Revenu de base et renouveau démocratique (Périgueux, 22 août 2014) : introduction aux ateliers constituants dédiés au RDB

La jeune et tonique équipe de la première Université d’été du Revenu de base m’a gentiment invité à venir leur dire un mot pour expliquer le lien puissant qui existe entre, d’une part, l’espoir-d’émancipation-politique-générale-par-la-distribution-d’un-revenu-ou-dividende-ou-salaire-inconditionnel-et-à-vie et, d’autre part, l’institution-et-la-défense-par-le-peuple-lui-même-d’une-démocratie-digne-de-ce-nom.

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Pressés par les contraintes, les organisateurs m’ont demandé de résumer mon analyse en… 20 minutes (+ 20 minutes d’échanges avec le public). Je parle donc un peu trop vite, pardon, mais c’est comme ça quand je sais que le temps me manque, je déparle un peu 😐

Et on a trouvé encore un peu de temps (2h30) sur cette question le lendemain matin (samedi 23 août), où nous nous sommes retrouvés (nombreux) pour des ateliers constituants dédiés au RDB (ou au salaire à vie, ou au dividende universel, selon les groupes) : j’ai hâte de voir les images et les sons de ces ateliers, c’était épatant.

Voici donc la présentation du vendredi soir (le son commence à 3’30 et moi à 8’30) :

Dès que j’ai les vidéos des ateliers, je les place ici, promis.

61 réponses à “Revenu de base et renouveau démocratique (Périgueux, 22 août 2014) : introduction aux ateliers constituants dédiés au RDB

  1. Des photos du lendemain (pendant la mise en commun) :

  2. A propos du contrôle (évoqué en début de vidéo) des fortunes mobilières par l’état (royal) avant 1789 :->

    Jacques coeur était un marchand banquier qui commença par servir puis dont la puissance croissante devint si menaçante/omniprésente que le roi le fit emprisonner.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_C%C5%93ur

    Nous vivons à nouveau une phase similaire où l’économie premièrement utile devient secondairement nuisible.
    Mais l’état ne semble ni vouloir ni pouvoir passer à la phase de mise au pas, car il est squatté en ses rangs par la puissance de l’argent, car il est donc ce qui le contraint, et ne peut donc s’en défendre, ni nous en défendre …

    Il s’agit du point crucial de notre temps.

    • Le pouvoir royal d’Ancien Régime, ayant la caractéristique d’être héréditaire, certes concentre le pouvoir politique dans une seule paire de main dont la richesse ne fait aucun doute, mais en même temps est un frein puissant à l’essor des fortunes. C’est une chose évidente depuis très longtemps que l’argent procure un pouvoir colossale: celui de se « faire des amis », y compris pour hourdir des sales coups contre le roi. Des « amis » qui, le roi mort à la chasse, ou d’un mal mystérieux quelconque, ne manqueront pas de reconnaître le successeur désigné par ce généreux patricien.

      De tous temps, les rois se sont méfiés de ceux qui ont commencé à devenir plus riches qu’eux. Vous citez Jacques Coeur, mais ce n’est pas un cas isolé: Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple (immensément riche et préfigurateur du néolibéralisme, puisque l’ordre faisant banque, agence de voyage, hôtellerie, immobilier, et… guerre), qui lui a carrément fini grillé, ou encore Nicolas Fouquet, dont l’immense fortune et les réseaux puissants, inquiétant Louis XIV, ont causé la disgrâce et le bannissement (on voit quand même comment les moeurs ont évolué).

      Mais il ne faut pas perdre de vue que si les rois ont agi ainsi, c’est avant tout par intérêt personnel. Et puis il suffit d’un ou deux rois mous de suite pour que la finance renaisse de ses cendres et réussisse à subvertir le pouvoir royal (i.e. 1789). Dès le début du XVIIIe siècle, ce n’était plus ça: krach boursier de 1720 en Grande Bretagne, effondrement du système de Law (un banquier protestant d’origine écossaise) en France la même année… La « crise de la Tulipe », au XVIIe siècle, est un peu la matrice des crises financières, et ça s’est évidement produit dans un pays protestant, sans pouvoir central.

      • L’idée a été souvent présentée, et entre autres par les royalistes, du pouvoir total héréditaire comme d’un principe vertueux, fondé sur l’idée que ce qui est absolu, incontestable et incontesté, ne peut par essence pas être corrompu. Qu’ainsi, l’humain-individu, qui est double, partagé entre le bien et le mal, mais le mal n’étant conséquence que de l’angoisse et de la faiblesse, ne saurait s’il est dépourvu de faiblesse, qu’être bon.

        Je ne suis pas royaliste 🙂 et ce raisonnement comporte quelques omissions de taille. Mais il est cependant recevable, en tant qu’observable, et le débat pourrait enrichir.

        En particulier, il s’applique au souverain unique que pourrait être le peuple s’il était armé d’un sceptre réel et couronné autrement que de la couronne en carton pâte que « constitue » l’article 3 de 1958.

        Le peuple souverain, unique et total, qui aurait tous les pouvoirs, ne saurait être corrompu contre son propre intérêt, ne saurait que vouloir son bien et non point celui d’une caste, et son bien passant par celui de Dame Terre, il ne saurait orchestrer le désastre écologique comme le font ce jour les roitelets dispersés, milliardaires et autres oligarques ; il pourrait commettre des erreurs néfastes , certes, mais serait prompt à les réparer dès qu’il en percevrait le cuisant effet sur son propre bonheur ou sa propre sécurité.

        C’est vrai ça … nous voulons la démocratie, mais la question des vertus de la démocratie et du pourquoi de notre vouloir est bien peu approfondie.

  3. Le revenu de base a un effet d’assèchement des causes de l’esclavage institutionnel et d’autre part présente la vertu d’un boost de l’économie (pas ok pour les décroissants 😉 ).
    Et outre les critiques usuelles, ce dernier point (boost de l’économie) pose problème, car il ne booste pas ( risque) l’économie citoyenne mais au contraire l’économie dominante.
    En effet, le chétif en finance qui touchera sa manne céleste n’ira que rarement acheter bio ni local mais, même si cette manne est un tant soit peu substantielle, il risque bien d’aller se fournir chez SaloprixFourLidlU, ou de se tourner vers des superflus qui l’engluent, et donc de nourrir ce contre quoi le principe du don dû s’insurge.
    Nous aurons donc intérêt à penser le revenu de base comme au moins en partie un outil local, donc lié à la démocratie locale et à l’autonomie locale, productive et/ou monétaire, à le penser non seulement comme libératoire des nécessités aliénantes mais encore incitatif à la consommation vertueuse.
    Entre autres, il peut être « payé en nature » dans une proportion raisonnable ne limitant pas trop la liberté du bénéficiaire mais l’incitant à se fournir équitable/local/biocompatible.
    Entre autres, il peut être aussi alimenté en monnaie locale, une monnaie gérée en démocratie réelle locale, quand à sa création et son affectation.

    La réflexion revenu de base me semble être ainsi inséparable des réflexions démocratie locale directe (double pléonasme ?) + monnaie + écologie + fraternité.

    En Suisse, il y a une forte pression citoyenne pour le revenu de base, avec me semble-t-il un RIP en route.
    (gestation de plein de RIP bouleversant en ce moment, qui ruine la critique fondée sur le récent vote xénophobe)
    Mais comme ce pays est petit et 50% démocrate, les proposeurs n’ont pas l’idée d’appliquer le principe de subsidiarité au revenu de base, et ils le pensent donc en Franc Suisse et dans le cadre de l’économie globale. A mon avis, ils vont se planter, à cause de ça.

  4. « démocratie locale directe (double pléonasme ?) »
    double simplisme plutôt

    • éternuement ?

    • SANDY, tu es surtout ici pour noyer le poisson et emberlificoter posts et commentaires… bref, à questions idiotes moi je te taxe de TROLL et j’aimerais bien délibérer de la façon la plus démocratique à ton sujet et à ta présence parmi nous_interventions et zizanies que tu espères peut-être très fort mais, pourquoi pas, puisqu’on doit bien forcer les choses et nous émanciper à ce monde avilissant et dénaturé, pourquoi ne pas commencer les exercices pratiques et s’essayer à certains mécanismes de contrôles (…) quand il est peut-être dans l’intérêt de la communauté de bien faire la différence entre des opinions opposées et ce dessein sournois de réfutation systématique, de division de ras-le-bol ?!

  5. Moi je pense que le réflexe de chercher des solutions à la réalité donnée n’est peut-être pas la bonne méthode, du moins dans un premier temps.
    OK, il faut trouver la cause, et en l’occurrence la cause des causes, M. Chouard l’a bien nommée, et nombre de livres expliquent à partir du réel et de l’histoire comment nous en sommes arrivés là.
    Mais au départ, si nous voulons tous réfléchir dans la même direction, il faut bien que nous partagions les mêmes valeurs ! Donc finalement partir du point de vue de l’idéaliste, voire de l’utopiste, afin de chercher avant tout le meilleur, et le meilleur ne sera, que si l’on se fixe les plus hautes valeurs que la nouvelle société émancipée que nous recherchons, c’est-à-dire celle d’un monde plus humain, devra porter en son sein -- un peu comme une devise si vous préférez. D’ailleurs c’est aussi le message de la religion : elle se base avant tout sur des valeurs…
    Donc à mon avis, avant de chercher les solutions matérielles et légales en espérant trouver le meilleur consensus, il faudrait d’abord se mettre d’accord sur les valeurs universelles et essentielles à l’individu et à la communauté nationale pour garantir la STABILITÉ du pays.
    Certes il est intéressant et essentiel de s’attaquer au problème du salariat, du RDB etc., mais il est tout aussi crucial par exemple de définir les simples termes LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : qu’est-ce que les gens mettent derrière ces mots selon eux ?… On pourrait aussi prendre les termes COURAGE, AMOUR, ou HONNÊTETÉ etc.
    On pourrait tout aussi bien prendre comme modèle la doctrine sociale de l’Église ou bien la philosophie grecque antique pour nous aiguiller.

    C’est peut-être très basique ce que je dis, mais une fois bien définis, ou du moins bien assimilés par les participants, on pourrait alors chercher nos solutions matérielles EN FONCTION de ces valeurs spirituelles que tout le monde partagerait, çà nous éviterait d’avancer dans le flou ; ainsi la hiérarchie des choses reprendre sa place : l’esprit guide la matière.
    Remarquez que ce capitalisme aujourd’hui mondialisé se base bel et bien sur des valeurs judéo-protestantes.
    Sans idéologie basée sur des valeurs fermes et porteuses de sens, j’ai dû mal à voir comment on pourra trouver les meilleures solutions pour notre pays…

  6. Ping : Revenu de base et renouveau démocratique...

  7. NATION, les belles valeurs et les grands sentiments ne nourrissent pas forcément que les impératifs du quotidien et la valeur ‘travail’, c’est pourquoi il me semble beaucoup plus opportun de libérer l’individu de ses besoins fondamentales et primaires tout en le responsabilisant à cette nécessité et ce devoir que vouloir coûte que coûte la perfection.

    Tout le monde n’est pas poète, tout le monde n’est pas philosophe, loin s’en faut, mais chacun y gagnerait en émancipation et en dignité s’il avait de quoi manger et bien vivre sans peur du lendemain ni tenu en laisse ou en dette, pouvez-vous comprendre ce préalable ?

    C’est là un beau et prédestiné pseudo : NATION ! qui plus est, avec les majuscules ^^

    • Si on va par là, « émancipation » et « dignité » sont aussi des belles valeurs et de grands sentiments. Si les gens peuvent garder le même niveau de vie sans travailler, beaucoup ne travailleront plus. En particulier ceux qui ont des métiers particulièrement difficiles et peu rémunérateurs comme… les agriculteurs! Et plutôt que de se faire chier à cultiver des centaines d’hectares pour nourrir la France, il auront un petit potager devant leur maison qui leur suffira amplement. Les agriculteurs font ce qu’on attend d’eux exclusivement sous la contrainte des banques (ils sont obligés de prendre des emprunts pour payer le matériel) et à cause du petit revenu qu’ils peuvent se dégager. Et il existe peu de domaines où la mécanisation/automatisation est déjà aussi poussée.

      Offres-leur l’opportunité de profiter de la vie sans travailler, ils se jetteront dessus sans la moindre hésitation. Dans beaucoup d’autres professions plus ou moins indispensables le travail est difficile et peu rémunérateur. Certes c’est déplorable, certes il faut changer ça, mais mettre la souffrance ou les difficultés des individus particuliers avant la nécessité impérieuse qu’ils accomplissent la tâche qui leur est confiée, c’est du sabotage et de l’inconscience. Maintenir la société est la première des priorités, car malgré ses injustices et ses déséquilibres, elle seul est garante d’un minimum de civilisation, de sécurité, d’ordre.

      Par ailleurs, avoir de quoi manger et bien vivre, ce n’est pas avoir 1000, 1500, 2000€ qui tombent sur son compte tous les mois. Il faut mettre un terme à ces processus mentaux capitalistes: on peut vivre pour pas un rond, et on peut mourir de soif milliardaire. L’argent n’a rien à voir là dedans. Par contre, il faut que soit produit au moins autant qu’on est appelés à consommer (et j’emploie consommation au sens large). Avoir de quoi manger et bien vivre implique la sécurisation de la production. Le RdB fait tout le contraire!

      Mettant la charrue avant les boeufs, il voit exclusivement l’extrémité consommatrice dans un rapport marchand monétisé, sans se poser nullement la question de l’existence de denrées/marchandises à consommer, qui implique nécessairement production. On croirait presque que la bouffe (et tout le reste) arrive par magie dans les rayons du Leclerc, et qu’il suffit d’avoir plus de pognon pour acheter plus ou mieux. Le RdB, c’est le rêve du client à la caisse du supermarché quand il tend sa carte bleue, pas plus. J’attends beaucoup plus révolutionnaire et émancipateur que la revendication comique des Inconnus: « Primo, revalorisation du pouvoir d’achat, deuzio augmentation des salaires, et tierso/trimo, plus d’argent à la fin du mois ».

  8. Je suis encore étonné du peu de considération que jouissent les nouvelles technologies dans la pensée émancipatrice. Penser le monde sans les outils techniques qui le composent ou le composeront, c’est le penser à moitié.
    Étienne dans la vidéo renvoie un peu rapidement la question d’un auditeur sous le prétexte que c’est beaucoup d’effort pour pas grand-chose. Argument peu acceptable celui du trop d’effort, lorsque 5 minutes avant il souhaitait faire sortir tt l’humanité dans la rue en même temps. Si l’Homme n’est pas capable d’appuyer sur un bouton « like » sur son ordinateur, il ne saura descendre dans la rue.

    La question seraient comment les nouvelles technologies peuvent rendre L’Ecclesia contemporaine possible ?

    • Internet peut être un outil formidable de décloisonnement territorial. Le drame contemporain de nos systèmes politiques, c’est le poids ( et la pollution selon moi ) du rapport de force local sur le rapport de force national. Des gens qui ont de très bonnes idées se retrouvent isolés sur leur territoires alors qu’ils seraient certainement largement majoritaires s’ils pouvaient franchir cette barrière et communiquer leur idée à tous les autres au niveau national.
      Le cloisonnement est très clairement un frein au germe des idées qui pourraient faire réellement avancer les choses.
      Bien sûr il y a face book …
      Je sais aussi que le parti socialiste a mis en place un système de réseau social qui permet à leur adhérents de communiquer. Mais ce sont des médias sous utilisés car il n’y a pas de véritable enjeu derrière.
      Un vrai média qui permettrait de prendre des décisions, serait je pense bien plus utilisé.

  9. Cette page est articulée autour du revenu de base.

    La grosse objection à ce projet réside dans la mise en doute de la capacité de l’être humain à s’investir sans contrepartie, ou plus que nécessaire quand il lui suffit de se rouler les pouces.

    Cet argument n’est pas débile.

    J’aime lui répondre en signalant que notre société nourrit une foule de gens inutiles dont le métier ne sert qu’à gérer l’égoïsme ou l’outil fondamental de la contrainte au travail (la monnaie), citons parmi eux assureurs ou banquiers : reconnaissons que ces gens ne serviraient à rien si nous étions « gentils », et mus autant par la pulsion contributrice que par de nos jours la nécessité ou l’appât du gain.

    Mais cet argument (comme d’autres que je ne vais pas resservir ce jour) ne tient pas si comme dit dans le pugilat verbal qui entoure le thème de cette page, l’homme est mauvais.
    C’est vrai que ça nous coupe un peu le caquet 😉 et que faute de preuve le défenseur du revenu de base se sent gêné aux entournures.
    Costume trop généreux serait il trop serré par nature ?

    Il est donc important de relever les exemples flagrants de la gentillesse humaine lorsque la pulsion contributrisme l’emporte sur le repli sur soi.

    Suis montée ce jour manger une soupe sur le Salève, et là, cette charmante Dame qui au col de la croisette fournit une cuisine hypersaine et hyper bonne m’a indiqué (nous bavardons souvent) l’un de ces exemples précieux.

    http://www.reporterre.net/spip.php?article6277

    Exploitation sauvée par la solidarité locale.
    Un jeune homme pied à l’étrier pour un devenir heureux et productif.

    Cerise sur le gâteau : Le propriétaire de la terre la loue pour trois fois rien, et en plus aide copieusement …

    Mais l’homme est mauvais, dit on …
    Tu parles Charles …

    C’est vrai que s’il est contraint à cela, il peut le devenir.
    Et pourtant dans ce cadre, notre civilisation, qui normalise l’acte à la norme du prix, certains résistent, de tout leur coeur.

  10. Le BNB

    zieutez.

    http://vimeo.com/100236030

    intéressant ?

  11. ?list=PLkzjbW_sNXE_fywK-iKQ0HJF_DcMRQTNG

    • ça fout les boules ou la haine ?… le revenu universel est inscrit dans la Constitution, ça c’est sûr ! Laquelle ? mais la prochaine, la seule ! la seule digne de cette appellation, les précédentes n’étant que des chèques en blanc ou je-ne-sais-quelle intention prétentieuse et mensongère : c’est révoltant ! et c’est bien de ça dont il s’agit, cette petite pichenette bien placée et bien à propos !… ^^

      … l’abstention ou le vote blanc ?

      Par l’abstention » ne plus légitimer ainsi les institutions »
      « Voter c’est consommer », c’est cautionner
      Jean-Paul JOUARY :
      « Le problème de l’abstention c’est qu’il faut réussir à manifester l’abstention en manifestant le refus du système en place_et si jamais ça se mélange avec ceux qui s’abstiennent parce qu’ils en ont rien à faire, la quantification reste inconnue et c’est ce qui me gêne un petit peu_en revanche, si on faisait monter un mouvement (…), si on faisait monter cette exigence d’un refus total des institutions avec exigence de référendum populaire (RIP) possible, avec ses limites (…), si c’était couplé avec une proposition comme ça, l’abstention pourrait prendre un sens effectivement extrêmement effrayant pour les gouvernants ! »… } ce qu’il ajoute après dans le même ordre d’idée, la fin de la vidéo concluant par ceci ^^

    • Certes, un grand classique déjà abordé ici-et-là sur ce blog…

      … il n’empêche, il est des choses dont on ne se lasse jamais, telle la présence et le sourire d’une personne aimée, chose en nature comme en devenir chaque fois plus édifiante

  12. « … Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience, nous, nous qui avons tout, on est pour la paix. Je sais que je dois leur crier à ceux là, les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous !

    Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir … »

    Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007

  13. 11 millions de logements vides en Europe alors que 4,5 millions de personnes sont sans-abris.

    A quand un Logement de Base Inconditionnel :
    http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/27/carte-commune-est-pleine-logements-vides-250251?utm_content=buffer570cf&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

    • les abris très bien, la bouffe super mais s’il n’y a pas de revenu/salaire qui tombe régulièrement et qui les sort de la misère, ils ne seront jamais citoyens et avec ceux qui vont basculer ça fera bientôt 10 millions de gens qui auraient pu avoir quelque chose à ou à crier dans l’agora.
      Non, on va leur dire « attendez, soyez patients, on va bientôt écrire la constitution » et avec un peu de chance, si tout le monde est d’accord, vous aurez les moyens de vivre et de devenir comme nous, citoyens.

      • Un revenu garanti n’est pas une garantie contre la misère.
        Ça peut être une garantie contre la pauvreté si les besoins essentiels sont matériellement garantis.
        Ne serait-ce pas pire que la misère que d’avoir un tas d’argent et aucune offre pour répondre aux besoins vitaux ?

        • misère v/ pauvreté ?
          Pauvreté on peut comprendre, misère est déjà plus complexe à définir et s’en servir contre un revenu pour les pauvres me semble douteux.
          Alors avec ce prétexte, les riches ont de quoi attendre que la constitution s’occupe de leur petites misères et les pauvres restent disqualifiés et interdits de constitution ou même de réflexion politique, ils n’ont qu’à s’occuper de manger et de se loger, bizarre et dommage, je pensais que c’était un sujet intéressant pour alimenter (?) la discussion sur les préambules à la constitution…

          • Effectivement, les riches à force de nous faire croire que la pauvreté est misère, on en a oublié que la misère est néant, et la pauvreté absence de luxe.

    • Dans les conversations sur le revenu de base vient plus que souvent la question sur laquelle nous avons disserté « qui ramassera les poubelles ».
      J’en ai une autre bien plus rigolote : « Qui acceptera le métier de CRS » ?
      Bonne méditation 😉

      • Hélas, il faudra du temps, beaucoup de temps, pour réparer les dégâts causés par tant d’années d’acharnement à pervertir l’esprit individuel et le cerveau collectif ; prestige de l’uniforme armé, dévalorisation des métiers civiques et du civisme, plaisir d’avoir une licence pour se défouler afin de se soulager d’une pathologie…

    • Nous ne devons pas considérer le potlach comme anecdotique et inadapté à la civilisation technicienne, car en son essence il contient un principe génial :

      C’est celui qui donne le plus qui reçoit le plus d’honneur, jusqu’au point qu’il pourra gouverner.

      Cela n’exclue pas celui qui ne donne rien ou très peu du partage du gâteau …
      Simplement celui là sera faible à la palabre.
      Tandis que celui qui se sera le plus investi, sera écouté.

      L’honorabilité par la contribution constitue l’élection, et non pas le bulletin de vote, ni le tirage au sort 😉

      Bref, cette piste est à creuser peut être plus qu’au registre ethnographie amusante …

      Notons que nous en sommes sans en avoir l’air très proches mais avec une perversion majeure :
      Ceux qui gouvernent (au grand jour ou dans l’ombre) sont ceux qui détiennent le capital et ( ou donc) l’outil de production, et non pas ceux qui transpirent au sein de cet outil de production.
      Nous sommes une civilisation du potlach, mais pervertie par « le droit sacré à la propriété » qui transforme la cérémonie du potlach en salle des marchés.

      • Dans le cas du potlach, celui qui donne le plus gouverne.
        Dans le cas du capitalisme, celui qui prend le plus gouverne.

        C’est très différent 🙂

        • Dans un échange don de soi entre citoyen et collectivité je suppose, parce que le ploutocrate donne plus d’argent à l’oligarque que le citoyen, et il prend encore plus aux citoyens.

          On peut préférer comme formule, celui qui donne plus et qui prend moins gouverne, que le don soit d’argent ou de soi, et là, on devine la classe sociale la plus à mène de gouverner. 😉

    • Le revenu minimum d’existence est vraiment une bonne idée, je dirais même une idée saine, car elle rendra notre société beaucoup moins pathogène.

      Mais hormis les inquiétudes de ; qui fera quoi, et faire quoi de ceux qu’ils ne veulent pas faire, inquiétudes justifiées, mais secondaires, car je suis certains qu’elles se régleront très vite, car nous serons enfin dans le bon sens, et non à contre-courant, je m’inquiète plus des gens malsains qui ont le pouvoir, et qui l’auront encore même si ce revenu minimum universel voit le jour.

      Sachant qu’ils ont toujours oeuvré pour nous asservir, comment les empêcher de saborder cette belle idée en accélérant de plus en plus vite le coût de la vie, et ainsi rendre le revenu minimum inefficace, car dans l’impossibilité de suivre le rythme d’inflation imposé par ces esclavagistes expérimentés depuis tant de générations ?

      • Il est évident que le Revenu de Base ne peut s’envisager sérieusement sans une refonte totale de l’ensemble et, bien sûr, d’une Constitution ‘béton’ et digne de ce nom, écrite par le bon sens et selon ces critères, ces fondamentaux chouardiens/démocratiques.

        CHOUARDament !

        • Le revenu de base dans le contexte monétaire présent me laisse dubitative puisque la monnaie étant conçue autour du principe contractuel est par essence en opposition avec le principe de l’inconditionnel.
          Donc comme tu dis Effab, une refonte de tout est nécessaire,

          et particulièrement une refonte totale du système monétaire.

  14. Argent et motivation

    La carotte est elle nourrissante ?

    Deux informations.

    1)

    2)
    http://je-suis-manager.com/debats/largent-est-il-le-moteur-essentiel-de-la-motivation/

    Notre civilisation est celle de la carotte … On doit pouvoir faire mieux.

  15. Une civilisation accès sur le don et le partage ? 😉

    En attendant, le revenu universel doit aussi se voir avec la question de propriété d’usage et de propriété lucrative. Car son efficacité de couvrir les premiers besoins dépendra toujours du prix de l’alimentation, et du prix des loyers ou maison, donc du prix de la terre. Si ces derniers sont trop élevés, l’obligation de travailler reste, le rapport de force possédants -- dépossédés également.

    Daniel Quinn a une belle formule pour parler de cela, il parle de « nourriture mise sous clé ». Quand la terre, et donc la nourriture, et la production de nourriture (avec aujourd’hui l’autorisation lamentable de faire breveter des graines) appartiennent à un petit groupe, celui-ci est en mesure de réduire les autres en esclavage, par le chantage des besoins primaires. C’est ce qui se passe lors des colonies ou des invasions, c’est ce qui se passe aussi chez nous, depuis qu’on a retiré les derniers terrains communaux au Moyen Age afin de forcer tout le monde à travailler au bénéfice d’un tiers pour pouvoir manger.

    • yesssssss

      … Il faudra(it) qu’on puisse approfondir de vive voix …

    • Oui, la propriété d’usage, j’ai la chance ou la volonté, à mon tout petit niveau, d’en faire l’expérience même si nous n’en sommes qu’au tout début du tout début… mais il est un fait, rien n’est plus clair à mon esprit que ce monde à réenchanter, d(ai)s aujourd’hui, pour toutes ces raisons que nous sommes ici tout en étant d’Ailleurs.

      Lama EFFAB

  16. Un vieillard qui plante un arbre fruitier est la preuve incarnée du fait que la pulsion de contribution est l’un des plus puissants moteurs de l’activité humaine.

    Cette personne agit pour le futur et n’en attend rien, son espoir de récolter le premier fruit n’étant assorti d’aucune garantie.

    Le drame de notre civilisation réside dans l’occultation de cette pulsion, dans son inhibition, voire souvent dans l’interdiction qui nous est imposée de la laisser vivre et gouverner nos actes.

    En lieu et place, la défiance, qui conduit au contrat, un contrat bien vite truqué. Car si la peur se substitue à la pulsion contributive, elle draine avec elle toutes les perversions qui lui sont mécaniquement attachées.

    Nous sommes la civilisation du contrat truqué, et regardons avec mépris les peuples prétendus primitifs qui sont ou étaient mus par le contributisme.

    Le vouloir attaché au concept de revenu inconditionnel, quelle qu’en soit la déclinaison, est le marqueur du besoin de retour au contributisme, au détriment du contractuel et de ses dérives.

    Le fait que le revenu inconditionnel soit pensé délivré en monnaie est quant à lui la marque du fait que ce concept n’est qu’une marche d’un long escalier qui mènera à mieux : car se libérer en utilisant l’outil de l’aliénation est contradictoire, ne peut aboutir à une liberté accomplie et ne peut qu’être une étape.

    Pour que plus tard mieux soit possible, nous citoyens devons nous habituer à fonctionner autrement que dans le contractuel, et chaque fois que nos prisons le permettent, opter pour le contributisme : agir lorsque c’est bénéfique et sans poser de condition.

    C’est exactement ce que font les militants, qui se donnent à fond.
    Et se donner, c’est déjà savoir donner.

    C’est exactement ce que fait une mère qui éduque et protège.

    Et innombrables sont les exemples qui démontrent en clair que l’humain n’est pas fait pour compter mais pour contribuer.

    • voir Antigone

      après avoir été puni par Créon pour avoir couvert de terre son frère mort dans la plaine (Polyneikes tué dans le combat avec « le bon » frère Eteokles) au lieu de le laisser pourrir:

      Je suis faite pour partager l’amour non la haine

      • J’en profite lâchement pour glisser un truc :

        Ai passé 3 jours autour du 31 en forêt avec des gens extraordinaires.
        Dont un traducteur du tibétain (c’est son métier) donc infailliblement très pointu sur mait sujet. Quelle chance d’avoir l’opportunité de passer des jours avec de telles personnes.

        J’avais près de moi des documents sur la naissance de la démocratie athénienne quand nous parlâmes de la naissance du bouddhisme.
        !!! Ô étrange coïncidence des dates !!!
        Mon sang de rêveuse ne fit qu’un tour et j’imaginai un phénomène du genre de l’affaire du centième singe, qui aurait expliqué l’émergence hic et nunc de deux grands progrès de la conscience.
        En effet, il y a un peu de ressemblance entre ces deux miracles, d’une part ici des tyrans qui se coupent les ailes et instaurent la démocratie et d’autre part là-bas le prince Siddhartha qui s’arrache à son confort pour provoquer la glorification de la compassion, et de bien d’autres choses délicieuses pour l’intensité d’être.
        Mais mon ami, plus sérieux que moi me livra le fin mot de l’Histoire :
        L’intense relation commerciale qui à cette époque reliait les continents ( style route de la soie ) n’était pas que commercialme mais aussi culturelle.
        Et il ne serait pas étonnant qu’un Solon, un Pisistrate ou un Clisthène aient reçu enfants au cours de leur éducation des notions venus de l’Inde ou de plus loin encore.

        Sans pouvoir en dire plus, ne prenons pas ces hypothèses pour acquises.

        Ce pendant je connecte ça à la lecture des mémoires de Marc aurèle ( trouvées aux puces en sortant de chez mon dentiste hihi ) qui m’avait fortement étonnées tant elles portaient en filigranne la philosophie du détachement qui est plus asiatique qu’européenne.

  17. Il y a une forte confusion entre travail et emploi, confusion mentale, et cette confusion est un fait de civilisation. Renforcée chez nous par l’étymologie désastreuse du mot travail (tripalium = torture) qui ne se rencontre pas forcément dans d’autres langues.

    Avoir un emploi, c’est occuper une case dans la société, un rôle. Mais vous savez, quand vous achetez un outil, vous lisez le mode d’emploi. Cela veut bien dire qu’être employé, c’est être ravalé au rang d’instrument, ou d’outil.

    Alors que

    Travailler veut ou devrait signifier agir, façonner, contribuer dans un esprit d’autonomie ou de générosité qui n’est pas celui de l’emploi.
    On dit bien « travail sur soi » pour désigner un certain type de démarche spirituelle.
    On dit bien « travailler son piano » ou « travailler son service » pour un joueur de tennis.
    Ainsi, alors que le terme emploi est psychologiquement associé à la notion de salaire, le terme travail l’est beaucoup moins, parfaitement adapté aux activités libres de contribution ou de progrès.

    Le revenu inconditionnel sera en priorité perçu comme un moyen de nous libérer du chantage au chômage, mais il est beaucoup plus que cela.
    Il est le marqueur d’une volonté de séparer les concepts d’emploi et de travail et de favoriser le travail au détriment de l’emploi.

    Noble cause.

    J’en viens maintenant au « machinisme ».
    Au 19ème siècle et début 20ème il était considéré comme le socle de la future émancipation de l’être humain enfin libéré du « tu vivras à la sueur de ton front ».
    Et puis nous avons déchanté.
    On pourrait croire que la désillusion proviendrait d’une erreur d’appréciation et que le machinisme portait plus d’espoir qu’il n’en pouvait supporter.
    Mais nous savons bien que la propriété de l’outil de production a confisqué le bénéfice du progrès, ou a volontairement freiné ce progrès.
    Mais nous savons bien que les « gains de productivité » ne sont pas utilisés pour réduire le temps de travail mais pour réduire le temps d’emploi en créant du chômage, « dégraisser » pour accroître le dividende.
    Cependant, la réduction massive du bleu de travail demeure un indice visible des effets du machinisme, dont pourtant le lambda ne profite que peu.

    Il est clair que tout travail humain remplacé par un travail mécanique devrait correspondre à un départ en vacances et non pas à une mise au chômage. C’est un lieu commun … auquel les « élites » sont sourdes.

    Mais mais mais : 21 ème siècle ………

    Nous assistons maintenant à une explosion technologique, des savoir-faire, de l’intelligence artificielle, du robotisme et de l’automatique
    qui laisse présager (pas besoin de Madame Soleil) la disparition prochaine d’un nombre incalculable de métiers.
    Sans même suivre Jacques Fresco, la société va spontanément détruire le concept emploi (et laisser vivre le concept travail)

    Si bien que si de nos jours le revenu inconditionnel peut paraître utopique et peut être attaqué de mille arguments dont certains sont encore recevables, dans un avenir pas très lointain, il sera une nécessité, sera incontournable.

    Dans trente ans le revenu inconditionnel sera inévitable.
    Car il n’y aura plus d’emploi vital à assumer.

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  19. Il y a encore du chemin, mais l’instauration du revenu de base est bien dans le programme du gouvernement finlandais qui vient de se mettre en place :
    http://www.basicincome.org/news/2015/06/finland-new-government-commits-to-a-basic-income-experiment/

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