Anselme Bellegarrigue : « Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. »

Bellegarriguehttp://www.panarchy.org/bellegarrigue/manifesto.html

Anselme Bellegarrigue
Citations :

• Il n’est, en vérité, pires contre-révolutionnaires que les révolutionnaires ; car il n’est pires citoyens que les envieux.

• Le pouvoir ne possède que ce qu’il prend au peuple, et pour que les citoyens en soient venus à croire qu’ils devaient commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation.

• C’est quand l’autorité de chacun est égale à celle de tous que l’équilibre social se trouve forcément acquis.

• Un peuple qui fait ses affaires est un peuple qui se gouverne, et un peuple qui se gouverne abroge, par ce seul fait, et frappe de désuétude tout le fatras législatif dont l’agitation populaire avait, bien plus que le génie des hommes d’État, favorisé la conception.

• La Révolution c’est le flux des intérêts : nul ne peut représenter les intérêts, ils sont représentés par eux-mêmes. La force d’intensité de leur persévérante et calme manifestation est la seule force révolutionnaire raisonnable et possible.

• On ne peut pas être maître de répartir la richesse sans s’être fait préalablement maître de la richesse ; la répartition c’est donc tout d’abord le monopole

• Si cela s’appelle un métier que de gouverner, je demande à voir les produits de ce métier, et si ces produits ne sont pas à ma convenance, je déclare que me forcer à les consommer est le plus étrange abus d’autorité qu’un homme puisse exercer sur un autre homme. Il est vrai que cet abus s’exerce par la force et que c’est moi qui entretiens, de mes deniers, cette force dont je me plains. Cela considéré, je me replie sur moi-même et je reconnais qu’en même temps que je suis une victime, je suis un sot aussi. Mais ma sottise tient à mon isolement, et c’est pour cela que je dis à mes concitoyens : Redressons la tête ; n’ayons confiance qu’en nous-mêmes ; disons : que la liberté soit, et la liberté sera.

• Mais on dit que la liberté sans frein est menaçante. Qui donc menace-t-elle ? Qui donc doit craindre le coursier indompté, si ce n’est celui qui le dompte ? Qui donc a peur devant l’avalanche, si ce n’est celui qui veut l’arrêter ? Qui donc tremble devant la liberté, si ce n’est la tyrannie ? La liberté menaçante… c’est le contraire qu’il faudrait dire. Ce qui effraye en elle c’est le bruit de ses fers. Dès qu’elle les a rompus, elle n’est plus tumultueuse ; elle est calme et sage.

• Le gouvernement n’est pas un fait, il n’est qu’une fiction. Le fait immuable et éternel, c’est le peuple.

Je dois dire que lire Bellegarrigue, ça décape les tuyaux qui pensent.

147 réponses à “Anselme Bellegarrigue : « Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. »

  1.  » En niant à l’initiative individuelle la faculté de déplacer et de généraliser la richesse par la multiplication, en tournant dans le cercle étroit des capitaux existants sans se préoccuper de ceux à créer, en faisant de la question sociale une question de jalousie au lieu d’en faire une question d’émulation et de courage, on a fait croire à l’efficacité de l’initiative gouvernementale sur la répartition du bien-être ; d’où la nécessité du gouvernement. Mais plus les révolutionnaires veulent du gouvernement pour répartir, autrement dit pour monopoliser, plus aussi les monarchistes veulent du gouvernement pour monopoliser, autrement dit pour répartir. On ne peut pas être maître de répartir la richesse sans s’être fait préalablement maître de la richesse ; la répartition c’est donc tout d’abord le monopole ; d’où il suit que le citoyen Barbés et M. Léon Faucher professent exactement la même doctrine. De cette sorte, la consolidation du gouvernement est due à la double action des royalistes et des révolutionnaires. « 

  2. Donnez le pouvoir à un révolutionnaire, vous en ferez un réactionnaire.

  3. Vouloir me gouverner c’est ne pas me respecter.

    Quiconque en la cinquième vise la plus haute marche sans l’intention de la détruire n’est que despote.

    Il n’existe pas de despote éclairé : tout despote est éteignoir.

    Un parlement parle. Son nom indique bien qu’il n’écoute pas.

    La compétence de tous est supérieure à la compétence de peu.

  4. Faire des Ateliers Constituants :
    Où allez vous ? Tout le monde sait que l’ on est des esclaves sans maîtres vous trouvez utile de le rappeler ? Ou bien c’ est une vengeance personnelle ?. Quand on est fatigué on délègue si on ne peut pas alors on est seul et sa cause risque de ne pas être entendu.
    Ceci dit merci pour les textes des constitutions. Je lis dans la déclaration de 1793 Article XXVIII : Un peuple a TOUJOURS le droit de revoir, de réformer et de changer sa constitution.
    Nous sommes donc plus que légitime.
    L’ Atelier constituant dans ma région est en progrès
    Guy

  5. « C’est quand l’autorité de chacun est égale à celle de tous que l’équilibre social se trouve forcément acquis. »

    Ça j’aime tout particulièrement ( traite de la dictature de la majorité, thème central de la réflexion démocrate, un peu négligé )

    Tout citoyen, même solitaire, doit à tout moment pouvoir s’insérer dans le processus de décision collective, à tous les étages de la subsidiarité, quand il le souhaite, sans présumer de son assiduité antérieure.

    Sont donc à inventer des outils performants lui autorisant ce pouvoir sans autoriser la cacophonie ; et la première moitié de cette intention ne doit pas être limitée par la seconde.

    Mais même ainsi, quand minoritaire, le citoyen peut être écrasé, par ses égaux en droit comme il le serait par un dictateur féroce.

    Nous évoquons plus que souvent le droit d’initiative populaire, qui offre à une part conséquente du peuple le pouvoir d’impulser débat et décision.

    La phrase de Bellegarrigue invite à aller plus loin et à réfléchir au droit d’initiative monocitoyenne.

    Ce n’est pas irréaliste (voir page RV à Lausanne)

    Mais même ainsi, ce droit individuel peut être insuffisant.
    Car lancer une initiative peut la voir être refusée par le peuple.
    Alors oui, le peuple décide,vote, mais la minorité obéit.
    Certains diront : c’est le jeu, faut être fair-play.
    Mais (xcusezmoi) je vois là un travers.
    Difficile à surmonter, certes, voire impossible (?)

    Des procédures d’exception à la loi peuvent/doivent être inventées pour que la loi par tous n’écrase pas un.

    Mais même ainsi ……..

    C’est le pari de l’anarchie qui est effleuré ici, qui refuse parfois même la plus saine des démocraties imaginables.

    Je ne vois que la conscience pour répondre, lorsque la loi la meilleure et la plus juste atteindrait ou atteint ses limites.

    La réflexion sur l’anarchie est indissociable d’une réflexion sur la conscience.

    Il y eut donc en Russie une école des anarchistes spiritualistes.

    Le « sans dieu ni loi » ne peut faire l’économie de l’Esprit.
    Ou bien si ? 😉

    • je m’ y connais insuffisamment mais il semble que tu parles d’ un anarchisme individualiste à la Max Stirner qui est donc forcément « pessimiste » .
      Le conseillisme (ou communisme de conseil) me semble être une forme de gouvernance « impeccable » (au sens de Don Juan l’ impeccabilité etant à un instant ce que les êtres engagent de mieux). Décision consensuel, mandat impératif pour porter plus haut les décisions, ordre du jour, avis etc..
      Le mouvement étant de la base au sommet (le sommet n’ en etant plus un, il n’ est que vérification) et ça redescend vers la base
      G
      Sans Dieu, Avec Loi, et sans Esprit es-tu là

  6. Je travaille pour ma part sur le vote majoritaire. Et je cite ce texte (je reconnais que je n’ en connais plus la source pardon) :
    La prise de décision consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire,
    soit parce qu’il n’existe pas d’État disposant du monopole de la coercition,
    soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales.
    S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors la dernière chose à faire, c’est d’organiser un vote.
    Ce serait organiser une sorte de compétition publique à l’issue de laquelle certains seraient considérés comme des perdants.
    Voter serait le meilleur moyen de provoquer ces formes d’humiliation, de ressentiment et de haine qui conduisent au bout du compte à la disparition des communautés. […]

    Ce n’ est peut-être pas prioritaire mais c’ est important
    Guy

  7. Sur le principe de peur/sécurité le peuple obéit.
    Sur ce même principe le tyran gouverne.
    Or cette peur, à moins d’avoir un revolver sur la tempe, ne repose sur rien puisque personne ne peut dire de quoi demain sera fait. Idem pour la sécurité.

  8. « … pour que les citoyens en soient venus à croire qu’ils devaient commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation. »

    Mais ça ne fonctionne pas comme cela. Le « citoyen » ne donne pas ce qu’il possède, il possède peu sauf s’il est riche. « On » ne lui « donne » pas ce qu’il lui revient, je vais tenter d’expliquer. Proportionnellement les riches donnent moins à l’État que les plus pauvres. Le riche travaille-t-il plus ? Mérite-t-il plus ? C’est le serpent qui se mord la queue. Les richesses ne sont pas réparties, justement parce que les citoyens ne « donnent » pas à la collectivité selon leur richesse. Et que de toute façon, le travail n’est pas rétribué de façon équitable, et que la rente qui n’est pas un travail direct profite plus que le travail. Et que s’il n’y a pas accès à l’éducation , à l’information, à la formation, le citoyen pauvre reste dans sa classe de travail sans espoir d’évoluer ; tandis que le riche peut transmettre tout ce qu’il faut aux siens, pour garder sa condition. Pour qu’il ait accès à une éducation de qualité, il faut que le citoyen en ait les moyens. Avec son salaire mal rétribué, le travailleur du bas n’a aucune chance sans une intervention collective, sans une mise en commun, sans « État ».

    C’est une guerre permanente entre celui qui trouve des failles pour exploiter son prochain, entre tous ceux qui ne voit pas le problème à exploiter les autres, entre eux, et une guerre avec ceux qui ne veulent simplement pas se laisser exploiter. On en revient toujours à la lutte des classe ; mais le mal est profond, il est dans chaque Homme qu n’a pas fait sa « conversion ». Car après tout, qu’est que c’est que ça que « posséder » ? L’animal ne marque que le territoire vital à son espèce et les autres espèces y ont droit de cité et participent à l’équilibre de la Nature. La Terre est-elle le bien de l’espèce humaine ? Peut-elle appartenir à une poignées de « privés » privilégiés plus méritants que d’autres ?

    Qu’en pensez-vous ? Ce que dit Bellegarrigue pourrait être valable dans un monde où on recommencerait continuellement à 0. Le problème à résoudre n’est-il pas plutôt dans ce terme « posséder » ?

  9. « … pour que les citoyens en soient venus à croire qu’ils devaient commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation. »

    Mais en effet, pour que le citoyen riche en soit venu à croire qu’il devait commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut une profonde perturbation un chamboulement, une complète restructuration de la façon de penser, une conversion absolue, un retournement de sens, une apocalypse, une nouvelle Terre et de nouveaux Cieux….

    • Bonjour
      je réponds ici mais cela aurait pu être ailleurs
      Pour que ce Monsieur puisse affirmer ceci :
      « … pour que les citoyens en soient venus à croire qu’ils devaient commencer par donner ce qu’ils possèdent pour arriver au bien-être, il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation.

      Il faut qu’ il soit fou, naïf, idéaliste ou très érudit.
      Pour moi il n’ y a pas eu consentement mais usage de la force au début comme à présent.
      G

      • Il faudrait voir le contexte : parle-t-il de possessions matérielles ou du pouvoir citoyen, bien naturel.

        • Et s’ il s’ agissait de la même chose ce que je crois.
          J’ ai lu des bribes de recherche sur les chasseurs cueilleurs.
          La théorie la plus actuelle veut que si ces gens sont restés dans la cueillette si longtemps ce n’ est pas faute d’ un cerveau développé ou d’ une quelconque arriération mais parceque ils et elles aimaient ce qu’ ils vivaient. Harmonie entre femmes et hommes, aucune archie, et une sérénité (.. amoureuse?)
          http://www.insomniaqueediteur.org/publications/futur-primitif

  10. « La méthode pour changer la règle du jeu compte autant que la règle du jeu elle-même. »
    Jean-Luc Mélenchon hier au 12/13 de France 3 (à environ 11′) à propos d’une constituante.
    Le PG finira-t-il par comprendre qu’une constituante n’est pas en soi le gage d’une bonne constitution mais que c’est bien la manière dont on va désigner ceux qui participeront à cette constituante qui est essentiel? Ce afin de tendre vers une assemblée constituante à « parité sociale » (50% d’ouvriers et d’employés, 20% de chômeurs, etc.), le tirage au sort étant la méthode la plus simple et efficace d’y parvenir. Cela vaut le coup en tout cas d’aider à leur faire comprendre ça, malgré la ribambelle de « chercheurs de place » qui va tenter d’empêcher cette prise de conscience (cf. Clément Sénéchal entre autres).

    • je lis : Ce afin de tendre vers une assemblée constituante à « parité sociale » (50% d’ouvriers et d’employés, 20% de chômeurs, etc.), le tirage au sort étant la méthode la plus simple et efficace d’y parvenir.

      Il faudrait demander à un mathématicien quel est le nombre de constituants représentatif du grand nombre

  11. C’est pas sans rappeler la citation d’Étienne de La Boetie, dans le discours de la servitude volontaire :

    « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ».

  12. c’est fatiguant et usant tous ces discours fondés de mots et encore de mots sans substances réel qui ne représentent le bruit de vos fers d’esclaves embourgeoisés!!! soyez maçon, charpentier, boulanger pendant un ans au moins et vous reviendrez avec des mots qui donneront du sens à un concept!

  13. J’aime bien la photo, il ressemble par son regard a un portrait photo de Geronimo vu autrefois.

  14. Je vous colle ici une partie d’un mail que j’ai envoyé à Étienne, et qui m’a proposé de le partager avec la communauté. Je pense que les idées qu’il véhicule sont intéressantes pour la propagation du « gentil virus ».

    Bonjour monsieur Chouard,

    Je me permets de me présenter, Cédric, j’ai 34 ans, je suis Français, et j’habite et travaille au Japon depuis environ 4 ans maintenant pour des raisons personnelles.

    Il me semble comme vous le dites vous-même, que le plus important, à présent, est d’informer, dans le bon sens, la population. Et de ce fait, il me semble qu’il est important, primordial en fait de comprendre, comment et pourquoi les personnes qui ont commencé à croire en vous, ou plutôt à vos propositions de processus constituant, et qui ont commencé à accepter l’idée qu’ils vivent dans une fausse démocratie, littéralement une oligarchie; il est essentiel de savoir comment ils en sont arrivés à vous soutenir, soutenir votre projet. Car si on comprend pourquoi et comment, en théorie, on serait à même de reproduire l’effet. Mon courrier contient donc un début d’idée pour augmenter l’effet « gentil virus ».

    Je vais raconter ici, comment, et pourquoi j’en suis venu à croire en vous et votre projet. Peut-être cela vous aidera-t-il à reproduire ce même phénomène, en passant je me permets également de vous partager une idée qui m’est venue. Quoi qu’il en soit, je pense qu’à présent, la clef, mais vous le savez probablement déjà, se trouve dans la propagation du « virus ».

    Donc à propos de mon histoire,

    Il y a quelque temps, en début d’année environ, je suis par hasard tombé sur un film documentaire que vous connaissez peut-être, de Nafeez Mossadeq Ahmed qui se nomme « The crisis of civilisation » (Très intéressant, bien qu’un peut vague et propagandiste, enfin à mon avis). Ce documentaire fut mon point de départ. À partir de là j’ai commencé à faire des recherches sur le net, à propos des thèmes abordés dans ce documentaire. Tout d’abord sur la crise pétrolière à venir, j’ai simplement fait une recherche sur le pétrole sur youtube, et je suis tombé sur la conférence gesticulée du scop, le pavé, « Faim de pétrole ». Ensuite j’ai cherché à en savoir plus au sujet du pétrole, j’ai vu nombre d’autres documentaires, articles de journaux, rapports, le site manicore de Mr Jancovici, ainsi que plusieurs de ses conférences. Je suivais même inquiet, tous les jours le cours du baril de pétrole. Puis je me suis naturellement intéressé aux autres sujets, la crise de l’eau, la crise environnementale, financière. Et je me suis dit, mais bon sang qu’est ce qu’il se passe, pourquoi nos dirigeants n’écoutent et ne voient rien, il y a un problème quelque part dans l’engrenage. Puis il y a quelques mois j’ai vu un film qui s’appelle « La vague », film allemand, qui met en scène un professeur, qui sans le vouloir vraiment créer un mouvement autocratique dans sa salle de classe. Le film m’a particulièrement choqué, tout en me faisant prendre conscience de nombreuses choses, que je savais déjà, mais dont je n’avais pas réellement conscience. Bref, suite à ce film, j’ai fait quelques recherches sur l’autocratie, puis dans les liens annexes il y avait une référence à l’oligarchie, le pouvoir non pas du peuple, mais d’une petite caste qui dirigerait le peuple pour leur propre profit. Et là, ça à fait tilt tout seul, je me suis dit, mais attends, c’est notre système ça, les banques et les riches toujours plus riches, qui passent à la TV, le peuple endormi, les problèmes qui grandissent dangereusement, et les dirigeants qui s’en moquent. On n’est pas en démocratie là. Et du coup, j’ai fait des recherches sur l’oligarchie, et je suis tombé sur une de vos vidéos youtube. Et depuis j’adhère totalement, bien que j’avoue que vous utilisez, en tout cas sur votre forum de création de la constitution, un langage technique qui me dépasse un peu (je suis pâtissier de formation, je ne suis allé au lycée que jusqu’en première, d’où mes lacunes) vous m’excuserez. Mais cela révèle aussi que pour la plus grande partie de la population, vos solutions peuvent paraître confuses, floue, ou trop complexes, bien que j’adhère à l’idée générale.

    Donc, ce que j’essaie de vous dire, c’est que le processus qui m’a amené à croire en vous (je dis « vous » pour simplifier, vous comprendrez que je parle de vos travaux et de la démocratie, la vraie en général), était long et complexe, il réclame beaucoup de prise de conscience de la part des gens. En gros il ne faut pas les confronter, pour leur faire comprendre, il ne faut pas s’opposer à ce qu’ils croient, car l’esprit humain est ainsi fait que lorsqu’il est contredit, il se braque, ce sont des défenses naturelles.

    Ce qu’il faut c’est que les gens se rendent compte par eux même, sans que quelqu’un leur explique qu’ils ont tort, il faut qu’ils aient l’impression de découvrir la vérité de leur propre chef. Et c’est très difficile à réaliser.

    J’espère que je me fais comprendre. Pour vous donner un exemple, et également vous faire part de mon projet actuel, je suis en train d’écrire un livre, un roman de science-fiction. Ce livre s’adresse à tous ceux qui aiment la SF, et les histoires de héros, je ne me réclame pas comme étant doué pour l’écriture, c’est mon premier essai, mais je tente, je fais ma part (Cf. colibri). Bref dans ce roman, une des ficelles principales de l’intrigue tourne autour de notre système, je le dénonce par l’intermédiaire des personnages qui ne le combattent pas directement, mais qui, en discutant entre eux, arrivent à un fait, nous ne sommes pas en démocratie, etc. Le lecteur découvre donc par lui-même ce que les personnages pensent. Et c’est important que l’idée ne lui soit pas imposée.

    Je suis conscient que vous n’imposer pas vos idées, au peuple, bien sûr, ce n’est pas votre but, et je sais que vous êtes pour le libre arbitre, mais votre message est perçu de cette manière, surtout lorsque les gens possèdent déjà une opinion qu’ils pensent juste, inaltérable. Il faut donc trouver un moyen de passer sous leur verrouillage inconscient. Et là où Mr Asselineau a raison (juste pour cela, car je trouve l’ensemble de son argumentation contre vous complètement abracadabrante, sauf sur ce point), lors du débat que vous avez eu à la Table Ronde Démocratique de l’UPR, c’est qu’il faudra faire avaler au peuple qu’il devra abandonner le droit de vote. Et ça, ça risque d’être un vrai défi.

    Bref, pour en revenir à mon roman, le lecteur, pour lui, c’est une véritable révélation, il va faire de lui-même la corrélation avec notre monde qui est exactement le même que celui du roman. Et de ce fait vont peut-être, comme moi, essayer de se renseigner sur l’oligarchie, la démocratie, le tirage au sort, et finalement ils vont tomber d’eux même sur le projet du plan C.

    Et à notre époque, où les gens sont obnubilés par les médias, la TV, et un peu par les romans (une faible partie je vous l’accorde), je pense que ce genre de scènes est bien plus mémorable, efficace sur le commun des mortels, que n’importe quelle conférence politique ; les gens regardent plus facilement un film, une série, même amateur, ou lisent plus facilement un roman, qu’une conférence, un rapport, ou un article de presse parlant de politique. L’idée est plus facile à admettre. Ici, je parle de la masse citoyenne, la majorité, qui en général ne se préoccupe de la politique qu’au moment des élections, car c’est bien eux qu’il faut tenter de toucher. Le plus grand nombre. Il faut qu’ils prennent conscience de ce qui se passe, et du pourquoi de leur impuissance, et de ce qu’il faut faire pour y remédier.

    Bref, je pense que vous avez perçu l’idée, et si vous avez lu jusque là, je vous en remercie. Et si par ailleurs vous aviez déjà conscience de tout ce que je viens d’écrire, ma fois, un coup dans l’eau, mais bon, mieux vaut être sûr de la coque de son navire !

    Pardonner aussi mon orthographe lacunaire, je m’emploie à l’améliorer ! ( plutôt important quand on se dit écrivain en devenir, vous en conviendrez).

    Cordialement,

    Cédric

  15. En farfouillant, je trouve ce trésor :

    1848 -> à un jeune ouvrier en armes qui lui dit « Cette fois, on ne nous la volera pas, notre victoire ! », il (Anselme) répond : « Ah, mon ami, la victoire, on vous l’a déjà volée : n’avez-vous pas nommé un gouvernement provisoire ? »

  16. Du point de vue constitution Bellegarrigues était partisan d’une fédération de communes, ce qui rend un maire agressif c’est la protection du préfet.

  17. Ping : Résistance politique: Anarchisme et dissidence… | Resistance71 Blog

  18. Les partis divisent le peuple.

    En admettant qu’ils seraient honnêtes, force est de constater que chacun veut être le salut, le parti sauveur.

    Immodestes, ils sont en concurrence guerrière, et cette concurrence divise, en reflet, en écho, osmose, divise les modestes.

    Pour sauver, dans l’optique du pouvoir, il faut rassembler.
    Et comme ils sont nombreux à vouloir rassembler, les partis divisent, c’est mathématique.

    Les partis divisent le peuple, et créant des clivages en son sein, ils l’écartent de son salut, qui serait l’union naturelle scellée par seulement la vie, le quotidien, son salut qui serait le refus unanime de tout ce qui l’encercle, le contraint, le gouverne, le domine le trahit et le trompe ; ce qui le trahit en prétendant l’assister.

    La cause commune, qui est la souveraineté commune, est mise en lambeaux par ceux qui veulent et prétendent l’incarner.

    Et chaque fois que, désespéré ou au contraire séduit avant désillusion, chaque fois que le peuple vote au petit bonheur la chance pour tel ou tel parti qui se prétend le salut, le peuple vote de fait pour sa soumission, abdique, renonce.

    N’est libre qu’un peuple qui se gouverne lui même sans autre ambition que la responsabilisation de tous, et refuse farouchement de s’en remettre à de prétendus serviteurs qui bien vite l’enferment.

    Ici sur ce site, le phénomène est flagrant !
    Le projet de l’impulseur du lieu et de ceux qui le suivent, est d’éveiller le peuple à son autonomie, à sa compétence, à la claire vision de son droit régalien. Et pourtant nombre d’entre nous viennent susurrer à notre oreille des intentions de vote, susurrer ou gaver, et comme ils sont de bords différents, tentent de nous diviser.

    Les partis divisent.
    Ils sont, avant même le pouvoir qu’ils briguent, l’organe le plus puissant de protection des puissants contre la prise de conscience par le peuple de son unicité et de son droit régalien d’être souverain unique.
    L’insurrection des consciences ne peut s’opérer si elle est fractionnée par eux.

  19. Bon courage au personnel du site … vraiment

    Guy

    • je disais cela dans un mauvais moment. Peu importe c’ est du passé.
      Une des idées auxquels personne n’ a répondu est cette idée de vote majoritaire. Rapidemment je réecris l’ idée :
      La prise de décision consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire,
      soit parce qu’il n’existe pas d’État disposant du monopole de la coercition,
      soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales.
      S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors la dernière chose à faire, c’est d’organiser un vote.
      Ce serait organiser une sorte de compétition publique à l’issue de laquelle certains seraient considérés comme des perdants.
      Voter serait le meilleur moyen de provoquer ces formes d’humiliation, de ressentiment et de haine qui conduisent au bout du compte à la disparition des communautés. […]
      Je lisais par ailleurs la lettre de présentation qu’ un intervenant a ecrit à Mr Chouard, c’ est une bonne idée et je le ferais. A moins de le faire dans un texte. Bref.
      Ce qui meut l’ exposition de cette idée et à la lecture de ce qu’ ecrit cet intervenant c’ est que sûrement, il y a des gens qui ont peur d’ être en dehors du champ d’ une constitution. En d’ autres termes d’ être encore une fois baisés. Or une des idées sur lesquels insiste Mr Chouard est qu’ il faut forger pour être forgeron et cela réponds à l’ objection de trop de discours « intellectuel bourgeois » comme le dit un autre intervenant. La pratique enrichit la théorie et la théorie .. la pratique,et non que que ce qui est débattu ici soit inutile mais c’ est à la pratique de démontrer son utilité. Pourquoi se poser des problèmes qui n’ en seront même pas. Ou bien pourquoi se poser des problèmes alors que nous ne sommes pas outillés pour les aborder.
      Amicalement
      Guy

  20. Gian Piero De Bellis est l’animateur du site d’où est tiré le texte de Bellegarrigue.

    De Bellis a défendu courageusement a la commémoration du congrès de St Imier un anarchisme proche de celui de Bellegarrigue :
    http://www.panarchy.org/debellis/anarchie/index.html

    On peut trouver sur son site quelques perles, par exemple a la même époque que le texte de Bellegarrigue, l’abè Martinet qui parle de statolatrie :
    http://www.panarchy.org/martinet/statolatrie.html

    • Merci frigouret.
      C’est étonnant, et intéressant, un anarchiste royaliste 🙂

      Je note ceci :

      « CHAPITRE V
      Nécessité de disséminer le pouvoir. Inconvénients de sa concentration dans une classe.
      Origine du régime constitutionnel.

      Écoutez bien ceci, peuples qui entrez dans la voie des libertés politiques !

      Quand, par ses abus, la monarchie pure vous oblige à diviser la trame du pouvoir, laissez-en assez dans la main du monarque pour qu’il ne soit pas un fantôme, et effilochez si bien le reste, qu’il en arrive un fil à chaque citoyen sans distinction de rang; faute de quoi vous ne feriez que substituer au despotisme héréditaire, le despotisme le plus inhumain, le plus dévorant, celui qui voyage de main en main dans le cercle d’une classe.

      La position élevée et indépendante d’un monarque, des antécédents de famille féconds en leçons salutaires, la responsabilité inévitable de ses actes au tribunal de l’opinion publique et de l’histoire; enfin, indépendamment des motifs religieux, l’avenir et l’intérêt évident de sa famille, tout, s’il a reçu du ciel une âme et qu’elle ne se soit pas éteinte dans la mollesse, tout lui fait un devoir de se montrer juste, impartial, soigneux des intérêts généraux et de l’honneur de la nation.

      Mais le gouvernement aux mains d’une classe, c’est l’avènement successif et rapide au pouvoir d’individus sans précédents ni avenir qui les dirigent et qui les lient. Ils arrivent là, quelques-uns avec des théories ballonnées qui crèvent au contact des affaires; la plupart avec les prétentions et les idées étroites, exclusives, de la coterie qui les envoie; tous avec un fonds d’égoïsme, qui ne sort du moi que pour aller au nous, qui ne voit de nation que dans la classe gouvernante, et traite tout ce qui est au-dessus et au-dessous en contribuables taillables à volonté. Comme ces rois impromptu ne comptent pas sur le lendemain, et que leur responsabilité n’est qu’une fiction, ils saccagent le présent avec une cupide et sauvage imprévoyance.

      Vous qui, par le nombre et par votre moralité, formez la majorité réelle et la partie la plus saine de la nation, petits propriétaires et bourgeois des villes et des campagnes, artisans et travailleurs honnêtes, vous seriez sans doute les plus propres à donner au gouvernement ses conditions essentielles: simplicité dans la forme, libertés larges, économie sévère. Mais il faudrait pour cela ne prendre conseil que de votre bon sens, de votre droiture, et vous tenir en garde contre les manœuvres des fripons qui, après vous avoir enivrés de mensonges et de flatteries, vous font faire d’étranges calculs.

      Aux approches des élections, ces gens-là, trop décriés dans leur classe pour y exercer quelque influence, s’abattent sur les bourgs et les campagnes. Vous êtes la majorité, disent-ils, le gouvernement vous appartient de droit: la noblesse et la bourgeoisie vous exploitent; nous sommes, nous, les amis du petit peuple; donnez-nous votre suffrage! Si vous les écoutez, ils se serviront de votre mandat pour démolir à leur profit royauté, noblesse, bourgeoisie, et vous n’aurez fait qu’élever au-dessus de vous un peuple de voleurs.

      Ce n’est qu’en vous appuyant à ce qu’il y a de plus honnête dans la haute et moyen bourgeoisie que vous échapperez aux exploitations de la vermine bourgeoise. Mais il ne faut pas abdiquer et dire: Travailler est l’affaire du peuple! gouverner, l’affaire des messieurs! Car le gouvernement seul des messieurs, c’est le despotisme très-poli dans la forme, très-brutal dans le fond.

      Il y a sans doute de grandes lumières et des grandes vertus dans ce qu’on appelle le juste-milieu; mais c’est au suffrage populaire à les chercher et à les produire au grand jour. Abandonnez le pouvoir à cette classe, vous verrez que les grandes lumières et les grandes vertus arriveront trop tard à la curée. Elles sont naturellement casanières, amies du lieu où elles naissent et grandissent, du cabinet et de la famille.

      Le sceptre écherra donc à la tourbe des oisifs, des ambitieux, des déserteurs du foyer domestique, de quiconque se lève matin pour échapper aux sommations de la justice, aux visites des créanciers, et a besoin des affaires publiques pour relever ses propres affaires.

      Une fois au timon, ces messieurs savent s’entourer d’une nombreuse clientèle et conquérir tout ce qu’ils ont perdu et ce qu’ils n’ont peut-être jamais possédé, crédit, fortune, confiance, même l’honneur. La vérité, entravant aussi peu leur langue que la morale, arrête leur main, ils se rendront important par leur intarissable faconde à la tribune et par leur rouerie dans les affaires. Comparé à ces aigles, l’homme de vertu et de savoir ne sera qu’un niais, un incapable.

      Si vous leur confiez jamais la mission de bâtir une constitution, un plan de gouvernement, soyez certains que vous aurez une œuvre digne de leur esprit théoriste, tortueux, formaliste, avocassier, grugeur, mercantile, tracassier, souverainement faux et despotique.

      Et n’allez pas croire qu’ils vous donnent cela gratis. Pas un article qui ne vous arrache une liberté en compagnie de quelques millions. Aussi économes que libéraux, ils résoudront admirablement le problème: Trouver le moyen d’obliger un peuple à payer le plus cher possible la perte de toutes ses libertés.

      Bref, c’est à cette classe que l’on doit l’introduction et le succès momentané du régime soi-disant représentatif […] »

  21. Le veau sans Terre ni Peuple, avec ça cloche portable de verroterie asiatique clinquante et sonnante, ne peut être anarchiste, sauf dans ses rêves de bobo, entre 2 caddies remplis par les Seigneurs qui le nourrissent du foin de sa propre production inutile.
    Le veau est réduit au simple rôle de pousseur de caddies, il n’a d’existence sociale et spirituelle que le bref instant où il le rempli de foin pour lui permettre de se réaliser comme argent, le Dieu juif du bobo. Sur cette purulente marchandise, telle la plupart des insectes mâles après leur bref coït, le veau meurt épuisé par sa copulation sodomite avec l’autre veau, d’Or. Le pousseur de caddie n’a alors plus dans les mains qu’un cadavre encombrant dont il faut à tout prix se débarrasser et ainsi faire tourner La Machine des Seigneurs.
    Le veau ne sera jamais un grec antique. Le supermarché du veau ne sera jamais la Cité. L’Argent du veau ne sera jamais un Dieu. La polyarchie ethnique des veaux ne sera jamais un Peuple.
    Le veau est un troupeau, ontologiquement et anthropologiquement.

    “Fais en sorte que ce sur quoi tu n’as pas prise, ne puisse avoir de prise sur toi” Julius Evola

    • Peut-être que la conjonction des paragraphes 1 et 2 du livre II des « pensées pour moi-même » de Marc Aurèle pourrait calmer votre ardeur…

      En II.1 la praemeditatio malorum (l’exercice spirituel de la « prévision des maux »): Dès l’aurore, dis-toi par avance: « je rencontrerai…
      Un indiscret [qui se laisse aller en « quantité » = eau = thêta]
      Un ingrat [qui ne pense qu’en terme de « qualité » = montagne = bêta]
      Un insolent [qui n’a pas de « veste » à sa taille = éclair = gauche]
      Un fourbe [qui enfume sur la « propriété » = lac = delta]
      Un envieux [qui aimerait avoir le « bras » aussi musclé que son voisin = vent = droit]
      Un insociable [qui ne se réunissent qu’entre tabliers… euh pardon… qu’entre « bagues » = feu = alpha]

      En II.2 « Tout ce que je suis, c’est:
      Une chaire [qui « contient » le sang = terre = para]
      avec un souffle [où « cohabitent » les deux mouvements opposés que sont l’inspiration et l’expiration = ciel = sympa]
      et un principe directeur [le fameux 9ième]

      Donc avec tout çà on obtient la psychosomatique, ou autrement dit, la psycho-neuro-immunologie…
      Psycho (émotion / limbique) = synchronisation hémisphères gauche et droit;
      Neuro (sentiments / cortex) = bêta + alpha + thêta + delta;
      Immuno (ressenti / archaïque) = (1) parasympathique (immunité cellulaire / le repos = le sang revient dans les organes lisses pour se requinquer… marrant de savoir que 90 % des globules blancs sont répartis le long du tube digestif, et s’organise d’ailleurs comme un cerveau autonome et mobile puisqu’il peut recevoir et transmettre des neurotransmetteurs… d’où l’importance du « ventre » en plus de sa production majeure de sérotonine (90% je crois)); (2) sympathique (immunité humorale / l’activité = le sang va vers les muscles pour l’effort… marrant de savoir que le sympathique « court-circuite » le parasympathique à seulement 2 occasions = la recherche de nourriture et la copulation!)

      J’aimerai bien voir la tête des « Seigneurs » le jour où l’académie de médecine acceptait la psychosomatique: les pertes pharmaceutiques seraient énormes! Il faudrait en plus autoriser les praticiens de médecine chinoise à exercer; rétablir le diplôme d’herboriste puisque les plantes sont plus efficaces en terme de bio-disponibilité que les molécules synthétiques; voire rétablir la possibilité aux pharmaciens de faire leurs propres préparations… en gros revoir tout le système quoi (en gardant bien évidement la médecine de pointe quand elle s’impose!)

      Ha Oui… et « troupeau » = cf neurones miroirs…

      et « veau d’or » = n’est-ce pas justement le problème que soulève Foucault entre gnôti seauton (connais-toi toi-même) et epimeleia heautou (le soucis de soi) dans son « herméneutique du sujet »?

      A part ça, j’ai trouvé ce passage de Fourier intéressant, voire révélateur… page 11 et 12 de « Pièges et charlatanisme des deux sectes Saint Simon et Owen »… début de l’article premier « Association intégrale »:
      « Pour être intégrale, elle doit s’étendre aux passions comme aux travaux, utiliser les passions et caractères, les instincts et gouts, les discordes et antipathies, enfin toutes les impulsions naturelles; en former une mécanique générale à défaut de quoi l’on ne peut pas établir de rapprochements industriel entre les 3 classes, riches, moyennes et pauvre. Ce nom de mécanique des passions et caractères n’a aucun rapport avec les visions morales de fraternité; mécaniser n’est pas concilier, mais utiliser réciproquement des discords et antipathies; la morale veut changer les hommes et leurs passions; la mécanique sociétaire les emploie tels qu’ils sont. »

      • Foucault, une des bonnes putes du Benêtland qui a servi la soupe idéologique aux néocons américains …

        Purinement des valeurs, pédophilie, Grand Remplacement, excuse sociétale, tous les ingrédients de la diarrhée libertaire sexialo-consummériste chère aux Capitalistes …

        Mais Niezsche avait déjà établi (avec plus de brio) les principes du déconstructivisme de la raison avant ces fonctionnaires.

        • Tout le monde sait que l’abominable homme des neiges est une invention des moines tibétains pour protéger leurs textes les plus ésotériques. Et c’est vous qui parlez de « deconstruire »… mais vous ne construisez rien, vous ne faites que détruire. On devrait vous appeler « bonnet rouge » vu la dose de pharmaceutrie qui sort de votre bouche… j’aurais préféré que vous me donniez des auteurs intelligents à lire, mais vous inquiétez pas, pas la peine, chacun sa merde comme on dit, de toute facon je ne reviendrai plus sur ce blog. Ciao ciao!

          • Bobo de gôôôche:
            ============
            Michéa :
            « Empire moindre mal, « double pensée »
            faciles à lire, introductifs

            Ingénierie sociale:
            =============
            Clouscard :
            « Capitalisme de la Séduction »
            rigolo et facile,
            Stuart Ewen:
            « société de l’indécence »
            facile sur Kontre Kulture, remplace Debord et tutti quanti par juste un historique du marketing de l’ingénierie sociale

            Phénoménologie :
            =============
            Clouscard :
            « Traité de l’Amour fou »
            un exemple clair de phénoménologie, KK
            assez facile
            Engels :
            « De l’origine de la famille de la propriété et de l’état »
            introductif au précédent, intérêt historique dans la théorie des idées communistes, facile
            Lukacs :
            « Nietzsche La déconstruction de la raison »

            fondamental sur la vraie essence du libéralisme introduite par Nietzsche, assez facile
            Stirner:
            « l’Unique »
            est du Nietzsche « généalogie de la morale » simplifié … facile, rigolo
            Preve:
            « Éloge du communautarisme » où
            Cousin:
            « l’Etre contre l’Avoir »
            introduisent la pensée conservatrice Aristote-Hegel-Marx et donc la critique de Lukacs de Nietzsche ci-dessus

            Politique:
            =======
            Marx&Engels:
            « La question juive »
            courts, facile, KK
            « Le manifeste »
            Carl Schmitt:
            « La notion de politique »
            facile, et fondamental
            « le nomos de la terre »
            grand classique de droit des gens, chiant…
            Annah Arendt :
            les 5 dernières pages de « L’impérialisme » !
            Evola :
            « Les hommes au milieu des ruines »
            Toute la pensée réactionnaire
            « Orientations »
            petit texte à lire en ligne pdf sur la praxis révolutionnaire par diffusion des valeurs « Chevaucher le tigre »
            qui dit le contraire du précédent … du stoïcisme à la Marc Aurèle (littéraire)

            Philosophie:
            =========
            Heidegger :
            « Introduction à la métaphysique »
            prendre absolument avec commentaires pour débroussailler le vocabulaire macaronique … de
            « L’Être et le Temps »
            le livre du XXe siècle

            dur à lire
            son « Nietzsche »
            dur
            « Chemins qui mènent nulle part »
            plus facile, déprimant

            Roman :
            ======
            « Orages d’acier » Ernst Jünger
            la vie d’un non-benêt, mieux que « la main coupée », « A l’Ouest … », « Le feu » etc …

            Zemmourade :
            ==========
            « Le suicide benêt »
            Juste pour encourager financièrement Zorro contre les putes médiatiques

            « Un journaliste est soit une pute soit un chômeur » L’Ennemi Publique N°2

          • Ok pour Foucault qui a fait de la merde. Je me rends compte maintenant que si Aristote a finit ses catégories par l’homonymie du mot « avoir », et d’autant plus par la question « peut être il y en a plus [que 8] » … c’est là l’imposture de Foucault d’y voir une abscence de spiritualité: trop bizarre de conclure par une question => la question elle-même est hautement spirituelle, d’où l’émergence « synergique » du « principe directeur » chez Marc Aurèle, ie la transcendance. Je tiens a préciser que je ne suis pas politisé (membre d’aucun parti mais tendance gôchõ en effet). Je vous remercie pour les références que vous me donnez (bien que ça va me prendre beaucoup de temps). A part ça, comprenez bien que si je m’intéresse à Sun Zi ce n’est pas pour l’appliquer, mais au contraire pour comprendre le revirement qui a eut lieu a son époque => effacement du champs guerrier des qualités viriles yang, rectitude et droiture, les deux vertues cardinales sur lesquelles reposaient l’ordre social, au profit des qualités yin => rien de honteux à faire appel à la ruse pour avoir raison de l’ennemi. D’où le schisme entre « général » et le « souverain » dans le Sun Zi, alors que dans la chine « primitive » le peuple était guidé par des « rois-chamans ». Analogie directe avec la révolution française, en coupant la tête du roi, on dispatche les pouvoirs entre le « capital » et le « management » ?

          • Je ne connais pas Marc Aurèle et le général jaune non plus (j’ai lu 2, 3 trucs marrants) , en moderne y a Poutine ….
            De toute façon, les philosophes antiques, qui même s’ils n’étaient pas croyants, avaient la certitude de la réalité d’un arrière-monde et de dieux, de mystères où au moins d’une Vérité, vu le manque d’explications alternatives , prêtent à quiproquo.
            Aristote est mort, car l’Être est mort, et l’ontologie avec.
            D’ailleurs on peut appliquer ce quiproquo antique/moderne sur la démocratie lotocrasse qui repose sur la « loi naturelle » biaisée par l’athéisme … (voir l’autre commentaire sur anarchie = « l’obéissance non écrite ni dite, à des lois intérieures » )
            Le transhumanisme pose lui l’échappée du nihilisme (contre Heidegger). Il répond à la question de Nietzsche dubitatif « A-t-on déjà vu animal changer d’espèce ? » et donne la substance de sa « volonté de volonté ». Technée est la déesse nouvelle, mais pas celle du temps des grecques, elle a remplacé les Dieux.
            La force du Capitalisme est que la technique est devenue l’Être, ça rien à voir avec la « constitution », et l’alternative est une ascèse à trouver et diffuser (orienter les canines de la technique). Douguine (conseillé de Poutine un temps) voit bien que le 4e Nomos sera fondé sur « un » Dasein de Heidegger. La constitution lotocrasse … ce n’est pas un paradigme … ce n’est même pas une idéologie … 100% des lotocrasses de gôôôche veulent un portable qui les sonnent. De la lotocrasse pour luter contre Karl, le superordinateur quantique planétaire ?
            Comme les princes Fessebouc, Oracle, Gates, Apple etc … Si j’étais seigneur je sponsoriserais les fondations transhumanistes … (la souris Mathusalem fût la première je crois), le melting-potes baudruchonien pour mon troupeau, et la fin des nations qui pourraient m’emmerder… et je filerais un portable gratuit à chaque tiré au sort.

            « On assistera à une hybridité généralisée entre robots informatiques et êtres humains dotés d’implants informatiques capables d’augmenter énormément leurs facultés naturelles. La question de l’espérance de vie sera obsolète. L’introduction de la technologie sur la terre n’est donc pas l’affaire individuelle de l’une des multiples espèces vivantes, mais un événement pivot de l’histoire de notre planète. La plus importante création de l’Évolution l’intelligence humaine a permis de créer l’étape suivante de l’évolution de la vie, qui est la technologie. La technologie, à son tour, créera à elle seule la prochaine étape de l’évolution, sans l’intervention de l’homme. Le fait que cette nouvelle étape ne nécessitera que quelques dizaines de milliers d’années est un autre exemple de l’accélération exponentielle du temps, telle que le veut la Loi du Temps et du Chaos.»
            Ray Kurzweil, aux 15 milliards d’esclaves melting-potés du Global-State

          • La on est d’accord!

  22. Je suis un peu nul en anarchisme. Mais j’ai toujours l’impression que derrière un anarchiste, il y a un néo-liberal qui jubile.
    J’ai tjrs pas compris, qui décide quoi dans un régime dit « anarchique » ( les règles de vie communes, comme quoi appartient à qui, l’argent, les lois, l’école …)
    Si il y a une doctrine hors réalité, il semble que c’est celle la

    • Protagoras,

      Question difficile, car dans les deux cas la liberté est principe directeur.

      Je tente. Les spécialistes diront autrement.

      Oublions la bande à Bonnot.
      Pensons plutôt à la commune et à l’Espagne des années 30.

      L’anarchiste refuse la conscription mais peut quand même prendre les armes pour défendre un collectif.

      Il refusera souvent la loi, mais cherchera l’harmonie.

      Sans programme du CNR, il sera capable de solidarité, d’entraide et fraternité.

      Il ne négociera pas les règles limitant la liberté de chacun pour sauvegarder celle de tout autre, mais il aura cependant la liberté de l’autre comme souci majeur.

      Un collectif anarchiste entrera en synergie non pas suite à la négociation de lois mais suite à une volonté partagée.

      Pour le démocrate, la liberté s’arrête là où commence celle de l’autre, tandis que l’anarchiste obéit librement à ses valeurs. sa liberté consiste en une obéissance, donc, mais non écrite, ni dite, obéissance à des lois intérieures à chacun.

      La démocratie choisit de se fixer des règles convenues, obligatoires, tandis que l’anarchiste suit ses règles en son âme et conscience. Il pourra être plus sévère avec lui-même que la justice ne l’est avec un citoyen.

      Ce qui crée la cohésion anarchiste, c’est, bien que pluriel et différencié, l’humanisme de chacun, qui est absent de la théorie libérale, du moins celle qui anime à cette heure la politique (économique) mondiale.

      Le neolibéralisme s’appuie sur la loi et s’il le peut la module, non pas pour le bien commun, mais pour laisser vivre un corps social désarticulé dont les composantes sont adverses. La théorie sous jacente est que la compétition profite au vaincu.

      L’anarchisme refuse la loi mais pas la cohésion.

      L’anarchie est une démarche spirituelle et le libéralisme est une démarche concurrentielle.

      ;;;;;;;;;;;;;;

      Une question qui se pose est : quid des loubards profiteurs dans une société anarchiste. Les rares expériences réelles indiquent que le danger vient plus de l’extérieur que de l’intérieur …

      Tiens … ça me fait penser à la question des paresseux si survient le revenu inconditionnel.
      C’est exactement la même problématique : deux paris de même nature, sur la valeur intrinsèque de l’individu.

      • La démocratie telle que nous la rêvons/voulons est elle le terreau nécessaire à l’éclosion de la conscience universelle isotrope et partagée qui serait suffisante à l’anarchie, ou bien au contraire est elle une pérennisation définitive de ce qui nous en écarte : le vouloir contrôler par la technicité de la loi, entre autres ? Ou panaché ?

      • @ Ana

        Merci pour l’effort que vous avez fait Ana. Mais je dois vous avouez que je ne suis pas des plus convaincus. Après j’ai un peu la tête dure, je vous l’avoue.
        Je voulais répondre point par point :
        Si ils refusent la loi mais cherche l’harmonie, mais comment font ils quand cette loi est harmonieuse ?
        Que fait on de l’anarchiste pour un crime passionnel ?
        Mais à bien y réfléchir, il est préférable d’être plus général.
        Ce qui me gêne surtout c’est cette vision du consensus venu d’un changement intérieur. Chose nullement possible ici, car la vie est un conflit permanent entre la chair et l’esprit, le soleil et la lune, l’inspiration et l’expiration si tt deux désire exister en même temps, tel des particules élémentaires nous nous heurtons et nous créons…La fin de ce conflit se nome la mort.

        C’est vrai l’anarchie vue comme harmonie, ça a l’air sympa. Comme vous dites Ana c’est spirituel.
        J’aime bien le spirituel. J’essaye à mon modeste niveau de faire quelques promenades à l’intérieur de moi même lorsque j’en ai le loisir. Et il m’arrive de penser que le degré de spiritualité d’un être n’est pas visible de l’extérieur, donc par un tiers, et seulement de l’intérieur, càd par lui-même que cela est mesurable.

        Si je vous lit bien l’anarchiste fonctionne à la morale. Quoi de plus singulier que la morale tant elle est affaire de construction sociale, d’éducation, de plaisir, de souffrance, de variables inconnus encore

        Il semble donc que l’on a fait des lois pour sortir de cette subjectivité de la morale, qui empêche de faire société.*

        J’ai l’impression que l’anarchiste est « l’être parfait ». Mais « l’être parfait » à quoi ? A ce monde en cet instant ? Je ne laisse pas 1 an de vie à l’anarchiste. A celui de demain ? Comment faire lorsque le demain est fabriqué par ceux d’aujourd’hui ? Parfait pour un autre monde ? A ce qui paraît on en termine en croix
        ————-
        * Sauf lorsque cette morale et unique car elle s’adosse à la force, symbolique ou réelle, d’un clergé, caste, roi etc …

        • Oulala, là on a cliqué sur tous les dossiers à la fois hihi.

          Je ne veux pas pontifier : je donne surtout des indications sur ce que je ressens personnellement.

          Il y a de nombreuses écoles de l’anarchisme et je dois bien reconnaître mon inculture.

          Mais j’ai des rêves dont je sais qu’ils sont sérieux 😉

          « Si ils refusent la loi mais cherchent l’harmonie, mais comment font ils quand cette loi est harmonieuse ? »
          >>>>>>>
          L’exemple typique de loi harmonieuse : « on roule à droite ».
          Ça mange pas d’pain comme on dit, et ça aide à pas faire crash.
          Là bien sûr, elle est acceptée. La refuser, c’est se punir, et cela sans la justice étatique. Autogoal.
          Mais la plupart des lois sont inhibitrice de la liberté individuelle, même si au final on peut espérer qu’elles augmentent la potentialité collective.
          C’est d’ailleurs le paradoxe de la démocratie : elle est censée favoriser la liberté collective et l’égalité en droit de tous (à cette heure c’est loupé 😉 ), mais génétiquement elle limite la liberté individuelle. On dit bien : « écrire les lois auxquelles nous accepterons de nous soumettre ».

          « Ce qui me gêne surtout c’est cette vision du consensus venu d’un changement intérieur. Chose nullement possible ici, car la vie est un conflit permanent entre la chair et l’esprit »
          >>>>>>
          Certaines théories peuvent (provisoirement ?) être reçues comme un panneau indicateur de direction et non pas comme un état statique à imposer promptement.
          L’humain a ceci de particulier qui le différencie fondamentalement de la fourmi : il est fortement individué.
          L’humain et la fourmi sont tous deux mus par l’instinct du collectif et la pulsion contributive, mais l’humain est aussi un un. Un être à part entière qui a conscience à la fois de son unicité et de l’unité, unité de son espèce, et au delà (!!), avec des rayons de perception intermédiaires qui sont par exemple la famille, la nation, la classe sociale.
          S’ensuit un conflit entre des pulsions antagonistes. Une sorte de schizophrénie atavique, en sortie d’usine.
          Les choix d’organisation du corps social placent le curseur entre ces deux pôles ; ceux que nous vivons ou avons vécus s’orientent pour la plupart vers la contrainte de l’individu au profit du collectif ( ou au profit d’une oligarchie …).
          Clairement, ces choix inhibent les autres potentialités de l’être, l’altruisme, l’empathie, l’envie d’agir pour autre que soi, les relèguent en partie aux oubliettes ; elle sont tenues à l’écart, ne peuvent ni s’exprimer pleinement, ni se développer/fortifier.
          Le libéralisme est typique de ça, qui promeut la compétition au détriment de la solidarité.
          Le résultat est que nous ne savons pas ce dont nous serions capables si on nous laissait expérimenter ou si nous nous autorisions à tenter le coup..
          Le travail des ethnologues démontre cependant que l’harmonie sans loi n’est pas un mythe. Bien que des lois non écrites existent et malgré tout cadrent.
          Et quelques expériences de l’anarchie vécue aussi.
          Il y a quand même dans l’Homme quelque chose d’immense qui ne s’exprime que peu.
          Protubérances expérimentales (incredible edible) ou aventures personnelles (Mère Theresa) le laissent entrevoir.
          La non violence de Gandhi a quand même libéré un continent. C’est pas rien.
          Nous ici sommes très terre à terre et focalisés sur ce qui est plus que sur ce qui pourrait être, mais certains travaillent en profondeur pour tenter de faire éclore l’homme après l’homme ( cf Aurobindo, Satprem, Mère, et une immense cohorte de chercheurs inconnus de nos normes)

          « Si je vous lit bien l’anarchiste fonctionne à la morale » >>> On pourra lire « La morale anarchiste » de Kropotkine, un tout petit bouquin , mais tout sauf vide. le dens est souvent plus riche que le pavé 😉

          La morale est une question à tirroirs et chaque tirroir contient des secrets et des questions indécidables. Il y a une fausse morale; conséquence à l’intérieur de l’être des influences qu’il a reçues ou subies : il se croit libre de respecter cette morale ou pas, et pense qu’elle est la sienne. C’est toute la question du libre arbitre qui affleure ici, au chapitre de la liberté de choisir qui je suis et ce à quoi je me branche. Il faut ou faudrait beaucoup de sagacité pour savoir ce qui est de soi et ce qui ne l’est pas. Je pense que percevoir le sens de la vie peut aider.

          « Que fait on de l’anarchiste pour un crime passionnel ? »
          🙂 🙂 Je ne sais pas 🙂 🙂
          Mais je relève quand même que notre monde confond allègrement punition du coupable et protection de la société.

          • Je vais lire Kropotkine et je reviens

          • Voilà un début de lecture :

            « Alors la pensée s’affranchit des chaînes dont tous les intéressés — gouvernants, hommes de loi, clergé — l’avaient soigneusement entortillée. »

            « Mais l’ennemi invétéré de la pensée — le gouvernant, l’homme de loi, le religieux — se relèvent bientôt de la défaite. »

            Voilà comment cela comment.
            Certains oui, d’autre non et parfois ces personnages sont dans la même caste, voilà l’embarras.
            Sur les lois, c’est bien normal que K pense les catégories avec l’esprit de son époque. Pensez vous qu’il aurait écrit le même chose, si il aurait vécu dans une réelle démocratie ? De celle ou ceux qui consentissent a la loi, la dicte et la vote.

            « Ne se courber devant aucune autorité, si respectée qu’elle soit ; n’accepter aucun principe, tant qu’il n’est pas établi par la raison. »

            On dirait une phrase des lumières

            « On comprend facilement l’étonnement de nos grands-pères lorsque les philosophes anglais, et plus tard les encyclopédistes, vinrent affirmer, contrairement à ces conceptions primitives, que le diable et l’ange n’ont rien à voir dans les actions humaines, mais que toutes les actions de l’homme, bonnes ou mauvaises, utiles ou nuisibles, dérivent d’un seul motif : la recherche du plaisir.
            Toute la confrérie religieuse et surtout la tribu nombreuse des pharisiens crièrent à l’immoralité. On couvrit les penseurs d’invectives, on les excommunia. Et lorsque plus tard, dans le courant de notre siècle, les mêmes idées furent reprises par Bentham, John Stuart Mill, Tchernychevsky, et tant d’autres, et que ces penseurs vinrent affirmer et prouver que l’égoïsme ou la recherche du plaisir est le vrai motif de toutes nos actions, les malédictions redoublèrent. On fit contre leurs livres la conspiration du silence, on en traita les auteurs d’ignares.
            Et cependant, que peut-il y avoir de plus vrai que cette affirmation ? »

            Bien plus encore maintenant

            « Eh bien, nous ne voulons ni du curé ni du juge. Et nous disons simplement : « L’assa fœtida pue, le serpent me mord, le menteur me trompe ? La plante, le reptile et l’homme, tous trois, obéissent à un besoin de la nature. Soit ! Eh bien, moi, j’obéis aussi à un besoin de ma nature en haïssant la plante qui pue, la bête qui tue par son venin et l’homme qui est encore plus venimeux que la bête. Et j’agirai en conséquence, sans m’adresser pour cela ni au diable, que je ne connais d’ailleurs pas, ni au juge que je déteste bien plus encore que le serpent. Moi, et tous ceux qui partagent mes antipathies, nous obéissons aussi à un besoin de notre nature. Et nous verrons lequel des deux a pour lui la raison et, partant, la force. »

            C’est au chapitre 3 qu’il en parle (sur quoi va t il construire l’anarchisme)

            « Pour distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal, les théologiens mosaïques, bouddhistes, chrétiens et musulmans avaient recours à l’inspiration divine. »

            Non ils avaient recours au livre, qui n’est rien d’autre que des lois écrites par des hommes. Bien sur il était plus simple et plus mordant de dire qu’elles étaient écrites par un dieu.

            Je continue la citation :
            « Ils voyaient que l’homme, qu’il soit sauvage ou civilisé, illettré ou savant, pervers ou bon et honnête, sait toujours s’il agit bien ou s’il agit mal, et le sait surtout quand il agit mal ; mais, ne trouvant pas d’explication à ce fait général, ils y ont vu une inspiration divine. Les philosophes métaphysiciens nous ont parlé à leur tour de conscience, d’impératif mystique, ce qui d’ailleurs n’était qu’un changement de mots.
            Mais, ni les uns ni les autres n’ont su constater ce fait si simple et si frappant que les animaux vivant en société savent aussi distinguer entre le bien et le mal, tout à fait comme l’homme. Et, ce qui est plus que leurs conceptions sur le bien et le mal sont absolument du même genre que celles de l’homme. Chez les représentants les mieux développés de chaque classe séparée — poissons, insectes, oiseaux, mammifères — elles sont même identiques. »
            Si c’est là dessus qu’il essaye de bâtir son idéologie, c’est un peu fragile au niveau de la raison non ?

            « Demandez encore aux marmottes si c’est bien de refuser l’accès de son magasin souterrain aux autres marmottes de la même colonie, et elles vous répondront que c’est très mal, en faisant toute sorte de chicanes à l’avare. »

            Certain passage porte quand même à rire non ? Mais c’est vrai que je ne connais aucune marmotte personnellement.

            Je taquine un peu, mais je vois ou il souhaite en arriver. Du moins il me semble, justifier que faire « le bien » est plus utile à la société que le contraire.
            Ce à quoi je ne peut que souscrire car la civilisation et l’humanité ne se développe seulement lorsque les plus faibles du moment sont pris en compte.

            La question devient comment va t il articuler et faire entrer l’anarchie avec ce fait là ? Mais j’en suis qu’au quatrième chapitre

            « D’autre part, la conception du bien et du mal varie selon le degré d’intelligence ou de connaissance acquises. Elle n’a rien d’immuable. »

            Il commence à comprendre les nécessités de la loi.

            « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent dans les mêmes circonstances. »

            J’arrête pour l’instant la lecture.

          • Ana Sailland

            Suivant ce que tu en diras, ça m’obligera peut être à le relire 😉

            (((Je n’ai rien lu de Bakounine)))

          • Pour finir:
            Je dois dire que je trouve ce Monsieur très sympathique. Il a une vision de l’Humain très proche de la mienne. Je vous remercie Ana pour le lien.
            Cela dit, il est très compliqué de construire un argumentaire, qui tienne la route, qui ferait d’une morale une science.
            Pour lui les lois oppressent, les religions oppressent, les gouvernants oppressent. Ils ne sont pourtant que outils, et dans un outil ce qui compte c’est qui tient le manche.
            Pour K nul besoin donc d’outil. La morale suffit. Comment naît elle ? Selon lui encore elle est innée dans l’animal donc dans l’homme.

            Ch 5
            « D’autres (comme Hobbes) ont cherché à l’expliquer par la loi. Ce serait la loi qui aurait développé chez l’homme le sentiment du juste et de l’injuste, du bien et du mal. Nos lecteurs apprécieront eux-mêmes cette explication. Ils savent que la loi a simplement utilisé les sentiments sociaux de l’homme pour lui glisser, avec des préceptes de morale qu’il acceptait, des ordres utiles à la minorité des exploiteurs, contre lesquels il se rebiffait. Elle a perverti le sentiment de justice au lieu de le développer. »

            Je trouve cela assez alambiqué, et on est loin du rasoir d’Occam. La seule objection qui trouve à fournir est « Nos lecteurs apprécieront eux-mêmes cette explication. »

            ch 6
            « on arrive à constater que ce principe : « Traite les autres comme tu aimerais à être traité par eux dans des circonstances analogues » se retrouve partout où il y a société. »

            Le problème ici, c’est qui considère t on comme « les autres » ? Les esclavagistes utilisaient surement cette maxime envers les autres esclavagistes.

            « Mais nier le principe moral parce que l’Église et la Loi l’ont exploité, serait aussi peu raisonnable que de déclarer qu’on ne se lavera jamais, qu’on mangera du porc infesté de trichines et qu’on ne voudra pas de la possession communale du sol, parce que le Coran prescrit de se laver chaque jour, parce que l’hygiéniste Moïse défendait aux Hébreux de manger le porc, ou parce que le Chariat (le supplément du Coran) veut que toute terre restée inculte pendant trois ans retourne à la communauté. »

            Il est bon d’admettre que dans ce qui fait loi, il n’y à pas qu’oppression.

            « Mais l’égalité en tout — synonyme d’équité —c’est l’anarchie même. Au diable l’os blanc qui s’arroge le droit de tromper la simplicité des autres ! Nous n’en voulons pas, et nous le supprimerons au besoin »

            Qui décide si il y a tromperie ?

            Ch 7
            « Aujourd’hui, quand nous voyons un Jacques l’Éventreur égorger à la file dix femmes des plus pauvres, des plus misérables, — et moralement supérieures aux trois quarts des riches bourgeoises — notre premier sentiment est celui de haine. Si nous le rencontrions le jour où il a égorgé cette femme qui voulait se faire payer par lui les six sous de son taudis, nous lui aurions logé une balle dans le crâne, sans réfléchir que la balle eût été mieux à sa place dans le crâne du propriétaire du taudis.
            Mais quand nous nous ressouvenons de toutes les infamies qui l’ont amené, lui à ces meurtres ; quand nous pensons à ces ténèbres dans lesquelles il rôde, hanté par des images puisées dans des livres immondes ou par des pensées soufflées par des livres stupides, — notre sentiment se dédouble. Et le jour où nous saurons Jacques entre les mains d’un juge qui, lui, a froidement massacré dix fois plus de vies humaines, d’hommes, de femmes et d’enfants, que tous les Jacques ; quand nous le saurons entre les mains de ces maniaques à froid où de ces gens qui envoient un Borras au bagne pour démontrer aux bourgeois qu’ils montent la garde autour d’eux — alors toute notre haine contre Jacques l’Éventreur disparaîtra. Elle se portera ailleurs. Elle se transforme en haine contre la société lâche et hypocrite, contre ses représentants reconnus. Toutes les infamies d’un éventreur disparaissent devant cette série séculaire d’infamies commises au nom de la Loi. C’est elle que nous haïssons. »
            Dans cet exemple K ne nous dit pas que faire de Jacques. Alors oui il faut reconstruire l’histoire qui à fait de Jacques un éventreur. Mais le taulier, n’a t il pas droit aussi à la même indulgence, tt comme le juge.
            Ch 10
            « Il y a des époques, avons-nous dit, où la conception morale change tout à fait. On s’aperçoit que ce que l’on avait considéré comme moral est de la plus profonde immoralité. »
            « Mais si tu sens en toi la force de la jeunesse, si tu veux vivre, si tu veux jouir de la vie entière, pleine, débordante — c’est-à-dire connaître la plus grande jouissance qu’un être vivant puisse désirer — sois fort, sois grand, sois énergique dans tout ce que tu feras. »
            Soit il est mystique, soit c’est un naïf, car c’est bien cela les oppresseurs adoptent comme crédo.
            En fait même si j’ai envie de le croire,mais je ne le peux car il ne regarde qu’avec un œil. Il nous parle de quasi état de nature de la morale altruiste hérité du fond de notre animalité. Et en même temps repousse la hiérarchisation, alors que le monde animal ne fonctionne que comme cela. Il pioche et prend ce qu’il veut en oubliant le reste. Pour une démarche scientifique comme il le souhaite c’est un peu juste.
            On peut résumer ce texte avec une citation du chapitre 7 :

            « un ami interviendra et lui dira : « Imagine-toi à sa place ; est-ce que tu aurais souffert d’être traité par lui comme tu viens de le traiter ? » Et cela suffit. »

            A ça je rajoute :
            Mais j’en suis pas sur

          • Ana Sailland

            un point parmi tous :

            La loi génère-telle la morale ?

            Répondre abruptement oui serait excessif, donc faux.
            Répondre abruptement non, idem.

            La loi contraint à des comportements, et ceci durablement, donc elle crée de l’habitude ; et si l’habitude s’inscrit dans la mémoire cachée, elle peut être confondue avec cette morale évoquée ailleurs qui elle ne serait pétrie que du libre arbitre ou de la perception de l’indicible.

            La loi influence, j’ose dire donc, la morale apparente, effective, celle qui a cours, mais ne crée pas la morale profonde, qui naît aussi d’autres sources.

            Maintenant, la morale influence-t-elle la loi ?

            On ose imaginer que oui. Et cela pourrait réjouir.
            Sauf que si la loi est influencée par la morale, elle le sera principalement par la morale de ceux qui écrivent la loi, une oligarchie, donc, et cette morale là, celle du petit nombre, l’expérience le démontre, ne reflète pas les aspirations morales du grand nombre.

            Si ceux qui écrivent la loi obéissent non pas aux intérêts de leur mandants mais aux leurs propres, ou à ceux de quelques amis d’affaire, alors non seulement ils pourront aller contre les intérêts du peuple, ça s’est eu vu, mais encore, par comme susdir l’intermédiaire de la loi, ils impacteront la morale du peuple, et si je me permets de sortir du strict de la question, ils impacteront aussi sa conscience, sa volonté, son éveil, dans un sens que d’expérience nous savons tout sauf réjouissant.

            Piège mortel, piège à rats, dont nous devons sortir afin de ne pas être rats.

  23. Laurent Queffelec

    À la remarque « Mais il y en a qui ne feront rien !! », Bernard Friot laisse échapper, dans une interview : « C’est moins grave que de faire des conneries… », citant entre autres les salariés de Monsanto, mais on pourrait multiplier les exemples.

  24. Lisez un marxiste comme Clouscard où Lukacs et il vous démontrera que le bobo libertaire est la pute du capitaliste

    Le nombre d’anciens gôôôchistes chez les néocons et dans l’urocratie est ahurissant, on dirait que gôôôchisme est la 1ère cycle du master libéral …

    « Mon égoïsme est mon humanité »

    « La religion de l’Humanité n’est que la dernière métamorphose de la religion chrétienne  »

    « Ma propriété est ce qui est en mon pouvoir; mon droit, s’il n’est pas une permission que m’accorde un être extérieur et « supérieur » à moi, n’a d’autre limite que ma force et n’est que ma force. Mes relations avec les hommes, que nulle, puissance religieuse, c’est-à-dire extérieure, ne peut régler, sont celles d’égoïste à égoïste : je les emploie et ils m’emploient, nous sommes l’un pour l’autre un instrument ou un ennemi. »

    « Je suis le propriétaire de ma puissance, et je le suis quand je me sais ‘Unique’. Dans l’ ‘Unique’, le possesseur retourne au Rien créateur dont il est sorti. Tout Être supérieur à moi, que ce soit Dieu ou que ce soit l’Homme, faiblit devant le sentiment de mon unicité et pâlit au soleil de cette conscience. Si je fonde ma cause sur Moi, l’ Unique, elle repose alors sur son créateur éphémère et périssable qui se consomme lui-même et je puis dire : Je n’ai fondé ma cause sur rien. »

    Max Stirner , la négation des valeurs traditionnelles, annonce la fourmilière d’Hayek dominée par les ‘Uniques’, Seigneurs Capîtalistes pédophiles bobo du Grand Marché, achetant hommes, terres, mers, organes, bébés, utérus, tous « libres » anarchiquement, car sans « tradition ».

  25. Ce que refuse l’ anarchiste il me semble c’ est d’ être nié dans le processus de décision et de se soumettre à quelque chose qui est la négation de son désir. De plus si il a une morale elle ne doit pas l’ exclure comme individu.
    Er c’ est tout.
    Quand je lis :
    Le neolibéralisme s’appuie sur la loi et s’il le peut la module, non pas pour le bien commun, mais pour laisser vivre un corps social désarticulé dont les composantes sont adverses. La théorie sous jacente est que la compétition profite au vaincu.
    Il est dûment expliqué par Arte récemment dans ces émissions sur le capitalisme. Que le marché fait que les puissants fixent les prix et les petits le subissent. Il y a donc violence. Ecrire une constitution c’ est faire en sorte d’ echapper à cette violence. C’ est un projet an-archique.
    Guy

  26. « Les pauvres sont coupables de l’existence des riches. »
    Stirner justifie les riches ici, comme Nietzsche justifiera l’aristocratie avec grand génie, les premiers déconstructivistes libéraux !

     » L’individualisme, au contraire, c’est l’affranchissement, la grandeur, la noblesse ; c’est l’homme, c’est le peuple, c’est la liberté, c’est la fraternité, c’est l’ordre. »

    Bellegarrigue, pute du néolibéralisme avant l’heure.

    « Il défend aussi l’idée, déjà évoquée par Adam Smith dans Richesse des nations, que l’intérêt général est la multiplication des intérêts de chacun » Wikipédia

    « Cela fait-il pour Moi une grande différence de dépendre des sentiments d’un Prince ou de dépendre des sentiments du Peuple, de ce qu’on nomme l’ « opinion publique » ? » Stirner

  27. L’ opinion est l’ œuvre de la séparation généralisée ..

  28. C’est un non sens de croire que l’intérêt général de Smith et comparable a l’opinion générale telle que la critique Stirner, il y a au contraire affinité chez les deux auteurs.

  29. « Quand bien même tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverné dans son instruction, dans son culte, dans son crédit, dans son industrie, dans son art, dans son travail, dans ses affections, dans ses goûts, dans ses habitudes, dans ses mouvements, et jusque dans son alimentation, je déclare qu’en droit, son esclavage volontaire n’engage pas plus ma volonté que sa bêtise ne compromet son intelligence » AB

    Il s’agit d’un cri.
    Pas d’une théorie.
    La théorie vient ensuite, mais la source est la peine.
    L’anarchie, c’est un cri.
    Un raz le bol.
    Et c’est quand l’individu perçoit que tout de lui est décidé par d’autres que ce cri sort, sec, sans pitié pour ceux qui plient.
    C’est donc un cri contre soi tant que l’on se soumet encore.
    Plus peut être que contre les maîtres.
    Cependant :
    « Que se vayan todos » (Qu’ils s’en aille tous), ce cri, je l’ai entendu dans les rues de BA, et il a traversé tout un continent.
    Il ne signifie pas « nous voulons changer de gouvernement »
    mais
    « nous ne voulons plus de gouvernement ».
    Et certains qui s’en emparent ne manquent pas d’air 😉

    • La première citation illustre bien l’opposition
      libertaire-libéral/Aristote-Hegel-Marx.

      « La véritable liberté consiste à comprendre la nature des nécessités du moment. » Hegel

  30. Je suis d’accord avec vous Yéti. Bellegarrigue inverse les valeurs traditionnelles ; exactement comme les nazis ou les néolibéraux en défendant le fort, l’égoïste, l’animal en l’Homme au détriment du faible, de l’handicapé, de l’humain. En cela il leur prépare le terrain.

    Il oublie que le 1er à désobéir, c’est bien l’égoïste, le fort, le riche, le puissant.

    Et à quoi désobéit-il ?
    A son Homme intérieur, pour n’obéir qu’à des lois extérieures. Les lois même bonnes au départ, sont alors galvaudées : elles deviennent alors son jouet pour faire obéir les autres et garder ses prérogatives.

    (Bellegarrigue confond d’ailleurs allégrement « égoïsme » et « individualisme », ce qui n’est pourtant pas du tout la même chose. On peut être un clan, une caste, une collectivité égoïste (nazis, aristocratie…), et être un individu altruiste qui ne prendra pas la place des autres, qui de déplacera pas les bornes, qui connait la bonne mesure.)

    Cela fait très longtemps que les Hommes ont compris cette vérité. Gilgamesh était un tyran qui profitait de sa supériorité, de sa force pour asservir et humilier ceux qui était devenus ses sujets. Il avait établi par exemple comme loi, qu’il pouvait coucher avec toute nouvelle mariée le 1er soir de ses noces. Jusqu’au jour où Enkidu, l’Homme sauvage, envoyé des dieux, vient le combattre. A l’issue du combat où personne ne gagne, ils deviennent amis et inséparables et gouvernent avec justice la cité.

    Il faut comprendre Endiku comme l’Homme intérieur (notre double, l’Homme naturel (?) sans les lois extérieures de plus en plus sophistiquées de la cité mais instruit directement des dieux), la conscience qui fait que l’on sait rester à sa juste place et ne pas léser son prochain (en prenant sa place lors de sa nuit de noce par exemple, lui piquant sa légitime épouse, qui peut être comprise aussi comme sa conscience, mais faible, résignée, soumise).

    Les lois ne suffisent pas à établir un monde juste car elles sont toujours détournées au profit des Hommes égoïstes et forts qui ne savent ou ne veulent qu’obéir qu’à l’Homme extérieur. Pour les contrer, il n’y a en effet que d’autres Hommes qui se doivent d’être forts pour établir des lois tout extérieures pour les empêcher de nuire et pour rétablir un équilibre. C’est une lutte extérieure continuelle, inévitable, tant que nous ne saurons pas lutter intérieurement chacun avec nous-mêmes pour se mettre des limites justes, rendre leur superflu quand d’autres crèvent de misère.

    Mais décréter que l’égoïsme est une bonne chose est une abomination, une régression, que les traditions préhistoriques avaient sans doute déjà compris; L’égoïsme n’est certainement pas la solution. Si on pose ce principe comme valeur, comme solution alors le monde se transforme en une vaste porcherie, où le plus égoïste, le plus filou, le plus fort a le droit de dominer ceux qui ne sont pas assez égoïstes ou faibles ; les gens simplement honnêtes deviennent des idiots à déposséder et la planète une terre de pillage. Voilà à quoi mène la concurrence aux égoïsmes, à vrai dire à notre monde actuel, une sorte de camp de concentration comme le décrit Jacques Lusseyran.
    http://www.urantia-gaia.info/2013/03/05/le-monde-selon-jeremie-regard/

    Jamais nous ne nous en sortirons en prônant l’égoïsme comme valeur.

    • Bellegarrigue confond d’ailleurs allégrement « égoïsme » et « individualisme », ce qui n’est pourtant pas du tout la même chose.

      Mais encore ?

  31. Pour ne pas parler d’individualisme a contre sens il faut comprendre que la spécificité de la socialisation chez l’homme est de permettre l’émergence de son individualité. Les individualistes sont bien entendu favorables a toutes formes d’association et de coopération volontaires.

    • Merci Frigouret,

      La façon dont AB parle des communes et de l’éventualité de leur coopération, mais sans maître qui chapeaute, (il faut quand même lire le bouquin avant de le brûler) laisse supposer qu’il est de ce camp là, des individualistes pas forcément nihilistes.

      Peut être après tout n’a_t_il pas utilisé le mot égoïsme comme nous l’entendons. Il n’avait pas eu l’avantage de lire tous ces auteurs qui n’étaient pas nés et ont plus tard codifié certains termes. Faire un procès sur un mot ou des tournures, certes provocantes, AB semble aimer provoquer, ne devrait pas masquer l’ensemble de l’ouvrage.

      Il faut aussi replacer l’affaire dans le contexte de l’époque. Les balles réelles ne sont pas les lacrymos, et les barricades sont encore moins la manif vue depuis TF1 -> on peut ou doit comprendre qu’une certaine tension pousse l’expression plus loin que le nécessaire jaugé au calme.

      Nos prisons sont multiples, et dans notre soumission, il n’y a pas que la peur du gendarme. Il y a aussi l’instinct grégaire, le suivisme.
      Et surtout le tranquillisme, qui lui est de l’égoïsme basique, car il dit : « je me soumets et ne défendrai pas le plus opprimé que moi, car ainsi je suis tranquille. »
      En face, il y a un autre égoïsme, d’une autre nature, plus réactive et violente, qui dit : « parce que je suis je et compte à mes yeux, je m’insurge et refuse ce qui me domine et prétend me définir.
      Et cela n’a bien entendu rien à voir avec le libéralisme qui prône la liberté des sociétés anonymes et qui s’appuie sur la loi confisquée pour renforcer les inégalités.

  32. Je vous conseille Elisée Reclus : Géographe, anarchiste, écologiste, de Jean-Didier Vincent où l’on découvre que ce monsieur est un anarchiste vivant, agissant, beaucoup plus que pensant. Ami de Bakounine et Kropotkine entre autres. La première partie de l’ouvrage peut être passée.

    Quant aux citations anarchistes, elles m’apparaissent systématiquement comme des slogans éphémères, comme sont celles sur la liberté qui ne peut pas être définie, sinon par ce qu’elle n’est pas et qui impose donc une sujétion à l’instant, une dimension temporelle impossible à concevoir par nos pauvres cerveaux comme l’évoquait Einstein et sa sphère à quatre dimensions.

    Soyez anarchistes mais n’espérez pas qu’on vous considère comme tel au-delà d’une semaine. Il y aura toujours quelqu’un pour estimer justement que vous ne faites pas les efforts nécessaires à l’exercice de la liberté.

    • La liberté est un concept qui me fait penser au noyau de mangue, glissant et impossible à saisir serré.
      La veut on totale qu’on débouche sur le chaos, et l’accepte-ton raisonnablement limitée par le contrat social que promptement on découvre à sa vie des complications aussi nuisibles qu’artificielles.

      La liberté, premier terme de notre devise, ne peut être contenue que par l’égalité, deuxième terme, l’égalité en droit civique et politique, constituant entre autres, une égalité rigoureuse.
      Afin que les limites de la liberté aux fins d’harmonie, limites nécessaires, soient décidées en concertation par tous, et par tous à égalité.
      C’est lorsque l’égalité n’est pas le socle de la loi que la liberté devient mécaniquement maximale pour un petit nombre et minimale pour le grand nombre.
      C’est le grand travers du libéralisme qui prône l’évolution vers plus de liberté, mais dans des conditions initiales où l’égalité est biaisée ou truquée, entre autres par la propriété, et en particulier par la propriété des instruments de vie.
      La liberté permet alors, à ceux qui ont, d’avoir plus, et contraint ceux qui n’ont pas ou n’ont que peu, à dépendre des premiers, donc à leur obéir.
      La liberté sans bride, si elle est initiée sans l’égalité méticuleuse, crée l’inégalité totale.

      • Une définition affirmative de la liberté par Bakounine: « La liberté des autres étend la mienne à l’infini. »

        On aura vite saisi que Bakounine n’était pas économiquement libéral. 😉

      • Complètement d’accord. D’ailleurs, malgré le fait que tout le monde en fasse l’expérience, peu de personnes comprennent que la liberté est une relation sociale, et c’est une relation sociale où chaque individu est mis à égalité.

        Les meilleurs exemples sont la relation que l’on a avec ses parents et les relations d’amitié que l’on découvre en grandissant.

        La relation que l’on a avec nos parents, même s’il y a de l’amour, c’est une relation de dominants et de dominé, une relation d’autorité. En tant qu’enfants puis adolescents et jeunes adultes, on supporte de moins en moins cette relation, et si les parents ne la desserrent pas, cela se transforme souvent en conflits. C’est une relation qui devient asphyxiante, le contraire de la liberté.
        Tandis qu’avec la relation d’amitié, c’est tout le contraire, il n’y a plus de dominants et de dominés, avec nos amis, nous sommes tous sur un plan d’égalité, et c’est avec ce genre de relation que l’on ressent enfin cette fameuse liberté.
        Notre devise, liberté, égalité et aussi FRATERNITE ( solidarité + amitié ), résume bien cela. Toutes ces notions sont inséparables.

      • Je suis moins catégorique que toi Ana sur l’intrication égalité-liberté. Le contre-exemple qui me vient en tête: lors d’une attaque guerrière, les membres d’une communauté désignent un chef de guerre pour prendre les décisions qui conviennent et ne pas subir la lenteur qu’impliquerait la consultation de tous. Ils renoncent à l’égalité pour défendre leur liberté. Pendant la guerre d’Espagne, c’est ce qui s’est passé pour les anarchistes et Durruti. Et quand ce dernier envoie chier Staline, la guerre est perdue.

        En défendant l’usage du tirage au sort en démocratie, on ravive l’égalité devant la loi mais on risque aussi de heurter l’écueil de l’égalitarisme -- tout le monde se vaut -- et donc de subir la dérive des malheureuses expériences communistes forcées de nier les libertés individuelles.

        Je suis bien sûr d’accord avec ton analyse que défendre les libertés individuelles quand l’égalité est biaisée mène aux dérives libérales actuelles. Mais n’y a-t-il pas une notion de liberté collective à inventer -- des individus ne peuvent contraindre des foules -- plutôt que d’espérer une égalité rigoureuse?

        Il me semble que nous ne serons jamais égaux politiquement ne serait-ce que par l’intérêt plus ou moins grand que nous portons à la gestion du collectif.
        Il me semble que nous ne serons jamais égaux rigoureusement parce que c’est précisément nos différences qui nous font exister au sein d’un troupeau de mammifères humains, ainsi différents des autres mammifères.

        Il me semble qu’il nous reste à inventer de l’intérieur ce qu’est un peuple. C’est mieux que d’attendre une guerre et d’être forcés par l’extérieur de nous constituer comme tel. C’est mieux aussi je pense que d’inventer un dieu qui parce qu’il nous regarde de l’extérieur, prouve ontologiquement notre identité collective.

        Notre projet démocratique devrait nous permettre d’auto-générer pour la première fois peut-être la notion de peuple et donc de liberté -- individuelle et collective -- mais je ne suis pas sûr que l’égalité doive être poursuivie avec la même ferveur. Ne serait-ce que pour éviter l’ennui.

        • Je ne pensais bien sûr pas au temps de guerre.
          L’exemple du stratège athénien ou du chef iroquois a été maintes fois évoqué.
          L’inconvénient d’une assertion c’est qu’elle n’est pas un livre exhaustif 😉

          ;;;;;;;;;

          « Il me semble que nous ne serons jamais égaux politiquement ne serait-ce que par l’intérêt plus ou moins grand que nous portons à la gestion du collectif. »
          >>>>
          Partir à la pêche ne devient être victime d’inégalité que si ceux qui ne partent pas ont l’opportunité d’en profiter pour se tailler un costume de pouvoir.
          Les institutions doivent être assez solides pour éviter ce vrai risque.
          Les institutions doivent permettre à tout individu d’entrer dans le bal à tout moment sans présumer de son assiduité antérieure, et il doit être assisté dans cette insertion.
          En outre, le tirage au sort des non volontaires peut aider.

          ;;;;

          Un peuple ?
          On pose souvent la question.
          Pour moi, c’est tout le monde.

          ;;;;;

          J’ai bien dit (ici ou ailleurs, jsais plus) égalité en droit civique et non pas égalitarisme.
          Il m’étonnerait que la participation de tous soit ennuyeuse.

        • Tentons : Qu’appelles-tu ou qu’appellerais-tu « liberté collective?

          (Je note qu’Anselme parle quelque part , de mémoire, de liberté d’une commune, mais ce n’est peut être pas ce à quoi tu penses)

          • Je crains que la poursuite principale de l’égalité et éventuellement son succès nous mènent à l’ennui.

            La liberté collective reste une notion à définir, avec double difficulté: définir liberté et définir peuple. Néanmoins, mon idée est de contre-balancer un peu les droits de l’homme par le droit des hommes constitués en peuple ou nation. Aujourd’hui un intérêt privé de multinationale peut nuire aux intérêts d’un peuple tout entier, la défense d’une liberté collective tendrait à l’empêcher.

          • Ana, j’adore les institutrice -- mais à l’école.

          • Ana Sailland

            Katharina, je demandais une précision à Déhel . C’est mal ?

          • Ana Sailland

            @Déhel | 24 octobre 2014 at 16:38

            Les multinationales sont des entités non humaines qui obéissent sans conscience à un cahier des charges, ou à un programme, dont les fonctions de base sont croître et amasser.
            PDG et autres huiles en sont les acteurs, mais transcendés par l’entreprise, qui compte plus qu’eux, même s’ils ont du poids.

            Il est gavissime qu’on utilise le même vocabulaire, liberté est un exemple, pour ces entités et pour des humains à deux pattes.

            L’idée de liberté collective est intéressante et oui bien sûr à mieux définir, s’il s’agit par exemple de protéger la liberté d’une commune par rapport à un état jacobin.
            Il me semble que c’est là au coeur de la réflexion anarchiste :
            Liberté individuelle et Liberté collective :

            En effet il y a une analogie quand même entre commune et multinationale, en ce sens que ce qui est collectif ou grand sera très souvent en conflit avec ce qui est petit ou individuel.

            Le collectif contient l’individu, le cadre, le contraint, donc limite sa liberté, mais si le collectif est sain, il va produire pour l’individu des avantages ou des situations qui accroissent sa liberté.

            Il y a un curseur à positionner …

            Peut être est ce le « trop grand » qui pose problème,
            et surtout l’anonyme (!) : que l’anonyme dispose de pouvoir et de droit qui submergent ceux de l’individu.

          • L’égalité en droits me paraît au coeur de nos problèmes parce qu’elle pousse à triturer la loi pour lui faire dire ce que l’on veut qu’elle dise. Et les multinationales sont à l’origine de cette dérive qui consiste à embaucher une armée d’avocats pour obtenir de la loi ce qu’elles désirent. Cette dérive a malheureusement atteint l’individu, capable de contraindre le collectif pour satisfaire son intérêt personnel défendu par la loi et surtout par la loi suprême, les droits de l’homme.

            Les droits de l’homme -- remarquons l’usage du singulier -- ont bien évidemment permis d’énormes progrès sociaux dont nous nous félicitons tous mais ont aussi été pervertis par une sujétion globale de notre civilisation à la loi. Le métier le plus exercé en occident crois-je est celui d’avocat, dont le but est le plus souvent de défendre des droits individuels qui lorsqu’ils sont en opposition avec ceux du collectif parviennent trop souvent et malheureusement à l’emporter. C’est pour cela que je ne fais pas de la quête d’égalité la priorité absolue d’un système politique. Parce que l’égalité en droits parvient aujourd’hui à contraindre l’intérêt commun, ie la liberté collective.

            Le problème d’une telle démarche est dans la difficulté de transmettre la nuance: il ne s’agit bien sûr pas d’invalider les droits de l’homme, ni même le code civil mais d’en réduire la toute puissance au profit d’une liberté collective -- encore à inventer. L’égalité en droits pousse au manichéisme et à la polarisation, vrai/faux, bien/mal, gagnant/perdant, alors que la liberté, notion dynamique et fuyante obligera une réflexion un peu plus distante d’un cartésianisme triomphant, responsable des plus grands progrès en même temps que coupable des pires dérives déshumanisantes.

          • Ana Sailland

            Je venais avec d’autres mots de dénoncer la capacité juridique des personnes morales.

            Par contre l’égalité en droit entre citoyens ne me semble pas nuisible. Bien au contraire.
            Pour autant qu’elle ne soit pas biaisée pour cause d’inégalité de fortune ou de renommée.

            Entre un citoyen et sa commune ou l’Etat, là ça devient une question intéressante.
            On touche là au thème de la dictature de la majorité.
            Le collectif est il légitime à contraindre un individu qui ne nuit pas à respecter une décision qui va lui nuire ?
            Virer un paysan pour mettre en eau une vallée, par exemple.
            Cette question est à mon avis sans solution définitive ni universelle.
            Les anarchistes sont à un bout de la question et les jacobins à l’autre bout.
            Fixer un point entre deux par la loi provoquera toujours des cas d’injustice. Dont seront victimes soit l’individu soit le collectif.

  33. Que voulez-vous que j’explique encore ?

    L’ individualiste peut être altruiste comme égoïste. Il n’est pas forcément égoïste.

    Une communauté peut être égoïste comme le prônait l’idéologie nazie par exemple ou certaine idéologie religieuse ou sociologique.

    Un groupe/communauté exerce une coercition sur les individus qui le composent pour qu’ils agissent de telle ou telle façon pour le bien supérieur supposé du groupe. Dans ce cas ces individus perdent leur individualité, leur originalité, leur conscience. Ils sont comme les fourmis, formatés pour être ce que le groupe exige d’eux. Ce sont comme des briques toutes uniformes et remplaçables car travaillées dans le même moule.

    Un individu ayant atteint l’individualisme non égoïste peut en sa propre conscience, vivre, chercher et agir librement pour la justice, de façon désintéressée hors de toute appartenance à un groupe/communauté/caste/famille et hors de tout intérêt égoïste individuel. Il est seul avec dieu (si ce terme veut dire quelque chose). Il est un juge impartial. Il appartient vraiment à l’humanité toute entière, à la vie même, à la création, au tout. Il est une pierre avec ses particularités qui doit s’ajuster aux autres pierres uniques elles-aussi pour former un édifice solide.

    Un groupe non égoïste serait un groupe ou les individus sont individualistes et non égoïstes. Ce ne saurait être un groupe/communauté, il est toujours relié au tout.

  34. Aime ton prochain comme toi même.

    Ce message est il un monument d’égoïsme ou d’altruisme.?

  35. d’altruisme.

  36. Mais Ana, qui est ce « toi-même » ? le petit ego humain ? Et comment aimer son prochain, sans distinction de prochain, si ce prochain est un pervers, un monstre ? ce n’est pas non plus le petit ego en l’Homme qu’on aime.

    La citation complète est :
    Mathieu 22 :36 Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?
    37 Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. 38 C’est le premier et le plus grand commandement. 39 Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même 40De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.

    Il aurait aussi bien pu dire tu t’aimeras comme tu aimes ton prochain. Mais le gros des Hommes ne l’aurait pas compris, seuls ceux qui se sentent coupables ou les prostituées peuvent l’entendre, ceux qui ne sont plus rien, qui n’ont plus d’ego, qui se détestent… En fait aimer dieu ou l’Homme ou d’aimer, c’est pareil. Ça n’a rien d’un égoïsme, ce n’est pas son petit ego qu’on est censé aimer. C’est tout le contraire, c’est la communion universelle, l’amour inconditionnel, dieu en l’Homme.

    Comme l’explique Paul :
     » Celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte : tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne voleras pas ; tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en ces mots : tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi dans sa plénitude  » (Rm 13,8-10)

    Ou encore dans Jean  » Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés  » (Jn 13,34) Ce n’est pas un « je » égoïste, c’est le Christ qui parle , pas un ego humain, c’est dieu, un « je » universel.

    Il y a aussi le précepte au fronton du temple de Delphes, pas si éloigné.
    Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.

    C’est qui ce « toi-même » ? un petit ego puant ?

    • c’est le « comme » qui fait qu’aucun des deux n’est surévalué.

      • Qui est ce « toi-même » ?
        Il faut prendre la citation dans son entier. Aimer dieu = aimer l’autre = aimer soi-même.

        Celui qui se définit comme son égo, qui ne connaît que son ego, ne découvre que la superficie très conjoncturelle. Je ne pense pas que c’est ça qui le fera aimez son prochain, connaître l’univers et les dieux.

        Celui qui se définit comme son ego et dit aimer dieu prie en général comme cela : dieu accorde-moi un bel appartement, une femme belle, douce et aimante, une mari riche et attentionné, une mercedes, une cuiseine équipée, accorde moi de réussir mon concours, de gagner au loto, etc… à la rigueur il priera parfois pour son prochain pour se donner une belle conscience, pour se rassurer, voyez comme je suis gentil, saint et bon, je te remercie de n’être pas comme ce publicain, je suis du côté des élus, etc…

        Celui qui dit aimer son prochain en aimant son ego, le fait pour l’image, le justification que ça lui donne ou parce que ce prochain peut lui être utile, ou pour le rendre redevable.

        On ne peut pas aimer gratuitement alors qu’on a pour base son ego, ce « je » qui se préoccupe de son intérêt, de sa conservation. On le fait justement quand on oublie son ego.

        Il n’y pas d’issue dans l’égoïsme, et si les anarchistes n’osent pas le voir, c’est bien souvent parce qu’ils ne veulent pas utiliser des valeurs qui semblent éculées par les Églises et la morale hypocrites de leur temps. Un peu comme les idées des LePen, même si elles sont bonnes sont forcément discréditées puisqu’elles viennent d’un groupe xénophobe avec des factions racistes.

        Ils ont bien raison de tout déconstruire, de faire table rase à la façon de Descartes, mais ça ne doit pas s’arrêter à une crise d’adolescence.

        Mais vous avez bien raison également de signaler qu’il faut se méfier de la définition que l’on donne des mots. Peut-être AB ne donne pas la même définition que moi du mot égoïsme, mais dans ce cas il aurait fallu citer sa définition si ce n’est pas celle du commun.

        Le principe d’individualisation ne peut pas se ramener uniquement à l’égoïsme. Sans doute de nombreuses personnes utilisent ces 2 termes comme synonymes, mais personnellement je pense que l’individuation est une étape incontournable et souhaitable pour l’évolution d’une société vers plus de conscience, alors que je vois l’égoïsme comme une entrave qui nous mène droit dans le mur. L’égoïsme ne peut voir l’ensemble, il est toujours aveuglé par ses intérêts particuliers, il sacrifie l’autre à sa conservation, à son profit . L’individualisation rend chaque personne égale, la sort du troupeau inconscient et manipulable conduit de l’extérieur. Les motivations à agir, les buts ne sont pas forcément les mêmes. Il permet une ouverture vers autre chose que ce à quoi mène l’égoïsme. Je ne pense pas que la somme des égoïsme mène à une société juste, car il y aura toujours des gens plus égoïstes et plus avides que d’autres, et des gens plus naïfs, plus faibles, plus scrupuleux que d’autres. Donner l’égoïsme comme valeur à une société c’est énoncer un modèle, une règle de vie dangereuse destructrice du meilleur en l’humain. Il faut être égoïste pour suivre dans ce genre de société. Les plus égoïstes domineront les autres et seront valorisés.

        http://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A9goisme
        http://www.cnrtl.fr/definition/individualisme
        http://www.cnrtl.fr/lexicographie/individualisation

        Apparemment Aurobindo ne s’arrête pas à ces définitions non plus. mais on comprend bien ce qu’il veut nous dire. Ce qu’il appelle « Personne réelle », c’est ce que je nomme « individualisation » « individualisme ».

        « Quand nous avons dépassé les savoirs, alors nous avons la
        Connaissance. La raison fut une aide ; la raison est l’entrave.

        Quand nous avons dépassé les velléités, alors nous avons le
        pouvoir. L’effort fut une aide ; l’effort est l’entrave.

        Quand nous avons dépassé les jouissances, alors nous avons
        la béatitude. Le désir fut une aide ; le désir est l’entrave.

        Quand nous avons dépassé l’individualisation, alors nous
        sommes des personnes réelles. L’ego fut une aide ; l’ego est
        l’entrave.

        Quand nous dépasserons l’humanité, alors nous serons l’
        homme. L’animal fut une aide ; l’animal est l’entrave. (…) « 

      • L’ego est il forcément « puant » ?
        N’y a-t-il pas là un sacré a priori ( je ne dis pas un a priori sacré 😉 ) ?

        (En écho à un message plus avant)

        • Enlevez les adjectifs s’ils vous gênent. C’est encore un problème de définition qui nous trompe.

          --> C’est qui ce « toi-même » ? notre ego ?

          L’ego, c’est l’image qu’a de soi un individu. C’est petit, forcément, même quand celui-ci est démesuré. D’ailleurs plus on aime son ego, plus il prend de la place dans notre façon e concevoir la vie, moins il laisse de la place pour aimer les egos de nos prochains. Je pense que si c’est de cet ego dont parle la citation, c’est irréaliste. Celui qui a un gros ego ne voit pas son prochain réellement, comment pourrait-il l’aimer ? On ne peut pas aimer son prochain comme on aime son ego surtout si celui-ci est démesuré. C’est proportionnellement l’inverse. Moins on a d’ego, c’est-à-dire moins on bichonne, on aime son ego, plus on peut aimer son prochain. En général plus l’ego prend de place chez quelqu’un est plus c’est puant pour le prochain, par pour le gros ego, bien évidemment.

          • Si note monde est si puant aujourd’hui, j’en vois la raison principale dans ce culte de l’ego et de l’égoïsme comme valeur.

        • Je ne pense pas d’ailleurs que celui qu a un gros ego s’aime plus que celui qui en a un petit.

          On parle tout simplement d’autre chose dans la citation.

  37. Je ne suis pas croyant mais je me suis poser la meme question (dc meilleur temps de demander a un theologien): Epitre aux romains, 7, 23: « mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat la loi de mon entendement et me rend captif de la loi du pecher qui existe dans mes membres. » (Excuser les fautes). => entendemement=gnothi seauton (connait toi toi meme); loi du pecher ds mes membres=epimeleia heautou (le soucis de soi) (cf ma reponse au premier post de yeti, mais surtout « recherche youtube annick de souzennelle, le feminin de l’etre » (ce fameux soucis de soi qui n’est rien d’autre que la sante// jovialiter // meditation du corps) apres c’est mon interpretation personnelle, sujette a caution!

    • A oui, qqch d’interessant meme pour la psychologie: cf wiki pierre lombard, ds 4e paragraphe ds « doctrine »: « selon cette doctrine, quand nous aimons dieu et notre prochain, cet amour est litteralement dieu, nous devenons divins et sommes absorber dans la vie de la triniter »

  38. Me suis posé beaucoup de questions à ce sujet aussi…

    D’ailleurs, on parle beaucoup d’inversion des valeurs aujourd’hui, mais de quelles valeurs parlent-t-on exactement ?

    On dit aussi parfois que ces valeurs dépendent de la conception de chacun, mais ça j’en suis moins sur… J’ai plutôt l’impression qu’on en a tous besoin pour vivre bien et lorsqu’elles ne sont massivement plus là, lorsqu’on ne leur accorde plus d’intérêt, comme c’est le cas par exemple aujourd’hui, avec des millions de personnes qui agissent sans en tenir compte, on souffre comme pas possible…

    Pour illustrer avec un exemple concret, la cupidité finit toujours par faire des dégâts, autant à celui qui en est victime qu’à ceux autour de lui, la valeur à l’opposé, la générosité, me semble au contraire grandir les personnes.

    On a l’air d’avoir aussi tous une sorte de guide à l’intérieur, qui nous fait réagir lorsqu’on voit quelque chose d’horrible se passer sous nos yeux, un crime ou une catastrophe naturelle.
    Chose étrange, lorsqu’on étudie les traumatismes que provoquent parfois certaines de ces expériences, on se rend compte que le cerveau bug, il ne parvient pas à « assimiler » autant de violence et la personne n’arrive pas à « comprendre » ce qui lui arrive. Ce qui permet de débloquer ce traumatisme est de trouver les mots, de rendre la scène compréhensible et de se libérer des émotions qui ont été bloquées sur l’instant. Est-ce à croire que nous ne sommes pas naturellement « équipés » pour faire face à la violence ?

    • Bien au contraire… il y a une asymetrie de neurotransmetteurs entre l’hemisphere gauche et droit. A gauche il y a surtout de la dopamine (molecule de la recompense, par exemple quand on trouve les mots pour « le » dire, et pour tte recompense en general qui apporte de l’estime), tandis que l’hemisphere droit est « pre »-conscient, puisqu’il reagit a la vision qui est le plus rapide de tous les sens, instincts de survie en general… donc (tjrs ds hemi droit) serotonine si tout va bien, et noradrenaline si danger, qui lui mm va activer le systeme nerveux autonome sympathique pour que le corps puisse reagir… (et l’hemi gauche active le parasympathique « reposant » par exemple durant la meditation)… probleme des traumas= possibiliter d’atrophie d’une region cerebrale, heureusement le cerveau est « plastic » donc peut se « retablir »… mais necessite travail et emotions positives.

      • Par contre, comme vous l’avez mentionner, un point reste a preciser: si les grands meditants resistent mieux a la violence, c’est precisement parce que la meditation resynchronise les deux hemispheres (par les ondes delta qui favorisent la production de serotonine, la molecule du bonheur). Le prosak est un antidepresseur qui vient combler un manque de serotonine… la sante future passera-t-elle par des heures payer de meditation? … en tout cas 2 livres me sont cher: « la solution interieure » de thierry janssen sur l’essor des medecines alternatives, avec un chapitre sur le cerveau juste geniale, et « un cerveau a 100% » par eric braverman, un livre pratique sur les 4 neurotransmetteurs principaux (dopamine, serotonine, acetylcholine et gaba).

        • Disons que j’abordais plus la question sous l’angle du pourquoi, le comment j’avoue avoir un peu de mal, dans la mesure où nous ne connaissons pas toutes les subtilités de notre fonctionnement.
          Sinon je viens pour ma part de découvrir Michel Dogna, à travers Prenez votre santé en main.
          Quand je vois toute la recherche qui a été faite sur les ondes et le fonctionnement chimique de notre corps, et qu’elle se trouve aujourd’hui entre les mains de personnes qui peuvent l’utiliser sans nous demander notre avis, je me dis qu’il faudrait urgemment remettre sur le tapis la question de la science sans conscience.
          Car sinon, où cela nous mènera-t-il ?

  39. presque hors sujet mais si intéressant :
    https://www.youtube.com/watch?v=Yny3Ks92lXc
    6 docu de arté sur le capitalisme

  40. Est LE principe libéral, le droitdelhommisme de bobo le chiteux:


    « Avant tout, nous constatons que les droits dits de l’homme, les droits de l’homme par opposition aux droits du citoyen, ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la collectivité. […]
    Or le droit humain de la liberté n’est pas fondé sur l’union de l’homme avec l’homme, mais au contraire sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu borné, enfermé en lui-même. L’application pratique du droit de l’homme à la liberté, c’est le droit de l’homme à la propriété privée.
    En quoi consiste le droit de l’homme à la propriété privée ?

    Art. 16 (Constitution de 1793) « Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. »

    Par conséquent, le droit de l’homme à la propriété privée, c’est le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer à son gré, sans se soucier d’autrui, indépendamment de la société c’est le droit de l’intérêt personnel […]

    Art. 8 (Constitution de 1793) « La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. »

    Par la notion de sûreté, la société civile ne s’élève pas au-dessus de son égoïsme. La sûreté, c’est plutôt l’assurance de son égoïsme.
    Ainsi, aucun des prétendus droits de l’homme ne s’étend au-delà de l’homme égoïste, au-delà de l’homme comme membre de la société civile, savoir un individu replié sur lui-même, sur son intérêt privé et son caprice privé, l’individu séparé de la communauté […]
    nous voyons que les émancipateurs politiques réduisent la citoyenneté, la communauté politique, à un simple moyen pour conserver ces prétendus droits de l’homme, que le citoyen est donc déclaré serviteur de l’homme égoïste, que la sphère où l’homme se comporte en être communautaire est rabaissée à un rang inférieur à la sphère où il se comporte en être fragmentaire […]
    En fait, la liberté de l’homme égoïste et la reconnaissance de cette liberté, c’est plutôt la reconnaissance du mouvement effréné des éléments spirituels et matériels qui constituent le contenu de sa vie.
    C’est pourquoi l’homme ne fut pas libéré de la religion : il obtint la liberté des cultes. Il ne fut pas libéré de la propriété; il obtint la liberté de la propriété. Il ne fut pas libéré de l’égoïsme du métier, il obtint la liberté du métier […]
    L’homme égoïste est le résultat passif, tout trouvé, de la société dissoute
    , objet de la certitude immédiate […]

     » Karl Marx ‘La question juive’

    • « Ma liberté finit où commence celle des autres »
      est le principe libéral par excellence

    • Ce qui peut se résumer par :

      Bobo le shiteux de gôôôche, qui aime se faire tripoter par les petites filles, applaudit à l’effeuillage de la souveraineté des états par les Seigneurs Capitalistes, car c’est droitdelhommiste et c’est moderne. »

    • Hé hé, c’est une très chouette affiche, avec un beau design. 🙂 Par souci de symétrie, j’aurais juste ajouté une seconde citation dans le deuxième cadre, relative à l’influence du pouvoir de l’argent dans les campagnes. Par exemple, Bernays aurait tout à fait sa place ici : « Généralement, on ne réalise pas à quel point les déclarations et les actions de ceux qui occupent le devant de la scène leur sont dictées par d’habiles personnages agissant en coulisse. » , ou « À partir du moment où l’on peut influencer des dirigeants, automatiquement on influence aussi le groupe qu’ils tiennent sous leur emprise. » , ou encore « On peut amener une collectivité à accepter un bon gouvernement comme on la persuade d’accepter n’importe quel produit. »

    • « Ce qui maintient un grand nombre de citoyens sous le même gouvernement, c’est bien moins la volonté raisonnée de demeurer unis, que l’accord instinctif et en quelque sorte involontaire qui résulte de la similitude des sentiments et de la ressemblance des opinions […] il n’y a société que quand des hommes considèrent un grand nombre d’objets sous le même aspect; lorsque, sur un grand nombre de sujets, ils ont les mêmes opinions; quand enfin les mêmes faits font naître en eux les mêmes impressions et les mêmes pensées. »
      « Du merdier multi-culturel au Benêtland » Tocqueville

      « Le veau pense à son caddie. Aller voter l’ennuie le plus souvent, alors diriger un (ex)pays est une totale perte de temps et de foin pour lui, sauf si le foin est plus abondant pour un lotocrasseux. »
      Feric Jaggar

      « Le veau réélit toujours le corrompu …
      _ Pourquoi ?
      _ Dis moi ton honneur je te dirai ton époque et sa constitution. »

      Feric Jaggar

      « Reconnaissez à chaque province, à chaque commune même, le droit de se séparer »
      dit Bakounine
      « et à chaque individu »
      ajoute le veau moderne du troupeau capitaliste

      « Vive le béton ! Vive l’immigration ! »
      dit le veau
      « 1 colon + 4 voiles = 46 prolétaires »
      répond le Seigneur

      http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Polygamie-Hortefeux-Lies-Hebbadj-199813

  41. j’écrivais plus haut en diagonales:

    « Ne jamais perdre de vue que dans l’exercice du pouvoir, les oppositions haut/bas priment toujours sur les oppositions droites/gauches.
    La primauté de la verticale sur l’horizontale, évidement, ne signifie en rien que les oppositions droite/gauche soient secondaires, mais que les conflits droite gauche ne peuvent être tranchés que par les dépositaires du pouvoir.
    Qu’elles soient de droite de gauche ou scientifique, ces autorités -qui ont provisoirement confisqué le pouvoir- trouvent leurs justifications en elles même, c’est à ce titre qu’elles peuvent être qualifiées de théocratiques.
    le théocrate justifie son autorité au nom d’un principe subjectif. La prise de pouvoir qu’il opère au nom de ce principe, par une ‘intériorité de substitution’, consiste dans la confiscation de la subjectivité de ceux qu’il domine, à toute fin de les priver de souveraineté. »

    Cette structuration du champ politique en croix, droite/gauche, haut/bas, devrait être reconsidérée pour y ajouter la dimension suivante qui n’y est pas encore franchement intégrée, à savoir: l’opposition intérieur/extérieur qui s’applique tant à l’individu, comme dans la dialectique Esprit+Âme/corps, qu’à la collectivité dont on peut être banni pour de bonnes ou de mauvaises raisons, qu’elle soit communale, nationale ou globale.
    (On devra sans doute rajouter aux trois précédente un facteur à ‘m’ dimensions qui serait utiles pour décrire les variations subtiles de l’axe micro/macro, Soi/Univers.)

    En attendant dieu est mort dans l’œuf, c’est bon pour les affaires!

    Tout cela semble évidement une vision un peu schématique des luttes politiques, sauf si on croit qu’un bon dessin vaut mieux qu’un long discours….

    Et justement, cette prise de pouvoir théocratique est l’incarnation même de la prise de pouvoir de l’externe sur l’interne. De leur point de vue, dieu doit être barbu …en blouse blanche. À l’autre extrémité de cette ligne, quand le regard s’est retourné vers l’intérieur, dieu n’a pas de nom, pas d’identité …au moins pour la prudence.

    cf à propos d’narchie: « l’obéissance non écrite ni dite, à des lois intérieure »

    Analogiquement à ce qui est dit plus haut, de la même façon que les conflits droite gauche ne peuvent être tranchés que par les dépositaires du pouvoir. un sans-pouvoir ne pourra pas trancher un conflit interne externe. Et il me semble que cela répond à la question de ‘quelle morale pour les anarchistes?’. comme un prolo sera soumis à la morale théocratique sciento-cléricale, mais cessera d’être un prolo pour devenir un anar, au moment ou il sera suffisamment maître de lui-même pour faire prévaloir sa propre morale sur celle des experts. Ce qui permet de dire que si « les anars sont à un bout et les jacobins à l’autre, c’est aux extrémités de l’opposition interne/externe.

    Suivant ce schéma et pour répondre à « dans un anarchiste je vois toujours un libéral qui sommeille », on voit bien que si le libéral et l’anar ont la liberté pour moteur, ils sont en opposition interne externe. factuellement la liberté du libéral est dévolue au marché qui est le comble de l’extériorité, quand la liberté de l’anar a vocation, économique entre autres, d’animer ses échanges fraternels. ce qui est singulièrement plus intérieur.

    Le paradoxe de l’anarcho-démocrate c’est de faire primer l’intériorité, sa propryété, sans abandonner ceux qui n’y ont pas accès, ou plus prosaïquement en se défendant, et en défendant les autres, des experthéocrates qui eux estiment avoir un droit de propriété sur le sang la sueur, et ce qui l’unit.

    Au final le principe de gouvernement est que c’est l’intériorité qui prime sur toutes les autres dimensions.

    « Les rares expériences réelles indiquent que le danger vient plus de l’extérieur que de l’intérieur … »

    Son corollaire immédiat est évidement que si l’intériorité prime, elle ne saurait primer sur les autres! ce qui implique de mettre les théocrates et leur cortège d’expert scientifique aux rebuts et de rendre à Dieu la place qui est la sienne, dieu est une propriété privée! Un bien propre …et muet pour les autres!

    • anarchie = « l’obéissance non écrite ni dite, à des lois intérieures »

      Exact, la contradiction de l’idiot utile est là, relevée par le marxiste où le réactionnaire, et dogme hypostasiée par Nietzsche pour le libéralisme capitaliste.

      Dans la ‘Question Juive’ Marx dit :

      « C’est parce que l’essence véritable du Juif s’est réalisée, sécularisée d’une manière générale dans la société bourgeoise, que la société bourgeoise n’a pu convaincre le Juif de l’irréalité de son essence religieuse qui n’est précisément que la conception idéale du besoin pratique. Aussi ce n’est pas seulement dans le Pentateuque et dans le Talmud, mais dans la société actuelle que nous trouvons l’essence du Juif de nos jours, non pas une essence abstraite, mais une essence hautement empirique, non pas en tant que limitation sociale du Juif, mais en tant que limitation juive de la société. »

      « L’illuminé », est celui qui « sait », qui a vu la vraie nature de Dieu, il n’a pas besoin de dogme pour s’éviter de divaguer, le dogme sert à la sauvegarde des âmes de ceux qui « croient » mais ne savent pas. C’est le principe des religions, de la Vérité de Platon à l’Islam, du Bouddhisme etc …. Dans l’antiquité la démocratie fût un dogme religieux, offrande aux Dieux avant la votation chez les germains … Dieu inspire le vote, c’est la justification de la démocratie.
      La mort de Dieu, le rationalisme a fait glisser le droit divin vers un « droit naturel », sorte de meilleure organisation pour que la société soit pacifiée (Grotius) et économique (Smith)
      Ici Marx dit que le juif a vu dans le droitdelhommisme capitaliste SA loi divine (« soit enfoiré »), alors il avait raison avant tout le monde ! Depuis 3000 ans !
      Dans l’Idéologie Allemande Marx est obligé de glissé vers « le matérialisme historique » car il voit que « le droit naturel » rousseauiste et sa morale est relatif à la société (de Gengis le sanguinaire à l’amazonien pacifique), et que pour y justifier une rationalité il doit donc évoluer avec le Progrès économique, scientifique, et finir par le communisme, la loi qu’à mis Dieu dans le code génétique humain dirait un illuminé, mais loi divine valable seulement dans la société finale ultra technique, mondialisée, de la fin des temps eschatologiques ….
      « La morale anarchiste » Kropotkienne, « de nature », n’est pas liée au Progrès, alors elle emmène dans sa valise le « pessimisme héroïque » romantique allemand (anti-progrès, la déesse Terre du bobo vert étant une variante) et aussi l’Unique égoïste, car personne n’a décrypté le code génétique social humain. Suivant la théorie anarchiste le droitdelhommisme devrait être « inscrit » dans le code génétique pour avoir une « rationalité ». Sinon c’est juste « rien » de scientifique, alors « viva la muerta » de la légion espagnole peut tout autant être plus près de la nature humaine.

      C’est la contradiction de l’anarchisme, athée rationnel mais croyant irrationnel (et du droitdelhommiste et du lotocrasse).

      Et Nietzsche s’engouffre dans la brèche, si la rationalité est l’instinct, l’Unique est son prophète.

      En résumé, bobo de gôôôche le shiteux, le bon connard du capitaliste.

      • Donc …
        Est ce que Chouard est un « illuminé » qui sait ?
        Qui a vu la vraie nature du Dieu des benêts ?

        Non ?

        Alors il n’est juste qu’un surfeur d’Argent, qui tombe dans le champ gravitationnel de La Machine Technée de Mammon, une faignasse de skieur de station.
        Je préfère la vie glorieuse et ascète de l’alpiniste, qui vise le sommet, la Lumière, contre la gravité, pour avoir un passé. Et Barbu dit de même, et l’Unique l’a déjà accompli.

        « La lotocrassie n’a pas le moindre point commun avec la liberté. Sa liberté n’est que la liberté pour l’individu de devenir un homme crasse » Arthur Moeller

        « Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien-être matériel. » Ernst Jünger

        « On veut la liberté aussi longtemps qu’on n’a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. » Friedrich Nietzsche

        • Yéti, désirez vous être compris, ou juste vous regarder briller dans vos personnage fantômatiques?

          Êtes vous nihiliste, comme le laisse supposer une partie de votre discours, ou juste un théocrate confus?
          Sinon, d’où tirez vous tant de mépris? n’êtes vous pas vous-même un pousseur de caddie?

          Enfin, tant qu’on y est, si Nietzsche a dit :« On veut la liberté aussi longtemps qu’on n’a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. »

          -C’est une ritournelle, qui n’est vraie que pour ceux qui veulent du pouvoir sur les autres, parce que la puissance tourné vers l’intérieur n’a que Soi à conquérir, et celui qui à choisi la voie intérieure n’a plus de temps à perdre avec les choses finies.

          • Je n’ai pas de portable qui me sonne; Et je ne suis même pas un Même du troupeau des esclaves qui se nourrissent de leur propre production.

            Le bon théocrate est athée:
            Ah … Si j’étais riche … J’aurais Stirner comme prophète, La Baudruche comme agent lambertiste apôtre de la traitre négrière du melting-potes, Chouard comme illusionniste, une fondation transhumanisme pour la recherche de mon Immortalité, une fondation GlobalState contre les états benêts, et le droitdelhommisme comme religion.
            Plus tous les trucs de gôôôche, les putes DSK, les éphèbes Frédéric, les enveloppes, les valises, la drogue, les petits marocains Lang, les godasses cirées Morelle, etc …

            Mais je suis Petit Souchien, l’indigène Grand Remplacé des Grandes Plaines Grand Bétonnées, Petit Homme commanche.

            « Et toi d’où tu parles ? »

          • Yeti, vous pouvez dire tout le mal que vous voulez de Nietzsche, il n’empeche qu’il voulait qu’on lui dise la verite et seulement la verite. En vrai, s’il avait su qu’il avait une(des) maladie(s) psychosomatique(s), peut etre qu’il aurait pu se soigner avant de sombrer dans la folie et, comme par hasard, voir des lors ses maladies disparaitre. Son retour a « l’enfant » n’etant que la solution du probleme de l’ascetisme chretien herite depuis le Ve siecle ap. JC, enfant de pasteur, se voyant l’antechrist. Rien de plus normal, si des le debut de l’ere judeo-chretienne, l’hebreu n’ayant pas de mot pour dire « le corps » (marrant de voir qu’israel n’a pas de frontiere definie dans sa constitution), le corps du christ devenant la solution (tiens, psycho-SOMAtique?), et enfin Jung qui nous dit d’apprivoiser son « ombre » (archetypique)… tiens, satan, « l’ennemi ». La spiritualite, qui est le travail d’une vie, ayant pour finalite d’accepter de n’etre qu’un mortel, peut etre aussi pour mieux vivre en attendant de bien mourir, la je reste d’accord avec Foucault lorsqu’il dit que le probleme est d’avoir associe spiritualite et religion, puis oppose religion et science, alors que spiritualite et science n’ont pas a s’opposer (cf. par ex. le Dr Deepak Chopra). Nietzsche ne vit que les symptomes de son epoque.
            « Beaucoup de psychiatres et psychologues refusent l’idée que la société dans son ensemble pourrait être malade. (Eric Fromm) »

          • Jung a juste puriné l’idée de tradition. Je ne dis pas de mal de Nietzshe, de dis juste qu’il est le premier déconstructiviste « efficient », ennemi car je ne suis pas Seigneur. En politique ya ennemi/ami, rien d’autre.
            Lukacs l’explique mieux que moi.
            Et le gôôôchiste son idiot utile.

            Enfant = surhomme = grec antique
            « On ne ramène pas les grecs » => dernier homme => volonté de Puissance du Seigneur

            « Le grec antique n’avait pas la foi où la science, il avait la certitude et l’émerveillement, c’est ce qui fait de lui un enfant envié » Le passéiste

            Belle citation de Marx que j’ai mise qq part sur le passéisme traditionnelle

          • Le Seigneur, sa pute de gôôôche de la traitre négrière, la bétonneuse Duflot des colonies melting-potes, la pute caste traitre,la société Caddie en lieu et place de la pêche où la chasse sur le lac d’Annecy, bientôt vidé pour en faire un parking, où des burqa vont se baigner sortant de la « tente islamique de plage » , la fin de la communauté, la fin des valeurs, le purinement jouissif du capitalisme de la séduction, iped22, tout ça m’emmerde et amène une grande « ombre à ma vie » comme dit Zemmour,
            Alors vive le Petit Homme, mais il est mort je le crains, car lui n’est pas une larve « humaniste » Grand Remplacé, qui a baissé son pantalon pour ne pas prendre de coup de pied au cul, et qui en est droitdelhommistement fier !
            Le Petit Homme écrit l’Histoire, pas bobo le shiteux. Le Petit Homme ne se bat lotocrassiquement contre un petit barrage mare, mais pour une Idée.
            Je sais déconstruire le déconstructivisme de gôôôche (bien avant Z) alors je m’amuse de ce Nomos d’esclave benêt, qui va de copulations avec son Caddie à copulations masturbatoires droitdelhommistes.

            Mais c’est un comportement anarchiste, égoïste… beuh !

            « J’ai fait un rêve, que mon peuple cesse de se croire partout chez lui lorsqu’il est chez les autres, mais étranger chez lui même. »
            Kemi Seba, un vrai nègre, pas un barcassier cher à bobo (pour son égo des caméras).

  42. De l’obéissance et de la révolte, quelle est l’attitude la plus risquée ?
    Sait on répondre à l’emporte pièce ? (dans un sens ou l’autre)
    Ou bien une longue réflexion est elle nécessaire pour carder le fil retord de la réalité ?

  43. L’égoïsme plus haut a été dénoncé.

    Cependant

    L’égoïsme protège le collectif de ses excès, car il incite à la rébellion.
    Le collectif protège l’égoïsme de ses excès, car il éduque, et en définissant la réalité, il cadre l’individu.
    L’empathie protège l’égoïsme et le collectif de leurs excès, car elle introduit dans la décision le souci de tous comme le souci de chacun.
    Les institutions devraient harmoniser le tout et réparer les carences des composantes de l’être.

    Mais si les institutions sécrètent l’oligarchie, c’est un mini-égoïsme-collectif qui gouverne, et rien ne le contrôle, car lui contrôle tout.

  44. Physiquement, matériellement donc, le porteur de conscience, c’est l’individu, pas le groupe.
    Si donc l’individu disparaît derrière le groupe, il y a danger.

  45. L’empathie peut elle aussi inciter à la rébellion :
    Il y a deux sortes d’indignés :
    -Ceux qui s’indignent de n’avoir pas assez
    -Ceux qui s’indignent du fait que d’autres qu’eux n’ont pas assez.
    (et parmi ces derniers il n’y a pas que des bobos 😉 )

  46. anarchie, démocratie, subsidiarité

    Quand on parle du principe de subsidiarité, le plus souvent, on envisage l’imbrication de plusieurs niveaux de collectivité (par exemple village, province, pays) mais du coup on oublie le citoyen, qui de tous les territoires concernés par la vie en société est le plus petit en diamètre, bien que le plus important, car il est au centre.

    (Chaque citoyen est au centre tout comme chaque point de l’espace est au centre de l’expansion, conception géométrique peu évidente mais incontournable, en politique comme en cosmologie)

    L’anarchie rejoint la démocratie sur ce point essentiel du questionnement politique, au chapitre de la subsidiarité :

    Quelle est la ligne de démarcation des compétences politiques entre le citoyen et la société ?

    Quel terrain de compétence le citoyen voudra-t-il ou pourra-t-il ou devra-t-il déléguer à la société.

    Et inversement, quel part de compétence, de pouvoir, de liberté, la société voudra-telle, pourra-t-elle, devra-t-elle concéder déléguer reconnaître au citoyen.

    (Délégation bidirectionnelle entre le contenant et le contenu, noyau du principe de subsidiarité)

    Ces trois verbes vouloir pouvoir devoir sont symptomatiques du fait que cette démarcation n’est en aucun cas de nature ni une réalité prédéfinie organiquement, mais ne saurait être que négociée. (continûment négociée …)

    De nos jours, elle est imposée au citoyen, comme une frontière de ses droits, tracée pour lui par d’autres et par l’Histoire, frontière qu’il ne saurait franchir sans risquer représaille.

    Il y a là conflit insupportable entre la pensée anarchique et le principe étatique, quelle que soit la gestion de l’état, entre la dictature et la démocratie, mille états, mais tous coercitifs.

    Surgit alors la question de savoir si la démocratie peut résoudre cette distorsion.

    Ça se discute 😉

    Mais quel que soit le point d’arrêt inéluctable sur le chemin qui mènerait à une réponse claire, il n’en demeure pas moins que la question ne devra jamais être classée et devra demeurer souci constant lors de l’élaboration des lois.

    Car si la démocratie a pour intention l’équité et la justice, elle doit garder constant le souci de la liberté maximale pour chacun.

    • Cette égalité en droit mais cette liberté de choix laissée à chacun, ce, évidemment, dans le respect de cette égalité commune, individuelle et partagée… la libre entreprise, par exemple, ne pouvant désirer plus qu’elle n’a jamais à obliger qui que ce soit de vivre au-dessus de ses moyens ou d’être pris comme en otage par ses diktats spéculatifs, mercantiles/-listes et autres obsolescences programmée et imposées !
      Le choix et la liberté d’opter pour une existence et une approche plus respectueuses et autrement plus conséquentes de ce rapport au monde et à la vie, avant qu’il ne soit un jour définitivement trop tard ou/et parce qu’il est tout simplement indigne et honteux de mettre des majuscules à Civilisation et à Modernité, Progrès, par exemple, quand nous voyons très bien ce que nous en faisons au juste de ces bonnes intentions que l’on renvoie sempiternellement aux calendes grecques et nouvelles et futures élections !…

  47. Ping : https://docs.google.com/document/d/1xmISXEZjQc8TU38QrOqKTnSP9xd0Z071ZSgFjiui3DM/edit

  48. Au coeur de la réflexion politique, la dualité individu/collectif.

    L’être humain est à la fois un animal politique et un animal nombriliste.
    Bipolaire pourrait on dire.

    La civilisation peine donc à résoudre cette schizophrénie génétique (dont la fourmi est préservée), qui par ailleurs constitue une exceptionnelle source de conscience et de spiritualité laïques. Pardonnez moi mon optimisme 😉

    Hier en atelier, le bavardage ludique alternant avec le travail, nous avons pondu autour de ce thème la parabole du désert, qui peut induire des investigations réflexives multiples et variées :

    Deux personnes sont perdues en plein Sahara.
    On ne dit rien ni de leur âge, ni de leur relation, ni de qui elles sont, ce qui permettra aux gens intéressés à réfléchir d’envisager différents cas de figure.

    A disposition, un verre d’eau et une banane.

    Les deux égarés connaissent la géographie locale et savent mesurer leurs forces.

    Ils comprennent donc que :

    -Ne pas partager permet à celui qui consomme tout d’aller jusqu’au prochain havre salvateur.
    -Partager implique pour les deux personnes de ne pas y parvenir.

    La question est donc : quel sera leur choix ?

    Hier nous avons décliné plein de trucs intéressants (y compris le tirage au sort 😉 ) mais les dire pourrait vous freiner dans l’éventuelle envie de donner votre avis.

    Si on écarte l’ensemble vide et le singleton, qui sont des cas très particuliers, la paire est en taille la plus petite des sociétés possibles, et en l’observant, en direct ou en expérience de pensée, on peut découvrir beaucoup sur les cas où des millions d’individus forment un collectif.
    C’est le but du jeu ici proposé.

  49. Je ne suis pas du tout spécialiste mais comme au fond de moi, j’ai l’impression d’avoir une âme d’anarchiste, je vais tenter de formuler comment je le ressens, ce qui n’engage que moi. Effectivement, on peut confondre avec le libéralisme, et sans doute que beaucoup sont, au fond d’eux-même, plutôt des anarchistes mais ne s’en rendent pas compte.

    Pour moi la difficulté pour caractériser l’anarchisme proviendrait du fait qu’il s’agit plus d’une attitude qu’un réel projet de société viable (enfin pour le moment)…

    L’attitude consiste à abolir au maximum toutes les coercitions inutiles et rechercher les solutions de fonctionnement ne nécessitant que le strict minimum de hiérarchie possible.

    Par exemple, avec un concept comme Bitcoin, vous rendez inutile toute la centralisation bancaire. Ce n’est pas rien.

    L’anarchisme c’est donc un but vers lequel l’humanité doit tendre et qui nécessitera encore énormément de recherches, de tentatives, de progrès scientifiques et humains, jusqu’au jour où nous seront parvenus à une société évoluant d’elle-même sans chefs, sans violence ni contraintes que ce soit physique ou psychologique, sans personnes pour dicter quoique ce soit à son prochain, dans laquelle la diversité des pensées et des choix de vie sera respectée de façon naturelle. On en est loin.

    Les anarchistes sont donc réfractaires à toute forme d’autoritarisme, peuvent éventuellement obéir à des règles mais certainement pas à des personnes. L’anarchiste rejette la solution de l’état qui ne cherche qu’à uniformiser, normaliser la population en imposant les décisions « majoritaires » à tous.

    Par exemple, le fait que les élèves à l’école devraient tous apprendre la même chose, dans le même ordre, selon la même méthode soit disant pour qu’ils aient la même chance… Je trouve cette idée insupportable et contre nature, ce qui fait que je ne suis pas très chaud pour la démocratie, qu’elle soit réelle ou fictive car pour moi cela ne résoudra pas le problème. (Mais bon en attendant, le tirage au sort me paraît effectivement préférable à l’oligarchie ploutocratique).

    L’anarchisme, ce n’est pas l’autorisation de faire tout ce qu’on veut, ce n’est pas la loi du plus fort comme dans la pratique du libéralisme, c’est au contraire le respect de chacun, la recherche de l’adhésion avant tout.

    La formule officielle c’est, il me semble : l’anarchisme, c’est l’ordre moins le pouvoir…

    L’anarchisme, c’est une voie de recherche : si demain on voulait monter une société anarchique, on en serait actuellement pas capable, ne sachant pas encore complètement comment faire. De plus, les gens ne seraient pas prêt psychologiquement, nouvellement libérés de leurs chaînes ils feraient n’importe quoi par réaction au traumatisme de l’obéissance. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas le but vers lequel tendre, en douceur, pas après pas.

    Si certains ont d’autres visions de l’anarchisme, j’aimerais bien les lire… C’est un sujet qui m’intéresse.

    • Sub,

      Le sujet n’est pas simple car au centre de la question se trouve la bonne volonté de l’individu, condition nécessaire à l’harmonie sans la coercition.
      Et nous savons que le nécessaire est rarement suffisant.
      A plus forte raison un nécessaire hypothétique.

      La question de l’anarchie me semble ainsi inséparable de la morale laïque, voire de la spiritualité laïque.
      Si Kropotkine écrit « la morale anarchiste », ce n’est pas par hasard.
      Et il y eut du temps du bolchevisme des « anarchistes spiritualistes ».
      Car les cellules miroirs, alias le 3ème cerveau, alias l’empathie, ne suffisant pas à engendrer l’harmonie d’un monde peuplé d’êtres polymorphes, mus simultanément par un intérêt personnel et par le souci d’autrui, il faut plus.
      Sans même parler des situations indécidables où nul esprit même éclairé du feu du ciel ne saurait décider de ce qu’il y a de mieux à faire.

      Au sein d’une tribu de petit diamètre, l’anarchie est viable, et l’expérience de certains peuples dits « primitifs » le démontre.
      Et en particulier chez le chasseur-cueilleur pour qui la séparation des tâches n’est pas nécessaire, chacun des membres de la communauté étant polyvalent, et l’éducation des gens les conduisant à agir chaque fois que c’est utile et possible, sans condition ni chantage.

      Il semble que les difficultés commencent quand le diamètre de la tribu s’accroît, et/ou quand la technicité augmente (industrie et agriculture) et surtout quand des tribus voisines entrent en contact.
      C’est alors que le contributisme/communisme naturel et primordial laisse place à l’échange, puis au commerce, donc au contrat, qui institue la civilisation du conditionnel : je ne contribue plus que sous condition, et avec des exigences.

      Ici naissent les usages, puis les règles, puis les lois, les pouvoirs, les états.

      Sait on ou pourrait on éviter cet engrenage tout en conservant le bénéfice (immense bénéfice ! ) de la différenciation des tâches ?

      C’est toute la question.

      Les anarchistes ou sympathisants de l’anarchie ont l’intuition que la réponse est oui, mais de l’intuition à la preuve, la route est longue, au minimum longue, sinon infinie.

      Les expériences locales, parfois réussies mais toujours interdites ou assassinées présentent donc un intérêt majeur, à ceci près qu’elles sont locales.

      La question concerne donc la foi et l’espoir, la naïveté diront les sceptiques, plus que la preuve.
      Comprenons bien que la difficulté de la preuve est exactement la même en ce qui concerne la démocratie puisque la démocratie à très grande échelle n’a jamais été réussie ni même testée.
      Mais dans ce second tableau, c’est différent car la théorie est touffue et crédible et on peut avoir légitimement le sentiment que si la démocratie n’existe pas, ce n’est pas qu’elle est impossible mais plutôt refusée, ou interdite.

      Les analogies entre la question de la démocratie et la question de l’anarchie vont plus loin que ce que je viens d’esquisser : les deux courants de pensée s’insurgent contre les mêmes confiscations de l’autonomie, de la liberté, de la créativité, de la maturité individuelle.

      L’état concède à l’individu des libertés que l’individu n’est pas invité à définir, et l’individu n’est pas considéré comme compétent à contrôler ce qui le contrôle.

      Il me semble qu’anarchistes et démocrates partagent la même allergie et que leur différence réside dans ce qu’ils sont prêts à céder. Ou bien ?

      • « …
        Les expériences locales, parfois réussies mais toujours interdites ou assassinées présentent donc un intérêt majeur, à ceci près qu’elles sont locales.
        … »

         »

        L’état concède à l’individu des libertés que l’individu n’est pas invité à définir, et l’individu n’est pas considéré comme compétent à contrôler ce qui le contrôle.
        … »

        On en revient toujours à cette notion et nécessité (démocratique) de subsidiarité, ce nivellement des besoins, des volontés, des réalisations par le bas, cette base commune à tous, au quotidien, ces nécessités existentielles et primordiales relevant du local, de la commune, d’un quartier, bref, le bien commun et cette liberté, cette autonomie, cette interdépendance à tous et à chacun versus cette gestion libérale au profit de plus privilégiés et d’une élite comme intouchable et hors-jeu (inaccessible), le régional et le national (comme l’international) n’étant que des réalités et des réalisations dans la mesure où les besoins et les compétences sont à élargir et à favoriser, mettre en place, mais toujours dans ce rapport de subsidiarité, cette souveraineté citoyenne et cet espace public local primordial, juste milieu plus naturel et plus équilibré entre les projections civilisationnelles et l’individu au coeur du dispositif, pour faire court.

  50. Quand l’ordre tue
    L’anarchie sauve
    Convergence non concertée de fraternités désordonnées, sincères, spontanées

    https://www.youtube.com/watch?v=rpqk24qvoR4#t=284

    • À 1:10:31 « Le résistant ou le révolutionnaire contre le système ressemble à un enfant. L’enfant qui garde toujours l’espoir du changement et qui essaie de créer. Et en grandissant, il garde cette attitude enfantine, désireuse de changement et rebelle. C’est la différence avec ceux qui semblent grandir, mais deviennent des robots, épousent une carrière afin de gagner de l’argent, de construire des maisons et de fonder une famille -- bon la famille, c’est bien, ne disons pas des bétises -- en approchant le rêve insensé de tout avoir, au niveau matériel. Chose dont se fiche la plupart du temps un gamin, qui s’intéresse plus à ses amis et à la joie de vivre. Qui plus est, celui qui lutte grandit dans sa capacité à assumer sa responsabilité, domaine dans lequel les autres restent des nains. Il cultive ce sentiment de responsabilité, non pas seulement envers lui-même, mais surtout vis-à-vis de ceux qui l’entourent et de l’idée de justice. Voilà ce qui caractérise un résistant et qui explique l’espoir qu’il porte en lui. Parce qu’il a préservé cette capacité de l’enfant à sourire en regardant l’avenir. Parce que si on faisait tout ça sans sourire, ça perdrait tout son sens. »

  51. Pensée inutile du dimanche matin

    De la loi et de la morale

    Si tu es malhonnête, tu ne sauras pas être honnête.
    C’est digne de La palisse n’est ce pas.

    Alors la loi est écrite pour obliger les gens malhonnêtes à être honnêtes, quitte à enquiquiner les gens honnêtes.

    C’est typiquement ce qu’on appelle une fausse bonne idée, et cela pour au moins trois raisons :

    1) On ne peut pas obliger quelqu’un à être honnête mais seulement à se comporter honnêtement, ce qui est très différent.
    Ainsi donc la loi n’a-t-elle aucun effet bénéfique sur la conscience.
    Bien au contraire, les gens, si contraints, seront induits à renoncer à tout nombrilisme positif, ce qu’on appelle vulgairement examen de conscience, et, s’ils obéissent, ils s’en remettront à la conscience de ceux qui écrivent la loi, ce qui peut être assez malsain ( cf point 3 )

    2) Si la loi contraint des gens malhonnêtes à se comporter honnêtement, ils risquent de n’avoir qu’une idée en tête : s’affranchir de la loi, soit en passant dans le camp de ceux qui l’écrivent, soit en l’affrontant, soit en la contournant. Pour éviter ces dérives, le remède naturel induit par l’esprit des lois sera d’écrire encore plus de lois. Une escalade nuisible, non ?

    3) Si le concept de loi est choisi pour poser des limites aux gens malhonnêtes, la question se pose évidemment de choisir qui écrira la loi.
    Le risque est grand que le club d’écriture soit un club de filous.
    Ça s’est eu vu dans l’Histoire, ne s’est ce pas vu ?
    Le remède à ce point 3 est un heureux couplage entre la démocratie directe, codélibération et codécision universelles, d’une part, et d’autre part le tirage au sort.
    Mais ça ne résout pas les points 1 et 2 ……

    C’est ici que réside la différence entre démocratie et anarchie.

    La démocratie envisage la contrainte définie par tous, avec tous les inconvénients génétiques que la contrainte porte en elle, tandis que l’anarchie envisage la confiance en l’honnêteté de tous, ce qui suppose la possibilité d’un progrès collectif de la conscience, ce qui rend inséparable l’anarchie d’une sorte de spiritualité laïque.

    Comme écrit en haut de page, c’est vraiment une pensée inutile du dimanche, car le lundi n’en sera certainement pas affecté. Pardonnez moi cette dérive chronophage.

    • L’Anarchie n’empêche pas les excès, non ? exemple : un groupe de filous et autres mercenaires volant autrui et vivant, s’enrichissant de son travail et sa liberté, usant pour cela au besoin d’intimidations et violences… que faire alors sinon partager avec ces méchants pirates ? est-cela là ce projet en commun et en conséquence pour se prémunir contre de tels préjudices ? cette Démocratie souhaitée que n’en contournent pas moins, comme affranchis en Droit et pseudo-Constitution ‘ces gens malhonnêtes’ (cf point 2) ?…

  52. Et c’est rien de le dire:
    la seule façon d’en finir avec la loi du plus fort c’est de devenir plus forts que ceux qui imposent leur loi…

    -ha bon?

    …ou de s’en remettre à l’être suprême!

    • Boutade : Si vous devez apprendre par cœur, apprenez par huit: 1 + 7 volumes d’eau, ça passe comme du sirop! …

      Ps: Je suis en train de lire « Le cerveau de Bouddha », par Hanson et Mendius, ed. Pocket 2011, sous-titré « Bonheur, amour et sagesse au temps des neurosciences », et préfacé par Christophe André… où ce dernier précise, à la question pourquoi Bouddha et pas Jésus ou Socrate?

      Extraits:

      p.17: « Bouddha avait le souci de diminuer le souffrance de tous les humains, ce qui est plus réconfortant pour la plupart d’entre nous que peut l’être le souci premier de Socrate: augmenter notre lucidité. Bien sûr, je simplifie, et Bouddha avait aussi le souci de la lucidité, mais il pensait justement que la souffrance l’obscurcissait. Et il est difficile d’être lucide si l’on est pas stable dans sa tête et dans son cœur. L’enseignement bouddhiste nous rappelle que le travail sur Shamata, le calme intérieur, précède celui sur Vipassana, la vision pénétrante. »

      Puis p.175: « Dans mon cœur, il y a deux loups: un loup d’amour et un loup de haine. Tous dépend de celui que je nourris chaque jour. »

      p.188: « Le loup de l’amour contemple un vaste horizon, où tous les êtres sont inclus dans le cercle du nous […] Selon le proverbe Zen, rien n’est exclu. Rien n’est exclu de votre conscience, rien n’est exclu de votre pratique, rien n’est exclu de votre cœur. […] Dès que l’on place quelqu’un en dehors du cercle du « nous », l’esprit/cerveau se met automatiquement à le dévaluer et à justifier les mauvais traitements qui lui sont infligés. Le loup de la haine se dresse alors sur ses pattes et s’avance, prêt à l’agression active.  »

      p.300: « Il est extraordinairement paradoxal de constater qu’à l’instant où les choses individuelles -- tel le soi -- semblent moins fondées et moins fiables la totalité de toute chose semble plus sure et plus réconfortante. Plus le sentiment d’inconsistance grandit, plus chaque chose en apparence individuelle ressemble à un nuage sur lequel on tenterait vainement de se tenir. Au début, c’est assez déroutant. Mais ensuite vous prenez conscience que c’est le ciel même -- la totalité -- qui vous retient. Vous marchez sur le ciel parce que vous êtes le ciel . Il en a toujours été ainsi. Nous avons toujours été le ciel. »

  53. La loi du Nombre contre la loi du Talion

  54. Un concept à fouiller : l’impulseur modeste

    Il y a dans le fait de s’investir pour le collectif quelque chose qui est de l’ordre du don.

    Mais si ce don n’est pas acratopège, cet investissement devient ce que nous appelons politique politicienne, à visée hégémonique ou égotique.
    Parfois même à l’insu de celui qui s’engage, qui croit bien faire en imposant ses vues, par force, loi, ou charisme.

    L’investissement de l’individu pour le collectif doit obéir aux trois même règles que le don :

    • L’investissement ne confère aucun droit à celui qui s’engage.
    • Son investissement ne confère aucun devoir à ses congénères.
    • À tout instant chacun est libre de proposer demander accepter refuser.

    • Oui, c’est un peu comme l’amour : il n’engage ni n’exige rien, car à trop vouloir ou à trop posséder ce n’est plus là de l’amour mais bien de l’esclavage !

      (8h54, lun 2 mars)

  55. John Trudell, « poète » Lakota, nous dit qu’il n’y a pas de pouvoir et que le prétendu pouvoir n’est que de l’oppression, comprendre ici le pouvoir tel qu’on l’entend nous, ce mot serait donc, ou est, un mot mis à l’envers, ou édulcoré. Pouvoir = Oppression.

    C’est vrai que si on dit oppression du premier ministre, ça claque plus au vent que pouvoir du premier ministre.

    Le pouvoir, le vrai, est celui des éléments, du soleil à la pluie en passant par le vent.
    Surtout ne pas prendre ça comme une joliesse ou une métaphore. Mais sortir du béton est nécessaire pour ressentir.

    https://www.youtube.com/watch?v=4uIPIzJgeHs

  56. sur l’anarchie :

    extraits de l’ancien blog et vidéo exceptionnelle

    https://www.facebook.com/ana.sailland/posts/1617476571803967

  57. Ici, Y a-t-il un hiérarchie ?

    La « volonté générale pourrait-peut elle « vivre » ainsi ?

    https://www.youtube.com/watch?v=kMLxqcxmVCY

  58. Otro mondo es posible

    1200 salariés, pas de patron et aucune hiérarchie : les secrets de la coopérative Cecosesola au Venezuela

    http://www.bastamag.net/1200-salaries-pas-de-patron-et-aucune-hierarchie-les-secrets-de-la-cooperative

    Des supermarchés, un hôpital, des productions agricoles, des services d’épargne… La coopérative vénézuelienne Cecosesola propose ses services à des dizaines de milliers de personnes et des prix très abordables. L’entreprise fonctionne sans hiérarchie ni patron. Son secret : l’autogestion intégrale et un fonctionnement horizontal permanent. Une initiative présentée dans un webdocumentaire, « Poder sin poder, l’autogestion au quotidien », qui nous emmène à la rencontre de douze projets radicalement démocratiques, en Espagne, en Argentine et au Venezuela.

    Cecocesola est un groupement de coopératives qui propose à la communauté de la ville de Barquisimeto – un bon million d’habitants – plusieurs services à des prix très accessibles. Ils disposent de plusieurs supermarchés (ferias), d’un hôpital, d’un funérarium, d’un service de crédit et d’épargne, d’un réseau de production agricole… Mais leur spécificité est dans leur mode d’organisation. Dans cette entreprise de 1200 travailleurs, il n’y a pas un seul poste hiérarchique. Tout fonctionne en autogestion.

    La clé de voûte de cette organisation horizontale du travail au sein de la coopérative est les réunions. Sur la semaine, un travailleur de Cecosesola peut participer à quatre, cinq, six réunions. C’est-à-dire en moyenne y consacrer 20 % de son temps de travail. Parmi celles-ci, les plus importantes sont celles de gestion, où tous les travailleurs participent. Il y en a trois par semaine. Chaque travailleur de Cecosesola, quel que son secteur, doit venir à au moins une d’entre elles.

    Les réunions de gestion ne servent pas à l’organisation du travail quotidien. Elles ne servent pas non plus principalement à prendre des décisions. Elles servent à partager l’information et à discuter les critères. Grâce aux critères, n’importe quelle décision prise ensuite par un travailleur sera consensuelle, car en accord avec les principes décidés par tous. Ces critères peuvent aller de la qualité des légumes au montant des salaires. Ils sont la base de l’agir en commun de Cecosesola.

    Un apprentissage constant

    La rotation des postes est un autre mécanisme important de la coopérative. Après un an et demi au rayon légumes du supermarché, un travailleur va par exemple aller travailler au centre de santé. Cela permet que les travailleurs connaissent les différents aspects de la coopérative. Mais cela permet aussi un apprentissage constant et une dynamique forte. Même un travailleur qui ne possède pas de diplôme peut arriver en comptabilité s’il le désire, et apprendre cette fonction-là, avec l’aide de ceux qui y sont déjà. Et la rotation concerne aussi les taches quotidiennes. Chacun à son tour fait la cuisine, nettoie les toilettes… Tout le monde est sur le même pied.

    Cette dimension de l’apprentissage est centrale dans la coopérative. Elle concerne certes le travail en soi, mais aussi l’apprentissage d’un autre mode de fonctionnement collectif, basé sur la confiance et la responsabilité. Les travailleurs de la coopérative sont conscients que cela ne va pas de soi et que leur fonctionnement va à l’encontre des modes habituels hiérarchiques. C’est pourquoi les nouveaux travailleurs doivent suivre dix après-midi d’ateliers où leur sont transmis les valeurs de la coopérative, où les différents mécanismes et leur sens sont expliqués. Pas de miracle, certains n’y trouvent pas leur compte et s’en vont. Mais Cecosesola ne manque ni de bras ni de cœurs.

    « Poder sin poder, l’autogestion au quotidien »

    La présentation de cette initiative est extraite du webdocumentaire « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ». Ce webdoc présente douze initiatives qui cherchent à mettre en place un agir radicalement démocratique, un fonctionnement horizontal ou encore qui se revendiquent de l’autogestion, en Espagne, en Argentine et au Venezuela. Réalisé par deux Belges, Johan Verhoeven et Edith Wustefeld, le webdoc se base sur un voyage d’un an en Espagne et en Amérique latine entre 2012 et 2013, à la rencontre de plus d’une vingtaine d’initiatives autogérées. Les lieux présentés sont multiples : entreprises récupérées, coopératives, d’écoles, centres cultures, mouvements sociaux, villages… Mais tous ont en commun de fonctionner sans chefs et sans hiérarchie, en expérimentant d’autres manières de fonctionner ensemble.

    L’idée du voyage est née en 2011, au moment des campements des indignés en Espagne. À la Puerta del Sol à Madrid, l’organisation horizontale des milliers de personnes qui participaient au mouvement du 15M achèvent de les convaincre. L’autogestion peut amener des réponses à certaines limites intrinsèques au système actuel. Les hommes et les femmes peuvent se réapproprier leurs vies, participer aux décisions qui les concernent, s’organiser ensemble pour s’attaquer aux problèmes qui les touchent.

    Au même moment, ils entendent parler de Marinaleda, un petit village espagnol qui « résiste au capitalisme » (lire notre article). Le chemin est vite fait : s’il existe un lieu comme ça, il en existe certainement d’autres ! Sac au dos et caméra en main, ils partent à la découverte d’autres lieux autogérés afin de s’inspirer de leurs fonctionnements différents et montrer que de tels lieux existent et fonctionnent déjà.

    Les facettes de l’autogestion présentées dans le webdocumentaire sont nombreuses. Il n’y a pas une recette, une réponse, mais beaucoup d’inspirations et de potentiel dans ces fonctionnements opposés au système hiérarchique omniprésent. Libre alors au visiteur de suivre le chemin qui l’intéresse dans ce documentaire transmedia organisé en cinq grands thèmes : culture, travail, résistance, éducation et autogestion.

    A découvrir ici.

    Source : Bastamag.net
    http://www.bastamag.net/1200-salaries-pas-de-patron-et-aucune-hierarchie-les-secrets-de-la-cooperative

  59. Dans certaines civilisations prétendues primitives, deux conditions sont nécessaires et suffisantes ( 2 ) à l’accomplissement d’un acte contributif : c’est utile et je sais faire.

  60. Il faut reconnaître ici que la question qui nous préoccupe est celle de savoir comment retrouver la liberté dans un Etat où règne un robot-tyran? Un peu plus haut, un des intervenant a souligné qu’il faut que le peuple lui-même ou du moins ceux de qui le tyran tire sa force, prennent d’eux-même conscience de leur servitude pour enfin s’en libérer. je dirais que cette attitude ne conduira à rien puisque ceux qui sont dominé ne sont même conscient de leur situation actuelle. Il faut plutôt les aider, rallumer en eux le feu de la liberté qui devrait naturellement brûler en chaque individu. Tant qu’un peuple n’a jamais connu la liberté de liberté comment peut-on espérer qu’elle s’en rende compte ?

  61. Ping : Plus aucune autorité ! | jbl1960blog

  62. Ping : Boycott, cot, cot codec… | jbl1960blog

  63. Ping : Gaulliste et de surcroît chrétien, je suis ? | jbl1960blog

  64. Ping : Histoire de la Mère Peinard ! | jbl1960blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *