Évident (et monstrueux) COMPLOT : les 99% ne devraient pas se laisser intimider par l’accusation de « théorie du complot », accusation qui protège les comploteurs et les traîtres, en interdisant tout diagnostic correct (et donc toute remédiation) des drames en cours

Un jeune homme de l’Agence Info Libre à Marseille m’a proposé de parler un peu, au calme, du « prix Nobel » Jean Tirole et de quelques autres sujets économiques.

Laurent Mauduit,  Steve Keen,  Jean Massin,
Inside Job : les universitaires économistes pris la main dans le sac
(Ne ratez à aucun prix le film « Inside Job » : c’est une bombe.)

Finalement, on a parlé de l’émission « Ce soir ou jamais » (extrait à 5 millions de vues au cours du seul mois de septembre), de Jean Tirole, donc, et de la catastrophique corruption de l’enseignement universitaire dont cet homme est coresponsable, de Laurent Mauduit qui démontre puissamment ces malversations en France (avec son livre révoltant « Les imposteurs de l’économie ») et de Steve Keen qui dénonce la même intoxication intellectuelle de nos meilleurs enfants (et du public) partout dans le monde (avec son livre formidable « L’imposture économique »), deux importants résistants contre ce dévoiement criminel de notre école par les escrocs qu’on appelle gentiment « la finance » ou « le capital ». On a aussi parlé du film bouleversant Inside Job, du ministre de l’économie Emmanuel Macron (banquier gouvernant carrément le pays qu’il ruine), du tirage au sort (bien sûr, mais ce n’est pas le plus important), d’auto-éducation populaire constituante, du parti de Pierre Larrouturou « Nouvelle Donne », et de Mélenchon :


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Pour approfondir ces sujets importants :

► « LES IMPOSTEURS DE L’ÉCONOMIE » de Laurent Mauduit :

Laurent Mauduit,

• Une bonne recension de ce livre important sur (l’excellent site) Le Grand Soir : Laurent Mauduit. Les Imposteurs de l’économie.
http://www.legrandsoir.info/laurent-mauduit-les-imposteurs-de-l-economie.html

• L’article de Laurent Maudit sur Tirole-l’imposteur-doublé-d’un-corrupteur (article important, prenez le temps de lire ça, c’est du journalisme digne de ce nom), sur Médiapart (abonnez-vous, ces donneurs d’alerte ont besoin de notre aide à tous, pour rester indépendants de « la finance ») :

Jean Tirole, prix Nobel des «imposteurs de l’économie»

|  Par Laurent Mauduit

Le Nobel a été attribué lundi au président et fondateur de l’École d’économie de Toulouse, l’un des principaux promoteurs en France de l’OPA de la finance sur l’enseignement et la recherche économique à l’université.

C’est, sans grande surprise, un concert de louanges qui a accueilli l’attribution du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l’honneur d’Alfred Nobel » – improprement appelé prix Nobel d’économie – au Français Jean Tirole. Du ministre de l’économie, Emmanuel Macron, jusqu’à Jacques Attali, en passant par Najat Vallaud-Belkacem ou encore Valérie Pécresse, ce sont des applaudissements venus de tous les horizons qui ont salué le président et fondateur de l’École d’économie de Toulouse, par ailleurs professeur invité au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Jean Tirole.Jean Tirole. © (dr)

Avant de se laisser emporter par cet unanimisme émouvant et un tantinet franchouillard, mieux vaut savoir qui est l’heureux récipiendaire de cette récompense planétaire. Car le personnage suscite aussi beaucoup de controverses. Il est même celui qui a le plus contribué, en France, à l’OPA du monde de la finance et de l’assurance sur la recherche économique de pointe. Il est, dans notre pays, l’une des figures les plus connues de cette catégorie d’experts que j’avais baptisés dans un livre publié en avril 2012, les Imposteurs de l’économie (Éditions Pocket), dont Mediapart avait publié les bonnes feuilles (lire L’OPA de la finance sur la recherche économique). Et il n’y a guère que l’association Attac qui s’en soit souvenu, lundi, en publiant un communiqué à contre-courant : « Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle ».

Certes, tout cela ne transparaît nullement dans le communiqué officiel annonçant l’honneur fait à l’économiste français. Le jury du Nobel s’y est seulement borné à souligner qu’il entendait récompenser Jean Tirole pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ». « Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de notre époque. Il est l’auteur de contributions théoriques importantes dans un grand nombre de domaines, mais a surtout clarifié la manière de comprendre et réguler les secteurs comptant quelques entreprises puissantes. (…) La meilleure régulation ou politique en matière de concurrence doit (…) être soigneusement adaptée aux conditions spécifiques de chaque secteur. Dans une série d’articles et de livres, Jean Tirole a présenté un cadre général pour concevoir de telles politiques et l’a appliqué à un certain nombre de secteurs, qui vont des télécoms à la banque », lit-on encore dans ce communiqué.

Dans la communauté des économistes français, la nouvelle risque pourtant d’être accueillie avec beaucoup plus de réserves. D’abord, parce que le jury du Nobel d’économie a pris la détestable habitude depuis plus de deux décennies de ne récompenser, à l’exception de Paul Krugman en 2008, qu’un seul courant de pensée, celui du néolibéralisme. Or l’économie n’est pas une science exacte mais une branche des sciences sociales, c’est-à-dire une discipline dont la richesse dépend du pluralisme de ses approches. Avec Jean Tirole, la détestable habitude se prolonge encore une année de plus.

Il y a une autre explication à la déception que ressentiront beaucoup d’économistes, qui tient à la personnalité même du récipiendaire. Car Jean Tirole est à l’origine – et toujours à la direction – de l’École d’économie de Toulouse, qui est la tête de pont au sein de l’université française des courants de pensée libéraux ou ultralibéraux en économie. Plus que cela ! C’est lui, effectivement, qui a joué les précurseurs pour inviter le monde de la finance à sponsoriser la recherche économique.

Dans ce livre sur Les Imposteurs de l’économie, je m’étais certes intéressé à beaucoup d’autres économistes que lui. J’avais surtout cherché à montrer comment la crise financière avait suscité aux États-Unis un large débat public, alimenté notamment par le documentaire Inside Job, sur l’honnêteté et l’indépendance des économistes. Mais j’observais qu’en France, aucune enquête sérieuse n’avait encore eu lieu sur le même sujet (lire ici mon billet de blog).

En m’appuyant sur des premiers travaux, notamment ceux de l’économiste Jean Gadrey, j’avais cherché à établir la liste des économistes français qui arguent de leur qualité d’universitaire pour monopoliser les débats publics, notamment sur les plateaux de télévision, mais qui cachent le plus souvent qu’ils siègent dans des conseils d’administration de grandes banques, de compagnies d’assurance –ce qui est interdit par la loi –, ou alors qui mènent des missions rémunérées par elles –,ce qui est également interdit par la loi si l’intéressé n’en formule pas la demande auprès de son autorité hiérarchique. Dans cette enquête, je me suis donc attardé sur des personnalités telles que Daniel Cohen,  Jean-Paul Fitoussi, Jean-Hervé Lorenzi ou encore Olivier Pastré et leurs amis du Cercle des économistes (de la pensée unique !).

En somme, je m’étais appliqué à établir que le monde de la finance avait lancé une OPA sur le monde des économistes et que certains d’entre eux y avaient cédé, en devenant peu ou prou lobbyistes au profit de leurs discrets employeurs.

Pour bien souligner la gravité de cette évolution, je m’étais aussi appliqué à établir que le monde de la finance avait lancé une véritable OPA sur l’ensemble du secteur de la recherche économique de pointe en France et notamment sur les pôles d’excellence à l’Université. Et c’est la raison pour laquelle je m’étais alors intéressé à Jean Tirole. Voici donc ce que j’écrivais dans Les Imposteurs de l’économie sur l’École d’économie de Toulouse et, par contraste, sur sa grande rivale, l’École d’économie de Paris. Cela ne permet pas de cerner les travaux personnels de Jean Tirole. Mais avec le recul, c’est utile pour quiconque veut comprendre l’importance qu’il a acquise dans le monde de l’enseignement et de la recherche économique en France.

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C’est peu dire en effet que le monde de l’économie, et donc celui de l’enseignement et de l’Université vivent depuis quelques années une sorte d’épidémie, comme si un virus s’était propagé dans l’ensemble des secteurs de l’Université chargés de l’enseignement de l’économie – ces secteurs qui paraissaient précisément le plus protégés de ces funestes évolutions pour n’obéir qu’à une seule logique, celle de la recherche et du savoir. Ce n’est pas le virus des « subprimes », mais c’est tout comme. Par commodité, appelons-le le « virus Tirole ».

Dans la galaxie de l’Université, l’économiste Jean Tirole occupe une place à part. Avec Jean-Jacques Laffont (1947-2004), qui jouissait d’une grande notoriété pour ses travaux sur la théorie des incitations et de la régulation, il est à l’origine de l’École d’économie de Toulouse – la célèbre Toulouse School of Economics (TSE) – qui est indéniablement l’une des très grandes réussites françaises, avec l’École d’économie de Paris (PSE).

Grand spécialiste de l’économie industrielle, récipiendaire de la médaille d’or du CNRS, Jean Tirole est l’un des plus grands économistes français, l’un des plus talentueux. Mais disons-le franchement, c’est aussi l’un des plus inquiétants, car c’est lui, à Toulouse, qui a fait entrer le plus spectaculairement le loup dans la bergerie, ou plutôt la finance dans le monde de l’Université. Il a donné l’exemple, que d’autres universités ont suivi. Ce qui est à l’origine d’une véritable implosion de l’enseignement de l’économie et de la recherche.

Le virus Tirole

C’est en effet l’Institut d’économie industrielle (Idei), ancêtre de la Toulouse School of Economics qui, au début des années 90, a avancé en éclaireur, en nouant des partenariats avec des entreprises pour créer et financer une fondation abritant des enseignants- chercheurs disposant de compléments de salaire par rapport aux rémunérations publiques et couvrant de nouveaux secteurs de recherche, souhaités notamment par les entreprises. Ou alors pour financer directement une chaire d’enseignement spécifique.

Marchant sur ces brisées, de nombreuses universités ont créé à leur tour des structures semblables, profitant de financements publics mais aussi de capitaux privés. Aux quatre coins de la France, des fondations ont donc vu le jour ou des chaires financées par le privé ont éclos. Mais dans cette « financiarisation » de l’enseignement de l’économie, Toulouse a toujours gardé cent coudées d’avance sur les centres rivaux.

Le drame, c’est que le processus est invisible ; il est souterrain. Tous les nouveaux centres qui prospèrent affichent l’ambition d’être des pôles d’excellence. Et tous les critères de validation, propres à toute recherche scientifique, sont scrupuleusement respectés. Mais le monde de la finance s’est introduit, si l’on peut dire, dans le cœur du réacteur. La loi de 2006 sur la recherche, en organisant ce système de fondation financée par des fonds publics et des groupes privés voire même des mécènes, avec à la clef de très fortes défiscalisations, a brutalement accéléré cette privatisation à peine masquée de l’enseignement universitaire de pointe et de la recherche économique.

Certes, Jean Tirole conteste, bec et ongles, les effets corrupteurs de cette OPA de la finance sur le monde académique. Dans une tribune libre publiée par le journal Le Monde (11 décembre 2007), il a présenté un long argumentaire en défense de son école : « Et l’indépendance ? Bien que fortement financées par le secteur privé, les universités américaines sont non seulement des lieux de bouillonnement intellectuel intense, mais aussi des espaces de liberté extraordinaires. Peut-on craindre qu’il en soit différemment pour les universités françaises ? Je ne le crois pas. Tout d’abord, parce que, d’expérience personnelle, les entreprises respectent l’indépendance de l’Université. À l’avenir, elles financeront l’Université française collectivement pour avoir accès à des étudiants bien formés et des experts. Violer cette indépendance irait à l’encontre des objectifs recherchés. L’indépendance peut de surcroît être renforcée par la diversification des partenariats, la constitution d’un capital, le droit de publier librement, la validation des travaux par les grandes revues internationales (garantes de qualité) et la concurrence entre universités (frein aux dérives intellectuelles). »

Mais, ses arguments peinent à emporter l’adhésion car ils ne donnent qu’une faible idée de l’implosion du système universitaire qu’induisent ces partenariats déséquilibrés avec le privé. Pour en prendre la mesure, il suffit de parcourir un rapport au-dessus de tout soupçon, dont la presse n’a jamais parlé car il n’a pas été rendu public, celui que la Cour des comptes a consacré à cette école.

Ce rapport confidentiel de la Cour des comptes, le voici. On peut le télécharger ici ou le consulter ci-dessous :

Ecole d’economie de Toulouse: le rapport de la Cour des comptes by Laurent MAUDUIT

Le tapis rouge pour Axa et BNP

Dans ce rapport qui couvre les années 2007 à 2010, on mesure en effet que ce partenariat public-privé a pris une forme étrange. Tout a été fait par l’État pour que les grands groupes industriels et financiers soient aux postes de commande, presque à parité avec les organismes publics. C’est une privatisation, ou du moins une privatisation partielle de l’Université et de la recherche économique qui a été organisée.

L’École d’économie de Toulouse est gérée par une fondation du type de celle que la loi ultralibérale sur la recherche de 2006 a autorisée. Dénommée Fondation Jean-Jacques Laffont, cet organisme a été créé par des établissements publics prestigieux : le CNRS, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l’université Toulouse 1. Mais, plutôt que de garder la main sur leur « bébé » et de n’inviter des partenaires privés que de manière minoritaire, ces organismes ont tout fait, sous la houlette de Jean Tirole, pour que le privé entre en force dans la fondation, pour qu’il en partage la gouvernance et les financements.

Les apports financiers prévus sur la période 2007-2012 pour financer la Fondation et les 140 chercheurs qu’elle abrite au sein de l’école en témoignent : 42,8 millions d’euros proviennent de l’État, 0,825 des fondateurs, et 33,4 millions des entreprises privées. À titre d’illustration, pour la seule année 2010, l’État a apporté 7,5 millions d’euros, les fondateurs 0,165 et le privé 6,825 millions d’euros.

En clair, les portes de TSE, à la pointe de la recherche économique en France, ont toutes grandes été ouvertes au privé. Le groupe Axa a ainsi apporté 600.000 euros ; EDF 500.000 euros ; Electrabel (filiale de GDF Suez) 600.000 euros ; la Caisse des dépôts 600.000 euros ; BNP Paribas 600.000 euros, La Poste 300.000 euros ; Crédit Agricole 600.000 euros, Total 600.000 euros et France Télécom 250.000 euros.

La gouvernance de la fondation est presque identique. Les financeurs privés détiennent des sièges au conseil pratiquement à parité avec les fondateurs. Outre Jean Tirole, qui préside, et deux personnalités qualifiées, les membres du conseil au titre des fondateurs sont au nombre de six ; et les membres représentant les entreprises sont au nombre de cinq, en l’occurrence les représentants d’Exane, de GDF Suez, de France Télécom, du Crédit Agricole et de BNP Paribas.

En somme, une bonne partie des « gestionnaires » de la recherche économique de pointe en France sont des entreprises privées, et notamment des banques. Des établissements privés qui ont bien sûr importé le fonctionnement du privé au sein de l’école.

La Cour des comptes mentionne cet état de fait notamment dans le cas des rémunérations. Alors que le traitement d’un professeur d’université en fin de carrière avoisine les 5.000 euros net par mois, les bénéficiaires d’une « chaire senior » à l’École de Toulouse profitent de rémunérations financées par la fondation qui oscillent entre « 21.000 et 80.000 euros ». Ces rémunérations, note la Cour des comptes, résultent d’une « négociation de gré à gré entre la direction de TSE et les intéressés », dans des conditions de discrétion « proche de l’opacité».

À cela s’ajoute une rémunération au mérite, grâce à des primes attribuées aux chercheurs qui publient dans les meilleures revues internationales. Ces primes ont atteint un montant proche de 700.000 euros en 2010 pour les 140 chercheurs. Soit 5.000 euros en moyenne. Mais les deux tiers des chercheurs n’en perçoivent pas. Autrement dit quelque 46 chercheurs se partagent la somme, soit plus de 15.000 euros chacun. « Les bénéficiaires d’une chaire junior se voient proposer des rémunérations de 35.000 à 42.000 euros par an (soit près du double de la rémunération d’un maître de conférences en début de carrière), plus 10.000 euros de frais de recherche », note encore la Cour des comptes.

En bref, c’est une bombe qui a été logée au sein de l’Université française. Une bombe qui risque de conduire à un éclatement de l’Université dans les disciplines économiques : avec une université de luxe, sous la coupe du privé, disposant de professeurs et de chercheurs profitant des rémunérations considérablement supérieures à celles de la fonction publique ; et une université du pauvre, abandonnée au public, avec des professeurs sous-payés.

(…) Mais les conséquences de cette privatisation pas même masquée vont encore au-delà car ce système induit un type de recrutement de chercheurs bien particuliers. On se doute en effet que les économistes spécialistes de l’exclusion sociale ou des inégalités ont assez peu de chances de faire carrière à Toulouse. En tout cas, ils ont moins de chances que les chercheurs dont les inclinaisons sont plus libérales et les thématiques de recherches davantage liées aux marchés financiers. Survenu à la rentrée universitaire 2009, un recrutement à Toulouse est particulièrement illustratif de ce phénomène, celui d’Augustin Landier.

Dans les allées poisseuses du CAC 40

Diplômé de l’École normale supérieure, agrégé de mathématiques et titulaire d’un doctorat d’économie au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), il a fondé un hedge funds à New York avant de passer au Fonds monétaire international pour finalement atterrir à la Toulouse School of Economics. Trader autant qu’économiste, spéculateur autant que théoricien, Augustin Landier est le symbole vivant de ce dangereux effacement des frontières entre la finance et l’Université. Il est même devenu l’une des coqueluches de TSE et n’a pas attendu bien longtemps avant d’être coopté au Conseil d’analyse économique.

(…) Mais, une autre série de conséquences est également prévisible : ce ne sont plus les critères académiques, ou en tout cas plus seulement eux, qui président aux choix de l’attribution des financements à tel ou tel pôle. Désormais, les sponsors privés détiennent une bonne partie de la décision. Même entre les différents pôles d’excellence, ils peuvent ainsi privilégier un type de recherche plutôt qu’un autre. Avantager par exemple la recherche sur toutes les thématiques qu’affectionne le monde de la finance et désavantager les recherches liées à une meilleure régulation de l’économie.

Les promoteurs de la privatisation, Jean Tirole en tête, récusent cette dérive. Ils font valoir que le secteur privé cofinance les fondations – celle de Toulouse comme les autres qui ont ensuite vu le jour – mais qu’il y a une frontière étanche entre la gestion et les contenus scientifiques. C’est sa ligne de défense. C’est aussi une fable. Et il n’est pas difficile d’en établir la démonstration.

Prenons un autre exemple, tout aussi prestigieux, celui de l’École d’économie de Paris (PSE), créée en décembre 2006 et qui est gérée de la même manière, c’est-à-dire par l’entremise d’une fondation où sont représentées de grandes institutions publiques (l’École normale supérieure, l’École des hautes études en sciences sociales, le Centre national de la recherche scientifique, l’Institut national de la recherche économique et de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne) mais aussi des groupes privés, dont AXA et Exane.

(…) En apparence, PSE, qui accueille quelque 150 enseignants-chercheurs et économistes donne l’impression de s’être tenue à l’écart des dérives de son homologue de Toulouse. L’École de Paris a ainsi veillé à ce que les entreprises privées qui financent la fondation ne disposent que de trois sièges au conseil d’administration, dont le président est Roger Guesnerie, professeur au Collège de France. PSE se tient donc à distance raisonnable du monde de la finance, qui a été associé au projet mais qui n’en a pas pris le contrôle.

Cette situation tient en grande partie à la personnalité du premier directeur de l’école, Thomas Piketty. Farouchement jaloux de son indépendance, très peu enclin aux mondanités – contrairement à nombre d’autres économistes –, le jeune chercheur s’est détourné de ses recherches quelques mois fin 2006-début 2007 pour porter le projet et trouver des financements privés. Mais, passant le relais à un autre économiste, François Bourguignon, ex-chef économiste de la Banque mondiale, il est retourné à ses études sitôt l’école créée, début 2007, suscitant la colère de certains des sponsors, dont Henri de Castries, le patron d’Axa. La mini-crise qui a émaillé la naissance de l’École d’économie de Paris a contribué, elle aussi, à mettre un peu de distance entre la prestigieuse école et ces sponsors privés. Pour des raisons de fond comme de circonstance, l’OPA sur l’École d’économie de Paris, peut sembler avoir échoué.

Pourtant, là encore, on peut sans trop de difficultés constater que le système mis en place à partir de 2006 a eu des conséquences néfastes sur cet établissement.

D’abord, par cette loi de 2006, les chercheurs ou les économistes ont été sommés d’arpenter les allées, parfois poisseuses, du CAC 40 pour faire la manche. Ce qui est naturellement malsain ou humiliant (…) Mais il y a plus préoccupant : face à Toulouse qui a avancé à marche forcée dans ce processus de privatisation, l’École d’économie de Paris a cherché à défendre son indépendance. Mais, elle l’a fait dans des conditions de plus en plus difficiles comme le souligne cet autre rapport confidentiel de la Cour des comptes, couvrant exactement la même période 2006-2009.

Ce rapport confidentiel, le voici. On peut le télécharger ici ou le consulter ci-dessous:

Ecole d’economie de Paris: le rapport de la Cour des comptes by Laurent MAUDUIT

33 millions pour Toulouse, 2 millions pour Paris

(…) La plus spectaculaire illustration de cette inégalité, ce sont les financements que PSE a trouvés en quantité beaucoup plus faible que ceux de TSE. Alors que Toulouse est parvenue à lever 42,8 millions d’euros provenant de l’État, 0,825 des fondateurs, et 33,4 millions des entreprises privées, l’École de Paris n’a obtenu en comparaison qu’une misère : l’État a apporté 20 millions d’euros en 2007, les fondateurs (École normale supérieure, CNRS, EHESS, Paris I…) 300.000 euros et les groupes privés seulement… 2,375 millions d’euros, fournis notamment par Axa et Exane (un groupe financier lié à BNP Paribas). Et même si l’on ajoute à ces sommes près de 20 millions d’euros générés par des apports immobiliers en faveur de PSE, le magot global de l’école ne dépasse pas 45 millions d’euros.

Au total, les grands groupes privés ont apporté 33,4 millions d’euros à TSE et seulement 2,375 millions à PSE. Dans la disproportion spectaculaire des chiffres, on comprend sur-le-champ les risques induits par cette privatisation rampante de la recherche et de l’enseigne- ment de pointe en économie : le secteur privé – les grandes banques, les groupes d’assurance ou quelques mastodontes industriels – a la faculté de favoriser un pôle d’excellence plutôt qu’un autre.

Triste mais logique ! Réputée plus à gauche et plus attachée à la régulation, l’École d’économie de Paris a trouvé beaucoup moins d’argent que Toulouse, réputée plus à droite et plus ouverte aux thèses libérales sinon ultralibérales. Imagine-t-on que le très réactionnaire patron d’Axa, Henri de Castries, subventionne de gaieté de cœur l’École d’économie de Paris et, du même coup, les travaux de Thomas Piketty qui dressent un formidable réquisitoire contre le monde inégalitaire dont le même Henri de Castries est l’un des symboles ?

Assez logiquement, des groupes comme Axa ou BNP Paribas adorent l’économiste Augustin Landier et les thématiques libérales et réactionnaires sur lesquelles il travaille, et ont en horreur Thomas Piketty, et les thématiques progressistes qui inspirent ses travaux. On devine sans grande peine qu’Henri de Castries ne doit par exemple pas être un adepte de la « révolution fiscale » dont Thomas Piketty est le premier et plus fougueux partisan.

Épilogue de cette histoire, d’ailleurs prévisible : fin 2010, Henri de Castries a annoncé qu’il ne sollicitait pas le renouvellement de son mandat de membre du conseil d’administration de PSE. Et en janvier 2011, le patron d’Exane, Nicolas Chanut, a adressé une lettre véhémente à tous les administrateurs de PSE pour leur annoncer que lui aussi tirait sa révérence et ne siégerait plus au conseil.

Le plus invraisemblable dans cette affaire, c’est que le rapport de la Cour des comptes ne cherche même pas à identifier les racines de la faiblesse des apports privés en faveur de PSE ni même ses possibles dangers. Se bornant à l’aspect comptable des choses, qui relève de son champ de compétence, la Cour déplore que l’École d’économie de Paris n’ait pas su lever plus de fonds auprès de… bailleurs privés ! « La Cour recommande plus particulièrement que la fondation accroisse fortement son capital par la levée de fonds privés, afin d’augmenter le produit de ses placements », dit-elle en conclusion, sans mesurer l’ineptie du constat.

Dans ce monde où la finance détient toutes les commandes, les inégalités entre PSE et TSE ne se jugent pas seulement à l’aune de ces dotations. À la différence de son homologue de Toulouse, l’École d’économie de Paris est aussi confrontée à d’inextricables difficultés dans la rémunération des économistes qui y travaillent. Car elle ne peut pas offrir les mêmes avantages. L’École de Paris – c’est tout à son honneur ! – n’a pas voulu copier le système de rémunération mis en œuvre à Toulouse, qui dynamite les modes de rémunération qui ont cours à l’Université. PSE a juste choisi d’abonder les rémunérations publiques des chercheurs, en leur versant des compléments, le plus souvent modestes. Certains enseignants- chercheurs sont également invités à dispenser chaque mois un ou deux jours de cours ou de formation dans des enceintes publiques (Banque de France…), ce qui leur garantit un complément de ressources.

Que faire d’autre ? Face aux pratiques anglo-saxonnes, les rémunérations publiques françaises sont si faibles que PSE perdrait certains de ces économistes, qui seraient alors tentés de partir à l’étranger, si une solution de complément de salaire n’avait pas été trouvée.

Le rapport de la Cour des comptes détaille les rémunérations de PSE : de 1.000 à 2.000 euros net par mois pour deux cours de masters de 24 heures dans l’année pour les titulaires de chaire associée ; 3.600 euros net pour un cours de masters de 24 heures pour les professeurs associés ; 2.600 euros par mois pour les doctorants et 4.000 euros par mois pour les post-doctorants… En clair, PSE est à la traîne par rapport à TSE.

Mais ce système est, en vérité, hypocrite. Car l’École d’économie de Paris n’est pas une oasis. Et dans un monde où la finance a tout perverti, elle y a été happée, elle aussi, et elle doit trouver sans trop le dire d’autres subterfuges pour que ses chercheurs soient rémunérés au-delà de ce que l’Université offre ordinairement à ses professeurs.

(…) Ce système de rémunération présente un aspect alarmant parce qu’il n’est pas publiquement assumé par la puissance publique, parce qu’il est en rupture avec les grilles de rémunérations publiques. Les économistes de PSE n’en sont pas directement responsables. C’est la logique infernale de l’État pauvre qui pousse l’école à pratiquer le système « D » au cas par cas. Terrible logique ! En conduisant une politique d’austérité, l’État fait cause commune avec les milieux de la finance qui veulent mettre la main sur les pôles d’excellence de la recherche économique française.

(…) Quoi qu’il en soit, tout se cumule, les dotations aussi bien que les rémunérations, pour que PSE soit désavantagée par rapport à TSE ; et plus encore les autres universités, par rapport à ces pôles d’excellence. L’État asphyxie les uns ; la banque ou l’assurance financent les autres… Oui, tout se cumule, en bout de course pour que les recherches libérales sur des thématiques proches de la finance ou de l’industrie soient beaucoup plus nombreuses que les recherches sur des thématiques plus citoyennes. En bref, quoi qu’en dise Jean Tirole, c’est la finance qui a pris le pouvoir. Et même si PSE traîne des pieds – et il faut l’en féliciter –, la finance est en passe de gagner la partie.

Laurent Mauduit.

Source : Médiapart, http://www.mediapart.fr/journal/france/131014/jean-tirole-prix-nobel-des-imposteurs-de-l-economie?onglet=full

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► « L’IMPOSTURE ÉCONOMIQUE » de Steve Keen :

Steve Keen,

• Une recension intéressante de ce livre important par Alain Granjean (qui produit lui aussi, d’ailleurs, un travail important, sur la relation fondamentale entre « Chômage et monnaie ») :
Steve Keen un évènement à ne pas rater
http://alaingrandjean.fr/2014/08/13/steve-keen-un-evenement-a-ne-pas-rater/

• Une autre recension intéressante, par Dan Israël sur Médiapart :
« L’imposture économique », le livre qui ébranle la pensée néolibérale
http://www.mediapart.fr/journal/economie/071014/limposture-economique-le-livre-qui-ebranle-la-pensee-neoliberale?onglet=full

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► « MARAT » de Jean Massin :
Jean Massin,

Ne ratez pas ce livre épatant.
L’icône emblématique des 99%, ce devrait être Marat, authentiquement l’Ami du peuple, dévoué et incorruptible
(et Voltaire l’icône des 1%, banquiers, négriers et marchands d’armes, menteurs, voleurs et assassins au besoin).

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► « LES CHAÎNES DE L’ESCLAVAGE » de Marat :
Marat,

Texte intégral des « chaînes » sur (l’indispensable site de l’)UCAQ : http://classiques.uqac.ca/classiques/marat_jean_paul/chaines_esclavage/chaines.html

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► Rappel de l’extrait de « Ce soir ou jamais » qui fait sur Internet, par buzz, ce que les médias mainstream refusent de faire : semer à grande échelle la graine d’idée émancipatrice de la traîtrise systémique de nos prétendus « représentants » et DONC de l’importance radicale de notre auto-éducation populaire constituante :
https://www.facebook.com/video.php?v=10204569192140196&set=vb.1545684073&type=3&theater
(1 270 000 vues pour ce seul post facebook, fin octobre…)

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► « INSIDE JOB » le documentaire qui PROUVE la trahison de « grands » universitaires « économistes », littéralement prostitués aux banques (la fin est stupéfiante !) :

170 réponses à “Évident (et monstrueux) COMPLOT : les 99% ne devraient pas se laisser intimider par l’accusation de « théorie du complot », accusation qui protège les comploteurs et les traîtres, en interdisant tout diagnostic correct (et donc toute remédiation) des drames en cours


  1. Tête du voleur encravaté pile en train d’être pris et filmé…

    • Les chaînes de l’usure …

      « Qu’est ce donc que le capital financier, sinon rien d’autre que de la dette ? »

      « Dans le « Crédit d’Etat », Hume résume l’hypocrisie DroitDelHommiste : Il n’y a que dans l’époque moderne, avec sa continuité juridique de la propriété (2 articles des droits du couillon) que les capitaux financiers augmentent à l’infini par intérêt et spéculation, ceci sur une période infinie. Le denier placé à la naissance du Christ n’existe plus, éradiqué par les vicissitudes de l’Histoire. En revanche il existe multiplié par 1000000, le pfennig placé par le vieux Rothschild, et il grossira pour l’éternité des bobos internationalistes, sous la gouvernance des Seigneurs du Global State Gottfried Feder

      « Le capital est nécessaire -- le travail est nécessaire. Le travail seul peut peu de chose -- le capital seul ne doit rien pouvoir ! »
      Gottfried Feder

    • Merci M. Chouard pour tous ces liens, mais en soutenant Mélenchon, çà décrédibilise tous vos positionnements ou avis sur le système !
      D’où vient ce blocage sur Mélenchon (l’un des pires trotskistes franc-maçon actuels), c’est à n’y rien comprendre ?!
      Mélenchon ne fera rien puisque c’est une pute du système capitaliste, et qui a décidé de pourrir la France d’en haut cette fois en montant un parti européen!
      Il peut changer ? Mais pourquoi troquerait-il son salaire et tout ce qui va avec, contre une vraie démocratie où il risque de perdre tous ses avantages (ou ce qu’il considère comme’) ?!
      Vous le dites vous-même dans votre analyse !
      De plus souhaiter un leader n’a aucun sens si on comprend votre projet (qu’il faut certes « déchouardiser »), à moins que je n’ai rien compris, Mélenchon n’est pas le vilain hargneux aux dents jaunies postillonant sa haine du prolétariat face caméra lors des meetings, histoire de montrer ses talents d’acteur (comme Sarkozy à droite) contre grasse rémunération !
      Moi je suis pour le parti du peuple (le seul légitime), je n’attends pas de leader, mais si il y en a qui se présente, un Chavez ou un Poutine, alors oui volontiers. Mais Mélenchon, là il y a erreur sur la personne.

    • dernières nouvelles du 22 novembre dans DWN (Deutsche Wirtschaftsnachrichten) :

      Le 50ème top-banquier mort mardi dans sa maison:

      Mardi matin, le directeur d’affaires du Citigroup, Shawn D. Miller, a été retrouvé mort dans son appartement à New York. Les agents de police trouvaient son cadarvre dans la baignoire. Son cou complètement tranché.
      Les vidéos de surveillance de sa maison montrent, qu’il a emmené lundi soir un homme inconnu dasn son appartement. Il ne s’agissait pas de son amant actuel.
      Miller conseillait des haut dirigeants et d’autres clients au sujet de durabilité, de la politique de l’environnement et du social ainsi que dans les domaines de l’industrie minière et de l’énergie renouvellable. Pour la Citibank, il travaillait dans plus de 100 pays dans des fonctions de surveillance .
      Entre le 8 mars 2013 et le 20 octobre 2014 49 banquiers sont morts. D’uns sont morts de suicide, d’autres dans des accidents. Miller (top-manager de la CitiBank) , mort le 21 nov. 2014 est le cinquantième.
      8 mars 2013: David Rossi, Monte DeiPaschi. Suicide. S’est jeté par la fenêtre (reporte le Business Insider)
      27 avril 2013: David William Waygood, HSBC Bank – National Westminster Bank. Suicide. Saute d’un train en marche. (reporte Seven Oaks Chronicle).
      23 juin 2013: Rob Evans, VizeChef Bank of America. Mort en France dans le Iron Man Triathlon in (reporte le London Evening Standard).
      3 juillet 2014: Michael Burdin, Bank of America. Suicide par saut d’un train en marche (reporte The Daily Mail).
      21 juillet 2013: Sascha Schornstein, Royal Bank of Scotland: crash de son avion privé dans la Manche. Le cadavre n’a jamais été retrouvé. (reporte le journal Ostsee-Zeitung).
      23 juillet 2013: Carsten Schloter. Chef de l’entreprise de Télécommunication Swisscom et membre du comité directeur du Swiss American Chamber of Commerce à Zürich. Suicide. Lettre d’adieu trouvé. (reporte le Tagesanzeiger).
      29 juillet 2013: Hussein Najadi, fondateur du groupe de Banque Arabe- Malayique, Assassiné sur un parking à Kuala Lumpur . Un suspect a été arrêté en septembre 2013. (reporte The Star)
      30 août 2013: Pierre Wauthier, Ex-employé chez JP Morgan, chef des finances du Schweizer Versicherer Zurique. Suicide dans sa propre maison. Deux lettres d’adieu trouvées. (reporte le Manager Magazin).
      10 septembre 2013: Guy Ratovondrahona, Chef de la Banque Centrale du Madagascar. Mort subite, cause inconnue, (reporte la Banque Centrale du Madagascar)
      21 octobre 2013: Ezdehar Husainat, Ex-employée chez JP Morgan, banquière. Ecrasée dans son garage par son propre véhicule (reporte The Daily Mail).
      1er novembre 2013: Venera Minakhmetova, Ex-analyste de la Bank of America. Ecrasée par un bus à Londres (reporte le London Evening Standard).
      9 novembre 2013: Patrick Sheehan, Wells Fargo New York. Mort dans un accident de voiture à New York (reporte Bloomberg) .
      7 décembre 2013: Joseph M. Ambrosio, analyste de finances chez JP Morgan. Mort subite suite à une affection des voies respiratoires (reporte Bloomberg).
      14 décembre 2013: Benjamin Idim, Banquier de la Diamond Bank en Nigeria. Mort d’un accident de voiture à New York (reporte Reuters)
      15 décembre 2013: Jason Alan Salais, Analyste technologique de JP Morgan. Mort suite à une crise cardiaque (reporte Bloomberg).
      22 décembre 2013: Susan Hewitt, Ex-Vizeprésidente de la Deutsche Bank. Mort noyée dans une rivière près de Nante Ffrancon en Suisse (reporte la BBC)
      23 décembre 2013: Robert Wilson, HedgeFondsmanager de New York. Mort par saut de son appartement en 16eme étage à (reporte le Washington Post).
      20 et 26 janvier 2014: Tim Dickenson, Chef de communication et marketing de la société d’assurances suisse Swiss Re AG. Mort subite. Cause inconnue. (reporte The Australian).
      26 janvier 2014: William „Bill“ Broeksmit, Ex-risque-manager de la Deutsche Bank. Retrouvé mort dans son appartement. Cause inconnue (reporte Bloomberg)
      27 janvier 2014: Karl Slym, Manager chez India Tata Motors. Suicide par saut de sa chambre d’Hotel à Bangkok (reporteThe Telegraph).
      28 janvier 2014: Gabriel Magee, Vicechef de l’Investissement et de la Technologie chz JP Morgan. Saute par la fenêtre du toit de l’immeuble central européen de JP Morgan de 33 étages (reporte The Daily Mail)
      30 janvier 2014: Mike Dueker, vice-président adjoint de la Fed à St. Louis et économiste en chef chez Russel Investments. Bloomberg reporte suicide par saut d’un pont à Washington.
      3 février 2014: Ryan Henry Crane, négociateur d’actions chez JP Morgan. Retrouvé mort dasn son appartement à Connecticut. La cause de la mort n’a pas été publiée. (reporte Bloomberg)
      4 février 2014: John Ruiz, analyste chez Morgan Stanley. Retrouvé mort à la maison à New Jersey. Cause de la mort n’a pas été publiée (reporte Bloomberg)
      7 février 2014: Richard Talley, fondateur du American Title Services à Centennial, Colorado. Suicide supposé par coups de son pistolet: plusieurs coups dans le torse et la tête (reporte The Denver Post).
      18 février 2014: Li Junjie, comptable chez JP Morgan. Suicide par saut du toit de l’immeuble de JP Morgan (30 étages) à Hongkong) , reporte The Daily Mail.
      19 février 2014: James Stuart Junior, Ex-Chef de la National Bank of Commerce. Retrouvé mort dans son appartement à Arizona. Cause de la mort non publiée (reporte Journalstar.com).
      28 février 2014: Autumn Radtke, Chef de First Meta – négociateur de Bitcoins. Retrouvé mort dans son appartement à Singapur. Suicide supposé. (reporte The Daily Mail).
      11 mars 2013: Edmund Reilly, négociateur d’actions chez Midtown’s Vertical Group. Saut d’un train en marche (reporte le New York Post).
      11 mars 2013: Mohammed Hamwi, spécialiste IT de l’entrprise financière Trepp à New York. Tué par trois coups de balle dans la tête en pleine rue (reporte New York Post).
      8 mars 2014: Kenneth Bellandro, Ex-Banquier chez JP Morgan. Suicide par saut par la fenêtre de son appartement à New York (reporte The Daily Mail).
      22 mars 2014: Joseph Giampapa, avocat chez JP Morgan. Mort dasn un accident à Columbus, Ohio (reporte Economic Policy Journal).
      5 avril 2014: Jan Peter Schmittmann, Ex-Chef de la Dutch Bank ABN Amro. Le cadavre de Schnittmanns et les cadavres de sa femma et sa fille sont retrouvés dans son appartement à Amsterdam. Circonstances de mort non luciditées (report Bloomberg)
      5 avril 2014: Amir Kess, Co-fondateur et manager du Markstone Capital Group. Tué par une voiture pendant une promenade en vélo près de Hod Sharon en Israel (reporte Haaretz) .
      7 avril 2014: Jürgen Frick, directeur de la Bank Frick & Co. AG en Liechtenstein. Tué par des coups de balles près de son garage. Mort d’une attaque cardiaque suite à l’incident. Le tireur était Jürgen Hermann qui s’est suicidé après l’attaque. Son cadavre était retrouvé dans une riviére (reporte Bloomberg)
      13 avril 2014: Tanji Dewberry vice-présidente de WL Ross Investment à New York et adjoint du vice-président de Credit Suisse. Brûlée avec son fils dans sa maison à New Jersey (reporte Daily Mail).
      18 avril 2014: Benedict Philippens, Directeur de la Banque Ans-Saint-Nicolas, tué avec sa femme et son enfant par un inconnu devant sa maison (reporte Reuters).
      22 avril 2014: Li Jianhua, directeur de la CBRC AfDB. Mort d’une crise cardiaque (reporte Business Insider).
      25 avril 2014: Une francaise nommée Lydia de la France’s Bred-Banque-Populaire saute d’un immeuble d’affaires à Paris (reporte Business Times).
      26 avril 2014: Andrew Jarzyk, adjoint du vice-président de la Commercial Banking der PNC Financial Services Group. Son cadavre a été retrouvé dans le Hudson River. Cause de la mort non luciditée (reporte le New Jersey Journal).
      7 mai 2014: Thomas Schenkman, Manager de Global Infrastructure Engineering, JP Morgan. Retrouvé mort dans son appartement. Apparemment souffrant d’une maladie de coeur. (reporte le portal Smithtown Matters).
      9 mai 2014: Naseem Mubeen, adjoint du président de la ZBTL Bank, Islamabad. Saute par la fenêtre du grand quartier général de sa banque (reporte Sprang Pakistan Today).
      23 mai 2014: Nigel Sharvin, Manager de la Ulster Bank in Belfast. Il était en Espagne à une fête, dont il disparaissait. Le lendemain, on a retrouvé son cadarvre. Noyé supposé (reporte Belfast Telegraph).
      24 mai 2014: Daniel Leaf, Ex-Manager de la Bank of Scotland Manager de Saracen Fund Managers. Mort par un accident sportif dans les Hifhland en Ecosse. (reporte Edinburgh News).
      24 juin 2014: Richard Gravino, dirigeant du groupe Application et Développement chez JP Morgan. Mort à Tampa Florida dans sa maison. Cause de la mort inconnue (reporte Herald Tribune).
      6 juillet 2014: Julien Knott, directeur chez JP Morgan. Assassinat supposé de sa femme et de soi-même dans sa maison à New jersey (reporte le International Business Times).
      20 juillet 2014: Nicolas Valtz, Chefmanager chez Goldman Sachs. SSon cadarvre a été retrouvé à la côte de Long Island. On suppose qu’il est tombé de sa planche à voile et s’est noyé (reporte Bloomberg).
      15 août 2014: Steven Dowd, chef du département de finances du CMS Bancorp à White Plains. Mort subite, reporte legacy.com. Pas de nouvelles sur la cause de la mort.
      20 octobre 2014: Calogero Gambino, Manager à la Deutsche Bank. Mort pendu, retrouvé par sa femme. Suicide supposé (reporte Reuters)

      • J’avais déjà entendu parler de ce phénomène de défenestration et autres procédures si radicales mais cette liste-ci est autrement plus évocatrice… reste à savoir maintenant s’il s’agit là de conflits d’intérêt opposés ou de prises de conscience chez certains individualités qui obligent certains employeurs à requérir à de tels expéditifs !

    • J’aime bien « théories simplistes sur l’offre et la demande… » ce n’est QUE le capitalisme ! Le formatage des politiques est voulu et maintenu par le système représentatif qui a intérêt à le faire fonctionner de cette manière…puisque ce sont des PROFESSIONNELS de la politique ! Avec une démocratie réelle, tous ces profiteurs seraient obligés de faire autre chose et ainsi, nous laisser plus libres dans nos choix…

  2. La Baudruche contre la finance ? Ah! Ah! Ah! L’apôtre de la traitre négrière capitaliste ?
    Le lambertiste faux-cul, formé comme Barroso où Von Rrompuy ?
    La racleuse de benêts gôôôchistes qui appelle à voter pour le young leader otanien ?

    « En dissolvant les nationalités, l’économie libérale fit de son mieux pour généraliser l’hostilité, pour convertir l’humanité en une horde de bêtes féroces – les concurrents sont-ils autre chose ? – qui se dévorent mutuellement parce que les intérêts de chacun sont égaux à ceux de tous les autres. Après ce travail préliminaire, il ne restait plus à l’économie libérale qu’un pas à faire pour atteindre son but : il lui fallait encore dissoudre la famille »
    Manifeste du parti communiste Marx&Engels

  3. Film passionnant, magnifique !

    OPÉRATION CORREA
    1re partie : Les ânes ont soif

    http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161

    L’Equateur dirigé depuis 2007 par le président de gauche Rafael Correa propose des solutions originales à la crise économique, sociale et environnementale. Pierre Carles et son équipe s’apprêtent à prendre leur poncho et leur sac à dos pour aller voir à quoi ressemble le « miracle équatorien » boudé et ignoré par la presse française. La 1° partie de ce feuilleton documentaire est d’ores et déjà proposée en accès libre sur internet. Objectif : inciter les internautes à financer la suite de l’enquête outre-Atlantique, la faire circuler en 2015 et ainsi de suite… Trois ou quatre épisodes devraient voir le jour d’ici l’élection présidentielle française de 2017.

    La visite en France d’un champion de la croissance économique passe rarement inaperçue, même lorsqu’elle ne présente qu’un intérêt médiocre. Un serrage de louches sur le perron de l’Elysée avec un président chinois ou une chancelière allemande rameute à coup sûr le ban et l’arrière-ban des troupes journalistiques. Pourquoi alors la presse hexagonale a-t-elle boudé le dernier séjour à Paris de Rafael Correa ?

    Le 6 novembre 2013, le président équatorien était à la Sorbonne pour décrire le modèle économique en train de s’inventer dans son pays, en insolente rupture avec le dogme de l’austérité et de l’inféodation à la finance auquel les dirigeants européens veulent condamner leurs ouailles. En choisissant de ne pas obéir au FMI et d’imposer une renégociation de sa dette dans des conditions acceptables, l’Équateur, petit pays d’Amérique du Sud, aux prises avec des difficultés sans commune mesure avec celles que peut connaître la puissante Union européenne, s’est sorti par le haut du pétrin dans lequel il s’enfonçait. Pas de coupes dans les dépenses publiques, mais des programmes de redistribution qui ont fait chuter le taux d’extrême pauvreté de 16,9 % à 8,6 % au cours des six dernières années. Pas de dépouillement des droits sociaux par un patronat tout-puissant, mais des investissements publics dans les infrastructures et un taux de croissance (4,5 %) parmi les plus élevés d’Amérique latine. Tout n’est pas rose dans le bilan de Rafael Correa, mais au moins le président équatorien représente-t-il une preuve bien vivante que la politique du bulldozer contre les pauvres adoptée en Europe n’est pas nécessairement la seule envisageable.

    On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif

    Peu de grands médias français – à l’exception du Monde diplomatique et de quelques journaux de presse écrite -- ont prêté attention à la visite du président équatorien. Aucune chaîne de télévision ni radio nationale n’a repris le message qu’il souhaitait adresser aux populations européennes : ne faites pas la folie de vous plier aux injonctions des banques, regardez comment l’austérité qu’elles vous infligent aujourd’hui a failli ruiner notre pays par le passé, et comment nous nous en sommes relevés en faisant tout le contraire. Pareil avertissement est-il sans valeur pour le public français ? « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif », a chuinté Ivan Levaï, vétéran chez France Inter, quand les comparses de Pierre Carles ont commencé à enquêter sur la question. Mais qui sont les ânes ? Et comment redonner soif à une presse goulument ravitaillée dans l’abreuvoir des experts du CAC 40 ?

    Après Pas vu pas pris, Enfin pris ?, Fin de concession et Hollande, DSK, etc, Pierre Carles et son équipe poursuivent leur critique radicale des médias. Ils se proposent à présent d’explorer la question du traitement de l’hérésie équatorienne dans la presse française. Il s’agira bien sûr de confronter la chefferie éditoriale à ses choix idéologiques, et de comprendre par quel enchantement l’impasse borgne et insalubre du monétarisme européen se présente à elle comme un horizon indépassable. Il s’agira aussi d’enquêter sur place, en Équateur, afin d’élucider ce que le journal d’affaires colombien Dinero (« argent ») qualifie avec incrédulité de « miracle économique ». L’alternative qui se joue là-bas est-elle un simple mirage ou alors un modèle susceptible d’allumer quelques flammèches à notre horizon ?

    La bourse ou la vie

    Mais l’exploration journalistique coûte de l’argent. Pour achever le tournage du prochain épisode d’Opération Correa, nous devons réunir au moins 25 000 euros. La somme peut paraître confortable, elle est pourtant dérisoire au regard du budget « normal » d’un documentaire grand public : à ce prix-là, nous n’irions pas loin sans l’expérience, l’implication et l’inventivité de chaque membre de notre collectif. Grâce à votre participation financière, nous pourrons finir d’arpenter les salles de rédaction parisiennes et mener nos propres investigations dans ce pays étrange qui les intéresse si peu. Une fois en boîte avec votre aide, le deuxième épisode du film sera lui aussi librement accessible sur Internet, en streaming et P2P, pour que le public s’en empare et le fasse vivre hors des clous de l’information industrielle.

    Action !

    Dans ce nouveau projet, il y a l’idée de reproduire ce qu’on peut appeler le cinéma d’enquête et d’action dans lequel vous-mêmes êtes conviés à participer, voire à donner… de votre personne. Si vous êtes en colère contre des médias de masse si peu pluralistes, si vous croyez au pouvoir du cinéma documentaire, si vous avez envie de vous investir pour propager un message de contestation qui ne demande qu’à grandir, soutenir Opération Correa est un moyen de rejoindre une aventure politique qui promet d’être enthousiasmante, réflexive et drôle. Avec cette nouvelle enquête, vous participez à un travail inédit et à la mise en cinéma d’une réelle proposition.

    Source : http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161

    Pierre Carles et son équipe ont besoin d’aide pour tourner la suite. Je n’ai pas hésité une seconde. Ah ! Quel formidable film !

  4. Jean Tirole l’imposteur en propagande oligarque promue par Jean-Luc Moudenc… à nos frais!!!!!
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1477933702470766&set=p.1477933702470766&type=1&theater

  5. je me trompe peut être mais la voix de l’interviewer me dit quelque chose , ne serait-il pas le narrateur dans cette petite animation ?

  6. Etienne si tu veux un livre qui dénonce l’imposture Economique tu as

    Economistes et Charlatans
    http://www.institutcoppet.org/blog/archives/633

    Mais bon, c’est écrit du point de vu autrichien, alors forcément tu ne l’ouvrira jamais 🙂

  7. Je fais partie des 99 % et évidemment je vous traite de complotiste , voire de gourou.
    Quel sort , vous et vos  » gentils virus  » pour moi ?

  8. Au Québec, enfumage se dit: enfirouapage

  9. Le scandale de l’année 2014 : ce matin, des révélations explosives sur le Luxembourg sont publiées par 40 grands médias :

    Evasion fiscale : tout sur les secrets du Luxembourg.

    Des milliards d’euros de recettes fiscales évaporées grâce à des accords fiscaux secrets. Plus de 300 multinationales concernées, parmi lesquelles des stars de l’économie comme Apple, Amazon, Heinz, Pepsi, Ikea, Deutsche Bank…

    Dans une enquête réalisée en partenariat avec le consortium de journalisme d’investigation américain ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists) et quarante médias étrangers (The Guardian au Royaume-Uni, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, la télévision publique canadienne Canadian Broadcasting Corporation, l’Asahi Shimbun au Japon, etc.), Le Monde révèle les dessous du système fiscal luxembourgeois.

    http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2014/11/05/evasion-fiscale-tout-sur-les-secrets-du-luxembourg_4518895_1656941.html

    Rappel :

    De janvier 1995 à décembre 2013, le Luxembourg a été dirigé par Jean-Claude Juncker.

    Aujourd’hui, Jean-Claude Juncker doit s’expliquer sur ces accords fiscaux secrets qui ont fait perdre des milliards d’euros de rentrées fiscales à la France, à l’Allemagne, etc.

    Aujourd’hui, Jean-Claude Juncker doit s’expliquer sur cet énorme scandale.

  10. Évident le « complot » commence par la défense de l’ intérêt personnel
    du spécialiste, c’ est « l’Homme de Cour » de Baltazar Gracian.
    On y voit comment l’ homme se plie et se met à distance à la fois du Prince pour s’édifier une vie la plus « confortable » possible. Car il n’ a apparemment pas la puissance de se révolter.

    G

    • je suis étonnée que tu pense « le duc » n’a pas de puissance de s’élever. Il fait évidemment avec. Ces réseaux secrets ne fonctionnent que par des secrets. Tour le monde connaît un secret de quelqu’un d’autre. « Si tu dénonce mon secret, je dénonce le tien. »

      • Le duc quel duc.
        Je parle de l’ Homme de cour de Baltazar Gracian qui met en scéne un érudit
        Pourrait on appeler aujourd’hui’ hui cet érudit « un spécialiste » ? (beurk)
        Plutôt un libre penseur qui s’ auto-limite … N’ est il pas temps de détruire ces limites messieurs les LIBRES penseurs … je les provoquent à l’ Amour et n’ ai pas de haine dans mon cœur

  11. Je suis d’accord avec le fond.

    Ils ont placé leurs pions dans les universités pour répandre la parole libérale. Ils ont fait pareil au Chili lorsqu’ils ont décidé d’imposer cette économie de la connerie en Amérique Latine.

    J’ai remarqué que ça se passait aussi en France quand j’ai eu le plaisir de parler à des étudiants en économie qui avaient fréquenté Toulouse. Que dire… égo gonflé à bloc parce qu’ils ont l’impression d’en savoir plus que le « peuple » et qu’on leur fait faire des algorithmes. Très difficile d’échanger avec eux, ils sont réellement butés. Bien évidemment, c’est l’université qui les rend comme ça, et ceux qui excellent dans la pensée libérale sont ensuite bien vus, remportent les félicitations, obtiennent des postes lorsqu’ils préparent leur projet de recherche.. C’est tout un engrenage… Pour en faire des prix nobels…

    Au passage, l’université fait pareil pour les autres secteurs, elles ne forment pas des historiens ni des sociologues, ni de psy ou de médecin, enfin si, elles en forment, mais des historiens, sociologues, psys et médecin d’abord au service du pouvoir et de l’économie, et non prioritairement au service du peuple. Les savoirs qui y sont enseignés sont sélectionnés… Une pensée unique est transmise… Et ceux qui s’en éloignent galèrent après au sein des unités de recherche. Quant à ceux qui commencent à s’intéresser au peuple, là, ça devient le parcours du combattant pour que leurs travaux soient financés.

    Sinon, une petite remarque sur la forme : parler des « meilleurs élèves » ça fait un peu élitiste, non ? Quelque part, c’est maintenir les strates de cette société, car il n’y a pas que l’argent qui sépare les individus et les hiérarchise, il y a aussi ce qu’on appelle le « savoir ».

  12. Et j’oubliais… Pour faire un raccord avec le reportage sur Chaves et les réactions des médias, il se passe également la même chose dans les écoles de journalisme… Le savoir qui y est enseigné, attendu et validé est avant tout le savoir qui sert les intérêts du capital (le pouvoir et l’économie).
    Il ne faut donc pas s’étonner après d’avoir des journalistes au service du pouvoir, la plupart d’entre eux ignorent réellement l’histoire des classes sociales dont ils sont issues, ou alors, ils pensent sincèrement que tout s’est miraculeusement résolu aujourd’hui grâce à la méritocratie…

  13. Ici, je parle des exécutants, des journalistes sur le terrain, ceux qui font vraiment le travail, et non pas bien sûr de leur directeur, car au niveau des directeurs on peut clairement parler de conflits d’intérêts et de corruption.

    • cela va être dûr dans le proche avenir. Ils commencent déjà à financer des écoles primaires de l’état à Berlin. Et les lycées surtout. Leur but: le directeur est à la merci de l’investisseur. L’investisseur finance des « laboratoires » , des « projets », puis du matériel. Dans les classes, des nouveaux profs arrivés avec l’investisseur recherchent des talents maniables. Ils savent très bien que l’élite ne peut pas s’engendrer que par l’élite. Ils cherchent de la chair fraîche. Ils faut les protéger.

  14. Chacun doit déployer ses vertus épistémiques rapidement car elles convergent vers la constitution
    http://educationdidactique.revues.org/380?lang=fr

  15. Bonjour Étienne, j’ai vu ce film et il est très éducatif sur les détails de comment le monde entier c’est fait escroquer.

    Mais la crise de 2008 reviendra sous une différente forme, mais tout cela est une mécanique très ingénieuse qui a pour but de faire éclater des bulles financières de façon à ce que la richesse ce concentre de plus en plus dans les mains d’un groupe de personne de plus en plus réduit.

    ici une vidéo qui explique de façon simple pourquoi nous sommes tous esclaves de la dette et du travail à vie et comment nos enfants naîtront avec une dette encore plus grande avant même de prendre leur première bouffée d’air:

    Comme la cause des causes il faudrait chercher le « Complot Père de tous les Complots » responsable de cette déception humaine planétaire.

    Qu’ils soient les éritiés et déscendants des Chevaliers du Temple, les Franc-Maçons, les Illuminés de Bavière qui ont jurés qu’ils infiltreraient le monde entier pour le controler, ces élites inhumaines ont tout, le pouvoir, l’argent, tout l’argent, ils ont la puissance guerrière, ils ont tout et contrôlent tout, cependant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
    Le complot des complots ne serait-il pas que ces psychopathes veulent devenir nos Dieux?

  16. (excusez-moi pour republier ce commentaire mais sur le 1er les liens vidéos n’apparaissaient pas)

    Bonjour Étienne, j’ai vu ce film et il est très éducatif sur les détails de comment le monde entier c’est fait escroquer.

    Mais la crise de 2008 reviendra sous une différente forme, mais tout cela est une mécanique très ingénieuse qui a pour but de faire éclater des bulles financières de façon à ce que la richesse ce concentre de plus en plus dans les mains d’un groupe de personne de plus en plus réduit.

    ici une vidéo qui explique de façon simple pourquoi nous sommes tous esclaves de la dette et du travail à vie et comment nos enfants naîtront avec une dette encore plus grande avant même de prendre leur première bouffée d’air:

    L’esclavage moderne

    Comme la cause des causes il faudrait chercher le « Complot Père de tous les Complots » responsable de cette déception humaine planétaire.

    Qu’ils soient les éritiés et déscendants des Chevaliers du Temple, les Franc-Maçons, les Illuminés de Bavière qui ont jurés qu’ils infiltreraient le monde entier pour le controler, ces élites inhumaines ont tout, le pouvoir, l’argent, tout l’argent, ils ont la puissance guerrière, ils ont tout et contrôlent tout, cependant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
    Le complot des complots ne serait-il pas que ces psychopathes veulent devenir nos Dieux?

    Top Transhumanist affirme qu’il va devenir Dieu et tuer quiconque essaie de l’arrêter !!!

    Physicist Richard Seed: We Will Become Gods

    • « ils ont tout et contrôlent tout, cependant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
      Le complot des complots ne serait-il pas que ces psychopathes veulent devenir nos Dieux? »

      ils ne contrôlent pas la vie, la preuve en est que même leurs perspectives transhumanistes les plus audacieuses ne peuvent que de retarder la mort, pas la vaincre…

      Mais pour ce qui est de la religion, ou des croyances, ils ont fait main basse dessus depuis des millénaires. La saga d’Anton Parks « les Chroniques du Gírkù » (Girkù, est le nom que le héros, Enki, donne à son cristal dans lequel il enregistre ses mémoires…) met en scène cet asservissement des religions à l’histoire des vainqueurs… et comment ces maîtres qui nous dominent sont nos dieux, et n’ont qu’une ambition nous concernant, celle de nous voir disparaître. probablement de surpopulation… La guerre intérieure serait la seule voie pour donner corps à une vraie démocratie.

  17. La fonction première de la pédagogie est la construction d’un être adulte, autonome, connaissant, doué d’un esprit incisif, capable de démanteler toute tentative de l’encercler.

    Partant de là petit à petit surviennent pour cause pragmatique des bémols à cette ambition. Et de bémol en bémol en en arrive au grave.

    Le programme du CNR lui-même annonce la fabrication d’élites capables d’assumer les fonctions de l’Etat.
    En regard de l’idéal de conscience qui devrait être le principe premier, c’est déjà un premier abandon.
    Je sais qu’on peut ne pas être d’accord 😉

    Puis dans l’inconscient collectif l’idée que c’est l’école qui garantit un bon métier, une bonne case.
    Certes, elle peut servir à cela l’école, mais comme conséquence, pas comme essentiel : L’Homme construit sait s’adapter à tout.
    En outre si cette mission fut un temps non mensongère, elle devient de nos jours obsolète, mais là n’est pas la question.

    Et voici que maintenant le capital s’empare de la fabrique des êtres pensants.
    C’était d’ailleurs une ambition affichée depuis des décennies.
    Sans compter que pour le libéralisme, la pédagogie est l’un des derniers services publics à marchandiser, et elle représente un pactole astronomique.
    Mais là n’est pas non plus la question.

    La chose grave est que si autrefois les maîtres maintinrent des esclaves enchaînés par des liens de fer, ils se préparent maintenant un cheptel consentant, car enchaîné dans son esprit par des ambitions qu’on lui aura inoculées, et une incapacité à concevoir un autre destin et un autre monde que ceux qu’on lui présentera.

    Dans le livret de famille vaudois (Suisse) il y avait autrefois un texte de Ramuz jugé magnifique ; on y lisait deux vieux se félicitant de leurs enfants : « Voilà que les enfants à cette heure sont casés ».
    Peu ont ressenti le subliminal aliénant contenu dans ce « casés ».
    J’y vois le symbole ramassé non seulement du chantage à l’emploi mais encore cet appauvrissement de l’être assimilé à sa case, quand pourtant chaque être devrait rayonner une inventivité explosive.
    La mise en coupe réglée de l’éducation est parmi les pires dangers qui menacent le futur et la civilisation, car ici se prépare la réduction de l’individu à sa fonction.
    Un individu privé de l’imaginaire et de la polyculture nécessaires à son évasion.

    Le mot « prolétaire » désigne à l’origine un citoyen romain qui n’a que ses enfants (proles) comme richesse. Ainsi à Rome le prolétariat est il la dernière classe sociale.
    Par analogie, Bernard Stiegler utilise le mot prolétarisation pour parler de cette réduction/assignation de l’individu à un poste, tel qu’il ne possède rien d’autre que cela.
    La formation de l’individu à une fonction unique et sans l’édification d’un esprit riche et indépendant, cela est la forme la plus rusée de l’esclavage.

  18. L’article de Mauduis ne me satisfait pas, ce qui serait informatif c’est d’en savoir un peu plus sur l’idée qui a value le Nobel a Tyrrol.
    Au lieu de ça Mauduis fait du adhominen jusqu’à la nausée.
    J’ai trouvé Elinor Ostrom , Nobel aussi, tout a fait épatante.
    .

  19. Excellent Dominique Rousseau en ce moment sur Médiapartlive.

  20. La vidéo qui démasque Jean-Claude Juncker le menteur :

    Jean-Claude Juncker a dirigé le Luxembourg de janvier 1995 à décembre 2013.

    Aujourd’hui, le plus grand scandale de l’année 2014 a révélé que le Luxembourg a passé des accords fiscaux secrets.

    Ces accords fiscaux secrets ont fait perdre des milliards d’euros de rentrées fiscales à la France, à l’Allemagne, etc.

    Or, qu’avons-nous vu le mardi 21 octobre 2008 sur France 2 ?

    Nous avons vu ce menteur de Jean-Claude Juncker jouer la comédie devant des millions de télespectateurs.

    Il faut voir et revoir cette vidéo durant laquelle Jean-Claude Juncker ment, joue la comédie, donne des leçons de morale, fait semblant d’être scandalisé par le reportage du journaliste et par les questions de David Pujadas :

    « Je récuse la façon caricaturale dont vous présentez avec la condescendance bien franco-française la réalité luxembourgeoise. Votre reportage fut strictement ridicule. (…) Je ne me sens pas accusé par des reportages superficiels d’un journalisme primaire qui ne fait pas honneur à votre chaîne ».

    Jean-Claude Juncker n’est qu’un menteur et un comédien.

    Regardez bien cette vidéo à partir de 6 minutes 30 :

    http://www.marianne.net/Juncker-pique-sa-crise-au-JT-de-France-2_a92501.html


    France 2 VS J_C_Junker par Bitoll

  21. La crise est une réaction défensive, l’austérité est une réaction offensive à la crise.

  22. La démocratie c’est la politique du détail.

  23. Frédéric Lordon :
    De la sphère financière au cabinet ministériel…

    Mon commentaire :
    S’interdire de penser COMPLOT, c’est protéger les comploteurs.

  24. Siné mensuel

    Laurent Mauduit
    « Comment les économistes médiatiques nous enfument »
    (Siné Mensuel)

    Source : http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/laurent-mauduit-comment-les-economistes-mediatiques-nous-enfument/

    Dessin de FaujourLaurent Mauduit est cofondateur de Mediapart, journaliste économique, d’abord à Libé puis au Monde. Dans Les Imposteurs de l’économie (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2012), il analysait et dénonçait les connivences entre les « grands médias » et les économistes néolibéraux, devenus grands gourous médiatiques de la pensée unique. Dans son livre À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (éd. Don Quichotte, 2014), il boucle la boucle en expliquant, preuves à l’appui, comment le peuple de gauche s’est fait avoir.

    Dans Les Imposteurs de l’économie, vous décortiquez le système des « économistes » derrière lequel se cachent les financiers. Depuis cette analyse, les noms ont peut-être un peu changé, mais les pratiques sont-elles encore là ?

    Le livre a secoué certains milieux intellectuels. J’y raconte la consanguinité entre les économistes les plus médiatisés, censés être des intellectuels travaillant à l’Université, et qui deviennent en fait des agents de propagande des banques et des assurances placés au cœur du système et du politique. Ça, ça n’a quasiment pas changé.

    Quand il y a une crise, il est très important que les citoyens puissent entendre la parole de gens qui ont sur leur matière des points de vue différents mais indépendants. Or beaucoup d’entre eux ont été corrompus précisément par le système qui a conduit à la crise. En théorie, la loi protège l’indépendance des universitaires. En clair, elle leur interdit de siéger dans le conseil d’administration d’une entreprise privée ou d’avoir une mission rémunérée par celle-ci sans avoir eu l’autorisation préalable de leur supérieur hiérarchique, ce qui n’est jamais fait. Il y a une sorte de jurisprudence qui s’est installée pour une cinquantaine d’économistes, une sorte de système de corruption généralisée. Ils sont entre 40 et 50 économistes surmédiatisés (sur 3 000 ou 4 000 économistes en France, scandalisés voire traumatisés par ces pratiques) à s’être transformés en lobbyistes de leurs employeurs privés. Le plus connu d’entre eux, Daniel Cohen, a été embauché par la banque Lazard, LA banque d’affaires du capitalisme de connivence français, qui est au cœur de tous les deals financiers et industriels depuis vingt ans. Il gagnait, en 2011, entre 10 et 20 fois plus que ce qu’il gagne à l’École normale supérieure (ENS) !

    La formation des économistes est-elle en cause ?

    Il y a une OPA de la finance sur les milieux intellectuels et c’est un danger. La loi de 2006 a autorisé les grandes universités à créer des fondations et des chaires financées par les grands groupes, comme L’Oréal, Axa, Total, BNP Paribas, Crédit agricole… C’est une bombe logée au sein de l’université française qui risque de conduire à un éclatement de l’université dans les disciplines économiques : avec une université de luxe sous la coupe du privé disposant de rémunérations considérablement supérieures à celles de la fonction publique ; et une université du pauvre abandonnée au public avec des professeurs sous-payés. Alors que le traitement d’un professeur en fin de carrière avoisine les 5000 euros par mois, les bénéficiaires d’une chaire sénior à l’École d’économie de Toulouse, très liée au privé, ont une rémunération trois à quatre fois supérieure. D’évidence, l’indépendance de la recherche est en danger.

    Pourquoi et comment ces économistes ont-ils pris un tel pouvoir ?

    Au cours de mon enquête, j’observe aussi qu’une partie des journalistes est dans ce même système de corruption. Je prends l’exemple d’une grande émission qui est totalement à pensée unique, la pensée unique néolibérale, qui est C dans l’air, d’Yves Calvi. Les seuls économistes invités sont précisément ceux dont je parle dans mon livre, ceux qui siègent au CA des banques, etc. et qui, de fait, médiatisent « l’économie » de leurs clients. Ils sont invités non-stop, partout, dans tous les médias. On ne voit qu’eux pratiquement, on n’entend qu’eux, ils nous expliquent la crise et ses solutions à leur manière, néolibérale. Un scandale. Parmi ceux que l’on entend et voit partout, il y en a qui sont présentés comme économistes alors qu’ils ne le sont même pas, comme Marc Fiorentino qui détenait lui-même une société de placement en Bourse et qui avait fait l’objet de trois sanctions de l’Autorité des marchés financiers. Craignant qu’on lui retire son agrément, il a dû changer l’objet de sa société. Ce qui est très grave, c’est qu’une grande partie des journalistes économiques s’est couchée et a accepté ces mœurs. Un naufrage…

    Comment expliquez-vous cette dérive, ce manque de pluralisme ?

    Une des raisons pour lesquelles on n’entend pas les différences, le pluralisme, c’est que la grande presse l’interdit. On sort de la Libération avec des principes de presse édictés par le Conseil national de la résistance, dont l’indépendance de la presse, et tous les journaux se construisent sur ce modèle-là. Chacun à sa façon crée les conditions de son indépendance. Et que vit-on dans le courant des années 2000, avec une tendance qui s’accélérera sous Sarkozy ? La remise en cause de ce principe. C’est l’histoire du Monde, de Libé, des Échos, de toute la presse quotidienne nationale. On assiste d’abord à une normalisation économique. Les formes de propriété sont balayées, les journaux sont rachetés, croqués par des oligarques, et après cette normalisation économique suit une normalisation éditoriale, où des journaux, sans être corrompus, deviennent des journaux sans âme, vidés de leur contenu. Cette double normalisation de la presse accompagne la normalisation des économistes, l’OPA de la finance sur le monde académique et économique, et fait que la presse n’est plus le lieu du débat pluraliste en économie. On est en fait dans une société assez proche de celle du Second Empire. Regardez ce qui se passe sous Napoléon III : un pouvoir fort, pas de contre-pouvoir, le Parlement est méprisé, la presse est rachetée par des oligarques… Je pense qu’on n’est pas dans un État de droit ; je pense que la France est un pays malade et que ce système de remise au pas de la presse et des économistes a été beaucoup plus loin que dans d’autres démocraties… Imaginez-vous qu’aux États-Unis, pays libéral s’il en est, le plus grand quotidien économique soit la propriété du plus grand patron du pays ? On est dans un système de capitalisme de la barbichette : « Je te tiens, tu me tiens, on se rend des services mutuels et les journalistes ne vont pas nous emmerder ! »

    On ne comprend pas pourquoi les politiques, et notamment un PS à l’agonie, continuent de mener ces politiques-là…

    Je pense qu’il y a deux réponses. Un, le basculement progressif des années 80-90 vers un capitalisme plus tyrannique a fait que le réformisme classique a été asphyxié. Hollande reprend le flambeau là où Jospin l’a laissé : en 2002, Jospin, arrivé en 1997 avec un programme très à gauche, dira : « Mon projet n’est pas socialiste. » Hollande, lui, passe carrément de l’autre côté, où le réformisme n’a plus sa place. Il y a une prééminence totale du capital sur le travail.

    Seconde réponse : dans ce mouvement-là, la corruption a gagné jusque dans les rangs du PS et une partie du personnel politique a été totalement gangrénée par le camp adverse ! Regardez sur qui s’appuie François Hollande : Jean-Pierre Jouyet dont toutes les convictions sont à droite, qui pense « qu’il faut aller vers davantage de flexibilité et des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », dont les réseaux personnels sont des amitiés avec les banquiers d’affaires. Emmanuel Macron, devenu ministre de l’Économie et remplacé en tant que conseiller économique de Hollande par Laurence Boone, membre du Cercle des économistes (l’un des cénacles mondains et parisiens de la pensée unique), chef économiste chez Bank of America Merrill Lynch, puis dans le groupe du milliardaire François Pinault (qui estimait que le Président n’en faisait pas assez en faveur des milieux patronaux)… Il y a une porosité très forte entre certains milieux socialistes et les milieux financiers qui fait que certains d’entre eux ne se posent même plus la question. Ils sont dans une bulle et ne devinent même pas les souffrances sociales du pays.

    Le Parti socialiste se retrouve à gérer un capitalisme qui ignore le compromis social. Il y a donc un effet d’essoufflement et on assiste sans doute à la mort d’un parti vieux d’un siècle. Il y a un autre aspect : c’est que cette mort intervient dans un système français très oligarchique, et ça a à voir avec nos économistes corrompus. Quelques oligarques professent les mêmes fausses évidences néolibérales quelles que soient les alternances. Je les appelle les « intellectuels essuie-glace » parce que, que ce soit la gauche ou la droite, eux, ils restent toujours en place. De ce point de vue-là, l’histoire d’Attali et de son bras droit Emmanuel Macron est révélatrice. Le premier rapport Attali paraît en janvier 2008 alors que la crise est déjà visible. Écrit par Macron – c’est lui le rapporteur, c’est lui qui tient la plume –, il explique que la France devrait suivre l’exemple des « grands pays qui ont su faire des efforts » : le Portugal, l’Espagne et la Grèce ! L’alternance arrive et Macron change de train. Je le rencontre en septembre 2011 et il me dit : « Moi, je suis prudent. Jean-Pierre Jouyet (ex-ministre de Sarkozy, qui faisait alors campagne pour Hollande) est maladroit. Lui et moi, dans l’opinion publique, on est toxiques pour Hollande, il ne faut pas qu’on nous voie. » Ça m’intrigue quand il me dit ça. Mais il y a plein d’autres journalistes qui voient qu’Hollande travaille avec Macron au moment même où il dit : « Mon adversaire, c’est la finance ! » On aurait dû être plus vigilants. Le reniement, la trahison, la volte-face de Hollande étaient déjà perceptibles, et c’est au cœur même de cette histoire d’économistes corrompus. Notre système, une démocratie anémiée, sans contre-pouvoir, fait que l’oligarchie est particulièrement forte. Même le prix Nobel d’économie Paul Krugman, démocrate modéré, écrit dans le New York Times* : « Ce qui me choque chez Hollande, c’est qu’il souscrive désormais aux doctrines de droite pourtant discréditées. Comme les autres, il s’est soumis, soumission qui vire désormais à la faillite intellectuelle. »

    Et ces idées discréditées, celles que la droite a toujours défendu et qui constituent le credo de Hollande, vous les connaissez : c’est que la dette publique est trop forte.

    C’est l’un des exemples types des ravages de la pensée unique. Les Français vivent avec l’idée qu’on leur serine à longueur d’émission : le pays vit au-dessus de ses moyens. On dépense trop, les dépenses sociales sont trop importantes, donc il faut que chacun fasse des économies, et l’État lui-même… d’où les 50 milliards d’euros d’économies, un montant totalement hors normes. En fait, quand on étudie les chiffres – ceux du rapport de Gilles Carrez (UMP) en 2011–, ils montrent que s’il n’y avait pas eu de baisse d’impôt de 2000 à 2010, la dette publique serait à 60 %. On serait un bon élève, juste au plafond du critère de Maastricht, pas besoin de plan d’austérité. Or ces baisses d’impôts, c’est quoi ? C’est à 60 % des baisses d’impôts sur le revenu. Par définition, ça touche les 50 % des Français qui ont le plus d’argent. On a donc assisté sur dix ans à un immense système de transfert de revenus : les riches s’enrichissent et on veut le faire payer aux pauvres sous la forme d’un plan d’austérité. Je pense qu’on vit la mort de la gauche, et que Hollande a promu au sommet les fossoyeurs, celui – Valls – dont Montebourg disait : « Il n’a qu’un pas à faire pour passer à l’UMP. » Il n’y a plus aucune différence.

    On est quand même étonnés qu’il n’y ait pas un économiste ou un politique qui s’élève contre ce système, même si ça commence à râler chez les frondeurs…

    Ce qui est quand même rassurant, c’est que la grande collectivité des économistes a résisté à cette évolution-là. La grande masse a vécu cette évolution avec indignation et il y a des poches de résistance, Attac, Les Économistes atterrés qui proposent des solutions différentes, plus adéquates.

    CATHERINE SINET
    avec THIBAULT PRÉVOST

    * Du 19 janvier 2014, deux jours après la conférence de presse de Hollande donnant le coup d’envoi de son Pacte de responsabilité.

     

    Source : http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/laurent-mauduit-comment-les-economistes-mediatiques-nous-enfument/

    Paru dans Siné Mensuel N°35 -- octobre 2014

  25. Je voudrais relever un accent nouveau mis par Etienne dans son propos à l’occasion de cet interview à l’Agence Info Libre. Le passage commence à 29:45. C’est un point qui ne s’est éclairci pour moi que récemment (certains l’auront compris depuis longtemps, mais moi je comprends lentement).
    Il explique en fait que la grande innovation, ce n’est pas le tirage au sort. Ce qui est important c’est de sélectionner des gens qui ne soient pas juge et partie. Le tirage au sort n’est qu’un moyen. En lui-même, il peut tout à fait servir à des objectifs oligarchiques. D’ailleurs, à n’en pas douter, quand le principe sera popularisé, il y aura des crapules qui se serviront du label « tirage au sort » pour s’attirer les sympathies (par exemple en procédant au tirage au sort entre divers suppôts de l’oligarchie, ou quelque chose du genre). Le véritable objectif, c’est la suppression des conflits d’intérêts. Car en fait, le tirage au sort ne va pas révolutionner le monde. Il y aura toujours de la l’égoïsme, de la finance, de l’exploitation, … Je ne pense même pas que le tirage au sort apportera l’égalité des chances, puisque même au sein d’un groupe tiré au sort, les personnes avec les origines socioculturelles élevées pourront l’emporter contre d’autres moins favorisées, même plus nombreuses. Le principal bénéfice, voire le seul, du tirage au sort, c’est de supprimer les conflits d’intérêts.

    On peut se demander pourquoi le thème du tirage au sort est apparu au début du XXIe siècle, alors que les abus du pouvoir étaient semblables depuis plus de deux siècles. Je pense que c’est lié à l’apparition concomitante du thème du conflit d’intérêt. En effet, il me semble que cette idée n’apparaît pas de manière saillante chez les anciens penseurs de la démocratie. Ce n’est un sujet qui n’est apparu de manière récurrente que récemment, dans divers domaines : économie, fonction publique, énergie, santé, etc … Cela est sans doute lié aux développements des techniques d’information et de la transparence, qui permettent de mettre un nom et de suivre le parcours des différents intervenants de la prise de décision publique, ce qui était plus difficile autrefois. Le problème du conflit d’intérêt se pose alors, et fort logiquement, on est amené à se demander comment sélectionner les individus qui prennent les décisions, pour parer à cet écueil. D’où l’apparition de l’idée des mini-jurys citoyens.

    L’étape supplémentaire franchie par Etienne et d’autres est de comprendre que la source de tous les conflits d’intérêt remonte au processus constituant, d’où découlent tous les problèmes constatés dans les différents domaines politiques cités. On comprend dès lors que celui-ci est vicié à la base par un méga-conflit d’intérêt.

    En conclusion, le fil directeur d’Étienne peut se résumer en deux points :

    -- Le tirage au sort n’est pas un but en soi. Il n’est qu’un instrument visant à supprimer les conflits d’intérêts dans la prise de décision publique. Corollaire : il n’est pas exclusif ; si d’autres processus aboutissent au même résultat ou au moins n’y font pas obstacle (démocratie directe au autre), ils peuvent tout à fait s’y articuler.

    -- Le thème de la Cause des Causes signifie deux choses (mal séparées en général par Etienne dans ses exposés, mais qui relèvent néanmoins de deux débats distincts) :

    D’une part, celui qui veut agir sur les sujets politiques particuliers doit remonter à ce qui fonde la puissance de décision, à savoir la constitution. La solutions aux problèmes passe donc par l’aptitude à produire une constitution (d’où les Ateliers Constituants).

    D’autre part si nous constatons des vices dans les politiques appliquées, le problème remonte au processus de sélection des décisionnaires qui sont l’objet d’un conflit d’intérêt, qu’il faut supprimer. La solution est ici le tirage au sort des mandataires (soit dans les décisions politiques particulière : c’est le jury citoyen, soit dans l’élaboration des lois, c’est la Législative tirée au sort, soit dans l’élaboration de la constitution, c’est la Constituante tirée au sort).

  26. Olivier Berruyer, 11 novembre 2014 :

    Les fascistes, les vrais ennemis du peuple, ce sont les ultra-privilégiés, les 1 %, par Étienne Chouard

    http://www.les-crises.fr/etienne-chouard-sur-l-extreme-droite/


  27. (après relecture : un peu long et pas bien centré … mais il est tard, j’espère que vous me pardonnerez :x)

    Le terme que vous choisissez (« enfumer ») a-t-il été choisi a dessein ?
    Cette infiltration que vous dénoncez ne se limite pas a la seule sphère financière, toutes les facultés sont gangrénées par des lobbies en tout genre (sans vouloir faire de 2eme jeu de mot). certaines restent très bien cela dit, mais semblent rares… j’espère que ce n’est qu’une semblance…

    L’un des procédés idoines le mieux documenté est sans doute celui du lobby du tabac, qui, ayant échoué a influer uniquement via la publicité,
    https://www.youtube.com/watch?v=lfifGrBmeRg
    (interview de Normand Baillargeon)

    échec notamment dû aux médecins et autres scientiques qui font leur boulot avec le sens de l’éthique. Sans éthique, il n’y a tout simplement plus de relation de confiance entre patients et médecins, conduisant les gens a mal se soigner, et ruine ainsi les fondements mêmes de la médecine et de toute vraie science au sens de la simple description de la nature, sans qu’elle n’entraine d’idéologie politique. Ces idéologies se retrouveraient alors forcément incomplètes (ou alors, si on connait tout ce qu’il y a a connaitre, pourquoi faire de la recherche ? c’est incohérent…).
    La pub a conduit à ce que l’on peut appeler un véritable obscurantisme « scientiste », une corruption généralisée de la science. particulièrement au XIXè siècle et début XXè, mais la fin du XXè et début XXIè se débrouillent pas mal de ce point de vue !
    Cf. quelques affiches publicitaires affligeantes sur la clope recensées ici : http://www.vivelapub.fr/fumez-cest-bon-pour-votre-sante-selon-la-pub/
    oui, vous avez bien lu : selon les publicitaires, les médecins recommandaient la clope pour soigner les maladies pulmonaires !

    Incidemment, les socialo, ayant une bonne image, bonhomme et toute en bienpensance apparente, s’attaquent maintenant à ce que la droite n’aurait jamais osé : les « professions règlementées » … trop de coïncidence tue la coïncidence.

    Surtout quand, ce lobby du tabac a lui aussi infiltré le milieu universitaire a partir de 1988 par un système baptisé ARISE . sociologie, philosophie, tabacologie, cancero, etc etc TOUTES les branches des sciences sont inféctées par la corruption.
    En belgique (cf. lien ci-dessous), en France (http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/05/25/18252-experts-francais-vendus-lindustrie-tabac), probablement tout les grands pays a rayonnement scientifique sont concernés…
    pour en savoir plus : http://www.mediattitudes.info/2010/06/quand-le-lobby-du-tabac-recrutait-des.html

    Ca n’est qu’en 1998 que 48 états ont passé une convention permettant d’accéder aux informations de recherches menées par les industries du tabac.
    Ainsi, en 2001, un suisse, P. Diethelm, a pu mener des investigations qui ont révélées l’un des plus scandaleux cas de fraude scientifique découvert par le réseau du contrôle du tabac.
    Source : http://info-tabac.ca/infiltration-lorsque-largent-du-tabac-achete-la-science/#.VGJummfgFjk
    Vu que je prend pour sujet la clope, on ne parlera pas de l’homme de Piltdown (canular qui a paralysé certaines branches des sciences durant 50 ans, causant bien du tort au pauvre Theillard de Chardin, qui de toute façon était forcément coupable car jésuite), etc… mais à votre avis, qui pourrait se résoudre à avouer, le cas échéant, que la théorie menant au boson de Higgs ne mène nulle part, et qu’on a du bidonner des résultats pour pas avoir l’air trop cons après avoir investi des milliards dans sa recherche ? *oups, pardon !* question subsidiaire : quel industriel ou financier serait assez dingue pour prendre un tel risque ? PERSONNE ! il faut au moins un état ou un ensemble d’états pour ça !

    Bref : bravo aux lobbyistes industriels en tout genre (même si ceux du tabac ont été sacrifiés, ça devenait trop visible), vous avez réussi a :
    -- détruire la crédibilité scientifique, mettant sur le pavé des dizaines de milliers de jeunes plein d’enthousiasme, qui, grâce à la mécanisation et à la mutualisation des richesses auraient pu employer leurs cerveaux pour le bien de l’humanité. Vous avez donc choisi de fermer des labo de recherche « par choix rationnel » (oui : y’a des types qui connaissent ce que personne n’a encore découvert… ben voyons…)
    -- ruiner les projets de paix et de coopération par le travail, la recherche etc, entre les peuples européens par vos magouilles sordides (rappel : 25.000 lobbyistes dans les locaux de l’union européenne, au moins 14 commissaires payés plus de 20.000€ chopés a prendre des pots-de-vin pour faire passer des lois, des impôts européens non consentis déguisés en « subventions », l’arnaque des 3% décidés sur un coin de table, etc etc) (encore merci a E. Chouard d’avoir prévenu, désolé de ne pas vous avoir connu plus tôt :/)
    -- pousser au cul des extrémistes de tout poil aux Pays-Bas, en Grèce, voir en Belgique, en Ukraine …
    -- Je préfère arrêter la…

    Petite question à Mr Chouard pour essayer tout de même de coller au débat de base :

    Comment pensez vous que s’intégrerait à la constitution, voir au principe du tirage au sort, l’antique question de l’ACRASIE (plus tard, la « querelle des universaux » au moyen-age ou « clivage droite-gauche » d’il y a 30 ans, etc) ? et particulièrement faire en sorte de critiquer a bon escient la « théorie des choix rationnels », qui entend donc faire l’emporter LA raison en tant que plébiscite intemporel (« égo » socialo-communiste ou capitaliste), sur LES raisons des personnes temporelles (« moi »), les privant de tout choix non-conventionnés par un certain arbitraire ?

    Je dis « certain » parce que je ne crois pas a l’anarchisme, et « arbitraire » parce que personnellement, je pense qu’il n’existe nulle part dans l’univers d’optimum universel, généralisable … donc pas de « race supérieure » ou autre imbécilité du genre.
    Le concept divin désincarné avait ceci d’intéressant qu’il constituait ce qu’on pourrait appeler une interface dialogique entre le « rationnel » et « l’irrationnel » : Outil d’une puissance de stabilisation relativement contestable (encore que les grandes épidémies, notamment de peste, ont pas mal aidé) mais inégalée, sauf par l’internet d’une part, et l’économie d’autre part, cette dernière ayant un pouvoir de destruction tout aussi inégalé :
    … d’abord qu’on soit bien au clair avec ceci : l’idée n’est pas de magnifier la guerre par rapport a la paix ! mais au contraire de montrer que la « paix absolue » du gentil consommateur est en réalité toute aussi mortelle que la guerre.
    Donc, pour reprendre l’exemple précédent, si l’on ne considère que le marché du tabac, celui-ci est responsable actuellement a lui seul, selon les estimations, de l’équivalent d’environ 1 holocauste par an dans le monde (6 millions de morts, en augmentation). Camps, barbelés, miradors, etc… ont été internalisés dans les intellects, incorporés a ce que l’on appelle le « plaisir de consommer » (va lutter contre ça, tu passe pour un dingo, facho, etc…).
    Les esclavagistes négriers et les nazis allemands faisaient grosso merdo environs 1 à 2 millions de victimes civiles par ans chacun (200 ans pour le 1er, 6 ans pour le second).
    Le 20è Siècle, HORS GUERRE, a vu environs 100 millions de morts par la SEULE « libération » de la « question tabagique »… alors que les projections sur le XXIème à ce rythme vont vers les 6 à 10 millions par ans …
    Auxquels il faut rajouter les effets du SIDA, drogue, voiture, stress, malbouffe, pesticides, ebola, Lyme, etc… bref, la branchouille urbaniste absolue manipulée… par nos 1% de « libérateurs ».

    Question finale : la surpopulation mondiale est-elle cause ou conséquence de ces fléaux-progrès modernes ? on aurait pas loupé un truc important en route ?

  28. Pas franchement hors sujet…

    Je trouve plutôt amusant, voir savoureux, ce lancement de parti par deux déconneurs inéligibles. deux déconneurs qui n’ont plus comme possibilité de salut que la fuite en avant, revendiquée, en créant le parti réconciliation nationale. Avec comme objectif affiché du parti, la promotion des citoyen dans la politique locale. Le tout sur un ton bon enfant et détendu. Bon soral passe son temps à couper la parole à dieudo…

    vidéo garantie sans horreurs…
    http://www.dailymotion.com/video/x29uwh0_dieudonne-et-alain-soral-presentent-le-parti-reconciliation-nationale-11-11-2014_news?start=0

  29. « Joyeuse vie », par Audrey Vernon :

    Joyeuse vie.

    I.

    Bien ! pillards, intrigants, fourbes, crétins, puissances !
    Attablez-vous en hâte autour des jouissances !
    Accourez ! place à tous !
    Maîtres, buvez, mangez, car la vie est rapide.
    Tout ce peuple conquis, tout ce peuple stupide,
    Tout ce peuple est à vous !

    Vendez l’état ! coupez les bois ! coupez les bourses !
    Videz les réservoirs et tarissez les sources !
    Les temps sont arrivés.
    Prenez le dernier sou ! prenez, gais et faciles,
    Aux travailleurs des champs, aux travailleurs des villes !
    Prenez, riez, vivez !

    Bombance ! allez ! c’est bien ! vivez ! faites ripaille !
    La famille du pauvre expire sur la paille,
    Sans porte ni volet.
    Le père en frémissant va mendier dans l’ombre ;
    La mère n’ayant plus de pain, dénûment sombre,
    L’enfant n’a plus de lait.

    II.

    Millions ! millions ! châteaux ! liste civile !
    Un jour je descendis dans les caves de Lille
    Je vis ce morne enfer.
    Des fantômes sont là sous terre dans des chambres,
    Blêmes, courbés, ployés ; le rachis tord leurs membres
    Dans son poignet de fer.

    Sous ces voûtes on souffre, et l’air semble un toxique
    L’aveugle en tâtonnant donne à boire au phtisique
    L’eau coule à longs ruisseaux ;
    Presque enfant à vingt ans, déjà vieillard à trente,
    Le vivant chaque jour sent la mort pénétrante
    S’infiltrer dans ses os.

    Jamais de feu ; la pluie inonde la lucarne ;
    L’œil en ces souterrains où le malheur s’acharne
    Sur vous, ô travailleurs,
    Près du rouet qui tourne et du fil qu’on dévide,
    Voit des larves errer dans la lueur livide
    Du soupirail en pleurs.

    Misère ! l’homme songe en regardant la femme.
    Le père, autour de lui sentant l’angoisse infâme
    Etreindre la vertu,
    Voit sa fille rentrer sinistre sous la porte,
    Et n’ose, l’œil fixé sur le pain qu’elle apporte,
    Lui dire : D’où viens-tu ?

    Là dort le désespoir sur son haillon sordide ;
    Là, l’avril de la vie, ailleurs tiède et splendide,
    Ressemble au sombre hiver ;
    La vierge, rose au jour, dans l’ombre est violette ;
    Là, rampent dans l’horreur la maigreur du squelette,
    La nudité du ver ;

    Là frissonnent, plus bas que les égouts des rues,
    Familles de la vie et du jour disparues,
    Des groupes grelottants ;
    Là, quand j’entrai, farouche, aux méduses pareille,
    Une petite fille à figure vieille
    Me dit : J’ai dix-huit ans !

    Là, n’ayant pas de lit, la mère malheureuse
    Met ses petits enfants dans un trou qu’elle creuse,
    Tremblants comme l’oiseau ;
    Hélas ! ces innocents aux regards de colombe
    Trouvent en arrivant sur la terre une tombe
    En place d’un berceau !

    Caves de Lille ! on meurt sous vos plafonds de pierre !
    J’ai vu, vu de ces yeux pleurant sous ma paupière,
    Râler l’aïeul flétri,
    La fille aux yeux hagards de ses cheveux vêtue,
    Et l’enfant spectre au sein de la mère statue !
    Ô Dante Alighieri !

    C’est de ces douleurs-là que sortent vos richesses,
    Princes ! ces dénûments nourrissent vos largesses,
    Ô vainqueurs ! conquérants !
    Votre budget ruisselle et suinte à larges gouttes
    Des murs de ces caveaux, des pierres de ces voûtes,
    Du cœur de ces mourants.

    Sous ce rouage affreux qu’on nomme tyrannie,
    Sous cette vis que meut le fisc, hideux génie,
    De l’aube jusqu’au soir,
    Sans trêve, nuit et jour, dans le siècle où nous sommes
    Ainsi que des raisins on écrase des hommes,
    Et l’or sort du pressoir.

    C’est de cette détresse et de ces agonies,
    De cette ombre, où jamais, dans les âmes ternies,
    Espoir, tu ne vibras,
    C’est de ces bouges noirs pleins d’angoisses amères,
    C’est de ce sombre amas de pères et de mères
    Qui se tordent les bras,

    Oui, c’est de ce monceau d’indigences terribles
    Que les lourds millions, étincelants, horribles,
    Semant l’or en chemin,
    Rampant vers les palais et les apothéoses,
    Sortent, monstres joyeux et couronnés de roses,
    Et teints de sang humain !

    III.

    Ô paradis ! splendeurs ! versez à boire aux maîtres !
    L’orchestre rit, la fête empourpre les fenêtres,
    La table éclate et luit ;
    L’ombre est là sous leurs pieds ! les portes sont fermées
    La prostitution des vierges affamées
    Pleure dans cette nuit !

    Vous tous qui partagez ces hideuses délices,
    Soldats payés, tribuns vendus, juges complices,
    Évêques effrontés,
    La misère frémit sous ce Louvre où vous êtes !
    C’est de fièvre et de faim et de mort que sont faites
    Toutes vos voluptés !

    À Saint-Cloud, effeuillant jasmins et marguerites,
    Quand s’ébat sous les fleurs l’essaim des favorites,
    Bras nus et gorge au vent,
    Dans le festin qu’égaie un lustre à mille branches,
    Chacune, en souriant, dans ses belles dents blanches
    Mange un enfant vivant !

    Mais qu’importe ! riez ! Se plaindra-t-on sans cesse ?
    Serait-on empereur, prélat, prince et princesse,
    Pour ne pas s’amuser ?
    Ce peuple en larmes, triste, et que la faim déchire,
    Doit être satisfait puisqu’il vous entend rire
    Et qu’il vous voit danser !

    Qu’importe ! Allons, emplis ton coffre, emplis ta poche.
    Chantez, le verre en main, Troplong, Sibour, Baroche !
    Ce tableau nous manquait.
    Regorgez, quand la faim tient le peuple en sa serre,
    Et faites, au -dessus de l’immense misère,
    Un immense banquet !

    IV.

    Ils marchent sur toi, peuple ! Ô barricade sombre,
    Si haute hier, dressant dans les assauts sans nombre
    Ton front de sang lavé,
    Sous la roue emportée, étincelante et folle,
    De leur coupé joyeux qui rayonne et qui vole,
    Tu redeviens pavé !

    À César ton argent, peuple ; à toi la famine.
    N’es-tu pas le chien vil qu’on bat et qui chemine
    Derrière son seigneur ?
    À lui la pourpre ; à toi la hotte et les guenilles.
    Peuple, à lui la beauté de ces femmes, tes filles,
    À toi leur déshonneur !

    V.

    Ah ! quelqu’un parlera. La muse, c’est l’histoire.
    Quelqu’un élèvera la voix dans la nuit noire.
    Riez, bourreaux bouffons !
    Quelqu’un te vengera, pauvre France abattue,
    Ma mère ! et l’on verra la parole qui tue
    Sortir des cieux profonds !

    Ces gueux, pires brigands que ceux des vieilles races,
    Rongeant le pauvre peuple avec leurs dents voraces,
    Sans pitié, sans merci,
    Vils, n’ayant pas de cœur, mais ayant deux visages,
    Disent : — Bah ! le poète ! il est dans les nuages ! —
    Soit. Le tonnerre aussi.

    Le 19 janvier 1853.

    Victor Hugo.

      • Faire honte aux classiqueux et autres bien-pensants de tous poils, leur faire honte et surtout les placer face à leurs responsabilités, face à leur insignifiance culturelle tant que celle-ci confond à ce point partage et élitisme, démocratie et virtuosité, enfin, quand je dis  »confondre », je veux surtout dire  »opposer », ou mieux prétendre pour mieux entourloupette ^^

    • Il n’y a pas photo, ÉTIENNE, Audrey n’a pas succombé au chant des sirènes_je ne puis en dire autant du faux-ami Plenel qui sent à lui seul l’hypocrisie et la moisissure à plein nez ou des (dais) qu’il ouvre la bouche, cette rhétorique et ce ton si indigestes pour celui ou celle qui est entré en Conspirationnisme ou, tout comme moi, aimerais envoyez balader la famille à chaque Noël, ce minimum que l’on se doit quand, comme Hugo en poète et humaniste, on ne peut accepter ni à autrui ni à soi-même ce qui nous emprisonne et ce qui nous abrutie, simple histoire de bon sens et cette intelligence qui n’est belle et grande que dans cette humilité de soi en même temps que ce respect à autrui.

      Superbe vidéo… Au fait, Audrey VERNON a-t-elle les honneurs des médias depuis ? ^^

      (EFFAB)

    • Le discours trouble d’Etienne Chouard contre les « 1% qui se gavent »

      Par Adrien Sénécat, publié sur le site de L’EXPRESS le 17/11/2014 à 07:23, mis à jour le 18/11/2014 à 16:29

      http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-discours-trouble-d-etienne-chouard-contre-les-1-qui-se-gavent_1622043.html#1fTEpqoiwwPXl1Jf.01

      • Merci J-Stéphane.

        Notez le commentaire de Judith :

        Judith Bernard -- 17/11/2014 22:46

        Depuis 2005, Etienne Chouard fait de l’éducation populaire ; dans la plupart de ses billets de blog, il diffuse des textes de philosophie politique, remet en circulation des passages de Rousseau, de Montesquieu, d’Alain, il a fait connaître à des centaines de milliers de personnes la recherche contemporaine en philosophie, sociologie, anthropologie, Rancière, Sintomer, Van Reybrouck, Graeber ; son travail est non seulement copieusement documenté, mais il œuvre massivement à la diffusion de ces sources de réflexion puissamment émancipatrices. Dans son sillage, des gens que rien ne prédestinait à cette expérience de lecture et d’approfondissement de la pensée sont désormais sensibilisés à l’importance de la pensée politique.

        Et le voilà rhabillé en « gourou », et disqualifié parce qu’il serait « autodidacte » -- il faut saisir exactement ce que Clément Sénéchal entend par là. Chouard n’est « autodidacte » que dans la mesure où il n’a pas fait de grande école (du type ENS, formation dont Sénéchal est issu -- comme moi : je sais de quoi je parle) ; mais, professeur dans le supérieur (en BTS, où il enseigne le droit et l’économie), Etienne Chouard a tout de même une formation dans le supérieur.

        Il ne s’identifie pas aux élites et s’adresse directement au « peuple », et c’est ce qu’une certaine caste politique ne parvient pas à supporter -- cette même caste qui prétend pourtant militer pour l’éducation populaire et la conscientisation des foules. Ce qui apparaît ici, dans cette disqualification du travail de Chouard, c’est au fond une contradiction profonde d’une certaine gauche, qui fait mine d’aimer le peuple et de vouloir se battre pour lui, mais qui prend peur dès que celui-ci se forme en effet et produit des revendications qu’elle n’avait pas prévues, et ne saurait désirer ; car la proposition politique d’Etienne Chouard -- tirer au sort les Constituants, au lieu de les élire -- met sur la touche « l’avant-garde éclairée » que cette gauche a prétendu être dans les siècles passés.

        J’aime aussi le commentaire de Françoise :

        Françoise MARTIN -- 18/11/2014 11:10

        Il me semble, Monsieur, que le portrait que vous brossez d’Etienne Chouard, est comme c’est trop souvent le cas dans ce que vous osez appeler le journalisme qui n’est pourtant que trop souvent l’expression d’un regard partisan sur l’information supposée délivrée, un portrait donc pour le moins incomplet et pour le pire nettement orienté vers une caricature dessinée au pas de charge. Pour moi, Etienne Chouard est d’abord une personne qui, à ce titre comme toute personne, a droit à nos égards à plus forte raison qu’il s’investit et aide à s’investir dans l’élaboration d’un projet qui bénéfice à l’ensemble de la population, projet qui consiste à ce que la Constitution Française destinée à régir les rapports des citoyens entre eux et avec le monde, soit écrite par les intéressés eux-mêmes c’est à dire l’ensemble de cette population à laquelle il s’adresse sans distinction et qu’il veut citoyenne pour que la démocratie soit respectée dans son essence.

        Que ce projet soit emprunt de quelques maladresses relationnelles, c’est possible, je me garderai de le contester tant il me semble que c’est à Etienne Chouard de le faire mais je ne peux que regretter que vous n’ayez pas mis plutôt l’accent sur ce côté extrêmement positif de son action qu’est cette écriture de la Constitution par tous et qui me semble être l’essentiel de son action qui profite à tous tant elle aboutit à une prise de conscience de la nécessité de réfléchir à ce qu’est vraiment la démocratie et participe à la faire advenir.

        • Ce blog est mal organisé, impossible de trouver un répertoire, un index (on est dans bien dans l’ère html donc du merdier lotocrassique)
          En plus les commentaires sortent sur 1/5 de la largeur de l’écran …

          if (Melting potes libéral américain) then
          Contrat social := minimal;
          Etat := PINUTS;
          Benêt := new(Caddie);
          Benêt.entraide := false;
          Benêt.cause := false;
          Benêt.vision := Supermarché;
          Gôôôchiste := new Pute_of(Capital);
          endthen

          Déclare Paumé is
          new(Benêt, colon, pauvre);

          if (Paumé.cause = false) then
          Paumé.love(barbu);
          or
          Paumé is new dealer;
          and
          (Paumé.femmes = 3 new burqa;
          Paumé.enfants = 46 new colon;
          new(béton);)
          paye(souchien);
          endthen;

          if (lotocrassie and Benêt.caddie=TRUE) then
          Benêt is new (SuperCaddie);
          endif;

          if (national_bolchevisme) then
          Shutdown(Benêt);
          free_space_of(Caddie);
          Reset();
          endif;

          « Le valet Fillon a dit que Benêtland avait reculé de 20 ans pour la production industrielle … non … ramené au nombre de benêts c’est 30 ! Par contre la bétonnière coloniale tourne à fond avec les impôts de la souchiennerie, assurant un peu de PIB virtuel … »
          Seigneur Capitaliste anonyme

          • D’ailleurs depuis le temps que vous y bossez … elle est où cette constitution lotocrasse pour les pousseurs de Caddie de l’arlequin multi-ethnitico-culturelo-nationelo-pognonelo-théocratico-polyarchique ?

            « Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien-être matériel. »
            Ernst Jünger

          • Si t’arrêtais un peu de faire l’imbécile, l’antédiluvien monstre des montagnes ou le TROLL de service, c’est comme tu veux tu choises !

        • Peut être y a-t-il de la jalousie chez certains qui aimeraient eux-mêmes être gourous ou au minimum célèbres.

          Et ne disposant pas de l’acuité dont sont faits les penseurs ils ne savent qu’être censeurs.

          Dénigrer ce qui est haut peut, par effet de bord, offrir la renommée à ce qui est bas, un peu dans le schéma de pensée de ces anthropophages qui espéraient mangeant autrui engranger son esprit.

      • Étienne CHOUARD veut peut-être une 6eme République comme il est écrit dans ce lien de l’Express mais EFFAB, lui, c’est la Démocratie dont il rêve, le consensus ne pouvant pleinement se faire qu’à partir de ce postulat et non au sein de demi-mesures confrontées sempiternellement à des conflits d’intérêts aussi déplacés qu’arbitraires ou par trop excessivement inégalitaires.

    • Un ramassis de délation et de mauvaise foi, quelque chose de très approchant en tout cas ce lien facebook ! preuve en soi, s’il en était encore besoin, du bien-fondé démocratique et de tout ce qui s’y rattache, Tirage au Sort et déprofessionnalisation des charges publiques, entre autres fondamentaux et gardes-fous.

  30. Article sur le livre « l’abolition de l’homme » de CS LEWIS.
    http://reseauinternational.net/contre-labolition-lhomme/

    [ Article à lire lentement, à méditer profondément, à conserver longtemps, à relire souvent.
    En trois mots comme en mille, pouvons-nous encore retrouver le sens du Beau, du Bien, du Juste ?
    Autre petite réflexion personnelle : Les religions expriment ce besoin profond inhérent à notre humanité de nous laisser aspirer vers le haut, précisément vers le Beau, le Bien, le Juste. Ce n’est pas parce qu’elles sont parfois instrumentalisées, qu’elles sont à rejeter. Ceux qui les rejettent d’emblée et ceux qui les instrumentalisent appartiennent finalement au même camp, celui des destructeurs d’humanité.
    Voilà. J’ai assez divagué comme ça.

    Byblos

    *****

    (De la bataille contre le Système, épisode VI)

    Certains livres vous tombent dessus comme un météore dont l’impact n’est que lumière. C’est ainsi qu’au détour d’un échange avec un éditeur Suisse installé à Paris, j’ai entendu parler pour la première fois de «L’abolition de l’homme», un bouquin fulgurant, d’une actualité sidérante, pourtant écrit durant la Seconde guerre mondiale par l’auteur irlandais C.S. Lewis (1). L’écrivain y démontre que le rejet de toute morale universelle, le subjectivisme absolu de notre modernité en somme, a conduit notre civilisation à remplacer l’éducation des individus par leur «conditionnement» à des valeurs détachées du réel et qui, à terme, conduisent à la «capitulation de la Nature humaine» au profit d’une élite de surmorts (2). L’occasion idéale d’un épisode VI donc, à notre série «De la bataille contre le Système» (3)…

    De Orwell à Huxley

    Dans son roman «1984», Orwell avait imaginé un Etat totalitaire s’imposant par la violence, la surveillance, la manipulation de la langue et le contrôle des médias. Dans son «Meilleur des mondes» (4), Huxley avait quant à lui eu l’intuition que le totalitarisme auquel aboutirait fatalement le capitalisme dans sa version ultime serait un totalitarisme dans lequel, ivres de consommation et gavés de divertissements (5), les esclaves auraient «l’amour de leur servitude».
    Aujourd’hui, nous constatons que la réalité qui s’impose peu à peu se situe exactement entre les deux: surveillance, Novlangue et contrôle des médias pour tous ; «amour de la servitude» pour ceux que le Système a correctement formatés et, lorsque la situation l’exige (et elle l’exigera toujours davantage à mesure qu’il deviendra impossible de satisfaire aux désirs des masses), violence et répression pour les récalcitrants… ]

    • Il n’y a pas que les religions ou plutôt la spiritualité qui nous poussent vers le Bien, le Beau et le Juste, il y a également l’art, la culture, la musique, la créativité, les sens, les sentiments, les émotions, la philosophie, la/le politique, etc., etc. ^^

      • on oublie, mais cela revient toujours- il faut absolument aller voir Zero Theorem de Terry Gilliam au cinéma. C’est l’amour qui gagne.

        • Terry Gilliam est un connard, qui a fait crever un cheval de faim pour un film … Don Quichotte avec un moustachu cavalier qui s’est barré du coup …

          • et encore cette idée de comdamner quelqu’un pour un « fait » -- où tu as trouvé cette histoire avec un cheval qui crevait? Dans « Gala »? = tell me more about it…
            Se payer le luxe à la « je ne parle plus avec cette personne parce qu’un jour elle a fait un truc terriiiible… » est malsain. Il y a déjà assez de vrais connards, arrêtez de désavouer les bons.
            Terry Gilliam est vachement important, « utile » par ses films. Ses films parlent de tout ce qui est important aujourd’hui. Il a allumé des cerveaux, il a fait péter des système par l’humour est l’humanité de son regard, son imagination, sa vraie liberté, sa douceur aussi.

            Il est important comme d’autres qui font ce boulot-là. Si tu te prives de cette source, c’est tant pis pout toi. Si tu commences à attaquer à la manière des « journalistes » pas chers de dénoncer des personnalités, parce que en l’an 1812, cette personne a dit quelque chose pas correct, et à la suite de ce soit disant fait disqualifier son oeuvre et sa personne, c’est malsain. Nous avons besoin de rassembler les forces et de reconnaître le bon travail qui aide à ouvrir les yeux. ero Teorem est arrivé au bon moment, réalisé avec trés peu d’argent et magnifique.

          • Il y a aussi André TARKOVSKI qui sacrifie aussi un cheval dans un film, si mes souvenirs sont bons, dans  »L’enfance d’Ivan » ou  »Andrei Roublev »… Mais qui n’a pas tué un jour une poule ou moi dernièrement, cet animal qui mangeait un œuf fraîchement pondu… certes, je ne suis pas prêt de recommencer et je comprends mieux ma conséquence à vouloir manger le moins de viande possible.
            Bref, YÉTI, tu es soit trop  »profond » soit un peu trop  »raccourci » ou polémique… dis-moi, quelle est le pourquoi de ta présence ici ? tu t’ennuies à ce point ou tu ne sais trop quoi proposer toi-même de plus judicieux et de plus constructif ?!…

            EFFAB

          • alors oui Terry bien ou non?!

            on prend ce qu’il y a prendre, déjà un budget de film coutant des millions pollue énormément plus!

            au moins le cheval a sa vie écourté par rapport à tous ceux qui sont en captivité, etc….et comment c’est ton nom?

            toi avec ton régime de capitaliste français, tu crois que tu n’as rien avoir avec l’esclavage de populace du Tiers Monde, tel des gamins qui se brulent les poumons; à ramasser du soufre pour fabriquer ton ordinateur ; et à faire bruler ce même ordinateur pour en récupérer les métaux précieux….les défenseurs d’animaux me font bien marrés!

            c’est les premiers à avoir un animal en cage et à aller au zoo! et leurs meilleurs amis scientifiques qui les capturent, les baguent, les fichent, en gros qui les font bien chier lol sous prétexte de protection et con-naissance ….

            bref je pourrais continuer des heures!

          • ^^ oui, et la liste est si longue qu’on a appelé ceci ‘Histoire’ pour faire court, l’expérimentation des zoos pour animaux n’étant qu’un préambule pour les cages virtuelles et les camps hors-zones qu’on nous promet et qui nous attendent si nous n’y prenons pas plus gare ! une possibilité futuriste en valant bien d’autres, j’entends bien, le sens de ‘valoir’ ici pour réel, possible et non valeur ^^

    • Oui, superbe lien déjà cité par YÉTI !

      • de vous za moi effab, le 222 c’est le nombre de la merkabah!?, ou bien cela est-il sans rapport …

        • Comme par hasard, Krishna conduit un char 😉

          ;;;;;;

          Pour le fun : http://fr.wikipedia.org/wiki/Poly%C3%A8dre_r%C3%A9gulier

          J’en profite :

          En mathématique, on réussit à démontrer certaines choses, mais ça ne veut pas dire qu’on les comprend.

          Ainsi, nous savons démontrer qu’il n’existe que cinq polyèdres réguliers convexes, mais le ressentir est d’un autre ordre de difficulté.
          Car enfin, cet espace dans lequel nous vivons, nous ne le ressentons que bien peu si une propriété telle doit être démontrée plutôt que une qui saute aux yeux.

          Il y a dans la structure de l’espace une dose de mystère antérieure au palpable. Et depuis ce cher Albert, nous savons combien le contenu et le contenant sont copains.
          Il est donc naturel qu’à travers les millénaires et les continents les hommes cherchent à trouver dans les formes et les nombres qui les décrivent une relation avec les dieux.
          Certains physiciens aussi tentent le rêve de la théorie du champ unifié en s’engageant sur ce terrain.

          Mais en spiritualité comme en science, beaucoup de charlatans, plus en tout cas que de découvreurs.

          ;;;;

          222 est le tiers de l’autre …

          • E= mc2 formule de point carré et toute la relativité restreinte aussi

            Albert l’ingénieur des brevets a eu le prix Nobel pour l’effet voltaïque (une demi page) et il a appris à tiré la langue à la télé de son copain … de la même communauté.

            Hilbert lui a écrit la relativité générale (le génie mathématique du XXe siècle) sur un coin de table de cantine … Albert n’ayant pas du tout le niveau.

            Puis Bose lui a servi de nègre indien a la fin de sa vie …

            Mais tirer la langue à la télé a eu un très grand impact marketing chez les benêts... de gôôôche !

          • Dis-moi, YÉTI, N’assimile HARAMEIN, charlatan ou génie en son genre ?…

        • Cela est sans rapport mais c’est moi qui suis peut-être passé à côté d’une chose qui m’échappe en eme temps que ce mot me dit quelque chose mais sans plus… en fait, l’utilisation de ce second pseudo quand je n’officie pas sur mon ordinateur habituel et cet emprunt à une petite histoire/scénario que j’ai imaginée il y a un ou deux réveille ans, l’histoire d’un jeune homme qui se e un beau matin et s’aperçoit que de son 1 mètre 80 habituel il est passé à 2 mètre 22, autrement dit 222 centimètres ! Stature changée mais statut identique, que peut-il bien faire avec ça ?
          Voilà, vous savez tout ou presque, Comparse ^^

  31. Les banquiers, tricheurs par culture

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/19/les-banquiers-tricheurs-par-culture_4526122_3234.html

    Les banquiers n’inspirent pas confiance, c’est là un euphémisme. Chaque nouvelle enquête le rappelle : aucun secteur professionnel ne suscite autant de rejet dans l’opinion, « si ce n’est les hommes politiques, les criminels emprisonnés… et les vendeurs de voiture », précise Michel Maréchal, professeur d’économie expérimentale à l’université de Zurich. Le chercheur ne va rien arranger à l’affaire. Avec son collègue de Zurich, Ernst Fehr, et Alain Cohn, de l’université de Chicago, il publie dans la revue scientifique Nature, publiée jeudi 20 novembre, un article qui met en évidence la « culture de la triche » en vigueur dans le secteur bancaire.

    Les trois chercheurs s’intéressent depuis des années aux identités professionnelles et à la façon dont celles-ci peuvent contribuer à construire des comportements plus ou moins éthiques. « Les récents scandales financiers, du dossier Kerviel à l’affaire du Libor, et la conviction des experts que les normes en vigueur dans le monde de la banque pouvaient expliquer ces dérives nous ont convaincus de la nécessité d’élaborer un protocole », explique M. Maréchal. Un dispositif assis sur le plus célèbre et le plus simple des jeux de hasard : pile ou face.

    Une grande banque internationale avait accepté de mettre à la disposition des universitaires 128 de ses employés, issus de tous les secteurs – banque privée, gestion du risque, traders, ressources humaines – et de tous les niveaux. A une condition : conserver l’anonymat (la suite lui donnera raison). La cohorte, qui avait en moyenne 11,5 ans d’expérience dans le secteur, était scindée en deux. A tous était posée une série de questions identiques portant sur leur bien-être, suivie de sept questions distinctes. Le premier groupe se voyait interrogé sur son identité professionnelle (dans quelle banque travaillez-vous ? quelle est votre fonction ?…) ; le second, sur des sujets autres (quel est votre loisir favori ? combien d’heures regardez-vous la télévision chaque jour ?…).

    Des règles qui poussent à « une attitude malhonnête »

    Les affaires sérieuses pouvaient commencer. Les cobayes étaient invités à lancer dix fois une pièce et à noter le résultat. Ennuyeux et banal ? Pas tant que ça, car le jeu était intéressé, avertissaient les chercheurs. Chaque lancer retombant côté « face » rapportait 20 dollars ; « pile », au contraire, ne rapportait rien.

    Tricher ? La tentation était grande. Les joueurs n’étaient pas observés. Un résultat hors de la norme pouvait aisément être attribué au facteur chance. Un, peut-être deux, mais pas dix ou vingt… Que pensez-vous qu’il advint ? L’échantillon de contrôle reporta un taux de 51,6 % de lancer « gagnant », « ce qui n’est pas significativement différent de 50 % », indiquent les chercheurs. Qui concluent que les banquiers ne sont pas malhonnêtes par nature.

    En revanche, dans l’échantillon placé dans des conditions professionnelles, la pièce tomba du bon côté dans 58,2 % des cas. Ce qui, cette fois, n’a plus rien de normal. En considérant que personne ne triche contre son intérêt, le calcul de probabilité estime à 26 % le taux de tricheurs dans le groupe étudié.

    Le même exercice a été reproduit avec des employés d’autres secteurs. Aucune différence statistique n’a été observée entre les joueurs placés en situation professionnelle et le groupe de contrôle. Et avec des étudiants : là encore, aucun écart significatif n’a été relevé. En revanche, un autre groupe de 80 employés du secteur bancaire venus d’autres établissements se sont avérés particulièrement… chanceux. Ce n’était donc pas la banque d’origine mais bien le conditionnement professionnel qu’il fallait incriminer. « Les normes et règles informelles en vigueur dans le monde de la banque privilégient les valeurs matérielles et poussent ainsi à une attitude malhonnête », concluent les chercheurs.

    Que faire maintenant ? Marie-Claire Villeval, professeur d’économie (CNRS, université de Lyon), invite à poursuivre les recherches en se focalisant cette fois sur la « prise de risques » mais aussi de reproduire une telle étude avec des hommes politiques confrontés à de possibles gains électoraux. « Il n’y a aucune raison de penser que seul le secteur financier soit concerné », insiste-t-elle.

    Les chercheurs suisses insistent, eux, sur la nécessité de « modifier la culture professionnelle des banquiers ». Mettre en place un « serment », à l’image de celui d’Hippocrate prononcé par les médecins ; écarter les bonus qui favorisent un comportement en conflit avec l’intérêt du client ou de la société ; introduire des primes qui récompensent une attitude « citoyenne ». « Une prime aux lanceurs d’alerte », imagine Michel Maréchal. Le rêve appartient-il à la culture professionnelle du chercheur ?

    Nathaniel Herzberg
    Journaliste au Monde

    Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/19/les-banquiers-tricheurs-par-culture_4526122_3234.html

  32. juste pour information à quoi être préparé:

    pour ceux qui lisent l’allemand

    http://www.spiegel.de/panorama/hamburger-senat-bestaetigt-einsatz-verdeckter-ermittlerin-a-1003948.html

    pendant 6 ans, une agent du service secret allemand a été mise dans le milieu résistant autour de la ROTE FLORA à Hambourg. Un lieu socioculturel sqatté depuis 25 ans.

    Il faut ajouter que la ROTE FLORA n’a absolument rien de terroristique.
    D’après l’article , cette agente les a aidé de faire de la résistence, de se défendre au danger d’être mis à la porte, à créer des liens avec les voisins etc., dans des actions, et , dans le style des agents de la RDA , a engagée des relations amoureuses avec des gens de la ROTE FLORA.

    je ne sais rien de plus, je ne sais non plus, si le contenu de l’article-même est un fake pour semer le doute et la méfiance.

    Il ne faut pas se laisser provoquer…

    • Fin 2011,
      Un matin les RG m’ont téléphoné pour tenter d’en savoir plus sur ce que nous avions décidé dans la soirée précédente après le départ d’un militant qui avait loupé la prise de décision 😉
      Ils étaient au courant de tout ce qui s’était dit en début de soirée mais pas de la suite.

      Pas parano, on s’en fout !

      Humour : de nos jours les plus suspects sont ceux qui ne sont pas fichés car ça prouve qu’ils savent se cacher.

  33. Julian Assange : «Nous ne sommes qu’au tout début d’une nouvelle ère démocratique»

    Source : http://obsession.nouvelobs.com/people/20141112.OBS4705/julian-assange-nous-ne-sommes-qu-au-tout-debut-d-une-nouvelle-ere-democratique.html

    «Je suis fondamentalement convaincu qu’Internet peut mettre fi n à l’asymétrie de l’information qu’ont imposé les puissants au reste du monde. C’est le sens de notre combat. Un renversement des transparences : ce n’est pas à l’Etat de tout savoir de ses citoyens, mais aux citoyens de tout savoir de l’Etat. »

    « Nous aurions dû être écrasés dès les premiers mois. Mais nous sommes encore là. Nous avons démontré qu’aujourd’hui, lorsque l’on se bat pour une cause juste, il était possible de défi er les plus grands pouvoirs. »

    « Lorsqu’enfant j’ai commencé à programmer, l’informatique personnelle était encore un espace artisanal, où chacun pouvait construire son propre monde. Internet est arrivé avec la promesse d’un nouvel espace de délibération collective, réellement démocratique, libéré des intérêts des puissants. Aujourd’hui, nous assistons à une monopolisation de cet espace public par des grands groupes dont les «valeurs», comme la fi n de la vie privée, sont de simples outils au service de leur stratégie commerciale. »

    « Nous voyons partout des foyers de contestation surgir. Du mouvement des indignés à ce que nous faisons en passant par la multiplication deswhistleblowers [lanceurs d’alerte, ndlr] , nous ne sommes qu’au tout début d’une nouvelle ère démocratique, qui trouve ses racines dans les mêmes aspirations, et sa possibilité d’existence grâce aux mêmes outils. »

    « Nos structures politiques ont été pensées pour une autre époque et ne réussiront pas à s’adapter. »

    • En plus de la phase apprendre à voir & savoir peut coexister la phase apprendre à vivre & échanger, elle aussi en dehors des circuits imposés.

      Savoir implique l’indignation.
      Mais ensuite vient la mutation.
      Institutionnelle ou technique (ou inclusif)

    • Génial …

      • Puisque le vrai ment, pourquoi ne pas faire dire la vérité au faux. 😉

      • Nos adversaires nous expliquerons que les chinois sont des complotistes populistes 😉

        Ce document est à utiliser comme pilon offensif contre l’endormissement des foules.

        • Ana, pas d’emportement : c’est un canular …

          • Ana Sailland

            Mais non, on veut nous faire croire que c’est un canular 😉

          • Canular efficace, car sans mensonge il tire des songes, et puis il est coutume en politique de faire dire ce que l’on veut aux costumes qui sont mis en scène. :p

          • Oups, pas glop 🙁

          • « c’est un canular … »
            quel canular? tout est vrai …et c’est ça qui est drôle!

            cependant je doute que cela ait été vu par plus d’un chinois sur 10000…
            et en même temps c’est l’hôpital qui se fout de la charité!

            pour leur retourner le compliment:
            Comment imaginer qu’un pays, que dis-je, un continent! aussi fabuleux que la chine! un pays dans lequel il y a déjà mille ans, un pékin, si vous me passez l’expression, issu des plus basses couches sociales, pouvait accéder gratuitement aux universités jusqu’à devenir mandarin, le seul autorisé à dire ‘JE’; et que dans ce même pays, mille ans plus tard, la plus grande partie de la population ignore jusqu’à l’existence du ‘Je’! Comment expliquer qu’un pays plein de tant de richesses ait réussit à faire si totalement disparaître la plus grande de toutes les richesses, la subjectivité!

          • @ mic el
            Pour la « destruction » de la subjectiviter en chine, je vois plusieurs choses (non-exhaustivement):

            1) Sous l’empire: le nombre incroyable d’eneuques qui servent l’empereur dans la cite interdite => peur qu’un complotiste qui s’emparerait du pouvoir n’ait de descendance.

            2) Sous la revolution culturelle (Mao): tous les intellectuels sont renvoyer en « reeducation proletaire », pour leur « apprendre » ce que c’est que le vrai travail de la terre, et toute la culture chinoise « d’avant » est interdite.

            3) De tout temps en chine les relations, la famille, comptent plus que l’avis d’un seul… d’ou negociations prolongees parce qu’ils ne savent pas d’eux memes sans la concertation du groupe; culte des ancetres, de la famille… que nous avons perdu; cercles de « relations » qui peuvent virer en mafias…

      • Je crois que cette vidéo a été utilisée pour de nombreux sous-titrages différents 🙂
        Certains sont extras 🙂

        • Merci Étienne de prendre la peine de corriger mes terribles fautes, ça me désole car je fais toujours mon possible pour ne pas rendre mes interventions fastidieuses à consulter, alors quand je vois que je te rajoute du travail, je n’en suis pas fier. 🙁

          • Ana Sailland

            Je laisse presque toujours une ou deux fautes. T’est pas l’seul 😉

            LA fen^tre d’édition est peu pratique ( règle de base : quand on a tort, chercher une excususe )

        • Quand le mensonge, ou cet habillage, ce travestissement des choses est au service de la vérité, on pardonne tout à l’artiste qui force et condense au mieux le portrait pour bien se faire comprendre du plus grand nombre… tu es tout pardonné, m’en enfant ^^

  34. https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152965946847317

    Encore une calomnie dans un « grand journal »…
    (Décidément, c’est toutes les semaines en ce moment.)

    Là, ce sont les Inrocks qui viennent de m’accuser — mais c’est une calomnie — d’avoir liké un groupe d’affreux… Je n’ai rien liké du tout, on m’a inscrit à ce truc sans me le demander, comme ça m’arrive tout le temps. Il faut savoir que je suis, depuis des années, inscrit d’office (sans l’avoir demandé) à des tas de groupes Facebook (des dizaines et des dizaines)… J’ai renoncé à me désinscrire de tous car c’est littéralement sans arrêt, et puis il y a des militants que j’aime bien qui trouvent des forces à me voir affiché avec eux, alors bon, je ne m’occupe plus trop de ces « groupes » qui n’en sont pas vraiment puisqu’on ne peut pas empêcher l’inscription d’autorité.

    Alors là, j’ai découvert que j’appartenais à ce groupe craignos en lisant l’article des Inrocks => je suis donc allé voir « mes groupes » : je suis encore dans 89 groupes (!) (pourtant, j’ai fui des dizaines et des dizaines de fois depuis mon inscription sur FB) et effectivement je suis dans ce groupe (très laid, et avec qui, évidemment, je n’ai rien de commun)… Alors je me suis désinscrit aussitôt, évidemment, une fois de plus. Mais tirer de ces inscriptions arbitraires (sans mon accord et fréquentes comme du spam) la marque — voire la preuve (!) — d’une dérive idéologique malsaine (…), c’est soit débile, soit malveillant.

    Un journaliste qui chercherait le vrai devrait s’imaginer qu’un homme seul comme moi à (peut-être un peu) du mal à suivre comme il le faudrait cette activité de fou que je vis depuis des années, et quand quelque chose cloche, il pourrait comparer ce que je dis (sans varier : ultra-démocratique) à ce qu’il a peur que je pense (ultra-anti-démocratique)…

    Me reprocher publiquement et centralement un contre-sens aussi total, sur un fait aussi peu significatif (on peut être inscrit à un groupe sans l’avoir voulu, et quand on reçoit comme moi plus de 800 notifications par jour (!) — plus de 5000 par semaine… — , on peut facilement rater celle qui annonce une inscription indésirable, et puis voilà, ensuite la vie de fou continue), me faire un tel reproche (sans même essayer de me parler pour vérifier, d’ailleurs), c’est vraiment moche.

    Et, bien sûr, comme dans l’Express, je ne peux pas répondre moi-même (en commentaire sur le site) aux calomnies du journal. C’est vraiment des mœurs lamentables, quand même…

    Mais bon, tout se passe comme prévu : pour discréditer la critique antiparlementaire des libertaires (et des démocrates, c’est quasiment pareil), les parlementaires (et leurs sponsors) entretiendront et développeront une CONFUSION avec la critique parlementaire des autoritaires, même si leurs projets sont antinomiques pour la société. C’est bien ce qui se passe.

    Évidemment, la critique antiparlementaire de droite se nourrit des arguments de la critique antiparlementaire de gauche (puisque les faits qui servent aux uns peuvent mécaniquement servir aux autres dans leurs démonstrations), ET INVERSEMENT. Ce n’est pas étonnant de voir les deux groupes (aux projets sociaux pourtant diamétralement opposés) recycler les faits et arguments découverts par les autres : ils ont le même adversaire, ils ont donc des tas d’arguments en commun, vraiment en commun.

    Mais réduire les deux critiques au même projet politique, comme si elles étaient également dangereuses, c’est juste malhonnête.

    Étienne.

    PS : Si vous arrivez à publier des commentaires (sur le site des Inrocks ou sur celui de L’Express), restez GENTILS et CALMES, s’il vous plaît, c’est important.
    Un excès n’en justifie pas un autre.

    PPS : L’adresse de l’article des Inrocks :
    Comment les “Gentils virus” d’Étienne Chouard contaminent le web
    http://www.lesinrocks.com/2014/11/23/actualite/comment-les-gentils-virus-detienne-chouard-contaminent-web-11536153/

    PPPS :
    L’interview intégrale (l’originale, la vraie) des Gentils Virus par les Inrockuptibles
    http://pouvoiraupeuple.wordpress.com/2014/11/23/linterview-integrale-des-gentils-virus-par-les-inrockuptibles/

    PPPPS :
    Plein de commentaires, et de liens complémentaires, là :
    https://www.facebook.com/groups/gentilsvirus/882610215096873

  35. TISA, le commencement de la dictature absolue.

    LES FAMILLES LES PLUS RICHES DES 50 PAYS DU CLUB BILDERBERG PRÉPARENT EN SECRET L’ACQUISITION DE TOUS LES SERVICES PUBLICS DE LEURS PAYS

    http://demo-fr-actualites.blogspot.fr/2014/11/tisa-le-commencement-de-la-dictature.html?m=1

  36. Ce qui m’étonne le plus c’est que les plus grands théoricien du complots sont les gouvernements eux-mêmes, qui voient des terroristes partout, par exemple et qui s’ils le pouvaient installeraient des caméras dans le troufion de tout le monde (avec leur consentement, bien entendu).

    D’autre part, un peu d’étude sur l’Histoire de l’humanité nous informe qu’il s’agit d’une suite ininterrompue de complots ayant tous pour but de prendre le pouvoir. Le complot, c’est donc plutôt la règle et il n’y a pas de raison que notre époque soit différente.

    Soyons donc fiers d’être des théoriciens du complot car, de toute façon, on sera toujours en dessous de la vérité.

    Évidemment que les puissants s’entendent pour leur seul profit. D’autant plus qu’ils sont tous pareils. Évidemment que les élites (ceux sur qui on jetait des cailloux à la récré, rappelez-vous) trahissent le peuple. L’erreur la plus tragique serait d’attendre quoique ce soit du système actuel.

    Ce ne sont pas vos amis.

  37. Dans un monde guidé par des œillères, les « théories du complot » n’existent que par ceux qui prêchent la « politique de l’autruche ». Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  38. les liens :
    un simple exemple:

    http://www.reporterre.net/spip.php?article6224

    et

    voilà l’article dans un des plus grands journaux « intello » de l’Allemagne, « Die Zeit », dont les deux éditeurs -- Matthias Nass et Joseph Joffe -- sont également membre du groupe Bilderberg ce qu’ils nient constemment.

    http://www.zeit.de/politik/ausland/2014-08/frankreich-macron-neuer-wirtschaftsminister

    le journal fait le louange de Macron, le « génie », le surdoué, l’ami des profs de l’ENA, celui qui va sauver le gouvernement Hollande, pétant d’idées et de capacités etc etc.

  39. Dans « théorie du complot » je vois l’intention de nuire. Il y a aussi le mot « théorie » qui éloigne de la réalité. Mais il n’y a pas nécessairement d’intention de nuire, le but principal est la protection de certains intérêts. La « théorie du complot » serait plutôt une collusion d’intérêts au niveau mondial. Ce qui est légitime, de défendre ses intérêts. Ils tirent les marrons du feu et nous travaillons à maintenir le feu allumé, nous maintenons le système en état de fonctionnement.

    Comme ils sont peu nombreux, le petit nombre (par rapport à nous) et donc qu’ils peuvent facilement s’organiser (Bilderberg, loges maçonniques,…),
    -que nous, la majorité, nous ne remarquons rien de cette stratégie (car ils sont occupés à nous écerveler ou à nous enfumer grâce à leur propagande médiatique),
    -que malheureusement nous ne sommes pas en démocratie (mais ils nous le font croire) et nous pensons détenir le pouvoir et donc nous dormons sur nos lauriers pendant que le pouvoir est corrompu et sert le petit nombre,
    -que la force du petit nombre (comme ils ont le pouvoir) est de diviser le grand nombre et de les pousser les uns contre les autres (chômeurs, religion, sexualité, couleur de peau,…tout ce qui peut nous différencier est une bonne raison),
    -que la protection de leur système est assurée par la présence d’un ennemi extérieur (de facto, nous oublions nos conditions humaines et protégeons le système) et d’un ennemi intérieur (de facto, nous acceptons de vivre dans une société hypercontrôlée), cet ennemi s’appellent le terrorisme,
    -dès qu’un lanceur d’alerte parvient à dénoncer une partie du puzzle, il est traité soit de terroriste ou soit de « théoricien du complot », la boucle est bouclée.

    Mais c’est une collusion d’intérêts inhérente à notre système capitaliste, machine à créer des monopoles au niveau mondial. A la fin il n’en restera plus qu’un, comme dans le jeu « Monopoly » !

          • Ana Sailland

            « On » dit que « L’Etat c’est nous ».
            Naïveté.
            Ou naïveté perverse qui justifie ou suggère l’obéissance
            et la contribution à cette chose qui n’est pas nous.
            Car non, l’Etat, ce n’est pas nous.
            Car enfin, observez le qui, depuis Philippe Lebel ou Hugues Capet, traverse les siècles, y change de costume et de style, mais demeure.
            Car enfin, observez le , Etat royal, républicain, impérial, laïque, providence, social, libéral, peu importe : il est toujours l’Etat.
            Même « occupé », Vichyste, il demeure.

            Désolée de ramener l’antienne d’Ana, mais j’en parlais déjà ici avec les transnationales comme prétexte :
            http://chouard.org/blog/2014/12/10/demokratia-un-projet/#comment-8334

            Bien sûr, l’Etat et les transnationales, c’est pas pareil, mais cependant il y a cette similitude qui nous fait prendre les vessies pour des lanternes, je veux dire confondre ce que nous créons et qui nous domine, avec nous.
            Et quand je dis ce que nous créons, je suis peut être dans le faux. Mon sentiment indémontrable est que nous créons ce qui nous attend sans que nous le voulions, qui « nous attend au tournant ».
            Car, que ce soit chez les aztèques, en mésopotamie ou chez nous, dès lors que l’humain s’agrège (il aime ça et c’est vital), il sécrète de l’organisation, qui bien vite s’autonomise et le gouverne, par l’usage ou la loi, ça dépend, ou un peu des deux, la loi et la culture.
            Ben oui, quoi, pour vivre ensemble, faut l’harmonie, non ?, et l’harmonie, ça tombe pas tout cru du ciel ni tout cuit : ça s’invente, ça se décide ou ça s’impose, ça s’organise : le mot est lâché, on légifère.
            Et là c’est cuit : l’outil s’émancipe, comme ceci ou comme cela, tantôt un tyran, tantôt une oligarchie, tantôt une démocratie ( rarissime …), toujours des magistrats, des gens armés, greffiers et autres huissiers, le spectacle ou le secret, mais toujours c’est l’Etat, qui domine, pérenne, antérieur à la naissance de chacun, postérieur à lui, transgénérationnel, vivant donc, mais en quelque sorte sans nous.

            L’état ce n’est pas nous, mais pire encore, il est sans nous. Il suffit que nous soyons là, mais il est cependant « sans nous », nous transcende et nous nie.

            Alors la liberté, mazette, Monsieur Charbonneau, merci, c’est en effet un mythe de derrière les fagots.
            Et les anarchistes ont bien compris que la liberté, c’est sans l’Etat, sans Etat.

            Mais alors l’harmonie, la synergie, la convergence, l’entraide, la fraternité, comment on fait ?

            Saurons-nous nous aimer sans l’Etat ?

            Je sais que c’est possible.

            Joyeux Noël

          • « Aujourd’hui, l’État prétend diriger la machine, mais en réalité il la sert, dans l’explosion absurde de sa puissance, car il n’est lui-même que rouage.

            Au service de l’humanité, il n’y aura d’économie vraiment dirigée que si l’Homme dirige l’État. »

            (min 18:10)

          • L’état du monde est à la mesure de ces Etats par trop obsolètes et démesurément arbitraires… trop de messes ont été dites, à dessein, en vain, en faux, en fourvoiements de toutes sortes, sincères ou non ; vouloir le bien est une chose mais le faire vraiment et s’en donner les moyens, en âme et conscience et en actes exige une éthique et des vertus qui ne se monnaient pas et redéfinissent plus équitablement la place de l’humain au coeur de tous dispositifs et procédures sociétales.
            Bref, l’Etat est illégitime et tant que cet état de fait perdure, rien de véritablement noble et conséquent n’adviendra ici-bien-bas.

            Ferney est à détruire_redessinons tout autrement nos environnements et ces architectures.

            CHOUARDament vôtre !

          • L’Etat sert d’intermédiaire entre les « 1% »(le Capital) et nous (le reste ou 99%, si on veut).
            Grâce à la dette, il nous culpabilise, se permet de nous faire les poches et de nourrir le Capital.
            Grâce aux élections, il nous responsabilise, nous fait croire que l’on a un mot à dire et que l’Etat c’est nous.
            Le résultat est simple: on travaille et ils s’enrichissent.

        • Viva for Life et la guerre du gouvernement contre les pauvres

          par Daniel Zamora

          Source : http://blogs.politique.eu.org/Viva-for-Life-et-la-guerre-du

          C’est avec le sourire aux lèvres que Willy Borsus est apparu ce mardi sur le plateau de la RTBF afin de remettre le chèque de 100.000 euros du gouvernement à l’action de « lutte » contre la pauvreté Viva for Life. La pauvreté, dit il, c’est un « échec pour toute la société ». La générosité fut donc le maitre mot de toute la soirée et, par extension, une occasion (qu’on imagine exempte de toute opportunisme politique) pour le gouvernement fédéral de mettre en scène sa propre politique en la matière.

          Cette apparition n’est cependant pas qu’une simple opération de communication, elle symbolise une reconfiguration plus profonde des politiques sociales et de la « lutte contre la pauvreté ». Loin de n’être qu’un aspect secondaire de la stratégie de la coalition au pouvoir, la pauvreté y tient une place centrale. Au fond, derrière l’emphase mise sur la pauvreté, il y a également une certaine vision de la justice sociale et de la manière dont nous devrions organiser la solidarité.

          Lutter contre la pauvreté pour détruire la sécurité sociale

          En réalité l’intérêt porté à la pauvreté par le gouvernement vise à transformer notre manière de concevoir la justice sociale mais également les institutions de l’Etat social. A travers les mesures de l’accord de gouvernement dans les domaines de l’assurance-chômage, de l’index, de la santé ou des pensions, le gouvernement ne peut ignorer qu’il va contribuer directement à une augmentation de la pauvreté. Son objectif n’est donc pas de réellement réduire la pauvreté, mais plutôt de la gérer.

          La réponse donnée dans l’après guerre au paupérisme fut la sécurité sociale. Elle devait garantir une certaine sécurité d’existence au travers de droits acquis par le travail. Cette notion de droit était en opposition frontale avec celle, beaucoup plus individuelle, offerte par les différentes institutions d’assistance sociale (notamment les CAP, ancêtres des CPAS). Ainsi, le passage d’une conception très individuelle des problèmes sociaux (la pauvreté ou le chômage relèvent de la responsabilité individuelle) à une conception collective (les maux sociaux sont le produit d’un système économique) induit aussi une transformation des institutions. On passe de l’assistance arbitraire (on n’aide que les « bons pauvres ») à la sécurité sociale fondée sur le droit (il n’y a plus de « bons » ou de « mauvais » mais des personnes ayant des droits).

          L’objectif du gouvernement Michel est simple : revenir sur cet immense progrès social d’après 45 et rétablir une lecture individuelle de la pauvreté et du chômage. La pauvreté n’est plus le produit structurel du système économique, mais celui de nos décisions, attitudes, de la paresse des bénéficiaires (ou « fraudeurs » selon l’envie). Afin de lutter contre ce fléau de la paresse et des droits qui consacrent la « culture de la dépendance », il faut donc prioritairement briser les institutions qui « protègent » les assistés. Il faut transformer les dépositaires de droits sociaux en allocataires de revenus conditionnels. Briser le droit et « responsabiliser » afin de pouvoir trier les pauvres « méritants » des « mauvais » pauvres, ceux qui « ne veulent pas » travailler.

          Cette lutte « contre la pauvreté » se contentera donc de limiter les effets de ses politiques anti-sociales par de maigres budgets ayant pour objet de sauver les pauvres « méritants ». Ce lien entre destruction de la sécu et les actions visant à atténuer les conséquences de ces mesures est d’ailleurs avoué à demi mot dans l’accord de gouvernement lui-même, puisqu’on peut y lire que : « L’augmentation éventuelle du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration découlant de nouvelles réformes socioéconomiques aura pour conséquence que les CPAS recevront des moyens de compensation supplémentaires. » [1]

          Il y est donc reconnu implicitement que les réformes prônées par le gouvernement vont produire de la pauvreté et que, dès lors, des fonds seraient débloqués (le cas échéant, par le biais d’une mise en scène à la télévision la veille de Noel !) pour pallier la « casse sociale » produite. Le problème est évidemment que ces fonds sont infiniment inférieurs aux « économies » réalisées sur les budgets sociaux.

          Au fond, ce gouvernement nous vend une certaine conception de la lutte contre la pauvreté qui a pour fonction de détruire, d’une main, les mécanismes de redistribution des richesses tout en proposant, de l’autre main, quelques miettes aux pauvres « méritants » pour compenser les effets des mesures précédentes. Le graphe qui suit l’illustre de manière sans doute plus directement parlante (et non sans ironie) :

          Un tel glissement n’est pas totalement neuf (bien qu’il prend une dimension beaucoup plus importante aujourd’hui) et avait déjà été mis en avant par Jan Vranken dans l’annuaire sur la pauvreté de 2013. L’auteur se demandait alors si « la politique ‘directe’ en matière de pauvreté n’est (…) pas menée pour neutraliser les répercussions négatives de la politique indirecte en matière de pauvreté ? » . [2] Par politiques « indirectes », Vranken fait référence aux effets produits par toutes les autres politiques en matière de travail, de pensions, de sécurité sociale, de logement, de chômage, etc. Dans le contexte d’austérité actuel, la question est plus pertinente que jamais. Comment, en effet, ne pas observer que de nombreuses « politiques indirectes » (dégressivité des allocations de chômage, stage d’insertion, précarisation de l’emploi, baisse des pensions, blocage de l’indexation, coupes dans la santé, etc.) créent massivement de la pauvreté et que les maigres budgets de lutte contre celle-ci ne servent qu’à en modérer les effets. Dans le même sens, Vranken ajoute que, de nos jours, « les lacunes de la sécurité sociale et de la protection sociale en général sont toujours plus grandes » et mènent nécessairement à grossir les rangs des « pauvres ». Lesquels n’ont comme recours « que l’ultime filet de sécurité, bien trop fin, du revenu d’intégration. »

          Une lutte contre la pauvreté sans redistribution des richesses

          Dans cette perspective, il ne s’agit plus tant d’infléchir la dynamique de creusement des inégalités que d’« activer », « responsabiliser », « contrôler » les pauvres. Le problème n’est plus de lutter contre contre les inégalités sociales que de distinguer les pauvres « méritants » des « fraudeurs ». Sur ce plan, les choix du gouvernement sont tout à fait cohérents : c’est prioritairement l’activation, la remise au travail et la lutte contre la « fraude sociale ». L’objectif réel est donc clair. Il s’agit, pour le gouvernement, de détruire toute notion de droit social et de lui substituer une aide conditionnelle qui peut facilement être retirée si l’allocataire n’adopte pas l’attitude requise face aux emplois précaires qu’on lui offre.

          L’ambition du gouvernement est donc simple. Permettre aux plus riches d’être encore plus riches en détruisant les mécanismes de sécurité sociale tout en aidant, de manière ciblée, les pauvres « méritants ». Pour les autres, ils n’ont qu’à se lever plus tôt le matin. La « générosité » sera donc bien le maitre mot de ce gouvernement.

          Daniel Zamora

          [1] Accord de gouvernement, p. 60

          [2] Jan Vranken, Willy Lahaye, Emilie Charlier, “Naviguer à contre courant avec des rames trop courtes ? Crise de la politique en matière de pauvreté durant la crise” in : Jan Vranken, Willy Lahaye, Isabelle Pannecoucke, Ronan Van Rossem (eds.), Annuaire pauvreté en Belgique 2013, ACCO, Leuven, 2013, p.142.

          Source : http://blogs.politique.eu.org/Viva-for-Life-et-la-guerre-du

          • La charité les dons etc… qui font le titre et le début de l’article devraient être rappelés à la fin car c’est le pilier essentiel de cette politique, encore une fois à l’image de celle des US, donnez donnez (cf la radio ces temps-ci) l’Etat ne peut pas tout faire, il s’occupe des riches…

        • Intéressante conférence de Werrenbrouck. Je pensais qu’il allait se prononcer sur l’indépendance des banques centrales (en étant contre), mais finalement, il ne prend pas position. Car le problème est assez complexe. Je pense que si on est en régime oligarchique, il vaut mieux que l’Etat et la Banque soient indépendants. Il vaut mieux des oligarchies qui se neutralisent partiellement plutôt que tout les pouvoir réunis en un seul groupe. Par exemple, actuellement, l’endettement des Etats est plutôt quelque chose qui tend à les limiter dans des expéditions guerrières aux quatre coins du globe. Ce n’était pas une limite quand il y a un siècle, ils avaient aussi le pouvoir de création monétaire.

          Si par contre le peuple devenait souverain dans l’Etat, alors, il vaudrait mieux que l’Etat s’empare de la Banque, plutôt que de rester endetté d’une structure indépendante prédatrice. Ultérieurement, sous une constitution démocratique, le mieux serait sans doute que le pouvoir politique et le pouvoir monétaire soient à nouveau rendus indépendants (principe de la séparation des pouvoirs).

          Il ne faut cependant pas considérer que l’Etat et la Banque sont deux oligarchies équivalentes, et que finalement peu importe qui l’emporte sur l’autre. Car il y a toujours plus d’espoir d’arriver à démocratiser l’Etat que la Banque. De toutes les évolutions possible, la pire serait que la Banque s’approprie l’Etat.

          • Ce qui, inévitablement, est en passe d’advenir… excepté si la Démocratie mette un terme définitif à la Banque et au Capital, c’est aussi simple que ça.

      • Espagne :
        la rue bientôt bâillonnée ?

        Dimanche 21 décembre 2014
        par Loïc Le Clerc

        Source : Marianne, http://www.marianne.net/Espagne-la-rue-bientot-baillonnee_a243430.html

        Le Partido popular l’a voté seul, grâce à sa majorité absolue au Parlement espagnol : la « loi organique de sécurité citoyenne », connue sous le nom de « loi bâillon ». Concrètement, le gouvernement souhaite ainsi donner plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, afin de limiter fortement le nombre et l’ampleur des manifestations. Mais la dérive n’est pas très loin et ce sont plusieurs libertés fondamentales qui se verraient bafouées.

        Andres Kudacki/AP/SIPA

        Les députés espagnols, ou du moins ceux de la majorité parlementaire conservatrice, ont voté en séance la semaine dernière la « loi organique de sécurité citoyenne », plus connue sous le quolibet que lui ont donné ses détracteurs de « ley mordaza », littéralement « loi bâillon ». Pour Paul Aubert, professeur de civilisation espagnole contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, que Marianne a interrogé à ce sujet, la traduction la plus exacte serait « loi muselière ». Pourquoi un tel surnom ? C’est que cette loi « ambiguë et dangereuse » vient fortement « limiter les droits et les libertés des citoyens (manifestations, réunions, expression, etc.) afin de mieux garantir la sécurité » en donnant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre.

        Quarante-cinq délits sont concernés et donc ce sont 45 peines qui se retrouvent durcies. Outre le fait que cette « loi muselière » punit plus sévèrement les délits liés à la prostitution, à la drogue ou aux occupations illégales d’un logement, elle a pour principale cible le manifestant. L’idée d’accentuer la répression a germé dans le cerveau du gouvernement depuis les manifestations des Indignés, ce mouvement lui étant devenue ingérable, non par sa violence mais par sa persévérance. Mais cette situation est loin maintenant, et l’Espagne, malgré la crise, la pauvreté et la rancœur permanente contre les élites ultra-corrompues, est calme. Alors beaucoup se demandent pourquoi une telle loi vient éclore aujourd’hui ? D’ailleurs, tous les partis d’opposition ont, pour l’occasion, formé un front commun. En vain.

        Une justice… sans juge

        Principale caractéristique de cette loi : « Elle transforme en actes administratifs des actes laissés autrefois à l’appréciation du juge », nous explique Paul Aubert. Dès lors, des délits punis par le code pénal deviennent des fautes administratives, ce qui entraîne donc le paiement d’amendes administratives. Désormais donc, pour les délits concernés, plus besoin de passer devant une cour de justice, c’est l’administration qui prend tout en charge. Plus de juge, d’avocat, etc. Rien que des policiers et des fonctionnaires. Il s’agit pourtant d’amendes classées en trois catégories pouvant monter jusqu’à 600 000 euros. En quelque sorte, une personne accusée d’avoir commis un de ces délits doit d’abord payer. Si elle souhaite contester sa peine, elle d’adresse à la juridiction « contentieux administratif » pour laquelle a été créée une toute nouvelle taxe. Pour une justice accessible à tous, on repassera !

        Désormais, par exemple, manifester devant les bâtiments publics constitue une « faute grave » pouvant être punie d’une amende allant jusqu’à 30 000 euros. Faute qui devient « très grave » si les manifestants pénètrent dans l’édifice en question. Là, la bagatelle pourra coûter 600 000 euros. De même, il est interdit d’occuper une banque ou d’« escalader des édifices ou des monuments sans autorisation ». Et, pour chapoter le tout, comme il est plus qu’interdit de braver un interdit, ainsi, si une quelconque manifestation est prohibée, y participer relève là aussi de la faute « très grave ».

        Afin de se justifier, le Partido popular a fait appel à Conrado Escobar, porte-parole de la commission Intérieur, lequel a osé déclarer que « les manifestations seront plus libres, car elles seront protégées des violences » ! Pour lui, sans rire, cette loi serait même une « avancée démocratique ». Mais pour Paul Aubert, cette nouvelle loi représente surtout une « menace pour les garanties constitutionnelles (inviolabilité du domicile, liberté d’expression, liberté de réunion, liberté de manifestation, etc.) ainsi que pour le droit d’asile ».

        Car la deuxième cible de choix de cette loi, c’est le migrant. Tout individu qui serait pris en train de passer les frontières des enclaves marocaines de Ceuta et Melilla sera renvoyé « à chaud », illico presto de l’autre côté. Adios donc tout droit à l’assistance juridique, ou toute forme de prise en charge, qu’elle soit sanitaire ou humanitaire, jusqu’à ce qu’il soit décidé du sort du migrant.

        Certains craignent de voir leur pays renouer avec des vieilles pratiques peu glorieuses. Et il n’est pas seulement question d’éditorialistes redoutant de revivre les — trop souvent convoquées en France — « heures sombres du passé ». Pedro Sanchez, le jeune chef de file du PSOE a qualifié Mariano Rajoy de président du gouvernement « le plus rétrograde de l’Histoire », ajoutant qu’il ne lui manquait plus que de reprendre à son compte cette expression franquiste : « La rue est mienne ». Ambiance…

        Une police toute-puissante

        Cette loi risque en tout cas, d’après Paul Aubert, de permettre « aux forces de police d’agir plus vite mais ne les met pas à l’abri d’abus ». Tout ce qui relèverait du manque de respect, de l’insulte ou de l’outrage est plus sévèrement puni. Mais, plus inquiétant, un policier peut donner une amende dite « légère » (entre 100 et 600 euros) a tout individu qui refuserait de décliner son identité. Filmer la police et diffuser les images sans autorisation devient par ailleurs une faute grave.

        Pour Paul Aubert, « c’est bien la démocratie qui est en jeu ». Cette loi n’est pas encore en vigueur en Espagne, elle doit maintenant être ratifiée par le Sénat. Si celui-ci l’approuve sans l’amender, alors la « loi muselière » sera effective, au grand dam des Espagnols. Une manifestation de protestation s’est déroulée ce samedi 20 décembre. La dernière ?

        Source : Marianne, http://www.marianne.net/Espagne-la-rue-bientot-baillonnee_a243430.html

        • Ces nouvelles procédures ‘administratives’ à venir montrent en tout cas très nettement qui est au pouvoir, quand l’argent s’invite ainsi au moindre prétexte…Et ces mind controle dans notre proche actualité du moment, ‘proche’ à ce point que des faits divers fassent la une ^^ en disent long sur ces mesures énergiques prêtés à l’emploi dont se pare l’élite pour arrêter dans l’œuf tout soubresaut révolutionnaire…

          EFFAB

          • pire: c’est l’établissement très concret de ce que les bIlderberg ont concu en juin dernier j’estime:
            en haut l’élite des richissimes, puis rien, et puis une armada de « sans-dents » qui servent à esclaves pour l’économie. Entre les deux: la police et l’armée qui deviennent milice privée des ultrariches payés par le contribuable.
            Macron y visait depuis son début: supprimer toute aide pour rendre impossible une vie sans travail -- voire sans travail à tarif sous Smic bien entendu. Simple, con, et brutal. Sans grâce, sans pitié. D’ailleurs depuis longtemps personnellement je lutte contre l’expression « aider les plus pauvres » ou « être à côté des faibles ». Parmi ces « faibles » il y énormément de gens dont la profession (art, artisanat, enseignement non-étatique …) ne fonctionne pas dans les lois impitoyables de l’économie new world order. Ce sont donc ces « forts », « individualistes » qui seront visés en même temps. C’est le but. Ne plus avoir la possibilité de résister. Ils se tromperont, car ils vont s’entretuer. Mais avant cela, il ya du combat. Combattre ces « élites », faudra pas se tromper.

        • protester , protester, protester…. c’est supplier. C’est fini les « protestations ». Si les lois sont nuls, y aura d’autres moyens. Si les flics interdisent les images il faut trouver autre chose. Les paroles ne sont pas interdites. Les signes ne sont pas interdites.

        • Prochaine étape: privatisation de la police ?

          • c’est possible. Mais d’abord ils vont appeler cela « lutte contre le terrorisme ».

          • en fait, si tu regardes cet article (http://www.voltairenet.org/article186182.html -- je viens de recevoir par fb), l’armée US a été déjà privatisée sous Bush. Sauf que tous les cons ont cru que c’était pour lutter contre Bin Laden. En fait l’armée américaine (et british) y allait pour acquérir pour les riches -- payée par le contribuable. Voilà tout. Ban Ki Moon était au courant, tout le monde était au courant.
            Ou l’Ukraine: le dialogue au téléphone entre Nuland et l’ambassadeur américain en Ukraine? Tout a déjà été clair il y a un an- sauf que tout le monde ne voulait pas comprendre… voilà:

            https://www.youtube.com/watch?v=8YSFNOaJupE

            Tu prends l’argent du contribuable, l’investit en Ukraine et dit que c’est pour la lutte des USA, UNO, Allemagne , EU pour la démocratie en Ukraine. Un jeu des riches avec l’argent des pauvres. C’est une privatisation claire. Mais ils sont si lâches qu’il leur faut faire ces crimes en cachette. En accord avec l’ONU et l’UE. Ce sont des privatisations -- mais non déclarées. Donc les riches font leurs affaires avec l’argent des pauvres pour ensuite s’enfuir au Luxembourg et ne pas payer des impôts. Mais avant ca, ils disent du mal de Poutine. Et les cons y croient.

            Dans le monde musulman, il est une question d’honneur de bouffer de sa propre main. Quelqu’un qui ne sait pas nourrir lui-même par sa propre énergie n’a pas de fierté.
            Ces valeurs sont mises à l’index par les USA, l’ONU et l’UE en montrant des photos Hollywood de leurs vassalles pour prouver. Et les cons marchent.
            Of course pour Poutine ils agissent de la même maniére. Ce n’est pas très étonnant que la théorie des genres est trés appréciée par ces riches qui ne se nourissent pas de leur propre énergie…
            Donc si à l’heure actuelle tout le monde qui critique les riches sera mis à l’index pour « antisémitisme », il est clair, ce que ces mêmes riches préparent .

  40. Analyse du projet Macron : en route pour l’esclavage ?

    Un projet qui porte sur le droit du travail, fait par un ministre de l’économie. Pour la méthode, c’est un retour au milieu du XIXème siècle, avant qu’on invente un ministère du travail. Sur le fond, cela risque d’être un retour au début du XIXème siècle si la modification du code civil est maintenue.

    http://www.legrandsoir.info/analyse-du-projet-macron-en-route-pour-l-esclavage.html

    • Comme au pied du mur, l’Histoire et le Pouvoir se répètent, parodies d’eux-mêmes sans plus aucune grandeur, fuite en avant et déni de tout… la chute de l’Empire et l’avènement irrésistible de la Démocratie !

    • mais oui bien sûr. Je le dit depuis des mois. Ici aussi.

  41. prochaine étape conplot:

    http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/12/27/schweden-etablierte-parteien-ersetzen-wahlen-durch-einen-pakt-bis-2022/

    en Suède plusieurs partis socialistes et verts et autres ont conclut un pact jusqu’en 2022 déclarant d’être fiers d’avoir ainsi trouvé une manière de rendre inutile les prochaines élections puisqu’ils s’aiment tellement… les suédois normalement sont appelés aux urnes tous les 5 ans.

  42. RACKET AMÉRICAIN ET DÉMISSION D’ÉTAT
    LE DESSOUS DES CARTES
    DU RACHAT D’ALSTOM PAR GENERAL ELECTRIC

    (Centre Français de Recherche sur le Renseignement)

    http://www.cf2r.org/images/stories/RR/rr13.pdf

  43. je ne sais pas si vous connaissez Max Stirner (autour de 1848): ses idées depuis toujours c’est les producteurs, les travailleurs qui devraient dire non et s’approprier de leurs produits. Mais ils ne le font pas parce qu’ils se sentent protégés par l’état comme sujets…

    voici http://panarchy.org/stirner/liberalismus.html

    su ce site il y a aussi des traductions.

    puis l’université d’élite de Princeton expose des résultats de ses « recherches »: le peuple ne se trouve plus en démocratie. Ah bon? Ils vont être heureux les pauvres de savoir qu’il n’y a plus d’issus -- c’est cynique.

    http://talkingpointsmemo.com/livewire/princeton-experts-say-us-no-longer-democracy

  44. «L’État n’est pas un ménage»

    ENTRETIEN • Pour l’économiste australien Steve Keen, la domination des thèses néolibérales résulte d’une imposture intellectuelle et politique. La crise européenne l’illustre parfaitement. […]

    http://www.lecourrier.ch/127241/l_etat_n_est_pas_un_menage

    Peu connu en Europe, l’économiste australien Steve Keen développe une pensée alternative depuis de nombreuses années. Dès 2001, il avait prévu et décrit le mécanisme de la crise actuelle. Au moment où son ouvrage est enfin traduit en français sous le titre de L’imposture économique1, dans lequel il déconstruit tous les dogmes qui justifient les politiques d’austérité, Steve Keen livre un point de vue alarmiste sur la situation d’une Europe au bord de la déflation. Une crainte partagée par la Banque centrale européenne, comme l’accrédite sa nouvelle politique monétaire, mais qui exigerait plutôt un soutien aux salaires, comme le propose le vainqueur des élections grecques, Syriza.

    Des dizaines de millions de chômeurs, un pouvoir d’achat en berne, la déflation s’étend et menace toute l’Europe; même le FMI n’exclut plus une troisième récession ni la déflation. Pourquoi en est-on arrivé là?

    Steve Keen: L’erreur fondamentale des politiques économiques menées en Europe est de considérer qu’un Etat fonctionne de la même manière qu’une famille. Cette erreur explique la poursuite de programmes d’austérité dans tous les Etats membres de l’Union européenne. Un ménage qui doit rembourser ses dettes peut économiser sur ses dépenses. Il dégage ainsi de l’argent qui peut lui servir à faire face à ses échéances. Son choix n’affecte pas ses rentrées d’argent. Ce n’est pas du tout le cas à l’échelle d’un pays. L’argent public «économisé» par l’Etat est en fait retiré du circuit économique. Cela déprime la consommation, d’un côté de la chaîne, et donc à la fois l’investissement et la production, à l’autre bout de la chaîne. Avec une activité économique plus faible, les recettes fiscales diminuent. Ce qui rend, au final, plus difficile le remboursement de la dette publique. Ce raisonnement n’a rien de novateur. Il est connu depuis les années 1930 et les travaux de Keynes. Il a même été admis par le Fonds monétaire international, après un long déni.

    C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre en Europe?

    Oui. En réalité, l’Etat n’est pas le seul acteur à vouloir se désendetter. Les ménages et les entreprises tentent d’économiser pour faire face à leurs propres dettes. C’est, là encore, autant d’argent qui est retiré du circuit économique. Cela se traduit par une consommation atone, des investissements faméliques, le gel des embauches comme des salaires, sauf pour les cadres déjà les mieux payés. Etats, entreprises, ménages, tous les acteurs de l’économie réduisent leur activité en même temps. Cela mène directement à la récession (le recul de l’activité), puis à la déflation (la baisse généralisée des prix et des salaires). Cette dernière est d’ailleurs la grande peur de la Banque centrale européenne. La déflation est un phénomène où les acteurs économiques – les ménages, les entreprises, etc. – n’arrivent plus à vendre leur production et leurs services, et diminuent, en conséquence, leurs prix de vente. Cela déclenche une sorte de spirale infernale et, au final, les revenus de tout le monde baissent et les échéances de la dette, privée comme publique, ne peuvent plus être honorées.

    La déflation est-elle une menace tangible ou simplement un risque théorique?

    On peut déjà l’observer dans l’ensemble de l’Union européenne. Elle s’est d’abord développée dans les pays d’Europe du Sud, précisément ceux qui ont été «aidés» par les plans d’austérité massifs imposés à leur population par la Banque centrale européenne, la Commission de Bruxelles et le Fonds monétaire international. Depuis l’été dernier, la déflation est en train de s’étendre aux pays d’Europe du Nord. Je ne vois pas ce qui peut lui barrer la route, puisqu’un peu partout les dirigeants politiques veulent diminuer les salaires sous prétexte que leur niveau trop élevé handicaperait les exportations… C’est absurde! Si tous les pays européens le font en même temps, les débouchés se tariront les uns après les autres. Cela ne fera qu’accélérer la chute du continent dans la déflation. Le Japon n’en est pas sorti depuis vingt ans et le continent européen a déjà été ravagé par un tel épisode: c’était dans les années 1930, avec les conséquences politiques dramatiques que tout le monde peut encore avoir à l’esprit.

    Ces politiques économiques sont directement inspirées par des économistes de l’école néoclassique, ce que le grand public appelle l’école néolibérale. Comment expliquez-vous la mainmise de cette chapelle universitaire sur le débat politique?

    Sa domination est assurée principalement par deux outils: le premier est constitué par les manuels scolaires et universitaires. La plupart des dirigeants politiques n’ont fait qu’une ou deux années d’économie à l’université ou dans les grandes écoles. Ils ont juste eu le temps d’être exposés aux théories simplistes sur l’offre et la demande, le privé plus efficace que le public, la nocivité du salaire minimum, la nécessité de la flexibilité de la main-d’œuvre, etc. Tout ce que je prouve dans mon livre comme étant faux. Ils n’ont pas le temps de vérifier si tout cela est cohérent avec la réalité et une fois en fonction, ils interprètent la réalité à travers cette grille de lecture erronée. Ce schéma est aussi vrai en Australie, qu’aux Etats-Unis ou en Europe.

    Parfois, il arrive un événement qui n’apparaît dans aucun de leurs manuels. Une crise financière comme celle qui a commencé en 2007, par exemple. Pourquoi aucun élu n’a-t-il rien vu venir?

    L’écroulement des dettes accumulées par les banques sur le marché immobilier a causé une panique totale, justement parce que ce n’était pas envisagé dans les manuels économiques. Toute la théorie néoclassique, qui repose sur l’autorégulation des marchés financiers, exclut toute possibilité qu’une telle crise arrive un jour. Ce qui est clairement absurde. C’est là qu’intervient le second outil des économistes néoclassiques: le Prix de la Banque centrale de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, abusivement appelé «Prix Nobel d’économie». Crée en 1968, il consacre, en particulier depuis le milieu des années 1970, quasiment exclusivement des économistes néoclassiques, les plus orthodoxes le plus souvent. C’est ce que l’on vient encore de voir avec la distinction du Français Jean Tirole, qui est en faveur de la remise en cause du contrat de travail à durée indéterminée, pour la concurrence à la place des services publics, etc. Ces «Prix Nobel d’économie» deviennent bien souvent les conseillers des élus, qui ne lisent pas le type de livres que j’ai écris et ne se tiennent pas au courant de la recherche en économie ni des études de cas produites par les ONG, les syndicats ou des rares départements d’économie qui ont une vision critique de leur discipline. Les élus s’appuient le plus souvent sur leur cabinet. Or, être détenteur d’un prix de la Banque centrale de Suède est le meilleur passeport pour intégrer ces équipes de conseillers. Le système capitaliste est bien protégé par les économistes néoclassiques.

    1. Editions d’En bas, décembre 2014, 530 pages, 36 CHF.

    Les insignes faiblesses d’une pensée dominante

    Pourquoi faut-il lire l’Australien Steve Keen? Parce que les économistes et les élus qui n’ont pas vu gonfler la bulle immobilière et les prêts pourris dans les bilans des banques sont en train de nous faire croire qu’il faut des sacrifices pour sortir de la crise. Les experts travaillant pour les banques, conseillant les ministères, arborant pour certains leur «Prix Nobel», continuent avec les recettes d’avant 2007. Et ça, ça énerve Steve Keen: «85% des économistes ont appris à voir le monde avec les lunettes de l’école néoclassique, fondée il y a cent cinquante ans. Celle-ci élimine de sa réflexion la dette, le rôle des banques et de la monnaie. Bref, tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au krach.»

    Inconnu en Europe, Steve Keen est un des rares économistes à avoir prévu la crise financière et toutes ses implications, dès 2001! Rapporté à la taille de l’économie occidentale, l’endettement massif créé par les banques dépassait, dès le début des années 2000, le niveau atteint en 1929, année du fameux krach de Wall Street. Keen avait compris que l’économie mondiale allait droit au tapis. Il a été reconnu, par l’Association de l’économie du monde réel, qui rassemble 12 000 universitaires alternatifs dans le monde, comme celui qui a le plus clairement prévenu du danger.

    Pour se faire entendre Keen avait rédigé un livre appelé Debunking economics. Dans sa seconde édition (2011), l’auteur a aussi exploré les incohérences qui truffent l’économie dominante enseignée aux étudiants et qui sert de boussole aux élus. Grâce aux éditions de l’Atelier à Paris et aux éditions d’En bas en Suisse, l’œuvre de Keen est enfin accessible au public francophone. «En ce moment, il y a énormément de publications en économie, mais c’est à mon avis l’un des rares ouvrages dont on se souviendra encore dans cinquante ans», lance l’économiste et jésuite Gaël Giraud, à l’origine de cette traduction et qui assure une préface chaleureuse. Pourquoi? Parce que «personne avant lui n’avait assuré une telle articulation entre les différentes voix critiques. Son travail scientifique nous prouve que les théories néoclassiques ne sont pas cohérentes, que leurs adeptes ont un rapport fantaisiste avec les données recueillies sur le terrain et qu’ils échouent à expliquer la réalité observée», analyse Gaël Giraud. Equilibre entre l’offre et la demande, «comportement rationnel» du consommateur, «rendement marginal décroissant» de la production industrielle, infaillibilité des marchés financiers, etc., aucun des dogmes de l’économie dominante n’en sort intact.

    Keen nous apprend aussi que les fondateurs de l’école néoclassique, comme les plus fins utilisateurs de ces théories, sont conscients depuis toujours de la faiblesse de leurs outils… mais le cachent dans l’épaisseur de leurs raisonnements. «J’aime la traduction française du titre de mon livre: L’imposture économique. Il s’agit bien de cela, les économistes néoclassiques sont des imposteurs!» lance Steve Keen, qui pense que les banques centrales en Europe pourraient nous aider à sortir de la crise. Plutôt que d’aider les banques, elles pourraient distribuer de l’argent directement aux familles. Cela augmenterait le niveau global de la consommation et permettrait du même coup le désendettement des ménages, des entreprises et des Etats. Une piste qui n’est pas envisagée par les experts des cabinets ministériels, qui ne savent toujours pas qui est Keen.

    Source : http://www.lecourrier.ch/127241/l_etat_n_est_pas_un_menage

     
    Steve Keen,

    • On dit souvent aussi que « l’Etat n’a pas les moyens » ou sa conséquence qu’ « on ne peut pas se le permettre ». Soit disant parce qu’il est endetté. Mais les moyens de l’Etat, ce sont les moyens humains, les machines, les matières premières, l’énergie. La moitié de la population doit rester les bras croisés parce qu’il n’y a pas assez de monnaie, parce qu’une poignée d’individus décide de la quantité qui peut circuler et où elle doit circuler. Un Etat souverain se donne la monnaie nécessaire à la hauteur de ses moyens, il ne se la fait pas confisquer par une poignée d’individus sous le chantage de l’usure ou du payement d’intérêts.

  45. À propos de Marat, une très bonne nouvelle :
    Des jeunes gens se sont mis en tête de scanner, convertir en texte, relire et corriger, puis publier :
    tout le journal de Marat,
    « L’Ami du peuple » !

    L’année 1789 est prête, apparemment :
    https://lamidupeupledejeanpaulmarataccesjournal.files.wordpress.com/2014/11/adpblog1789.pdf

  46. Portrait de l’économiste en nettoyeur
    par Jean-Pierre Dupuy et Frédéric Lordon :

    http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20150130.OBS1282/portrait-de-l-economiste-en-nettoyeur-par-jean-pierre-dupuy-et-frederic-lordon.html


    Jean Tirole recevant son prix Nobel d’économie 2014, à Stockholm. (©NIVIERE/SIPA)

    Dénonçant de longue date le manque de pluralisme intellectuel de leur discipline, les économistes hétérodoxes étaient sur le point d’obtenir la création d’une nouvelle filière universitaire, séparée. Ce projet vient d’être annulé sur intervention « au plus haut niveau », de Philippe Aghion et du prix Nobel Jean Tirole. Tribune.

    « L’un a été auprès de François Hollande l’ouvrier du paquet «austérité-pacte de responsabilité», soit la plus grande erreur de politique économique depuis Hoover, Brüning et Laval – ça valait bien une Légion d’honneur. L’autre est un théoricien de la concurrence si convaincu que les entreprises ne manquent jamais de faire appel aux cautions de sa science pour appuyer leurs demandes de déréglementation – mais son prix Nobel récent assure que la science est nécessairement neutre.

    Philippe Aghion et Jean Tirole, puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit, ne sont pas seulement ces caricatures d’époque de l’économiste au service de tous les pouvoir temporels : eux-mêmes directement engagés dans les luttes de pouvoir académique montent la garde et veillent au monopole institutionnel de la pensée orthodoxe.

    Ainsi les aura-t-on vu activement œuvrer au déraillement d’un projet de création au sein des institutions universitaires d’une nouvelle section «économie politique», distincte de l’installée «science économique». L’affaire, vue de loin, semble avoir tout d’un obscur différend corporatiste, sans aucun intérêt pour le dehors. Il arrive cependant que des enjeux très généraux se trouvent repliés dans des querelles particulières.

    En l’occurrence il y va de la possibilité d’une pensée économique désalignée de la théorie dominante, dite néoclassique, dont les rapports avec l’ordre présent du monde, s’ils ne sont pas immédiats, n’en sont pas moins tout à fait réels – à l’image des deux théoriciens-activistes qui s’occupent à verrouiller toute la chaîne du discours économique, depuis la formation universitaire jusqu’à la formulation de la politique économique.

    Il y a beau temps que la sidérante absence de pluralisme des institutions de la science économique leur a donné un tour de dictature intellectuelle qui cadre mal avec les controverses naturelles de la science. La force institutionnelle de ce système est immense, qui réside dans ses propriétés d’intégration verticale : d’un bout à l’autre de la chaîne, de l’allocation des bourses doctorales jusqu’au prix Nobel, ne règne qu’une seule conception de la «valeur scientifique» : la conformité à la théorie des marchés, en laquelle tous se soutiennent, se reconnaissent et se renforcent mutuellement.

    En quelques décennies, le renouvellement démographique a converti une majorité de départ en monolithisme achevé : les doctorants d’hier sont devenus les professeurs d’aujourd’hui qui nomment leurs pairs de demain. Et puis, internationalement, «élisent» leur prix Nobel, dont les bulles redescendent en cascade tout au long de la pyramide. Toute pensée critique a déserté l’université économique. Il n’y a plus qu’à laisser jouer les effets d’attrition démographique pour y éteindre complètement toute hétérodoxie.

    On ne peut pourtant pas dire que le bilan historique de la pensée orthodoxe soit glorieux. Quelles qu’en soient les nuances internes, c’est bien elle qui a fourni les justifications de la «science» aux profondes transformations structurelles des économies depuis trois décennies, dont le brillant résultat est offert à qui a des yeux pour voir. Cette «science»-là ne défendait-elle pas jusqu’en 2008 la thèse de l’efficience des marchés financiers – qu’elle a largement contribué à déréglementer et à installer à une échelle inouïe ?

    À l’image de ce qui se passe dans la conduite générale des gouvernements, il faut sans doute prendre pour un signe d’époque que la catastrophe inséparablement intellectuelle et politique de la «science économique» dominante n’ait ainsi produit aucune amorce de révision. Faut-il y voir l’une de ces crispations terminales qui signalent les fins de règne? On aimerait le croire.

    Pour l’heure cependant, le cumul de la domination académique et du pouvoir d’influence s’accomplit dans des manœuvres de coulisses pour garantir le maintien de l’ordre. C’est en intervenant directement auprès du ministère de l’Education nationale, et de l’Elysée même, que Jean Tirole a obtenu la suspension de la création au CNU (Conseil national de l’Université) d’une nouvelle section d’économie politique, pluraliste, critique, constitutivement ouverte aux autres sciences sociales – insupportable, quoi.

    L’un jette dans la balance son prix Nobel, auquel on ne peut rien refuser puisqu’il sauve la France du déclinisme, l’autre sa position au Collège de France, et une rosette que son remettant lui-même, François Hollande, ne saurait désavouer.

    Le premier est une caricature de la consécration scientifique la plus haute alliée à la fermeture de pensée la plus totale. Le second afflige le Collège de France d’un défaut d’envergure intellectuelle qu’on n’aurait pas imaginé dans ces murs. Les deux ont pris possession des commandes «scientifiques» de la politique économique.

    Ils parachèvent le nettoyage dans les institutions académiques. Aura-t-on jamais vu si crûment le visage réel de l’économiste dominant, commis de l’ordre social et fondé de tous les pouvoirs ? »

    Jean-Pierre Dupuy et Frédéric Lordon
    philosophes et économistes

    Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20150130.OBS1282/portrait-de-l-economiste-en-nettoyeur-par-jean-pierre-dupuy-et-frederic-lordon.html

  47. Rocco Galati and COMER win another round of appeals against Bank of Canada
    http://findependencehub.com/rocco-galati-and-comer-win-another-round-of-appeals-against-bank-of-canada/

    Michel Lefebvre (sur Facebook) :

    Les choses semblent bouger au Canada. Ce 26 janvier, le COMER (Committee on Monetary and Economic Reform) et son avocat constitutionnel Rocco Galati ont eu une victoire en appel contre la Bank of Canada (banque centrale), le ministère des finances et celui du revenu national. Le COMER démontre que la BOC est inconstitutionnellement contrôlée par les banques privées depuis 1974. Maintenant que l’appel a été victorieux, le procès va pouvoir avoir lieu, ce qui en cas de victoire devrait forcer la BOC à pouvoir reprendre son activité de création monétaire sans intérêts pour le gouvernement.

    Cette nouvelle majeure depuis l’appropriation un peu partout dans le monde de la création monétaire par les banques privées devrait théoriquement permettre ni plus, ni moins, que la récupération de la souveraineté monétaire à l’ensemble du peuple canadien par l’entremise de son gouvernement.

    Or, cette nouvelle presque incroyable tant ses répercussions sont larges semble n’être absolument pas retransmise par les médias mainstream ce que déplore Galati allant jusqu’à prétendre que ceux-ci ne communiquent rien sur demande du gouvernement soucieux de perpétuer le pouvoir des puissances bancaires…

    Je prends encore cette nouvelle avec des pincettes mais on trouve sur le site du COMER (http://www.comer.org/) tous les autres documents de la procédure. Par ailleurs, la défense semble disposer également d’un droit de recours soumise à décision de la Cour Suprême que Galati estime improbable. À quand un grand procès chez nous ?

    https://www.facebook.com/Myrdhin/posts/10152824737968229

  48. Venezuela : complot déjoué
    en avez-vous entendu parler en France?
    Ici: rien du tout:
    voici la nouvelle qui se lit comme la enième version d’un trés mauvais scénario hollywoodien (je sais, Meyssan -- dans les milieux autorisés- n’est pas partout admis), lisez vous-même:

    http://www.voltairenet.org/article186802.html

    • Barack Bombama veut apporter la démocratie au Venezuela. C’est vrai, c’est une démocratie représentative (comme chez nous avec des élections, c’est pas top), mais bon, peut-être que le peuple s’est trompé. Et qui connait mieux les besoins du peuple que le peuple (mis à part la CIA) ? C’est vrai qu’au Venezuela, ils ont instauré le référendum révocatoire…mais bon, il faut attendre le mi-mandat,… trop long (c’est pour cela que cet outil n’existe pas chez nous). Il reste plus qu’à instaurer le coup d’Etat dans la constitution 😉

    • Oui, ils en ont parlé, évidemment pour prétendre que Maduro est un dictateur paranoïaque ce qui est évidement une connerie un mensonge. Les States (USA) n’arrêtent jamais d’essayer de renverser la révolution Bolivarienne. On connaît la recette… mais les Vénézuéliens ensemble savent se défendre…

      En ce moment, ils essaient aussi de renverser Kirchner en Argentine avec un « golpe blando » (coup d’état mou cadre sans armée par manipulation médiatique)… l’affaire est bien sûr montée de toutes pièces, basée sur des « faits » pour lesquels il n’y a aucune preuve (ou plutôt plein de preuves qui discréditent la version occidentale) et un téléguidage grossier et avéré des mêmes que d’hab : CIA. Ça devient navrant tellement c’est gros et récurrent.

  49. La publication de l’intégrale du journal de Jean-Paul Marat, « L’Ami du Peuple » se poursuit !

    https://leblogamidupeuple.files.wordpress.com/2014/11/blogadp3.pdf

    Quel boulot, merci !

  50. Julian Assange :

    « Nous vivons sous un régime de surveillance de masse, parfaitement orwellien »

    https://www.dailymotion.com/video/x2ig734_assange-la-russie-ne-m-a-pas-accuse-d-espionnage-les-etats-unis-si_news

  51. Ariane Walter à « Marianne » au sujet des « Fous du complot », avec un brin d’humour :

  52. passe par là

    L’impression de complot vient du fait que chaque personne n’agit que dans ses intérêts personnels, n’a pas une vision objective. Tout le reste n’est qu’enchaînements… ce serait bien trop long à expliquer mais le résultat est cette sensation impression voire évidence.

    Je ne peux expliciter plus en monologue.

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