Le syndrome Tolstoïevsky (Slobodan Despot)

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

Tolstoï-Evsky

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

*

L’Occident ressort la même guignolerie haineuse à chaque crise, depuis Ivan le Terrible à « Putler »-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crimée, le pauvre et tragique Nicolas II, et même l’URSS où tout succès était dit « soviétique » et tout échec dénigré comme « russe ».

Des nations serviles qui accordent aux Américains un crédit illimité de forfaiture et de brigandage « parce-qu’ils-nous-ont-libérés-en-45 » n’ont pas un mot, pas une pensée de gratitude pour la nation qui a le plus contribué à vaincre l’hydre national-socialiste… et qui en a payé le prix le plus lourd. Ses élus sont traités en importuns, son président caricaturé avec une haine obsessionnelle, la liberté de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d’affaires est suspendue au bon vouloir d’obscures commissions européennes dont les peuples qu’elles prétendent représenter ne connaissent pas le nom d’un seul membre, ni pourquoi il y siège plutôt qu’un autre larbin des multinationales.

Mais tout ceci n’est encore rien. C’est dans l’ordre des choses. L’Occident et la Russie ne font que jouer les prolongations, à l’infini, du conflit Rome-Byzance en l’étendant aux continents voisins voire à l’espace interplanétaire. La vraie guerre des civilisations, la seule, est là. Barbare comme le sac de Constantinople, apocalyptique comme sa chute, ancienne et sournoise comme les schismes théologiques masquant de perfides prises de pouvoir. Tapie dans les replis du temps, mais prête à bondir et à mordre comme un piège à loups. C’est le seul piège, du reste, que l’empire occidental n’ait pas posé tout seul et qu’il ne puisse donc désamorcer. (Étant entendu que la menace islamique n’est que le produit des manœuvres coloniales anglo-saxonnes, de la cupidité pétrolière et de l’action de services d’État occupés à cultiver des épouvantails pour effrayer leurs propres sujets, puis à les abattre pour les convaincre de leur propre puissance et de leur nécessité.)

La menace russe, elle, est d’une autre nature. Voici une civilisation quasi-jumelle, ancrée sur ses terres, consciente d’elle-même et totalement ouverte aux trois océans, à l’Arctique comme à l’Himalaya, aux forêts de Finlande comme aux steppes de Mongolie. Voici des souverains qui — depuis la bataille de Kazan remportée par ce même Ivan qui nous sert de Père Fouettard — portent le titre de Khans tatars en même temps que d’Empereurs chrétiens siégeant dans l’ultime Rome, la troisième, Moscou, qui fleurit au moment où Byzance gémissait sous l’Ottoman et le pape sous la verge de ses mignons. Voici une terre aux horizons infinis, mais dont les contours sont gravés dans l’histoire du monde, inviolables bien que diffus. Voici des gens, enfin, et surtout, aussi divers qu’on peut l’imaginer, mêlant au sein d’un même peuple le poil blond des Vikings aux yeux obliques et aux peaux tannées de l’Asie. Ils n’ont pas attendu le coup de départ du métissage obligé, les Russes, ils l’ont dans leur sang, si bien assimilé qu’ils n’y pensent plus. Les obsédés de la race au crâne rasé qu’on exhibe sur les chaînes anglo-saxonnes ont la même fonction que les coucous suisses : des articles pour touristes.

*

Cela ressemble tellement à l’Europe. Et c’en est tellement loin ! Tellement loin que les infatigables arpenteurs des mers — génois, anglais, néerlandais, espagnols —, qui connaissent l’odeur de la fève de tonka et la variété des bois de Sumatra, ne savent rien de la composition d’un borchtch. Ni même de la manière dont on prononce le nom de cette soupe. Ce n’est pas qu’ils ne pourraient pas l’apprendre. C’est qu’ils n’en ont pas envie. Pas plus qu’ils ne veulent connaître, vraiment, l’esprit, les coutumes et la mentalité des immigrants exotiques qu’ils accueillent désormais par millions et qu’ils laissent s’agglutiner en ghettos parce qu’ils ne savent comment leur parler.

J’ai dû, moi, petit Serbe, apprendre deux langues et deux alphabets pour entamer ma vie d’immigré. J’en ai appris d’autres pour mieux connaître le monde où je vis. Je m’étonne sincèrement de voir que mes compatriotes suisses ne savent pas, pour la plupart, les deux autres grandes langues de leur pays. Comment connaître autrui si vous ne savez rien de la langue qu’il parle ? C’est le minimum de la courtoisie. Et cette courtoisie, désormais, se réduit de plus en plus à des rudiments d’anglais d’aéroport.

De même font les Russes, dont l’éducation intègre la culture ouest-européenne en sus de la leur propre. Où voit-on la réciproque, à l’ouest du Dniepr ? Depuis Pierre le Grand, ils se considéraient européens à part entière. Les artistes de la Renaissance et les penseurs des Lumières sont les leurs. Leontiev, le père Serge Boulgakov, Répine, Bounine, Prokofiev et Chestov sont-ils pour autant les nôtres? Non, bien entendu. Parler français fut deux siècles durant la règle dans les bonnes maisons — et le reste encore parfois. Ils se sont intensément crus européens, mais l’Europe s’est acharnée à leur dissiper cette illusion. Quand les jeunes Russes vous chantent Brassens par cœur, vous leur répondez en évoquant « Tolstoïevsky ». L’Europe de Lisbonne à Vladivostok n’aura été réelle qu’à l’Est. A l’Ouest, elle ne fut jamais que la projection livresque de quelques visionnaires.

L’Europe de Lisbonne à Vladivostok ! Imagine-t-on la puissance, la continuité, le rayonnement, les ressources d’un tel ensemble ? Non. On préfère definitely se mirer dans l’Atlantique. Un monde vieillissant et ses propres outlaws mal dégrossis s’étreignant désespérément par-dessus la mer vide et refusant de voir dans le monde extérieur autre chose qu’un miroir ou un butin. Leur derniers échanges chaleureux avec la Russie remontent à Gorbatchev. Normal : le cocu zélé avait entrepris de démonter son empire sans autre contrepartie qu’une paire de santiags au ranch de Reagan. Vingt ans plus tard, les soudards de l’OTAN occupaient toutes les terres, de Vienne à Lviv, qu’ils avaient juré de ne jamais toucher ! Au plus fort de la Gorbymania, Alexandre Zinoviev lançait son axiome que tous les Russes devraient apprendre au berceau : « Ils n’aimeront le tsar que tant qu’il détruira la Russie ! »

*

« Ah, vous les Slaves ! » — ouïs-je souvent dire — « Quel don pour les langues ! » Je me suis longtemps rengorgé, prenant le compliment pour argent comptant. Puis, ayant voyagé, j’ai fini par comprendre. Ce n’est pas « nous les Slaves » qui avons de l’aisance pour les langues : c’est vous, les « Européens » qui n’en avez pas. Qui n’en avez pas besoin, estimant depuis des siècles que votre package linguistique (anglais, français, allemand, espagnol) gouverne le monde. Pourquoi s’escrimer à parler bantou ? Votre langue, étendard de votre civilisation, vous suffit amplement, puisqu’au-delà de votre civilisation, c’est le limes (comme au temps de César), et qu’au-delà du limes, mon Dieu… Ce sont les terres des Scythes, des Sarmates, des Marcheurs Blancs, bref de la barbarie. Voire, carrément, le bord du monde où les navires dévalent dans l’abîme infini.

Voilà pourquoi le russe, pour vous, c’est du chinois. Et le chinois de l’arabe, et l’arabe de l’ennemi. Vous n’avez plus même, dans votre nombrilisme, les outils cognitifs pour saisir ce que les autres — qui soudain commencent à compter — pensent et disent, réellement, de vous. Ah ! Frémiriez-vous, si vous pigiez l’arabe des prédicateurs de banlieue ! Ah ! Railleriez-vous si vous entraviez des miettes de ce que les serveurs chinois du XIIIe dégoisent sur vous. Ah ! Ririez-vous s’il vous était donné de saisir la finesse de l’humour noir des Russes, plutôt que de vous persuader à chacun de leurs haussements de sourcil que leurs chenilles sont au bord de votre gazon.

Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. Même vos vaudevilles présidentiels sont désormais commentés avec des mines de fesse-mathieu. Vous êtes graves comme des chats qui caquent dans votre quiétude de couvre-feu, alors qu’eux, là-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur métro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d’obus.

Tout ceci n’est rien, disais-je, parlant du malentendu historique qui nous oppose. La partie grave, elle arrive maintenant. Vous ne leur en voulez pas pour trois bouts d’Ukraine dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Vous leur en voulez d’être ce qu’ils sont, et de ne pas en démordre ! Vous leur en voulez de leur respect de la tradition, de la famille, des icônes et de l’héroïsme — bref, de toutes les valeurs qu’on vous a dressés à vomir. Vous leur en voulez de ne pas organiser pour l’amour de l’Autre la haine du Soi. Vous les enviez d’avoir résolu le dilemme qui vous mine et qui vous transforme en hypocrites congénitaux : Jusqu’à quand défendrons-nous des couleurs qui ne sont pas les nôtres ?

Vous leur en voulez de tout ce que vous avez manqué d’être !

Ce qui impressionne le plus, c’est la quantité d’ignorance et de bêtise qu’il vous faut déployer désormais pour entretenir votre guignolerie du ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation. Car tout la dément : et les excellentes relations de la Russie avec les nations qui comptent et se tiennent debout (BRICS), et le dynamisme réel de ce peuple, et l’habileté de ses stratèges, et la culture générale du premier Russe venu, par opposition à l’inculture spécialisée du « chercheur » universitaire parisien qui prétend nous expliquer son obscurantisme et son arriération. C’est que ce ramassis de brutes croit encore à l’instruction et au savoir quand l’école européenne produit de l’ignorance socialisée ; croit encore en ses institutions quand celles de l’UE prêtent à rire ; croit encore en son destin quand les vieilles nations d’Europe confient le leur au cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street.

Du coup, la propagande a tout envahi, jusqu’à l’air qu’on respire. Le gouvernement d’Obama prend des sanctions contre le régime de Poutine : tout est dit ! D’un côté, Guantanamo, les assassinats par drones aux quatre coins du monde, la suspension des droits élémentaires et le permis de tuer sans procès ses propres citoyens — et, surtout, vingt-cinq ans de guerres coloniales calamiteuses, sales et ratées qui ont fait du Moyen-Orient, de la Bosnie à Kandahar, un enfer sur terre. De l’autre, une puissance qui essaie pas à pas de faire le ménage à ses propres frontières, celles justement dont on s’était engagé à ne jamais s’approcher. Votre gouvernement contre leur régime

Savez-vous de quoi vous vous privez en vous coupant ainsi, deux fois par siècle, de la Russie ? Du refuge ultime des vos dissidents, en premier lieu du témoin capital Snowden. Des sources d’une part considérable de votre science, de votre art, de votre musique, et même, ces jours-ci, du dernier transporteur capable d’emmener vos gens dans l’espace. Mais qu’importe, puisque vous avez soumis votre science, votre art, votre musique et votre quête spatiale à la loi suicidaire du rendement et de la spéculation. Et qu’être traqués et épiés à chaque pas, comme Snowden vous l’a prouvé, ne vous dérange au fond pas plus que ça. A quoi bon implanter une puce GPS à des chiens déjà solidement tenus en laisse ? Quant à la dissidence… Elle n’est bonne que pour saper la Russie. Tout est bon pour saper la Russie. Y compris les nazis enragés de Kiev que vous soutenez sans gêne et n’hésitez pas à houspiller contre leurs propres concitoyens. Quelle que soit l’issue, cela fera toujours quelques milliers de Slaves en moins…

Que vous a-t-il donc fait, ce pays, pour que vous en arriviez à pousser contre lui les forces les plus sanguinaires enfantées par la malice humaine : les nazis et les djihadistes ? Comment pouvez-vous songer à contourner un peuple étendu sur onze fuseaux horaires ? En l’exterminant ou en le réduisant en esclavage ? (Il est vrai que « toutes les options sont sur la table », comme on dit à l’OTAN.) Destituer de l’extérieur un chef d’État plus populaire que tous vos polichinelles réunis ? Êtes-vous déments ? Ou la Terre est-elle trop petite, à vos yeux, pour que l’« Occident » puisse y cohabiter avec un État russe ?

C’est peut-être cela, tout compte fait. La Russie est l’avant-poste, aujourd’hui, d’un monde nouveau, de la première décolonisation véritable. Celle des idées, des échanges, des monnaies, des mentalités. A moins que vous, atlantistes et eurocrates, ne parveniez à entraîner la nappe dans votre chute en provoquant une guerre atomique, le banquet de demain sera multipolaire. Vous n’y aurez que la place qui vous revient. Ce sera une première dans votre histoire : mieux vaut vous y préparer.

Slobodan Despot.


• Quelques lectures appropriées :

Jürgen Elsässer : Comment le djihad est arrivé en Europe

A.S. Khomiakov : L’Église latine et le Protestantisme au point de vue de l’Église d’Orient

Naomi Klein : La stratégie du choc

Konstantin Leontiev : L’Européen moyen, idéal et outil de la destruction universelle

C.S. Lewis : L’Abolition de l’Homme

Carroll Quigley : Tragedy and Hope

Steven Runciman : La chute de Constantinople

Eric Werner : De l’extermination, L’avant-guerre civile

Alexandre Zinoviev : La Grande Rupture, L’Occidentisme

Source : http://blog.despot.ch/le-syndrome-tolstoievsky


Le lien vers la conversation Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10153154336942317

207 réponses à “Le syndrome Tolstoïevsky (Slobodan Despot)

  1. Merveilleux article !… je me rappelle les années 80 où jeune adolescent, jeune con et conscience endormie à bien des choses encore, qui plus est puceau, pour moi l’URSS c’était le communisme, le goulag, un champ restreint de libertés ou comme un avant-goût de totalitarisme, bien que je ne sois par certain de connaître alors le terme… ce n’est que bien plus tard, en 2001 très précisément que quelqu’un me parla autrement de la Russie et que je vis différemment les choses, et que je découvris de façon plus anecdotique un certain Andrei TARKOVSKI…

    • Je me permet de resituer l’auteur de ce texte :
      http://www.letemps.ch/Page/Uuid/eb33784a-0e8a-11e3-a264-8b3a0453e662/Slobodan_Despot_au_service_dOskar_Freysinger

      Slobodan Despot, est le chargé de communication d’Oskar Freysinger.
      Oskar Freysinger, est le chef de l’UDC, parti d’extrême droite suisse, qui s’est illustré notamment par ses positions anti immigration et nationalistes, avec notamment plusieurs initiatives, dont la fameuse initiative sur les minarets.

      • Comme quoi il n’y a pas que des cons dans ce « camp »-là.

        Mais feeeeerme ta gueule, 110.

        Pour la énième fois, 110 es ici un officiel infiltré. Son parti lui a interdit de causer au fasciste masqué Chouard, mais il se permet de le faire, sans même lâcher ton drapeau. C’est donc que, de fait, le PG autorise l’entrisme (pour un parti dirigé par des trotskards, c’est la base).

        Caaaaasse-toi, 110.

        J’adore la méthode trotskyste : combiner en coulisses pas discrètement, s’inscrire dans le système et ses coulisses (*), au besoin les infiltrer sans scrupule, tout en les dénonçant toute la saint journée ; te vendre de la merde antisociale sous couvert de moraline — entendez : défendre chacune des nouvelles causes idéalistes qui viennent curieusement d’être médiatisées et institutionnalisées mais qu’on présente comme étant carrément marginales, résistantes, pour mieux cacher qu’on ne fait rien sur l’essentiel, casser les grèves sous couvert de les encourager, par provocations, exigences démesurées, en semant toutes sortes de graines de division assurée, défendre l’empire et le capitalisme en faisant semblant de le combattre, stratégie pour laquelle il suffit simplement d’exiger le beurre et l’argent du beurre (exemple : changer l’UE, un euro social, etc), … et au final démontrer à quiconque a un peu de bon sens et de dignité, que la gauche c’est de la merde sur toute la ligne, et pousser ainsi tous les gens vers le front national… pour mieux faire gagner la seule gauche qui soit, c’est-à-dire le libéralisme, la banque et l’empire, face aux faux représentant de la droite réactionnaire -- modérée, … ceci tout en hurlant contre le front national (et en envoyant ses molosses se fritter avec les siens), … et au final maintenir ou ramener chaque fois tout le monde dans le giron capitaliste à la faveur du buzz-enfumage du moment, pour maintenir le couvercle de la cocotte minute sur le long terme, afin de conduire la société et le nations vers le chaos, le désespoir, la perte de repère intégrale, le dégoût de soi, la peur, … et l’aliénation totale, après quoi il sera démontré enfin à tout le monde que le capitalisme c’est l’aliénation, dans un contexte où sera prétendument levé le fameux problème dit du socialisme dans seul État. Du grand art, mais comme ça fait des décennies que ça dure, il n’y a qu’à se baisser pour le constater, et apprendre de ses erreurs. Et à apprendre qu’il n’y a pas non plus à perdre son temps avec les éternels ados débiles genre 110, qui se font un honneur de ne jamais rien apprendre qui fassent mal à leurs petites certitudes ; eux, faut les virer sans ménagement.

        (*) http://lelab.europe1.fr/Quand-Francois-Hollande-s-invite-au-pot-de-depart-d-une-journaliste-de-l-AFP-et-tombe-sur-Jean-Luc-Melenchon-13841

        Qu’est-ce que tu fous encore là, 110 : Étienne t’as même viré, il te faut quoi, petite salope infiltrée ? Tu manques à ce point d’honneur ?

      • Merci Sandy, c’est toujours bon de rappeler le contexte… Et puis ça a déclenché l’hystérie de l’autre réceptacle : dès qu’il lit un argument qui lui plait pas, le démon de l’insulte prend possession de son clavier, il devrait prendre un thé.

    • Et toujours con

      • Etienne, je ne supporte plus de vous voir dériver ainsi.
        Si vous ne voulez plus souffrir du rejet des gens, je vous donne ce conseil, d’un ami à un ami.
        Il vous faut rompre avec l’extrême droite, vous débarrasser de l’influence de ses militants. Ce sont des gens mauvais, haineux, qui mentent sans arrêt et qui vous manipulent.
        Ils n’ont rien d’intéressant à dire sur aucun sujet que d’autres qui ne partagent pas leurs autres idées ne disent déjà, tout ce qu’ils disent d’original est toujours faux, car toujours biaisé par leurs obsessions, leurs peurs, leur haine.

        Et vous avez pris des habitudes c’est dur, et je sais qu’en vous critiquant je risque surtout de vous braquer, mais je vous en conjure, pour votre bien, parce que vous avez aussi une responsabilité auprès des gens qui vous écoutent, changez de méthode, arrêtez de relayer les vidéos ou les textes de n’importe qui sans vérifier au préalable d’où la personne parle.
        Cela ne vous aide en rien, cela vous enfonce, cela dessert les bonnes causes, que par ailleurs vous pouvez encore défendre et entraine de la confusion, que vous propagez chez les gens qui vous écoutent et que vous influencez.
        Je ne suis pas idiot, je sais bien que c’est trop vous demander. Mais je sais que si on ne pose pas les graines, les idées ne pourront jamais germer.

        Enfin, et c’est quelque chose que vous auriez du faire depuis longtemps, il vous faut impérativement organiser un mouvement, définir clairement ce que collectivement vous voulez défendre, le définir officiellement et l’écrire noir sur blanc, car votre mouvement informel se retrouve non seulement centré sur vous et sur votre personnalité, ce qui tourne franchement à la secte… Mais en plus on ne sait plus ce que vous défendez réellement et cela entraine encore plus de confusion.

        Ce que vous faites là maintenant, si vous continuez dans ce sens, cela ne finira qu’au clash avec la gauche comme avec l’histoire du M6R. Et ni la gauche ni vous n’y gagnerez quoi que ce soit, c’est exactement ce qu’ils veulent : nous monter les uns contre les autres et pourrir nos initiatives pour changer les choses.

        Bonne continuation, en espérant ( et oui c’est maladif l’espoir chez les gens comme moi ) une salutaire réaction.

        • Ah le/la Sandy,

          « Etienne, je ne supporte plus de vous voir dériver ainsi.
          Si vous ne voulez plus souffrir du rejet des gens, je vous donne ce conseil, d’un ami à un ami. »

          ah, que savez-vous d’amitié? Que savez vous de ce que les gens doivent vraiment supporter? Où voyez-vous du rejet sinon de votre part (ce qui est normal, vu votre manque d’esprit)? Vous voulez donner des conseils? Avez-vous quelque chose à conseiller sinon de la morale petite-bourgoise jésuite gôôôôche soumis à votre maître?

          Vous n’êtes qu’un soldat.

          • Ce n’est pas une question de droit c’est une question de choix, l’extrême droite ne peut rien apporter de bien, il faut au contraire les combattre. Les combattre ça peut entrainer de débattre avec eux, mais pas sur des sujets annexes à leur idéologie comme le tirage au sort, si on doit débattre avec eux c’est pour déconstruire leurs idées nauséabondes et montrer qu’elles sont fausses et que leur application serait néfaste.
            Sinon discuter avec eux c’est leur accorder du crédit, légitimer leur discours. Ce que fait malheureusement Etienne en relayant leurs écrits ou leurs vidéos, sans s’inquiéter de l’idéologie qui est défendue derrière, des buts politiques qui animent leur auteur, c’est simplement les aider dans leur propagande.
            Du coup toutes les bonnes idées qu’il peut défendre, elles sont associées à ces idées là et tous les mensonges qu’ils contiennent pour résoudre les contradictions de leur discours avec les faits viennent créer de la confusion dans l’esprit des gens.
            A force de prendre leur partie, de les défendre et de reprendre leur propagande, des groupes de militants d’extrême droite se sont agrégés au mouvement informel qui gravite autour d’Etienne. Et ces militants, comme ils l’ont fait partout où ils ont trouvé des espaces d’expression publique non modérés, en profitent pour diffuser leur propagande et imposer leurs vues par le flood, le harcèlement les insultes pour faire fuir les autres et en prendre le contrôle.
            Demandez-vous comment Etienne en arrive à tomber sur les écrits du porte parole du parti d’extrême droite suisse comme Despot ( il porte bien son nom ) ou encore sur les vidéos de Cousin qui travestit les écrits de Marx pour justifier des idées racistes ? Quelles sont ses sources d’informations ?
            Tout cela passe par les canaux des médias d’extrême droite, que l’on nomme la fachosphère, actuellement deux médias se distinguent dans cette propagande : Agence Info Libre et Meta TV, mais il y a évidemment les canaux habituels comme E&R, le cercle des volontaires, fdesouche.com ? Mais il y a aussi les réseaux sociaux, Etienne a dit plusieurs fois avoir repris des vidéos qu’on lui avait suggéré sur son espace facebook, et enfin il y a son blog. Alors est-ce qu’Etienne va directement se servir dans la fachosphère ou est-ce que ce sont bien ces militants qui par leur influence lui transmettent et lui font découvrir peu à peu toute la « dissidence » et la « kontre kulture » de l’extrême droite ? La manipulation consistant à se présenter comme des défenseurs du tirage au sort, alors qu’en propageant ces vidéos ce qu’ils défendent c’est le FN ou Alain Soral.

            Les postures d’Etienne (vouloir parler avec tout le monde, liberté d’expression, combattre les vrais dangers etc … ) ne servent qu’à se défendre contre toutes ces compromissions, qui s’accumulent et s’aggravent.

            Franchement vous-même, est-ce que vous voulez être associés définitivement à l’extrême droite ?
            Vous devez pourtant choisir, soit vous voulez défendre la démocratie et faire avancer les idées démocratiques, soit vous voulez défendre les idées de l’extrême droite et en faire partie, mais les deux choses sont parfaitement incompatibles, même s’ils soutiennent le contraire, ce sont des menteurs, comme Soral qui les yeux dans les yeux lui avait assuré qu’il n’était pas antisémite.

            J’ai récemment eu un échange par mail avec un militant qui se disait lui même gentil virus et assez proche d’Etienne pour avoir participé au moins à ma connaissance à plusieurs de ses manifestations.
            Après avoir bien frotté, le gars m’a sortit tout ce qu’il pensait de bien du régime nazi ….
            Voilà le genre de gars qui peut se cacher derrière un gentil virus.

            Ce n’est pas vrai on n’est pas obligé quand on défend la démocratie de se soumettre à la propagande d’extrême droite, on peut créer défendre ses idées de son côté, et les laisser défendre les leur de leur côté, il n’y a rien qui oblige à se mélanger, c’est un choix. Vous avez le droit et le choix de leur dire qu’ils sont indésirables et que vous ne voulez pas voir les idées de démocratie polluées par des histoires de complot juif ou franc maçon, leurs idées nationalistes, leur apologie de l’autoritaire via Poutine ou encore leur thèses sur l’immigration.
            Et cette clarté permet de mieux défendre des idées, tandis que la confusion les neutralise forcément. L’efficacité de votre combat en dépend.

          • C’est là que tu débloques Sandy : fdesouche d’extrême droite ok, mais les autres sites dont tu parles, je suis désolé, mais je les trouve bien moins fachos que le PS, et de loin, et là, j’inclus E&R (je les aime pas pourtant et c’est clair qu’ils colportent tout un tas d’âneries, mais quand j’entends Manuel Vals, je les trouve tout d’un coup nettement moins fachos, et le fait qu’ils aient cessé de racoler pour la blonde national sioniste islamophobe me les rend moins insupportables qu’à une époque)…

            Après, y’a des sites je trouve que tu exagères franchement, et surtout tu perds ton temps à essayer de faire chier de gens qui essaient de résister à leur façon, parfois en mélangeant un peut tout, parfois en disant des conneries, mais ça reste des peccadilles comparé à la brochettes de sales fils de putes menteurs, voleurs, hypocrites et assassins qui usurpent le label socialiste dans notre pays (et je ne parle même pas des escrocs sanguinaires sois disant gaullistes)…

            Tu es resté sur des schémas obsolètes, moi j’ai arrêté de regarder les étiquettes, je regarde les actes et je comptabilise le nombres de conneries débitées… Je vois très souvent des mecs dire des trucs super cons, super facho, sous des étiquettes soi-disant de gauche, j’hallucine même sur des pseudo anars qui parlent comme des chargés de com du Mossad…

            En ce moment, je suis désolé, mais c’est probablement ici, par l’auteur de ce blog et certains intervenants, que j’entends un discours qui correspond à ce que moi j’appelle la gauche.

          • Nlescan, je ne dirais rien de tout cela si je n’en étais pas certain à 100%.
            Le fait que vous n’ayez pas su identifier que Soral était un néo nazi antisémite prouve que ce n’est pas moi qui ait la boussole cassée.
            Il faut bien comprendre que l’extrême droite par bien des aspects a un discours qui peut rejoindre même ressembler à celui de la gauche, mais ce n’est pas la gauche.
            Par exemple, s’opposer / dire du mal de la finance peut sembler être une position de gauche, mais c’est vouloir redistribuer les richesses pour aller à l’encontre des inégalités qui est de gauche.
            L’extrême droite ne défendra jamais rien qui change l’ordre social, malgré tout ce qu’ils pourront dire de mal contre la finance ou les capitalistes, tout ce qu’ils veulent c’est être calife à la place du calife.
            Leur opposition est purement factice.
            Autre exemple ils prétendent défendre la souveraineté du peuple, mais tout ce qu’ils défendent c’est la souveraineté nationale, ils disent vouloir récupérer les pouvoirs pour le peuple, mais ils veulent simplement les récupérer pour eux même, c’est pour cela qu’ils ne défendent pas de constituante.
            Au niveau géopolitique, en tout cas en France, jamais la gauche ne tomberait dans le piège du « l’ennemi de mes ennemis sont mes amis ». La gauche fait des alliances et soutient les régimes politiques qui vont appliquer des politiques de gauche, s’attaquer à la pauvreté, aux inégalités, établir une démocratie etc … Jamais elle ne soutiendrait des chefs politiques autoritaires, expansionnistes et capitalistes comme Poutine.
            Il ne suffit pas qu’ils soient opposés au USA et à l’UE.

        • Je ne suis pas 100% d’accord avec ce que tu dis Sandy, dans le sens ou pour moi, chacun a le droit de dialoguer avec qui il veut et de prendre des idées intéressantes là où il veut. De plus je ne supporte plus le dogmatisme d’une certaine soi-disant gauche dans laquelle je ne me reconnais plus du tout…

          Par contre, là où je suis d’accord avec toi, c’est qu’on sent bien en traînant ici qu’il y a de plus en plus de fachos qui gravitent autour d’E.C., des gens qui étrangement ont des idées bien différentes de lui mais qui du coup ont l’air d’estimer que cet espace est leur territoire et qui harcèlent et insultent tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs « analyses ».

          Là-dessus, je partage ton inquiétude et quelque part, vu les caricatures qui traînent dans le coin, et même si je trouve que tu as une tendance au manichéisme (pas plus qu’eux après tout), je trouve ta présence salutaire au final.

        • Sandy

          Personne ne peut prétendre connaître la Vérité. Chacun interprète sa réalité qu’il perçoit avec ses yeux et ses oreilles en fonction du cadre qu’il s’est construit. C’est ainsi que pour une même bouteille (de vin si vous voulez), certains la voient à moitié pleine et d’autres à moitié vide. Les idées ne se transmettent pas par la force du coup du bâton, mais bel et bien la relation entre individus supérieurs et inférieurs.

          Si Cousin a sa propre idée sur Marx et que vous considérez Cousin de fasciste, c’est votre droit. Mais cela ne permet pas de démontrer que Marx est un fasciste. Les simplifications peuvent être dangereuses, car elles seront la base de vos futures réflexions ou constructions d’idées. Elles créeront les étiquettes que nous utilisons même inconsciemment.

          Ce qui importe le plus en tant qu’adulte, c’est que nous soyons outillés pour pouvoir faire la part des choses, que nous puissions prévoir les conséquences de l’application de certaines idées (qu’elles soient considérées comme fascistes ou autres a priori), que nous puissions distinguer ce qui est bénéfique pour le bien commun et ce qui l’est moins. Et pour partager nos idées, le débat doit être possible.

          Si on utilise la force pour faire passer ses idées, de facto on considère l’autre comme être inférieur (cela caractérise déjà les idées…).

          Ceci n’est que ma perception de la réalité.

          • Je ne vois pas de quoi vous parlez, la seule force que j’utilise c’est celle des mots 😉
            Et vous m’avez mal lu sur l’histoire de Cousin et Marx.

        • ET PUIS MERDE SANDY !

  2. Ce qui se passe actuellement nous empêche d’être calmes. Le danger est réel, et nous l’avons tous compris.

    Nous savons, européens que nous sommes, les faiblesses de notre système : un pouvoir déconnecté du peuple, de manière capitaliste classique dans chacun de nos pays, et de manière institutionnelle à la commission européenne. Nous connaissons nos dépendances matérielles, surtout en France :
    -- nous maintenons un parc nucléaire presque obsolète qui nécessite l’exploitation humaine dans les mines d’uranium de quelques pays d’Afrique,
    -- nous maintenons une production élevée de viande qui nécessite de produire du soja OGM au Brésil pour la nourrir,
    -- nous maintenons l’usage massif de carburants dérivés du pétrole brut, que nous allons chercher de plus en plus loin, bafouant encore les droits de peuples,
    -- nous ne fabriquons plus nos vêtements, laissant la production de coton à l’Inde, la confection au Banladesh, et l’usinage des polyesthers en Chine,
    -- nous n’avons plus de mines pour extraire les métaux dont notre industrie abuse, qu’il s’agisse fabriquer des voitures, des canettes de soda, ou des capsules de café (non-sens ultime)
    -- nous ne fabriquons pas nos moyens de production, qu’ils soient de simples téléphones ou des ordinateurs, laissant ça aux chinois,
    -- nous maintenons une armée coûteuse qui doit se battre sur tous les fronts où les ressources que nous nous accaparons sont menacées d’être récupérées par d’autres pays qui ne soient pas dans notre alliance.
    Par dessus tout ça, nous avons perdu les quelques leviers politiques qu’ils nous restaient en tant que citoyens, pour infléchir notre destin via nos dirigeants. Les grandes entreprises de médias voudraient bien qu’on laisse la politique aux seuls politiciens, histoire qu’on ne remette pas en cause leurs subventions étatiques.

    Venons-en maintenant à la Russie de Vladimir Poutine. Ce n’est pas un pays plus démocratique que l’ensemble de l’Europe. Poutine est élu et populaire, mais c’est un oligarque comme chez nous, appuyé par la finance russe, l’industrie russe, et les médias russes. Il ne doit aucun compte à ses électeurs, il peut trahir ses promesses s’il le souhaite, il tient le parlement par la bride comme ceux de chez nous, et il peut décider d’une guerre sans consulter quiconque, comme chez nous.

    Je note chez Slobodan Despot trois choses :
    -- la contradiction entre notre haine prétendue de la Russie et celle que nous avons pour nous-mêmes : prétendrait-il que nous devrions aimer la Russie de Poutine parce que nous devrions aimer cette Russie humaniste et culturelle? Devrions-nous rejeter notre Europe des Lumières parce qu’au fond nous détestons sa construction politique? C’est prendre notre contexte sur le plan affectif, et tenter de déchainer des passions contradictoires n’est pas indiqué en cas de conflit ;
    -- la myriade de références culturelles pour mettre la Russie en avant. Quel rapport avec la politique actuelle de Valdimir Poutine? Peut-être parce que lui magnifie la Russie et son peuple aussi dans son discours? En politique on appelle ça « le récit national ». C’est une arme de conviction pour renforcer l’adhésion quand on est un dirigeant élu placé au-dessus du peuple, donc illégitime. Tous les chefs d’état du monde font ça. En France, on en rit parce que c’est mal fait et souvent grotesque. En Russie on boit ce récit national comme de la vodka. Je suis caricatural, qui imagine une seconde que les russes sont tous des pochtrons nationalistes? Seulement la propagande n’est pas un argument politique valable. J’aime les Russes comme j’aime l’humanité, je n’ai pas besoin qu’on me dise que la Russie est mieux ou moins bien ;
    -- il n’y a pas d’analyse sur les évènements et leur contexte. Il s’est passé énormément de choses pourtant. Une révolution étrange, un rattachement de la Crimée étrange, un crash d’avion que tout le monde voudrait oublier, et une guerre civile étrange. Tout ça sous fond de contrôle du gaz (qui veut parler de la Georgie? De l’Abkazie?), de la mer Noire, de positionnement de batteries de missiles aux frontières, et du conflit en Syrie. Et j’en oublie surement.

    Combattre la guerre, ce n’est pas seulement dénoncer la manipulation d’un des deux camps quand celui désigne l’ennemi. C’est tenter de comprendre les responsabilités de ces deux camps, et dénoncer leurs manipulations à tous les deux. C’est refuser enfin de prendre parti en tant que citoyens, parce que la guerre qu’ils veulent, ces oligarques, c’est celle qui nous contrôlerait et nous asservirait, avec chacun sa vision nous écrasant sous le poids d’une société maintenu sous la pression maximale d’une crise. La guerre, c’est quand les « puissants » veulent profiter de leur peuple et ne rien laisser aux autres « puissants ». Pour eux il y aura peut-être un gagnant et un perdant. Pour nous, il n’y aura que des perdants.

    Je n’aime pas Poutine. Je n’aime pas la commission Européenne. François Hollande me désole. Mais nous, on ne va pas se battre pour ces cons, quand même, hein?

    • Excellent post Regulus, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis là.

    • Complexité et simplicité des choses, je suis tout à fait d’accord, REGULUS… que faire au juste, toute la question est là

    • Ce qui plait aux gens d’extrême droite chez Poutine, c’est le côté race aryenne, machiste et autoritaire, et surtout le caractère ethnocentré et nationaliste de ses interventions en Crimée puis en Ukraine.
      Bonne intervention Regulus.

      • Alors là, comme j’attribue votre « analyse » au royaume des comtes et des rêves, je vous demanderais des sources fiables. Et fermement.
        Vous qui vous pressez toujours à accuser qui que ce soit de fasciste et d’homphobe, là vous êtes obligés, et ne serait-ce que pour sauver votre dignité d’arriver avec des preuves sérieuses pour vos préjugés de la pire sorte.

        • Le syndrome trotskyskaïa

          Katarina,

          ne perdez pas de trop de temps avec « Sandy » : il n’a aucune dignité, et il nous l’a déjà amplement fait savoir.

          En un mot, c’est un agent trotskyste infiltré ici.

          Un ennemi des travailleurs, un ennemi de la démocratie, un ennemi des nations.

          (A part que c’est un homme français qui se donne un pseudonyme de poupée étasunienne blonde décolorée.)

          Son propre parti lui a même officiellement interdit de parler à Étienne Chouard, comme chacun le sait dans son parti et comme chacun ici le sait, mais il continue.

          La situation est devenu à ce point ridicule et offensante qu’Étienne Chouard lui a lui-même demandé de ne plus venir ici (chose exceptionnellement rare), mais ce parasite continue.

          Depuis de nombreuses années, il vient sur ce site pour faire la publicité de son parti et de son idéologie, démarche dont n’importe quel idiot peut comprendre qu’elle est contraire à la lettre et à l’esprit de ce site. Autrement dit, il prétend venir discuter dans le cadre d’un projet alors qu’il est entièrement contre ce projet.

          Il vient ici défendre sans discussion possible un nombre incroyable de clichés réactionnaires. A commencer par l’idée ridicule selon laquelle le mécanisme de l’élection serait démocratique et le tirage au sort parmi les volontaires serait anti-démocratique.

          La liste est tellement longue qu’on ne risque pas d’en faire le tour ici, mais il est important de donner quelques exemples flagrants :

          -- il défend l’Union européenne et en particulier l’euro, en nous ressortant des analyses d’une débilité navrante, complètement bancales du point de vue institutionnel, pour conclure qu’on peut changer ces machins pour les rendre démocratiques, « sociaux », « écologiques » ;

          -- évidemment, il défend l’OTAN, comme tous les avatars de « l’occident », sous couvert de faire le contraire. Facile de chanter pour la paix, comme pour la démocratie, pour la culture, la liberté, le bien être des femmes, celui des immigrés, et celui des poissons-phoques. Surtout quand tout ce qu’on défend mène assurément à la persécution de tout le monde.

          -- la dernière en date qu’il nous ressort consiste, en somme, à faire croire que Karl Marx ou Georges Marchais défendaient l’immigration sans limite, ce qui est l’exact contraire de la vérité.

          -- En somme, ce débile bien dressé n’a pas compris du tout, ou fait semblant de ne pas comprendre, qu’il n’y a aucun rapport entre la défense du travail et la lutte pour la démocratie, d’une part, et tous les morceaux de son idéologie de gauche, qui n’a jamais fait que défendre le capitalisme et l’impérialisme.

          -- Pour ne prendre qu’un exemple parmi mille : pour ce genre de forcenés, c’est suspect, donc c’est mal de défendre la famille en tant qu’elle est un cadre irremplaçable de la « sociabilisation primaire » et de la « socialisation primaire », et de refuser de confondre le droit des homosexuels à vivre leur vie privée avec la supposée nécessité d’instaurer le « mariage pour tous » -- il paraît qu’une fille vient d’épouser son père aux USA. Mais quand on apprend qu’un travail de strep-teaseuse est considéré comme une « offre d’emploi valable » à Berlin, offre dont le refus vous vaut privation des maigres ASSEDICs, que l’Australie a ouvert une formation universitaire de prostitué(e) et qu’on trafique déjà massivement, en Afrique, en Asie, en Europe de l’Est, des « produits de ventres, ces connards disent toujours que c’est la faute du libéralisme… sans comprendre qu’ils sont eux-mêmes moteurs du libéralisme.

          -Je pourrais prendre tant d’autres exemples. Dans le domaine du délire écologiste, tout particulièrement. Nous en sommes déjà arrivés au point où on nous sommes de croire que le socle du socialisme, de la démocratie, de l’émancipation, consiste à placer les droits d’une nature qui ne vote pas (et dont le scientisme et l’idéologie dominante ignorent tout) au-dessus des droits fondamentaux des humains et des citoyens ! Principe totalitaire de base : pour éradiquer les droits des gens, il suffit d’inventer de nouveau droit, pour autre chose que les gens-citoyens-égaux (ainsi : les miliciens de l’éradication des classes, des races inférieures, ou les multinationales et les « investiseurs » étrangers et/ou anonymes au présent). Au passage, il n’est pas anodin que, pour la première fois que ce énième leurre gauchiste intégral qu’Attac est devenu depuis longtemps, daigne signer un texte comportant une mention franche telle que « un monde sans OMC » sans trop que ça lui arrache la gueule, ce soit pour défendre la cause la plus bidon que notre époque connaisse (c’est dire) : un « dérèglement climatique » qui n’existe pas. On ne manquera pas de rappeler, à ce sujet, et puisque c’est le sujet, que les scientifiques russes (grands « solaristes ») sont les plus farouches opposants à ce délire climatique (qu’ils qualifient de « nouvelle affaire Lysenko »…) et qu’ils le sont officiellement longtemps -- … avant que la Russie ne ratifie Kyoto pour diverses raisons stratégiques (entrée dans l’OMC et bataille des « droits à polluer » en particulier).

          Mais passé un stade d’absurdité, que ce soit le manque de dignité, la débilité profonde, la fierté maladive, ou l’infiltration et la manipulation délibéré, on n’en a rien à battre : que ce type se casse et aille semer la perversion ailleurs, c’est la moindre des choses que nous devons exiger.

      • Pas faux, ça a l’air d’en énerver.

    • Eh, ma petite caille, pourquoi ne pas ajouter : j’aimais pas Hugo Chavez, il savait pas faire des miracles, il n’avait fait que +300% de réduction de la misère; +200% de réduction des logements insalubres, ses ministres étaient des feignasses et la police était encore à peu près aussi corrompue que lorsqu’il est arrivé, donc c’était un putain de dictateur (d’ailleurs il était arrivé plus ou moins par un coup d’État, nan ?)… alors qu’ils crèvent, ces Vénézuéliens : si jamais les US les bombardent, moi je dis un partout, devant mon match de foot. Il y a moment où je n’ai plus assez de boyaux à dégueuler quand j’entends parler un bien-pensant dont les mômes ont encore à bouffer. Eh, le munichois, on fait pas la guerre avec des fleurs, l’armée c’est pas la démocratie, et la démocratie ça se décrète pas : facile de mettre tout sur le dos du type d’en haut. Bref, degré zéro de la pensée politique.

      Un énorme merci à cet auteur dont je ne connaissais pas le nom, et que vive la Russie.

    • comment pouvez-vous « ne pas aimer Poutine »? Comprenez-moi, je ne veux pas vous forcer ou convaincre à le faire, mais on ne peut aimer/hair que ce qu’on comprend… C’est très étrange comment des européens n’ayant jamais voyagé en Russie, ne connaissant aucun Russe ni la menthalité slave ou Russe se mettent à perroquer l' »opinion » sur « Les Russes », Poutine et autres sans aucune argumentation, « opinion » basée uniquement sur des « visions télévisées » blasées des journaillistes ou scientifiques européens? C’est à hurler de rire d’étroiteté.

      voir https://www.youtube.com/watch?v=COvVfZlGrBo

      que dire d’un pays où un idiot manipulateur comme BHL est considéré de philosophe?

      • BHL c’est un chien de garde (cf Paul Nizan)^^

        Concernant Poutine, il ne faut quand même pas se cacher qu’il y a une grande complaisance face aux groupuscules fascistes en Russie (sinon il n’y aurait pas tant d’assassinats politiques) et la Russie n’est pas non plus connu pour le respect des droits de l’Homme (les homosexuels et les marginaux de toute sorte peuvent en témoigner à mon avis).

        Mais les peuples n’étant pas représentés par leur gouvernement, ça veut pas dire que les Russes sont tous comme ça…

        • Exactement, ce n’est pas parce que l’on est dirigés par des menteurs et des assassins qu’il faut se mettre à aimer leurs équivalent chez les autres… Quand à comparer Chavez et Poutine c’est parfaitement ridicule, Chavez était allié avec Poutine pour des raisons évidentes d’opposition à la NATO et d’appartenance à l’OPEP, cependant leurs politiques intérieures, en particulier en ce qui concerne les aspects sociaux et la démocratisation des institutions n’avaient strictement aucun point commun.

          Apres si je n’apprécie pas particulièrement Poutine aka le boucher de Grozny je crois en effet que je déteste encore plus nos crapules occidentales hypocrites, menteuses et qui ont tout autant de sang sur les mains.

          • Personnellement je n’aime pas plus Chavez, ça restait un dirigeant autoritaire, et les manifs où il y a eu des morts l’année dernière montre bien la nature de ce gouvernement.

            Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi il y a une telle fascination pour Chavez (bien que le fait de virer les USA et chopper leurs propriétés reste assez comique).

            Nos crapules occidentales font juste plus ça dans le feutré sans doute, l’opinion publique est précieuse.

          • Je pense Momo que tu est très mal informé sur le Venezuela, je le suis probablement un peu mieux que toi étant donné que j’y suis né et que j’ai donc de nouvelles par ma mère surtout qui connait et correspond régulièrement avec des personnes vivant à Caracas et dans d’autres Villes du Pays. Chavez dirigeant autoritaire: c’est de la propagande occidentale, le Venezuela est un des seuls (voir le seul?) pays au monde ou il y a le référendum révocatoire du président de la république d’origine citoyenne qui de plus a eu lieu (ainsi que les référendums législatifs et abrogatoires). Les manifestations dont tu parles ont été menées par la droite et c’est en fait la bourgeoisie du pays qui a créé volontairement des troubles à l’ordre public (les gars en étaient à tendre des câbles à travers les avenues qui ont tué plusieurs motocyclistes, ils jetaient aussi sur la voie des clous qui ont créé des accidents, ex: http://www.aporrea.org/actualidad/n245709.html http://www.aporrea.org/oposicion/n245689.html http://www.aporrea.org/actualidad/n245761.html)… Le simple fait que TOUTES les télés privées du pays (soit la majorité) passent leur temps à cracher sur le régime (ce n’est pas une image, la densité et la violence de la propagande anti chaviste est hallucinante) est une preuve évidente que la liberté d’opinion et de presse est intégralement respectée au Venezuela.

            J’aimerais bien connaître ta réaction si des manifestant à Paris s’amusaient à tendre des câbles à travers les avenues avec des morts à la clef : accuserais-tu les CRS ?

        • désolé Momo, mais « le peuple » russe soutient à 80 % Poutine. Votre image est l’image télévisée officielle française.

          À propos des droits des gens homosexuels: faudrait écouter ce que Poutine dit véritablement et non pas ce que promulgent des Jack Langs, Pierre Bergé entre autres.

          Poutine dit dans de nombreux interviews qu’il ne condamne pas « l’homosexualité » et ne le fera jamais.

          Il dit clairement de ne pas poursuivre des gens pour leur orientation sexuelle. Mais il n’est pas d’accord sur les pratiques européennes et américaines d’échanger la vision de famille contre la vision multisexuelle des « gaypridistes » par des lois.

          Vous l’accusez donc de ne pas marcher avec vous ? C’est vous alors l’intolérant.

          • Moi l’intolérant? C’est magnifique cette manière de retourner les choses quand même. Ok et les pussy riots alors condamnées, c’est de la tolérance?

            Vous vous dites démocrates et défendez des mecs qui se maintiennent au pouvoir de manière autoritaire (poutine est un magnifique exemple quand même). C’est beau les contradictions quand même. Et ça se veut pour la démocratie directe! Les autoritaires ont de beaux jours devant eux avec des démocrates comme vous! xD

    • Il est très difficile de fouiller un panier de crabes sans se faire pincer.

      Slobodan est intéressant, Hélène est intéressante.

      D’autres (en Français) ?

    • C’est GÉANT !!
      Nous sommes si fiers de vous, ÉTIENNE CHOUARD !… Oui, je sais, ça ne veut rien dire mais ça veut tout dire, ou un truc comme ça ^^

      Revolution d’amour et Démocratie pour tous

  3. Le pouvoir politique se gagne par la communication, le pouvoir économique se gagne par la communication, la démocratie se gagnera par la communication…

  4. Emir Kusturica :
    « L’Ukraine, un remake de la Yougoslavie »

    http://www.humanite.fr/emir-kusturica-lukraine-un-remake-de-la-yougoslavie-564808

    « HD. que vous inspirent les événements en Ukraine ?

    E. K. La guerre humanitaire est en fait une légalisation de la guerre. Wall Street dépend de la guerre. La valeur psychologique d’une action dépend de la manière dont vous êtes agressif dans certaines parties du monde. Plusieurs guerres, de tailles réduites, se déroulent un peu partout à travers la planète. Désormais, l’option des conflits de basse intensité apparaît épuisée. Et l’Ukraine marque un tournant. La Russie n’accepte plus son encerclement avec l’élargissement continu de l’OTAN. L’idéologue américain Zbigniew Brzezinski a largement écrit sur « l’enjeu eurasien », capital à ses yeux, à savoir la maîtrise et la colonisation de la Russie et de l’espace ex-soviétique. L’Ukraine est donc une première étape vers ce démantèlement imaginé par Brzezinski.

    HD. Ne vous rappelle-t-il pas ce qui s’est produit en ex-Yougoslavie ?

    E. K. À Kiev, l’histoire des snipers qui ont ouvert le feu sur la place Maïdan ressemble de manière troublante aux événements de Sarajevo en 1992. Durant le siège de la ville, des tireurs isolés ont terrorisé les habitants et personne à Sarajevo ne savait d’où venaient ces snipers. Exactement comme à Kiev. On ne sait toujours pas qui a ouvert le feu sur les manifestants et les forces de l’ordre (1). Aujourd’hui, une autre vérité que celle imposée par les médias apparaît. C’est ce que tentait de décrire mon film « Underground » : une autre réalité. Il a été réalisé en 1995. La vérité sur ces deux événements, les dirigeants la connaissent. Ils en sont même parties prenantes et essaient de nous abuser en feignant d’être des imbéciles. Les grandes puissances jouent sur un échiquier où l’Ukraine et l’ex-Yougoslavie apparaissent comme des pions. Il s’agit d’une répétition d’un scénario qui s’est produit en Yougoslavie et a mené à son éclatement pour des enjeux similaires : l’extension de l’OTAN et de l’UE. La construction de l’UE est responsable des deux drames. Afin de s’agrandir et accroître son influence, elle divise les États pour imposer sa loi à de petits territoires. Pour moi, ce qui est inacceptable, c’est que les gens s’en accommodent. Heureusement, il y a des instants d’espoir.

    « LES ÉTATS-UNIS ET LE CAMP ATLANTISTE IMPOSENT LEUR VÉRITÉ ET SE COMPORTENT EN VAINQUEURS DE LA GUERRE FROIDE. »

    L’arrivée au pouvoir des communistes en Grèce en fait partie. Leur victoire est historique et peut, comme en Amérique latine, porter un véritable élan. Ce phénomène se répétera dans les années qui viennent. La montée de l’extrême droite et des partis fascistes, voire nazis comme en Ukraine où ils sont au pouvoir, créera en face une résistance. Le clash est inévitable.

    HD. L’hystérie de la presse à l’égard de la Russie et de Poutine vous rappelle le traitement médiatique à l’égard des Serbes durant la guerre de Yougoslavie ?

    E. K. Cela a été le point de départ. En 1992, les divers acteurs ont mis en avant certains aspects pour créer une atmosphère favorisant un conflit. Ils ont ensuite légalisé une intervention au nom de l’aide humanitaire (2). Toute possibilité de paix a été écartée et la Yougoslavie a été démembrée à leur guise, laissant Slobodan Milosevic pour seul responsable. Le Kosovo est un bel exemple de leur mensonge et de leur justice aléatoire. Ils ont soutenu la séparation de cette région au nom du droit des peuples mais la refusent à la Crimée ! Les États-Unis et le camp atlantiste imposent leur vérité car ils se comportent en vainqueurs de la guerre froide. Ils estiment avoir triomphé du marxisme et tué le communisme.

    Tous les événements qui ont suivi la chute du mur de Berlin révèlent les fausses promesses faites à Mikhaïl Gorbatchev sur la non-extension de l’OTAN. Cela résume leur conception de la diplomatie pour assurer leur suprématie. L’extension de l’orbite euro-atlantique est impérative. Le siècle qui vient pour les États-Unis sera un tournant. L’accroissement de leur richesse et de leur influence dépend de leur domination du modèle libéral. Ce modèle qu’ils ont imposé au reste de la planète à travers la mondialisation est fondé sur la compétition, l’exploitation et les inégalités. Cette compétition, les États-Unis ne pourront plus la remporter indéfiniment avec la montée de puissances émergentes. Devant cette phase de déclin, ils trichent. Mais ils n’avaient pas prévu que l’Eurasie se dresserait contre la domination de l’euro-atlantisme. La proximité géographique compte et la Russie et la Chine finiront par coopérer. »

    • « Pour moi, ce qui est inacceptable, c’est que les gens s’en accommodent. Heureusement, il y a des instants d’espoir. »

    • Etienne,
      Je suis profondément déçu. Pourquoi t’embrouiller, pourquoi nous embrouiller avec ces dérapages?
      Va voir les constitutions rêvées de Milosevic et Poutine.

      • Pourquoi ?

        Parce que, contrairement à vous (apparemment), je ne veux pas de la guerre, à aucun prix, JAMAIS.

        Les peuples ne veulent évidemment pas la guerre, mais on (la presse aux ordres des banques et des marchands d’armes) est en train de les tirer par les cheveux pour les forcer à faire la guerre.

        C’est littéralement scandaleux.

        Et votre protestation est une indignité. Croyez-vous être le seul à condamner les abus de pouvoirs ? En faire une raison d’accepter la guerre est une honteuse manipulation.

        • Pardon, j’ai du mal à comprendre que ce message est pensé être une réponse au mien. Je dois peut-être changer mes lunettes.
          Je ne veux pas de la guerre, et à aucun prix. On ne doit pourtant pas fermer les yeux devant le massacre et l’agression.
          Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’il me semble que vous véhiculez ici sur le blog (Despot, Kusturica) des idées en totale contradiction avec celles de votre belle lutte pour la justice. Une lutte à laquelle je cherche de tout cœur à m’approcher, comprendre et en faire partie.
          J’ai écouté avec délectation, toutes le conférences de Guillemin et c’est par là que je tombe sur ce blog. Il me semble clair qu’il déteste la haine, les nationalismes, les fascismes et tout système mafieux. Et si de « nos jours » il y a (eu) de cela, ce n’est pas moins par Milosevic ou Poutine que c’est propagé.
          Tout ce que je voulais dire, en fait, c’est que personne n’est parfait.
          Et que je voudrais construire. Et que là, pour moi, une base possible est en voie de s’effondrer, (et sur une bêtise pareille !!).
          Mais je garde l’espoir. Allons!
          (excusez une langue un peu bancale, je ne suis pas français.)

  5. [L’enseignement de l’ignorance] Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?

    http://www.les-crises.fr/la-fabrique-du-cretin-defaite-nazis/


  6. Ce conseil vaut, quels que soient les médias (internet compris), bien sûr.

  7. E. Kusturica : « Tous les événements qui ont suivi la chute du mur de Berlin révèlent les fausses promesses faites à Mikhaïl Gorbatchev sur la non-extension de l’OTAN. Cela résume leur conception de la diplomatie pour assurer leur suprématie. L’extension de l’orbite euro-atlantique est impérative. »
    Une stratégie dans les « gènes » des « élites » états-uniennes, confère la destruction progressive des amérindiens au gré de fausses promesses récurrentes et traités systématiquement violés lors de la conquête de l’Amérique du nord.

  8. La Mutinerie -- Entretien avec un couple de réfugiés ukrainiens (Moscou)

  9. J’ai rien contre le principe « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », mais de là à penser que comme je trouve l’UE non démocratique et aux soldes des États-Unis, Poutine est sympa. Depuis quand envahir un pays parce qu’on se sent encerclé fait de vous un gentil démocrate ?

    • je me permets de vous communiquer mon opinion modeste:
      Depuis quand on juge sur la capacité politique d’un homme politique par le facteur « sympa » ou « pas sympa »?
      Depuis quand on appelle le rapatriement par référendum parfaitement légal d’un peuple entièrement russe une invasion? (auriez-vous, avant de vous jeter virtuellement devant le pauvre peuple « violé » de la Crimée, au moins consulté n’importe quel site ou livre, pour ensuite découvrir que la Crimée a été DONNEE dans un geste de « générosité » par Chrouchtchev à l’Ukraine SANS consulter son peuple et là ce n’est pas une violation des droits de l’homme mais quoi????)
      Je résume: vous vous parvenez d' »informations » par les médias mainstream, donc vous vous laissez embrumer volontairement d’histoires du grand méchant loup contre votre propre gré car je vous présume adulte.

      Excusez-moi de vous parler de la sorte, mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

      • Katarina,

        un grand merci à toi, et surtout ne te décourage pas. D’être cerné par des donneurs de leçons qui parlent de ce qu’ils ignorent complètement, c’est le lot de quiconque, en occident, essaie de se remettre en question et en vient vite à découvrir que nous sommes entourés de mensonges.

        J’irais même un peu plus loin que l’auteur de cet article : on pourrait aller jusqu’à dire que ce qu’on nomme « L’occident » n’est rien d’autre qu’une communauté d’idiotie satisfaite, celle de gens qui vivent entièrement sous le joug d’un empire qu’ils ne voient même pas. Dès lors qu’on en arrive à découvrir les symptômes de l’impérialisme à tous les étages, comment, d’ailleurs (et même sans connaître la Russie…) pourrait-on encore se dire soi-même « occidental » ? L’occident, c’est l’empire, cette notion n’a aucun sens en dehors de ce cadre, autrement dit elle n’a aucun sens (n’importe qui devrait savoir que l’empire est à la société ce que le cancer est au corps vivant : un corps étranger qui a a propre logique et qui conduit à dévorer peu à peu son hôte). Et faute de pouvoir voyager, pour espérer commencer à comprendre l’autre, encore faut-il commencer par apprendre à se connaître soi-même — le plus tragique chez les imbéciles heureux va-t’en-guerre, est peut-être leur capacité stupéfiante à ne jamais se regarder dans un miroir. Je crois pas qu’il y ait de possible ouverture à l’égard du pour-le-moment-inconnu quand on ne commence pas par découvrir de bonnes raisons d’avoir honte de soi-même, étape indispensable vers l’acceptation de soi-même.

  10. Perle du jour :

    Être GOUVERNÉ, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !.

    Idée générale de la Révolution au 19e siècle, Pierre-Joseph Proudhon, éd. Garnier frères, 1851, chap. Épilogue, p. 341

    • Pourriez-vous développer, SOPHIE, je crains ne pas avoir bien compris ce « con » et cela m’intéresse.
      C’est géant cette vidéo, cette intervention « anonyme », si je puis dire, d’une simple citoyenne… ou la Démocratie en marche, cet effet de basculement, cette prise des consciences, le Loi du Nombre prenant conscience d’elle-même et agissant, ces mots si justes de cette femme, ce raz-le-bol collectif, cette exigence populaire, cette vérité qui se dévoile et s’impose au grand jour…

      Révolution d’amour et Démocratie pour tous !

  11. Dimanche 8 février 2015 :

    Tsipras évoque l’obligation historique à réclamer le remboursement d’indemnités de guerre à Berlin.

    Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a évoqué dimanche l’obligation historique et morale de son pays à réclamer le prêt forcé et des indemnités de guerre à l’Allemagne, un sujet sur lequel Berlin a déjà dit non.

    « Il y a une obligation morale envers notre peuple, envers l’Histoire, envers tous les peuples européens qui se sont battus et ont donné leur sang contre le nazisme, une obligation historique à réclamer à l’Allemagne des indemnités de guerre et le remboursement du prêt forcé », a dit M. Tsipras en concluant son discours sur son programme de politique générale devant le Parlement.

    Le parti de la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras réclame une somme d’environ 162 milliards d’euros à l’Allemagne, soit l’équivalent de la moitié de sa dette publique de plus de 315 milliards d’euros.

    http://www.romandie.com/news/Tsipras-evoque-lobligation-historique-a-reclamer-le-remboursement-dindemnites-de-/563702.rom

    • Oui, mais sa première « obligation » serait quand-même de demander tous les impôts pas payés de ses propres oligarches en fuite vers la Suisse depuis de siècles…
      C’est facile de désigner « les allemands » d’ennemis. Cela colle bien pour cacher le reste. Si Tsipras est honnête il tapera sur les riches qui en ont profités et qui en profitent encore: Lidl, Aldi, Siemens, Bosch, BMW, Mercedes, et j’en passe…

    • Excellent Tsipras, il a bien raison, ces fanatiques du monétarisme nous mettent dans la merde depuis suffisamment longtemps, ils plombent les économies de tout les autre européens depuis trop longtemps, il faut les faire passer a la caisse.

      • Hihi:

        « ils plombent les économies de tout les autre européens depuis trop longtemps, il faut les faire passer a la caisse. »

        c’est vrai, les bons gouvernements francais et leurs valets (Moskovici) ont toujours lutté comme des lions, que dis-je, comme des dragons à bras de fer pour sauver les pauvres de ce monde européen!

        Pauvre nlescan! Pauvre valet des comtes de fée de votre maître.

        • Et c’est toi qui utilise le mot puéril à propos des autres… Arêtes de m’emmerder avec les français, cette vielle bande de baltringues, je suis pas pour un pays plus qu’un autre, je ne suis pas nationaliste… et de quel maître tu parles? Tu te rends compte que tu parles a un partisan de la démocratie directe et du TAS? D’ou tu sort pour sans cesse prêter des propos et des idées aux gens que tu ne connais ni d’eve ni d’adam? Je te connais pas assez pour parler de toi en tant que personne mais putain ce que tu dis est d’une connerie abyssale, prends un thé, merde, quand meme.

          • et encore….
            je vous cite: « Tu te rends compte que tu parles a un partisan de la démocratie directe et du TAS?  »

            où est le rapport?
            d’ailleurs vos propos ne sont que d’insultes… signe pour trolls

          • Le rapport ? Et bien dis-moi qui est ce maître dont tu parles, celui qui prône démocratie et tas… Non, sérieux, ça m’intéresse… Et puis arrête un peu de chouiner, à chaque fois que tu t’adresses à moi, tu essayes de me coller des propos que j’ai jamais tenus, t’as essayé toutes les étiquettes que tu connais… Au bout d’un moment, jouasse ou pas, je te dis ce que je pense de la démarche.

          • pas à propos « des autres », à propos de vous.

    • Et on dira que c’est moi qui veut l’affrontement avec l’Allemagne…

      J’ai proposé un commentaire sur cette affaire :

      http://chouard.org/blog/2015/02/01/devenir-les-graines-dune-revolution-pacifique-inedite/#comment-10531

      Une fois de plus, j’y vois un piège-à-cons (mais il est vrai qu’aujourd’hui plus rien n’importe, et surtout pas le travail, pourvu seulement qu’on dise à tout le monde qu’il est beau, gentil et intelligent).

      Donc pour rappel : pour l’empire, l’Allemagne est un puching-ball comme tout le monde. Avec son rôle assigné à elle, ce qui n’y change rien (à part qu’il faudrait peut-être tirer quelques leçons d’histoire avant de la ramener au moindre buzz).

      Si j’étais un peu cynique, je dirais que le plus savoureux, chez les bien pensants, est de constater comme ils aboient facilement sur l’ennemi désigné, même quand il change régulièrement.

      PS : un bien pensant, faut-il le dire, n’est rien d’autre qu’une personne qui a cessé de réfléchir et de se remettre en question.

      • J’ai bien failli verser une larme dis donc, en fait Merkel n’est pas une chienne de garde du monétarisme , c’est une pauvre petite chose manipulée…Et puis bosser en Allemagne c’est trop horrible, la Grèce c’est mieux, ou le Rwanda… Je les plains, avec tous ces sud européens qui osent réclamer un rééquilibrage (quelle meute de loups enragés… bien-pensants… wtf ? kekidi ?), c’est quand même pas de leur faute si ils sont les seuls à bénéficier de la monnaie unique. Les pauvres.

        • si vous êtes un défenseur de la démocratie du peuple, pourquoi se taper alors les clichées avec une barbe longue comme les Niagara falls des francais vis-à-vis de « L’Allemagne »?
          Si pour vous, en Allemagne il n’y a que de riches monstres qui ont affamés le monde entier, et que L’empire et ses vitimes n’existent qu’en France (qui a colonisée et pillée la moitié de l’Afrique --
          Jamais la France n’a payé quoi que ce soit aux peuples des anciennes colonies, bien sûr que non), le message n’a pas encore passé chez vous.
          Mélenchon a été le premier à relancer une haine bon marchée contre un peuple européen dans son entier. Il a oublié toutes les merdes que les gouvernements francais depuis Mitterand ont commises.

          Il a oublié de dénoncer les riches de ce monde et, en bon petit francais gôchistes, a relancé la gloire francaise versus les crimes nazis. Vu votre commentaire, cela n »a pas été difficile.

          L’Allemagne, by the way, a payée cette dette grecques dans les années 70 avec 170 millions de Mark.
          Comme elle a payé des dettes et des dettes des crimes nazis. Elle a retravaillé son passé farouchement, au contaire de tous les pays européens qui ont été impliqués dans les différents régimes et collaborations nazis notamment l’Italie, l’Espagne, Le Portugal, la France, la Lituanie, l’Estonie, la Pologne, la Tchekoslowaqui, la Slowénie, la Croatie, l’Hongrie, même la Suisse, la Turquie.

          Vous avez oublié aussi que cette guerre, la IIéme guerre mondiale a été financée. Par qui? Ah il faut vous informer! Votre haine puérile n’avance en rien vers un système de notre terre qui soit démocratique, adulte, conscient, écologique, juste.
          Si l’empire avec ses victimes ne marche que pour la France héroique, il y a quelque chose que vous n’avez pas encore comprise.

          • Sauf qu’il n’y a que toi qui parle de riches monstres, que j’en ai rien a cirer de ce que raconte Mélenchon, a la rigueur sur le sujet j’ai plus écouté Sapir qui ne fait que dans l’éco et le factuel. Et moi la France et les « victimes de l’empire » j’ai pas tellement vu, j’vois surtout qu’on est un pays de prédateurs mous qui ont une fâcheuse tendance à chercher des boucs émissaires quand le service de la dette rogne sur notre budget loisirs et qui versent des larmes de crocodile en signe de solidarité avec le 14% de pauvres à 60%…Des veaux.

            Sinon, les Allemands, personne ne les force à voter Merkel, s’ils avaient changé de braquet, on aurait pu se dire qu’ils se faisaient arnaquer , mais non, ils y croient, ils sont à fond dedans, ils trouvent ça super. Des bœufs.

          • J’avais même pas tout lu… C’est fous les personnes qui vous font dire des trucs que vous n’avez jamais dit, qui ne vous connaissent pas mais qui vous prêtent des propos…Amalgames, science infuse, divination défaillante, y’a comme un petit fumet… Et sinon, à propos du président du comité des forges ou de Ford, entre autres… bref, j’ai même pas envie de me justifier…Tu sais pas qui je suis ni ce que je pense, prend juste ce que je dis, arrête de te faire des films.

          • donc, si les allemands, à votre « avis » sont tous pleinement d’accord avec Merkel, je vous accuse d’ avoir voté pour Hollande et sa clique.

            Vous parlez par expérience? Eh bien, je vous félicite d’avoir voté pour les pires gangsters de crimes de guerre, de vol et de meurtre, les collabos des crimes en Paléstine et les collabos des USA dégenérés, VOTRE gouvernement!

            C’est pas le cas? Ah, vous avez voté Monsieur le héros des colonies: Mélenchouille! Tiens, ce n’est qu’en Allemagne, qu’il n’y a uniquement des admirateurs du gouvernement. Oui, oui, vous avez raison! En Allemagne, on vote toujours à 100%. Mais oui, c’est évident! Cela a tooujours été comme ca!

            A vous lire on se rend compte de nouveau que le front de gauche avec ses adhérants est un parti pour enfants rêvant de la gloire.

          • À quel moment tu cesses de faire dire aux gens ce que les poncifs qui peuplent ton esprit racontent ? La majorité des Allemands votent pour Merkel, c’est un fait. Après, que les fachocialos français soient des merdes, c’est aussi mon avis… Mais manifestement, tu te sens super agressée dès que l’on parle de la sacro sainte Allemagne… va savoir ce que ça cache. Au fait, je ne suis adhérent de rien du tout et la personne qui a un langage de haine, c’est toi : tu aboies comme un clébard… Il ne me semble pas avoir parlé de massacrer les Allemands, j’ai juste parlé de passage à la caisse, ça fait déjà un moment qu’ils se mettent bien grâce à la monnaie unique et principalement en exportant vers leurs voisins européens qui, eux, sont désavantagés par cette devise. Après s’être bien goinfrés, oui, je pense qu’il est temps de rééquilibrer… Surtout que, pour revenir au sujet initial, l’Allemagne a bien des dettes envers la Grèce qu’elle ne lui a jamais payées. Eh oui, les donneurs de leçons de l’orthodoxie monétaire sont en fait de mauvais payeurs qui refusent de rendre ce qu’ils étaient venus piller… fa pique…

          • Bundestagswahl 2103:
            71,5 % des électeurs ont voté
            dont 41,5% pour l’union de droite CDU/CSU
            pour info: Merkel est la chef de la CDU non pas de la CSU.

            D’ailleurs vous allez arrêter de me tutoyer.

          • C’est sûr que tu peux toujours te brosser pour que je te vouvoie, fais-toi une camomille, ça va aller, vas. Et puis lâche l’affaire avec les contorsions pour essayer de prétendre que l’opinion allemande n’est pas derrière Merkel, le jour où il y aura alternance on en reparlera… En tout cas, l’idée que les Allemands donnent un peu du magot qu’ils ont fait en grande partie grâce à l euro, ça a l’air de t’angoisser de fou.

          • vous vous disqualifiez tout seul.

          • Katarina,

            sans revenir sur ce que je disais ci-dessus, n’allons pas non plus tomber dans l’excès « inverse ». Pour ne parler que de somme, je dirais qu’il doit manquer trois zéro derrière les cent et quelques millions pour faire le compte… Mais c’est pire que ça. Voir l’explication d’Éric Toussaint (ça fait mal) :

            http://www.martinesevegrand.fr/une-lecon-oubliee-comment-on-regla-la-dette-allemande-en-1953/

            Nlescan : La pute Sam(ère), fasciste et tutti : déjà trois fois depuis qu’on est supposé s’être quitté que tu tires dans le dos, un peu de fierté, bonhomme. Tu t’en tiens au moins à la règle que tu nous a toi-même posée, tu me lâches.
            PS : je travaille avec Étienne depuis près de 10 ans, et pas qu’au café du commerce, mais évidemment que personne n’est ici chez soi. Je te rappelle tout de même également, à ce jeu, qu’Étienne a demandé à 110 de mettre les voiles et que c’est en conscience que tu lui remets 10 balles. Question respect, tu repasses.

          • J’vais faire comme j’ai envie, ça fait plaisir. Je suis touché par ma disqualification, mais l’autre n’a pas bougé.

          • Bonjour Sam,
            merci je connaissais ce tableau.
            Pourtant dans ce forum-ci, on a trouvé une autre vision du monde: celle que les profiteurs de toute sorte sont toujours les banques et les riches sous prétexte d »investir », par contre tout ce qu’ils gagnent dans des pays différents, ils mettent en banque en Suisse et ne pas dans l’argent commun des contribuables. Cela dit: aujourd’hui quand on parle de « l’économie » d’un pays, on devrait parler de l’argent des riches. Quand on parle des guerres il faudrait toujours parler des profiteurs des guerres.
            Alors quand il est décidé de payer (les dettes des banques, les crashs etc.) ce n’est que les contribuables normaux qui payent jamais les profiteurs.
            Le raisonnement dans le texte que tu as mis, n’est donc pas appliquable pour moi tant que ce ne soit pas évident que ce n’est pas l' »économie » d’un pays qui payera, donc le peuple, mais ceux qui en ont profitent et profitaient donc les riches, les banques, les enterprises internationales.
            Le compte de ce texte me semble donc en partie faux dans le contexte à créer.
            Et il sonne doublement faux exprimé par des francais qui l’utiliseront pour nourrir l’idée d’un soi-disant bouc-émissaire donc LE peuple allemand comme les Sandy et les nlescan (dans ce cas-là les deux conneries s’aditionnent)mais aussi les Mélenchon, car tout un coup tous les sémi-informés se prêtent à ressortir les préjugés servant de bon dos aux riches européens et américains. On appelle cela le détournement de l’attention.
            Et pour moi cela semble autant plus agacant quand on regarde les fruits des anciennes colonies francaises, la misère qu’ils ont laissées, les préjugés qu’ils ont nourris, les ignobles réactions vis-à-vis de la pauvreté dans les banlieus etc etc. Personne des ces riches blancs francais n’a jamais reconnu sa dette vis_à-vis des peuples du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Caméroun, du Mali, de la Tunisie, du Maroc, de l’Algérie, ni les morts et dommages produits à l’aide de l’armée francaise au Liban, en Lybie, en Syrie, en Afghanistan et j’en passe.

            Ce double-language est ignoble et je constate avec étonnement que même ici les reflexes gagnent du terrain sans jamais réfléter sa propre histoire peu glorieuse. Voilà l’effet prévu. Il ne faut pas s’y prêter. C’est un piège à cons.

            C’est clair que dans le contexte actuel politique ce seront toujours les petits qui vont payer. Dans le texte que tu as mis, l’auteur parle de l' »économie » comme si c’était un truc objectif. Alors que tout le monde sait que cette fameuse économie est le fruit d’une bonne ou d’une mauvaise politique. Ce n’est pas la faute aux peuples européens si la France est gouverné des Sarkozy, des Hollandes, du CRIF, des amis de Soros, des DSK, Royal, Cazeneuve etc., ni l’Italie des Berlusconi, ni la Pologne des ses frères jumelles etc.
            Et je ne défends pas Merkel et Schäuble, je défends les initiatives privées, citoyennes en Allemagne qui empêchent et empêchaient des politiques à réaliser des trucs ignobles.
            Donc, en faisnat appel en étant francais aux idées d’une Allemagne dans son entier « barbare » on enterre le goût de la résistance qui a lieu en Allemagne (pas par DIE LINKE, par des citoyens) et non pas en France que je sache actuellement. Et cela est le but.

          • Bien sur que tu défends Merkel, d’ailleurs tu craches sur son opposition, et la seule connasse (ben ouais tu me traites de con, je vais pas me gêner) qui croit que les gens en veulent à l’ensemble peuple allemand c’est toi, il n’y a que toi qui parle ça. Par contre il faut arrêter deux minutes d’ôter toute responsabilité aux électeurs allemands dans ce qu’il se passe, bien sûr qu’il y a un large soutien au monétarisme en Allemagne et évidement qu’ils en profitent y compris dans les classes moyennes.

            Et bien sûr que si, c’est la faute des Français si ils ont donné les clefs à des nazes qui font la guerre partout (la preuve par la Grèce, eux sont bien parvenus à élire des gens sur lesquels tout le monde crache depuis des années, y compris toi), d’ailleurs il y en a plein qui trouvent ça super. Et parce que la France s’est engraissée sur son empire colonial, l’Allemagne a le droit d’étrangler ses voisins. C’est vraiment n’importe quoi. Bien sûr que la France devrait réparer, évidement, au lieu de cela elle continue de saigner, le colonialisme ne s’est jamais vraiment arrêté… Du reste, la dessus, même si les Allemands, à leur grand désarroi, n’ont pas eu le même empire colonial, ils ont quand même bien foutu la merde là où ils sont passés. Qui a appris le racisme aux Rwandais avec ces conneries comme quoi le Tutsi seraient supérieurs, plus proche des blancs ? On a vu le résultat, bravo !

          • je répète que vos raisonnements sont des bouts de jugements généralisés par ci , par là, visés au hasard du jour, sans recherches, sans recul, juste des coups de pied.
            Vous portez avec vous le désarroi d’un passé non retravaillé. Et en regardant le temps et les humains du monde à travers ces lunettes, vous n’arrivez pas à cerner la cause des causes donc vous rendez coupable l’autrui pour votre désastre et vos rêves échoués.

            En sortent de belles phrases comme « l’Allemagne étrangle ses voisins ». « L’Allemagne »! Le recours aux vieilles images.
            Sans savoir quoi que ce soit de ce pays et de ses habitants, vos voisins, vous déclinez la parano habituelle des gôchistes francais. Quand je disais que DIE LINKE n’a pas fait bouger les choses en Allemagne, vous interprétez ma phrase « d’insulte à la seule opposition ». Ne voyez-vous pas combien vous êtes ridicule? DIE LINKE a proposé BEATE KLARSFELD à la candidature au Bundespräsident. Il y a des individus qui disent parfois des trucs très poignants comme Wagenknecht ou Gisy, mais pas dans tout, ni tous les jours. Et ils n’ont que très rarement empêché la politique intransparente et cynique, des socialistes ou de la CDU.

            Votre vision du monde et de l’autrui appartient au royaume des monstres et des fées, des héros au glaive aigu et des gloires masculines.

            Devenir adulte est parfois douloureux, n’est-ce pas?

          • Encore ton histoire de fées et je ne sais pas quoi… Comme tu n’as pas d’arguments tu préfères décréter que je suis un abruti, c’est plus simple… L’Allemagne, ben oui l’Allemagne, en tant qu’entité politique et économique, je n’accuse pas les clodos allemands, je n’ai pas non plus pour projet de mettre tous les allemands en slip (y’a de la marge)… Tu as plein de bonnes leçons mais regardes bien qui caricature systématiquement les propos de l’autre? Qui se gargarise de connaitre les secrets de polichinelle de la 2eme guerre mondiale et du financement de nazis? Tu prends vraiment les gens pour des imbéciles.

          • j’allais oublier votre phrase poétique:

            « Qui a appris le racisme aux rwandais avec ces conneries comme quoi le Tutsi seraient supérieurs, plus proche des blancs? On a vu le résultat, bravo! »

            oui, vous avez raison, au Rwanda, les Tutsi ont tout appris de Hitler, non pas des Anglais (qui dans leurs colonies partageaient le peuple en « white », « coloured » and « black »), ni des Francais (qui appelaient les arabes indigènes des territoires colonisés « bougnoules »), ni des Irlandais (qui démonisaient les indiens d’Amérique du Nord pour avoir droit de les tuer), ni des Turcs d’ailleurs (qui ont tué plus de 2 millions d’Arméniens avec le consentement des Francais, des Anglais, des Italiens, des Américains et du tsar .)
            Ce que vous ne saviez pas: « qui parle encore des Arméniens aujourd’hui! » était la phrase clé de Hitler pour conforter ses militaires à executer la Endelösung.
            Et ce que vous ne saviez non plus: les alliés ne sont pas entrés dans la guerre pour sauver les juifs européens…

          • Et c’est toi qui dit « vos raisonnements sont des bouts de jugements généralisés par ci, par là, visés au hasard du jour, sans recherches, sans recul, juste des coups de pied. »

            Et quand je te parle des casseroles coloniales allemandes, car l’Allemagne en a aussi, tu me sers une salade de fruits où se mêlent allègrement Hitler, les Anglais, les Français… C’est fou, ça, je te parle de l’Allemagne, arrête d’essayer de faire diversion en me parlant de toutes les horreurs que les autres on faites… À la limite, si tu avais un minimum de cette rigueur intellectuelle que tu prétends détenir, tu m’aurais parlé des Belges qui ont continué au Rwanda les imbécillités commencées par les Allemands et qui ont dégénéré en génocide à la fin du 20ème siècle…

            Et par pitié arrêtes de citer des morceaux hétéroclites d’histoire grossièrement schématisés en prétendant que je ne savais pas ci ou ça. Tu n’as pas la moindre idée de ce que je sais ou pas. Arrêtes de te prendre pour madame Soleil. Arretes d’essayer d’inventer ce que les autres ont dans l

          • la tete.

          • votre Trollisme est trop évident.
            Signe le plus sûr: discréditer la contrepartie, personnaliser les commentaires, ne jamais répondre aux arguments.

            Vieux comme cette barbe d’hier.
            Introduit comme Mlle Sandy, si ce n’est pas la même personne.

          • Mais tu te parles à toi même, c’est toi qui prétend lire dans mon esprit depuis le début, tu te fais mousser à propos de ta soi-disant érudition et dès que je bavarde un peu avec toi sur quelques fait historiques tu mélanges tout, tu fais diversion… Quand j’ai enlevé l’échelle, je ne me rendais pas compte que tu étais accrochée au pinceau.

          • lol, excellent, c’est pas faux.

    • trouvé dans fb. Une réponse à l’appel de manif pour la Grèce de Mélenchon:
      « et voilà que la bourgeoisie de France cherche des moyens à s’identifier avec quelque chose… en janvier c’était l’identification avec de très mauvais dessinateurs abattus par les méchants arabes. En février, on découvre qu’on aimerait en fait être aussi ouvert et direct que les héros grecs (sauf qu’on ne l’est absolument pas). La France bourgeoise devrait se débarasser de ses rêves de gloire révolutionnaire. Elle devrait retravailler son passé sale (en partie), qui donnait ce gouvernement d’idiots. »

      • • soutien diffus a Merkel non assumé
        • soutien direct a Poutine
        • dénigrement de systématique de Tsipras
        • dénigrement de systématique de Mélenchon
        • tentative d’amalgame bourgeoisie/soutien a la Grèce (c’est intéressant ça, les idéologues droiteux, tous des bourges, ont l’air de faire dans leur froc à l’idée que les prolos pourraient arrêter de voter national sioniste et imiter les grecs)

        J’avais déjà noté le recours régulier à l’amalgame, les tentatives d’enfumage par méli mélo « historique », la divination inopérante.

        Tu es pour un système de démocratie directe tel que Chouard le suggère ?

        Tu es pour une constituante tirée au sort ?

        • Quand il y a eu une minute de silence, je me suis tu.
          Quand il y a eu une journée de silence, je me suis tu.
          Quand il y a eu une semaine de silence, je me suis tu.
          Quand il y a eu une année de silence, je me suis tu.

          Quand nous avons pu reparler, je me suis aperçu que j’avais passé une année sans dire de conneries.

          • Si t’as un truc à me dire, dis-le. Ton mantra, là, j’m’en émince l’oignon, franchement. Ça me fait toujours pitié les cir-con-locutions. Porte tes noix, dis ce que tu as à dire

  12. Claude Saint-Jarre

    Adapter le cadre législatif pour s’affirmer contre l’intégrisme?

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/431262/defendre-nos-valeurs-face-a-l-integrisme

    • Pour commencer arrêter de les financer, de leur vendre notre immobilier, notre sport, nos entreprises et puis aussi arrêter de diaboliser puis massacrer leurs opposants objectifs a savoir les laïques… En gros peut être faudrait il arrêter d’être leur alliés… Parce que les nos valeurs les intégristes les défendent super bien, les valeurs de Rothschild quoi, qui ont fait une super culbute, comme d’hab’: rachat du journal 1 mois avant l’attentat, barbus décérébrés au charbon, pièce d’identité laissées sous le par brise avec mot doux, bisou les gars, une poignée d’ex anars progressivement convertis à l’islamophobie par des cadres néo conservateurs a la casserole et boom: lois sécuritaires par ci, enfants de 8 ans en GAV, explosion de l’islamophobie mais, et ça ne gâche rien: + 2000% d’augmentation des abonnements au rouleau de PQ! yes, jackpot!

      • J’ai l’impression que les sondages, aux mains des oligarques, remplacent de plus en plus le suffrage universel.

        Immédiatement après l’affaire Charlie, ces moyens de propagande officiels nous annoncent que le président, le premier ministre et la police ont fait un bond favorable dans l’opinion des Français.

        Que résultats soient vrais ou pas, là n’est pas ma remarque, mais il me semble que ce type d’annonce va conforter ou inciter les politiques, à une violence d’État, masqué puis affiché, et nous à l’accepter…

        • C’est une preuve supplémentaire que leur système marche sur sa tête, la folie du capitalisme pur et dur. Avoir le besoin d’attentats pour monter dans les sondages! Ça devient de la course à l’audimat par tous les moyens, c’est de la vraie télé-réalité. Encore de la coquille vide pour le peuple.
          Comme disait Krishnamurti :
          Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade. Et ici le mal est à la racine, la Démocratie.

        • Evidemment que les sondages sont instrumentalisés, tout l’est, jette quelque strapontins au milieu des crève la place et c’est la foire d’empoigne.

  13. Lundi 9 février 2015 :

    Cameron a présidé une réunion consacrée à un éventuel « Grexit ».

    Le Premier ministre britannique David Cameron a présidé lundi une réunion avec des responsables du ministère des Finances et de la Banque d’Angleterre consacrée à la marche à suivre en cas de sortie de la Grèce de la zone euro (« Grexit »), a dit une source du ministère.

    Le ministre des Finances George Osborne a dit dimanche que le pays accélérait ses préparatifs à une telle éventualité, notant que le rapport de forces entre la Grèce et la zone euro augmentait les risques pesant sur l’économie britannique.

    « Il s’est agi d’une réunion entre le Premier ministre et des responsables du Trésor et de la Banque centrale. Personne ne dit que cela (la sortie de la Grèce de la zone) va avoir lieu, mais il paraît judicieux d’examiner ce risque. Qui serait facteur d’une réelle instabilité », a dit la source.

    La Bourse d’Athènes chutait de près de 6% vers 11h35 GMT, au lendemain du discours de politique générale du Premier ministre Alexis Tsipras, qui a réaffirmé vouloir s’affranchir de la « troïka » et en finir avec l’austérité.

    « Une sortie forcée de la Grèce de la zone euro entraînerait la fin de la monnaie unique », a pour sa part affirmé dimanche le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0VJ25620150209

  14. Claude Saint-Jarre

    Sacrée croissance:
    Ce livre et film de Marie-Monique Robin présente une vision holistique très intéressante, puisqu’elle y glisse un mot de la démocratie participative et qu’elle parle de la monoculture monétaire et des taux d’intérêts. Le seul hic c’est qu’elle n’y parle pas du Plan C.

    http://4emesinge.com/sacree-croissance-entretien-avec-marie-monique-robin/

  15. « Contrairement au citoyen lambda, le système fonctionne à un niveau mondiale et n’oublie rien. Ils se reposent sur des analyses psychologiques pointues qui leur ont permis de comprendre qu’en opérant de façon cyclique ils avaient les meilleures chances de remporter la partie. Ce sont tout d’abord les stratégies militaires qui leur ont fait considérer ce moyen, puis les recherches en psychologie comportementale sur les foules leur ont permis de conforter cette idée.

    Car la meilleure façon de remporter une guerre est de l’étaler sur un plan cyclique et donc au même rythme que la vie, de sorte qu’il soit impossible à une personne seul (et en l’espace d’une seule vie) de recoller les morceaux.

    Pourtant pour l’oeil averti, il a été (ces 50 dernières années) assez aisé de voir se dérouler une dissidence factice toujours en direction des jeunes. Du Rap débilisant, à SOS Racisme dans les années 80, jusqu’à la pseudodissidence d’aujourd’hui. Des figures comme Bob Marley, Che Guevara, 2Pac font l’objet d’un culte d’idole New Age.

    Je me revois seul face à tous mes amis essayant de leur expliquer qu’un chanteur ne peut pas dénoncer un système qui contribue largement (voire totalement à sa célébrité) ! Et j’assistais à une déferlante d’insultes ponctuée de bave sur les lèvres, signes de l’adepte dont on vient d’égratigner l’idole. Voilà les effets de l’idolatrie de bazar qui coupe toutes connections neuronales.

    Le système a compris depuis des siècles (et je pèse mes mots) que pour avancer il lui fallait SATISFAIRE tout le monde. C’est l’un des buts de l’industrialisation du 19è siècle. En misant sur les plaisirs de la société de consommation, on devient la main qui contrôle et alimente tout et son inverse, c’est-à-dire le système et sa dissidence. D’une certaine façon ils s’amusent à faire la pluie et le beau temps (et ce n’est pas qu’une métaphore, vu leur capacité à pouvoir modifier le climat).

    C’est ainsi que le système gère toute la consommation qu’elle soit le trafic de drogue, de pornographie, des guérillas, ou dans le monde du spectacle Hollywood, l’information, les dessins animés, les jeux vidéos, les célébrités idolatrées… Ces productions demandent des moyens considérables et c’est le système qui paie, donc c’est lui qui impose sa propagande à travers. Il suffit d’écouter les cris de douleur d’un Michael Jackson en son temps pour comprendre à quel point la célébrité s’apparente à de la prostitution.

    Lorsque vous êtes un réel danger pour le système, vous disparaissez pratiquement sans un bruit dans les médias. Vous devenez un paria comme Stanley Meyers ou Pantone ou la série des savants maudits. On vous pond un petit docu sur Arte et c’est terminé !

    Mais revenons au sujet, il s’agit de satisfaire l’envie de se rebeller contre le système dans des voies de garage qui sont totalement adoubées par celui-ci ! Essayez d’aller créer un village idéal avec une vingtaine de potes et vous verrez à quel point le système va vous tomber dessus. Des personnages font carrière dans ces voies pseudodissidentes, c’est un métier très rentable comme le montre les rappeurs à deux balles américains.
    Ce fonctionnement cyclique qui permet de garder les plus jeunes, mais aussi des pseudojeunes comme Besancenot toujours en lice permet aussi de conférer un rendement cyclique au système. Ainsi la propagande ne fait que se propager de plus en plus et par tous les moyens. C’est aussi le système qui crée des fondations de toutes sortes comme la WWF pour les animaux ou toute sorte d’ONG pour soit-disant sauver la veuve et l’orphelin. Non, il s’agit juste de faire tomber les barrières diplomatiques nationales, d’infiltrer depuis de soumettre cette prétendue veuve et cet orphelin aux dictats drastiques du marché (pour les matérialistes qui ne voit pas plus loin que ça) et plus profondément du luciférianisme (pour ceux qui savent parfaitement à quel culte se voue réellement l’élite mondiale en place).

    La vérité c’est que nous sommes réduit à voir ces choses se dérouler devant nos yeux sans presque pouvoir rien y faire et cela le système le sait parfaitement, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne se cache même plus, et vous avez des personnalistés politiques comme George Bush ou Nicolas Sarkozy vous lançant des menaces médiatisés à quiconque souhaiterait s’opposer à la marche du « Nouvel ordre mondial ».

    La seule chose qui me rassure, c’est de savoir que justement tout ceci est cyclique mais pas dans le sens développé plus haut. Tout ceci a déjà été fait et se fera encore jusqu’à l’achèvement du cycle. Tout ceci est vain, pendant qu’ils s’amusent à dominer la Terre ou à défier « Dieu » ils perdent de vue le vrai but de la vie et certain même le connaissant le refuse sciemment. C’est tellement tentant de s’amuser à faire joujou avec la Nature… Pfff ! »

    Un ami internaute, s’il m’est permis ce qualificatif.

    • …. »l’objet d’un culte d’idole New Age. »

      d’après Joël Labruyère, mais il n’est pas le seul dans cette perspective, le New Age est instrumentalisé depuis ses débuts qui remontent à H.P.Blavatsky, il y a plus d’un siècle. Les manips de Blavatsky et de ses potes de la Théosophie pour faire de Krishnamurti le nouveau pape de la religion universelle, manipulations échouées puisque Krishnamurti a détruit la société théosophique le jour où il en est devenu le maître, ont repoussé au calendes grecques, précisément, l’émergence de cette nouvelle religion universelle…. pour laquelle il y a sûrement beaucoup de prétendants; et religion universelle qui semble une nécessite (sine qua non?) pour un gouvernement global.

      Sans pourtant qu’il soit question de relativisme, j’ai la conviction qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
      Et même si les ‘New Age’ sont plutôt largués, dans leur mouvement pas moins qu’ailleurs, il y a des trésors à déterrer. le critère est de faire de celui-ci une vérité intérieure.

  16. Je ne sais plus qui, d’Étienne ou d’Ana Saillant, avait posté il y a un certain temps (quelle précision) une analyse d’une philosophe (Hannah Arendt ou Simone Weil ? précision bis !) concernant la répartition paradoxale du pouvoir entre le petit nombre et le grand nombre, répartition qui devrait logiquement se faire en faveur du second mais qui se fait invariablement en faveur du premier ?

    Si quelqu’un pouvait me redonner ce lien vers ce texte ESSENTIEL que je ne parviens pas à retrouver, merci d’avance !

    • Ca y est, retrouvé, c’est bien Simone Weil !
      Je le copie une seconde fois car c’est vraiment je crois une réflexion majeure :
      Méditation sur l’obéissance et la liberté
      hiver 1937-1938

      La soumission du plus grand nombre au plus petit, ce fait fondamental de presque toute organisation sociale, n’a pas fini d’étonner tous ceux qui réfléchissent un peu. Nous voyons dans la nature, les poids les plus lourds l’emporter sur les moins lourds, les races les plus prolifiques étouffer les autres. Chez les hommes, ces rapports si clairs semblent renversés. Nous savons, certes, par une expérience quotidienne, que l’homme n’est pas un simple fragment de la nature, que tout ce qu’il y a de plus élevé chez l’homme, la volonté, l’intelligence, la foi, produit tous les jours des espèces de miracles. Mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici. La nécessité impitoyable qui a maintenu et maintient sur les genoux les masses de pauvres, les masses de subordonnés est analogue à tout ce qu’il y a de brutal dans la nature. Et pourtant, elle s’exerce apparemment en vertu de lois contraires à celles de la nature. Comme si, dans la balance sociale, le gramme l’emportait sur le kilo.

      Il y a près de quatre siècles, le jeune La Boétie, dans son Contr’Un [Discours de la servitude volontaire], posait la question. Il n’y répondait pas. De quelles illustrations émouvantes pourrions-nous appuyer son petit livre, nous qui voyons aujourd’hui, dans un pays qui couvre le sixième du globe, un seul homme [Joseph Staline] saigner toute une génération ! C’est quand sévit la mort que le miracle de l’obéissance éclate aux yeux. Que beaucoup d’hommes se soumettent à un seul par crainte d’être tués par lui, c’est assez étonnant ; mais qu’ils restent soumis au point de mourir sous son ordre, comment le comprendre ? Lorsque l’obéissance comporte au moins autant de risque que la rébellion, comment se maintient-elle ?

      La connaissance du monde matériel où nous vivons a pu se développer à partir du moment où Florence, après tant d’autres merveilles, a apporté à l’humanité, par l’intermédiaire de Galilée, la notion de force. C’est alors aussi seulement que l’aménagement du milieu matériel par l’industrie a pu être entrepris. Et nous, qui prétendons aménager le milieu social, nous n’en possèderons pas même la connaissance la plus grossière aussi longtemps que nous n’aurons pas vraiment conçu la notion de force sociale. La société ne peut pas avoir ses ingénieurs aussi longtemps qu’elle n’aura pas eu son Galilée. Y a-t-il en ce moment, sur toute la surface de la terre, un esprit qui conçoive même vaguement comment il se peut qu’un homme, au Kremlin, ait la possibilité de faire tomber n’importe quelle tête dans les limites des frontières russes ?
      Les marxistes n’ont pas facilité une vue claire du problème en choisissant l’économie comme clef de l’énigme sociale. Si l’on considère une société comme un être collectif, alors ce gros animal, comme tous les animaux, se définit principalement par la manière dont il s’assure la nourriture, le sommeil, la protection contre les intempéries, bref la vie. Mais la société considérée dans son rapport avec l’individu ne peut pas se définir simplement par les modalités de la production. On a beau avoir recours à toutes sortes de subtilités pour faire de la guerre un phénomène essentiellement économique, il éclate aux yeux que la guerre est destruction et non production. L’obéissance et le commandement sont aussi des phénomènes dont les conditions de la production ne suffisent pas à rendre compte. Quand un vieil ouvrier sans travail et sans secours périt silencieusement dans la rue ou dans un taudis, cette soumission qui s’étend jusque dans la mort ne peut pas s’expliquer par le jeu des nécessités vitales. La destruction massive du blé, du café, pendant la crise est un exemple non moins clair. La notion de force et non la notion de besoin constitue la clef qui permet de lire les phénomènes sociaux.

      Galilée n’a pas eu à se louer, personnellement, d’avoir mis tant de génie et tant de probité à déchiffrer la nature ; du moins ne se heurtait-il qu’à une poignée d’hommes puissants spécialisés dans l’interprétation des Écritures. L’étude du mécanisme social, elle, est entravée par des passions qui se retrouvent chez tous et chez chacun. Il n’est presque personne qui ne désire soit bouleverser, soit conserver les rapports actuels de commandement et de soumission. L’un et l’autre désir mettent un brouillard devant le regard de l’esprit, et empêchent d’apercevoir les leçons de l’histoire, qui montre partout les masses sous le joug et quelques uns levant le fouet.

      Les uns, du côté qui fait appel aux masses, veulent montrer que cette situation est non seulement inique, mais aussi impossible, du moins pour l’avenir proche ou lointain. Les autres, du côté qui désire conserver l’ordre et les privilèges, veulent montrer que le joug pèse peu, ou même qu’il est consenti. Des deux côtés, on jette un voile sur l’absurdité radicale du mécanisme social, au lieu de regarder bien en face cette absurdité apparente et de l’analyser pour y trouver le secret de la machine. En quelque matière que ce soit, il n’y a pas d’autre méthode pour réfléchir. L’étonnement est le père de la sagesse, disait Platon.

      Puisque le grand nombre obéit, et obéit jusqu’à se laisser imposer la souffrance et la mort, alors que le petit nombre commande, c’est qu’il n’est pas vrai que le nombre est une force. Le nombre, quoique l’imagination nous porte à croire, est une faiblesse. La faiblesse est du côté où on a faim, où on s’épuise, où on supplie, où on tremble, non du côté où on vit bien, où on accorde des grâces, où on menace. Le peuple n’est pas soumis bien qu’il soit le nombre, mais parce qu’il est le nombre. Si dans la rue un homme se bat contre vingt, il sera sans doute laissé pour mort sur le pavé. Mais sur un signe d’un homme blanc, vingt coolies annamites peuvent être frappés à coups de chicotte, l’un après l’autre, par un ou deux chefs d’équipe.
      La contradiction n’est peut-être qu’apparente. Sans doute, en toute occasion, ceux qui ordonnent sont moins nombreux que ceux qui obéissent. Mais, précisément parce qu’ils sont peu nombreux, ils forment un ensemble. Les autres, précisément parce qu’ils sont trop nombreux, sont un plus un plus un, et ainsi de suite. Ainsi, la puissance d’une infime minorité repose malgré tout sur la force du nombre. Cette minorité l’emporte de beaucoup en nombre sur chacun de ceux qui composent le troupeau de la majorité. Il ne faut pas en conclure que l’organisation des masses renverserait le rapport, car elle est impossible. On ne peut établir de cohésion qu’entre une petite quantité d’hommes. Au-delà, il n’y a plus que juxtaposition d’individus, c’est-à-dire faiblesse.

      Il y a cependant des moments où il n’en est pas ainsi. À certains moments de l’histoire, un grand souffle passe sur les masses ; leur respiration, leurs paroles, leurs mouvements se confondent. Alors, rien ne leur résiste. Les puissants connaissent à leur tour, enfin, ce que c’est que de se sentir seul et désarmé ; et ils tremblent. Tacite, dans quelques pages immortelles qui décrivent une sédition militaire, a su parfaitement analyser la chose. « Le principal signe d’un mouvement profond, impossible à apaiser, c’est qu’ils n’étaient pas disséminés ou manœuvrés par quelques uns, mais ensemble ils prenaient feu, ensemble ils se taisaient, avec une telle unanimité et une telle fermeté qu’on aurait cru qu’ils agissaient au commandement. » Nous avons assisté à un miracle de ce genre en juin 1936 et l’impression ne s’en est pas encore effacée.

      De pareils moments ne durent pas, bien que les malheureux souhaitent ardemment les voir durer toujours. Ils ne peuvent pas durer, parce que cette unanimité, qui se produit dans le feu d’une émotion vive et générale, n’est compatible avec aucune action méthodique. Elle a toujours pour effet de suspendre toute action, et d’arrêter le cours quotidien de la vie. Ce temps d’arrêt ne peut se prolonger ; le cours de la vie quotidienne doit reprendre, les besognes de chaque jour s’accomplir. La masse se dissout à nouveau en individus, le souvenir de sa victoire s’estompe ; la situation primitive, ou une situation équivalente, se rétablit peu à peu ; et bien que dans l’intervalle les maîtres aient pu changer, ce sont toujours les mêmes qui obéissent.

      Les puissants n’ont pas d’intérêt plus vital que d’empêcher cette cristallisation des foules soumises, ou du moins, car ils ne peuvent pas toujours l’empêcher, de la rendre le plus rare possible. Qu’une même émotion agite en même temps un grand nombre de malheureux, c’est ce qui arrive très souvent par le cours naturel des choses ; mais d’ordinaire cette émotion, à peine éveillée, est réprimée par le sentiment d’une impuissance irrémédiable. Entretenir ce sentiment d’impuissance, c’est le premier article d’une politique habile de la part des maîtres.
      L’esprit humain est incroyablement flexible, prompt à imiter, prompt à plier sous les circonstances extérieures. Celui qui obéit, celui dont la parole d’autrui détermine les mouvements, les peines, les plaisirs, se sent inférieur non par accident, mais par nature. À l’autre bout de l’échelle, on se sent de même supérieur, et ces deux illusions se renforcent l’une l’autre. Il est impossible à l’esprit le plus héroïquement ferme de garder la conscience d’une valeur intérieure, quand cette conscience ne s’appuie sur rien d’extérieur. Le Christ lui-même, quand il s’est vu abandonné de tous, bafoué, méprisé, sa vie comptée pour rien, a perdu un moment le sentiment de sa mission ; que peut vouloir dire d’autre le cri : « mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Il semble à ceux qui obéissent que quelque infériorité mystérieuse les a prédestinés de toute éternité à obéir ; et chaque marque de mépris, même infime, qu’ils souffrent de la part de leurs supérieurs ou de leurs égaux, chaque ordre qu’ils reçoivent, surtout chaque acte de soumission qu’ils accomplissent eux-mêmes, les confirment dans ce sentiment.

      Tout ce qui contribue à donner à ceux qui sont en bas de l’échelle sociale le sentiment qu’ils ont une valeur est, dans une certaine mesure, subversif. Le mythe de la Russie soviétique est subversif pour autant qu’il peut donner au manœuvre d’usine communiste renvoyé par son contremaître le sentiment que malgré tout il a derrière lui l’armée rouge et Magnitogorsk [centre sidérurgique, au pied de l’Oural, qui était censé montrer la réussite des plans quinquennaux soviétiques], et lui permettre ainsi de conserver sa fierté. Le mythe de la révolution historiquement inéluctable joue le même rôle, quoique plus abstrait ; c’est quelque chose, quand on est misérable et seul, que d’avoir pour soi l’histoire.

      Le christianisme, dans ses débuts, était lui aussi dangereux pour l’ordre. Il n’inspirait pas aux pauvres, aux esclaves, la convoitise des biens et de la puissance, tout au contraire ; mais il leur donnait le sentiment d’une valeur intérieure qui les mettait sur le même plan ou plus haut que les riches, et c’était assez pour mettre la hiérarchie sociale en péril. Bien vite il s’est corrigé, a appris à mettre entre les mariages, les enterrements des riches et des pauvres la différence qui convient, et à reléguer les malheureux, dans les églises, aux dernières places.

      La force sociale ne va pas sans mensonge. Aussi, tout ce qu’il y a de plus haut dans la vie humaine, tout effort de pensée, tout effort d’amour est corrosif pour l’ordre. La pensée peut aussi bien, à aussi juste titre, être flétrie comme révolutionnaire d’un côté, comme contre-révolutionnaire de l’autre. Pour autant qu’elle construit sans cesse une échelle de valeurs « qui n’est pas de ce monde », elle est l’ennemie des forces qui dominent la société.

      Mais elle n’est pas plus favorable aux entreprises qui tendent à bouleverser ou à transformer la société, et qui, avant même d’avoir réussi, doivent nécessairement impliquer chez ceux qui s’y vouent la soumission du plus grand nombre au plus petit, le dédain des privilégiés pour la masse anonyme et le maniement du mensonge. Le génie, l’amour, la sainteté méritent pleinement le reproche qu’on leur fait des fois de tendre à détruire ce qui est sans rien construire à la place.

      Quant à ceux qui veulent penser, aimer, et transporter en toute pureté dans l’action politique ce que leur inspirent leur esprit et leur cœur, ils ne peuvent que périr égorgés, abandonnés même des leurs, flétris après leur mort par l’histoire, comme ont fait les Gracques. [Le tribun Tiberius Gracchus (162-133 av JC) proposa une loi agraire qui heurta les intérêts du patriciat ; la plèbe l’abandonna et il fut tué lors d’une émeute. Son frère Caius Gracchus (154-121 av JC), également tribun, tenta à son tour des réformes dont la mise en œuvre se heurta elle aussi à l’hostilité de la plèbe suscitée par les démagogues du patriciat. Caius Gracchus périt assassiné.]
      Il résulte d’une telle situation, pour tout homme amoureux du bien public, un déchirement cruel et sans remède. Participer, même de loin, au jeu des forces qui meuvent l’histoire n’est guère possible sans se souiller ou sans se condamner d’avance à la défaite. Se réfugier dans l’indifférence ou dans une tour d’ivoire n’est guère possible non plus sans beaucoup d’inconscience. La formule du « moindre mal », si décriée par l’usage qu’en ont fait les social-démocrates, reste alors la seule applicable, à condition de l’appliquer avec la plus froide lucidité.

      L’ordre social, quoique nécessaire, est essentiellement mauvais, quel qu’il soit. On ne peut reprocher à ceux qu’il écrase de le saper autant qu’ils peuvent ; quand ils se résignent, ce n’est pas par vertu, c’est au contraire sous l’effet d’une humiliation qui éteint chez eux les vertus viriles. On ne peut pas non plus reprocher à ceux qui l’organisent de le défendre, ni les représenter comme formant une conjuration contre le bien général. Les luttes entre concitoyens ne viennent pas d’un manque de compréhension ou de bonne volonté ; elles tiennent à la nature des choses, et ne peuvent pas être apaisées mais seulement étouffées par la contrainte. Pour quiconque aime la liberté, il n’est pas désirables qu’elles disparaissent, mais seulement qu’elles restent en deçà d’une certaine limite de violence.

      Simone Weil (1909 – 1943).

  17. Mardi 10 février 2015 :

    Le ministre allemand des Finances met en garde Athènes.

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dit mardi que si la Grèce ne voulait pas d’un nouveau programme, alors tout était fini.

    Le ministre a ajouté que l’Eurogroupe voulait entendre mercredi de la part d’Athènes quelque chose qui l’engage.

    Il a par ailleurs démenti les informations selon lesquelles la Grèce serait parvenue à un accord avec la Commission européenne et a dit que l’Eurogroupe, soit l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro, ne négocierait pas de nouveau programme pour la Grèce mercredi lors de sa réunion.

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-ministre-allemand-des-finances-met-en-garde-athenes-1030668.php

    • ozui, Schäuble, comme Macron ou Valls, Hollande, Cazeneuve, Taubira et le reste de cette clique, Juncker, Schulz etc inclus ne travaillent uniquement pour plaire aux oligarches qui les ont financés. C’est nouveau ca?

    • … ou croyez-vous qu’ils sont au pouvoir par hasard?

    • On parle toujours du processus de sortie volontaire d’un état membre de l’UE ( et l’article 50 cher à Asselineau est thème jouissif de disputes homériques 😉 )

      Mais

      et là les spécialistes pourront nous renseigner

      il me semble que l’exclusion d’un état par les autres doit être un sacré gymkhana ( -> ? )

      et que

      la politique de la chaise vide inventée par De Gaulle peut faire saigner les gencives des décideurs-oligarques-autoproclamés-autistes pendant des mois ou des années …

      =>

      Plus que cible potentielle, la Grèce n’est elle pas en position de force ?

  18. L’Economie comme bafouée et en danger ^^…

    https://www.youtube.com/watch?v=pvgr_pof9Ao

    … pauvres petits millardaires !

  19. Du grand n’importe quoi, oui, et une rhétorique, une façon de s’exprimer nulle à chier, qui sonne faux et faux et encore faux ! « La guerre » que tu dis, Macaque&FLAMBY, on devrait te faire Charlie, pour l’exemple et à l’adresse de tous tes petits copains, autres canailles et ces pontes de mes deux qui t’emploient !…

    … et démolir les Invalides, l’Assemblée Nationale et j’en passe, pendant qu’on y est !

    http://lesmoutonsenrages.fr/2012/06/18/le-mystere-des-obelisques-a-5-spheres-le-tombeau-de-napoleon-bonaparte/

    Mais c’est quoi ce culte de la personne et toute cette prétention grotesque de politicards véreux et de conquérants mal dégrossis d’ego ?!

    Maximilien de ROBESPIERRE

  20. Claude Saint-Jarre

    Une critique de la constitution canadienne:

    L’aide médicale à mourir approuvée par la Cour suprême
    Suprêmement illégitime

    En vertu des mêmes articles de la Constitution, le plus haut tribunal a jugé une chose et son exact contraire en 22 ans

    http://www.ledevoir.com/politique/canada/431427/l-aide-medical-a-mourir-appouve-par-la-cour-supreme-supremement-illegitime

  21. « Ils haïssent nos libertés »
    Et s’ils visaient les opérations militaires occidentales ?

    http://orientxxi.info/magazine/ils-haissent-nos-libertes,0795

    Après les attentats perpétrés contre l’hebdomadaire Charlie hebdo et dans un commerce parisien casher, le slogan « Je suis Charlie » et la manifestation du 11 janvier 2015 ont délivré un message unanime, celui de la défense de la liberté d’expression, fer de lance de la démocratie pour l’Occident, symbole de la « civilisation » contre « la barbarie ». Erreur, affirme Alpha Winston : ce n’est pas la liberté d’expression qui est visée par les attaques terroristes, mais les pays occidentaux menant des opérations militaires dans le monde arabe et dans le monde musulman. Un point de vue d’un représentant de la gauche radicale américaine.

    Ceux qui sont incapables de se souvenir du passé sont condamnés à le répéter.
    George Santayana

    Peu de temps après le 11-Septembre, le président de l’époque, George W. Bush n’avait aucun doute lorsqu’il expliqua la raison pour laquelle les terroristes avaient agi comme ils l’avaient fait : « Ils haïssent nos libertés : notre liberté de culte, notre liberté d’expression, notre liberté de voter, de nous assembler et d’exprimer nos désaccords ».

    Retour en 2015 : le président Barack H. Obama a les mêmes certitudes quant aux motivations des assassins de Charlie Hebdo : « Le fait que ce soit un attentat contre des journalistes, un attentat contre notre presse libre, souligne aussi à quel point ces terroristes craignent la liberté d’expression et la liberté de la presse ». Ajoutons à cela ce qu’on peut lire dans les médias commerciaux — tout le monde, du New Yorker à Vox et Slate semble être sur la même ligne — et l’on serait tenté d’en conclure que Bush et Obama ont raison. Après tout, chaque papier que j’ai lu à la suite des attentats était une variante de : « Nous devons défendre la liberté d’expression face à la barbarie. »

    Et dans l’esprit de la liberté d’expression, permettez-moi de dire ceci : ce sont des foutaises, cette analyse est totalement fausse. Les terroristes n’agissent pas de la sorte parce qu’ils haïssent la liberté ; ils le font parce qu’ils sont terriblement en colère contre la violence occidentale.

    Je vous explique. Si la motivation des terroristes était leur immense haine de la liberté, on pourrait s’attendre à voir une activité terroriste partout où les gens vivent en liberté (relative). Mais la réalité, c’est que les Argentins, les Brésiliens, les Chiliens, les Mexicains, les Sud-Africains, les Tchèques, les Japonais et toute une série d’autres peuples jouissent des mêmes libertés relatives que les Américains et les Français, et pourtant ils ne vivent pas dans la peur constante d’un attentat terroriste. Pour quelle raison ? Si les terroristes haïssent tant la liberté et sont prêts à tuer à cause de leur haine de la liberté, pourquoi semblent-ils concentrer leurs activités sur les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, Israël, et quelques autres endroits de choix ? Est-ce parce que les Américains ont beaucoup plus de liberté que les Japonais ?

    Bien sûr que non.

    La réponse est que les terroristes ciblent ces pays parce que ces pays sont précisément ceux qui mènent des activités militaires partout dans le monde arabe et musulman. Et ceci est, cher lecteur, la raison pour laquelle les terroristes font ce qu’ils font. Ils ne haïssent pas la liberté ; ils haïssent ce qu’ils ressentent comme étant des injustices flagrantes perpétrées contre leur patrie et leur peuple (que vous soyez d’accord ou pas avec eux est hors de propos). Tandis que, bien sûr, on peut ne pas être d’accord avec leur ressenti et leurs méthodes — et pour preuve, je condamne toute violence, de quelque nature qu’elle soit —, il ne fait aucun doute que l’activité terroriste prend ses racines dans la perception des injustices commises par l’Occident dans les pays arabes et musulmans. Les meurtriers eux-mêmes nous le disent tout le temps. Par exemple, c’est exactement ce que Chérif Kouachi, l’un des tireurs du massacre à Charlie Hebdo, a dit il y a six ans. Comme mentionné dans ce long article de Der Spiegel : « Pendant le procès (de Chérif Kouachi) en 2008, il a déclaré qu’il s’était radicalisé en voyant les photos d’Abou Ghraib. »1 Cela vaut la peine de relire cette phrase. Il se peut que Chérif Kouachi ait choisi de prendre Charlie Hebdo pour cible pour un certain nombre de raisons — peut être que le journal était sur une liste de cibles d’Al-Qaida2 ou peut-être pas —, mais il ne fait aucun doute que c’est ce qui s’est passé à Abou Ghraib qui l’a fait se radicaliser.

    Il est crucial de se rappeler que c’est cette radicalisation qui a transformé Chérif. D’un gars qui « fumait de la marijuana [et] écoutait du rap et se décrivait lui-même comme un musulman “occasionnel” » 3, elle a fait un tueur impitoyable criant « Allah Akbar ! » en s’enfuyant de la scène du massacre qu’il avait commis. Pour résumer, il a pu prendre pour cible les locaux d’un journal satirique, mais ce n’est pas l’œuvre de ce journal satirique qui fut initialement à l’origine du besoin de recourir à la violence. En revanche, ce qui, selon ses propres termes, l’a fait se radicaliser, ce sont les photos d’Abou Ghraib.

    Et dans l’esprit de la liberté d’expression, je publie ici des photos d’Abou Ghraib, même si elles vont certainement offenser certaines personnes. Ces photos — ainsi que les actes qu’elles révèlent, bien sûr — ont offensé au moins un des tireurs de Charlie Hebdo au point de le mettre dans une rage incontrôlable, de le radicaliser et de faire naître chez lui le désir de tuer. De toute évidence, il se peut que nous n’approuvions pas la ligne de conduite qu’ils ont choisie pour exprimer leur rage ; il n’en demeure pas moins que mon propos principal reste valide : ce n’est pas pour autant que je prétends que ces attentats se sont produits à cause d’une vague incantation généralisée de « ils haïssent nos libertés. »

    Ce raisonnement n’a tout simplement pas de sens.

    Et en nous mentant à nous-mêmes à la suite de ces attaques, en réaffirmant notre engagement envers la liberté d’expression, en encensant la dernière couverture de Charlie Hebdo comme un acte courageux et de défi, nous ne faisons que perpétuer le cycle sans fin de l’attentat terroriste suivi d’une surveillance accrue, suivie d’aventures militaires à l’étranger, suivies d’une attaque terroriste. Et ainsi de suite ad nauseam. En concentrant à tort notre attention sur la liberté d’expression, jamais nous ne nous donnons la peine de réfléchir aux véritables raisons qui poussent les terroristes à agir comme ils le font. Tant que nous ne comprendrons pas ce qui motive les terroristes, nous ne pourrons jamais les arrêter. Comme l’a déjà fait remarquer Glenn Greenwald dans le Guardian, les terroristes donnent encore et encore le même mobile à ce qu’ils font : « Ils disent tous catégoriquement la même chose : qu’ils ont été motivés par la violence horrible et sans fin perpétrée par les États-Unis et ses alliés dans le monde musulman. Violence qui systématiquement tue et opprime des innocents, hommes, femmes et enfants »4.

    Mais c’est précisément la chose dont l’Occident refuse de discuter après tout attentat. Au lieu de cela, nous nous drapons dans des questions à la Charlie Hebdo, criant « Liberté d’expression ! », crayon brandi […] comme si cela allait tout résoudre (ou même résoudre quoi que ce soit). De telles actions peuvent contribuer à nous faire nous sentir bien, mais en réalité elles nous transforment en robots stupides scandant des slogans approuvés par le gouvernement : « Liberté d’expression ! », « Je suis Charlie ! », sans jamais prendre la peine de penser aux victimes de la violence occidentale dans le monde arabe et musulman qui sont la cause première du terrorisme. Et parce que nous ne pensons jamais à ces victimes — celles de l’attaque d’un drone américain qui a tué au moins 12 personnes lors d’un mariage au Yémen5, des huit autres cérémonies de mariage que les États-Unis ont bombardées depuis 20016, l’enfant que les États-Unis ont détenu pendant des années à Guantanamo7, etc. —, elles demeurent invisibles et ignorées.

    Les mêmes questions qui peuvent radicaliser certains individus sont donc précisément celles auxquelles l’Occident refuse de réfléchir. Il n’y a pas de rassemblements en Occident en solidarité avec les milliers d’innocents qui ont été tués suite aux interventions militaires occidentales dans le monde arabe et musulman, il n’y a pas de protestation en solidarité avec les hommes détenus illégalement et indéfiniment à Guantanamo, et il n’y a aucun mouvement de masse pour honorer la mémoire de ceux dont la vie a été écourtée par des drones américains.

    Ainsi donc, le cycle sans fin semble devoir se perpétuer. L’action militaire occidentale au Moyen-Orient provoque la colère des terroristes. Des hommes comme Chérif Kouachi se radicalisent, ils ont recours à la violence, et l’Occident réagit en criant « Ils haïssent nos libertés ! » tout en ignorant la (longue) trainée de sang et de larmes qui suit les missiles et drones occidentaux. Déjà, des mesures ont été prises pour accroître la surveillance aux États-Unis et au Royaume-Uni en réaction aux fusillades de Charlie Hebdo. Déjà, l’Occident a décidé — que dis-je, a affirmé haut et fort — que nous ne penserons pas aux hommes emprisonnés à Guantanamo. Nous ne penserons pas aux extraditions extraordinaires de la CIA, à la torture parrainée par les États-Unis, etc. Nous ne penserons pas à ce que ça doit faire d’avoir toute sa famille tuée à un mariage. Nous ne penserons pas aux ramifications de la surveillance à grande échelle de la NSA. Au lieu de cela, l’Occident, « Cité de Lumière sur la Colline » auto-proclamée8 continuera de refuser l’autocritique et poursuivra sa marche en avant, totalement indifférente aux conséquences de ses actions décrites ci-dessus et ne concentrera son attention que sur la barbarie des terroristes et son amour (déclaré) pour la liberté d’expression.

    Nous avons déjà vu où cela nous mène, et pour utiliser un vieux dicton légèrement modifié, seul un idiot referait la même chose mais en espérant un résultat différent. Il me semble que pour aller de l’avant nous avons deux options. Nous pouvons opter pour plus de surveillance, aux dépens de nos libertés civiques, dans l’espoir (vain) que les services de sécurité de l’État et les crayons des dessinateurs mettent un terme au terrorisme (vous êtes prévenus : ce ne sera pas le cas). Ou alors, nous pouvons essayer de comprendre les véritables raisons qui amènent les terroristes à faire ce qu’ils font et nous demander : pouvons-nous réduire le nombre d’innocents tués par des drones ? Pouvons-nous ne pas maintenir des hommes en détention indéfiniment ? Pouvons-nous ne pas torturer ? Pouvons-nous ne pas pratiquer les extraditions extraordinaires ? Bref, pouvons-nous ne pas utiliser la surveillance, des bombes et la torture pour « résoudre » nos problèmes ? Peut-être que ça contribuerait à juguler le terrorisme une fois pour toutes. Sinon, la paix me semble un rêve irréalisable.

    1« Assaulting Democracy : The Deep Repercussions of the Charlie Hebdo Attack », Der Spiegel international on line, 9 janvier 2015.

    3Andrew Higgins, Maïa de la Baume, « Two Brothers Suspected in Killings Were Known to French Intelligence Services », New York Times, 8 janvier 2015.

    5Rooj Alwazir, « Yemenis seek justice in wedding drone strike », Al-Jazeera, 21 mai 2014.

    6Tom Engelhardt , « The US Has Bombed at Least Eight Wedding Parties Since 2001 », The Nation, 20 décembre 2013.

    7Michael Paterniti, « The Boy from Gitmo », gq.com, février 2011.

    8Métaphore basée sur Matthieu 5:14-15. « Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n’allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe ; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. »

    Source : orient XXI

    • la logique de guerre doit en effet envisager le retour de flamme

    • Claude Saint-Jarre

      Je suis d’accord avec ce point de vue… mais pourquoi les terroristes ne le disent-ils pas clairement? Ils l’ont peut-être fait sans que j’en sois conscient toutefois…

    • Quel est le mobile de cette histoire pour le moins douteuse ?
      Des terroristes qui n’aiment pas les moqueries échafaudent un attentat en dépensant beaucoup de temps et d’argent. Ils perdent leur vie afin de pouvoir supprimer de simples journalistes. Et à côté de cela, ils acceptent de se faire bombarder en Afrique du Nord grâce aux décisions prises par nos décideurs éclairés (pas par ces journalistes qui ne s’occupent que de caricatures). Ce sont vraiment de drôles de types, ils préfèrent ramasser des bombes sur la tête à la place de caricatures!
      Et ensuite, on nous fait gober que c’est la liberté d’expression qu’ils détestent par dessus tout. Et si c’étaient simplement les caricatures qui leur étaient de mauvais goût (plus encore que nos bombes ???).
      Ce qui les caractérisent aussi, c’est qu’ils ne s’en prennent qu’aux innocents, jamais aux décideurs. Toutes leurs menaces, leurs massacres qui sont diffusés largement dans nos merdias, ne ciblent que des innocents comme nous (jamais des décideurs). Jamais ils ne visent nos instigateurs et pourtant s’ils voulaient agir efficacement ce sont les chefs qu’il faut d’abord cibler. Et si nos dirigeants voulaient vraiment s’attaquer à leur propagande de guerre, la 1ère chose à faire serait d’arrêter de diffuser tous ces assassinats en direct. Mais bon, cela arrêterait de nous faire peur…voilà peut-être le mobile.

  22. Mercredi 11 février 2015 :

    « La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux », a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

    « En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd’hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux », a indiqué le ministre russe lors d’une conférence de presse avec M. Kotzias.

    « Si le gouvernement grec s’adresse à nous, cet appel sera bien examiné par la Russie », a assuré M. Lavrov.

    Le chef de la diplomatie russe a aussi salué la ligne constructive du gouvernement grec qui se prononce pour le développement de notre partenariat stratégique sans tenter de le politiser, de le teinter d’idéologie ou de sacrifier les ambitions géopolitiques d’Etats tiers, en une référence à l’Ukraine, que la Russie accuse d’être pilotée par les Occidentaux.

    « Nous apprécions la position du gouvernement grec, qui comprend qu’il est absolument contre-productif de tenter de parler dans la langue des sanctions avec la Russie », a souligné M. Lavrov.

    Le ministre russe a aussi discuté avec son collègue grec les excellentes perspectives d’un partenariat gréco-russe dans le secteur de l’énergie, compte tenu de l’intérêt d’Athènes pour le gazoduc que la Russie compte construire via la Turquie jusqu’à la frontière grecque pour livrer du gaz aux Européens.

    Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l’UE depuis 1981.

    http://www.romandie.com/news/La-Russie-prete-a-examiner-une-demande-daide-financiere-de-la-Grece/564738.rom

    • La théorie (un peu psy) du limes (mot latin, limite) est ici abordée, en vogue en effet au moment de la chute du mur, mais à l’époque considérée comme plaisir intellectuel un peu vain . Et pourtant …
      Et pourtant tout ça semble dramatiquement objectif et réel.

      Tout se passe comme si tout Etat avait besoin d’un interface qui le borne mais qui aussi lui donne sa raison d’être : dépasser les bornes.
      Sur le limes se construit tout un pan de son être et de sa cohésion intérieure.
      ->
      La dimension « psychologie collective » ou « dynamique de groupe » est importantissime car tout se passe comme si l’absence d’ennemi (((disparition d’un ennemi dans le cas du couple amour-vache USA URSS))) était insupportable et provoquait le besoin de s’en inventer.

      Cette vidéo est très riche 😉

      Voir aussi :

      http://dandurand.uqam.ca/evenements/appels-de-communications/671-barrieres-murs-et-frontieres-etat-dinsecurite-ou-insecurite-de-letat-.html

      • @ Ana : d’après de récentes études, une des causes des allergies, notamment des allergies respiratoires et celles affectant la peau serait l’excès d’ « hygiène ».

        Le système de défense immunitaire désœuvré de personnes vivant dans des environnements trop aseptisés se retourneraient contre lesdites personnes faute d’ennemi à combattre…comme pour se maintenir malgré tout en état de fonctionner !

    • Claude Saint-Jarre

       » Mettre un peu de ciel sur cette terre ». Je suis bien d,accord. Le plan C est une exemple de ciel. Si nous apprenons à nous regarder nous-mêmes et à bien nous voir, individuellement, nous sommes tous et toutes du ciel ici.

  23. Bonjour,
    Bingo!
    « US fears Russian publication of satellite photos of the tragedy of 9/11. »
    httpv://www.veteranstoday.com/2015/02/10/pravda-putin-threatens-to-release-satellite-evidence-of-911/

    Ils l’ont bien cherché….
    Bien à vous,

  24. Perle du jour (plus utile pour questionner qu’à prendre au pied de la lettre) :

    Lanza del vasto (philosophe militant de la paix italien. Poète français, sculpteur et dessinateur ), les quatre fléaux (1959) p.245 :

    « l’égalité n’existe pas en tribu, non plus que l’inégalité. Chacun y a sa place marquée par sa naissance, ce qui ne prête à nulle discussion, prétention ou jalousie, ce qui assure l’insertion organique de chacun dans le tout, et la circulation de la vie ou échange de services entre membres non interchangeables. Là où l’on ne cherche pas à se mesurer, on n’a que faire d’égalité ou d’inégalité. Réussir, c’est remplir sa place, c’est croître en son être, non changer de situation. »

    Pourrait bien être utile aux membres des lobbys victimaires devenus fous, aveuglés par l’idéologie libérale et sa promesse absurde et fatale de l’homme créateur de lui même…

  25. je ne sais pas si vous avez vu ?
    dommage que l’égo de ce journaliste ne le laisse pas parler, mais enfin :
    https://docs.google.com/file/d/0B7Ea0COGxjxnb1FlNmpBLXZZZDQ/edit?pli=1

  26. @nlescan

    Chavez a réprimé un miuvement anticarcéral en 2007 grâce à sa chère police qu’il aime tant, il y a eu deux blessés par balle.

    http://rebellyon.info/Deux-compagnons-de-la-CNA.html

    Elle est belle la liberté de manifester! Désolé c’est vrai, il y a le référendum révocatoire, c’est vrai que pour garder les chiens en rage tranquilles rien de mieux qu’un os à ronger (un peu comme notre suffrage universel quoi). Vive la démocratie où on se fait tirer dessus par les flics!

    • Attends la Momo, tu connais Caracas ? Je crois que tu ne te rends pas compte…

      Là-bas, il y a des armes à feu partout, quand j’y suis allé pour la mort de mon père, c’était en période pré Chavez (à l’époque il n’y avait plus de pièces de monnaie car les gars partaient au states pour vendre le métal au poids et faire du benef, les gens crevaient la dalle, j’ai vu le gosse d’une dame qui perdait ses cheveux par malnutrition, j’ai vu une coupure d’eau de plusieurs jours alors que le pays regorge de flotte, bref, je reviens au sujet)..

      La nuit à Caracas tu entends les coups de feu, tu as des gens qui se tirent dessus, partout en ville, la nuit, toutes les nuits… Caracas c’est pas le 19eme arrondissement…

      Et donc, là, tu as réussi à dégoter une bavure policière avec des morts à la clef, c’est déplorable… mais ce serait la faute de Chavez ? le raccourci est… court.

      Il y a forcément des choses a critiquer a propos du chavisme, de Maduro, tout ce que tu voudras… Mais bon, quand tu as vu comment allaient les gens a Caracas avant Chavez, et que tu connais l’impact social de sa politique, tu ne peux pas lui cracher a la gueule comme ça.

      C’est très clair que la liberté d’expression existe au Venezuela, va voir, tu verra… Maintenant ça reste un pays dangereux, il y a beaucoup d’armes, beaucoup de criminels… quand il y a des tensions dans la rue, c’est dangereux. Les fonctionnaires de police restent des flics et ils bossent dans un contexte vraiment chaud. Je ne mets pas en doute qu’il puisse y avoir des bavures, de graves bavures… Maintenant, je ne suis pas sûr que ce soit la faute du Chavisme, et encore moins que ce soit une volonté politique. Surtout, je ne crois pas une minute que dans la même situation, le fait qu’un autre gouvernement soit en place ait changé quoi que ce soit…

      Après, tu peux toujours gueuler comme quoi il ne faut pas de police, drapeau noir, tout ça… J’aime bien les mouvement anar, vraiment, j’ai une vague tendance… Mais plus de flics du tout… je ne sais pas, j’y crois qu’à moitié… Je pense que ce serait vite le chaos avec encore plus de gangs et surtout ils auraient le pouvoir exclusif… c’est compliqué.

      En tout cas l’argument, là, ne m’a pas convaincu que le chavisme est criminel et totalitaire, désolé… Je vais te dire, la contestation je suis pour, mais quand ça fait le jeu des USA et de l’Europe, qui ont des régimes fascistes mais « délocalisés », je trouve ça un peu limite…

      Fasciste délocalisé, ça veut dire que chez soi on est à peu près correct (bon, il ne faut pas trop l’ouvrir quand même), mais qu’au sud (en général c’est au sud) on se lâche, on se lâche bien, prédator, on pille, on massacre.

      • Je dis pas que Chavez a pas fait avancer le pays en bien, mais que de là à l’idolâtrer il y a des limites 🙂

        Ensuite il ne me semble pas avoir utilisé le terme de « fascisme » pour décrire le régime de Chavez, mais d’autoritaire, ce qui est quand même différent.

    • Salut Momo,
      6 joints 3 liens…
      les deux premiers vont dans le sens de ton propos, l’horrible Chavez… mais qui c’est qui le dit et surtout pourquoi ils ne se contentent que d’une analyse qui sert leurs intérêts, et de quels intérêts parle-t-on?

      http://www.lecontrarien.com/775-la-capote-au-venezuela-organisons-vite-le-marche-noir-06-02-2015-ce-monde-est-devenu-fou

      c’est un peu en Anglais, ça dit pas tout a fait la même chose que le premier, mais en même temps c’est sur lui que pointe le premier lien, et à la fin concernant les intérêts c’est plus clair!

      et enfin le troisième qui ne déni pas les files d’attentes mais qui analyse leur processus et leur causes….
      Je ne vois pas ce qu’on pourrait y rajouter!
      Sinon Viva el pueblo unido!

      https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/07/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-files-dattente-au-venezuela-sans-jamais-oser-le-demander/

        • Quant au site rébellyon … no comment!

          • Oui tu dois croire comme Asselineau qu’il est financé par la CIA alors que ce sont des bénévoles et que c’est un site collaboratif (donc tout le monde peut poster dessus).
            Méthode étrange que de dire que des gens qui ne pensent pas comme soit sont des agents secrets ou je sais pas trop quel délire xD

          • Quand on voit le marasme social où nous sommes rendus, critiquer une nation bien plus avancés que nous en matière de démocratie, comme le Vénézuela, me paraît hasardeux, pour ne pas dire irresponsable. Avec l’inconvénient supplémentaire qu’en première lecture, cette critique s’apparente à celle des libéraux qui déplorent la perte de leur bénéfices, pour ne citer que la tribune qui titre « En tournant le dos au modèle Chavez, le Venezuela met en difficulté 40 groupes américains » alors qu’il s’agit bien plus d’un approfondissement bolivarien que d’un tourne-dos….
            no comment, comment donc : il y a bien un malaise idéologique dans le fond véhiculé par rebellyon, du genre qui conduit à ostraciser de véritables anarco-démocrate comme notre hôte !
            Qui le finance n’est pas mon propos s’il nuit aux protagonistes de la démocratie. Et ce malaise a à voir avec l’antifascisme mal placé. Dont cette ‘pensée de groupe’ : « Méthode étrange que de dire que des gens qui ne pensent pas comme soit sont des agents secrets ou je sais pas trop quel délire xD », est symptomatique parce que ça c’est juste une ritournelle, une contine, une extrapolation paranoïde…
            Avant d’aller gratter les chavistes, y a peut être du ménage à faire à la maison ?

    • D’ailleurs Momo je n’avais que survolé le lien que tu as posté mais maintenant que j’ai lu le détail de l’histoire racontée par le blog anar je me rend compte que l’accusation de fascisme est encore plus exagérée.

      Rapide résumé pour ceux qui ne lisent pas l’espagnol: au départ il y a une manif anar, sur le retour ils croisent un de équipe de chavistes « de rue » apparemment bas de plafond, en embuscade et armés. Les chavistes se sentant encerclés vont se réfugier dans un local. S’ensuit une rixe avec armes a feu et des étudiants qui s’interposent entre les belligérants. Il y aura aussi une tentative d’enfumer les chavistes pour les faire sortir. La police arrive ensuite, d’apres le blog tire plus ou moins dans le tas, et manifestement séparent les groupes rivaux. Les anar accusent la police d’avoir aidé les chavistes a fuir.

      bilan 9 blessés dont 2 anars: un au départ du ‘siège’ par un chaviste, un autre aurait été poignardé par un policier, les deux anars sont saufs…Les autres ils ne disent pas qui c’est, il y a une photo avec un étudiant blessé on peut en déduire que c’est un des 9…

      En gros c’est une rixe entre hooligan pro chavez et étudiants qui a dégénéré en descente de police, ça a tiré dans tous les sens (la bas c’est souvent) mais personne n’est mort (heureusement ils tirent très mal)…

      Le fait divers n’est pas glorieux mais l’accusation de fascisme envers le régime sur cette base n’est vraiment pas sérieux.

      • Ce n’est pas du fascisme pour moi, je sais pas s’ils le disent dans l’article j’ai pas vérifié mais des fois il y en a qui en font trop^^ (à mon goût).

        • Sur le blog français:

          « Ces actions fascisantes mettent en évidence le caractère totalitaire et
          tyrannique de Hugo Chàvez Frìas et ses sympathisants. »

          Tu as la même chose en espagnol sur le site Venezuela, la preuve quand même que tu peux accuser le régime de fascisme sur ton blog sans être spécialement emmerdé, à part peut être par des fan de Chavez énervés.

          Parce que c’est bien ça le problème, quand des gens on eu très très faim, qu’ils n’avaient pas de travail, n’avaient jamais vu un médecin et qu’un dirigeant leur a donné accès un minimum de dignité dans ces domaines il peut arriver qu’ils s’agacent quand ce dernier est attaqué ou critiqué…

          Quand tu parles d’adulation de Chavez tu n’as pas tort, il est parfois aimé au delà du raisonnable, par moi aussi peut être, je t’avoue que j’ai pleuré quand il est mort… Il faut avoir connu le Venezuela avant lui, je pense, pour comprendre.

          Je suis dans le fond plutôt contre tout ce qui ressemble à un culte de la personnalité mais Chavez était vraiment un homme bon qui a fait a sa façon pour le bien a son peuple.

          Ce qui ma le plus fait halluciner sur le blog c’est « Un autre Indymedia est en construction au Vénézuela, le premier étant apparemment favorable au gouvernement »

          En gros tu as des militants anar, je suppose, qui disent que Chavez est un bon gars, donc on monte un autre site sous le même label pour ceux qui veulent lui cracher a la gueule…La excuses moi mais c’est vraiment abusé…

          C’et ça le problème avec les ‘indymedia’, il y a surement des bon gars la dedans mais on dirait quand même que les gens qui y participent sont sous influence ‘pro occidentale’…Du genre on s’offusque, on se la joue anar, on brandit le drapeau noir mais au final c’est souvent pour faire chier les gens qui résistent à l’OTAN…du coup je trouve le label ‘anar’ franchement usurpé parfois.

          • Il y a une confusion à mes yeux dans tes propos.

            Déjà les anars sont très partagés sur Chavez (comme dans pas mal d’autres débats et c’est ça qui est bon^^), certains plutôt favorables, d’autres totalement contre.

            « Du genre on s’offusque, on se la joue anar, on brandit le drapeau noir mais au final c’est souvent pour faire chier les gens qui résistent à l’OTAN…du coup je trouve le label ‘anar’ franchement usurpé parfois. »

            S’ils font ça c’est pas pour être avec l’OTAN, comment un anar peut être avec l’OTAN? Faudra m’expliquer sinon. On peut des fois semblait marcher avec quelqu’un mais pas pour la même raison, et pourtant ça change tout. Moi personnellement si je suis pas pro Chavez c’est parce que c’était quand même (et ça l’est encore) vachement autoritaire, et les manifs il y a peu où des gens se sont fait tués l’a bien montré. Il a fait des trucs intéressants, mais à la fin la corruption naturel d’un gouvernement et la mégalomanie de ses dirigeants l’a fait pourrir et l’a éloigné du bien être du peuple. C’est la vision que j’en ais, et elle est surement biaisée, mais moi je crois pas qu’un gouvernement nous sauvera d’où mon intervention.

            Mais c’est pas pour ça que je suis pour l’OTAN. Ce que je veux juste c’est l’émancipation de l’être humain (et comme disait Bakounine de manière prophétique au sujet du communisme autoritaire: « on n’apprends pas à un peuple à devenir libre en l’asservissant »).

          • Mec arrêtes avec les manifs avec des morts, déjà celui qui est mort c’est Chavez, deuxio les morts des manifs dont tu parles sont des usager de la route tués par des sois disant manifestants qui sont en fait des activistes de la droite bourgeoise, tertio celui qui dirige la pays est Nicolas Maduro ex chauffeur de bus, as tu entendu? CHAUFFEUR DE BUS…Trouve moi un autre pays dirigé par un ex prolo steuplé…

            Et puis les anbar pro otan je suis comme toi, j’aimerai bien qu’on m’explique

          • Et de façon à être plus précis à propos des manifestations de février 2014 je te met un lien qui résume les evenements:http://www.aporrea.org/movil/actualidad/a182874.html
            En gros c’est est ce que je te ai expliqué + un assaut de la baraque du responsable politique ou 10 policiers sont morts+ des violences de rue systématiques de la par « manifestants » armes, saccage des infrastructures et locaux publiques, morts et blessés à la clef+ des cadavres d un chaviste et d un opposant tués par la même arme + penuries organisees par les firmes agro alimentaires+tentative de coup d etat + responsables étasuniens qui coordonnent les actions.

            C est toujours les mêmes méthodes, false flags,manipulations

  27. ça me prend aux tripes, pas vous ?

    https://www.youtube.com/watch?v=XhQW4cKh3-A

    ;;;;;;;;;;;;;;;

    Derrière la politique, les discours, les analyses, et tout le toutim, n’oublions pas qu’il y a tout simplement les gens, ce qu’ils vivent, ce qu’ils pensent, ce qu’ils croient, leurs difficultés, leur sourire et leurs larmes. Nous sommes si proches ….

    Puissions nous aimer tous les peuples du monde, bien avant d’analyser leurs valeurs.

    L’humain est ce mammifère étrange qui sait se rendre collectivement malheureux quand il a tout.

  28. http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/01/30/nous-citoyens-de-russie.html

    « Le texte que je reproduis ci-dessous a déjà été lu par près deux mille personnes.

    Ecrit en russe par Oleg Odintsovsky, il a été traduit dans de nombreuses langues et diffusé dans autant de pays.

    Il m’a été transmis et j’ai proposé de le partager sur mon blog, le voici: »

    « Chers Européens,

    Nous, citoyens de Russie, de plus de cent nationalités, de différentes confessions, races, croyances, orientations politiques, idéologiques, sexuelles et de tout le reste, nous voulons nous adresser à vous directement, sans confier ce texte aux politiciens et aux médias, car nous croyons le moment venu de parler sans intermédiaires.

    Nous constatons avec une vive préoccupation que la situation en Ukraine a engendré la plus grave crise politique en Europe depuis la guerre froide.

    Les dirigeants des États et des alliances militaires, pour la première fois depuis des décennies, n’excluent pas la possibilité d’une guerre sur notre continent, ce qui signifierait la mort de millions de personnes, de nos enfants, de nos parents et de nos proches. C’est une folie absolue que de voir nos peuples se laisser aller à la guerre et ne nous laisser que le rôle de figurants et d’observateurs.

    Nous pensons que le moment est venu, pour les gens, de prendre leur destin en mains. Des politiciens irresponsables, des phobies de guerre froide, des blocs militaires, des armes de destruction massive, des bases militaires et des armées font surgir la menace de nouveaux conflits en Europe.

    Nous sommes convaincus qu’aucun des peuples d’Europe ne veut la guerre. Il n’y a aucune raison ni de conditions à ce que des différends entre politiciens et des problèmes géopolitiques ne conduisent à de nouveaux troubles pour nos peuples. Si vos médias vous disent le contraire, s’ils essaient de vous convaincre que quelqu’un en Russie pense autrement, voulant envahir n’importe quel territoire ou asservir d’autres peuples, ce ne sont que des mensonges pour vous faire accepter des sanctions ou d’autres formes de pression sur la Russie.

    Personne en Russie ne veut de conflit avec l’Europe, aucun citoyen de Russie n’est hostile aux Européens, aucune nation européenne ne devrait se sentir menacée par la Russie. Nos vœux concernant des minorités russes en Europe ne passent pas au-delà des conventions européennes et des principes fondamentaux des droits de l’homme.

    Nous ne voulons que des garanties fondamentales pour notre sécurité, alors que notre nation a subi de multiples agressions venant de l’Europe au cours des deux derniers siècles. Or ce désir naturel n’a rien à voir avec une menace contre d’autres États. Nous ne voulons pour nous que des garanties de paix.

    Nous demandons instamment à tous les gens lucides de l’Europe d’influencer les autorités de leurs pays, de faire cesser la diffusion de slogans militants et provocateurs, de ne pas céder aux mensonges des politiciens et des médias sur la «menace russe»,d’ inviter les autorités au dialogue et à la recherche de solutions mutuellement acceptables au nom d’une Europe unie et calme.

    Le temps des peuples d’Europe est arrivé. Ensemble, nous devons créer des structures nouvelles et des mécanismes pour la paix et la sécurité, pour assurer la résolution pacifique de tous les différends et le respect des droits de l’homme et des peuples.

    Donnez une chance à la paix! »

  29. Claude Saint-Jarre

    Je viens de voir en première mondiale, à la Cinémathèque québécoise à Montréal, le film: Syrie: Instantanés d’une histoire en cours et voici un article du journal Le Devoir à ce sujet

    http://www.ledevoir.com/culture/cinema/431698/le-collectif-de-cineastes-abounadarra-a-la-barbe-de-la-barbarie

    Il y a eu des questions à la fin au réalisateur. J’ai demandé si le peuple se prépare une Constitution pendant cette révolution. On m’a dit que oui. J’ai donné le nom de ce site Internet au réalisateur ( qui fait partie d’un collectif, le seul qui parle à visage découvert et qui ne pourra pas retourner en Syrie)
    Vous pouvez aller voir FB du collectif mentionné dans l’article.

  30. Commentaire lu sur les-crises.fr :

    « Ruslan Kotsaba, journaliste ukrainien sur le chaîne 112, s’est insurgé contre la dernière vague de mobilisation et a lancé sur sa chaîne Youtube un appel aux Ukrainiens et a annoncé qu’il refuserait, s’il le recevait, son ordre de mobilisation. Il rappelle que la mobilisation est illégale puisqu’ aucun état de guerre n’a été décrété en Ukraine.

    En réponse, il est accusé de haute trahison et espionnage et il a été mis en détention préventive de 60 jours pour éviter qu’il puisse fuir… en DNR !

    Amnesty International demande la libération immédiate du journaliste ukrainien.

    D’autres voix s’élèvent aussi contre des vagues de mobilisation qu’ils jugent illégales. A chaque fois ces personnes sont poursuivis pour haute trahison, espionnage, etc.

    ————

    Vidéo en ukrainien sous-titrée français de la réaction de Kotsaba après la décision du juge concernant la détention préventive :

    ————

  31. bonjour cet article sur l’Ukraine me parait être de la pure propagande prorusse comme le sont ceux de nos médias juste de l’autre camp.
    Il ne faut rien croire pendant un affrontement toutes les infos qui circulent sont de la pub pour l’un ou l’autre.
    Je suis persuadé que des deux cotés cette guerre et celle encore pire contre le terrorisme n’est utilisé que pour détourner notre attention de l’effondrement économique qui vient.
    Comme tu dit souvent Etienne soyons prêts pour prendre le pouvoir et ne pas se faire avoir comme en 2008.

    • Ne rien contredire revient à laisser la propagande d’un seul camp se répéter à en devenir réalité. Faire entendre à chaque vérité de l’un, la vérité de l’autre, permet une meilleure compréhension des mensonges, et d’en réduire les effets espérés par les propagandistes.

    • « détourner notre attention de l’effondrement économique qui vient. » >>> En Suisse le fédéral coneseille aux ménages pour la première fois depuis des lustres de faire des provisions de guerre. Baromètre de la morosité ou du secret, difficile de trancher.

      Ceci dit, mettre un lien ne signifie pas qu’on y adhère ni qu’on est dindon crédule : la multiplicité des points de vue est une conquête précieuse en regard du langage monomaniaque des grands médias.

      Syrie comme Ukraine : comprendre est quasi impossible …….. Besoin d’un travail exhaustif et non partisan. Qui s’y colle ? Nemo 😉

      Pour l’Ukraine, il faudrait déjà connaître l’Histoire (pas vraiment mon cas 😉 ) , remontant au minimum à la guerre de Crimée (1854) avec ses enjeux stratégiques majeurs qui n’on pas changé (mers du sud) http://www.metronews.fr/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$duau0edcgy0uzqs16lv8tmjjb4fcigd/carte-crimee-ukraine-russie.jpeg

      • Totalement d’accord avec vous.
        Pour moi le dernier QE de 1100 milliard de la BCE sans obliger les banques d’injecter cet argent dans l’économie réelle est une preuve de la fuite en avant des oligarques le temps de nous manipuler pour la guerre qui sait?
        Je pense qu’ils savent très bien ce qu’ils font.
        Le plus dure sera de résister a leur propagande etc… dès que cela va s’accélérer il faut les surveiller (par ex: l’augmentation de l’activité dans la sidérurgie et les industries d’armement sans nouvelles commandes apparente, ceux qui y travaillent le verront donc informons-nous le plus possible pour être prêt.

      • en attendant il est agréable de lire dans la revue de presse du 15-02 de Beruyer, …même si on ne comprend pas tout, les choses sont claires en somme :
        le gouvernement ‘parachuté’ qui tire sur ses dissidents.

         » Retour de flamme de la sanglante guerre de Kiev

        « Lorsque des officiers Ukrainiens sont venus au village Ukrainien de Velikaya Znamenka dire aux hommes de se préparer à être enregistrés, ils n’étaient pas préparés pour ce qui est arrivé ensuite. Comme le commandant parlait, une femme saisit le micro et se mit à lui dire : «Nous sommes malades de cette guerre. ­Nos maris et les fils ne vont nulle part ! » Elle a ensuite lancé dans un discours passionné, dénonçant la guerre, et les putschistes à Kiev, sous les acclamations de la foule. […] » « Dans un post Facebook qui a été rapidement supprimé, le Ministre de la Défense Stepan Poltorak a écrit : « Selon des sources officieuses, auberges et motels dans les régions frontalières de la Roumanie voisine sont complètement rempli d’insoumis. » » « Le projet de résistance est à un niveau record: à peine 6 % de ceux qui sont appelés se sont présentés volontairement. »
        http://original.antiwar.com/justin/2015/02/08/kievs-bloody-war-is-backfiring/

  32. Bulgarie et Turquie dans l’OTAN

    plus cette carte

    http://idata.over-blog.com/0/32/46/53/Cartes-pays-2/mer-noire.jpg

  33. @MicEl

    désolé de critiquer une nation, mon blasphème est impardonnable, je mérite la repentance éternelle 😀

    « il y a bien un malaise idéologique dans le fond véhiculé par rebellyon, du genre qui conduit à ostraciser de véritables anarco-démocrate comme notre hôte ! »

    Anarcho-démocrate qui fricote avec des mecs un peu louche et qui défend la nation, étrange anarchisme… (mais attention j’ai beaucoup de respect pour le travail d’Etienne, ça n’empêche pas).

    Tu juges des gens que tu ne comprends pas, tu ne sais même pas ce qu’ils veulent je parie. Je peux te dire qu’il n’y a aucun malaise de mon point de vue, la confusion dans ce moment de repli nationaliste est la pire des choses, ils ont une ligne, ils la tiennent (c’est comme ça que je vois les choses moi en tout cas, mais bon je parle pas en leur nom sachant que plusieurs collectifs publient sur Rebellyon c’est tout à fait impossible).

    • Momo,

      l’« Anarcho-démocrate qui fricote avec des mecs un peu louche et qui défend la nation, étrange anarchisme »

      La nation, en plus d’être une victoire sur une pognée de propriétaire, est l’étage encore nécessaire à une fédération de commune. Elle a l’avantage d’une certaine ancienneté et autres habitudes de fonctionnement, et des arguments d’identité comme une communauté de langage. Au contraire, une langue universelle a les même inconvénients qu’un gouvernement global. Ils facilitent l’exercice de l’état policier. Facile de comprendre de quel empire l’anglais est le véhicule.

      Désirer l’utopie, anarchiste ou démocratique, doit-il nous empêcher d’être satisfait des changements réels, pour autant qu’on puisse en constater… Et il n’existe rien qui n’ai aucun inconvénient.

      Le point positif c’est que tu ne dénie pas que certains ‘indymédia-anar-antifa’ font la guerre à Chouard à partir d’une ligne autoritaire confuse dite ‘du cordon sanitaire’ lequel cordon n’a rien d’anarchiste, mais fait parti de l’arsenal de la gauche autoritaire… confusion qu’un anar propre sur lui ne saurait se permettre.

      «Tu juges des gens que tu ne comprends pas, tu ne sais même pas ce qu’ils veulent je parie»

      -Il n’y a rien de plus facile à comprendre! Ceux qui veulent t’empêcher de parler exigent que tu le ferme! tout est là! Ni plus ni moins qu’un abus d’autorité sur celui que l’on bâillonne! Abus qui n’a pas d’autre finalité que d’interdire l’expression d’une autorité propre. Je ne vois décidément pas quelle genre d’anarchie peut revendiquer ce genre d’abus d’autorité. Qui plus est je ne voit pas en quoi ce genre d’abus d’autorité se distingue d’un autoritarisme de droite ou d’extrême quoi que ce soit.

      Peut on qualifier d’anarchiste celui qui dénie aux autres le droit d’exercer leur propre autorité ?

      En dehors d’une relation pédagogique, je ne crois pas que l’on puisse se dire anarchiste tout en prétendant exercer une autorité sur quelqu’un. Encore moins si cette autorité émane d’un ensemble, d’un groupe, ou d’un parti.

      Si bien que l’anarchiste qui revendique que les autres aient le droit d’exercer leur autorité propre devrait s’obliger dans la foulée à reconnaître ce droit pour tous et s’élever contre ceux que prétendent le contraire, plutôt que de favoriser par cette confusion des-antifas-qui-se-trompent-de-cible.

      La question de l’autorité est des plus légitime. La question non résolue à ce jour est : À partir de quand, de quoi, l’autorité devient abusive ? or n’est-ce pas seulement quand elle devient abusive qu’elle produit l’aliénation ? Si on s’en tient au sens premier d’aliénation, l’autorité devient abusive dès lors qu’elle coupe la relation de l’individu à la subjectivité, la sienne ou celle des autres. Ce qui est le cas dans tous les lavages de cerveau de type ‘cordon sanitaire’…par exemple.

      Ce qui me pousse à proposer cette réponse : plus que l’opposition droite-gauche, retranché derrière le cordon sanitaire, plus que l’opposition haut-bas et son défi ‘ni dieu ni maître’, c’est un ancrage juste et fort de l’autorité dans l’opposition interne-externe, essentiellement par rapport à soi même, qui qualifie la conscience et émancipe la subjectivité, la clé de la maturité politique.

    • « qui fricote avec des mecs un peu louche »

      et c’est vous qui décidez de la « louchité » de quelqu’un ou est-ce qu’il y a des listes?

  34. Très bel article, et je suis de GAUCHE!

    Mais m’inquiète beaucoup de cet occidentalopathologie qui consiste à traiter de fasciste ou de fou tout ce qui déborde du préchiprécha médiatique en cours. Cette incapacité à écouter l’autre, le vrai, celui qui ne nous ressemble pas, tout en beuglant sans arrêt au « respect » me fait franchement peur.

    • Le niveau de mythologie est devenu irrespirable chez les soi-disant « républicains », le problème c’est que certains pensent que, du coup, ils peuvent dire n’importe quoi (je ne parle pas de dieudo) et que toute personne qui vient le leur signifier est automatiquement un agent du système… En ce moment, je trouve que c’est grave le bordel, il est devenu très difficile d’avoir un débat argumenté rationnel sans que les contradicteurs fassent diversion en balançant des absurdités à propos de « complotisme » ou de « conformisme »… C’est chiant.

  35. Pas mal…

    https://www.facebook.com/video.php?v=10152309445546106

    … quand certains lieux communs alternatifs s’invitent en catimini au sénat, c’est toujours mieux que rien ^^

  36. Roses rouges à Gaza
    Différentes façons de mourir pour les Palestiniens

    http://orientxxi.info/magazine/roses-rouges-a-gaza,0818

  37. Un exemple où on essaie d’imposer une théorie du complot : l’assassinat de Boris Nemtsov
    http://www.les-crises.fr/un-exemple-ou-on-essaie-dimposer-une-theorie-du-complot-lassassinat-de-boris-nemtsov/

  38. La Pensée extrême
    Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques (essai)
    Gérald Bronner 2006

    Comment un individu verse-t-il dans l’extrémisme ?
    La plupart de nos contemporains ne manquent pas d’attribuer les dérives radicales dont l’actualité regorge à la folie ou à la misère sociale, affective et intellectuelle dans laquelle survivent des milliers d’hommes. La réalité, comme nous le rappelle très justement ce riche et passionnant ouvrage, est pourtant tout autres : La pensée extrême reste bien souvent l’apanage de personnes éduquées, issues de milieux sociaux assez homogènes et peu frappés par la grande pauvreté, pour la plupart entourées, bref, des citoyens « normaux ».
    Pour résoudre cette énigme et venir à bout des idées reçues, le sociologue Gérald Bronner explore postures extrêmes et fanatismes en tous genres — du collectionneur compulsif aux djihadistes d’Al-Qaïda en passant par les toqués d’ovnis et certains artistes contemporains — et convoque, dans un exposé clair et accessible, les données les plus contemporaines de la recherche.
    De cette cartographie du territoire mental de l’extrémisme, il dégage une théorie générale de la pensée radicale audacieuse et nous aide ainsi à démêler l’un des problèmes les plus préoccupants et les plus complexes de notre contemporanéité.
    Gérald Bronner est professeur à l’Université de Strasbourg, membre de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la sociologie des croyances et de la cognition, il est l’auteur de nombreux ouvrages.

    INTRODUCTION

    Que penser de ce jeune artiste japonais qui, pour illustrer une certaine idée qu’il se faisait de la création contemporaine, se jeta dans le vide du haut d’un immeuble ? Sur la chaussée était posée une toile sur laquelle il s’écrasa. Une toile qui fut léguée au musée d’Art moderne de Tokyo 1.

    Que dire de la secte Aum (mouvement fondé dans les années 80 par Chizuo Matsumoto, un gourou aveugle), toujours au Japon, qui, le 20 mars 1995, chercha à précipiter l’Apocalypse par une attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, faisant douze morts et cinq mille blessés ?

    On pourrait multiplier ce type d’exemples. À San Diego, en 1997, trente-neuf disciples d’une autre secte, le groupe Heaven’s Gate (un groupe apparu en 1993, persuadé que les extraterrestres nous attendent de l’autre côté d’une porte qui n’est autre que la mort), disparaissent, en s’empoisonnant, pour rejoindre dans l’au-delà « les messagers des étoiles ».

    Le 3 novembre 2006, Malachi Ritscher, un musicien de jazz bien connu pour ses improvisations sur les scènes de Chicago, s’immole en plein centre-ville. On retrouve son cadavre calciné sous une sculpture contemporaine dont le titre Flamme du Millenium fait un écho macabre à son geste. Il ne s’agit pas d’un suicide banal : il souhaitait protester contre la guerre en Irak dont il était un ardent opposant. Ce geste fut prémédité, comme l’atteste la déclaration préalable de Malachi Ritscher sur son site : « On n’a le droit qu’à une seule mort, et je préfère faire de mon départ une déclaration politique, plutôt que de mourir hasardeusement dans un accident de voiture. »

    Le 28 février 1993, près de Waco, Texas, les agents du FBATF (Office des alcools, du tabac et des armes à feu) et du FBI décident de prendre d’assaut la ferme-forteresse d’une secte dont les adeptes sont connus sous le nom de davidiens. Huit personnes sont tuées dans la fusillade qui s’ensuit. Parmi elles, quatre agents fédéraux et quatre disciples de David Koresh, le gourou du groupe. Malgré le siège qui fit suite à cette rixe, les adeptes ne manifestèrent aucune volonté de se rendre, ils restèrent fidèles à leur maître spirituel et à leurs croyances.

    Le siège prit fin tragiquement le 19 avril. Les négociations n’ont rien donné, même lorsque les demandes de Koresh ont été satisfaites, comme celle de voir ses prêches diffusés sur les médias texans ou cette autre de participer à une émission nationale, American Talks, sur CBN (à laquelle il se dérobera finalement). L’idée de Koresh de s’entretenir avec le pape a été en revanche catégoriquement écartée.

    Après bien des atermoiements, Janet Reno, l’attorney général, ordonne de donner l’assaut contre la communauté.
    Le bilan est dramatique car un incendie ravage le ranch du mont Carmel lorsque les dépôts de munitions sont touchés dans la fusillade.

    Quatre-vingt-six personnes sont mortes dans les flammes, parmi elles, dix-sept enfants et David Koresh.

    Ces exemples peuvent paraître disparates, ils sont pourtant tous l’expression de ce que je propose d’appeler la pensée extrême. Celle-ci manifeste l’aptitude de certains individus à sacrifier ce qu’ils ont de plus précieux (leur carrière professionnelle, leur liberté…) et en particulier leur vie, et dans de nombreux cas celles des autres aussi, au nom d’une idée. En d’autres termes, certains individus adhèrent si inconditionnellement à un système mental qu’ils lui subordonnent tout le reste.

    Le premier sentiment qui nous saisit lorsque nous considérons ces exemples, dont la plupart ont été beaucoup médiatisés, est double : il relève à la fois de l’irrationalité et de l’indignation (surtout lorsque l’expression de cette pensée extrême entraîne des dommages collatéraux). C’est un sentiment que nous n’interrogeons pas beaucoup et qui nous fait accepter des explications simplistes du phénomène. En effet, nous admettons volontiers que la pensée extrême est la conséquence de la faiblesse psychologique des individus qui y cèdent, de leur désespoir personnel ou social, d’un manque d’éducation, voire d’une forme d’inhumanité et de psychopathie. N’entend-on pas régulièrement les commentateurs les plus avisés nous expliquer que ceux qui adhèrent à une secte le font parce qu’ils traversent un vide dans leur vie affective, que le terrorisme, qu’il soit inspiré par des motifs religieux ou politiques, est enfanté par la misère sociale et éducative, etc. ?

    Or, nous y reviendrons, ces impressions sont fausses : ceux qui s’abandonnent à ce type de pensée extrême ne sont, le plus souvent, ni fous, ni désocialisés, ni même idiots.
    L’impression initiale d’irrationalité qui nous saisit tous face à ce genre de manifestation de la pensée n’est donc peut-être pas justifiée et mérite, en tout cas, d’être mise en examen. C’est ce que prétend faire, entre autres choses, cet
    ouvrage.

    Quant à notre sentiment d’indignation, si nous y réfléchissons un instant, il n’est guère compatible avec celui d’irrationalité. En effet, si ces individus agissent sous le coup d’une forme de folie passagère ou durable, s’ils sont mus par le seul désespoir, par des causes, au fond, qui les dépassent et font d’eux des automates de la barbarie, ils
    ne peuvent pas être considérés comme moralement responsables (ni même juridiquement, dans une certaine mesure). La déraison peut susciter un sentiment d’horreur, pas d’indignation.

    Le sentiment que nous ressentons donc face à certaines formes de pensée extrême est une sorte de stupéfaction contradictoire : une colère d’incompréhension. Ce sentiment est déjà une énigme en soi. Elle est l’une de celles que convoque la notion de pensée extrême. J’oserais écrire, même, que la pensée extrême, sous ses différentes manifestations, constitue une des énigmes de notre époque contemporaine.

    Cette énigme peut être décomposée en plusieurs questions qui constitueront la colonne vertébrale de cet ouvrage.

    La première, fondamentale, sera de savoir s’il existe, au fond, une différence entre ce qu’il est convenu d’appeler un citoyen normal et un extrémiste. Établir cette différence, c’est proposer une définition de la pensée extrême en interrogeant conjointement ces sentiments d’irrationalité et d’indignation que je viens d’évoquer.

    La deuxième de ces questions est celle de l’identité de ces extrémistes. Une question non moins importante, car nous les connaissons fort mal. Et l’idée préconçue que nous
    nous faisons d’eux explique en partie pourquoi les processus qui conduisent à l’adhésion extrémiste demeurent souvent socialement invisibles. Comment donc devient-on extrémiste ? La troisième, sans doute la plus difficile, relève de la psychologie de l’extrémisme. Comment est-il possible d’adhérer de façon si inconditionnelle à un système d’idées que certains puissent produire des actes criminels sans aucun regard pour d’autres valeurs ou pour leurs intérêts matériels ? Cela signifie-t-il que le sens d’autres valeurs ou de ses intérêts a disparu de l’esprit de l’extrémiste ? Je ne le crois pas. C’est ce que j’appellerai le paradoxe de l’incommensurabilité mentale. Sous cet intitulé un peu obscur se cache une réalité de notre vie psychique dont la portée est très générale et dépasse la seule question de la pensée extrême. C’est elle qui permettra de comprendre tout à la fois pourquoi il est si difficile de faire changer d’avis un extrémiste, même lorsqu’il est confronté aux contradictions flagrantes de son système mental, et pourquoi, lorsqu’il arrive que celui-ci se repente, il le fait aussi radicalement et parfois aussi rapidement.

    En suspendant provisoirement toutes ces questions qui constitueront notre fil conducteur, on peut introduire le problème de la pensée extrême en partant d’un premier étonnement. Comment des systèmes de représentations qui paraissent aussi déraisonnables peuvent-ils perdurer à notre époque ? Le genre de croyances qui sont à l’œuvre dans certains des exemples que j’ai proposés nous apparaissent aisément comme les manifestations de visions d’un autre âge, et ceux qui les endossent sont vus, tout aussi facilement, comme des arriérés manifestant des idées bonnes pour le passé, mais non pour nos sociétés présentes caractérisées par leur technologie et une certaine représentation scientifique du monde. Les différentes formes de pensée extrême, qu’elles relèvent de la religion ou de la politique, sont-elles des ersatz du passé, condamnés à disparaître ? Notre étonnement de voir des formes de fanatisme et de radicalité perdurer au sein même des sociétés occidentales indique que ces modes de représentation du monde iraient, en quelque sorte, contre le cours du temps, contre ce que nous croyons si facilement être la marche normale des choses.

    De façon plus ou moins implicite, cet étonnement est adossé à une idée ancienne, mais fausse, selon laquelle les progrès des sociétés et de la connaissance que nous avons du monde seraient de nature à faire reculer et même disparaître les idées saugrenues, les croyances fausses et tout particulièrement leurs expressions les plus radicales. En d’autres termes, la métaphore des vases communicants contamine implicitement nos représentations des rapports entre l’empire de la connaissance et celui des croyances. Ce que l’un gagnerait, l’autre le perdrait, et réciproquement. J’ai beaucoup développé ces idées dans mes livres Vie et mort des croyances collectives et L’Empire des croyances, mais je veux rappeler ici quelques-unes des remarques qui font comprendre pourquoi cette métaphore est inopérante.

    Cette métaphore est l’expression d’une thèse qui fut défendue un temps et considérée comme désirable, en particulier aux XIXe et XXe siècles. En effet, il apparaissait à certains que le progrès de la raison était en mesure de faire advenir une société d’où toute forme de superstition, de croyances fausses, aurait été bannie. Paul Bert ne déclara-t-il pas : « Avec la science, il n’y aura plus de superstitions ni de croyances aux miracles, plus de coups d’État et de révolutions » ?

    Beaucoup concevaient l’histoire de l’humanité de façon ontogénétique, en d’autres termes, on soutenait qu’elle avait connu un état enfantin pour devenir aujourd’hui enfin adulte 2. L’Europe étant, dans cette perspective, le fleuron le plus avancé de l’histoire de l’humanité tandis que de nombreux peuples, les « primitifs » étudiés par les anthropologues, étaient restés dans la condition de l’enfance.

    Ceux qui défendaient cette thèse trouvaient dans la persistance de ces peuples à adhérer à des croyances magiques un argument incontournable. Lévy-Bruhl (1951, p. 20) soutint même l’idée, avec un certain succès, que non seulement il y avait une différence d’évolution sociale entre les peuples occidentaux et les « primitifs », mais qu’encore ces derniers ne pensaient pas de la même façon que nous. Alors que nous étions capables de rationalité, il n’en allait pas de même pour ces êtres animés par une pensée prélogique :
    « Il faut donc renoncer à ramener d’avance les opérations mentales à un type unique, quelles que soient les sociétés considérées, et à expliquer toutes les représentations collectives par un mécanisme psychologique et logique toujours le même. »

    Bien sûr, depuis les Lumières, de nombreux savants et commentateurs ont annoncé la disparition des religions, qu’ils croyaient inexorable, mais la thèse que j’évoque ici est plus générale encore. Edward Burnett Tylor, le premier anthropologue « institutionnel » de l’histoire (il occupa en 1896 la chaire d’anthropologie d’Oxford), concevait lui aussi que l’histoire des hommes était encadrée par le développement d’un esprit humain allant vers une complexité et une rationalité croissantes. Pour lui, les croyances, les mythes, tout ce qui éloignait la pensée de la rationalité objective était des survivances d’un autre temps, utiles pour l’anthropologue qui voulait étudier les configurations révolues de notre cognition, mais condamnées à disparaître des sociétés modernes.

    Ces thèses étaient soutenues par le progrès remarquable de la science, qui semblait pour beaucoup de nature à résoudre les problèmes de l’humanité et à la libérer de son carcan de croyances. Certains, comme Freud (1981, p. 226-227), en appelaient même à une dictature de la raison : « Puisse un jour l’intellect — l’esprit scientifique, la raison — accéder à la dictature dans la vie psychique des humains ! Tel est notre vœu le plus ardent. »

    Dans quelques disciplines, certains pensaient même que le processus de connaissance était presque achevé. C’est cette ambition que lord Acton confessait pour les sciences historiques dans la première édition de Cambridge Modern History. Même s’il admettait que tous les problèmes n’étaient pas encore résolus, il considérait cette situation comme provisoire. Dans la deuxième édition de l’ouvrage, soixante ans plus tard, comme le rapporte Carr (1988), on estimait que la recherche était sans fin et qu’il n’y avait pas d’histoire objective 3.

    De la même façon, en physique, la progression des connaissances scientifiques donnait le sentiment à certains que les mystères de l’univers étaient en passe d’être résolus définitivement. Lord Kelvin, par exemple, considérait que cette discipline était presque achevée si l’on exceptait deux problèmes : le rayonnement du corps noir et l’expérience de Michelson.

    Le développement ultérieur de la science en général et de la physique en particulier démontrera la naïveté de ce genre de point de vue. Cette discipline ne fut pas seule à connaître, au cours du XXe siècle, une profonde remise en question, mais de toutes, c’est sans doute celle dont les révolutions internes furent les plus remarquables.

    Parmi les trois principaux axes de ces incroyables turbulences, deux furent le résultat de la résolution des problèmes mineurs évoqués par Kelvin : le premier (rayonnement du corps noir) permit d’aboutir à la physique quantique, le second (expérience de Michelson et Morley), à la théorie de la relativité restreinte.

    Si l’on tentait aujourd’hui, comme le fit lord Kelvin en son temps, de répertorier ce qui fait question en science physique, on dénombrerait un nombre de zones d’obscurité très important. Cela revêt a priori la forme d’un paradoxe : comment la connaissance et l’inconnaissance peuvent-elles progresser de concert ?

    Ce paradoxe est résolu facilement si on substitue à la métaphore des vases communicants, que j’ai évoquée plus haut, celle de la sphère de Pascal. Si la connaissance est une sphère, explique Pascal, sa surface est en contact avec ce qu’elle ne contient pas, c’est-à-dire l’inconnu. De ce fait, à mesure que la connaissance progresse et que la surface de cette sphère fait de même, l’aire en contact avec l’ignorance ne cesse de progresser elle aussi. En réalité, ce n’est pas tant l’ignorance qui croît symétriquement à la connaissance que la conscience de ce qui est inconnu, c’est-à-dire la conscience du manque d’information qui caractérise notre appréhension de certains sujets. Ainsi, si lord Kelvin était persuadé que la connaissance physique de l’univers était presque achevée, c’est que l’état d’avancement de sa discipline ne lui permettait pas de prendre conscience de l’immensité de ce qui était encore inconnu. Or, cette conscience accrue de ce qui est inconnu autorise toutes les manœuvres de l’imagination. Ces exercices ne demeurent pas confinés à la science-fiction, ils s’incarnent le plus souvent dans des croyances originales qui doivent leur origine à la stimulation des potentialités de l’imaginaire humain que permettent les progrès de la science.

    Les progrès de la connaissance ne sont donc pas en mesure de réduire à rien l’empire des croyances pour cette première raison qu’ils élargissent le domaine du concevable, ce qui est de nature à engendrer de nouvelles croyances.
    En effet, une croyance a besoin, pour être formulée et se diffuser, d’être à portée de l’imagination de tous.

    Par exemple, la découverte que la Terre n’est pas au centre de l’Univers, pas plus que notre système solaire ou notre galaxie, qu’il existe d’autres planètes et que, conjointement, il est possible de fabriquer des engins volants a rendu concevable l’existence d’extraterrestres capables de venir éventuellement jusqu’à nous. Cette croyance, qui constitue l’un des grands mythes du XXe siècle, est en quelque sorte rendue possible par le développement de la science. Aujourd’hui, si nous sommes témoins d’un phénomène céleste atypique, nous pensons immédiatement, même sur le mode ironique, à l’hypothèse extraterrestre. A contrario, une telle observation au Moyen Âge n’autorisait pas de telles conjectures.

    En effet, les « prodiges célestes » ont toujours existé. Par le passé, ces faits étranges (comme les figures sphériques apparues dans le ciel de Bâle en 1566 ou celles de Nuremberg en 1561) étaient colportés par des brochures, que l’on appelait des « occasionnels » et qui passaient de main en main, de village en village. Ils y côtoyaient les récits de catastrophes naturelles, de naissances d’enfants monstrueux, etc. En 1560, par exemple, Pierre Boaistuau publiera ses Histoires prodigieuses, dont les différents chapitres décrivent l’apparition de monstres sur la Terre, de prodiges dans le ciel, de tremblements de terre, d’inondation ou de pluie de feu et de pierres. Ce qui frappe lorsqu’on prend connaissance de ces brochures, c’est le fait que les phénomènes naturels sont mis sur le même plan que les phénomènes surnaturels. Et tous sont interprétés de la même manière : ils sont la manifestation de la volonté de Dieu (colère ou avertissement). Les prodiges célestes ne font pas exception à la règle, ils sont vus, eux aussi, comme des théophanies et non comme la preuve de l’existence de visiteurs extraterrestres. Les progrès de la science, donc, pour les millions de personnes qui croient à la possibilité de l’existence de visiteurs extraterrestres, n’ont pas fait reculer la croyance, mais ont contribué à sa métamorphose. Si l’on observe, même superficiellement, l’imaginaire contemporain, on ne peut qu’être frappé de ce que la connaissance, et le développement technologique qu’elle permet, savonne la pente de toutes sortes de rêveries qui constituent une partie des mythologies d’aujourd’hui : la création d’un être artificiel doué de vie, les voyages dans le temps et à travers l’espace, l’imaginaire du clonage et de la manipulation génétique, la révélation des pouvoirs secrets de notre esprit…

    D’autres arguments peuvent rendre compte de la pérennité de l’empire des croyances (même extrêmes) dans nos sociétés contemporaines ; par exemple, le fait que certaines questions (notamment celles qui interrogent le sens du monde) ne peuvent trouver de réponses scientifiques, ou encore celui de constater que la spécialisation intellectuelle ininterrompue engendre des notions et un vocabulaire hyperspécialisés qui favorisent les malentendus et l’émergence de croyances pseudo-scientifiques. On peut aussi souligner que la croyance rend des services qu’une vision strictement rationnelle du monde ne peut pas rendre, elle permet de réduire toutes sortes d’incertitudes et propose des modes d’actions (fallacieux) sur le monde qui peuvent donner le sentiment à l’individu de mieux maîtriser son destin. On pourrait, de même, montrer que la structuration contemporaine du « marché cognitif 4», en particulier depuis l’apparition du phénomène Internet, n’est pas toujours favorable à la diffusion de la connaissance. En effet, il suffit d’entrer le terme « astrologie », par exemple, dans n’importe quel moteur de recherche généraliste pour obtenir en bien plus grand nombre des sites favorables à l’astrologie que des sites critiques. Pour avoir tenté cette expérience, j’ai constaté que les premiers représentaient plus de 89 % des sites disponibles…

    Mais la pérennité et la vivacité des croyances dans notre monde contemporain tiennent à une raison plus essentielle encore que celles que je viens d’évoquer. Ainsi, parallèlement aux progrès de la connaissance humaine, l’individu reste ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire un sujet dont les capacités à connaître sont lestées par des limites indépassables. Notre rapport au monde peut se faire selon deux modalités : la connaissance et la croyance. Sur bien des sujets, nous sommes des individus connaissants et non des croyants. Par exemple, vous savez que vous tenez entre les mains un livre qui s’intitule La Pensée extrême, cela n’a rien d’une croyance. Sur bien d’autres, en revanche, vous ne pouvez être autre chose qu’un croyant : quel temps va-t-il faire cet été ? Réussirez-vous professionnellement ? Quel est ce cri que je perçois au loin dans la nuit ?

    Nous sommes définitivement des croyants sur toutes sortes de sujets parce que nous n’avons pas accès aux informations qui nous permettraient de connaître ou, lorsque nous possédons ces informations, nous ne les traitons pas bien.

    En fait notre esprit est limité, c’est pourquoi nous ne serons jamais des êtres de pure rationalité, même si nos croyances les plus spectaculaires ne manquent jamais d’une certaine logique, comme nous le verrons. En d’autres termes, le lest qui s’impose à notre pensée nous empêche d’être des sujets omniscients et fait mécaniquement de nous des sujets croyants. Ce lest est de trois natures (je reviendrai sur ce point au début du premier chapitre). Tout d’abord, notre esprit est limité dimensionnellement parce que notre conscience est prisonnière d’un espace restreint et d’un présent éternel, ce qui nous empêche très souvent d’accéder à l’information nécessaire à l’établissement d’un jugement équilibré. Par ailleurs, il est encore limité culturellement car il interprète toute information en fonction de représentations préalables. Et enfin, il est lesté cognitivement car notre capacité à traiter l’information n’est pas
    infinie et que la complexité de certains problèmes excède les potentialités de notre bon sens.

    Parce que ces trois traits sont des caractéristiques anthropologiques de la pensée, nos sociétés demeureront des sociétés de croyances, quel que soit l’état de développement de la connaissance humaine. Pour cette raison aussi, les croyances qu’on nommera « extrêmes » ne disparaîtront pas de l’horizon de notre contemporanéité. Elles incarneront, au contraire, une forme paradoxale de modernité, comme nous le verrons. Loin d’être des résidus d’un passé révolu, elles sont une pure expression de notre contemporanéité. Elles expriment une logique forte qu’il s’agira de décrypter. En effet, les individus, les groupes qu’ils composent et qui seront l’objet de notre enquête, loin d’être des monstres d’irrationalité, apparaîtront, si l’on nous permet l’expression, extrêmement logiques.

    Notes :

    1 Cf. Heinich (2005, p. 106).

    2 Cette thèse est plus connue en sciences sociales sous le nom d’évolutionnisme et fut défendue par de très nombreux penseurs, parmi lesquels on peut citer tout aussi bien Fontenelle, Condorcet, Comte, Frazer, Morgan que Freud.

    3 Sur cette question, voir Revel (2001).

    4 J’ai développé cette notion dans Bronner (2003). Le marché cognitif appartient à une famille de phénomènes sociaux (à laquelle appartient aussi le marché économique) où les interactions individuelles convergent vers des formes émergentes et stables (sans être réifiées) de la vie sociale. Il s’agit d’un marché car s’y échange ce que l’on pourrait appeler des produits cognitifs : hypothèses, croyances, connaissances, etc., qui peuvent être en état de concurrence, de monopole ou d’oligopole.

    1 Les extrémistes sont-ils des fous ?

    « On n’a plus de raison, quand on n’espère plus d’en trouver aux autres. » LA ROCHEFOUCAULD, Maximes et réflexions diverses

    Étymologie et définitions ordinaires de l’extrémisme

    Il est d’usage d’inaugurer une réflexion en convoquant l’étymologie des termes qu’elle implique. Cet exercice est parfois intéressant, mais il n’indique pas plus, assez souvent, que la formidable plasticité du langage et la capacité des mots à signifier aujourd’hui tout autre chose que ce qu’ils signifiaient hier. Au mieux, ces interprétations étymologiques peuvent bénéficier d’un effet de dévoilement qui met au jour l’épaisseur historique d’un terme et les entrelacements implicites qui le lient à des notions connexes. En ce qui concerne la pensée extrême et les termes qu’intuitivement on pourrait placer dans son orbite lexicale : fanatisme, radicalité, terrorisme, etc., les dictionnaires d’étymologie nous indiquent que « fanatique », par exemple, vient du latin fanaticus qui désigne celui qui porte le zèle de la religion jusqu’à l’excès. Le Dictionnaire de l’Académie française va dans le même sens en proposant : « Qui est emporté par un zèle outré souvent cruel pour une religion. Prédicateur fanatique. Par extension, un zèle fanatique, une rage fanatique […]. Il signifiait autrefois qui est aliéné d’esprit. »

    D’une façon générale, les dictionnaires peuvent nous être utiles non en ce qu’ils proposeraient des définitions idéales de ces termes, mais parce qu’ils formalisent le sentiment courant que nous ressentons face aux manifestations de la pensée extrême.

    Selon une vieille tradition sociologique défendue, entre autres, par Durkheim 1, le scientifique doit prendre garde à ne pas accepter a priori des définitions qui relèvent de son bon sens et de la logique ordinaire. Il faudrait mettre à distance ce qu’il appelle nos prénotions, en d’autres termes, se méfier de nos idées reçues sur une notion, interroger les catégories mentales avec lesquelles nous appréhendons le réel. Cette recommandation est particulièrement utile, car si nous n’avons pas toujours d’opinion arrêtée sur les phénomènes de la nature, ce qui nous permet d’accepter sans difficulté d’avoir tout à apprendre les concernant, il n’est pas beaucoup de phénomènes sociaux sur lesquels nous n’ayons pas au moins une petite idée. Or, ces « petites idées » peuvent se révéler très illusoires. Nous pouvons croire, par exemple, que les enseignants dépriment plus que les autres corps professionnels 2, que les restaurants McDonald’s utilisent de la viande de ver de terre pour fabriquer leurs hamburgers 3, ou encore que les Chinois du XIIIe arrondissement de Paris cachent leurs morts pour pouvoir faire entrer des travailleurs clandestins sur le sol français 4. Toutes ces idées sont fausses et montrent que ceux qui y adhèrent n’ont pas toujours une bonne connaissance de leur environnement social.

    La conclusion de celui qui affirme que la connaissance ordinaire du social est totalement illusoire et que la tâche du sociologue devrait être de pratiquer une « rupture épistémologique » inaugurale, comme le proposent Bourdieu, Chamboredon et Passeron (1968, p. 37), me semble cependant être hyperbolique : « La sociologie ne peut se constituer comme science réellement coupée du sens commun qu’à condition d’opposer aux prétentions systématiques de la sociologie spontanée la résistance organisée d’une théorie de la connaissance du social dont les principes contre-disent point par point les présupposés de la philosophie première du social. »

    Il est évident que les acteurs sociaux peuvent nourrir des idées fausses sur la vie sociale et ne pas prendre conscience de certaines réalités macrosociologiques, mais il n’est pas moins évident qu’ils ont aussi de grandes compétences dans la compréhension de nombre de phénomènes sociaux. Ces compétences leur permettent d’anticiper au quotidien les actions d’autrui et d’avoir une intelligence de faits collectifs auxquels ils contribuent plus ou moins aveuglément. Si l’on y réfléchit un instant, la vie sociale ne serait guère possible sans cette compétence sociologique des individus.

    Nous sommes, le plus souvent, capables de comprendre le sens que nos concitoyens confèrent aux actions qu’ils produisent. Ainsi, nous comprenons, par exemple, pourquoi tel individu s’est fâché dans telle ou telle circonstance. Nous pouvons même supposer que cette colère est porteuse de sens sans en connaître les raisons exactes. Cette disposition à comprendre les actions d’autrui est, d’après les recherches en neurosciences les plus récentes, une caractéristique cérébrale spécifique à l’espèce humaine. Comme le précisent Decety et Jackson (2008, p. 68), « au cours des cinq à huit millions d’années qui se sont écoulées depuis la divergence entre la lignée des hominidés et celle des chimpanzés, nos plus proches parents, l’une des évolutions importantes qui caractérisent l’homme est la forte augmentation du volume du cerveau. Cette augmentation concerne surtout les régions qui jouent justement un rôle important dans les mécanismes qui nous permettent de comprendre que nous avons, ainsi que les autres personnes, des états mentaux à l’origine de nos comportements ».

    Nous serions donc capables de simuler le point de vue de l’autre pour comprendre et prédire ses conduites. Certaines zones du cerveau sont impliquées dans cette compétence compréhensive 5: la région temporopariétale, la partie antérieure des lobes temporaux et, tout particulièrement, le cortex préfrontal médian, qui est systématiquement impliqué dans les exercices d’attribution d’intentions à autrui 6.

    Seulement, cette disposition mentale, si nécessaire à la vie sociale, est inopérante parfois, elle est, en quelque sorte, inhibée par certaines situations. Dès lors, nous ne parvenons plus à comprendre autrui et, plus, nous le supposons animé par une forme d’irrationalité. En d’autres termes, nous interprétons ses actions comme la conséquence de
    causes, et non de raisons. Nous supposons qu’il agit comme il le fait, ou qu’il croit ce qu’il croit, parce qu’il serait obscurément victime d’une passion irraisonnée, d’une maladie mentale ou d’un mystérieux déterminisme social. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de rendre compte d’actions et de croyances, comme celles que manifeste la pensée extrême, qui sont inspirées par des systèmes de représentation auxquels nous n’adhérons pas et qui conduisent les individus à produire des actions que nous n’approuvons pas.
    Ce sentiment d’incompréhension face à la pensée extrême est donc fondamental pour mon propos. C’est pourquoi il me faut l’examiner un peu plus attentivement.

    Pour introduire le plus simplement possible cette question, je rappellerai une anecdote historique bien connue.
    Les hiéroglyphes égyptiens ont longtemps paru indéchiffrables, il a fallu la découverte de la pierre de Rosette par l’expédition d’Égypte du capitaine Bouchard à la fin du XVIIIe siècle et les travaux incessants du jeune Champollion pour éclaircir définitivement l’énigme d’une langue tombée dans l’oubli depuis plus de quinze siècles. Le problème était si complexe et demandait tant d’efforts, affirme la légende, que, le 14 septembre 1822, Champollion, après avoir déclaré à son frère qu’il « tenait l’affaire », dut se reposer durant cinq jours entiers !

    L’attitude de nos contemporains nous apparaît parfois comme ces hiéroglyphes qui causèrent tant de soucis aux hommes des siècles précédents : indéchiffrables, et nous n’avons pas forcément autant de temps et de motivation que Champollion pour comprendre nos semblables au quotidien. Pourquoi donc, dans certaines circonstances, les logiques de l’autre ne m’apparaissent-elles pas ? Une autre façon de poser la question, et qui indique déjà la voie pour y répondre, est la suivante : d’où vient que nous ayons, en général, moins de charité pour autrui que pour nous-mêmes lorsqu’il est question d’expliquer des croyances erronées ou des pratiques contre-productives ? Ainsi, nous serions tous prêts à reconnaître qu’à plusieurs reprises, au cours de notre vie, nous avons endossé toutes sortes de croyances dont nous sommes aujourd’hui convaincus qu’elles sont fausses (n’avons-nous pas tous cru au Père Noël ? ). Pour autant, il nous paraîtrait injuste d’être considérés comme idiots ou déments du seul fait de ces erreurs. Nous savons que nos décisions approximatives, nos adhésions à des croyances politiques, religieuses, nos bonnes résolutions intenables, etc., sont, ou ont été, les conséquences d’une capacité logique partiellement affaiblie par un effet de situation, plutôt que les symptômes ou les effets d’une folie passagère.

    Nous le savons parce que nous n’avons pas d’efforts à faire pour reconstruire la logique qui fut la nôtre à ce moment-là : les raisons qui nous ont conduits à cette erreur nous sont immédiatement disponibles. Voilà tout simplement ce qui nous manque lorsque nous observons les manifestations de croyances qui ne nous sont pas familières. Leurs raisons ne sont pas hors de portée, mais il est nécessaire, pour en prendre connaissance, de faire un effort que nous ne sommes pas toujours prêts à consentir. Nous préférons, c’est plus rapide, trouver leurs tenants bêtes, fous et/ou méchants et céder à ce que Kant (1986, p. 526) appelait la « raison paresseuse ».

    Pour faire écho à l’anecdote concernant Champollion, on peut imaginer une sorte de pierre de Rosette pour déchiffrer les hiéroglyphes de la vie sociale. Il s’agit de passer outre la première impression d’irrationalité que nous pouvons avoir lorsque nous observons les croyances, les pratiques d’autrui qui nous paraissent étranges, voire que nous désapprouvons.

    La pierre de Rosette était une dalle de basalte portant un décret trilingue (en hiéroglyphes, en démotique et en grec).
    Ici elle est de forme pentagonale. Chaque face de ce pentagone renvoie à une question essentielle qu’il faut se poser face à une croyance ou à une attitude que l’on juge particulièrement irrationnelle. Il s’agit d’une formule simple, que l’homme du quotidien utilise souvent intuitivement, mais pas assez méthodiquement. Son utilisation est élémentaire : si vous pouvez répondre par l’affirmative à l’une de ces questions, c’est probablement que vous avez à juger une idée ou un acte pas si irrationnel qu’il n’y paraît.

    La première question à se poser est peut-être celle-ci : le croyant adhère-t-il vraiment à la croyance ? Celle-ci implique la dimension de conditionnalité de la croyance.

    La plupart du temps, lorsque nous agissons en fonction d’un principe, nous y croyons fermement. Mais ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons prendre notre parapluie, par exemple, par simple mesure de précaution, sans croire fermement qu’il va pleuvoir cette après-midi. Or, les observateurs ont tendance à déduire mécaniquement d’une action qu’elle est inspirée par une croyance inconditionnelle. Lorsque cette croyance est absurde, il en infère alors la bêtise du croyant. Mais, assez souvent, les choses sont plus subtiles. Ce croyant peut très bien n’adhérer que très conditionnellement à sa croyance, ce que ne voit pas l’observateur s’il ne fait pas d’efforts. C’est ce qui se produit presque toujours avec les croyances superstitieuses,
    par exemple. Il nous arrive de céder à la tentation qu’elles constituent, sans pour autant y adhérer vraiment. On pourrait parler de « croyances minoritaires 7» parce qu’elles sont si peu présentes dans notre esprit que, la plupart du temps, nous les ignorons. Elles ne surgissent, assez souvent, qu’à l’occasion d’une situation qui nous angoisse. Dès lors, nous pouvons être tentés de céder à la stratégie du « on ne sait jamais ». Ce sont des croyances de ce genre qui s’exprimèrent en janvier 1991, lorsque certains Français se mirent à stocker du riz, des pâtes, de l’huile, en prévision de la guerre du Golfe qui semblait inéluctable. Dans cette affaire, les commentateurs, journalistes, intellectuels stigmatisèrent tous la stupidité des gens, leur irrationalité. Or, en faisant une étude un peu plus approfondie du phénomène (par exemple, en interrogeant les individus concernés, en observant qu’ils ne stockaient que quelques paquets de pâtes et de riz et non des dizaines de kilos comme ils auraient dû le faire s’ils avaient réellement cru à une pénurie alimentaire, etc.), je me suis aperçu qu’il s’agissait d’une simple stratégie de précaution qui n’était pas du tout inspirée par une croyance inconditionnelle. Ces individus ne se sentaient pas concernés par les commentaires accablants de la presse de l’époque. Ils savaient bien que leur mesure de précaution ne servirait probablement à rien, mais comme le riz et les pâtes ne coûtent pas cher et qu’ils se conservent bien, ils ne voyaient pas bien en quoi il était stupide de ne pas vouloir tenter le diable à un moment où l’on présentait l’armée irakienne comme la quatrième du monde et où personne ne connaissait exactement la durée et les conséquences de ce conflit.

    Avant de condamner un individu qui semble adhérer à des croyances stupides, il convient de s’interroger sur la force réelle de sa conviction.

    Une autre question fondamentale qu’il convient de se poser pour comprendre les croyances d’autrui est la suivante : la croyance s’explique-t-elle par la condition dimensionnelle de celui qui l’endosse ?

    Notre accès à l’information est limité parce que notre conscience est située dans le temps et dans l’espace (c’est là la condition dimensionnelle de l’homme). Par exemple, on a cru un temps que le paradis de la Bible existait réellement. Certains ont même tenté de le trouver. Cette croyance n’avait des chances d’être convaincante que parce que l’homme n’avait pas encore visité toute la surface terrestre. Sa conscience étant « spatialement » limitée, rien n’interdisait une telle rêverie.

    De la même façon, notre conscience est située dans le temps. Par exemple, l’an 2000 a suscité toutes sortes de fantasmes. Au début du XXe siècle, on imaginait volontiers que le ciel en l’an 2000 serait constellé de machines volantes.
    Jules Verne, dès 1889, rêvait à des aérocars ou des aérotrains qui devaient circuler par l’intermédiaire de tubes pneumatiques à air comprimé. Certains affirmaient que chaque foyer posséderait son fiacre volant, ou son aéroscaphe, sorte de barque volante faisant office de moyen de transport individuel ou familial. On imaginait encore des métros aériens avec vingt viaducs à l’entrée de Paris qui arriveraient de tout l’univers…

    Si ces croyances nous font sourire, c’est que nous savons aujourd’hui qu’elles sont fausses. Nos descendants riront sans doute de nos croyances, car quels que soient les progrès de la connaissance, notre conscience reste définitivement limitée dans le temps et l’espace, et sans cesse, notre esprit pallie cette insuffisance en convoquant la croyance. Assez souvent, l’individu adhère à toutes sortes d’idées fausses et qui peuvent paraître irrationnelles à l’observateur. Ce sentiment disparaîtrait si l’observateur voyait qu’elles résultent d’un esprit qui ne peut avoir accès à toutes les informations en raison de sa situation dimensionnelle.

    La troisième question nécessaire pour comprendre les croyances d’autrui se réfère à la dimension cognition de cette pierre de Rosette : la croyance s’explique-t-elle par les limites cognitives de notre rationalité ? Il s’agit de souligner que certaines de nos idées fausses sont la conséquence du fonctionnement « normal » de notre esprit. En effet, elles peuvent être inspirées par des procédures mentales que nous utilisons avec une telle habitude qu’elles deviennent presque des routines. Si nous les mobilisons aussi fréquemment, c’est qu’elles nous rendent de précieux services et proposent des solutions acceptables à nos problèmes. Y avoir recours n’a donc rien de dément, mais il se trouve qu’elles nous conduisent parfois à commettre des erreurs sévères. Par exemple, il nous est à tous arrivé de secouer un peu, ou de frapper du poing, un appareil électrique au fonctionnement un peu déficient. Nous savons bien que cette solution est grossière, mais souvent nous constatons, ce faisant, une amélioration : l’image revient, le son est plus clair. Nous attribuons ce résultat à un faux contact quelconque. Bref, nous ne savons pas très bien pourquoi ça marche, mais nous constatons que ça marche.
    Alors nous continuons, jusqu’au jour où notre coup de poing détruit irrémédiablement la télévision ou le poste de radio. Secouer frénétiquement des appareils électriques ne doit pas leur faire grand bien. Mais le faux contact étant une panne des plus banales, le faire, c’est souvent choisir une solution provisoirement acceptable au problème. Voilà tout le paradoxe : c’est précisément cette solution, qui nous a rendu tant de services au jour le jour, qui finit par détruire notre appareil.

    Beaucoup de nos erreurs viennent de la confiance excessive que nous accordons à des routines mentales qui généralement fonctionnent assez bien 8. C’est pourquoi elles ne sont pas totalement déraisonnables, même lorsque les conséquences qu’elles engendrent sont cocasses ou dramatiques.

    La vie quotidienne nous confronte souvent à des situations dont la complexité excède, sur le court terme, nos capacités cognitives. Nous pouvons alors céder à des raisonnements captieux intuitivement satisfaisants, mais qui conduisent à des idées fausses. L’observateur devra donc toujours se demander si les croyances de ses contemporains ne résultent pas de ces pentes naturelles de l’esprit et se gardera de les attribuer à la bêtise car leur universalité le concerne tout autant que les individus qu’il observe.

    Le quatrième axe de cette pierre de Rosette concerne la culture : la croyance s’explique-t-elle par les limites culturelles de notre rationalité ?

    Notre culture, nos systèmes de représentations nous aident à comprendre le monde. Mais il arrive assez souvent que ces représentations constituent aussi un obstacle entre nous et le monde. Nous traitons les informations en fonction de ce filtre interprétatif, avec un résultat ne correspondant pas toujours aux normes de la rationalité objective. Nous avons longtemps cru que les sociétés exotiques, avec des systèmes culturels très différents des nôtres, étaient peuplées d’individus naïfs, à l’esprit enfantin, voire franchement illogique. Or, lorsque les anthropologues ont entrepris de comprendre les individus qu’ils observaient, c’est-à-dire de voir leurs croyances comme le résultat de logiques culturellement situées, ils ont effacé ces images stéréotypées du « primitif » un peu idiot. Ils n’ont vu que des individus qui se comportaient de façon raisonnable, compte tenu des représentations du monde qui étaient les
    leurs. On s’est, par exemple, longtemps étonné de la stabilité du système des castes en Inde (que la Constitution de ce pays a aboli en 1947). Cette situation semblait paradoxale : les « intouchables », ceux qui, a priori, avaient le plus de raisons de contester cet ordre (parce qu’ils constituaient la frange la plus basse de cette société très hiérarchisée), étaient aussi ceux qui avaient le plus tendance à la respecter. Pour éclaircir ce paradoxe, Max Weber (1971, p. 461) expliqua que ce système commandait à l’individu de respecter l’activité professionnelle prescrite à sa caste, et de remplir les devoirs qui en découlaient. Mais ce commandement n’était aussi bien suivi d’effet, poursuivait Max Weber, que parce qu’il était lié à l’idée de la transmigration des âmes, en raison de laquelle chacun croit qu’il peut améliorer ses chances de réincarnation en respectant les préceptes de sa caste. D’où ce paradoxe, que Weber soulignait, mais pour montrer qu’il n’était paradoxe que du point de vue de l’observateur étranger au système social en question : ce sont les castes les plus basses qui, compte tenu de leurs croyances, ont le plus intérêt à se conformer aux devoirs de leur statut social.

    Certaines croyances nous paraissent donc absurdes ou contre-productives seulement parce que nous ne faisons pas l’effort de reconstruire l’univers culturel qui les inspire.

    Si aux quatre premières questions vous avez répondu par la négative, il vous reste enfin à prendre en compte la dimension de la progressivité de la croyance : comment le croyant en est-il arrivé à croire ce qu’il croit ?

    Certaines idées paraissent relever de l’irrationalité aux observateurs parce qu’ils se fondent uniquement sur leur contenu, souvent en rupture avec le sens commun, et négligent le caractère graduel de l’adhésion à ces idées. Or, chaque moment de l’adhésion peut être considéré, dans son contexte, comme raisonnable, même si, à son terme, celle-ci apparaît à l’observateur comme relevant légitimement du grotesque. La doctrine finale peut bien être moquée par les commentateurs, elle ne suscite l’adhésion du futur croyant qu’après de nombreuses étapes. Ce point est particulièrement important car il est souvent à l’œuvre dans les croyances extrêmes.

    Certains individus en viennent à adhérer à des idées qui semblent indéfendables à la plupart des autres individus (lesquels se demandent, justement, comment il est possible d’endosser de pareilles idées sans être fou), mais c’est généralement le fruit d’un parcours intellectuel gradué. Chaque étape a poussé l’individu vers la pensée extrême, mais chacune d’entre elles, prise séparément, peut sans doute être considérée comme raisonnable. L’observateur, qui n’est pas prêt à faire l’effort de reconstruire le cheminement intellectuel de celui dont il observe les croyances, passe à côté de l’essentiel, car il ne perçoit que l’idée constituée, sans rien voir de son processus de constitution.

    Pour résumer ce que j’ai voulu dire jusqu’à présent, rappelons que la logique ordinaire est particulièrement compétente pour comprendre les actions d’autrui, mais que, dans de nombreuses situations que permet d’anticiper une méthode simple fondée sur cinq questions, on peut s’attendre à ce qu’elle commette une erreur de diagnostic.
    Or, la pensée extrême est sans doute, plus que toute autre manifestation de la vie sociale, susceptible d’inspirer des interprétations fautives.

    La compréhension est-elle une forme de complicité ?

    Rendre compte de la croyance extrême en en faisant un produit de la rationalité humaine n’est pas sans poser problème. Cela peut, notamment, apparaître comme une forme de complicité intellectuelle. En effet, l’horreur absolue que nous ressentons légitimement face à certaines exactions historiques nous incite à penser (à espérer) qu’elles ont été produites par des individus dépouillés de leur humanité, qui ne sont en rien des alter ego, des autres nous-mêmes.
    Nous pensons implicitement que chercher à comprendre ces actions, c’est nécessairement les condamner plus mollement. Explorer les raisons qui conduisent des individus à faire s’écraser des avions sur des tours où travaillent des milliers d’innocents ne relève-t-il pas d’une indulgence inopportune ? Cette forme de complicité choquerait le sens moral du citoyen moyen. Le nazisme et son interprétation ont, par exemple, suscité ce genre de débats, parce que le nazisme constitue l’une des manifestations les plus effroyables qu’il se puisse imaginer de l’extrémisme. Pour cette raison, les propos d’Hannah Arendt (1966), qui ne parvenait pas à voir en Eichmann un démon inhumain, ont scandalisé.

    Parce que la pensée extrême inspire parfois des croyances et des actes qui nous paraissent incarner le mal absolu, nous préférons lui supposer une forme d’irrationalité incompréhensible, de psychopathie, voire de foncière inhumanité.
    Ces termes, en réalité, décrivent mieux l’ampleur de notre indignation que les processus mentaux dont ces actes sont le fruit.

    Plusieurs raisons à cela.

    Si ces actes étaient réellement produits par des non-humains (des animaux par exemple), nul ne songerait à les juger. Un chien qui s’attaque à un bébé peut être abattu parce qu’il est dangereux, mais non parce que sa sauvagerie est évaluée du point de vue du bien et du mal.

    En outre, il est vrai que les fous existent et l’on en compte sans doute dans les rangs des nazis, des terroristes islamistes ou des disciples de sectes suicidaires, seulement il est difficile de supposer que des millions, des milliers ou même des dizaines de personnes perdent la raison et avec elle la moralité. L’idée que la pensée extrême caractériserait un esprit dérangé est séduisante dans la mesure où elle nous permet d’ériger une zone d’étanchéité entre des actes que nous détestons et nous-mêmes ; mais elle n’est guère opérante, comme nous le verrons, car elle ne décrit pas du tout le profil psychologique des extrémistes. D’ailleurs, si ces crimes étaient réellement produits par des fous, nous ressentirions sans doute de l’effroi, mais non point de l’indignation.
    Ainsi, Damasio (1995) a montré que certaines lésions cérébrales entraînent des déficits du jugement moral et conduisent, dans certains cas, ceux qui en souffrent à produire des actions répréhensibles. Nous pouvons craindre de tels individus, les trouver dangereux, mais nous ne pouvons pas dire que leurs actes nous indignent car nous savons qu’ils ont été différents, que c’est à cause d’un handicap dont ils ne sont pas responsables qu’ils sont devenus tels. Nous savons que leur comportement d’aujourd’hui est déterminé par des causes biologiques et non des raisons. C’est que nous ne pouvons tout à la fois être indignés moralement et considérer les individus sur lesquels notre jugement porte comme dépourvus de raisons d’agir.

    Un autre argument joue en défaveur du projet qui entend reconstruire la rationalité subjective des fanatiques. Y répondre me permettra de compléter ce que j’ai pu dire. Certains, en effet, posent en principe qu’admettre les croyances extrêmes dans le champ de la rationalité revient à favoriser le relativisme. Si ces croyances ont, elles aussi, leur rationalité, comment les distinguer de celles qui n’ont jamais poussé personne au meurtre ou au suicide ? Autrement dit, que reste-t-il de la morale si toutes les croyances, y compris celles qui sont ou semblent être les plus absurdes et les plus condamnables, peuvent être mises sur le même plan ? C’est une inquiétude de cette sorte que traduit Patrick Pharo (1998, p. 55) : « Le problème majeur est d’éviter de retomber dans le piège relativiste car si les théories normatives sont diverses, comment éviter que celui à qui l’on reproche de s’écarter du mieux ne réponde qu’en fait il applique une autre norme du mieux ? »

    À cette crainte j’opposerai cet argument : comprendre le raisonnement d’un individu et en admettre les termes et les conclusions sont deux opérations absolument distinctes. Voici un petit problème que je vous soumets et qui me permettra d’illustrer cette idée :

    Une femme a deux enfants, dont une fille. À votre avis, quelle est la probabilité pour que son autre enfant soit un garçon ?

    À ce problème, en moyenne, 70 % des gens répondent : une chance sur deux. Pourquoi ? Parce que, affirment-ils, nous savons tous qu’il y a autant de chances d’avoir une fille qu’un garçon et que le sexe de l’enfant que nous avons pu avoir, par ailleurs, n’influence en rien celui de l’autre.
    Si je prends cet exemple, c’est parce qu’une majorité de personnes commet une erreur en la matière, ce qui rend difficile une explication par la pure irrationalité. Si vous vous êtes trompé vous aussi, vous admettrez facilement, d’une part, qu’il y a un raisonnement qui vous a conduit à cette erreur, et, plus difficilement d’autre part, d’être considéré, en raison de votre erreur, comme un individu stupide et irrationnel. Cela montre qu’erreur et irrationalité ne vont pas forcément de pair. En l’occurrence, l’erreur est pourtant sévère puisque la bonne réponse est qu’il y a 66,6 % de chances pour que l’autre enfant soit un garçon. Disons-le franchement : ici, c’est la vérité même qui est déconcertante. C’est pourtant la réponse exacte au problème. Pour la faire comprendre, voyons quelles sont les quatre possibilités qu’autorise l’énoncé « une femme a deux enfants ».

    Fille/Fille
    Fille/Garçon
    Garçon/Garçon
    Garçon/Fille

    La case garçon/garçon est grisée car elle présente une situation incompatible avec les données du problème (lequel énonçait que cette femme a deux enfants, dont une fille). Seules les trois autres possibilités se maintiennent et définissent l’espace possible du problème. Comme on le voit, si cette femme a une fille, alors il y a deux fois plus de chances que son autre enfant soit un garçon plutôt qu’une fille. Pour ce problème, comprendre les raisons qui égarent la pensée ne suppose pas du tout qu’on les mette au même niveau que celles qui pourraient nous conduire à la bonne réponse. Cela n’implique aucun relativisme, il y a bien une solution vraie au problème et la norme de la vérité n’est pas affaiblie si l’on élucide d’où vient l’erreur. Au contraire, on s’assure de ne pas reproduire cette erreur si l’on comprend les raisons qui nous y ont conduits. Rien ne me sépare plus de celui qui fait une erreur que la compréhension des raisons qui l’ont incité à la produire. Cette connaissance me donne la garantie de ne pas l’endosser moi-même, car elle met à distance ce qui, en moi, aurait pu céder à un raisonnement captieux. Dans ce domaine, comme le précise Boudon (2007), il en va du vrai comme il en va du bien. Il n’y a pas plus de complicité à comprendre les raisons d’une croyance dans le domaine du descriptif (vrai/faux) que dans celui du normatif (bien/mal, beau/laid).

    Le problème vient en partie de l’ambivalence du terme de compréhension. Dans le langage courant, il engage souvent une forme de compassion et d’indulgence, en effet, mais dans le langage des sciences sociales il n’implique rien de plus que la volonté de reconstruire l’univers mental d’un individu pour interpréter, avec méthode, quels furent les déterminants de ses croyances et de ses actions.

    Rationalité et extrémisme

    1) La crédulité n’est pas nécessairement l’expression de la bêtise ou du manque d’éducation

    Le mardi 25 août 1835 paraît, dans le New York Sun, le premier article d’une série qui ne passera pas inaperçue, et qui est intitulé « Grandes découvertes astronomiques faites récemment par sir John Herschel, LLD, FRS & Co au cap de Bonne-Espérance ». Il est ajouté, en sous-titre, qu’il s’agit d’un extrait du supplément de l’Edinburgh Journal of Science. Jusqu’au 31 août, ce journal new-yorkais va publier, chaque jour, le récit extraordinaire des premiers observateurs de la vie sur la Lune. Un récit rendu possible grâce aux performances d’un télescope révolutionnaire dont les détails techniques et l’assemblage sont décrits avec minutie par les articles. À la façon d’un ethnologue observant une société exotique, John Herschel examine d’abord la végétation lunaire. Il s’agit, entre autres, de champs de fleurs rouges ressemblant à des pavots et de grandes aiguilles d’améthyste rouge pâle. Il peut observer bientôt, à l’aide de son formidable télescope, une faune à la fois familière et étrange, des troupeaux de bisons de petite taille, des chèvres unicornes et, le plus fabuleux, des hommes ailés, doués manifestement de raison, que, d’après les articles, les scientifiques nomment Vespertilio-homo, c’est-à-dire « hommes-chauves-souris » et que l’opinion va bientôt désigner du terme de « Sélénites », habitants de la Lune. Singeant l’imaginaire biblique, ceux-ci revêtent principalement deux aspects : certains portent des ailes de chauve-souris et sont couverts de poil, sortes de singes améliorés, tandis que d’autres ont des figures angéliques et sont caractérisés par « une infinie beauté ».

    Lorsque fut publié ce long récit, à la fois aux États-Unis et en France, on aurait pu s’attendre à ce que ses lecteurs le prennent pour ce qu’il était : un canular. Cet épisode journalistique est d’ailleurs bien connu aujourd’hui sous le nom de moon hoax. Mais il n’en fut rien. Il est difficile d’en évaluer la proportion, mais beaucoup de lecteurs 9 paraissent avoir pris ce récit au premier degré. Plusieurs choses semblent avoir rendu ce reportage lunaire crédible.

    D’abord, l’astronome Hirschel, censé avoir rédigé ces lignes, a bel et bien existé, il était même fort connu et respecté en son temps, lié à la Royal Society, foreign secretary de l’Astronomical Society, il présidera la Royal Astronomical Society à trois reprises. Pas exactement le genre d’homme, donc, à mettre sur pied ce genre de canular.
    C’est un spécialiste de la Lune, et il est vrai qu’il effectua un certain nombre d’observations au cap de Bonne-Espérance. S’il ne put guère dénoncer l’usurpation de son nom et toute l’histoire, c’est qu’il était précisément, au moment de la publication de ces tonitruantes pseudo-découvertes, en train de se livrer à des observations astronomiques dans l’hémisphère Sud. Il ne découvrira le pot aux roses qu’à la fin de l’année 1835, alors qu’il est bien trop tard pour dénoncer l’imposture d’un plaisantin assez doué, Richard Adams Locke, jeune reporter au New York Sun.

    Ensuite, l’article fourmille de détails techniques : les noms de ceux qui ont effectué les esquisses des animaux lunaires sont donnés, la constitution même du télescope est détaillée, idem pour son principe de fonctionnement « révolutionnaire ». Sont exposées encore les questions scientifiques que l’appareil va permettre d’élucider. Tous ces détails paraissent probablement ne pas avoir pu être inventés et donnent de la chair au récit.

    Enfin, la Lune est, dans la première partie du XIXe siècle, sujet de toutes les rêveries, y compris scientifiques. On imagine alors, et pour plusieurs décennies encore, que les cratères à la surface du satellite, visibles à l’œil nu, sont des volcans et qu’il y existe une atmosphère et donc une forme de vie. Quelques scientifiques de renom ont défendu ces hypothèses et le sens commun, passionné par ces questions, est en quelque sorte préparé à une découverte majeure dans ces domaines.

    Edgar Allan Poe, qui s’est lui-même rendu coupable de plusieurs canulars pseudo-scientifiques, donne un point de vue sur le moon hoax qui nous en dit plus sur le genre de croyances qu’a suscité ce canular. Son analyse constitue l’introduction idéale à ce chapitre : « Point le plus étrange de tous, écrit-il, ceux qui doutèrent le firent principalement sans en connaître les raisons, sans être capables de dire pour quelles raisons. Il s’agissait des ignorants, de ceux qui n’étaient pas informés des choses de l’astronomie, des gens qui ne pouvaient y croire parce que les choses étaient trop nouvelles, trop en dehors des connaissances habituelles 10. »

    Poe mentionne l’étrangeté du constat qu’il fait, en même temps qu’il en tire une conclusion très instructive pour l’énigme qui nous intéresse ici : pourquoi sont-ce les gens les plus instruits qui furent le plus facilement bernés par ce canular ?

    Ceux qui crurent à ce canular lunaire, explique Edgar Allan Poe, n’étaient pas des gens ignorants, sans éducation, il s’agissait, pour beaucoup, d’individus qui étaient plus ou moins initiés aux problèmes astronomiques de leur temps, qui avaient une curiosité pour ces questions. Ce genre de constat comme on va le voir, a une portée très générale et dépasse largement le cadre du moon hoax. En fait, on trouve rarement de lien entre l’adhésion à des croyances douteuses et le manque d’éducation. Le plus souvent, c’est même l’inverse qui est vrai ! Ce qui est franchement contre-intuitif. On l’a vu dans l’introduction de ce livre, un courant intellectuel dominant a opposé raison et croyance au point d’esp

    • C’est vrai : prenez les exemples des fanatiques du pouvoir politique, ou les fanatiques de la domination militaire, ou les fanatiques du profit… Il y en a plein partout.

      Comment devient-on un fanatique du profit ?

      C’est une bonne question.

      Une autre question :
      le « fanatisme » de la victime qui se défend est-il à mettre sur le même plan « scientifique » pour l’universitaire curieux que le « fanatisme » du bourreau ?

      Et si « l’extrémiste » est en même temps « paranoïaque » (s’il a tendance à voir et à dénoncer des complots), autant vous dire que l’Université saura vous rédiger le corpus théorique ad hoc pour justifier leur internement en asile psychiatrique, exactement comme en URSS.

  39. Quelle est la supériorité morale de l’Amérique d’Obama face à la Russie de Poutine ?

    http://www.lecontrarien.com/la-russie-de-poutine-et-les-etats-unis-dobama-03-03-2015-edito

  40. Entretien avec Slobodan Despot : « Le traitement spécial réservé aux Russes et aux Serbes est motivé par leur insoumission. »

    Slobodan Despot est écrivain et éditeur. Il a notamment publié Despotica en 2010 (Xenia) et Le miel en 2014 (Gallimard). Suisse d’origine serbe, il porte un intérêt tout particulier au monde slave. Nous avons discuté avec lui de la manière dont les médias, les politiques et les intellectuels occidentaux rendaient compte du conflit en Ukraine.

    PHILITT : En 1999, l’OTAN et l’Occident ont déclenché une guerre au Kosovo en niant l’importance culturelle et historique de cette région pour le peuple serbe. Aujourd’hui, l’Occident semble ignorer l’importance de l’Ukraine pour le peuple russe. Avec 15 ans d’écart, ces deux crises géopolitiques ne sont-elles pas le symbole de l’ignorance et du mépris de l’Occident envers les peuples slaves ?

    Un sommet de l'OTAN

    Slobodan Despot : La réponse est dans la question. On agit de fait comme si ces peuples n’existaient pas comme sujets de droit. Comme s’il s’agissait d’une sous-espèce qui n’a droit ni à un sanctuaire ni à des intérêts stratégiques ou politiques vitaux. Il y a certes des peuples slaves et/ou orthodoxes que l’OTAN traite avec une apparente mansuétude — Croates, Polonais, Roumains, Bulgares — mais uniquement à raison de leur docilité. On ne les méprise pas moins pour autant. Cependant, le traitement spécial réservé aux Russes et aux Serbes est motivé par leur insoumission à un ordre global dont l’Occident atlantique se croit à la fois le législateur et le gendarme. On peut déceler dans l’attitude occidentale vis-à-vis de ces deux nations des composantes indiscutables de ce qu’on appelle le racisme. Le journaliste suisse Guy Mettan publie d’ailleurs ce printemps une étude imposante et bienvenue sur la russophobie.

    PHILITT : Comme l’explique Jacques Sapir, deux revendications légitimes se sont affrontées dans le cadre de la crise de Crimée : la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect de l’intégrité territoriale d’un État. Est-il possible, selon vous, de dépasser cette tension ?

    Slobodan Despot : La Crimée fut arbitrairement rattachée, on le sait, à l’Ukraine par Khrouchtchev dans les années 50, à une époque où l’URSS semblait appelée à durer des siècles et où, du même coup, ses découpages intérieurs ne signifiaient pas grand-chose. L’éclatement de l’Empire a soulevé de nombreux problèmes de minorités, d’enclaves et de frontières inadéquates. La Crimée est non seulement une base stratégique de premier plan pour la Russie, mais encore une terre profondément russe, comme elle l’a montré lors de son référendum de mars 2014. Les putschistes de Kiev, sûrs de la toute-puissance de leurs protecteurs occidentaux, ont oublié de prévoir dans leur arrogance que leur renversement de l’ordre constitutionnel allait entraîner des réactions en chaîne. Or, non seulement ils n’ont rien fait pour rassurer les régions russophones, mais encore ils ont tout entrepris pour que celles-ci ne songent même plus à revenir dans le giron de Kiev.

    De toute façon, le rattachement de la Crimée n’est, on l’oublie trop vite, que la réponse du berger russe à la bergère américaine, qui a jugé bon en 1999 de détacher à coup de bombes le Kosovo de la Serbie. Le bloc atlantique et ses satellites ont par la suite reconnu cet État mort-né malgré l’existence d’une résolution de l’ONU (n° 1244) affirmant clairement la souveraineté de la Serbie sur cette province. C’est au Kosovo qu’a eu lieu la violation du droit international qu’on dénonce en Crimée.

    PHILITT : Concernant le conflit ukrainien, chaque camp dénonce l’action d’agents d’influence en tentant de minimiser la spontanéité des événements. Quelle est la part de réalité et de fantasme de cette lecture géopolitique ?

    Slobodan Despot : Je rappellerai un cas d’école très peu connu. Toute la Crimée se souvient d’un incident gravissime survenu au lendemain du putsch de Maïdan, lorsque des casseurs néonazis bien coordonnés ont arrêté sur l’autoroute une colonne de 500 manifestants criméens revenant de Kiev, mitraillé et incendié leurs autocars, tabassé et humilié les hommes et sommairement liquidé une dizaine de personnes. Les médias occidentaux ont totalement occulté cet épisode. Comme il s’agissait de faire passer le référendum criméen pour une pure manipulation moscovite, il était impossible de faire état de cet événement traumatique survenu moins d’un mois avant le vote.

    Les exemples de ce genre sont légion. Le livre très rigoureux du mathématicien français Michel Segal, Ukraine, histoires d’une guerre (éd. Autres Temps), en décompose un certain nombre en détail. Il faut reconnaître que le camp « occidentiste » a l’initiative de la « propagande contre la propagande », c’est-à-dire de la montée en épingle d’opérations d’influence supposées. Il jouit en cela d’une complaisance ahurissante des médias occidentaux. Or, dans un conflit comme celui-là, où tous les protagonistes sortent des écoles de manipulation soviétiques, les chausse-trapes sont partout et seul un jugement fondé sur la sanction des faits avérés et sur la question classique « à qui profite le crime ? » permettrait d’y voir clair. Nous en sommes loin ! Le plus cocasse, c’est que l’officialité nous sert à journée faite des théories du complot russe toujours plus échevelées tout en condamnant le « complotisme » des médias alternatifs …

    Bernard-Henri Lévy

    PHILITT : Dans la chaîne causale qui va de la mobilisation « humanitaire » jusqu’à l’intervention militaire, quelle est la place exacte des intellectuels qui l’approuvent ? Sont-ils de simples rouages ?

    Slobodan Despot : Les intellectuels ont joué me semble-t-il un rôle bien plus important dans cet engrenage au temps de la guerre en ex-Yougoslavie. J’ai conservé les articles des BHL, Jacques Julliard, Glucksmann, Deniau etc… On a peine à croire, vingt ans plus tard, que des gens civilisés et hautement instruits aient pu tomber dans de tels états de haine ignare et écumante. Même le bon petit abbé Pierre, saint patron des hypocrites, avait appelé à bombarder les Serbes ! J’ai également conservé les écrits de ceux qui, sur le moment même, avaient identifié et analysé cette dérive, comme l’avait fait Annie Kriegel.

    Aujourd’hui, à l’exception burlesque de Lévy, les intellectuels sont plus en retrait. Ils vitupèrent moins, mais s’engagent moins également pour la paix. Mon sentiment est que leur militantisme crétin au temps de la guerre yougoslave les a profondément décrédibilisés. Leur opinion n’intéresse plus personne. Du coup, dans l’actualité présente, le rôle des agents d’influence ou des idiots utiles est plutôt dévolu à d’obscurs « experts » académico-diplomatiques, souvent issus d’ONG et de think tanks plus ou moins liés à l’OTAN. Ces crustacés-là supportent mal la lumière du jour et abhorrent le débat ouvert. Il est caractéristique qu’Alain Finkielkraut ait dû me désinviter de son Répliques consacré à l’Ukraine suite à la réaction épouvantée d’un invité issu de ce milieu à la seule mention de mon nom. À quoi leur servent leurs titres et leurs « travaux » s’ils ne peuvent endurer un échange de vues avec un interlocuteur sans qualification universitaire ?

    PHILITT : Bernard-Henri Lévy compare, dès qu’il en a l’occasion, Vladimir Poutine à Hitler ou encore les accords de Minsk à ceux de Munich signés en 1938. Cette analyse possède-t-elle une quelconque pertinence ou relève-t-elle de la pathologie ?

    Slobodan Despot : M. Lévy a un seul problème. Il n’a jamais su choisir entre sa chemise immaculée et la crasse du monde réel. Il se fabrique des causes grandiloquentes à la mesure de sa peur et de sa solitude de garçon mal aimé errant dans des demeures vides qu’il n’a jamais osé abandonner pour mener la vraie vie selon l’esprit à laquelle il aspirait. Je le vois aujourd’hui mendier la reconnaissance par tous les canaux que lui octroie son immense fortune — journalisme, roman, reportage, théâtre et même cinéma — et ne recueillir que bides et quolibets. Et je l’imagine, enfant, roulant des yeux de caïd mais se cachant au premier coup dur derrière les basques de son père ou de ses maîtres. Dans mes écoles, on appelait ces fils-à-papa cafteurs des « ficelles » et nul n’était plus méprisé que ces malheureux-là. Aussi, lorsque j’entends pérorer M. Lévy, je ne pense jamais à l’objet de sa harangue, mais à l’enfant en lui qui m’inspire une réelle compassion.

    Vladimir Poutine

    PHILITT : Vous écriviez, pour annoncer une conférence qui s’est tenue à Genève le 25 février : « On a vu se mettre en place une « narratologie » manichéenne qui ne pouvait avoir d’autre dénouement que la violence et l’injustice. Si l’on essayait d’en tirer les leçons ? » Le storytelling est-il devenu la forme moderne de la propagande ?

    Slobodan Despot : C’est évident. Il se développe en milieu anglo-saxon (et donc partout) une véritable osmose entre l’écriture scénaristique et l’écriture documentaire. Cas extrême : le principal « document » dont nous disposions sur l’exécution supposée de Ben Laden en 2011 est le film de Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty, qui a tacitement occupé dans la culture occidentale la place du divertissement et de l’analyse, et de la preuve. La réussite cinématographique de ce projet (du reste dûment distinguée) a permis d’escamoter toute une série d’interrogations évidentes.

    Sur ce sujet du storytelling, nous disposons d’une enquête capitale. En novembre 1992, Élie Wiesel emmena une mission en Bosnie afin d’enquêter sur les « camps d’extermination » serbes dénoncés par la machine médiatique cette année-là. Ayant largement démenti cette rumeur, la mission Wiesel fut effacée de la mémoire médiatique. Par chance, il s’y était trouvé un homme de raison. Jacques Merlino, alors directeur des informations sur France 2, fut outré tant par l’excès de la campagne que par l’escamotage de son démenti. Il remonta jusqu’à l’agence de RP qui était à la source du montage. Son président, James Harff, lui expliqua fièrement comment il avait réussi à retourner la communauté juive américaine pour la convaincre que les victimes du nazisme de 1941 étaient devenues des bourreaux nazis en 1991. Il ne s’agissait que d’une story, d’un scénario bien ficelé. La réalité du terrain ne le concernait pas.

    Les stories simplistes de ce genre ont durablement orienté la lecture de cette tragédie. Ceux qui s’y opposaient, fût-ce au nom de la simple logique, étaient bâillonnés. Le livre de Merlino, Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire (Albin Michel), fut épuisé en quelques semaines et jamais réimprimé, et son auteur « récompensé » par un poste… à Pékin !

    PHILITT : Comment expliquer la faible mémoire des opinions occidentales ? Comment expliquer qu’elles aient « oublié » les preuves qui devaient être apportées de l’implication russe dans la destruction du MH-17 ? Le storytelling remplace-t-il, dans l’esprit du public, la causalité mécanique par une causalité purement morale ?

    Slobodan Despot : Nous vivons en effet dans une époque hypermorale — ou plutôt hypermoralisante. L’identification des faits est subordonnée à l’interprétation morale qui pourrait en découler. Si, par exemple, voir des « jeunes » molester une gamine devant votre immeuble risque de vous inspirer des pensées racistes et sécuritaires, vous êtes prié de ne pas constater l’altercation et de passer votre chemin. C’est très vil au point de vue de la moralité individuelle, mais correct selon la moralité sociétale. Une même « école du regard » a été imposée au sujet de la Russie. Au lendemain de la tragédie du vol MH-17, la sphère politico-médiatique s’est mise à conspuer le président russe en personne comme s’il avait abattu l’avion de ses propres mains. Aujourd’hui, plus personne n’en souffle mot, le faisceau d’indices étant accablant pour le camp adverse. Ces dirigeants et ces personnalités publiques disposent de suffisamment de jugeote et de mémoire pour mener rondement et même cyniquement leurs propres affaires. Mais dans un contexte impliquant l’intérêt collectif, comme la guerre contre la Russie, ils abandonnent tout sens de la responsabilité et du discernement et se comportent comme des midinettes hyperventilées. Leur tartufferie n’est même plus un vice, mais une composante anthropologique. Ils réalisent le type humain totalement sociodépendant que le nazisme et le communisme ont tenté de mettre en place avant d’être coupés dans leur élan.

    Slobodan Despot.

    Source : PHILITT.

  41. Je ne sais plus si cette vidéo avait déjà été partagée sur ce blog.
    Comment la CIA prépare les révolutions colorées (Manon Loizeau):
    https://www.youtube.com/watch?v=1zUg9NrkcAQ

    Le livre qui sert de manuel des révolutions:
    « de la dictature à la démocratie » de Gene Sharp
    Vous l’aurez compris, c’est, bien entendu, leur démocratie de façade et non celle que nous défendons.

  42. La crise ukrainienne est une crise « made in Washington ».

  43. De la Yougoslavie à l’Ukraine le Tchernobyl médiatique se répète -- Slobodan Despot
    (Human Rights Agency)

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