Frédéric Lordon : se débarrasser du capitalisme

J’aime la pensée — et le verbe — de Frédéric,
et, à partir d’un premier extrait audio,
je vous propose ici une articulation avec d’autres extraits :

Frédéric Lordon (chez Daniel Mermet) :
se débarrasser du capitalisme :

Besoin de Frédéric sur le processus constituant (rappel) :

La position de Frédéric sur le processus constituant (rappel) :

Frédéric Lordon – La révolution n’est pas un pique-nique. Analytique du dégrisement :
D’une étroite ligne de crête : prendre les hommes tels qu’ils sont et non tels qu’on voudrait qu’ils fussent :


Je cherche le texte (admirable) de cette conférence (ci-dessus). Est-ce que quelqu’un a ça en réserve ?

« Je voudrais finalement poser un problème, dont j’emprunterai volontiers le terme à La Boétie et à Spinoza parce qu’ils l’ont en commun ; c’est un terme à la fois très ordinaire et très profond ; ce terme c’est habitude. Une forme de vie, c’est une habitude ; et le problème de la révolution, c’est de produire en chemin, de construire, quelque chose qu’elle ne peut pas supposer entièrement déjà là, à savoir une habitude du commun et de la liberté. » Frédéric Lordon.

Lordon/Chouard :
l’homme est-il —ou pas— voué à toujours aimer obéir à un maître ?

J’aime cette formule que Frédéric (Bosqué) utilise souvent :
Il faut rendre désirable ce qui est nécessaire.

Fréd & Eric

114 réponses à “Frédéric Lordon : se débarrasser du capitalisme

  1. Campagne de séduction ! ^^

    • Si vous êtes harcelé par un huissier ou un cabinet de recouvrement, envoyez leur cette lettre :

      Messieurs,

      Vous m’avez prévenu que l’organisme XXX vous a mandaté pour recouvrir une certaine créance.

      Cette somme étant l’objet d’une contestation de ma part, j’use de mon droit de demander l’arbitrage de l’autorité judiciaire.

      Il appartient donc à cet organisme de solliciter le juge d’instance aux fins d’obtenir une « ordonnance portant injonction de payer ».

      Le cas échéant, dès que celle-ci me sera signifiée par voie d’huissier, et en fonction des éléments présentés, je me réserve le droit, soit de payer, soit d’y faire opposition dans le délai d’un mois.

      Le juge d’instance ou de proximité me convoquera en audience et je pourrais alors lui exposer mon point de vue, documents à l’appui.

      Le juge pourra alors valablement trancher sur la validité de ladite créance ou non.

      Il n’y a pas d’autres procédures. Je vous demande donc expressément de cesser vos relances et d’informer l’organisme qui vous a mandaté de ma position.

      A partir de la date de réception de cette lettre, toutes relances de votre part, tant par courrier que par téléphone, seront considérées comme du harcèlement et de l’intimidation. Je n’hésiterai pas à porter plainte pour ce motif, ce qui hypothèquera sérieusement vos chances d’obtenir la validation de la dette par les voies judiciaires.

      Je vous prie de croire, messieurs, en l’expression de mes sentiments respectueux.

      Source et détails : http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/13/si-vous-etes-harcele-par-un-huissier-ou-un-cabinet-de-recouvrement-envoyez-leur-cette-lettre-elle-a-un-pouvoir-apaisant/

  2. Pour la retranscription de la conférence, c’est ici :

    http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-revolution-n-est-pas-un-pique-153918

    « Je crois que du moment où j’avais reçu cette invitation à ce colloque, dont je remercie vivement les organisateurs au passage, j’avais pris le parti d’un rôle qui est celui de la dissonance et du dégrisement ; comme il en faut toujours un pour jouer le mauvais esprit je me suis dévoué. Alors je ne sais plus quel titre exactement j’ai donné mais je crois que si c’était à refaire je donnerai volontiers celui-ci : « D’une étroite ligne de crête ».

    Alors de quelle ligne de crête s’agit-il ? Eh bien il s’agit, paraphrasant Althusser, de celle qui consiste à penser la révolution sans se raconter des histoires. Et quelle est plus précisément cette ligne, et pourquoi est-elle si étroite ? Et bien la ligne de crête, c’est d’abord la ligne du réalisme anthropologique, qui ne reconduit pas forcément à Hobbes. Réalisme anthropologique immortalisé par la formule de Spinoza : « Prendre les Hommes tels qu’ils sont, et non tels qu’on voudrait qu’ils fussent ». Et bien je crois que toute présupposition en excès de cet énoncé prend le risque du désastre. Et notamment toute présupposition de vertu ou d’altruisme. Non pas que les comportements vertueux ou altruistes soient impossibles, mais parce qu’ils sont contingents. Et ils sont contingents à toutes sortes de choses, et qu’on ne peut pas compter sur eux à titre d’essence ou de principe indéfectible. En revanche on peut, il faut même, songer à les produire, c’est-à-dire précisément à les rendre un peu plus nécessaires. Voilà la ligne : réalisme anthropologique.

    Pourquoi est-ce une ligne de crête ? Pourquoi est-elle si étroite ? Et bien parce que, on le sait bien, les revendications de réalisme anthropologique sont la plupart du temps vouées soit à l’équivalent politique de la dépression et du renoncement, soit au conservatisme bienheureux, tout content d’avoir justifié et d’avoir retrouvé ses propres à priori ; « admettez l’évidence : avec les Hommes tels qu’ils sont, c’est tout-à-fait impossible, ça ne marchera jamais ».

    Et bien si la ligne de crête est néanmoins praticable, c’est pour une raison que le conservatisme ignore systématiquement, à savoir que si en effet il ne faut pas rêver les Hommes tels qu’on voudrait qu’ils fussent mais les prendre tels qu’ils sont, il ne faut pas ignorer non plus qu’au moment où l’on prononce ce jugement on n’a peut-être pas bien fait le tour de ce « tels qu’ils sont », ni eu l’occasion de mesurer exactement « tout ce qu’ils peuvent ». Et deuxièmement il ne faut pas ignorer non plus que si les Hommes sont tels, au moment où nous parlons, ils pourraient cependant être différents plus tard. On reconnait là toute la puissance de l’onto-anthropologie spinozienne, pour laquelle l’Homme est un mode, est même mieux, un mode modifiable, sans jeu de mots. Il est modifiable parce qu’il est susceptible d’une part d’être affecté, mais surtout parce qu’il est susceptible de varier dans ses manières d’être affecté. Par conséquent il n’est pas fixé par principe, et il peut différer. Dans quelles directions ? Dans quelles conditions ? Avec quelle amplitude ? A quelle vitesse ? C’est toute la question. Mais au moins cette question exprime-t-elle une possibilité toujours ouverte.

    Alors voilà ce que je voudrais faire ce soir : c’est depuis cette ligne de crête esquisser un chantier problématique. Si la fonction intellectuelle à quelque sens, il n’est certainement pas dans la fourniture de réponses, mais il pourrait éventuellement se trouver dans le fait de signaler là où il y a des problèmes. Et je n’ai pas d’autres ambitions maintenant que d’en signaler quelques-uns dont la négligence je crois peut se payer très cher.

    Signaler les problèmes suppose de commencer par méditer profondément les enseignements de l’Histoire bien sûr. C’est-à-dire il faut bien le reconnaître en l’occurrence la longue série des échecs, parfois des désastres, révolutionnaires. S’agissant de l’URSS on peut dire que le bilan a été fait et bien fait. Il avait même été fait par anticipation ; ça c’est une démonstration de la puissance de la fonction intellectuelle ; il avait été fait par anticipation si on se souvient qu’avec quelques décennies d’avance Proudhon et Bakounine nous avait tout dit à ce sujet, il n’y a pas eu grand-chose à rajouter. Il y a cependant un autre épisode révolutionnaire, au moins aussi douloureux et beaucoup moins analysé : c’est la révolution chinoise. Et dans la révolution chinoise, la révolution culturelle. Car le plus frappant dans cette histoire c’est l’excellence des intentions politiques de départ : « feu sur le quartier général », « réaffirmation de la ligne de masse », « révolution dans la révolution ». Ce sont des slogans, mais qui expriment une profonde méditation des déviations de la révolution soviétique. Et alors ce qui est terrible évidemment c’est l’abomination du résultat.

    C’est au milieu de ce genre de violence que se pose typiquement la question du réalisme anthropologique. Un réalisme dont le point de départ est que l’Homme est un être de désirs et de passions. La conséquence de cette constitution désirante et passionnelle des Hommes est tirée de manière lapidaire dans une proposition de l’Ethique : « Dans la mesure où les Hommes sont sujets aux passions on ne peut pas dire qu’ils conviennent en nature » nous dit Spinoza. Il faut lire cet énoncé avec beaucoup d’attention : par exemple le « on ne peut pas dire qu’ils conviennent en nature » n’a rien d’une litote ou d’un effet de style, il demande à être lu aussi platement et aussi littéralement que possible, à savoir : du fait qu’ils sont désirants et passionnés il est impossible d’imaginer que les Hommes puissent convenir et s’accorder en tout, en nature. Formulation qui entraine trois conséquences : qu’ils ne conviennent pas en tout ne signifie nullement qu’ils ne conviennent en rien, c’est la première ; deuxièmement, on ne lutte contre les disconvenances passionnelles qu’avec des moyens passionnels mais d’un certain type qu’on appelle des « institutions ». Et ne vous méprenez pas à propos de ce terme, qui couvre une gamme d’objets sociaux extrêmement large, depuis l’Etat jusqu’aux mœurs, aux habitudes collectives, aux coutumes, en passant par ce que vous voulez : le feu rouge, le passage piéton, etc… ; troisièmement surtout, rien jamais ne peut conduire à présupposer, ou pire à faire le dangereux pari, que certaines de ces disconvenances auront le bon goût de ne pas atteindre leur point critique, qui est le point de la violence : la violence est l’horizon de possibilité permanent de toute collectivité humaine.

    Alors là je vais le dire tout de suite et carrément, quitte à m’aliéner d’un bon coup une bonne partie de ceux qui sont ici mais : je crois que le déni de la violence est le point de faiblesse insigne de la pensée anarchiste ; avec laquelle vous voyez donc qu’on peut avoir des rapports compliqués, de grande sympathie, d’admiration parfois, et de sérieux désaccords. Ce déni résulte d’une logique totalement renversée, qui part de la conclusion désirée pour remonter à une prémisse quasi-anthropologique fabriquée en conséquence : « comme on perçoit que l’Etat est pour le meilleur et pour le pire l’un des seuls remparts de la violence de tous contre tous, mais qu’on ne veut pas de l’Etat par à priori, on va poser qu’il n’y a pas de problème de violence, ou plus subtil on va poser, dans un mouvement d’ailleurs assez semblable à celui de Rousseau dans le Second Discours, qu’il n’y a de violence que produite par l’Etat, que c’est la vie sous les rapports d’Etat qui est génératrice de violence, et que l’Etat est un problème qui se donne abusivement pour une solution ». Enorme discussion dans laquelle évidemment il est impossible de rentrer. Je sais qu’on m’objectera par exemple qu’il y a des communautés qui se passent très bien de police, et c’est vrai. Mais précisément : ce sont des communautés. Dans une communauté la régulation de la violence procède du doublet : contrôle social de proximité / opprobre. Mais d’abord voulons-nous tous vivre dans des communautés ? Si non il faut savoir que sous d’autres morphologies sociales, la ville par exemple, morphologie marquée par son anonymat, la régulation de la violence est forcément autre. Elle est probablement dans le doublet institutionnel et impersonnel, attention ça fait mal à dire : loi / police. C’est désagréable à entendre, je le sais, mais il faut se poser la question de savoir si la flicaille n’a pas intimement partie liée avec la ville.

    Que l’Etat en tout cas soit en lui-même une violence, qui le nierait ? Qui serait assez bête pour en faire un pacificateur aimable ? L’Etat est un concentré de violence, capable même en certaines occasions comme l’a rappelé Guillaume Sibertin-Blanc dans sa relecture de Deleuze, capable dans certaines occasions d’une « ultra-violence hystérisée ». La plus révélatrice de ces occasions étant peut-être à trouver dans le traitement des détenus hautement politiques ; je pense à ce qui a été infligé en France à ceux d’Action Directe, ou en Allemagne à ceux de la RAF. Et rien de ceci cependant ne peut conduire à rêver qu’il pourrait y avoir un extérieur à l’économie générale de la violence : il n’y en a pas. Il reste une violence inéliminable, contre laquelle on ne lutte que par une violence contraire mais institutionnalisée. Institutionnalisée comment, sous quelle forme ? C’est là toute la question, et elle est grande ouverte. Par exemple l’échappement totalement incontrôlé de violence, c’est probablement cela qui transforme en cauchemar les meilleur attendus politiques de la révolution culturelle. Et symptomatiquement, c’est triste à dire, c’est le réarmement complet de l‘Etat et de son appareil de force institutionnalisée, l’armée, qui va mettre un terme au chaos.

    La violence, c’est aussi parfois le point aveugle du marxisme-léninisme. En tout cas dans la version l’Etat et la Révolution. Mais sans surprise, puisque nous savons tous ce que représente ce texte dans l’histoire des rapports entre le marxisme et l’anarchisme. En tout cas vous en connaissez le syllogisme : « il n’est de lutte dans l’Histoire, donc de violence, que la lutte des classes / or le communisme est l’état sans classes de la société / donc il n’y a plus de violences dans la société communiste ». Or Machiavel nous a averti de longue date qu’il n’y a pas de fin à la conflictualité intrinsèque du social, et par conséquent pas de fin au mouvement de la politique. Il faut cesser de penser sous le surplomb de cette chimère qui rêve à un achèvement, une clôture de l’Histoire et de la politique, fut-ce sous la figure de l’idée communiste. Et Spinoza a théorisé et radicalisé ce propos : « C’est en tant seulement qu’ils vivent sous la conduite de la raison que les Hommes nécessairement conviennent toujours en nature. Malheureusement nul ne peut partir de l’hypothèse qu’il vive sous la conduite de la raison. Et en tant qu’ils sont sujets aux passions on ne peut pas dire qu’ils conviennent en nature ». Je veux dire que les mœurs, ou plus largement les formes de vie, se différencient nettement sous ce rapport, parfois même radicalement. Que certaines ont la propriété de déchainer les disconvenances ; d’autres de les réduire. De les extirper définitivement : jamais. A la question « que faire de l’Etat dans un processus révolutionnaire ? » il faut donc je crois avoir le courage de situer la réponse dans un entre-deux, dont je pense que nous ne pouvons pas sortir, et dont les pôles opposés sont : premièrement oui, l’Etat est en puissance le nom même de la captation et de la dépossession politique. Il est même en puissance la pire des saloperies. Mais deuxièmement, il n’y a pas de régulation de la violence à l’échelle macroscopique sans un appareil institutionnel dont la puissance par construction doit l’emporter sur toutes les puissances individuelles. Et tout ceci en se souvenant que de l’Etat il faut commencer par se donner un concept tout à fait général, dont ce que nous voyons n’est que l’une des formes particulières, alors qu’on peut en imaginer bien d’autres. Il serait par exemple tout à fait possible de dire que ce que le mouvement zapatiste a expérimenté dans le Chiapas a bel et bien conceptuellement parlant le caractère d’un Etat, mais sous une forme très originale, très différente de la nôtre. Et qui peut peut-être désarmer nos réflexes antinomiques quand il ne nous laisse le choix qu’entre nos Etats actuels et une horizontalité qui est plus rêvée que pensée.

    Qu’il y ait de la violence, qu’il y ait à faire face à de la violence, il n’y a pas de processus révolutionnaire conscient qui ne s’y prépare. Car renverser l’ordre capitaliste ne sera pas un pique-nique, ni une joyeuse fête. C’est une entreprise qui aura nécessairement, quoiqu’à un degré indéterminé, un caractère de guerre civile. Et c’est donc au cœur de l’évènement révolutionnaire même que se pose avec l’acuité maximale la question de la violence et de l’Etat. Car il ne faut pas douter que le Capital opposera au processus révolutionnaire l’intensité de résistance qu’on réserve aux enjeux vitaux. Et il a déjà abondamment prouvé de quoi il était capable par le passé dans ce genre de situation. Or le Capital est une puissance macroscopique, j’entends par là établie à l’échelle même de la société toute entière. Il ne peut donc être défait que par une puissance opposée mais du même ordre de grandeur. Une puissance qui soit à l’échelle de la société mais qui ne soit pas celle du Capital pour l’instant, hélas, je n’en connais qu’une et c’est celle de l’Etat. Si l’on veut faire l’impasse sur l’Etat dans le processus révolutionnaire, j’attends qu’on me montre la puissance alternative, de magnitude adéquate, capable de défaire la réaction, l’inévitable réaction.

    Alors on pourrait me faire une réponse spinoziste, qui me prendrait à mon propre piège, et qui me dirait : la puissance de la multitude. Mais même une multitude anticapitaliste devrait s’organiser, et en l’occurrence elle devrait s’organiser en armée. L’Armée, le cœur de l’Etat, sa forme la plus réduite, la plus concentrée. Pour autant que je sache l’expérience zapatiste a pour institution centrale un truc qui s’appelle AZLN, avec A qui veut dire « Armée ». Et je crois savoir aussi qu’à ce propos les zapatistes eux-mêmes ne se racontent pas d’histoires : l’armée c’est tout ce qu’on veut sauf l’horizontalité. Et on en revient à cette idée que l’ensemble formé par l’AZLN, qui en est la face externe, et la structure des conseils, qui en est la face interne, c’est ensemble tombe bel et bien sous le concept d’Etat, dont nous voyons alors qu’il n’y a aucunement à en faire le déni, mais plutôt à penser la diversité de ses formes. C’est-à-dire au total à l’assumer. C’est-à-dire encore à faire face à sa nécessité pour la rendre la moins pénible possible.

    Et c’est en ce point précis que se trouve confirmée une idée admise et infirmée une autre. L’idée admise confirmée c’est que rien n’est possible dans les structures de l’Etat bourgeois, et certainement pas de changer quoi que ce soit à l’ordre capitaliste avec lequel il a intimement partie liée ; en sorte qu’il y a en effet pas d’autre solution que de le fuir ou de le détruire. L’idée infirmée c’est que « une transformation sociale révolutionnaire pourrait et même devrait passer au loin de l’Etat tout court » ; je crois que ceci n’est pas exact. Avec toutes ses imperfections, ce qui émergera, ce qui se construira en lieu et place de l’Etat bourgeois détruit aura encore le caractère d’un Etat.

    Alors évidemment c’est une perspective dont j’admets qu’elle est beaucoup moins grisante que les promesses de démocratie radicalement horizontale. Mais je crois que c’est une perspective commandée par un réalisme anthropologique qui ne fait pas l’impasse sur les disconvenances et la violence, et qui ne cède pas la pétition de principe en donnant le problème de la violence pour résolu parce qu’on a présupposé dès le départ tout ce qu’il fallait pour le résoudre. A savoir des Hommes tels qu’on voudrait qu’ils soient : altruistes, dédiés au collectif, ayant abandonné la poursuite de leurs intérêts égoïstes, etc… Sauf que les Hommes ne sont pas ça. Ou plutôt ils peuvent très bien être ça parfois. Mais ils ne sont pas que ça. Et d’autres fois ils peuvent être aussi sacrément le contraire de ça. Sauf donc le risque de tragique déconvenue politique, on ne peut pas partir de l’hypothèse qui nous arrange et postuler que les Hommes sont ça plutôt que le contraire de ça, car la vérité est qu’ils sont capables des deux. En revanche on peut former le projet, indissolublement politique et moral d’ailleurs, que les Hommes deviennent davantage ça, et moins le contraire de ça. Mais cela c’est une question d’institutions. Ou disons plus précisément d’une forme de vie exprimée dans des institutions. C’est donc aussi une question de temps.

    Mais, pourrait-on dire, il y a une autre solution, une solution très économe en affrontements et en violence. C’est cette solution à laquelle Irchmann a donné le nom « Exit » : on se taille ; on laisse le Capital tout seul, nous on va vivre notre vie ailleurs, on se soustrait à ces rapports. C’est la stratégie de la défection généralisée. Dans « défection généralisée » cependant, le terme problématique c’est « généralisée ». Car des défecteurs il y en a déjà, on le sait bien. Mais il n’y a que des isolats de défection pour l’heure. Or premièrement le capitalisme peut très bien vivre avec ça. Deuxièmement ces isolats devraient mesurer ce qu’ils continuent de devoir, à leur corps défendant, au reste de la division du travail capitaliste et étatique. Dans le premier cas je pense qu’ils le mesurent, et qu’ils s’efforcent même en conséquence de le réduire. Dans le deuxième j’en suis moins sûr. Troisièmement surtout, comment faire faire tâche d’huile aux isolats ? Comment y faire entrer un nombre de plus en plus grand de personnes ? Soit la question de la généralisation.

    Convaincre les gens de la défection c’est les prendre par le désir. Par conséquent c’est se poser la question : où en est le désir des gens ? Dans quelle mesure et à quelle vitesse peut-il se déplacer ? Je dois bien vous avouer que c’est ici que la ligne du réalisme anthropologique risque le plus le pessimisme et le découragement. Car prendre le grand nombre par le désir c’est refaire un régime de désirs. Autre, et plus fort que celui du capitalisme. Or le réalisme anthropologique commande premièrement de mesurer exactement la puissance du régime de désir capitaliste, et deuxièmement de ne pas céder au sociocentrisme qui nous porte à croire que nos propres désirs capitalistes sont universellement partagés. La puissance du régime de désir capitaliste elle est grande, elle est immense même. Là où ce régime est le plus fort c’est bien sûr quand il prend les individus non pas en tant que producteurs, en dépit de tous ces stratagèmes actuels, mais quand il les prend en tant que consommateurs, et ceci de plein de manières différentes : par les objets, par la sensibilité, par le corps. J’ai entendu il y a peu un de nos grands intellectuels radicaux dire des objets marchands capitalistes qu’ils étaient, je cite « laids et inutiles ». Je pense qu’on ne peut pas davantage se tromper qu’avec ce genre d’énoncé. Et je serai assez près à parier que notre intellectuel devait avoir dans la poche au moins un téléphone portable, peut-être même un smartphone, allez savoir. Or un tout petit exercice de mémoire vous remet en tête que, disons au milieu des années 90, un individu qui s’exhibait avec un téléphone portable était un pitre, paradant avec un objet totalement inutile. Comme on sait, en moins de 5 ans, la frontière de l’utile et de l’inutile, qui n’est pas autre chose que la frontière du désir, a connu un déplacement fulgurant. Et cela est vrai pour beaucoup d’objets du capitalisme.

    Ce problème de l’utile et de l’inutile c’est le problème de ce que l’on appelle les « besoins », avec pleins de guillemets, cette catégorie assez centrale et pourtant l’une des plus mal construite d’une certaine anthropologie marxiste. Car l’idée de « besoin » cherche une norme objective de ce qu’il y aurait à désirer entre guillemets « légitimement ». Après quoi, satisfait, contenté, nous pourrions nous arrêter. Mais je crois qu’on ne saurait commettre pire contre-sens anthropologique qu’en prêtant ainsi aux désirs le pouvoir de s’arrêter, d’ignorer toute nouvelle sollicitation et toute relance, spécialement dans un monde marchand où depuis des décennies maintenant il a pris l’habitude du déchainement. Et je vous appelle à regarder quelques vidéos de ruées, car il n’y a pas d’autres mots, de ruées de premier jour de soldes quand dans un grand magasin se lève le rideau de fer, pour être un peu au clair sur ce que « déchainement du désir marchand » veut dire.

    Mais le rapport objectal, dont le capitalisme nous a fait prendre le pli, se complique de colonisation mentale autrement perverse ; je le dis sous la forme d’une vague esquisse parce qu’il s’agit en réalité d’un vrai programme de recherche, mais je pense que le capitalisme ne produit pas que des objets : il produit également une sensibilité, et une esthétique. Une esthétique de la marchandise évidemment, et qui a reçu son nom : cela s’appelle le design. Et voilà pourquoi on ne peut pas céder à la posture de dire que les objets du capitalisme sont laids : la vérité c’est qu’au contraire ils sont beaux, ou au moins que nombreux sont ceux qui les trouve beaux. Sans même d’ailleurs le problématiser. Mais le plus souvent par une expérience anté-prédicative de la différence : différence avec les objets du passé, ringards, ou avec les objets moches, des économies dites moins avancées. Souvenez-vous des quolibets qu’on a réservés aux Lada ou aux Traban, etc… Evidemment je sais bien qu’il y a une tout autre expérience esthétique possible de ces objets de l’ex-socialisme, bien plus valorisatrice, capable de voir leur charme, mais la question est toujours la même : c’est celle de l’expérience esthétique majoritaire. Or sans surprise cette expérience majoritaire valide les propositions esthétiques de la marchandise capitaliste. Sans surprise car je crois que le capitalisme, autant que des objets « beaux » entre guillemets, produit notre regard sur ces objets. Le capitalisme produit conjointement des objets et une esthétique : l’esthétique de ces objets.

    Il produit d’autres choses encore. Il produit ce que j’appellerais le « saisissement moelleux des corps ». L’élévation objective du niveau de vie, en longue période, a produit pour le grand nombre, pas pour tous on le sait il y a des gens dans la rue, mais pour le grand nombre des conforts matériels qui sont de puissantes affections du corps. Le capitalisme c’est donc aussi ceci : le corps dorloté. Orwell, que j’ai ces temps-ci un malin plaisir à citer, est peut-être un de ceux qui voit le mieux le danger de cette sournoise habituation, à laquelle il réserve les vitupérations d’une morale de la vie à la dure. Il parle, je cite, de « nos mœurs délicates », de « notre mollesse », et de « nos habitudes du confort douillet ». Et voudrait que nous rompions avec notre relâchement. Or quand il s’agit de joindre le geste à la parole, Orwell qui est l’honnêteté intellectuelle en personne, voit bien tout ce qui résiste en lui-même : « Je suis un intellectuel semi-décadent » dit-il, « et j’en mourrai si je n’avais pas mon thé du matin et mon NewStatesman du vendredi. Manifestement je n’ai pas envie de revenir à un mode de vie plus simple, plus dur, plus frustre, et probablement fondé sur le travail de la terre ». Il n’a pas envie de revenir à une vie plus dure et plus frustre, et probablement beaucoup avec lui. Que certains y soient prêts, on le sait : des expériences alternatives en témoignent ; mais là encore : le grand nombre…

    Donc vous le voyez, dans la dynamique passionnelle collective d’une transition au-delà du capitalisme, il faut aussi compter avec ces affects tristes, liés aux renoncements matériels. Renoncement à la frénésie du désir acquisitif, renoncement à vivre dans un environnement d’objets qu’on a été conditionné à trouver beaux, renoncement à des conforts corporels dont nous avons fait des évidences et des normes.

    Qu’est-ce que le processus révolutionnaire peut mettre en face ? Quels affects joyeux, pour faire pencher la balance de son côté ? Plein sans doutes, essentiellement deux, on les connait : premièrement l’affranchissement de la servitude hiérarchique. Ça, c’est énorme. C’est le principal. Deuxièmement la réappropriation de la vie, individuelle et collective. Le soulagement de la terreur salariale, c’est-à-dire d’une terreur qui prend pour objet la vie même, en prenant en otage les conditions de sa reproduction matérielle. Ce soulagement, et la restauration d’un temps pour soi, sont sans doute parmi les joies les plus puissantes et les plus immédiates, clause importante, que les individus puissent trouver dans une forme de vie post-capitaliste.

    J’ai insisté sur la clause privative du temps pour soi car il ne faut pas non plus s’abuser quant au désir individuel de temps pour la collectivité. C’est encore l’effet je crois d’une distorsion socio-centrique que d’imaginer universellement partagé le désir des individus de se réapproprier pleinement la politique, la délibération collective. C’est que des siècles de dépossession ça laisse des plis, et des « habitudes », comme dirait La Boétie. Même si l’élan de réappropriation est souvent puissant, comme le prouve les nombreuses expériences de reprise autogestionnaire d’entreprise, on ne peut pas supposée formée partout l’habitude, c’est-à-dire la disposition et le goût, de la participation à la souveraineté collective. Il n’y a pas là d’obstacle insurmontable d’ailleurs. Cette participation peut très bien être instituée comme l’effet non pas d’un choix personnel mais d’un devoir. Un devoir contributif et en nature en quelque sorte, à la place du pouvoir fiscal ; c’est bien Rousseau d’ailleurs qui jugeait méprisable le principe de l’impôt comme évasion, par le rachat monétaire, d’un devoir de participation politique et matériel direct aux affaires de la collectivité.

    Alors tout ceci pour dire quoi ? Et j’en termine. Pour dire que comme toute chose dans l’Histoire, un processus révolutionnaire est une dynamique passionnelle collective. N’allez pas croire que disant cela je méconnaisse le rôle des idées. Mais c’est que ce qu’on nomme usuellement « idée », et spécialement les « idées politiques », ne sont en fait pas autre chose que des contenus idéels portés par des affects, sans lesquels ils n’auraient aucune force, ni ne seraient d’aucun effet. Bien plus en revanche que les évènements ordinaires de l’Histoire, les processus révolutionnaires sont des gigantomachies passionnelles : la lutte à mort de deux formes de vie. Alors il n’y a pas de science affectométrique, et nul ne peut prédire l’issue de ces affrontements. Mais concluant de la même manière que j’ai commencé, il est au moins un devoir intellectuel auquel on est tenu : c’est de ne pas se raconter des histoires. Et la pire histoire qu’on puisse se raconter c’est qu’il y aurait une sorte d’aspiration native à la liberté frugale et communautaire, qui n’attendrait que la première occasion pour s’exprimer. Je crois que ceci n’est pas vrai, et spécialement dans notre situation anthropologique. Lutter contre le capitalisme, c’est d’abord compter avec tous les faux plis affectifs et désirants, qui la fait prendre au plus grand nombre, y compris nous-même. Sortir du capitalisme c’est refaire un régime de désirs et un imaginaire à l’échelle de la société toute entière, et ceci n’est pas une petite affaire.

    Alors je suis bien désolé de vous laisser avec ce mélange de généralités improductives et de réalisme du dégrisement, et je pense qu’on ne perd jamais rien à poser convenablement les problèmes. Et en l’occurrence je voulais en poser un, dont j’emprunterais volontiers le terme à La Boétie et à Spinoza, parce qu’ils l’ont en commun ; c’est un terme à la fois très ordinaire et très profond : ce terme c’est « habitude ». Une forme de vie c’est une habitude. Et le problème de la révolution c’est de produire en chemin, de construire, quelque chose qu’elle ne peut pas supposer entièrement déjà là, à savoir une habitude du commun et de la liberté.

    Je vous remercie. »

    Frédéric Lordon.

    Source : http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-revolution-n-est-pas-un-pique-153918

    https://www.youtube.com/watch?v=4PEJlSvVZaY

  3. J’aime beaucoup sa démarche intellectuelle scientifique, car il part de l’humain, de son fonctionnement, de ses besoins, pour ensuite imaginer les solutions possibles, plutôt que d’abord imaginer des solutions idéalisées qui demanderont malheureusement des humains améliorés pour pouvoir fonctionner, et qui pour cette raison ne seront jamais des solutions réalistes.

    Ainsi pour lui ce ne sont pas les humains qu’il faut changer, mais leurs désirs.

    Jacques Généreux est dans la même démarche intellectuelle.

    Tout comme Marx.

    Et il n’est pas étonnant que sous bien des aspects, bien qu’en suivant un cheminement intellectuel différent, arrivent à des conclusions similaires.

    Comme par exemple le fait qu’il n’y aura pas de réelle démocratie tant qu’on ne changera pas les modes de gouvernance dans les entreprises ( ce qui conduit à la nécessité de sortir du capitalisme, celui-ci ayant justement pour principe fondamental le partage des décisions dans les entreprises en fonction des parts détenues du capital ).

    C’est un aspect de nos vies et de la démocratie qui est totalement oublié par Etienne.

    • Sandy | 29 août 2014 at 22:07
      Nous dit
      « J’aime beaucoup sa démarche intellectuelle scientifique, car il part de l’humain, de son fonctionnement, de ses besoins, pour ensuite imaginer les solutions possibles, plutôt que d’abord imaginer des solutions idéalisées qui demanderont malheureusement des humains améliorés pour pouvoir fonctionner, et qui pour cette raison ne seront jamais des solutions réalistes.

      Ainsi pour lui ce ne sont pas les humains qu’il faut changer, mais leurs désirs. »

      Je suis vraiment d’accord avec cette idée qu’il faut rester avec les hommes tels qu’ils sont et rester réaliste : faire avec l’existant tel qu’il est plutôt que de plaquer des schémas idéologiques sur la réalité .
      Par contre les désirs humains sont aussi bien réels et je ne pense pas qu’on puisse les changer .
      C’est le principe de réalité qui doit primer : ce qu’on peut tenter de changer ce n’est ni la réalité humaine ni la réalité des lois de l’univers dans lequel l’homme est immergé , c’est en fait un trait spécifique à la nature humaine qui est à l’origine de toute conscience et de toute liberté ; la faculté de pouvoir se tromper .
      Je ne connais pas d’autre meilleure méthode de lutte contre le fait que nous nous trompions sans cesse , que de parler ensemble ; comme on le fait sur ce blog mais , parce qu’aujourd’hui c’est semble t il collectivement que nous nous trompons , c’est dans le cadre collectif , le commun , que nous devons organiser la discussion.

    • N’importe quoi.

      « supposons que l’on cesse de travailler »

      Et bien à partir de ce moment là, il y aura des millions de morts.

      • Rien à rajouter au commentaire de Sandy.

      • SANDY ne tient pas parole en intervenant sur un de mes liens… certes, certes, il est des évidences qu’il faut bien réfuter sous peine de perdre son propre emploi ^^

      • Ca serait bien d’aller faire votre propagande ailleurs.

      • Il y a déjà eu des grèves générales dans l’histoire sans qu’il y ait eu des millions de morts^^ Hélas aujourd’hui la grève serait pas bien, car contre productive (c’est le but en même temps de faire chier les capitalistes en faisant grève), et quand je vois le parti « socialiste » dénigrant ce droit pour lequel tant de socialistes sont morts, ça me donne la nausée…
        Il faudrait avant tout s’organiser, pour que tout le monde ait de quoi manger etc… (ce qui n’a pas été fait par exemple lors de la Commune de Paris, trop occupé à élire, ils ont oubliés qu’il fallait que les combattants se nourrissent!), mais dans cette vidéo il dit des choses intéressantes, notamment que les gens, par un conditionnement sur des siècles (en partie, ce n’est sans doute pas la seule cause), pensent qu’ils ont besoin d’être gouvernés. Les gens ont besoin d’être dirigés, mais c’est possible sans être autoritaire, sans gouvernement, un bel exemple avec la makhnovtchina en Ukraine: il y a eu formation de communes libres, et associations des travailleurs car ils ont compris que c’était dans leur intérêt. Il suffit de quelques personnes qui expliquent aux gens, par des exemples et si tout le monde veut tenter le coup ça marche.
        En tout cas je suis d’accord avec toi sur le post du dessus, que sortir du capitalisme est nécessaire, et totalement oublié par Etienne. On ne fonde pas une société démocratique égalitaire quand le système économique actuel accroît les inégalités.

        P.S: si le tutoiement te dérange dis le moi et je passerais au vouvoiement 🙂

        • Il ne parle pas d’une grève mais d’arrêter de travailler définitivement pour que chacun cultive son jardin.

          • Le fait de défendre des idées ce n’est pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire, cette façon de tourner les choses est insultante.

            Ensuite, je ne vois pas pourquoi on serait anti démocrate en défendant le revenu de base, la démocratie dans les entreprises ou encore la définanciarisation de l’économie.

        • « complètement oublié » ? Mais enfin, je ne parle que de ça…

          En prenant le contrôle de la production du droit (à la fin du 18e), les grands marchands (et notamment les marchands d’argent) ont rendu possible (et verrouillé) le « capitalisme ». Donc, en se réappropriant (sans complexes) le contrôle de la production du droit, les humains sortiront enfin du capitalisme, en prenant leurs problèmes par le bon bout (par leur racine commune).

          Vous n’écoutez pas comme il faut, je crois.
          On peut combattre le capitalisme sans être un marxiste orthodoxe…

          • Reprendre le contrôle d’accord, mais ensuite il faut clairement une volonté de modifier les lois incriminées.
            Et Etienne avouez que cela ne va pas de soi et qu’en ne rassemblant des gens qu’autour de la question des institutions vous ne portez pas une telle volonté.

          • Ana Sailland

            @Sandy

            Être démocrate n’est pas dire aux gens ce qu’ils feront quand ils auront le pouvoir, c’est leur proposer de (re)prendre le pouvoir de faire ce qu’ils choisiront de faire, sans le démocrate.

            On peut dresser un catalogue de titres de réflexion, et c’est fait. Mais en aucun cas dicter les réponses.

          • @ ANA

            excuse totalement bidon et insultante.

          • Ana Sailland

            @Sandy | 2 septembre 2014 at 16:01 |

            J’avoue ne pas voir le rapport avec mon message sur être démocrate.

          • @ ANA

            Le fait de défendre des idées ce n’est pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire, cette façon de tourner les choses est insultante.

            Ensuite, je ne vois pas pourquoi on serait anti démocrate en défendant le revenu de base, la démocratie dans les entreprises ou encore la définanciarisation de l’économie.

          • Ana Sailland

            Ah, je peux essayer de comprendre.
            Mais pour l’insultant, je ne vois toujours pas.

            Peut être n’a-t-on pas la même échelle d’interprétaion des mots.

            ;;;;;;;;;

            Que penses-tu de ma proposition de pow wow réel ?

          • J’ai peut être mal lu, mais quelle est l’alternative proposée par Frédéric Lordon par exemple?
            Et en se réappropriant la production du droit (je comprends ça comme la production globale mais je me trompe sans doute), est ce qu’il ne changerait tout simplement pas de forme sans vraiment disparaître? Sans compter qu’ils nous laisseraient faire sans nous isoler? Ça me semble trop simple pour ne pas avoir été fait avant en fait^^ Sinon merci de m’éclairer car je vois pas comment on pourrais sortir du capitalisme juste de cette manière là.
            En tout cas il faudra que Frédéric Lordon revoit son histoire anarchiste car dire ça: « je crois que le déni de la violence est le point de faiblesse insigne de la pensée anarchiste » c’est oublié les Vaillant, Henry et Ravachol au moment de la propagande par le fait (terrorisme, soutenue par Kropotkine et Malatesta notamment chez les théoriciens) fin du 19ème. Même si ce fut un cuisant échec^^
            Les anarchistes sont pacifistes mais savent qu’il faut utiliser la violence, pour se défendre ou s’insurger.

      • Bah Soral en dit bien plus depuis des années, le petit gars qui a fait la vidéo se la raconte, mais bref.

        Chère Sandy, vous n’avez pas lu Marx ! Et donc vous devriez écouter Soral…
        C’est le travail qui nous conduit à la mort. Je sais que le salariat qui est soumission ne doit pas déranger tant de femmes que çà finalement, mais pour l’humanité c’est un désastre ! Pour le capitalisme c’est tant mieux, mais en a-t-il encore pour longtemps ?
        Je redonne le lien de la conférence : http://www.egaliteetreconciliation.fr/A-partir-de-Marx-conference-de-Francis-Cousin-a-Nancy-27644.html#forum955261
        N’ayez pas peur………….

        • Ouai je la connais cette interprétation qui fait briller son sexisme (à Soral). Comme tout bon marxiste en tout cas il pense que le changement se fera grâce à une élite (on a vu ce que ça a donner avec les bolcheviques, puis avec mao). Le capitalisme n’avait pas besoin du travail des femmes pour faire son beurre, le fascisme et la guerre l’ont fait pour lui au siècle précédent (et une bonne exploitation au siècle d’avant aussi, mais là Soral doit moins ne parler vu qu’il aime pas trop les prolos).
          Bref Soral est national socialiste (idéologie qui a déjà montré de quoi elle était capable), et à l’écouter les révolutions ne se sont faites que par les bourgeois! Un mec qui déteste autant le peuple ne lui rendra jamais le pouvoir s’il le prend (car il a dans l’idée de faire un coup d’état).
          Et pourquoi le salariat ne dérange pas les femmes? T’es qui pour dire ça? Toi aussi t’as la sciences infuse comme Soral?

        • Petit rappel…

        • Soral plus pro-chardien ici…

          … bien loin de cette « gentillesse » ironique contenue dans la première vidéo de mon dernier post !

          Qui manipule qui manipulé lui-même ?!…

          Au moins, avec ETIENNE, on sait où on va et on sait ce qu’on veut !

          • J’ai répondu ici même aux questions de Soral : les campagnes sont financées par l’argent public.
            Les dons des entreprises sont interdits. Les dons des particuliers et les cotisations sont limités à 7500 euros par an et par personne. Seul l’UMP a une grosse partie de son financement qui vient des dons. Sinon les sources de financement sont le financement public en fonction des résulats aux élections et les cotisations ( dont principalement celle des élus ).

    • La place d’exception n’aurait-elle pas sa place? Je crois bien que si pourtant même si ça ne semble pas rock-and-roll de penser cela. C’est justement parce qu’elle est niée cette place d’exception, que ce qui se passe se passe ainsi à mon sens. Mais une place d’exception qui porte l’étendard du juste, du bon, de l’équitable et du respect de soi et des autres… c’est une autre histoire que celle qu’on nous conte et compte aujourd’hui, c’est vrai!

  4. J aime beaucoup sa demarche, mais frederic definit l’humain en ne parlant uniquement que du corps, alors meme s il est vrai que les besoins du corps proviennent dune utilite habituelle. Il oubli que l Homme recherche le bonheur avant tout, et si cette molesse est agreable pour le grand nombre, elle ne reste qu agreable pour un temps limite…. Je n adhere donc pas a son pessimisme, il repose sur la non acceptation que tout provient de son oppose… Alors continuons a nous pencher sur des instituions differentes , mais ce nest pas ces dernieres qui amelioreront l’Humain, cela restera circulaire, non chronologique, non hierarchique . Un meilleur Homme, un meilleur texte, un meilleur texte , un meilleur Homme. L’Oeuf ou la Poule en premier ? L ‘ Univers est un cercle. comme disait Victor Hugo L infiniment Grand et Linfiniment petit. Quel pluriel alarmant !!!

    • Hélène Nivoix

      Bravo et merci Jérôme, je partage entièrement votre critique. Car en plus d’être réaliste, il est nécessaire de cultiver l’optimisme*.

      L’être humain est au moins aussi spirituel qu’animal, économique, politique et social. Il faut agir à tous ces niveaux ! Des solutions à nos maux existent, M. Chouard en recommande une à laquelle j’adhère entièrement. J’en propose pour ma part une aussi, complémentaire parmi d’autres, et tout aussi utopique mais ça n’est pas grave, l’essentiel étant de faire naître et vivre les idées. Je propose une solution qui, sous une apparence anodine, ne serait pas sans effet sur les méfaits d’un capitalisme outrageusement financiarisé par le tonneau des Danaïdes de la création monétaire ex-nihilo.

      Elle va dans le sens de la conscientisation écologique, car l’être humain devrait comprendre qu’il faut qu’il régule son activité au sein du « système-terre » d’un point de vue thermodynamique, et que cela est tout à fait possible par le biais de l’augmentation de la biomasse. Bref, qu’il faut travailler avec la nature (écologie, permaculture, biodiversité) et non pas contre elle (cf désastres chimiques, nucléaires, OGM, biologie synthétique et j’en passe). Réalisons que la monnaie peut être l’astuce qui fédère les énergies mondiales, créant la catalyse qui manque pour l’instant à l’humanité. Car l’urgence est là ! Si nous n’infléchissons pas très vite le réchauffement climatique, l’agriculture va devenir de plus en plus difficile, son efficacité toujours plus erratique, et de même que le déclin des abeilles ce sera la chute de nos civilisations, l’effondrement humain en dehors de quelques poches de survie par-ci par-là.

      En vue de la négociation climatique dite « COP21 » à Paris en novembre 2015, si la société civile se mobilisait dès maintenant, le peuple européen pourrait s’exprimer via une ICE (initiative citoyenne européenne) pour exiger que la Commission porte la proposition de création d’une monnaie internationale complémentaire basée sur le dynamisme de la biomasse terrestre saine, la Grainette ! Toute personne intéressée peut consulter mon billet de blog : http://blogs.mediapart.fr/blog/hlnlink/210814/la-grainette-monnaie-mondiale-verte-ueuse.

      * je recommande chaudement, à M. Lordon et à tou-te-s, la Ligue des optimistes belges ! Je les cite : « Outre le pessimisme, le contraire de l’optimisme, c’est aussi et peut-être davantage encore le cynisme. »

      Et Amma, la sage indienne Ma Amritanandamayi, de nous exhorter (nb : A ceux et celles que le mot « Dieu » énerve, il suffit de le remplacer par « le présent », et ça marche !) :

      « Ne perdez jamais courage. Ne perdez jamais votre foi en Dieu, en la vie. Soyez toujours optimiste, quelle que soit votre situation. Il est très important d’être optimiste.

      Le pessimisme est une forme de ténèbres, une forme d’ignorance qui empêche la lumière de Dieu d’entrer dans votre vie. Le pessimisme est pareil à une malédiction, une malédiction illusoire créée par un mental illusoire.

      La vie est remplie de la lumière de Dieu, mais c’est uniquement en étant optimiste que l’on peut faire l’expérience de cette lumière. Regardez l’optimisme de la nature. Rien ne peut l’arrêter. Chacun des aspects de la nature apporte inlassablement sa contribution à la vie. »

      • mouais moi je suis pessimiste mon pote! tous les matins j’me réveille en enfer! Alors envoie moi le mail de ton Dieu que je puisse lui demander quelques faveurs…quand je pense que Dieu (enfin son concept!) est certainement le plus gros esclavagiste qui est existé et existant…je sais pas à quoi tu te shoot mais moi j’en veux!

        • je suis desole pour toi sincerement, je ne connais pas tes malheurs mais je t assure que je ne me shoote aucunement. je passe beaucoup de temps a la montagne , peut etre essai… bon courage .

      • « Si nous n’infléchissons pas très vite le réchauffement climatique, l’agriculture va devenir de plus en plus difficile, son efficacité toujours plus erratique, et de même que le déclin des abeilles ce sera la chute de nos civilisations, l’effondrement humain en dehors de quelques poches de survie par-ci par-là.

        En vue de la négociation climatique dite « COP21″ à Paris en novembre 2015, si la société civile se mobilisait dès maintenant, le peuple européen pourrait s’exprimer via une ICE (initiative citoyenne européenne) pour exiger que la Commission […]

        Pardonnez moi Hélène, il y a peut être quelques choses intéressantes quoique au demeurant exotiques dans votre message, mais tout ce passage est complètement à côté de la plaque.

        Nous sommes effectivement partis pour en baver côté agriculture dans les décennies à venir, mais certainement pas à cause du CO2, bien au contraire. Le petit âge glaciaire, ce furent de nombreuses dizaines de millions de morts eu Europe du fait de la famine et de la peste qui s’en suit.

        Le « COP » se tiendra plus exactement au Bourget, où le record de température de 1999 n’a même pas égalé celui de 1775, sans parler de ceux de la grande époque romaine et de l’optimum médiéval.

        La Terre, qui a cessé de se réchauffer depuis 15 ans, ce que le GIEC n’ignore pas, va malheureusement subir plusieurs décennies d’hibernation du Soleil, que tu ne tarderas pas à observer, et avec un minima vers 2040.

        A quoi s’ajoute, bien sûr, le fait que nous courons à la crise énergétique si nos pays continuent d’être ainsi follement administrés et à se jeter dans l’impasse catastrophique d’un ordre mondial naturellement incontrôlé, notamment à la faveur de l’idéologie climatiste.

        Quant à la pétition européenne, personne d’autre ici n’a besoin qu’on rappelle qu’elle ne vaut pas un clou, ni que la Commission est le problème et pas la solution.

        En d’autres termes, l’immense majorité des figures politiques supposément écolos sont de gros boulets à cause de qui on va bientôt se retrouver les deux pieds dans la merde au motif de sauver une planète qui n’en a naturellement rien à foutre de savoir quels hochets nos élites nous agitent devant le nez pour nous garder tranquilles. L’écologie réelle, la seule et vraie, est affaire de science ; la « conscientisation écologique » avec laquelle on nous balade est généralement affaire de religion ; des hordes d’excités qui n’ouvrent jamais un dossier de fond nous cassent les oreilles et le moral avec tous les nouveaux délires et leurs prédictions catastrophistes, et sont peut être même déjà devenus la meilleure des diversions empêchant les gens de travailler sérieusement pour régler les vrais gros problèmes.

  5. Le raisonnement de Lordon dans sa première vidéo trouve vite ses limites…
    Personne n’empêche personne, et a fortiori un socialiste, d’aller travailler en coopérative de production (SCOP), ou même en association (loi 1901).

    La SCOP étant au passage un paradis fiscal (relativement à la fiscalité française…) avec bien moins de taxes que l’entrepreneur moyen qui se casse le cul tous les jours comme ses employés, pour payer le salaire de Lordon.

    Mais même comme paradis fiscal, ça ne marche pas, les SCOP, il y en a 2000 sur 4 millions de sociétés. C’est simplement un mode d’organisation le plus souvent inapte à produire quoi que ce soit.

    Après, faut avoir quelques bases en économie pour le comprendre… pardon, c’est vrai qu’il n’y a pas de science économique (sauf pour Lordon).

    • Personne ne vous empêche non plus d’aller sur la lune. Plus sérieusement, avec ce genre de phrase vous démontrez seulement que vous êtes peut-être un peu naïf. Lordon tente d’expliquer le jeu des contraintes (combiné au jeu des affects passionnels) qui nous pousse dans telle ou telle direction (coercition et passion), mais effectivement personne ne nous empêche de faire quoi que ce soit sur le principe. Pour que « personne n’empêche » un ouvrier d’aller dans une SCOP il doit être dans tout un ensemble de prérequis et de dispositions (pouvoir croûter -- pas forcément facile pour tout le monde, être informé -- impossible sans avoir du temps, avoir du temps -- impossible sans pouvoir croûter, etc… ) et vous semblez ignorer tout ça. Et peut-être que vous les ignorez parce que vous êtes vous même en incapacité de le comprendre (par le jeu des contraintes et des passions) -- de la même manière que ces « a fortiori » socialistes sont en incapacité de choisir pleinement leur destin salarial comme vous leur suggérez. C’est ça qu’explique Lordon.

      Ensuite qualifier les SCOP de paradis fiscal au motif qu’elle ne paient pas de CET, pourquoi pas. Si ça peut vous rassurer les banques refusent de leur prêter et les grandes entreprises ne signent pas de contrat avec eux. Vous voyez ? Il y a une justice !

    • « Après, faut avoir quelques bases en économie pour le comprendre…  »

      Il faut faire un tout petit effort analytique pour éviter de dire n’importe quoi.

      L’inaptitude présumée des SCOP n’est pas liée à leur mode de fonctionnement interne mais à leur rapport avec les institutions externes et en particulier les institutions de financement. Pour ce qui est d’entreprendre sous forme d’association 1901, j’imagine que vous plaisantez.

      « que l’entrepreneur moyen qui se casse le cul tous les jours comme ses employés, pour payer le salaire de Lordon. »

      Ben voyons!

    • J’ai entendu dire que l’entreprise Chèques Restaurants est une coopérative. Pas sûr, pour ma part, que ce soit une production bien utile, mais manifestement çà marche et çà écoule bien.

      Je ne savais pas que les banques refusent de prêter aux SCOP. Si c’est le cas -- ce qui serait naturellement un scandale, car il est on ne peut plus normal qu’une entreprise soit structurellement emprunteuse -- on peut se douter que çà n’a pas grand chose à voir avec « l’efficacité financière », encore moins économique, du fonctionnement en coopérative… mais sans doute bien plus avec la volonté d’aider à démontrer que çà ne marche pas… ce que ne se priveront pas de dire un tas de gens qui seront ravis de voir leurs préjugé soi-disant confirmés.

  6. « Il faut rendre désirable ce qui est nécessaire. »

    C’est donc un double mouvement politique qu’il s’agit de mener dans le bon ordre :
    -Montrer la nécessité
    -Montrer qu’elle est désirable

    La nécessité n’est jamais agréable à entendre et fait partie de ce que l’on ne souhaite pas voir . Puisqu’il s’agit bien de la nécessité de passer d’un ordre à un autre. Un ordre où nous avons des acquis à un ordre que l’on ne connaît pas.
    Pour qu’il y ait nécessité de passer d’un ordre à un autre ( faire la révolution) il faut que l’ordre existant soit en crise et que nous prenions conscience que nos désirs qui jusque là y étaient tant bien que mal satisfaits ne le seront plus ; et qu’il est donc devenu nécessaire , que c’est une nécessité, de les satisfaire dans un ordre nouveau.
    C’est pourquoi tous ceux qui proposent des explications et des solutions
    rendent un très mauvais service au changement en empêchant la pleine et entière prise de conscience de la nécessité .
    La nécessité est une désespérance ou elle n’est pas . C’est la réalité de la situation qui en apparaissant clairement fait surgir la nécessité ; c’est la pleine et entière prise de conscience du caractère non durable de nos société qui seule peut faire surgir la nécessité , elle même seule moteur du changement ; c’est parce que le monde qui vient ne permettra plus longtemps de satisfaire nos désirs et nos besoins et c’est parce que cela est désespérant qu’on peut oser croire à la nécessité du changement.
    Et c’est parce que les solutions , les programmes ne peuvent marcher , parce que nos pratiques politiques de gouvernance sont obsolètes, inadaptées au changement d’un système tout entier , qu’il faut aussi en changer ; passer de l’affirmation à l’interrogation ; passer de propositions programmatiques de partis à l’interrogation collective …Qu’il est bien sûr nécessaire d’organiser.

    • Selon vous, comment sont construits les programmes des partis ?

      • Je ne sais pas .

        • En disant qu’il faut passer de l’affirmation à l’interrogation, je comprends que pour vous il n’y a pas d’interrogation avant l’affirmation, que les affirmations sont donc gratuites.
          En êtes-vous sûr ?

          • Di Girolamo

            Sandy
            Quand on affirme quelque chose tout seul dans son coin ou dans un groupe de gens qui pensent la même chose …..Alors on est dans l’affirmation ; c’est la raison pour laquelle je suis attaché à la démocratie qui est une discussion publique avec tout le monde , n’excluant personne . Mais cette position ne doit pas rester une déclaration de principe : par exemple sur ce blog les gens sont sans aucun doute verbalement d’accord sur cette démocratie ouverte ; mais par contre ils sont très satisfait de rester entre eux , de concocter des constitutions en cercle fermé et de faire éclore des gentils virus à la manière des témoins de Jehova qui vont prêcher « la bonne » parole : quand on leur dit que l’application logique d’une démocratie ouverte c’est un outil public organisé pour ce faire , là ça commence à coincer parce qu’on sort de l’entre soi.
            L’interrogation se sont des affirmations qu’on avance devant les autres (de vrais autres : pas forcément d’accord) afin de les approfondir , de les rectifier ou les conforter ; Le problème des partis, qui par ailleurs correspondent à de vrais besoins et peuvent avoir une utilité politique certaine, c’est que dans un système d’élection qui n’est pas équilibré par autre chose ils prennent toute la place , créent l’entre soi et empêche la démocratie ouverte qui seule permet d’aller plus au fond des problèmes ; et dans une période aussi difficile , complexe , dangereuse que la nôtre ce défaut devient un défaut majeur .
            La démocratie est un décloisonnement : c’est parce que Sandy et
            Di Girolamo n’ont pas la même histoire , les mêmes intérêts etc que ça peut fonctionner .
            Bonne journée

          • Je comprends, mais je crois que vous vous faites des idées.
            Les gens avant « d’affirmer » qqchose, vous ne pouvez pas savoir ce qu’ils ont pu faire avant d’avoir ces convictions. Je veux dire, si jamais je débarquais sur ce blog pour la 1ère fois, que je ne connaissais pas Etienne, je pourrais penser qu’il ne fait qu’affirmer des choses dans son coin, alors que cela fait 5 ans qu’il sillonne la France à discuter avec tout un tas de gens, et que ses convictions il les tient non seulement de ces discussions mais aussi de ses lectures, les livres étant un média qui ne me semble pas moins efficace pour partager des idées et en débattre.

            Les partis politiques ne sont clairement pas un lieu de réflexion. Lors de réunions qu’elles soient à huis-clos ou publiques, il s’agit plus d’échanges que de vraies réflexions, d’ailleurs est-il possible de réfléchir réellement dans une situation de foule ? C’est un exercice qui est rendu difficile dans ce genre de situation je pense.

            La vrai réflexion elle se fait seul, après-coup, en repensant à ce qui a pu être dit par les uns et les autres, surtout si les échanges ont pu être filmés ou retranscrits par écrit.
            Chacun va donc avoir des idées dans son coin, puis il les exposera aux autres aux prochaines occasions qui lui seront donné pour échanger des idées.

            A mon avis c’est comme cela que la réflexion collective fonctionne, en deux temps, un temps de débat et d’échange, peu propice à la réflexion, et un temps de cogitation personnelle, où là les idées peuvent se développer.

            Les forums sont un bon outil car ils permettent de faire les deux à la fois. Echanger, puis penser à tête reposée.

            Les programmes des partis politiques sont la plupart du temps alimentés par des réflexions qui ont lieu partout, en dehors de ces partis politiques. Les lieux où se réunissent les membre de ces partis politiques ne sont jamais les lieux de création de ces idées. Il y a donc toujours une réflexion avant les affirmations.

          • Sandy,
            (une fois de plus,) je suis d’accord avec presque tout ce que vous avez dit là.

            J’aurais quand même ajouté que, loin de permettre aux adhérents de participer au programme (presque tous les militants que je rencontre se plaignent de n’être que des pions sans influence sur la ligne leur mouvement), les partis sont (très principalement) des machines de guerre (contre les autres partis) pour faire gagner les élections à leurs chefs (et à ceux qui les aident, financièrement, médiatiquement, etc.).
            Mais ça, c’est, entre nous, un point de désaccord (de même que la force émancipatrice que vous ressentez dans l’élection de maîtres). Il faudrait qu’on se rencontre, peut-être, pour écarter les malentendus et mieux cerner le cœur de nos accords et désaccords..

          • Sandy | 31 août 2014 at 16:43 |
            Etienne /1 septembre 2014 at 19:03 |

            Le cheminement de la réflexion personnelle est une chose ; autre chose la culture d’un pays, d’une époque, les pensées non réfléchies : ce qu’on est collectivement à un moment donné de l’histoire.
            Autre chose encore est la réflexion collective orientée vers la compréhension des problèmes sociétaux en vue de décisions collectives.
            Je n’ai pas les moyens (temps et réflexion) pour chercher ici à comprendre comment fonctionne le cheminement personnel ou comment s’élabore la culture collective ; restons en au sujet du blog qui est la démocratie c’est à dire pour moi l’organisation de la réflexion et de la décision collective concernant la gouvernance de la société.
            Mon affirmation à ce sujet (que je soumets donc ici au débat pour l’interroger) est qu’il nous faut deux jambes pour nous gouverner nous même :
            -- 1 ) nous avons besoin de la représentation
            Qui va pouvoir gérer au jour le jour les affaires de la société et en ce sens prendre des décisions ; le représentant est ici un serviteur qui travaille et décide pour nous en tant que gestionnaire.
            La représentation est nécessaire pour des raisons pratiques évidentes : il est impossible de gérer les nombreuses problématiques et de prendre les décisions qui s’imposent souvent rapidement à plusieurs millions de personnes. Et même à un échelon plus restreint de nombreuses tâches sont à mener au quotidien dans les communes et on ne peut pas tous s’y coller ; les représentants sont donc des auxiliaires précieux qui assurent un service public.
            Il faut bien sûr cadrer rigoureusement ce service de la représentation , chose qui reste en très grande partie encore entièrement à faire ; par exemple faire obligation à la représentation de rendre compte de ce qu’elle fait : obligation d’informer , obligation de consulter , et de recevoir les avis ; obligation d’organiser des référendums.
            Il faut permettre la répudiation du représentant s’il assume mal son service et ne se soumet pas à ces obligations. D’autres règles sont à introduire (non cumul etc )
            On connait bien tous ici les dérives de la représentation, les oligarchies locales et nationale (et internationales)….

            -2) Nous avons aussi besoin, au-delà de la gestion au quotidien de la société et de la représentation qui en a la charge, d’un espace citoyen de réflexion globale qui s’intéresse à la société toute entière, à ses grandes orientations.

            La gestion nous laisse la tête sur le guidon, même si elle se teinte d’idéologies ; Il nous faut un espace public organisé pour
            évaluer la gestion de la société par nos représentants, évaluer les politiques publiques, en parler ,évaluer nos représentants
            mais évaluer aussi nos actions et nos décisions de gestion au regard de nos valeurs et de la construction de l’avenir ; la réflexion est ici réflexion globale. On prend de la hauteur on cherche à comprendre les logiques en œuvre, où nous allons
            Il faut que dans nos communes et au niveau national on puisse parler de l’Europe , de la réforme territoriale , de l’école , de la constitution etc etc et qu’on puisse sur des sujets que notre réflexion a approfondie dans le sens d’une décision à prendre organiser des référendums.
            J’affirme que le problème majeur de nos société est la dépolitisation, l’absence de structure et de pratique de participation des citoyens aux affaire du pays(1) et à la réflexion globale(2) ;
            On aura beau écrire des constitutions, voter le non cumul etc établir des programmes etc etc ….
            La pièce maîtresse à mettre en place c’est la structuration et l’animation (moyens humains et matériel de la démocratie participative à ces 2 niveaux indiqués précédemment.
            C’est pourquoi je me désole de voir des personnes de qualité comme Etienne, qui ont de l’influence sur les gens (et donc du pouvoir) travailler pour eux-mêmes et leurs idées et se détourner de la démocratie.
            Jorion , Chouard et autres penseurs tenanciers de blog sont des personnages connus et sont le centre d’un univers, le leur , avec leurs fans ou leurs virus ; leur cadre est un cadre privé et très personnel. Beaucoup d’associations se trouvent aussi comme les partis politiques dans une situation semblable de conflit d’intérêt : c’est leur mouvement qu’il s’agit de privilégier, de promouvoir.
            A partir du moment où un cadre public adhoc existe , ce conflit d’intérêt disparaît .
            Il faut qu’Etienne, sans renoncer bien sûr à aucune de ses idées , s’emploie à nous aider (moi et jacques Roman ) à travailler sur ce cadre qui pourra une fois décrit devenir une revendication unitaire majeure de la société civile .
            A partir du moment où dans nos communes nous pourrons dans un cadre public élaboré pour ce faire et structuré par une loi mener ensemble discussion publique sur les mêmes sujet que ceux de ce blog , ce sera le premier acte d’une prise de pouvoir citoyenne réelle .
            Si je me permets d’interpeler aussi directement Etienne c’est que je pense qu’il est capable (par honnêteté) d’apporter une vraie réponse à ce problème du conflit d’intérêt mécaniquement issu de l’absence d’une véritable organisation publique du débat adossé à la possibilité réelle de décider.

          • @ Etienne,

            en participant à un parti politique, certains vivent mal la frustration de devoir composer avec d’autres personnes.
            Un individu c’est clair ne pèse pas grand chose sur tout un groupe.

            Cela ne doit pas être confondu avec les éventuels problèmes d’organisation.
            Au parti socialiste, les militants écrivent un programme mais il ne sert à rien vu qu’ensuite des primaires sont organisées et un candidat avec son propre programme est désigné par des élections ouvertes à n’importe quel citoyen.
            Donc oui au parti socialiste on est clairement dans le cas que vous décrivez.
            Mais on ne peut pas généraliser.
            Ce que l’on peut généraliser, et ça vous refusez de le faire, c’est que les partis politiques portent une idéologie, et que le choix d’un candidat plutôt qu’un autre permet bel et bien de décider des idées qui seront appliquées.

          • @ Di Girolamo,

            comme je vous l’ai déjà dit, si je ne suis pas d’accord avec certains des prémisses de vos raisonnements, je suis complètement d’accord avec votre proposition de réinvestir des espaces publics pour y permettre ( non pas la réflexion, mais les échanges ) comme cela a pu se faire par le passé.
            La réflexion collective j’espère que vous avez conscience que c’est juste une image, cela n’existe pas, le seul endroit où on réfléchit c’est dans notre tête, c’est individuel 😉 Et le meilleur moyen de réfléchir c’est quand il y a le silence autour de nous, c’est plus difficile quand d’autres personnes parlent au même moment, et cela devient même impossible s’il faut réfléchir à donner une réponse, cela nous empêche mécaniquement d’écouter et de comprendre l’interlocuteur.

          • Sandy | 2 septembre 2014 at 12:12 |

            Bien sûr que la réflexion est personnelle ( le bulletin de vote aussi ) !
            Par réflexion collective j’entends l’étude , l’échange , le débat collectif autour d’un sujet donné . Chacun y participe avec son histoire et une réflexion personnelle plus ou moins avancée , plus ou moins dans un sens ou l’autre sur le sujet . Cette réflexion collective a le grand avantage de prendre le sujet par tous les bouts , les participants ne voyant pas tous les choses de la même manière ; le débat contradictoire permet d’approfondir et de bien mieux comprendre les tenants et les aboutissants ; en étant nombreux et différents on fait vraiment le tour d’un problème .
            Bien sûr pour être fructueux ce travail collectif doit être organisé ; la présence d’un animateur , distribuant la parole , faisant des comptes rendus, listant les arguments , les accords et désaccords ETC facilite grandement la réflexion collective qui est en fait une méthode qui doit être soumise à des règles ; première règle : pas d’exclusion , accès libre pour tous et toutes les opinions ; deuxième règle la durée (temps des travaux) doivent dépendre de l’objet étudié et des objectifs de l’étude (s’agit t il d’une simple information , d’une étude approfondie d’un problème préparant une prise de décision ? ) c’est une règle de sérieux , le débat n’est ni un spectacle , ni un faire valoir d’un organisateur , c’est un travail citoyen .
            Tout le monde n’a pas le temps et les capacités d’étudier de nombreux domaines ; il faut des médiateurs qui délivre l’information ( journalistes d’investigation par ex ) ; certain thème peuvent se travailler en collaboration avec les commission d’étude parlementaires etc ect
            Si la réflexion reste celle d’une personne elle a besoin de matière ; la réflexion collective qui est en fait l’échange dans le débat des réflexions individuelles là où elles en sont , fournit cette matière concernant l’exercice de notre citoyenneté .
            Ces discussions publiques du fait d’être adossé à la décision politique permettent de faire progresser les réflexions individuelles et ont donc un impact indirect mais fort sur le vote ; on ne vote pas de la même manière quand on est éclairé . Et un impact direct quand le vote est un référendum .
            Je ne pense pas que ce soit un abus de langage d’utiliser le terme réflexion collective pour cette pratique.
            Je reviens sur l’aspect du temps et du nombre diversifié des participants : ces deux aspects sont décisifs : ils permettent de réfléchir un sujet en profondeur et dans le sens d’une réflexion globale .
            Si par exemple on travaille sur le nucléaire , sujet étudié et débattu dans plusieurs communes au niveau national ; qu’on se donne des tranches de un an de travaux sur ce sujet . Je suis persuadé qu’il y aura pas mal de surprises et que le sujet va s’élargir et le temps de travail aussi ! On va commencer à refaire le monde .

        • « réinvestir des espaces publics pour y permettre non pas la réflexion, mais les échanges comme cela a pu se faire par le passé. »

          (je me suis permis d’enlever les parenthèses)

          Je pense bien : faut l’faire ! OK à la puissance 10

          Mais
          Commençons déjà par nous rencontrer afin de mieux nous connaître.

          Parck parler de réinvestir les espaces publics à partir du net, ça ne marchera jamais.

          Je le fais localement, mais avec des êtres de chair qui n’ont rien de virtuel -> Non nimbés de l’aura du mystère, ils sont vrais. Et c’est tout bénéfice, sans compter le respect de l’autre, qui est mécaniquement plus réel et nécessaire quand on partage un bout de l’espace-temps que quand on ne partage que de la bande passante.

          Et puis je me dis que nos échanges seront plus sympa après le partage de la soupe ou du fromage.

          J’ai pu ce week-end rencontrer à St André des gens formidables (de visu je ne connaissais que Etienne) , et ça change tout : un cœur à cœur tranquillement aimable est ce qui manque au débat intellectuel que le net porte très bien, mais il ne porte que ça.

          Ce serait donc formidable si les piliers de ce blog s’offraient un tel moment.

          Cap ou pas cap ?

          • @Ana
            Tu oublies aussi ta rencontre inoubliable avec un sanglier, bien en chair lui aussi !

          • Dans mon commentaire ci dessus j’ai oublié l’essentiel en effet : la convivialité ; les communes sont les espaces de proximité permettant cette convivialité qu’on peut faire vivre autour des pots de l’amitié et autres aménagements autour des réunions; ex : crèches pour les gamins. La convivialité est une règle du débat ; injures ,agressivité personnelle doivent pouvoir faire l’objet d’une exclusion temporaire du débat .Les soirées ou journées de travaux citoyens doivent être conviviales ; sous peine de tuer dans l’œuf l’objectif de faire société.
            Comme le souligne Ana , le fait de connaître les gens facilite le débat : on arrive mieux à cerner la logique et le sens des mots ; l’échange plus large avec l’intercommunalité , ou le national apporte de l’ouverture et d’autres points de vues . Complète approfondissement des sujet et renforce la réflexion globale , un sujet faisant partie du tout sociétal .
            Si ces espaces communaux se créent , les blogs en rendront compte et apporteront encore de l’eau au moulin. Tout comme des espaces audio visuel au niveau local et national.

      • « Selon vous, comment sont construits les programmes des partis ? »

        Une seule fois dans ma vie j’ai milité dans un parti.
        Le Number One se la jouait modeste aux grandes oreilles et avait demandé aux militants de bosser dans leurs chaumières, de constituer des groupes de réflexion locaux, de produire de la pensée neuve.

        Ce fut fait: les militants ont joué le jeu.
        Mais tout leur travail est parti à la poubelle.

        Je n’ai DONC pas milité plus de six mois.
        Comme j’étais devenue visible, le big boss m’a appelée un matin pour voir si je n’étais pas récupérable.
        Hé bien non, je ne l’étais pas !
        Y en a qui rêvent hihi.

        Mon expérience ne s’arrête pas là : j’ai été invitée à des soirées PS, avec des huiles présentes.
        Pas moyen d’amorcer un débat de fond.
        Mais les vérines, ça va 😉

        Et une courte visite à un congrès UPR m’a bien démontré que le concept de VIP domine le concept de militant.
        Le boss parle et l’armée applaudit.

        Et je crois me souvenir d’un militant FdG qui se fit houspiller car il demandait à parler. Ben ouais quoi, il n’avait pas suivi le parcours fléché qui conduit au micro en 20 ans.
        Sans compter que quand en direction du FdG je mettais JLM en codestinataire, dans l’idée que par hasard il pourrait tirer profit de certaines idées qu’il frôlait mais ne décapait pas, on me demanda gentiment de cesser.

        Tout ça ne m’a pas l’air de plaider en faveur du pouvoir des militants.

        Ah oui, j’oubliais, quand rédactrice en chef d’un bimestriel national je proposais une pleine page (A4) d’écriture libre au NPA, il me fut répondu « on part en vacances » >>> Vive la révolution mdr.

        • C’est quoi cette histoire d’envoyer des mails à Mélenchon ?
          C’est ça pour toi la démocratie, essayer de faire du lobbying auprès du porte parole et essayer de court-circuiter ainsi le débat publique ? 😉
          Et tu crois que c’est Mélenchon qui a rédigé l' »humain d’abord » ?

          • Ana Sailland

            je suis partie d’un grand éclat de rire.

            c’est vrai que si les petits écrivent aux grands battus, c’est du lobbying et la fin de la démocratie.

            J’t’adore.

          • Si tu veux proposer des idées au groupe représenté par Mélenchon alors adresses toi à ce groupe, et non pas à Mélenchon.

  7. …. Quand je dis « Qu’il est bien sûr nécessaire d’organiser. » il me semble que je rejoins F Lordon en pensant que cette « organisation de l’interrogation collective  » doit se situer au niveau de l’état et des ses institutions. Parce que , je cite Lordon :
    « le Capital est une puissance macroscopique, j’entends par là établie à l’échelle même de la société toute entière. Il ne peut donc être défait que par une puissance opposée mais du même ordre de grandeur. Une puissance qui soit à l’échelle de la société mais qui ne soit pas celle du Capital pour l’instant, hélas, je n’en connais qu’une et c’est celle de l’Etat. Si l’on veut faire l’impasse sur l’Etat dans le processus révolutionnaire, j’attends qu’on me montre la puissance alternative, de magnitude adéquate, capable de défaire la réaction, l’inévitable réaction. »

    • Yéti déporté au Benêtland

      C’est pourquoi le GlobalState détruit Léviathan …

      Je vois que le débat lotocrasse est en grande progression tactique …

      Tout globalisme, « ouverture », « traitre négrière capitaliste baudruchonienne », « universalisme », « droitdelhommisme », « union politique », « traité », »anti-racisme » etc … est un marqueur capitaliste.

      N’importe qui avec du bon sens le comprend…

      Et c’est pourquoi le FDG finira à 0% et sera suivi par la Ploutocratie Sexialiste

      « «Avec mon ipod, ipad, ipud … je ne passe pas pour un con vis à vis des copains», petit benêt de maternelle a déjà un secteur neuronal formaté. Il a intériorisé ce fantôme d’objectivité, expérimenté le froid payement comptant: if (Consommation) then (reconnaissance and rapports sociaux) . A ce contrôle social pavlovien s’ajoute le formatage habituel nécessaire à la tolérance de l’état de fait capitaliste. Des ergastules d’utérus pour la gpa ? Maîtresse apprend alors à petit benêt à le tolérer, arrache petit benêt à sa culture pour le soumettre à cette nouvelle «Vérité», cette nouvelle «décence commune», nécessaire au droitdelhommisme commercial de la colonie Benêtland. »

  8. « la puissance alternative, de magnitude adéquate » ne peut se révéler et prendre acte que par le biais de cette contamination populaire et émancipation citoyenne…

    … et, par conséquent, faire en sorte que cela advienne… autrement dit, Di GIROlamo, on commence là à TOURner en rond_alors que nous avons déjà sous la main un super outil (les Ateliers Constituants) et de bons repères concernant les fondamentaux démocratiques. C’est bien avant tout une guerre culturelle et médiatique dont l’enjeu sont la mainmise totale sur les consciences d’un côté et la libération de ces consciences endormies et formatées dans le camps opposé.

  9. Ping : Bernard Maris " Quelle différence entre ce socialisme et le libéralisme de Thiers, Guizot ou Dunoyer ? …." | Léon ROUMAGNAC

  10. Clash -- Il n’y a plus de Président en France depuis que l’Europe existe -- Sortie de l’euro

    • Les gens qui ont créé les règles qui nous encerclent argumentent en expliquant que tenir compte de la réalité pourrie qu’ils ont institutionnalisée est incontournable.

      C’est l’assassin qui explique au mourant que retirer le couteau précipiterait la fin.

      Mais la métaphore n’est pas bonne, car retirer le couteau, dans le cas « réel » , mettrait au contraire fin à l’hémorragie. C’est en tout cas une hypothèse de travail crédible que les hiérarques feignent de ne pas voir. Du moins ceux de l’éléphant bicéphale.

    • Ce que dit onfray n’a aucune importance, la preuve il est invité sur anal+/vivendi.
      La vérité c’est qu’on pourra faire des millions de vidéos pour noyer le poisson « comment avoir la peche », « comment avoir raison », « ice bucket challenge », « dernier clip de débila » etc. dormez braves gens, mais si le système s’arrete (un système que vous ne maitrisez en rien et qui ne soucie pas de vous), la vérité c’est que tout le monde ira chercher à bouffer pour survivre.
      On peut essayer d’organiser la démocratie, mais à tout moment le système peut dire « stop çà suffit ».

  11. J-Stéphane est un détecteur de perles de première bourre 🙂
    Merci !

    • « On n’est pas la chose, on est le canal de la chose » (Pierre Rabhi)

      « L’humilité, c’est participer à quelque chose dont on sait qu’on n’en verra jamais le résultat » (Marion Cotillard)

      De siècle en siècle, soyons ces canaux mis bout à bout, pipe line transgénérationnel de la conscience croissante, jusqu’au résultat de nos humilités tenaces.

  12. « Le boss parle et l’armée applaudit. »

    « C’est quoi cette histoire d’envoyer des mails à Mélenchon ? »
    « C’est ça pour toi la démocratie, essayer de faire du lobbying auprès du porte parole et essayer de court-circuiter ainsi le débat publique ? »

    -On imagine bien la tronche du débat public! le schéma théocratique absolu: on ne parle jamais au Patron, ça pourrait lui donner des idées…
    -Sannndyy! t’es vraiment mûre pour le kalifat! très très drôôle!

    Momo, Jérôme et qui n’en veut!:
    l’équation est simple, quand 1% de la population détient 100% de la production du droit, c’est la loi du plus fort qui s’exerce, dans le déni total du principe d’égalité devant la loi.

    Au contraire, si les 99% reprennent 100% de la production du droit, ce n’est plus le règne de la loi du plus fort mais l’anarchie, ou la démocratie, qui font si peur aux minorités voleuses de pouvoir, au point qu’ils aient savamment organisé l’édifice des croyances populaires depuis la nuit des temps, pour continuer de développer leur subjectivité au détriment de la notre.

    J’ai du mal a imaginer que le capitalisme survive à l’anarchie, pas plus que les partis n’y survivront. Les uns et les autres, capitalistes libéraux, ou autoritaires de droite comme de gauche (ceux au patron desquels il ne faut pas parler!) n’ont qu’une hantise, l’émancipation des citoyens. l’émancipation de la subjectivité populaire.

    Il est aussi un peu évident que l’appropriation de la production du droit suppose un profond travail d’éducation populaire, et je pense ici à un point clé. Il en est des constructions mentales comme dans le bâtiment, si vous supprimez la clé de voûte, l’édifice s’effondre. Et, notre principal obstacle aujourd’hui n’est pas tant le 1% qui nous a spolié que l’édifice des croyances populaires qu’il ont construit, MAIS QUE NOUS SOUTENONS.

    Et alors la clé!!?

    Les agnostiques sont persuadé d’être débarrassé de toute croyance, mais ce n’est encore là qu’une de leur croyance. l’autre étant qu’ils croient pour la plupart être rationnel, voir rationalistes et objectifs. en réalité ils sont plus objectivés, c’est à dire produits, que subjectifs.
    l’inconvénient du rationalisme, c’est qu’il fige les points de vue les plus étriqués, et génère pour les autres un relativisme qui interdit tout positionnement par rapport aux idées.Aux idées en tant qu’êtres vivants . (Non? alors dites moi simplement ce qu’est une idée?)

    L’appropriation des idées forme l’identité. On ne peut s’approprier les idées que si on est libre de s’y identifier, il est même impératif d’être libre pour se les approprier. il s’ensuit que la liberté est la source unique de la subjectivité, et la privation de liberté loin d’être un simple détournement à des fin d’enrichissement ou de prise de pouvoir personnel, la privation de liberté, privation de subjectivité, est en fait le pilier principal de la domination de classe, puisque privés de liberté les ‘individus’ seront de facto privés de subjectivité pour devenir objectivement un troupeau.

    Liberté aux rayons de laquelle se trouve la liberté de penser et de créer, tout ce qui est le propre de la subjectivité.

    La subjectivité a plus d’existence que l’histoire …C’est elle qui est la source de l’histoire, La ‘raison’ a peu à y voir. c’est pourquoi le partage est 99% de subjectivité pour les 1% de dieux, 99% d’objectivé pour les sans-dents, à coups d’experts et de regards sur la ligne bleu du parti etc.

    C’est un des aspects fondamental de la domination de classe des (faux) dieux, ils laissent les prolos se battre à coup d’objectivité et d’arguments vides de sens. Interdisant toute subjectivité, sauf à eux-mêmes. Voir la démonstration du kalifatali chez t’as-dei…

    Enfin, pour consolider leur position, l’1%, à la privation de liberté mise en place par le libéralisme économique qui interdit de fait le développement de la subjectivité populaire depuis deux siècles, a trouvé utile d’y ajouter une nouvelle forme, que tant qu’à faire il peut faire entrer en conflit avec la première, afin d’être sûr de continuer à surfer la bête. La spoliation de liberté par la religion, d’État. En fait le califat est une réédition de l’église catholique et romaine et impériale, dont la loi castratrice s’est établie sur la fascination par le sang versé et l’interdiction des idées. Ce nouveau bataillon de curés de l’islam spolie notre liberté, mais par l’intermédiaire du droit régalien, au nom de dieu; l’envoûtement des masses avec la magie du sang. Et le nec étant bien sûr que l’on va, dans cette guerre qui vient, nous obliger à prendre position et à choisir entre deux formes d’abdications de notre liberté. pour au finale un seul et même résultat: subjectivité interdite; résultat singulier confirmé par le fait que le califat ait choisi comme date de ‘naissance’ le 4 juillet! indépendance day!

    À vos délires
    À vous de lire
    À vous d’le dire

  13. Et c’est (bien) lu, Mic El, (compréhension et subjectivité toutes personnelles ^^)… cette profondeur de la pensée associée à cette exigence réflexive_le tout étant de le bien assimiler nous-même pour espérer faire boule et neige.

    Justement, en parlant d’Islam, prenez le temps, vous et (bien) d’autres (libre arbitre et choix « hasardeux ») de regarder cette vidéo, hors sujet je l’avoue, mais de petites choses qui sautent peu à peu aux yeux, à des années-lumière en tout cas de tout ce qu’on a l’habitude de voir et d’entendre au sein de nos chers merdias…

  14. Hors du chantier « politique », l’autre révolution :

    http://www.bastamag.net/Ces-agriculteurs-et-ingenieurs-qui

  15. 6’30… « Quand la politique n’est plus capable de se confronter à ses citoyens, ça prend cette forme, une forme violente ! »

  16. Es posible (deuda y constitucion)

    https://www.youtube.com/watch?v=gC2YYq4kw04

    http://www.europe-solidaire.org/IMG/article_PDF/article_a12241.pdf

     » Comme au Venezuela (1999) et en Bolivie (2007), ce
    processus constituant s’est élaboré sur la base d’un dialogue réel avec les citoyens (qui ont élu les députés
    constituants) et d’une prise en compte partielle des revendications des mouvements sociaux (qui ont été invités à
    discuter les textes au fur et à mesure de leur élaboration), même si in fine c’est effectivement le bureau politique de
    AP qui a gardé la main sur la plupart des orientations fondamentales de la Constitution. Cependant, si l’on compare
    cette expérience avec la majorité des constituantes passées en Amérique latine, basées sur des pactes entre partis,
    il s’agit assurément d’une importante avancée démocratique, qui a permis la politisation de centaines de milliers de
    citoyens dans le pays. »

    http://www.asambleanacional.gov.ec/documentos/constitucion_de_bolsillo.pdf

  17. (HS actualités)

  18. Etat policier ou politique fasciste ? cessons de jouer sur les mots, les TROLLS de service !

    •  » au printemps 1967, de Gaulle risque une ordonnance qui prescrit l’intéressement des travailleurs. Le premier ministre Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild, fronce les sourcils qu’il a épais, et Giscard d’Estaing, indispensable appoint de la majorité avec ses Républicains indépendants, est plus que réticent.  »

      extrait de : http://sisyphe.com.pagespro-orange.fr/GUILLEMIN/clair-obscur.html

      ;;;;;;;;;;;;

      L’intéressement des travailleurs est une bien timide réforme.

      Cependant pleinement justifiée, car juste.

      Timide ? Car le mot gagne à être développé, rehaussé.

      Dans une société capitaliste, il est logique que qui investit liquidités dans une entreprise en retire du dividende, du rendement, qui à son tour pourra être réinvesti, fructifier, créer pelote croissante.

      Mais dans une société juste, il est logique que qui investit de sa force vitale, plus que grande part de son temps de vie, voire sa santé, en retire non seulement la pitance du jour, mais encore la sécurité du lendemain, mais encore et surtout un droit de copropriété de ce qu’il contribue à faire vivre. Donc un droit à la cogestion.
      Le prix du temps de vie doit être égal ou supérieur au prix du capital.
      Ce que nous nommons salaire n’est qu’aumône (enchaînante) en regard du droit sacré que devrait impliquer la contribution physique.

      L’intéressement est un mot doux, édulcoré, l’arbre qui peut cacher la forêt.
      Le « cryptocommuniste » (sic dicitur) De Gaulle qui prononce ce mot devient donc insupportable aux tenanciers de l’argent.

      • Je suis né au printemps 1967, ça me touche d’autant plus ^^ et le total en chiffres du CAPTCHA correspond à ce jour précis, les deux nombres de l’opération donnant également mais d’une autre façon le mois de cette fameuse année… si, si, je n’invente rien, synchronic’hasard !

  19. C’est extrait d’une merveilleuse interview d’un des hommes les plus chaleureux et les plus intéressants qui soit, qui fut… un merveilleux professeur que j’aurais tant aimé avoir

  20. Être capitaliste ce n’est pas un don céleste, c’est un vol terrestre.

  21. Comment fait-on, STEPHANE, pour égayer son avatar ? Merci !

  22. Une notification d’un Gentil Virus mais une vidéo méritant surtout l’objet d’un topic tant cela a d’importance et tant cela se précise

  23. Mettez votre argent sur un compte bancaire qu’ils disaient ! Faire dormir vos économies dans un matelas condamne l’économie. Mensonge ! Ils nous ont volé le fruit de notre travail. Maintenant, il nous faut réapprendre à vivre sans ces banques, sans parasites.
    http://vimeo.com/66467928

    • Merci J-Stéphane.

      Cette réflexion d’Étienne Hayem est passionnante et utile, en effet. Un chic type, avec des éclairs d’intelligence généreuse toutes les 30 secondes, trouvaille sur trouvaille. Il y a là quelques phrases très fortes qu’il faudrait mettre en exergue. Une bonne synthèse.

      Et, par ailleurs, ton talent de détecteur (et de passeur) de perles est admirable.

      Merci pour tout.

      • Bonjour,

        Merci Étienne, et merci à tous les internautes qui se passent le flambeau pour faire la lumière sur toutes les zones d’ombre, c’est la meilleure façon pour chasser les vampires qui se nourrissent de la vitalité des autres.

        Avec Internet j’ai la sensation que le peuple a enfin sa place publique où il peut s’exprimer sans être chargé par les CRS, un salon de la république avec la liberté pour tous de tenir un stand, c’est comme un avant-goût de démocratie, l’écriture collective du scénario, une répétition avant le grand jour.

        Sur internet, les coulisses et la scène sont sans cloison « open-space », pas question de transparence ou d’opacité entre le pouvoir et le peuple, il n’y a pas de pouvoir centralisé donc impossible d’isoler et d’exclure.

        La bienveillance n’a pas besoin de surveillance…

        Merci à tous d’y participer.

  24. Pourquoi la faim, pourquoi la soif ?

    • « Le marché est aux mains de quatre groupes »

      C’est quoi un groupe ?

      Pourquoi lui cède -t-on « le marché » ?

      Pourquoi nos élus ont ils abdiqué ?

      Pourquoi avons nous abdiqué ?

      Qui est collabo ?

  25. Ne m´appelez plus France, appelez-moi US Pompidou.

    L’histoire du paquebot Normandie aurait dû nous alerter sur les réelles intentions des USA sur la France.
    Les similitudes sont plutôt troublantes ; réquisition de la propriété française, renommer le butin en USS Lafayette, sabordage, pillage et enfin profits pour des industriels privés.

  26. Quand les vestiges du capitalisme témoignent que la propriété privée lucrative est synonyme de privations pour la société, merci patron :

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