Varoufakis sur son état d’esprit, quelques jours après sa retraite politique forcée. Dommage, les technocrates rancuniers n’auront même pas une petite dépression à se mettre sous la dent… Et d’embrayer sec en critiquant « l’absence totale de scrupules démocratiques de la part des défenseurs supposés de la démocratie en Europe ».

    Pis, se souvient-il, dans les discussions avec les partenaires européens, il explique qu’« il y avait un refus pur et simple de livrer des arguments économiques. (…) Vous mettez en avant un argument que vous avez vraiment travaillé — pour vous assurer qu’il est logique et cohérent — et vous êtes juste face à des regards vides. » Une mécanique particulièrement troublante « pour quelqu’un qui a l’habitude des débats académiques », avoue l’économiste.

    « Dans notre cas, il est clair que notre Parlement grec a été traité comme de simples ordures »

    Surtout, Varoufakis est frappé par la place prédominante de Wolfgang Schaüble, l’austère — dans tous les sens du terme — ministre des Finances allemand. « [L’Eurogroupe] est comme un orchestre très bien réglé et [Schaüble] est le directeur. (…) Il y aura des moments où l’orchestre est désaccordé, mais il l’organise alors et le remet dans la ligne. » Le gouvernement grec aurait-il pu compter sur le soutien d’autres pays de la zone euro, endettés eux-aussi jusqu’au cou, et ayant subi des cures drastiques d’austérité ? « Dès le début, ces pays ont bien précisé qu’ils étaient les ennemis les plus énergiques de notre gouvernement. Car leur plus grand cauchemar était notre succès : notre réussite à négocier un meilleur accord pour la Grèce, aurait évidemment anéanti leur politique [d’austérité], ils auraient eu alors à justifier devant leur peuple pourquoi ils n’avaient pas négocié comme nous l’avions fait. » Une analyse politique qui éclaire d’un jour nouveau tous les reportages, que certains médias se sont empressés de réaliser, sur l’absence de soutien de la Grèce par les pays les plus pauvres de la zone euro…

    En revanche, plus étonnant, on apprend que le gouvernement Tsipras a pu compter sur le soutien implicite de George Osborne, membre du parti conservateur anglais. « Les plus grands défenseurs de notre cause ont été les conservateurs ! En raison de leur euroscepticisme, hein… Mais pas seulement. Il y a dans le courant Burkean (du nom d’Edmund Burke, considéré comme le père du conservatisme anglo-américain, ndlr) une conception de la souveraineté du Parlement. Dans notre cas, il est clair que notre Parlement a été traité comme de simples ordures ».

    « L’Eurogroupe n’a de comptes à rendre à personne, étant donné qu’il n’existe pas dans la loi ! »

    Revenant sur l’épisode du 27 juin dernier, durant lequel le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avait signifié à Varoufakis son expulsion de l’Eurogroupe en raison de son refus de signer un communiqué, l’ancien ministre des Finances grec a fait une surprenante découverte. « J’ai demandé un avis juridique, relate-t-il au sujet de sa mise à l’écart, Ce qui a créé un peu de cafouillage. (…) Un expert juridique s’est adressé à moi et m’a alors dis « Eh bien, l’Eurogroupe n’existe pas dans la loi, il n’y a aucun traité qui le prévoit  » ».

    L’économiste hétérodoxe en conclut donc : « Ce que nous avons est un groupe inexistant qui a pourtant cet immense pouvoir de déterminer qu’elle sera la vie des Européens. Il n’a de comptes à rendre à personne, étant donné qu’il n’existe pas dans la loi ; aucuns procès-verbaux ne sont conservés et tout est confidentiel. Donc, aucun citoyen ne saura jamais ce qu’il se dit en son sein ». Rassurant…

    Le Grexit avait-il été envisagé par les dirigeants ? « Oui et non » répond-t-il. « Nous avions un petit groupe, un “cabinet de guerre” au sein du ministère, d’environ cinq personnes qui y travaillaient : nous avons donc travaillé dans la théorie, sur le papier, tout ce qui devait être fait pour préparer/dans le cas d’un Grexit. » Un scénario, avoue Varoufakis, utilisé plus comme un levier à actionner dans les négociations que comme un véritable souhait : « Je ne voulais pas que cela devienne une prophétie autoréalisatrice. » C’est d’ailleurs cette position qui a précipité l’économiste vers la sortie, au lendemain du vote du référendum en Grèce.

    « Quand Doc Schäuble déterminait la ligne officielle, le ministre des Finances français, à la fin, pliait et acceptait toujours »

    Lui voulait remettre la pression sur l’Eurogroupe, et mettre en place « un triptyque » d’actions : « émettre des IOUs » (des reconnaissances de dettes en euros), « appliquer une décote sur les obligations grecques » détenues par la BCE depuis 2012 afin de réduire la dette et « reprendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE ». Mais Alexis Tsipras n’était pas de son avis. Et a préféré reprendre les discussions immédiatement. Se sont-ils fâchés pour autant ? Voilà qui pourrait être un lot de réconfort pour ses détracteurs… « J’ai le sentiment que nous sommes toujours proches. Notre séparation s’est faite à l’amiable. Il n’ y a jamais eu de problèmes graves entre nous » et de préciser, comme nous l’écrivions déjà, « Et je suis très proche de Euclide Tsakalotos [le nouveau ministre des Finances]. »

    Et la France dans tout ça ? François Hollande, lors de son intervention du 14 juillet, a déclaré que la France avait « joué pleinement son rôle ». Reste à savoir lequel. Car si Michel Sapin, selon Varoufakis, « a fait des bruits qui étaient différents de la ligne allemande », ces bruits étaient « très subtils » : « On sentait bien qu’il utilisait un langage très judicieux, pour ne pas être vu comme s’opposant. Car en dernière analyse, quand Doc Schäuble répondait efficacement et déterminait la ligne officielle, le ministre des Finances français, à la fin, pliait et acceptait toujours. »

    Varoufakis a raison d’expliquer que « la zone euro est un espace très inhospitalier pour les gens honnêtes »

    Bruno Rieth

    Source : Marianne

    • Cette épreuve pénible nous concerne, car la divergence entre la démocratie et les partis politiques devient incontestable. Cette incompatibilité s’accentue sous nos yeux quand la dette justifie l’idéologie de nos maîtres.Beaucoup de tromperie dans ce faux-semblant événement imprévu, on assiste un mensonge délibéré et prémédité, destiné à blesser les autres pays membres de l’Union européenne.On dirait que l’objectif est à la fois une intronisation et l’allégeance au fascisme financier à tous les pays membres.

  52. « L’Histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dette — cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait.

    Les mafieux le comprennent.

    Les conquérants aussi.

    Depuis des millénaires, les violents disent à leurs victimes qu’elles leur doivent quelque chose, puisqu’ils ne les ont pas tuées. »

    David Graeber, « Dette : 5000 ans d’Histoire ».

  53. Pourquoi il ne faut surtout pas rembourser la dette publique

  54. Grèce : la vraie nature du troisième mémorandum
    par Romaric Godin :

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-la-vraie-nature-du-troisieme-memorandum-492098.html

    « La morale pour couvrir un montage de Ponzi

    Les gouvernements de la zone euro, en se cachant derrière des arguments moraux qui ne soutiennent pas l’examen historique et économique (« il faut payer ses dettes »), ont ainsi imposé un nouveau tour de cavalerie financière : la Grèce s’endettera donc auprès du MES (Mécanisme européen de stabilité) pour rembourser les dettes dues à « sa » banque centrale et au FMI. Avec le rapport du FMI, c’est donc l’absurdité du nouveau « plan d’aide » à la Grèce qui éclate au grand jour. Nul besoin de s’interroger longtemps pour le comprendre : ce troisième plan ressemble furieusement aux deux précédents : faire financer ce montage à la Ponzi par des mesures d’austérité qui garantissent avec certitude l’augmentation du poids de la dette grecque et l’incapacité future de rembourser cette dette. Immanquablement, il faudra proposer un quatrième plan qui augurera d’un cinquième… »

    • L’intrusion de la morale s’opère de manière subreptice à travers la titrisation : Un crédit ex nihilo, dette dont l’annulation ne créerait aucune souffrance, sera, lorsqu’il est titrisé, sera acheté par morceaux par des personnes physiques, ou des entités telles que des fonds de pension, et par ce biais, l’annulation devient « irresponsable ». Ce processus en outre change l’identité du créancier et libère le prêteur initial de ses fautes ou responsabilités ( par exemple prêt à un insolvable )

      • Bonsoir,
        Oui, l’un de problème est là, et à propos de l’Allemagne (la première banque privée), en 2012, Deutsche Bank est déjà exposée autour de 55.605 milliards d’euros.

  55. [Rappel] Frédéric Lordon :
    sur la souveraineté (« c’est nous qui décidons, de tout et tout le temps ») annulée par la construction européenne et l’euro :


    L'économiste Frédéric Lordon : "Il faut sortir… par franceinter

  56. Tsipras a l’air vraiment terrorisé par l’eventualité d’un grexit, a un point qui devient franchement irrationel… Voici sa justification boiteuse pour avoir signé un accord auquel lui meme dit ne pas croire…http://www.wat.tv/video/grece-pas-convaincu-par-accord-7ipl1_2exyh_.html

  57. Apparement le comité central de Syriza a rejeté l’accord ce midi par 109 voix sur 201.

  58. Yannis Varoufakis : On the Euro Summit’s Statement on Greece: First thoughts
    http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/14/on-the-euro-summits-statement-on-greece-first-thoughts/

  59. Laissez brûler les petits papiers
    Papiers de Bruxelles ou de Francfort
    Qu’un soir ils puissent, papier maïs
    Vous réchauffer

    Laisser les créer leurs petits papiers
    Papiers d’Athènes ou de Thessalonique
    Qu’un soir ils puissent, papier maïs
    Décider

    C’est pas brillant, papier d’argent
    C’est pas donner, papier monnaie
    Ou l’on en meure, papier à fleurs
    Ou l’on s’en fout

    Laissez parler les petits papiers
    A l’occasion, papier chiffon
    Puissent-ils un soir, papier buvard
    Vous consoler

  60. claude saint-jarre

    Pourquoi pas un deuxième référendum en Grèce pour valider ou non l’entente?

  61. [Urgente résistance populaire aux coups d’État bancaires]

    « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »
    le 13 juillet 2015, par Zoe Konstantopoulou

    Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

    http://cadtm.org/Jamais-je-ne-pourrai-voter-et

    Mesdames et messieurs, chers collègues,

    En de pareils instants, nous devons agir et parler avec sincérité institutionnelle et courage politique.

    Nous devons assumer chacune et chacun la responsabilité qui nous revient.

    Protéger, comme notre conscience nous y oblige, les causes justes et les droits sacrés, inviolables et non négociables de notre peuple et de notre société.

    Sauvegarder l’héritage de ceux qui ont donné leur vie et leur liberté pour que nous vivions aujourd’hui libres.

    Préserver l’héritage des nouvelles générations et celles à venir ainsi que la civilisation humaine, de même que ces valeurs inaliénables qui caractérisent et donnent un sens à notre existence individuelle et collective.

    La façon dont chacun choisit de décider et d’agir peut varier, mais personne n’a le droit de se moquer, de dégrader, de dénigrer ou d’utiliser à une fin politique les décisions qui sont issues d’un processus et d’une épreuve qui touchent au cœur de notre existence.

    Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et de notre désintéressement.

    Depuis cinq mois, le Gouvernement, qui a comme tronc la Gauche et comme noyau les forces anti-mémorandum, livre un combat inégal dans des conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.

    Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.

    Une dette qui n’a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines et des taux d’intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et des compagnies étrangères.

    Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a transformée frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.

    Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créée et gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le cadre d’un totalitarisme économique.

    Au mépris de la morale et du droit, l’Allemagne n’a pas acquitté jusqu’à aujourd’hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l’histoire reconnaît l’attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique grecque et représentent un montant de 340 milliards d’euros selon les calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque a été chiffrée à 325 milliards d’euros. L’Allemagne a bénéficié du plus grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu’elle se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c’est cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d’entreprises coupables d’actes de corruption avec les précédents gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a protégés en les soustrayant à la justice grecque.

    Pourtant, l’Allemagne se comporte comme si l’Histoire et le peuple grec avaient des dettes envers elle, comme si elle voulait prendre sa revanche historique pour ses atrocités, en appliquant et en imposant une politique qui constitue un crime non seulement envers le peuple grec, mais aussi un crime contre l’humanité, au sens pénal du terme car il s’agit ici d’une agression systématique et de grande envergure contre une population avec l’objectif bien prémédité de produire sa destruction partielle ou totale.

    Et malheureusement, alors qu’ils devraient se montrer à la hauteur de leurs responsabilités et du moment historique, des gouvernements et des institutions se rendent complices de cette agression.

    Mesdames et messieurs, chers collègues,

    Soumettre le peuple et le gouvernement à des conditions d’asphyxie et à la menace d’une violente faillite, par la création artificielle et préméditée des conditions d’une catastrophe humanitaire, constitue une violation directe de toutes les conventions internationales qui protègent les droits de l’Homme, de la Charte de l’ONU, des Conventions européennes, mais aussi des Statuts mêmes de la Cour pénale internationale.

    Le chantage n’est pas une fatalité. Et la création et la mise en place de conditions dont le but est de supprimer le libre arbitre, ne permet à personne de parler de liberté de « choix ».

    Les créanciers font du chantage sur le gouvernement. Ils agissent frauduleusement alors qu’ils savaient depuis 2010 que la dette n’était pas soutenable. Ils agissent consciemment, puisqu’ils reconnaissent dans leurs déclarations la nécessité de l’octroi d’une aide humanitaire à la Grèce. Une aide humanitaire pour quelle raison ? Pour une catastrophe naturelle imprévue et inattendue ? Un séisme imprévu, une inondation, un incendie ?

    Non. Une aide humanitaire qui est la conséquence de leur choix conscient et calculé de priver le peuple de ses moyens de subsistance, en fermant le robinet des liquidités, en représailles à la décision démocratique du Gouvernement et du Parlement d’organiser un référendum et donner la parole au peuple pour qu’il décide lui-même de son avenir.

    Le peuple grec a honoré le Gouvernement qui lui a fait confiance ainsi que le Parlement qui lui a donné le droit de prendre sa vie et son destin entre ses mains. Il a dit un NON courageux et fier,

    NON aux chantages,

    NON aux ultimatums,

    NON aux memoranda de l’assujettissement,

    NON au paiement d’une dette qu’il n’a pas créée et dont il n’est pas responsable,

    NON à des nouvelles mesures de misère et de soumission.

    Ce NON, les créanciers persistent obstinément à vouloir le transformer en OUI, avec la complicité perfide de ceux qui sont responsables de ces memoranda et qui en ont tiré profit, ceux qui ont créé la dette.

    Ce NON du peuple nous dépasse toutes et tous et nous oblige à défendre son droit à lutter pour sa vie, lutter pour ne pas vivre une vie à moitié ou une vie servile, pour être fier de tout ce qu’il va laisser à ses successeurs et à l’humanité.

    Le Gouvernement est aujourd’hui objet d’un chantage afin de lui faire accepter tout ce qu’il ne veut pas, qui n’émane pas de lui et qu’il combat. Le Premier Ministre a parlé avec sincérité, courage, franchise et désintéressement. Il est le plus jeune Premier Ministre et il est aussi celui qui a lutté comme aucun de ses prédécesseurs pour les droits démocratiques et sociaux du peuple et des nouvelles générations, qui a représenté et représente notre génération et lui donne espoir. Je l’honore et je continuerai toujours de l’honorer pour son attitude et ses choix. Et en même temps, je considère de ma responsabilité institutionnelle, en tant que Présidente du Parlement, de ne pas fermer les yeux et feindre ne pas comprendre le chantage. Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord et je crois que la même chose vaut et vaudra pour le Premier Ministre, qui est aujourd’hui l’objet d’un chantage utilisant l’arme de la survie de ce peuple. Je crois que la même chose vaut pour le Gouvernement et les groupes parlementaires qui le soutiennent.

    Ma responsabilité envers l’histoire dans cette institution, je l’assume en répondant « présente » au débat et au vote d’aujourd’hui. Je considère ainsi que je suis plus utile au peuple, au Gouvernement et au Premier Ministre, aux générations futures et aux sociétés européennes, en exposant au grand jour les véritables conditions dans lesquelles le parlement est appelé à prendre des décisions et en refusant le chantage, au nom de l’alinéa 4 de l’article 120 de la Constitution.

    Le peuple grec est le deuxième à subir une telle agression à l’intérieur de la zone euro. Il a été précédé par Chypre en mars 2013.

    La tentative d’imposer des mesures que le peuple a rejetées par référendum, en utilisant le chantage de la fermeture des banques et la menace de la faillite, constitue une violation brutale de la Constitution et qui prive le Parlement des pouvoirs que lui attribue cette même Constitution.

    Chacun et chacune a le droit et a le devoir de résister. Aucune résistance dans l’histoire n’a été facile. Cependant, nous avons demandé le vote et la confiance du peuple pour affronter les difficultés et c’est face à ces difficultés que nous devons maintenant réussir. Et sans avoir peur.

    Traduction : Yorgos Mitralias relue par Patrick Saurin.

    Source : http://cadtm.org/Jamais-je-ne-pourrai-voter-et

  62. [Le bon angle d’analyse : un complot, une trahison, plutôt qu’une erreur ou une fatalité]

    Le problème de la Grèce n’est pas seulement une tragédie. C’est un mensonge. (John Pilger)

    http://partage-le.com/2015/07/le-probleme-de-la-grece-nest-pas-seulement-une-tragedie-cest-un-mensonge-john-pilger/

    varou2

    9ae3deca6381c2a9e1ecfec3d7b54303John Pilger est un journaliste de nationalité Australienne, né à Sydney le 9 Octobre 1939, parti vivre au Royaume-Uni depuis 1962. Il est aujourd’hui basé à Londres et travaille comme correspondant pour nombre de journaux, comme The Guardian ou le New Statesman.

    Il a reçu deux fois le prix de meilleur journaliste de l’année au Royaume-Uni (Britain’s Journalist of the Year Award). Ses documentaires, diffusés dans le monde entier, ont reçu de multiples récompenses au Royaume-Uni et dans d’autres pays.

    John Pilger est membre, à l’instar de Vandana Shiva et de Noam Chomsky, de l’IOPS (International Organization for a Participatory Society), une organisation internationale et non-gouvernementale créée (mais encore en phase de création) dans le but de soutenir l’activisme en faveur d’un monde meilleur, prônant des valeurs ou des principes comme l’auto-gestion, l’équité et la justice, la solidarité, l’anarchie et l’écologie.

    Article initialement publié le 13 Juillet 2015, en anglais, sur le site officiel de John Pilger, à cette adresse.


    Une trahison historique a consumé la Grèce. Ayant mis de côté le mandat de l’électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré le raz-de-marée du « Non » et a secrètement accepté un panel de mesures appauvrissantes, répressives, en échange d’un « renflouement » qui signifie un sinistre contrôle depuis l’étranger, et un avertissement pour le monde.

    Le premier ministre Alexis Tsipras a fait passer au Parlement une proposition de coupe d’au moins 13 milliards d’euros du Trésor public — 4 milliards d’euros de plus que la proposition « d’austérité » largement rejetée par la majorité de la population grecque dans un référendum, le 5 juillet.

    Ceci comprend apparemment une augmentation de 50 % du coût des soins médicaux pour les retraités, dont près de 40 % vivent dans la pauvreté ; d’importantes coupes dans les salaires du secteur public ; la privatisation complète d’établissements publics comme les aéroports et les ports ; une augmentation dans les taxes sur la valeur ajoutée de 23 % s’applique désormais pour les îles grecques, où les gens luttent pour gagner de quoi vivre. Et ce n’est pas terminé.

    « Le parti anti-austérité remporte une victoire éclatante », déclarait le Guardian dans sa Une du 25 janvier. « Radicaux de gauche », voilà comment le journal qualifiait Tsipras et ses camarades étonnamment éduqués. Ils portaient des chemises à cols ouverts, le ministre des finances roulait sur une moto et était décrit comme « une rock star de l’économie ». C’était une façade. Ils n’étaient radicaux en aucun point de cette étiquette clichée, et n’étaient pas non plus « anti-austérité ».

    Pendant six mois, Tsipras et le récemment écarté ministre des finances, Yanis Varoufakis, ont fait l’aller-retour entre Athènes et Bruxelles, Berlin et les autres centres du pouvoir monétaire européen. Au lieu de la justice sociale pour la Grèce, ils ont mis en place un nouvel endettement, un appauvrissement plus profond encore, qui ne fera que remplacer une pourriture systémique basée sur le vol des recettes fiscales par les super-riches Grecs — en accord avec les valeurs « néolibérales » européennes — et par des prêts bon marché, hautement profitables, émis par ceux qui veulent maintenant le scalp de la Grèce.

    La dette grecque, selon un audit du Parlement grec, « est illégale, illégitime et odieuse ». Proportionnellement, elle est équivalente à moins de 30 % de celle de l’Allemagne, son principal créancier. Elle est inférieure à la dette des banques européennes dont le « sauvetage » en 2007–2008 fut à peine controversé, et impuni.

    Pour un petit pays comme la Grèce, l’euro est une monnaie coloniale : une attache à une idéologie capitaliste tellement extrême que même le pape la qualifie « d’intolérable », et « d’excrément du diable ». L’euro est à la Grèce ce que le dollar est aux territoires éloignés du Pacifique, dont la pauvreté et la servilité sont garanties par leur dépendance.

    Dans leurs voyages aux cours des puissantes Bruxelles et Berlin, Tsipras et Varoufakis ne se sont présentés ni comme radicaux, ni comme « gauchistes », ni même comme d’honnêtes sociaux-démocrates, mais comme deux arrivistes suppliants, avec leurs demandes et leurs plaidoyers. Sans sous-estimer l’hostilité qu’ils affrontaient, il est juste de dire qu’ils n’ont fait preuve d’aucun courage politique. Plus d’une fois, le peuple grec a entendu parler de leurs « plans d’austérité secrets » dans des fuites, dans les médias : comme dans une lettre en date du 30 juin publiée dans le Financial Times, dans laquelle Tsipras promettait aux dirigeants de l’UE, à la banque centrale européenne et au FMI, d’accepter leurs demandes élémentaires les plus vicieuses — qu’il a maintenant acceptées.

    Lorsque l’électorat grec a voté « non », le 5 juillet, contre ce type même d’accord putride, Tsipras a déclaré « d’ici lundi le gouvernement grec sera à la table des négociations après le référendum, avec de meilleures conditions pour le peuple grec ». Les Grecs n’avaient pas voté pour de « meilleures conditions ». Ils avaient voté pour la justice et la souveraineté, comme ils l’avaient fait le 25 janvier.

    Au lendemain de l’élection de janvier, un gouvernement réellement démocratique et, oui, radical, aurait empêché le moindre euro de quitter le pays, aurait répudié la dette « illégale et odieuse » — comme l’a fait l’Argentine, avec succès — et aurait expédié un plan pour quitter l’écrasante Eurozone. Mais il n’y a pas eu de plan. Il n’y a eu qu’une volonté d’être « à la table » à la recherche de « meilleures conditions ».

    La véritable nature de Syriza a rarement été examinée, et expliquée. Pour les médias étrangers il ne s’agit que d’un parti « gauchiste », ou « d’extrême gauche », « intransigeant » — les termes trompeurs habituels. Certains des supporters internationaux de Syriza ont atteint, de temps à autre, des niveaux d’acclamations qui rappellent l’ascension de Barack Obama. Bien peu se sont demandés : qui sont ces radicaux ? En quoi croient-ils ?

    En 2013, Yanis Varoufakis avait écrit :

    « Devrions-nous nous réjouir de cette crise du capitalisme européen, comme d’une opportunité pour le remplacer par un meilleur système ? Ou devrions-nous nous en inquiéter au point de nous embarquer dans une campagne de stabilisation du capitalisme ? Pour moi, la réponse est claire. La crise européenne est bien moins susceptible de donner naissance à une meilleure alternative au capitalisme… je m’incline devant la critique selon laquelle j’ai fait campagne en me basant sur un agenda fondé sur la supposition que la gauche était, et demeure, entièrement vaincue… oui, j’aimerais mettre en avant un agenda radical. Mais, non, je ne suis pas prêt à commettre [l’erreur du parti travailliste britannique à la suite de la victoire de Thatcher]… Quel bien avons-nous accompli en Angleterre au début des années 1980 en faisant la promotion d’un agenda de changement socialiste, que la société britannique a dédaigné en tombant la tête la première dans le plan néolibéral de Thatcher ? Précisément aucun. À quoi bon appeler aujourd’hui à un démantèlement de l’Eurozone, de l’union européenne elle-même… ? »

    Varoufakis omet toute mention du parti social-démocrate qui a divisé le vote travailliste et a entraîné le Blairisme. En suggérant que les gens en Angleterre « ont dédaigné le changement socialiste » — alors qu’ils n’eurent aucune réelle opportunité de mettre en place un tel changement — il se fait l’écho de Tony Blair.

    Les leaders de Syriza sont des révolutionnaires d’un certain type — mais leur révolution est l’appropriation perverse et familière des mouvements sociaux-démocrates et parlementaires par des libéraux s’apprêtant à accepter la folie néolibérale et l’ingénierie sociale dont le vrai visage est celui de Wolfgang Schauble, ministre des finances allemand, et bandit impérialiste. Comme le parti travailliste d’Angleterre et ses équivalents parmi les anciens partis sociaux-démocrates comme le parti travailliste d’Australie, se décrivant toujours comme « libéraux », voire « de gauche », Syriza est le produit d’une classe moyenne instruite, opulente, hautement privilégiée, « éduquée dans le postmodernisme », comme l’écrit Alex Lantier.

    Pour eux, la classe est l’innommable, et encore moins la lutte prolongée, peu importe la réalité des vies de la plupart des êtres humains. Les personnalités de Syriza sont très soignées ; ils ne mènent pas la résistance à laquelle aspirent les gens ordinaires, comme l’électorat grec l’a si bravement démontré, mais visent de « meilleures conditions » pour le statu quo vénal qui enchaine et punit les pauvres. Une fois associé à la politique identitaire et ses distractions insidieuses, la conséquence n’est pas la résistance, mais l’asservissement. La vie politique « Mainstream » (grand public) en Angleterre illustre bien cela.

    Ceci n’est pas inévitable, ce n’est pas un fait accompli, si nous nous réveillons du long coma postmoderne et rejetons les mythes et les tromperies de ceux qui prétendent nous représenter, et si nous combattons.

    John Pilger


    Traduction: Nicolas Casaux

    Édition & Révision: Héléna Delaunay

    Source : http://partage-le.com/2015/07/le-probleme-de-la-grece-nest-pas-seulement-une-tragedie-cest-un-mensonge-john-pilger/

    • cette classe moyenne, bourgeoise et hyperprivilégiée transporte le même mépris envers les non-privilégiés que leurs ancêtres avant 68, sauf qu’eux ils se croient maintenant EN PLUS libres, individualistes, alors que cette classe n’a produit que d’égoistes , et de révolutionnaires de mes deux avec l’argent de papa dans le dos.

  63. SYRIZA est divisé sur la question de l’euro. Ce que j’essayais de suggérer, c’est que l’engagement fondamental de SYRIZA de rompre avec les politiques d’austérité et d’effacer la plus grande partie de cette dette odieuse et illégitime n’est pas compatible avec le maintien dans la zone euro actuelle. Et cela même si justement ce n’est pas le choix de SYRIZA, mais on voit bien que de l’autre côté la Banque Centrale Européenne n’est pas autre chose qu’une véritable machine de guerre contre tout gouvernement, qui comme celui de SYRIZA justement, tente d’ouvrir une brèche dans ce mur des politiques néo-libérales et que par conséquent l’euro n’est pas un instrument neutre ou une simple monnaie commune, c’est un projet politique qui vise à verrouiller les politiques néo-libérales. Donc, je ne pense pas, et c’est effectivement l’une des leçons que je tire de ces cinq mois de gouvernement SYRIZA, que la rupture avec l’austérité et avec le surendettement est compatible avec le maintien dans le cadre de l’euro.

  64. M’PEP:
    « Constat N°3 : Les positions de la Gauche et de l’extrême gauche française s’alignent sur Syriza, leurs militants doivent en tirer toutes les conséquences

    En France, le Front de gauche, PCF et PG confondus, s’est aligné sur le président de la République. Les différences avec le PS ne portent plus que sur des questions d’ordre rhétorique. Ainsi le Front de gauche n’a plus de raison d’être, il n’a plus qu’à disparaître formellement car il est déjà mort. Le masque de la gauche dite « radicale » (ou « gauche de gauche ») est tombé. Celle-ci se présentait jusqu’à présent comme le porte-drapeau de la lutte contre le néolibéralisme – les plus audacieux parlaient même d’anticapitalisme -, prétendait s’opposer à l’austérité, et militait pour « une autre Europe, plus sociale et démocratique ». La réalité apparaît en pleine lumière. Cette gauche a montré que son rôle était objectivement celui d’agent accompagnateur de l’oligarchie pour maintenir les nations dans l’euro et l’Union européenne, quitte à écraser les peuples et leur ôter leur souveraineté. Le lien est direct entre le NON français du 29 mai 2005 et le NON grec du 5 juillet 2015 : dans les deux cas la souveraineté du peuple a été pulvérisée. Et la gauche de gauche s’est adaptée, a renoncé à défendre les intérêts du peuple.

    Il est enfin temps que les militants qui ont compris ces enjeux quittent les organisations de la « gauche de gauche ». La stratégie de maintien dans l’euro, même au prix du sacrifice des peuples, vient d’être balayée. Ces militants vont-ils continuer à cautionner ces postures et persister dans l’illusion que là aussi, des transformations de l’intérieur seraient possibles ? D’autres formes d’organisations et de rassemblements doivent naître sur les décombres du Front de gauche, du PCF, du PG, d’Ensemble, du NPA… La sortie de l’euro et de l’Union européenne reste la condition nécessaire, même si elle n’est pas suffisante, pour mettre un terme aux politiques néolibérales. »
    http://www.m-pep.org/La-dictature-de-l-Union-europeenne-et-de-ses-complices-de-la-droite-a-la-gauche

  65. Leçons de la crise grecque sur l’Euro
    Par Jacques Sapir · 16 juillet 2015

    « Le drame que vit la Grèce nous aura au moins appris deux choses : le lien qui existe aujourd’hui entre l’Euro et l’austérité et l’attachement d’une partie de la gauche à l’Euro, un attachement qui la conduit, maintenant de plus en plus rapidement, à sa perte. La première de ces choses permet de comprendre pourquoi les autorités de la zone Euro se sont montrées à ce point inflexibles. Le second nous explique pourquoi Alexis Tsipras s’est laissé poser la tête sur le billot et n’a pas choisi de rompre quand il le pouvait, c’est à dire dans la nuit du 5 au 6 juillet, après la victoire du « Non » au référendum.

    L’Euro, c’est l’austérité »
    […]
    http://russeurope.hypotheses.org/4118

  66. Pour moi, quelques soient ses angoisses sur les conséquences d’un grexit, ce qui est absolument et définitivement impardonnable de la part de Tsipras, c’est son non respect du résultat du référendum qui constitue une haute trahison envers le peuple grec. Il se prétend de « gauche radicale », ce monsieur s’est avéré être un représentant de la gauche prostituée. Honte à lui.

    • Totalement d’accord avec vous!
      La souveraineté c’est la démocratie c’est le peuple!
      Il ne peut en être autrement car dès qu’on y touche on enlève aux peuples le droit fondamental de décider de ce qui les concerne en le délégant a des personnes (élus ou autres) qui ne seront pas impactés par leur décisions car hors sol.
      A chaque instant et dans chaque lieu toute décision doit être prise par les personnes concernés et impactés par elle!

  67. Ping : Grèce - martinevallet | Pearltrees

  68. M’PEP : Étude sur la reddition du gouvernement et du parlement grecs et sur la manière élégante de sortir de l’euro
    http://www.m-pep.org/Etude-sur-la-reddition-du-gouvernement-et-du-parlement-grecs-et-sur-la-maniere

  69. la démocratie aux ordures

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/20/la-democratie-aux-ordures/

    endetter et punir : à propos de la déclaration finale du Sommet de la zone euro sur la Grèce

    (à Zoe Mavroudi et Zoe Konstantopoulou)

    1

    Volonté manifeste de briser l’expression du suffrage universel ; peuples tournés les uns contre les autres ; prise en otage des classes populaires (travailleurs précaires, immigrés, chômeurs, salariés, petits épargnants, retraités) par la mise en place d’un blocus financier destiné à forcer la main d’un gouvernement élu ; chantage à la sortie désordonnée de l’euro, précipitant la signature d’un accord odieux ; mise sous tutelle des pouvoirs législatif et exécutif ; appropriation des ressources d’un pays ― tout ceci dans le cadre d’une Union à laquelle chaque État est censé appartenir de plein droit : rarement les institutions issues du processus d’intégration européenne amorcé après-guerre auront montré visage plus repoussant que lors du dernier tour de négociations entre la Grèce et ses créanciers. Jamais non plus les dirigeants européens n’avaient été contraints de pousser à leur dernière extrémité les conséquences des politiques économiques inscrites dans les traités de l’union monétaire : si les dirigeants de l’eurozone ont fini par se dévoiler, il importe de le souligner, c’est qu’ils y ont été acculés et que la capacité de résistance du gouvernement grec, démontrée par six mois de négociations, a finalement contraint l’Europe à jeter aux ordures son masque démocratique.

    Mais le fait est que cette capacité de résistance a été balayée. Après avoir échoué à renverser ce gouvernement puis à retourner l’opinion publique hellénique contre ses représentants, les responsables européens sont en définitive parvenus à faire rendre gorge à Alexis Tsipras, qui n’apparaîtra plus sans doute, pour autant qu’il parvienne à se maintenir au pouvoir, que comme la marionnette des créanciers ― une marionnette tragique, une marionnette à laquelle on a mis le couteau sous la gorge, mais une marionnette, cependant, que l’on exhibe au regard des passants comme si seul un cérémonial à la fois grotesque et sinistre pouvait laver l’affront et punir l’acte de désobéissance que constituent les élections du 25 janvier et le référendum du 5 juillet. Cette marionnette qui dit le contraire de ce qu’elle pense et fait le contraire de ce en quoi elle croit est là pour renvoyer aux Grecs, comme en miroir, une image d’eux-mêmes humiliante et bouffonne et pour leur signifier que leur représentant n’est qu’un homme de paille ; que « l’homme endetté », selon l’expression de Maurizio Lazzarato [1], est par nature indigne : indigne de porter une parole politique ; indigne de voter vraiment, puisque son vote ne saurait être pris au sérieux ; indigne de négocier, d’être traité d’égal à égal, indigne de la confiance de ses « pairs » ou de ses « partenaires » ; tout juste bon à tendre la main (c’est le « volet humanitaire » auquel Martin Schulz, Jean-Claude Juncker et autres bonnes âmes « réfléchissent » depuis quelques semaines déjà).

    La crise de la dette publique et la réponse apportée par les institutions aux exigences du peuple grec aura donc fait émerger la figure du « peuple mendiant », perdu de dettes, défini par sa dette, résumé à sa dette ; plus profondément, le revirement sinistre auquel a abouti la négociation du 13 juillet constitue une négation très claire du discours politique lui-même.

    «Was für ein schlechtes Theater! » s’est exclamée Sarah Wagenknecht, représentante de Die Linke, devant le Parlement allemand : « Quelle mauvaise pièce, quel spectacle sordide! »

    Le plus grave est peut-être que les dirigeants allemands et français aient pu se livrer à cette parodie de négociation en pensant pouvoir se fonder sur leurs opinions publiques.

    Mais il est vrai aussi que, si les opinions française et allemande ont pu s’amuser un temps des caricatures que leur présentaient les éditorialistes de la presse dite « de référence » comme de la presse « populaire (Grecs aussi corrompus, lascifs et paresseux que les Juifs de la propagande antisémite de toujours sont avares et usuriers), personne, aujourd’hui, ne rit plus ; il n’est pas sûr qu’Arnaud Leparmentier réitèrerait aujourd’hui cette imitation de l’accent grec à laquelle il s’était livré, il y a quelques mois, sur les ondes de France-Culture.

    2

    Dans un paysage économique ruiné par six années de récession, le gouvernement grec s’apprête à légiférer sur une hausse de la TVA (de 13% à 23%) qui affectera les préparations alimentaires pour enfants, le pain, les pâtes alimentaires, l’eau en bouteille, le courant électrique et le gaz naturel, le sucre, le cacao, la farine, les féculents, le lait, les fleurs, le café, le thé, les épices, les œufs, le vinaigre, les aliments pour animaux, les produits d’élevage, le sel et l’eau de mer, toutes les huiles, hors l’huile d’olive, les préparations à base de céréales, le bois de chauffage, les engrais, les insecticides, les préservatifs, les tampons hygiéniques, les produits pharmaceutiques, les cathéters, les seringues, les appareils orthopédiques, certains accessoires destinés aux personnes handicapées, les tickets de métro et de bus.

    Il ne s’agit pas de « mesures ».

    Comme le remarque la réalisatrice et auteur de théâtre Zoe Mavroudi, qui a justement épinglé le caractère surréaliste de cette liste : « Lorsque les êtres humains n’ont plus la possibilité de subvenir économiquement à leurs besoins, ils meurent. Ce mercredi, ce ne sont pas des “mesures“ qui seront signées mais des condamnations à mort. »

    La mise sous séquestre de la quasi-totalité des biens de l’État grec (îles, portions du littoral, aéroports, chemins de fer, installations portuaires) ne constitue pas une « réforme ». Le délitement planifié des services publics, la tiers-mondisation de l’économie locale et la disparition rapide à laquelle ce programme condamne un très grand nombre de petites et moyennes entreprises, qui forment encore le tissu de l’économie et de la société grecques, ne répondent à aucun « objectif de modernisation » mais à celui d’une redistribution sauvage. Le placement sous tutelle du gouvernement et de l’Assemblée nationale par les « Institutions », auxquelles devra être soumis tout « projet de loi d’importance » (sans autre précision), ne peut être interprété que comme l’instauration d’un régime d’exception permanent au sein même de l’Union : une zone d’administration mixte, où les principes formels ailleurs en vigueur seront comme suspendus. L’austérité sévère imposée à la société et à l’économie grecques agit comme ces incendies de forêt d’origine criminelle dont la Grèce est familière et qui ont permis à de nombreux entrepreneurs, au cours des décennies précédentes, et au prix de quelques arrangements avec les députés, de construire et d’investir sur des terrains qui étaient jusqu’alors protégés par la législation sur les zones forestières et déclarés inconstructibles. Cette stratégie de la terre brûlée ou de la table rase permet de remodeler un paysage plus propice aux intérêts des multinationales, de transférer les biens publics entre les mains des investisseurs privés, de briser toute codification des relations de travail et de disposer d’une réserve de main-d’œuvre qualifiée et massivement précarisée: l’aggravation de la situation économique et sociale générée par ce plan contraindra un nombre croissant de jeunes à partir pour l’Allemagne, la Suède, la Hollande, la France, la Suisse ou, s’ils demeurent au pays, à travailler pour des salaires de misère, à des postes sans rapport avec leurs qualifications ; la figure du mendiant devient celle même du travailleur, intellectuel ou manuel, diplômé ou non.

    3

    Comment le stéréotype du Grec fainéant, corrompu, bon viveur et fraudeur a-t-il pu s’imposer avec une telle facilité et fausser radicalement les termes mêmes du débat sur la crise?

    Un grand nombre de Français, d’Allemands ou de Hollandais n’ont rencontré de Grecs que dans le cadre de leurs vacances d’été. Qu’on le veuille ou pas, les Grecs sont d’abord à leurs yeux des prestataires de services touristiques, des hôteliers (souriants ou pas), des restaurateurs (aimables ou non), des figures pittoresques (voir les innombrables spots sur la Grèce et ses habitants qui nourrissent depuis des décennies ― en les appauvrissant ― les représentations mentales). Il n’est donc pas étonnant que la condescendance ou le mépris se doublent souvent de témoignages de sympathie (ou l’inverse).

    Le tourisme contemporain n’est pas fondé sur la découverte de l’autre mais sur la réduction de sa culture à un bien de consommation immédiat, à un certain nombre de clichés liés aux attentes spécifiques du visiteur occidental (divertissement, distraction, vie facile, farniente, musique, danse, cuisine, boisson, etc.) ; le Grec qui apparaît à travers les discours sur la crise semble ainsi sortir tout droit d’une campagne publicitaire incitant les salariés et retraités de l’Europe pluvieuse à visiter la Crète ou le Péloponnèse. La « colonie de la dette » est une colonie de vacances.

    4

    Avant d’être des « destinations touristiques » et des « pays du soleil », les pays de l’Europe du Sud (Italie, Grèce, Espagne, Portugal) ont été des terres d’émigration : Yannis, qui a ouvert la taverne sur la plage de Kardiani, a travaillé trente ans, en Allemagne, dans l’industrie automobile ; …, qui dirige sur ses vieux jours une petite pension de Lisbonne, a passé l’essentiel de sa vie comme femme de ménage à Paris. Au stéréotype du Grec bon viveur s’ajoute sans doute, particulièrement en Allemagne, le préjugé à l’égard du Grec des années 60 venu « demander du travail » [2].

    Dans tous les cas, c’est toujours de l’autre (de sa culture, de sa différence, de ses goûts, de ses habitudes, de son mode de vie) qu’il est question ; cette singularité est réduite à une figure sympathique et servile. Par temps de crise, la figure du Grec bon viveur (hospitalier, toujours prêt à rendre service) cède à la place à celle du Grec corrompu et paresseux ; dans certains cas, comme dans celui des caricatures de Jos Collignon publiées par le journal hollandais « De Volkskrant », la caricature devient infâme.

    5

    Dans le contexte de la crise grecque, cette image de l’autre a évidemment pour but d’occulter les vraies questions : nature de la dette et des taux d’intérêt, fonction de l’endettement dans le contexte de l’économie financiarisée, circonstances dans lesquelles les emprunts ont été imposés plutôt que contractés, responsabilités politiques et échec des politiques d’austérité, conséquences de ces politiques sur le système de santé, l’éducation, les politiques culturelles, la production, les conventions de travail, le logement, les relations sociales.

    6

    Cette réponse « culturelle » et néocoloniale n’est bien sûr pas la seule.

    À l’époque de la dérégulation sauvage du marché par le biais de la financiarisation à outrance, de l’irresponsabilité croissante des établissements bancaires, du crédit généralisé et de l’extension massive des produits dérivés, des CDO, des Swaps, des cocktails de titres, face à une réalité économique complexe, réputée incompréhensible, le discours dominant évoque la dette grecque comme s’il s’agissait d’un emprunt entre amis. Les formes contemporaines de l’endettement sont indûment ramenées à des formes plus anciennes, plus traditionnelles, plus lisibles ; le discours politique intervient à ce point comme un « discours de sens commun » : c’est ainsi que l’homme politique se fait diseur de proverbes. « Les bons comptes font les amis », « Il faut payer ses dettes » et « Un sou est un sou » : expressions d’un bon sens concret, presque paysan, dans le temps même où l’économie financière supplante l’économie réelle et menace de la détruire. La seule fonction discursive d’un François Hollande semble être dans ce contexte de ramener le chaos financier planétaire aux proportions rassurantes d’un dicton auvergnat, d’une pensée ronde. (Cette confusion entre les diverses acceptions du mot « dette » permet évidemment aussi de confondre « dette morale » et « dette monétaire »).

    7

    Le traitement réservé à la Grèce et le déni de démocratie opposé au gouvernement hellénique par les dirigeants politiques européens auront donc eu pour objectif essentiel de masquer les responsabilités propres que ces dirigeants portent, depuis plus de six ans, dans l’étranglement et le naufrage de l’économie grecque, mais aussi, plus fondamentalement, de dissimuler la carence structurelle du pouvoir politique face à un marché financier déconnecté de la sphère de la production, dominé par des intérêts privés hors de toute mesure et de toute rationalité. Le bouc émissaire grec que l’on s’apprête à chasser au désert, à l’extérieur de la zone, porte sur son dos tous les maux du capitalisme financier.

    Dimitris Alexakis, Athènes, lundi 20 juillet 2015

    ____________
    Notes :

    [1] La Fabrique de l’homme endetté, essai sur la condition néo-libérale. Voir notamment: http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6238 et http://laviemanifeste.com/archives/5497

    [2] Voir à ce propos la pièce de Rainer Werner Fassbinder, Katzelmacher (Le Bouc), rédigée en 1968.

    Source : https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/20/la-democratie-aux-ordures/

  70. Remarque : le livre « La fabrique de l’homme endetté »
    de Maurizio Lazzarato est absolument PASSIONNANT :
    http://laviemanifeste.com/archives/5497

  71. Olivier Delamarche : Tsipras, un politique « sans testicules et sans cerveau »
    http://www.agenceinfolibre.fr/olivier-delamarche-tsipras-un-politique-sans-testicules-et-sans-cerveau/
    Encore faut-il avoir la volonté de le faire…

  72. Lettre de Zoé Konstantopoulou : Le Parlement vote sous le chantage et la menace.
    http://cadtm.org/Lettre-de-Zoe-Konstantopoulou-Le

  73. Au 2ème volet du mémorendum, Varoufakis a voté OUI, alors qu’au 1er volet il avait voté non…A t’il lu au moins les plus de 900 pages de ce texte ?
    http://www.greekcrisis.fr/2015/07/Fr0451.html

  74. On parle déjà de recapitalisation des banques grecques pour au moins 25 milliards ! Mais ils ne pensent pas aller chercher sur les comptes d’épargne. C’est sûr, cela va relancer l’économie. Et les 1000 milliards de la BCE à quoi cela sert-il ? (Pas à relancer l’économie…)
    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021226313756-banques-grecques-noyer-pour-une-recapitalisation-des-la-mi-aout-1139581.php#xtor=RSS37

  75. Ping : Autres | Pearltrees

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *