Courageuse et exemplaire Camille : intéressant reportage sur une « journée d’éducation populaire sur la démocratie », à Saint-André de Valborgne

Si vous connaissez un peu ce site, vous connaissez Camille Halut ; on a parlé de son étonnante aventure et et . Ce que fait cette jeune femme, concrètement, personnellement, pour la démocratie réelle est formidable.

Camille HalutPour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne http://democratie-saintandredevalborgne.com/

Le dernier jour d’août dernier, nous sommes allés, avec une bande de gentils virus assez déterminés (il en venait de partout, d’Avignon, de Marseille, de Trets, de Draguignan, de Bordeaux, d’Annecy !), aider Camille et ses amis démocrates, tirés au sort ou pas, dans leur petit village reculé des Cévennes, pour leur montrer qu’on les regardait toujours avec beaucoup d’attention, même de loin, et qu’on était fiers d’eux.

Cette « journée d’éducation populaire sur la Démocratie » fut une bien belle journée, à tous points de vue.

Les jeunes gens du « Cercle des volontaires » étaient là (tout seuls ) (les <oxymore>journalistes professionnels</oxymore>, ça ne les intéresse pas, ces lubies d’amateurs politiques dans des trous perdus…) pour enquêter, filmer et finalement informer. Voici leur reportage ; je suis sûr que vous aller aimer plusieurs séquences, des idées originales :

« Le Cercle des Volontaires » a rédigé un petit texte pour expliquer ce film :
« Saint-André-de-Valborgne – Au coeur de la discorde »
http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/10/30/saint-andre-valborgne-au-coeur-discorde/

Courageuse et exemplaire Camille : elle fait dans sa petite commune ce que nous devrions peut-être tous faire, un peu partout sur terre, pour éviter l’enfer usuraire.

Valeureux efforts amateurs pour rendre possible, dans le cadre existant, une vraie démocratie, d’abord locale.

43 réponses à “Courageuse et exemplaire Camille : intéressant reportage sur une « journée d’éducation populaire sur la démocratie », à Saint-André de Valborgne

  1. Grégoire Lecocq

    Actes citoyens. Plus beaucoup de monde ose s’opposer au système. Relevons-nous et faisons briller nos idées et la France par la même occasion.

    • ouais, mais si c’est pas les idées des Lumières, auxquelles les gens s’opposent réellement et virtuellement.

      • Dans la conclusion de son livre « La solution intérieure », le Dr Thierry Janssen fait cette remarque qui me semble pertinente:

        « Ce sont les croyances collectives qui déterminent le comportement des individus au sein d’une société. Or, de nos jours, en Occident, une série de croyances issues de la philosophie des Lumières des XVIIe et XVIIIe siècles sont profondément ancrées dans les esprits : le monde est dangereux, l’être humain est dépourvu de ressources propres pour se défendre, il faut inventer, produire et consommer pour se protéger et se soigner. Dans ce contexte, le progrès est associé à l’accumulation de dispositifs sophistiqués visant à contrer les menaces de l’environnement ; la science se positionne en dehors de la nature, qu’elle considère comme une ennemie ; et la peur constitue le moteur de ce que l’on appelle la modernité. »

  2. Heureusement, nous n’avons pas ce genre de problème. Voici pour les anciennes réunions. Je crois que vous pourrez voir la prochaine de Boucherville en direct.

    http://www.tvrs.ca/emissions/conseils-sur-demande/longueuil

    cordialement,
    claude
    il y a d’autres problèmes souvent!

  3. Dans une des vidéos relatives au 31 aout à St André, Etienne rappelle un point fort de l’atelier constituant :

    L’idée que ne soient pas rendus publics par vidéo que les conseils municipaux, mais aussi les négociations de contrat.

    Et dans l’atelier fut posée la question comment contraindre à se plier à cette exigence un maire qui pourrait préparer un coup fourré.

    (Puis nous sommes partis sur le podestat, idée riche)

    Mais si cette objection/question est recevable dans le cas d’une équipe malhonnête, elle ne l’est que dans ce cas qui n’est pas le cas général.

    ->

    Un maire pourrait très bien choisir l’option diffusion pour s’éviter une bourde magistrale, par la grâce d’un citoyen modeste plus compétent que lui sur un domaine précis, et qui de temps en temps regarderait ce qui se passe au chateau.

    Je donne un exemple :

    Plusieurs communes ont contracté des emprunts indexés sur le franc suisse, et si leurs dirigeants s’étaient offert le luxe d’être surveillés par de modestes compétents, il en existe, ils auraient pu éviter la catastrophe … Mais voilà, si c’est pas huis clos, c’est tout comme, par tradition (!) …
    Donc ils ont signé, aveuglés par l’étiquette franc suisse, et ce choix était abominable.

    Ainsi, je le répète, il peut être dans l’intérêt d’une équipe honnête d’être contrôlée : ce n’est pas déshonorant ni aliénant : c’est s’offrir la somme de toutes les compétences du bled, protectrice pour qui, c’est évident, ne peut être omniscient.

  4. Je viens de vous montrer un lien québécois qui montre que les séances du conseil municipal sont filmées et diffusées. Puis, je me rappelle que celles de l’Assemblée Nationale le sont aussi. Mais nous ne pouvons quand même rien changer, car il n’y a pas de moyens de contrôles.!

  5. une idée en passant :

    L’élection ne légitime pas l’oligarchie, d’autant lorsque c’est l’oligarchie qui a institué l’élection, même dans un passé lointain.
    Par contre, une oligarchie qui instituerait son contrôle minutieux constant et non biaisé, contrôle effectif par l’ensemble du peuple, contrôle assorti d’un vrai pouvoir d’alerte et de révocation, serait dès lors que non révoquée plus légitime à se définir comme représentant le peuple .
    Ainsi le contrôle qui est bien entendu dans l’intérêt du peuple est il aussi dans l’intérêt de l’oligarchie.
    Il est condition nécessaire et pas forcément suffisante à une délégation sereine.

    Ou bien pas ?

    • On ne peut être que d’accord avec ton raisonnement Ana. Mais je ne suis pas certain que l’oligarchie en place se soucie de sa légitimité, occupée qu’elle est à satisfaire avant tout les désirs de ses financiers afin d’être réélue et de ne pas subir de déclassement social.

  6. Je ne sais pas si c’est à moi qu’Ana pose cette question, mais ma réponse est: je ne sais pas!
    Notre maire , Jean Martel, est pour la décroissance, veut réduire l’utilisation du pétrole, met sur pieds des comités de citoyens. Quel contrôle devrait -il offrir?

  7. À propos de résistance citoyenne emblématique au niveau local :

    Ne ratez pas cette passionnante émission de Terre à Terre, à propos du scandale du barrage de Sivens sur la zone humide du Testet (Tarn), scandale incroyable qui résonne de toutes parts avec tout ce qu’on discute ici centralement :
    • (in)compétence et (mal)honnêteté des élus et des décideurs publics,
    • études d’utilité publique truquées et cachées au public,
    • conflits d’intérêts (ni redoutés et ni empêchés),
    • malfaisance grave des politiques agricoles imposées par l’Union européenne (culture du maïs et irrigation forcenée imposées à tout le pays),
    • intrigues et coups de force des opérateurs privés aux dépens de l’intérêt général,
    • difficultés pour les citoyens à être informés
    • et presque impossibilité à résister aux mauvaises décisions (même les plus catastrophiques),
    • violences policières (de plus en plus révoltantes, jusqu’au meurtre de citoyens manifestants),
    • manipulations médiatiques…
    • …

    Tout y est.

    Le gars qui explique cette affaire — Ben Lefetey, porte-parole du Collectif du Testet — est littéralement captivant :

    Les manœuvres et la malfaisance inouïe du constructeur de barrage CACG (Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne), et la protection par la force publique dont il jouit malgré les scandales, sont vraiment stupéfiantes.

    —————--

    Voir aussi LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE :

    Sivens/Testet : la face cachée de l’iceberg
    http://www.eauxglacees.com/Sivens-Testet-la-face-cachee-de-l

    Eaux glacées publie le témoignage d’un fonctionnaire, soumis à l’obligation de réserve, mais qui a souhaité réagir à nos derniers billets sur l’affaire du barrage, contesté, de Sivens.

    « La face cachée de l’iceberg, ce sont tous ces hauts fonctionnaires très actifs et très discrets dans les coulisses. Les hommes politiques ne pourraient rien sans ces fonctionnaires.

    Par exemple, dans le cas récent de Sivens, il est dit timidement et gentiment dans le fameux rapport « d’ expertise du projet de barrage de Sivens (Tarn) » que :

    « Le contenu de l’étude d’impact est considéré comme très moyen, au-delà de la stricte question des solutions alternatives. Par exemple, l’impact sur le régime hydraulique du cours d’eau en aval de la retenue est décrit assez sommairement. »

    Le problème, ce n’est pas que l’étude d’impact soit bidon, elles le sont toutes par construction, et tout le monde s’en tape, ministère compris, puisque c’est le pétitionnaire qui choisit et paye son bureau d’étude. On surnomme d’ailleurs en interne les études d’impact des « Cherchez l’arnaque »…

    Le problème, c’est que les autorisations administratives aient été données malgré une étude d’impact bidon. C’est là qu’il faudrait creuser, dans la distribution et le bidonnage des dossiers et/ou des « avis favorables ».

    Aller fouiner dans les services de la Préfecture, police de l’eau et autres, les DREAL, MISEN et autres, les conseils départementaux d’hygiène (CDH), etc.

    Est-ce que tous les services avaient émis un avis favorable ? Qui a instruit ce dossier « loi sur l’eau » sans demander que l’étude d’impact soit refaite avant de prendre sa décision ?

    L’Etat dit que les décisions sont prises et qu’il faut s’y tenir, sinon ce n’est pas la démocratie… Mais que ces décisions soient prises sur une étude d’impact bidon, ça aussi, c’est aussi la démocratie ?

    D’ailleurs ce vendredi 31 octobre, le Conseil général du Tarn, lui-même, a fini par renvoyer l’Etat à ses responsabilités…

    Car Manuel Valls, Ségolène Royal, le gouvernement tout entier nous racontent d’énormes craques : « Seul le Conseil général du Tarn, maître d’ouvrage (quand ce n’est pas « maître d’oeuvre » !), peut annuler le projet… »

    Et l’Etat, il ne siège pas au Conseil d’administration de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, qui est réputée financer 50% d’un projet de 8 millions d’euros, avec les « redevances » des Agences de l’eau, et donc de l’argent public, prélevé sur les factures d’eau acquittées par les seuls usagers domestiques, qui financent ainsi sans le savoir, contraints et forcés, les projets de barrages délirants du Parti du maïs ? L’Etat, il ne peut pas ordonner au directeur de l’Agence, nommé par le gouvernement et révocable à tout instant, ça s’est vu, ici à Adour Garonne, comme ailleurs, d’arrêter le massacre, simplement au vu d’un dossier de demande de subvention totalement bidon ?

    Et l’Etat, il ne peut pas ordonner à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) d’arrêter les frais, sauf à lui couper les financements de l’Agence française de développement (AFD), qui subventionne aussi d’autres interventions calamiteuses de la CACG, qui sévit aussi, en ce moment même, en Afrique, dans des projets d’irrigation ni faits ni à faire ?

    Tous les fonctionnaires en police de l’eau connaissent les cas de collègues qui, ayant refusé d’émettre un « avis favorable » au massacre d’une petite rivière par une Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), ont été démis de leurs fonctions sur le champ, alors que leurs arguments techniques étaient en béton et qu’ils se sont révélés exacts par la suite, quand l’avis favorable a été émis par des arrivistes sans scrupules sur une étude d’impact bidon.

    Et ne parlons pas du scandale énorme des avis « réputés favorables » ! Il suffit à l’Etat d’affecter de moins en moins d’agents à la police de l’eau, comme c’est le cas depuis la RGPP et la MAP. Ils n’ont pas le temps d’analyser toutes les études d’impacts ICPE, et comme au CDH (CoDERST maintenant), « Sans réponse dans le délai imparti, l’avis est réputé favorable »… Ce n’est pas pour rien que la ressource en eau et la biodiversité sont à présent complètement dégradées et qu’il y a des pollutions accidentelles !

    Dans un très proche avenir, avec les « chocs de simplification », « chasse aux normes », expérimentations de « permis unique » et autres démantèlements de pans entiers du droit de l’environnement, les « dossiers Sivens » ça va hélas devenir la norme…

    Mais c’est pas grave puisque les travaux des mêmes brillants sujets, qui ont inventé le mantra « Eviter, réduire, compenser », grâce au transfert d’un demi-crapaud, de trois libellules et de deux ombellifères dans un fossé à quinze kilomètres de la zone de guerre permettront de poursuivre les hostilités… »

    Car, comme le souligne la FNSEA dans une Lettre ouverte datée du 29 octobre 2014, et titrée « Halte à la manipulation », « (…) L’heure est grave. Et si à chaque construction pour du mieux, à chaque projet pour avancer, les activistes sont là, la FNSEA, elle, sera toujours du côté de ceux qui innovent, bâtissent et progressent ».

    Source : http://www.eauxglacees.com/Sivens-Testet-la-face-cachee-de-l

    ——————————-

    Voir aussi l’édito d’Hervé Kempf sur REPORTERRE :

    Un crime du pouvoir socialiste
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6499

    Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.

    Tribune publiée initialement lundi 27 octobre 2014.

    Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. C’est un crime.

    On peut maintenant assurer définitivement qu’une grenade lancée par les forces de « l’ordre » a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. Les témoignages que nous publions incitaient à le penser, les déclarations du procureur de la République, hier, l’a confirmé.

    Il faut aller plus loin : la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride.

    Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet :

    -- l’enquête publique avait conclu à un avis favorable, SOUS RÉSERVE d’un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature. Or, celui-ci a rendu un avis nettement défavorable ;
    -- les travaux de défrichement se sont déroulés sans autorisation préalable de défrichement ;
    -- les opérations obligatoires de diagnostic archéologique préalable ont été oubliées ;
    -- le conflit d’intérêt est manifeste, puisque la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a établi l’étude concluant à la nécessité des travaux, alors que c’est elle qui doit les réaliser.

    Par ailleurs, l’action de la police a été extrêmement violente depuis la fin août. De nombreux témoignages attestent de cette violence souvent gratuite, à l’encontre d’opposants installés sur la Zad essentiellement non-violents. Plusieurs des opposants ont certes, à l’occasion, lors des affrontements de début septembre, lancé des projectiles et parfois des cocktails molotov contre les forces de police. Mais l’esprit dominant, aussi bien sur la Zad que parmi les collectifs, était, avant le 25 octobre, à la non-violence, comme l’attestent reportages et témoignages. La répression provocante menée par gendarmes et CRS à l’encontre de manifestants ou d’occupants pacifiques ne pouvait que viser à susciter des réactions violentes -- servant d’alibi à la répression -- chez les opposants.

    Et par ailleurs, on traitait par le mépris ceux qui, s’engageant pacifiquement, mais au péril de leur santé, ont fait plus de cinquante jours de grève de la faim afin, simplement, d’obtenir… un débat.

    L’obstination du président PS du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, à mener les travaux quoi qu’il puisse en coûter, avec l’appui du préfet et du premier ministre Manuel Valls, est bien criminelle : elle a conduit à la mort d’un homme.

    On sait la tactique suivie par les promoteurs de ce projet inutile et imposé : aller le plus vite possible pour réaliser le barrage. Ensuite, la justice pourrait bien juger de son illégalité, le barrage serait là, inamovible.

    Ce mépris de la loi, de la démocratie, du droit des citoyens, a conduit au trépas d’un jeune homme, et c’est un crime.

    Ses auteurs -- M. Carcenac, M. Valls qui l’a soutenu, tous ceux qui se sont tus parmi les responsables politiques en situation de peser -- portent aussi une terrible responsabilité historique : en continuant à se comporter ainsi, ils alimentent le dégoût de nos concitoyens et concitoyennes pour les pouvoirs politiques, ils encouragent la montée de l’extrême-droite, ils préparent des lendemains dramatiques à ces journées de deuil.

    On peut revenir en démocratie. Laisser la vérité émerger sur les circonstances du décès de M. Fraisse. Suspendre durablement les travaux, le temps de réfléchir, de dialoguer, et d’étudier. Reprendre le contrôle de la police.

    Les responsables du crime se grandiraient en prenant ce chemin.

    Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

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    Et puis aussi, à propos de la prétendue « incompétence des électeurs » et de la prétendue « compétence des élus », ce petit extrait d’une conférence à Lyon, que Benoît vient de créer :

    Merci Benoît.

    • Ca fait peur. Mais de ce que j’ai pu m’apercevoir de la prise de décision publique, je crois que cela se passe tout à fait ainsi, et pas seulement pour la construction de barrages dans le Tarn-et-Garonne. Alors, on a juste là la version des faits d’une seule partie. Mais l’on a l’impression que l’on peut se fier à ce que dit ce Ben Lefetey. Je ne sais trop pourquoi, on « sent » que ce n’est pas une crapule. Peut-être le fait qu’il ne veuille pas imposer sa position, mais qu’il demande juste la tenue d’un débat non biaisé. Sans préjuger de l’utilité ou non de ce barrage, c’est un cas typique où une décision prise par un jury tiré au sort serait un plus par rapport à la situation actuelle. Je ne pense pas que le mode de prise de décision publique actuelle puisse encore durer longtemps : un jour, on trouvera absurde que les gens doivent lancer des cocktail Molotov ou faire la grève de la faim pour faire entendre leur point de vue.

      Reste que le démocratie est extrêmement coûteuse en énergie et en investissement personnel. Derrière cette heure d’explications donnée par de Lefetey, il y a des centaines heures de travail sur le terrain. Le débat informatif à la prise de décision oligarchique est bien plus expéditif. Son gros désavantage est de ne pas est en adéquation avec le réel. Un bel exemple pour entendre le même sujet traité par l’oligarchie (avec des orateurs de sensibilités différentes) :
      http://www.itele.fr/magazines/ca-se-dispute-zemmour-domenach/barrage-de-sivens-questions-apres-le-drame-98902
      Regardez ce débat après avoir écouté les explications de Lefetey : c’est assez effarant.

    • Un autre cas semblable à Sivens de résistance locale à un projet imposé :

      Une synthèse …

    • 5:50 : Pascal Bruckner « Monsieur fait sa crise d’adolescence dans une société sans père ».

      Personnellement, je n’ai jamais été de ceux qui pensent qu’il y a une crise d’adolescence, pour moi c’est plutôt une crise d’adultes, adultes qui n’arrivent plus à cacher par le mensonge et l’isolement les aberrations sociétales.

      L’adulte en devenir, lui, suit son évolution naturelle, l’émancipation par la compréhension de son environnement grandissant.

      Pour revenir au débat et en garder cette comparaison relationnelle enfant et père, il me semble que c’est plutôt l’expression d’un enfant qui s’oppose à un père qui est violent avec sa mère Nature.

      On retombe encore dans ce schéma du transfert de culpabilité…

  8. Passionnant reportage, d’Émilie Brouze sur Rue89,
    à étudier le crayon à la main :

    Saillans, sept mois après : « On fait peur et ça nous pose un gros souci »

    Source : Rue89

    A Saillans (Drôme), en octobre 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

    A Saillans (Drôme), en octobre 2014 (Emilie Brouze/Rue89)
    Emilie Brouze | Journaliste Rue89
    Rue89 est retourné à Saillans où, depuis les municipales, des habitants ont mis en place leur démocratie participative. S’ils trébuchent sur les premières difficultés, leur expérience attire d’autres communes.

    (De Saillans, Drôme) Quand Monique Teghil, 80 ans, rentre d’une réunion du haut de son vélo, elle contemple la crête de montagnes, les Trois Becs à l’horizon, et trouve que l’air est décidément beaucoup plus léger. Elle rayonne :

    « Je ne pensais pas avoir la joie de voir ça avant de mourir ! »

    Voilà en effet sept mois que les 1 199 habitants de Saillans (Drôme) testent une nouvelle manière de gérer leur commune : oubliée la structure pyramidale coiffée par l’ancien maire, place à la démocratie participative avec un modèle sur-mesure, élaboré pendant des mois. Rue89 avait rencontré les nouveaux élus euphoriques, quelques jours après les municipales.

    Depuis, l’expérience a attiré par dizaines les médias. L’équipe a reçu plus de 80 sollicitations de journalistes, de chercheurs, de citoyens et d’élus désireux de s’inspirer de leur méthode. Mardi prochain, ils vont discuter en vidéo-conférence avec la mairie de Plouguerneau (Finistère), une commune bretonne intéressée par la « participation citoyenne », et cet été, un minuscule village de la vallée, Aucelon, a organisé une journée de commissions participatives.

    « C’est merveilleux », répète à l’envi Monique Teghil, sympathisante du projet depuis la toute première réunion.

    Monique Teghil chez elle à Saillans, le 26 octobre 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

    « Les citoyens sont tellement motivés »

    A Saillans, l’expérience politique a généré plus de travail et d’engagement que prévu. Les élus sont à un cheveu de la réunionite aiguë.

    Lors de la journée portes ouvertes de la mairie, le 6 avril, 180 habitants se sont inscrits aux sept commissions thématiques – ils sont 45 de plus aujourd’hui. Les discussions à l’intérieur des commissions ont donné naissance à quatorze groupes de projets (GAP) qui ont mobilisé, sur les rythmes scolaires, jusqu’à 60 personnes.

    Les jeunes cherchent ainsi un local et aimeraient intégrer un réseau local de covoiturage, gratuit et sécurisé, qui faciliterait leurs déplacements.

    Le groupe « aménagement de la grande rue » a lui lancé une procédure d’adoption de jardinières orange pour que des bénévoles prennent soin des fleurs.

    « Les citoyens sont tellement motivés », se félicite Joachim Hirshler, élu, épaté par le travail des habitants sur l’extinction de l’éclairage public la nuit qui vient d’être mis en place :

    « Ils ont conçu une matrice avec des horaires différents selon les saisons, les jours (semaine/week-end) et la situation (quartiers/périphérie). Le prestataire m’a demandé d’où ça sortait : il n’avait jamais vu ça. »

    Un mur d’un bureau dans la mairie de Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

    D’autres dossiers s’annoncent plus complexes, comme la révision du PLU ou encore la décision d’augmenter ou non le prix de l’eau pour rembourser un prêt de 230 000 euros, contracté en janvier pour des travaux.

    Il y a aussi la première « crisette » au sein de l’équipe, au sujet du club informatique du village – il perd beaucoup d’argent. Faut-il encore lui verser des subventions s’il n’est pas viable ? L’équipe municipale a demandé à deux élus du conseil de démissionner du CA de l’association, dont c’était « le bébé », pour pouvoir trancher sereinement sur son avenir.

    L’opposition raille aussi l’oubli de la Journée du patrimoine. Janine Renard, membre du conseil des sages – l’instance chargée de veiller au bon respect de la politique participative – a repéré une autre maladresse : la remise de médaille en chocolat à des employés communaux (ils devraient en recevoir de vraies rapidement, promet le maire).

    « Ils nous ont ostracisés »

    Sept mois sur un mandat de six ans, c’est certes bien trop court pour juger de la réussite d’une telle tentative politique. Le temps permet tout juste de trébucher sur les premières difficultés, d’ajuster le modèle, de comprendre les écueils potentiels.

    Au village, le premier coup est venu de l’extérieur. Saillans n’a pas obtenu de siège à la vice-présidence de l’intercommunalité, lors des élections du 16 octobre. Vincent Beillard, le maire de Saillans, doit se contenter d’une place au bureau de l’intercommunalité. Mais il est élu avec quatorze bulletins blancs. Un désaveu.

    « C’est incroyable que des élus remettent en question notre légitimité », se désole le maire, selon lequel certains ont fait pression sur d’autres pour faire barrage à Saillans, troisième commune du territoire.

    « Ils nous ont ostracisés », accuse Sabine Girard, conseillère municipale.

    « On fait peur et ça nous pose un gros souci. »

    « Des personnes à Saillans ont tendance à penser que ce qui leur arrive est exceptionnel », s’agace de son côté Hervé Mariton, le député-maire UMP de Crest, pour qui la situation est « très banale ».

    « Ça palabre mais rien ne sort »

    François Pégon, l’ex-édile, traverse à grandes enjambées le village. Assis devant un café, le conseiller général MoDem, 62 ans, triture frénétiquement sa sucrette en jurant que l’amertume de la défaite s’est estompée. Pégon rappelle que dans l’histoire du village, aucun maire n’a été reconduit. Constat d’impuissance :

    « Saillans, c’est quand même une ville extrêmement difficile à gérer car il y a un esprit contestataire inscrit dans les gènes… Un esprit revendicatif, vindicatif. Je ne l’explique pas. »

    « Ça palabre pendant des heures mais rien ne sort », peste-t-il encore contre la nouvelle municipalité, « irresponsable » et « sans vision ». Christian Larcher, 68 ans, un retraité inscrit dans plusieurs commissions, tempère : « Il est clair que cette façon de fonctionner est moins productive que quand on décide seul. » Mais il trouve que les projets sont « relativement bien partis ».

    Pégon, lui, enfonce :

    « La gestion pyramidale a un avantage : on sait qui fait quoi. Je ne crois pas à leur mode de gestion participative. »

    L’ancien maire a assisté aux premiers comités de pilotage, les réunions publiques d’échanges et de décisions. « On m’a fait comprendre que j’étais un donneur de leçons. » Pour Fernand Karagiannis, conseiller municipal, François Pégon, n’a pas fait d’efforts pour intégrer le nouveau fonctionnement.

    Il n’empêche que les élus n’ont pas réussi à travailler ensemble, chose que regrette Emmanuel Cappelin, 31 ans, membre du conseil des sages.

    Les copies non conformes

    Ses costumes bien repassés, son côté charmeur, le bras long quand il s’agit de décrocher des subventions : il est clair que le style Pégon, politique à l’ancienne, tranche avec celui de la nouvelle équipe. « J’ai une certaine idée de la fonction », acquiesce-t-il.

    François Pégon à Saillans (E.B./Rue89)

    L’idée même de recevoir une sous-préfète en T-shirt horripile le conseiller municipal d’opposition.

    « Je lui avait dit à Pégon de mettre des jeans, de s’habiller autrement », se désole une dame aux cheveux blancs, près du cimetière.

    La retraitée, qui ne veut surtout pas participer aux réunions publiques, juge les petits nouveaux « un peu trop folkloriques », quoi que très sympathiques.

    Ce côté « copie non conforme » – pour reprendre l’expression de Monique Teghil – déplaît franchement à certains Saillanssons. Entre le Café des sports et la mairie, deux retraitées discutent, très remontées. Celle avec un chignon blond éclate :

    « Ça boit le café, ça fume le chichon, ça ne bosse pas… Saillans va devenir un village de têtes à poux ! »

    Sa voisine regrette l’élégance et les contacts de Pégon. Au sujet du nouveau maire, courroucée : « Cet été, on l’a même vu en maillot de bain dans la grand-rue ! »

    Vincent Beillard, le maire de Saillans, chez lui le 26 octobre 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

    « Bloc de résistance » et participation

    Janine Renard, 67 ans, une infirmière retraitée décroissante, est persuadée qu’il y a un « bloc de résistance » et que les clivages sont peut-être plus exprimés qu’avant. Elle s’est retrouvée l’autre jour dans le bus devant deux dames convaincues que tout ça ne tiendra pas et que la nouvelle municipalité finira par démissionner. « Laissez-les faire, vous critiquerez après », répond Janine à ceux qui blâment.

    « L’important, c’est que ce soit transparent, qu’on soit informés. »

    « Tout le monde ne nous suit pas », me glisse un élu à vélo, croisé dans la rue le dimanche, jour de marché :

    « Demandez-leur pourquoi, j’ai envie de savoir. Les reproches, ça ouvre l’esprit. Même au sein de notre groupe, il y a des voix dissonantes. »

    Le risque avec la démocratie participative, c’est se retrouver à décider au sein d’un groupe restreint – la nouvelle municipalité compte une centaine de sympathisants actifs.

    Pour que la démarche politique ait du sens, il faut maintenir une participation large. Fernand Karagiannis a une crainte :

    « Les gens qui ne s’y retrouvent pas, peut-être qu’ils n’arrivent pas à trouver de l’espace pour s’exprimer… Peut-être qu’avec ce flot d’énergie, les gens à l’écart n’osent pas rentrer. »

    Pour le maire, le risque serait de ne pas trouver les méthodes pour aller chercher ces habitants-là, ceux qui ne font pas le pas. Il y a ceux que la municipalité ne pourra jamais intégrer, ceux qui préfèrent râler au bistrot.

    Pour les autres, « on va essayer de les intégrer par l’action afin qu’ils se rendent compte qu’on n’est pas une force qui impose des idées », explique Fernand Karagiannis. Les élus comptent notamment sur le « diagnostic social » – une enquête sous forme d’entretiens récoltés en porte-à-porte.

    Janine chez elle à Saillans, le 25 octobre 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

    Plus seulement un citoyen passif

    Quelque chose d’autre a changé au village depuis les élections. Comme si l’expérience politique avait ouvert le champ des possibles, avait libéré une énergie au-delà des portes de la mairie.

    Le garagiste a prévenu qu’il n’avait pas le temps de participer aux réunions mais qu’il pouvait prêter sa pelle mécanique à la commune, en cas de besoin.

    Attac, qui a organisé cet été son Altervillages à Saillans, a en remerciement repeint un local désaffecté pour en faire un lieu d’échange et de troc, qu’une petite poignée d’habitants a décidé de rendre plus fonctionnel.

    Des Saillanssons ont récemment appelé la mairie pour emprunter des gants : ils ont pris l’initiative de nettoyer la rivière.

    « Le plus beau, c’est quand ça sort des structures », s’enthousiasme Sabine Girard, géographe et conseillère municipale. Vincent Beillard se félicite :

    « Il y a une sorte de renouveau du citoyen-acteur qui n’est plus seulement un habitant passif. On redonne du pouvoir aux habitants, le pouvoir d’être citoyen, de se prendre en charge, de libérer la parole et l’action. On sentait que c’était quelque chose que les gens s’interdisaient. »

    « L’abri du besoin », le local d’échanges et de dons ouvert par Attac à Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

    Source : Rue89

  9. « Pour ceux qui nous regardent… » Ce que la vidéo change au travail des députés

    http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/28/ceux-regardent-video-change-travail-deputes-255614

  10. Ne ratez pas le fil Facebook de cette question (Camille y explique plein de choses importantes) :
    https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152918938827317?pnref=story

  11. Concernant Saillans
    Il me semble qu’il faut rester vigilant ,rester réaliste : tout peut être remis en question lors d’une prochaine élection .
    Il faut donc éviter le lyrisme démocratique et les conflits de personnes , éviter aussi de donner le sentiment qu’on donne des leçons . Eviter que se constitue deux camps.
    Pour ce faire , on en revient à la constitution, son écriture, pour préciser dans un texte « sacralisé » les règles d’une gestion communale démocratique .
    Ce travail consistant à définir et pérenniser l’organisation politique de la commune , doit être entrepris AVEC l’opposition (l’ancienne municipalité) parce que la démocratie c’est tout le monde autour de la table.
    Il y a là un beau défi constituant qui va plus loin que le simple exercice d’un atelier théorique .
    N’aurait tu pas là Etienne un chantier passionnant à proposer ?

    • Les prochaines élections municipales tant à Saillans qu’à saint-André seront particulièrement intéressantes. Parce que les populations des deux villages auront pu avoir une meilleure compréhension de ce que sont les deux projets concurrents, le démocratique et l’oligarchique. Alors que précédemment, les idées de Camille et de l’équipe de Saillans restaient sans doute fort obscures pour beaucoup. Si dans les deux cas, ils choisissent en connaissance de cause la gestion démocratique, alors je crois que c’est gagné, on ne reviendra plus en arrière. Il restera « juste » à reproduire le même processus à l’échelle nationale. Par contre, si les populations de ces deux villages élisent à nouveau une équipe oligarchique, alors, il faudra qu’on se pose de sérieuses questions sur notre mouvement.

      • Je peux me tromper , ne connaissant pas de l’intérieur ce qui se passe à Saillans ; mais par expérience il vaudrait mieux se poser sérieusement des questions avant qu’un autre processus électoral vienne confirmer ou infirmer.
        Et pour « reproduire le même processus à l’échelle nationale » il faut avoir théorisé la chose ,proposé un mode de fonctionnement reproductible pour toutes les communes ; on ne peut en rester à des cas particuliers ; des règles doivent pouvoir être dégagées . C’est un exercice d’écriture constitutionnel dans le contexte d’un processus réel en cours !
        Il faut penser que ce mouvement est porté par un certain enthousiasme , un mouvement de liberté dans un contexte où la démocratie est bridée ; il faut dépasser ce stade et cadrer un fonctionnement communal qui puisse faire loi.

        • Si une démocratie se constitue comme fédération de communes, le fonctionnement des communes ne peut logiquement pas être standardisé. Car une standardisation serait le symptôme d’un pouvoir supérieur.

          • Di Girolamo

            Il ne s’agit pas de standardiser (chaque commune peut et doit conserver sa spécificité ) mais de fixer les règles du fonctionnement de la démocratie au niveau communal ; ces règles étant d’ailleurs les mêmes au niveau national : on définit ici les modalités de fonctionnement de la démocratie ,c’est à dire du pouvoir citoyen partagé. On décrit et précise l’organisation de la gouvernance .C’est l’écriture de la constitution . Sauf qu’à Saillans , du fait d’un processus démocratique en marche , on en a plus et plus vite besoin qu’ailleurs. Et qu’ailleurs on est en attente et qu’on en a besoin aussi .
            Ce n’est pas un atelier , mais un processus réel en cours qui pour durer et pour essaimer a besoin du travail constituant .
            Il faut aller au delà de ce qui arrive spontanément , réfléchir et théoriser , produire un travail constitutionnel .
            Et cela en intégrant les élus qui ont été battus. Et plus large les autres communes ou personnes intéressées.
            C’est placer la barre très haut , mais autant tirer toute la substantifique moelle de ce mouvement .
            L’atelier Chouard passe de l’exercice de préparation à quelque chose de concret en cours de création.

          • Ana Sailland

            Ah ben « ces règles étant d’ailleurs les mêmes au niveau national » c’est pas standardiser 😉

            Présentement on a en France trois ou quatre expériences démocratiques ; elles sont toutes différentes.

            Une grande question concerne la transition du régime oligarchique vers le régime démocratique, et si possible sans violence. Un point d’entrée de cette transition est possiblement la reprise en main par les citoyens de la politique au niveau local. Reprise spontanée, donc fatalement diversifiée en style et conventions, avant un glissement vers l’institutionnel. Pourquoi si ce rêve se concrétisait faudrait il ensuite vouloir des règles locales uniformes sur tout le territoire ?
            (Notons qu’en Suisse, chaque canton a sa propre constitution …)

          • Di Girolamo

            « Une grande question concerne la transition du régime oligarchique vers le régime démocratique, et si possible sans violence. Un point d’entrée de cette transition est possiblement la reprise en main par les citoyens de la politique au niveau local. Reprise spontanée, donc fatalement diversifiée en style et conventions, avant un glissement vers l’institutionnel »

            Plutôt que d’attendre le glissement spontané (glissade ? ) vers l’institutionnel , il vaut mieux au travers d’expériences diversifiées
            poser des règles permettant à ces expériences de ne plus faire dépendre le démocratique d’une victoire électorale .
            C’est parce qu’il y a eu victoire électorale que des personnes désireuses de mettre en place la participation citoyenne peuvent lancer un tel processus ; hors la démocratie ne peut reposer durablement sur un tel soc .Parce qu’on le sait tous ici , l’élection n’est pas la démocratie . Il faut donc profiter de ces expériences pour définir les règles nécessaires et suffisantes à la démocratie locale et nationale parce que la démocratie , même si elle est productrice de diversités a besoin d’un cadre commun et universel. Cela vaut pour Saillans ,Paris ou Pékin: on sait reconnaître la démocratie et on sait ce qui fait qu’on est ou qu’on est pas en démocratie ; ce qui n’empêche pas un laborieux travail d’écriture.
            Quels sont les points à respecter , les structures et règles à mettre en place pour qu’à Saillans , Paris ,Pékin , en France , en Italie au japon le régime politique soit démocratique et non pas oligarchique ?
             » Pourquoi si ce rêve se concrétisait faudrait il ensuite vouloir des règles locales uniformes sur tout le territoire ? »
            Parce que pour que le rêve devienne une réalité il est nécessaire de dégager des règles non pas uniformes mais universelles. Et un des signes que ces règles seront universelles c’est qu’elles devront respecter et produire la diversité et non pas l’uniformité .
            Ce qui produit l’uniformité c’est le régime oligarchique et idéologique ; la démocratie dont le principe est l’ouverture , le respect , l’écoute de l’autre , l’expression de tous …. ne peut produire que de la diversité . Mais cela ne peut reposer durablement sur la spontanéité ; il nous faut des règles écrites et acceptées par tous et contraignantes pour tous . Le travail dont on a parlé sur un autre fil.

          • Ana Sailland

            Universel mais pas uniforme, faudra m’expliquer 😉

            Universel est un mot aimé des hégémonies.

  12. Ana Sailland | 7 novembre 2014 at 03:14 |

    La démocratie en tant que principe reconnaissant l’égalité de tous et le droit de chacun de participer à la gouvernance est une valeur universelle .
    L’application de ce principe peut être diversifié
    Certaines règles et droits encadrant ce principe et qui en dérivent directement sont aussi universelles : exemple : le droit à l’information ; le droit à la consultation ,le droit à la décision etc
    L’idée c’est qu’il faut profiter des mouvements spontanés pour avancer sur les règles contraignantes afin que la démocratie ne dépende pas que de la faveur des circonstances et de la bonne volonté des gens et que les autres communes puissent bénéficier de ces avancées. Par exemple la participation des gens à la gestion communale doit être cadrée et obligatoire .
    Cela dit j’ai de plus en plus de mal à accéder au site : une fenêtre me bloque l’accès et ferme la connexion; je ne peux y accéder qu’en me dépêchant de cliquer,quand j’y parviens, sur un ancien fil . Etienne avait dit qu’il trouverait un moyen technique pour empêcher l’accès à ceux qu’il jugeait indésirable . J’ai peut être le privilège d’être parmi les premiers censurés sur ce blog qui ne censure pas ,démocratie oblige ?
    Pourrais tu lui demander , toi qui me semble assez proche de lui ? Merci par avance .

  13. oui par exemple obligation d’organiser un référendum local sur toutes les décisions touchant à l’avenir de la commune ; ou de l’intercommunalité ;
    Avec un cadre précis et obligatoire au processus de décision afin que tout le monde puisse être informé ; s’exprimer , que le débat soit approfondi suffisamment , et contradictoire .
    Si c’est facultatif et à l’appréciation des élus …….
    Une constitution est un cadre obligatoire écrit et accepté par tous afin de se donner toutes les chances de pouvoir bien appliquer les valeurs démocratiques communes qui fondent ce contrat social ; l’obligatoire n’est pas imposé par un individu ou un groupe mais permet justement qu’un individu ou un groupe prennent le pouvoir. Le cadre légal s’impose à tous.
    Sinon ,sans cela , il y a un loup .
    Je préfère de beaucoup l’option problème technique . Mais c’est néanmoins bizarre que ce problème n’apparaisse que sur ce site et que sur les nouveaux fils . Mais tu dois être dans la confidence des RG ( sourire)

    • « Une constitution est un cadre obligatoire écrit et accepté par tous »

      Accepté par tous ? Tu en es sûr ?

      • Oui, sinon on ne parle pas de la même chose ; une constitution vient affirmer des valeurs démocratiques d’égalité et de participation de tous au pouvoir d’organiser et construire la société . Et préciser les règles permettant l’application de ces valeurs ; une règle importante étant que ces règles peuvent être améliorées , voir supprimées et modifiées à tout moment par le peuple ; mais sans l’acceptation de tous de ces principes de mise en avant des diversités (et donc des désaccords ) on est pas en démocratie ; il faut un socle commun . Tu peux refuser mais si on parle de la France , alors du perds ta nationalité ; de même pour une commune , tu peux refuser , mais tu perds alors ton droit à participer à la gouvernance .
        Si à Saillans une personne refuse le fonctionnement démocratique mis en place et propose donc un fonctionnement non démocratique , eh bien tant pis pour elle.
        L’intérêt de la démocratie c’est de reposer sur l’unité des diversités . Si on sort de là , on est dans le simple rapport de force et pas en démocratie . Comme aujourd’hui .
        La démocratie c’est la paix ; le rapport de force maîtrisé dans le débat.

        • « La démocratie c’est la paix »

          Ou un affrontement assumé ?

          • Di Girolamo

            Tu es en train de jouer avec moi Ana! (sourire)
            C’est la paix ; l’affrontement devient le moteur de cette paix et se civilise. Pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent sortir de leur conflit , il faut qu’ à un moment donné et des deux côtés , ils se reconnaissent ; on ne veut plus tuer l’autre ; ( la balance négative est quand même dans le camp des israéliens)
            Pour Sivens c’est idem ; pour pouvoir accepter que tous les acteurs se mettent autour de la table avec l’intention de réfléchir et débattre longuement pour trouver une solution , il faut ranger les armes et vouloir la démocratie ; cela vaut pour les élus oligarques mais aussi pour les militants .
            Sinon on fait le lit du FN .
            Beaucoup ne croient pas du tout en la démocratie et préfèrent le rapport de force ; c’est d’ailleurs pourquoi le combat électoral en partis qui s’opposent leur convient si bien .
            Sandy est plutôt sur cette positon du rapport de force ? Mais au fait , où il est Sandy ?
            Bonne soirée . Ou en attente d’une prochaine et malicieuse remarque.

          • Ana Sailland

            Je pense que la démocratie ne serait jamais définitive mais un combat sans fin.

          • Di Girolamo

            Je pense comme toi ; mais c’est mieux de savoir cela et de ne pas renoncer malgré tout que de se cacher la vérité et de croire qu’on a trouvé la lune ; ce qui sans qu’on s’en rende compte nous ramène à la case départ, parce que celui qui croit avoir trouvé la lune veut l’imposer aux autres ,ce qui est une façon de renier la démocratie .
            La démocratie est donc un acte de foi puisqu’on poursuit quelque chose d’inatteignable . Foi , amour ,humilité ….Bigre je file du mauvais coton !!!!!!!

          • Ana Sailland

            C’est presque le FEA de la croix camarguaise 😉

  14. il fallait lire : « l’obligatoire n’est pas imposé par un individu ou un groupe mais permet justement qu’un individu ou un groupe NE PUISSE PAS PRENDRE le pouvoir. »

  15. Un citoyen vient de naître
    Jo Spiegel, maire de Kingersheim, quitte le Parti socialiste après 38 ans de militantisme
    http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/2015/03/31/le-maire-de-kingersheim-jo-spiegel-quitte-le-parti-socialiste-695445.html

    • Citoyen ? Hum… Je tousse.
      Ce voleur de pouvoir aurait-il agi de même s’il avait gagné les élections ?

      • je n’y avais pas pensé ……. bonne question 🙂

        Je note cependant que ce monsieur a visité Vandoncourt et Saillans avant son échec. En recherche de démocratie communale.

        Un qui métonne, c’est Gérard Filoche qui s’accroche comme un naufragé à un bois flottant pourri. Lui aussi, je le crois sincère.

        En fait il y a issu de l’Histoire un formatage des pensées qui tend à maintenir le système, mais il me semble que ça se lézarde.

      • Pas étonnant que les élections fassent de bons perdants puisqu’elles font de mauvais gagnants… 😉

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