1 heure sur Radio Grenouille (Marseille, 88,8 FM), ce jeudi à 13h30, avec Christophe Meierhans, qui présente théâtralement sa proposition de constitution, au MUCEM (ce soir)

Étonnante découverte : les animateurs de Radio Grenouille (pour qui j’ai fait quelques chroniques il y a quelques années) m’invitent à rencontrer chez eux Christophe Meierhans, et je découvre à cette occasion un travail étonnant et utile, que les GV ne manqueront pas d’étudier, j’en suis sûr.

Christophe travaille un projet de Constitution et le présente sous forme théâtrale :

http://www.mucem.org/fr/node/2873

Son spectacle s’intitule :
Some use for your broken clay pots
(Suggestion d’utilisation pour vos poteries cassées 🙂 )

J’ai trouvé quelques commentaires de ce spectacle qui donnent bien envie d’aller voir, ce soir à Marseille, de quoi il retourne ; celui-là par exemple :

l’envoi de Paul Hermant à Christophe Meierhans
26 avril 2014, 11:00 | Paul Hermant

« Cher Christophe Meierhans, ce n’est pas la première fois que je m’entretiens avec un constitutionnaliste, mais c’est sans doute la première fois que je m’adresse à quelqu’un qui a rédigé une Constitution tandis qu’on ne lui avait rien demandé.

J’ai par exemple le souvenir de mon ami Kamel Jendoubi suant pendant des mois et des mois sur la Constitution tunisienne d’après Ben Ali : plus le temps passait, plus il s’épuisait. Cet exercice lui pesait plus encore que la résolution de la quadrature du cercle.

Bon, mais maintenant, ça y est, c’est fait, cela tourne plus ou moins rond et il peut respirer à l’aise. Peut-être mieux que nous qui, dans un mois assez exactement, allons vivre la mère de toutes les élections, enfin quand je dis la mère de toutes les élections on disait déjà ça des dernières qui nous avaient valu plus de 500 jours de vacances gouvernementales fédérales, alors peut-être que le prochain scrutin sera finalement la grand-mère de toutes les élections. Ou la fille. Ou la cousine, on ne sait plus bien. Nous sommes un peu perdus, à vrai dire.

Alors, tant mieux s’il existe des gens qui rédigent des Constitutions sans qu’on leur ait rien demandé. Et que vous soyez, cher Christophe Meierhans citoyen d’un pays, la Suisse, qui a construit sa démocratie sur les votations et les référendum d’initiative populaire ajoute encore un peu de sel à la chose.

Car voilà bien que l’on comprend que tous et partout, nous cherchons des alternatives à la façon dont les peuples se présentent et se représentent.

Sans doute sommes-nous nombreux à constater en effet que le système électoral tel que nous l’utilisons aujourd’hui n’a jamais vécu de réelle rénovation depuis sa naissance lors de la révolution industrielle qu’il a accompagnée. N’importe quoi, dans quelque secteur que ce soit, qui n’aurait pas été retouché et entretenu depuis plus de deux siècles serait, je pense, dans le même état. En vérité, assez décrépi.

Les partis, qui sont le corps du système électoral, vivent désormais sans trop de membres et les journaux, qui en étaient l’âme, survivent aujourd’hui sans assez de lecteurs. Le système électoral délégatif, celui où nous désignons ce qui s’appelle littéralement un représentant, trouve sans doute ses limites dans cette perte où les électeurs comme les lecteurs ne trouvent plus de lieu où attiser leur feu.

D’où sans doute, ces appels à réinventer l’acte démocratique en soi car l’on se rend compte peu à peu que déléguer sa voix ne suffit plus, ne suffit pas, n’épuise plus aucune sorte d’idéal et n’épouse plus non plus beaucoup de convictions.

Je vais vous dire, cher Christophe Meierhans : il y a des jours où l’on ferait bien double ou triple chronique et où l’on sait que quoi que l’on dise ce sera à la fois trop court et trop long, de sorte que sur toutes les idées bien revigorantes que vous proposez : le tirage au sort, la négociation pentatonique, le Service démocratique, le nombre de mots que peuvent comporter les lois ou les rituels constitutionnels , rituels de passage entre citoyens — vous inventez ici une parade, presque un carnaval, autant dire un charivari — de tout cela donc je vous laisserai deviser avec Pascale Seys.

Je noterai simplement que votre Constitution débute par un chapitre sur la Disqualification, sorte de miroir renversé du choix par défaut que nous effectuons, semble-t-il, de plus en plus souvent lors des consultations électorales. (Et, entre nous soit dit, ce mot de consultation décrit déjà assez bien en lui même la pathologie démocratique ambiante).

Mais donc, cet ostracisme à la grecque que vous proposez— d’où le titre de votre ouvrage et de votre spectacle que je pourrais traduire librement par  » quelque idées pour utiliser vos tessons de poteries  » (il s’agit là d’une référence à la manière dont se pratiquait l’ostracisme : en notant un nom sur un morceau de poterie),…. ce système qui disqualifie donc a posteriori suppose que l’on puisse non seulement être à être désavoué sur ses actes et sur ses décisions mais que l’on puisse l’être aussi de façon quasi permanente et non pas lors d’échéances programmées, ce système donc tranche assez bien avec les régulations qui sont aujourd’hui les nôtres.

Au total, je le disais, un livre et un spectacle qui ont le sens de la montre et qui tombent exactement à leur heure…

Il y a tout de même cette question : pourquoi est-ce que ce sont des poètes, des écrivains, des plasticiens qui, aujourd’hui se préoccupent des formes de représentations et de participations citoyennes tandis que l’on pourrait penser que c’est là sinon le travail de véritables constitutionalistes ou de juristes spécialisés, au moins de politiques… Le G1000 hier, vous aujourd’hui… Des gens de la culture, des artistes… Vous me direz : il y a bien des ministres de la Culture ou de l’Emploi qui s’occupent de donner des statuts aux artistes sans avoir jamais écrit une chanson ou défendu un texte sur scène, et ce n’est dès lors que saine justice que les gens de la culture s’emparent à leur tour de questions qui semblent le pré carré du monde de la politique.

Et c’est pourquoi, vous ne serez pas surpris et encore moins meurtri si, — précisément parce que vous occupez un terrain qui n’est pas réputé le vôtre — l’on vous moque un peu et que l’on vous serine d’ici et de là que tout cela n’est jamais que billevesées et calembredaines… Vous savez ce que d’on dit : d’abord, on vous ignore, ensuite on vous raille, puis on vous combat et, enfin, vous gagnez. Je vous souhaite le bon jour.

Paul Hermant

Source : http://www.rtbf.be/musiq3/article_l-envoi-de-paul-hermant-a-christophe-meierhans?id=8267804

 
Je suis en train de plancher sur le fichier PDF de son projet de constitution.

C’est long, mais c’est très intéressant 🙂

13h30 sur Radio Grenouille (Marseille 88,8 FM) et 20h30 au MUCEM, donc.
À tout à l’heure ?

63 réponses à “1 heure sur Radio Grenouille (Marseille, 88,8 FM), ce jeudi à 13h30, avec Christophe Meierhans, qui présente théâtralement sa proposition de constitution, au MUCEM (ce soir)

  1. Il y a plein de place (de grandes marges) autour du texte (pdf cité en lien), ce qui est très pratique pour prendre des notes, signaler visuellement les meilleures trouvailles.
    Ce texte est pétillant au possible, plein de mots à la fois marrants et puissants, plein de détails originaux. CE TEXTE EST STIMULANT !
    J’ai très hâte de rencontrer cet humain-là 🙂
    (C’est dans moins de 2 h)

  2. Le lien pour écouter Radio grenouille en direct :

    http://live.radiogrenouille.com/live

  3. L’émission pourrait -elle être disponible ici? J’ai manqué l’émission vu le décalage horaire. Merci.

  4. Bonjour Saint-Jarre Claude, pour une émission enregistrée, j’imagine que cela dépend des moyens et du bon vouloir de Radio grenouille, si l’enregistrement est disponible sur le réseau, cela sera ici sur cette page :

    http://www.radiogrenouille.com/emission/13h30/

  5. Salut les gens,

    Je suis tombé ce matin sur un lien indiquant un article concernant Etienne sur l’express.fr

    Du coup, je jette un oeil tranquillement… Bon ça commence pas top en mode « on ne sait pas trop où le classer politiquement, c’est sans doute qu’il a des sympathies avec l’extrême droite » (citation non officielle mais qui résume le début de l’article). Etant habitué à cette rengaine, je ne me démonte pas et je continue ma lecture.

    Et là j’arrive sur un passage concernant Alain Soral avec une soi-disant citation d’Etienne qui dit la chose suivante:

    « Alors oui, il dit aussi des choses qui me déplaisent, par exemples sur les pédés, mais ça me paraît secondaire. »

    Ceux qui connaissent Etienne devraient être choqués comme moi par « les pédés ». Il me paraît inconcevable que cette interview ne soit pas bidonnée tant je ne vois pas ce mot sortir de sa bouche. Etienne contredit moi si je me trompe (ça arrive à tout le monde d’avoir la langue qui fourche) mais si c’est du bidouillage pour te faire passer pour un homophobe, je suggère de porter plainte contre l’express toutes affaires cessantes.

    • En relisant mon post précédent à la recherche d’une maladresse grammaticale ou orthographique de ma part, je me suis rendu compte d’une coquille sur le copier/coller de la soi-disant citation d’Etienne avec un superbe « par exempleS ».

      Voilà un journaliste qui m’a tout l’air d’être une fine lame. Pendez moi ce crétin!

      • Le journaliste a fais un ajout suite à une réclamation d’Étienne : « [Edit, le 18 novembre à 16h25: Etienne Chouard nous fait savoir qu’il n’utilise pas l’expression « pédés » à titre personnel. Il estime l’employer dans ce contexte précis: « Quand Soral parle des ‘pédés’ (comme il dit), ça me dresse le peu de cheveux qui me restent sur la tête… »] Il n’enlève rien, en revanche, sur le fait que les propos d’Alain Soral sur ce plan sont pour lui secondaires par rapport à d’autres considérations. ».

  6. En emmenant ma mère aux urgences de hôpital d’Annecy, je suis tombé sur 4 burkas (espace public…)
    autour d’une mémé qui en avait probablement pondu une dizaine …
    et l’interne était libanais (Numerus Clausus pour augmenter le chômage)

    Vous savez où vous pouvez vous la mettre votre démocratie tirée au sort ?

    • Déjà ça n’a aucun rapport avec mon post et de deux, qu’est ce que vous voulez que ça me foute votre histoire de burkas?

      En outre, ça n’a aucun rapport avec la démocratie.

      Moralité: vous êtes un microcéphale.

  7. pas tout à fait dans le sujet, la vidéo d’ Étienne et Ana à Poisy (74?) le 27/09/14
    excellent : http://youtu.be/BMkbhEG1g4k

  8. ah .. au fait .. j’ ai une question pour des gens habitués à faire des ateliers.
    (j’ en suis à deux à Toulouse) .. si je m’ adresse à un petit possédant par exemple un pharmacien .. j’ ai peut-être le cas bientôt
    Question : est il possible pour lui de commencer à écrire une constitution en pensant à SON intérêt particulier. Peut il commencer en essayant d’ organiser SA puissance ? (je parle de quelqu’ un qui n’ aurait aucun idéal social et serait purement égoïste )
    J’ aimerais une réponse qui me permette de réfléchir à ça.
    Éléments de réponse :
    1) il va certes vouloir organiser sa puissance politique, écrire les lois
    sûrement que par définition il ne pourra pas interdire que d’ autres puissent le faire.
    2) mais il va défendre la propriété lucrative … mais il peut en venir à penser que de n’ avoir qu’ une propriété d’ usage de son entreprise ne le lèse pas car la loi peut lui consentir un dédommagement quand il quitte l’ usage d’ une entreprise florissante. De plus cela sera sûrement un soulagement au niveau de la gestion qui peut être délégué (au lieu des heures de compta après le boulot) à des organismes extérieures (ça s’ appelle un cabinet comptable lol)
    Si tout est délégué même le risque de faillite alors il peut se concentrer sur son mètier

    Bref .. réponse ?

    • Suis je naïf ou peut-être même suspect de poser une telle question ?
      Auxquels cas je ne la poserais plus .. et ne m’ offusquerais pas de ne pas avoir eu de réponse .. ceci pour être parfaitement clair

      • J’espère sincèrement qu’il défendra son point de vue avec intelligence 😉

        A vivre.

        • Perso j’ ai tout à gagner .. et à partager
          🙂

        • j’ ai en quelque sorte la réponse dans votre vidéo de Poisy .. construire nos désaccord et puis je suis sûr mais il faudrait lui poser (ou à d’ autres chef d’ entreprise) la question qu’ il y a un intérêt à laisser béton .. le struggle for life du petit entrepreneur .. à ce titre une pharmacie est un mauvais exemple puisqu’ ils sont financés par l’ assurance maladie

          • Ana Sailland

            Avoir en atelier le pdg de total serait intéressant 😉

            (((L’intérêt du tirage au sort, c’est peut être que peuvent se produire des rencontres synergiques bien qu’oniriques)))

          • Le PDG de Total aurait le plus grand mal à revenir sur ses non-limites qu’il s’octroie à lui-même si gracieusement, non il ne faut pas rêver non plus ni plus qu’il n’en faut, au mieux d’un atelier constituant il en sourira, au pire il prendre toutes les mesures ou fera pression pour que l’expression civique et citoyenne relève de l’illégalité… de toute façon, peu importe son intérêt et ce qu’il en pense au juste, la loi du Nombre ayant raison de ces quelques voix aristocratiques contraires à l’intérêt de tous et au bien commun. Je parle bien ici du PDG de Total et non du petit pharmacien de quartier, partagé lui-même néanmoins entre la Sécurité Sociale et le lobby pharmaceutique ^^ oui, que tout cela est complexe !

  9. Suggère lui de prendre un hélico pour Baden-Baden.

  10. Oui l’ exemple tunisien est excellent … il faut impérativement se mettre d’ accord par les ateliers sur ce que l’ on veut .. et résister tant que l’ assemblée constituante n’ est pas tirée au sort parmi la population en un échantillon représentatif ( combien ? Étienne dit 1000 .. ?)

  11. Je suis à écouter un vidéo d’Étienne, à Poissy. Je me demande si la question a été posée formellement: comment être contagieux?

    • Machiavel a bien écrit sur le Prince et la Politique (je dis ça mais je n’en ai rien lu) mais qui a véritablement écrit sur la Démocratie et cet enthousiasme débordant à la vie et au partage ? et ce de la façon la plus claire et la plus accessible qui soit ? Tout l’enjeu est peut-être là, cette nécessité de tout dire tout en étant le plus communicatif qui soit, et ce à plus d’un titre en ces temps de communication tous azimuts et auto-suffisants..

  12. « comment être contagieux? »

    Vaste question, et très difficile

    Chaque fois qu’on peut 😉
    Hier j’ai fabriqué un citoyen avec le type qui m’appelait pour une pub par téléphone (on a causé une demi heure et il doit me rappeler)

    Au bistrot, pareil, et j’imagine au boulot (suis retraitée 😉 )
    Dans le bus ou le train
    A la caisse du magasin (le coup de la carte de fidélité permet d’engager)
    Partout

    (Et bien sûr en organisant un groupe)

    Mais attention, faut aller chercher les gens là où ils sont et pas là où on veut qu’ils soient.
    Trop de nouveauté peut faire fuir.
    Pas assez ne produit rien.

    En général, si on dit « nous ne sommes pas en démocratie », ça allume l’intérêt.
    Ensuite dresser la maigre liste de nos pouvoirs politique.
    (nommer mes maîtres, pétitionner, manifester, pleurer)
    Si là on n’est pas jetés, c’est gagné, on est sur l’autoroute de la conscience 😉

    On a testé onvasortir.com mais ça n’a rien donné.
    Pourquoi pas petite annonce dans le journal.

    Un copain veut tester un truc du genre soirée tuperware.

    Oser sonner chez les gens ………
    (C’est comme ça que le FN cartonne)

    Nous envisageons un bus démocrate pour faire les plages

    FaceBook (pas ma tasse de thé mais ça marche)

    • Évidemment je parle souvent pour ne rien dire, ANA autrement plus sur le terrain que moi, pour ne parler que de ma petite personne… Mais cap est bien par là qu’elle commence cette subsidiarité, par les individus, là où ils sont et tels qu’ils sont, le propre de toute Démocratie qui se respecte, cette richesse en commun comme cette diversité à émancipation et consensus.
      Une bien belle journée, riche en soi et plaine à vivre… EFFAB

      • Les scouts et les éclaireurs se donnaient ou se donnent pour programme une »BA » par jour ( BA = Bonne Action).
        Ça peut faire un peu GnanGnan ou limite secte mais Sêpakhôn ( célèbre phare à « on » ) comme principe.

        Nous pourrions piquer le principe.
        =>
        Un acte viral par jour.
        Chiche ?

        Dans certaines obédiences spiritualistes on parle de l’idéosphère comme étant un espace impalpable entourant la Terre et baignant nos âmes.
        Toutes idée émise y vit éternellement.
        Oui, les idées sont vivantes. Les pires comme les meilleures.
        D’où l’importance qu’il y a ou qu’il y aurait à penser noble et à ne pas dire nimporte quoi. Responsabilité cosmique dont peu ont conscience.
        Méfions nous de l’indignation qui nous fait polluer l’idéosphère (et les blogs hihi) d’une grossièreté parfois égale à celle que nous dénonçons.

        Et si la providence fait se croiser une idée, même ancienne ou millénaire, avec un être accordé sur la même fréquence que cette idée, alors cet être en deviendra le relais ou l’amplificateur.
        C’est dit poétiquement métaphoriquement chamaniquement naïvement le principe de la propagande sans haut parleur ni organe de presse qui du citoyen-individu fait le plus puissant des agents révolutionnaires, pourvu qu’il décide de s’inscrire dans la constance nécessaire.

        Bonne journée quand même 🙂

        • Le « quand même » était de trop, venant d’une personne que je sais si généreuse et si intelligente ^^ et c’est toujours un grand plaisir pour moi à lire cette amie et à m’imprégner de sa sagesse et de sa réflexion, de son humour et de ses traits d’esprits, à la hauteur et à l’humilité de cet idéal et de cette conscience ‘amplifiée’… avec ou sans Aristote à mon chevet ce soir, je suis tout ouïe, ma chère ANA

          ce virtuel interlocuteur

        • Je suis bien conscient du verbe/Verbe et de ces idées fusant à la vitesse de la lumière ou de l’infini, cette information chargée de sens et de valeur opérant au cœur de la matière et interagissant à l’ensemble des mondes.

  13. ÉCONOMIE ET CONSTITUTION, MÊME COMBAT !

    Lelibéralisme prétend bien des choses, mais se trouve être mathématiquement battu en brêche par l’utilitarisme, qui l’avait en fait largement précédé si l’on remonte aux grecs antiques (Constitution d’Athènes).
    La preuve:

    LE DILEMME
    (Généralisation du « dilemme des prisonniers » bien connu: cf. Wikipedia)

    La police renouvelle une partie de son parc automobile (grosses et petites voitures) auprès des deux constructeurs nationaux (Renault, PSA). Chaque constructeur ne peut consacrer à ces séries spéciales qu’une seule chaîne de montage d’un des deux types (grosses ou petites). Compte tenu de tous les avantages et désavantages bien pesés (coût d’achat, entretien, contenance, vitesse de pointe, etc.), son administration aboutit à un marché structuré en trois options de commandes possibles (qui lui sont indifférentes) :
    1/ 1 commande de 75 M (millions d’euros) de grosses, 1 commande de 25 M de petites, exclusives l’une et l’autre.
    2/ 2 commandes exclusives de 40 M de grosses.
    3/ 2 commandes exclusives de 45 M de petites.
    Remarque: Attention, ne pas en déduire que l’option 2/ serait la plus économe, au sens de l’ « utilité économique », car cela inclue aussi les autres aspects (dépense en carburant, entretien, souplesse d’utilisation, efficacité des missions, etc.). En ce sens elles sont égales.

    EN ÉCONOMIE « LIBÉRALE » :
    Chaque constructeur maximise son seul intérêt dans tous les cas possibles:
    -- si le concurrent choisit les grosses, alors je choisis aussi les grosses car je suis perdant autrement.
    -- si le concurrent choisit les petites, je dois encore choisir les grosses car je suis alors gagnant.
    Conclusion: le marché libéral conduit à la solution 2/, qui est la plus mauvaise pour les deux constructeurs !
    C’est ce que l’on appelle l’ÉQUILIBRE DE NASH du chacun pour soi, défini par :
    « Il est impossible d’améliorer la situation de l’un quelconque par un mouvement unilatéral le concernant »
    Il existe un autre type de choix appelé (indûment) « OPTIMUM » DE PARETO, et défini par:
    « Il est impossible d’améliorer la situation d’un des deux à moins de dégrader celle de l’autre. »
    On vérifie aisément ici que c’est le cas de 1/ et 3/.
    Ces situations sont des équilibres instables inatteignables en économie libérale, et pour cause:
    On peut en sortir en améliorant sa situation, à condition de nuire à l’autre !
    On voit alors en pleine lumière que c’est bien là, la logique de l’économie libérale !

    EN ÉCONOMIE « ADMINISTRÉE » :
    Tout ça se résoud aisément en Conseil des ministres en fonction de l’intérêt collectif supérieur, par exemple celui de l’emploi et de la croissance (PIB): les trois cas étant équivalents en coût/performance (inconvénients/avantages), l’État choisira le marché qui crée (ou préserve) le plus d’emplois (100 M).
    Pour le faire en ne désavantageant personne A PRIORI, il peut éviter l’embûche d’une « économie dictatoriale » de la façon suivante:
    Il complète l’énoncé du premier cas par:
    -- L’affectation nominative de 75 M et 25 M sera tirée au sort équitablement (probabilités: 1/2, 1/2).
    Les constructeurs disposent donc chacun d’une espérance mathématique (ou moyenne) : 1/2x75 + 1/2x25 = 50.
    Si l’on considère le long terme (car l’opération se renouvelle périodiquement, ainsi qu’avec d’autres marchés publics de ce type), il n’y a
    pas d’ « aversion au risque » (i.e. aléa autour de cette moyenne), de par la loi des grands nombres, et le choix est alors clair pour chacun:
    Entre 50, 40, et 45 millions d’euros, c’est le premier cas qui l’emporte car c’est un OPTIMUM ORDINAIRE !
    (On peut aussi, bien sûr, probabiliser les deux autres cas, ce qui ne change rien puisque les deux commandes y sont identiques. On définit ainsi dans tous les cas un unique critère: l’espérance du montant de la commande pour l’un quelconque, qui n’est autre que le demi-montant total)

    OÙ LA PRATIQUE ANTIQUE SURPASSE LA THÉORIE NÉOCLASSIQUE :

    On retrouve curieusement la solution probabiliste ci-dessus dans les institutions que se donnèrent les cités grecques.
    Rappelons que le critère ultime des utilitaristes (Jeremy Bentham, John Stuart Mill, etc.) était le bonheur de la collectivité, comme variable d’utilité globale. À un facteur multiplicatif près, sans incidence sur son optimisation, cela n’est rien d’autre que l’espérance mathématique de la fonction d’utilité individuelle, sous sa forme impersonnelle (nécessairement) probabilisée face à l’incertitude et l’égalité a priori (égalité en droit):
    U(x) = Somme des Pi.Ui(x), avec Somme des Pi = 1, i étant l’aléa individuel,
    Pi représentant la probabilité d’occurrence de la fonction d’utilité Ui(x) dans la population, en convenant d’inclure dans les composantes de la variable vectorielle x (l’ensemble des dispositions de la société à optimiser) les biens et services (publics au même titre que privés).
    Dès l’instant où ce point est acquis, le reste découle comme conséquence logique :

    On admet en effet, en économie, que tous les agents sociaux ont une fonction d’utilité constructible vis à vis de tous ses arguments, pour peu que l’on interroge les dits agents convenablement (la théorie des substitutions et des préférences y pourvoie, si nécessaire, au plan méthodologique).
    Dès lors, la formulation univoque du problème d’optimisation de l’économie politique, telle qu’énoncée par les utilitaristes, s’obtient en remarquant que :
    Pi = Ni/N, où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonction d’utilité Ui(x),
    N le nombre total de citoyens.
    On voit là tout l’intérêt de la formulation fréquentielle en Ni/N par les probabilités: lorsque la population est en nombre N élevé, il est impossible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonction d’utilité. Cela devient, en revanche, plus envisageable si l’on peut disposer d’un échantillon réduit de n citoyens, où les rapports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rapports Ni/N, c’est à dire les probabilités Pi.
    Dans ce cas seulement, on peut parler d’une démarche “démocratique” car elle préserve fidèlement la représentation du peuple par la représentativité de l’échantillon.
    En fait, la représentativité a donné lieu à deux sortes de démarches appliquées dans l’histoire:

    – LA DÉMOCRATIE DIRECTE PAR TIRAGE AU SORT : c’est celle de la démocratie athénienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / -322). Elle possède la propriété essentielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathématique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit, est la même que celle de la population totale, même si la cardinalité de j est inférieure à celle de i (autrement dit, même si toutes les fonctions d’utilité ne sont pas représentées). C’est si vrai que cela s’applique en particulier au tirage au sort d’un seul représentant, dont l’espérance reste non biaisée. C’était là tout le sens de la “Stochocratie”.

    – L’OLIGARCHIE INDIRECTE PAR DÉLÉGATION ÉLECTIVE : c’est celle appliquée de nos jours par les “démocraties occidentales”. Elle consiste théoriquement à regrouper les citoyens qui se reconnaissent tous la même fonction d’utilité Ui(x) que l’un des leurs, qu’ils élisent comme représentant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle nécessite i=j, donc la même cardinalité, d’où l’adverbe “théoriquement” ci-dessus, car ce n’est pas le cas en pratique. Dans tous les cas, le citoyen doit se prononcer pour celui des représentants qui lui paraît le plus “proche” avec tous les inconvénients biens connus qu’évitaient les grecs: démagogie, influence de l’éducation, de la position sociale, de la fortune, etc.

    Les grecs antiques ne s’y étaient pas trompés:
    « On admet qu’est démocratique le fait que les magistratures soient attribuées par tirage au sort, oligarchiques le fait qu’elles soient pourvues par l’élection » (Aristote, Politique IV. 9, 1294b8).
    Il convient en effet de distinguer la représentativité pour émettre les voeux du peuple (demos), et la capacité d’un petit nombre (oligos) pour les mettre en oeuvre. La République moderne le reconnait, de façon au moins formelle, en munissant les élus de la nation d’assistants parlementaires pour les aider à formuler et rédiger les lois, sans qu’il soit requis des élus qu’ils connaissent le droit ou même l’administration. En pratique, cette disposition a été oubliée au profit (électoral) des professionnels de la politique !

  14. L’ Hydre Capitaliste s’ organise …
    Capital et Puissance 2ième chapitre :
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article310
    je lis : … ces NTIC res­tent bien plus des moyens du connexion­nisme du capi­tal que des éléments de crois­sance élargie des forces pro­duc­ti­ves. Et d’autres fac­teurs, exter­nes cette fois, comme le danger envi­ron­ne­men­tal ont poussé à une reprise en main du pro­ces­sus d’ensem­ble par le niveau I, c’est-à-dire le capi­ta­lisme du sommet comme l’appe­lait Braudel. Un capi­ta­lisme du sommet qui met en place des stratégies de puis­sance qu’il ne faut pas confon­dre avec les tâches rou­tinières de la recher­che de pro­fits.

    On a des raisons de se mefier du connexionnisme du capital … Il est urgent de profiter des réseaux distribués (et peer to peer) mais surtout de la rue

  15. Le Capital combat un autre Hydre .. l’ Hydre à mille têtes .. dont le premier chapitre est en téléchargement ici :
    http://www.contretemps.eu/lectures/lhydre-mille-tetes

    • Mediapart et son système d’abonnement, ce prétexte à soutien et indépendance journalistique mais cette façon rusée, si je puis dire, de garder en cercle fermé ou cercle restreint, confidentiel certaines informations d’intérêt public… certes, certes, j’ai une sérieuse dent à l’encontre de ce média mais faut dire aussi que FOUINY y est pour beaucoup, une proposition comme ça pour inverser les choses dans le bon sens et parce que je trouve qu’Edwy Plenel cela fait et cela se prend décidément trop au sérieux !

      • Il est pratiquement impossible de créer un journal gratuit bien foutu exhaustif et sans parti pris.

        Pour la pluralité, une bonne idée serait d’ouvrir quotidiennement une page d’écriture libre à un citoyen tiré au sort.
        Sur le long terme, on aurait beaucoup de vide mais plein de pépites.

        Une autre page à un volontaire (fusil à un coup)

        Traiter les sujets d’actualité les plus durs nécessite de l’investigation et de la rédaction soignée, donc des gens à plein temps, donc des sous.

        Par contre si on se contente des problèmes de fond et d’expertise philosophique, c’est moins cher. Mais faut beaucoup de monde, et d’expérience je sais que ce n’est pas facile à trouver en territoire bénévole.

        J’avais créé un journal national et j’y ai pommé un saladier pris sur mon salaire de l’époque …. Surtout côté impression/diffusion. Dans le cas du net, ce problème du prix du support est résolu.

        Bon, si on est 20 ou 30 bonnes plumes dans des mains honnêtes, why not …..

        • Je n’ai rien contre le journalisme par abonnement, je faisais juste de l’ad hominem à l’encontre de FOUINY qui en abusait an mauvais escient…

    • Histoire aussi de ne plus prendre de gants avec tous ces faux-cul de la bien-pensance et de la pseudo-vérité, vu la publicité qu’ils font ou qu’ils ne font pas plutôt concernant des Étienne CHOUARD, par exemple, ces mêmes qui tentent de se réapproprier à présent le Tirage au Sort…

  16. Un interview aussi interessant sur hors-serie.net de Jean-loup Anselme à propose de son livre … il dit que la décomposition des structures d’ encadrement de type parti et syndicat (dont le peux me réjouir) … remise en cause du marxisme suit à la chute du mur et la fin de l’ urss .. et chute du parti communiste + mai 68 entre autre .. a provoqué ce qu’ il appelle la théorie du fragment .. il n’ y aurait plus de classe sociale mais des fragments, les LGBT, les blacks, les beurs, les malentendants .. du coup un émiettement sociale
    Sûrement et ça donne toute cette agitation où certains se rémunèrent en se faisant propaganiste de tel ou tel fragments … et c’ est pourquoi et c’ est là où je voulais en venir .. j’ aime ce que nous faisons car cela donne une centralité qui est pour moi et pour de plus en plus de démokrates le combat réellement déterminant … le droit du droit .. le contrat social

    • Bravo .. a part la crispation identitaire … quand aux choix sociétaux c’ est après que le peuple est organisé sa puissance (constitutionnelle)
      La crispation sur des frontières (qui existent d’ ailleurs plus que jamais eu égard au bien commun des peuples) est une bêtise anti-universaliste … la France donnera un exemple grandiose et suivi partout .. la France peut entraîner le genre humain .. c’ est bien cette ambition qui était « proclamée » au moment de la révolution française (de 1792-93)

    • Jeu de dupe entre élus au cœur de l’hémicycle européen, énième intervention de la Représentation et du Masque ou cette sincérité d’un élu au franc-parler qui n’a plus rien à perdre et voit désormais autrement mieux après cette opération ?… quand le soi est ainsi balloté entre ses humeurs du moment et la réalité physiologique, il est à parier souvent qu’on approche et relativise très différemment les enjeux sociétaux et sa propre condition humaine_la/le politique n’ayant aucun sens ni guère de substance ou de profondeur sans philosophie ni harmonie (poésie)… certes, c’est là un homme sans ambition aucune qui parle, mais dont l’idéal n’en supporte aucune, je l’avoue volontiers, d’où cette puissance partagée.

    • C’est sympa mais un peu ‘léger’, à mon avis, comme ce beau ciel bleu, ces gros nuages blanc et cet avion de la démission aurait mérité un autre traitement, tant je suis sidéré par ce nombre inquiétant de Chemtrails qu’on peut-être voir en certains endroits à longueurs de journée… mais ceci n’est qu’une conséquence, il est vrai, une astuce aussi pour faire peur à Autrui et lui faire prendre conscience de cet arbitraire élitiste qui n’en fait qu’à sa tête et se fout éperdument que nous allions voter ou non tant que nous payons nos impôts inutiles et ne remettons pas davantage en cause et l’Histoire et cette propriété morale qui s’achéte ainsi à si bon prix le Vivant et la liberté d’autrui.

      • Chemtrails ou pas .. il y avait les neuroleptiques à haut dosage .. il y a les « progrès des neurosciences » … une application (du Vivant) : implanter des nano-puces dans les muscles des Taulards afin de supprimer les prisons

        … Science fiction ?

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