Conseils de lectures anti-esclavagistes

conseils un peu plus appuyés cette fois peut-être :

Vous allez me détester à force de radoter comme ça, pardon. On cherche la forme qui va se répandre ensuite toute seule, comme une trainée de poudre, de façon virale et enfin autonome… On cherche…
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Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152594261287317

40 réponses à “Conseils de lectures anti-esclavagistes

  1. Je m’en veux de ne pas avoir cité Marion Sigaut dans mon résumé sur la police du roi, qui tenait les marchands à l’écart des marchés pour garantir au peuple les subsistances.

    C’est pourtant Marion (et personne d’autre) qui m’a rendu sensible cette très importante donnée de l’Ancien régime. Je remercie donc ici solennellement Marion, et je vous recommande ses différents livres d’histoire : c’est passionnant, très bien écrit, vraiment, et très utile pour comprendre l’imposture qui se joue encore aujourd’hui au nom du prétendu « Humanisme des Lumières » (« lumières » très marchandes).

    Certes, Marion et moi, nous nous empaillons encore (gentiment mais fermement) sur Rousseau, Robespierre et quelques autres icônes, mais c’est fou ce qu’on apprend à son contact. Donc, merci Marion.

    Et toutes les saloperies qu’on dit d’elle sont des couillonnades de faux « antifas », du même tonneau que celles dont je suis aussi affligé parfois : ces calomnies, c’est sans doute le système d’oppression qui se défend contre ceux qui lui résistent.

    Bref, lisez-la, et jugez par vous-même ; ce petit livre est important :

    http://www.amazon.fr/De-Centralisation-monarchique-r%C3%A9volution-bourgeoise/dp/B00KH3R26U

    • Vous remerciez et encensez Marion Sigaut. Ne la connaissant pas, j’ai cliqué sur votre lien qui mène sur sa page facebook. Et j’ai un peu halluciné.

      Un lien depuis sa page FB nous mène vers le site égalité et réconciliation (ah oui quand même ) où l’on peut lire une présentation de son livre  » La Chasse aux Sorcières et l’Inquisition » :
      http://www.egaliteetreconciliation.fr/Nouveaute-Kontre-Kulture-la-collection-Les-Manuels-d-Histoire-de-Marion-Sigaut-27180.html

      Un extrait de la présentation de l’éditeur : « …Ses différents travaux l’ont conduite à remettre en cause l’idée du progrès apporté par les Lumières. Elle montre au contraire que celles-ci permirent l’émergence du monde bourgeois et libéral opposé à une monarchie et un ordre chrétien qui, loin d’opprimer le peuple comme on veut aujourd’hui nous le faire accroire, étaient le rempart des faibles contre les puissants et la consolation des plus pauvres… »

      La monarchie et l’église un rempart des faibles contre les puissants ?
      Et vous trouvez qu’elle est injustement décriée ?
      Comment échanger intelligemment avec quelqu’un qui raconte ce genre de trucs ?
      Et ça ne s’arrête pas là, j’ai parcouru ses vidéos sur différents sujets, la sexualité, l’école…c’est assez délirant.

    • Amazon = Empire

      Sigaut sur KontreKulture !
      (éditions de l’ennemi publique N°2)

  2. Voir aussi le travail formidable de Steven Kaplan :

    Le Pain, le peuple et le roi : La bataille du libéralisme sous Louis XV
    http://www.amazon.fr/Pain-peuple-roi-bataille-libéralisme/dp/2262003998

    La fin des corporations
    http://www.amazon.fr/Fin-corporations-Steven-L-Kaplan/dp/2213608296

  3. L’histoire belle et étonnante du Dr Pittet : après avoir redécouvert le facteur principal du fléau des maladies nosocomiales (évaluées à 770 000/an en France -- à égalité avec les maladies cardiovasculaires!), il a réussi à transformer un protocole innovant de lavages de mains à base de gel alcoolique en un standard mondial.
    Pour cela, il lui a fallu faire de la sociologie médicale pour
    Le geste qui sauve 2014 (Thierry Crouzet) :
    https://app.box.com/s/w4pe2x969j4tquesdjk6
    L’auteur fait partie de ces innombrables intellos précaires qui  » ont un travail et cherchent un revenu de base  »
    http://blog.tcrouzet.com/2014/06/03/jai-un-travail-je-cherche-un-revenu-de-base/

  4. John Locke justifie — lui-même et expressément — l’esclavage, dans le chapitre 4 (intitulé « L’esclavage ») du « Second Traité du gouvernement » (que j’ai sous les yeux). Je cite John Locke en personne :

    « Certainement, si un homme, par sa mauvaise conduite et par quelque crime, a mérité de perdre la vie, celui qui a été offensé et qui est devenu, en ce cas, maître de sa vie, peut, lorsqu’il a le coupable entre ses mains, différer de la lui ôter, et a droit de l’employer à son service (sic). En cela, il ne lui fait aucun tort ; car au fond, quand le criminel trouve que son esclavage (sic) est plus pesant et plus fâcheux que n’est la perte de sa vie, il est en sa disposition de s’attirer la mort qu’il désire, en résistant et désobéissant à son maître. »

    Depuis l’origine, les prétendus « libéraux » ne le sont que pour eux-mêmes (les « élus » du « peuple des hommes libres »), et ils ont besoin de légitimer l’esclavage pour nous forcer à travailler à leur service en toute bonne conscience.

    http://classiques.uqac.ca/classiques/locke_john/traite_du_gouvernement/traite_du_gouv_civil.pdf

  5. MONTESQUIEU AUSSI (une immense icône « libérale » aussi, non ?) était POUR l’esclavage, pourvu que ce soit LOIN de chez lui…

    En France, il trouvait l’esclavage « inutile » (!)
    (à la maison, l’esclavage marque mal, quand même, pour des chantres de la liberté).

    Je cite Montesquieu (« De l’esprit des lois ») :

    « Chapitre VIII -- Inutilité de l’esclavage parmi nous (sic)

    Il faut donc borner la servitude naturelle (sic) à de certains pays particuliers de la terre.

    Dans tous les autres, il me semble que, quelque pénibles que soient les travaux que la société y exige (sic), on peut tout faire avec des hommes libres. (sic) »

    http://classiques.uqac.ca/classiques/montesquieu/de_esprit_des_lois/partie_3/esprit_des_lois_Livre_3.pdf

  6. Vous reprendrez bien encore un verre de la potion « libérale » de John Locke ?

    « La conservation et le salut de l’armée et de tout l’État demandent qu’on obéisse absolument aux commandements des officiers supérieurs ; et on punit de mort ceux qui ne veulent pas obéir, quand même celui qui leur donne quelque ordre serait le plus fâcheux et le plus déraisonnable de tous les hommes ; il n’est pas même permis de contester ; et si on le fait, on peut être, avec justice, puni de mort ; cependant, nous voyons qu’un sergent, qui peut commander à un soldat de marcher pour aller se mettre devant la bouche d’un canon, ou pour se tenir sur une brèche, où ce soldat est presque assuré de périr, ne peut lui commander de lui donner un sol de son argent. Un général non plus, qui peut condamner un soldat à la mort, pour avoir déserté, pour avoir quitté un poste, pour n’avoir pas voulu exécuter quelque ordre infiniment dangereux, pour avoir désobéi tant soit peu, ne peut pourtant, avec tout son pouvoir absolu de vie et de mort, disposer d’un liard du bien de ce soldat, ni se saisir de la moindre partie de ce qui lui appartient en propre. »

    http://classiques.uqac.ca/classiques/locke_john/traite_du_gouvernement/traite_du_gouv_civil.pdf

    Manifestement, pour les prétendus « libéraux », il n’y a que le pognon (la sacrosainte propriété) qui compte, et maladivement.

  7. Encore un magnifique texte de John Locke, le maître à penser des prétendus « libéraux » :

    Le titre de son rapport (en 1697, à ses collègues du Ministère des Colonies) :
    COMMENT METTRE LES PAUVRES AU TRAVAIL ?

    C’est pas libéral, ça ?

    Alors quel est LE PLAN de ce projet libéral ?

    1) PUNIR LES VAGABONDS (sic)

    2) FOURNIR DU TRAVAIL (c’est le minimum pour un esclavagiste)

    3) LA CRÉATION D’ÉCOLES D’INDUSTRIE (sic) POUR LES ENFANTS

    4) LA SURVEILLANCE DES MANUFACTURES SCOLAIRES (sic)

    5) POUVOIRS DES GARDIENS (tu vas voir, c’est sympa, c’est libéral)

    6) LES COMMUNAUTÉS DE PAUVRES DANS LES VILLES ET LES BOURGADES (depuis toujours les libéraux parquent les 99% comme du bétail)

    Source : http://www.esprit68.org/infokiosque/lespauvresautravail.pdf
    (Accrochez-vous pour lire ça, c’est rude.)

    Le projet « libéral » est la mise aux travaux forcés de tout ce qui vit sur terre, femmes enfants et vieillards compris.

    Et toutes les institutions de solidarité mises en place depuis ont été conquises de haute lutte contre ces négriers.

  8. je viens de vomir sur le bureau! et j’en suis seulement à la page 15, je vais chercher des sacs plastiques pour finir!

  9. Quand deux esclaves se rencontrent ils disent du mal de la liberté.
    ( proverbe africain)

  10. Sénèque parle des trois grâces (les bienfaits), qui donnent, reçoivent et rendent dans la ronde ininterrompue de la joie de vivre. Il s’agit d’émulation, d’épanouissement de l’être humain et de bonheur. Il n’est pas question d’obligation ni de dette. Peut être que ce dernier mot renferme déjà en lui-même un blocage de la pensée vers l’esclavage.
    Je pense qu’Ezra Pound avait raison de dire qu’en économie il faudrait d’abord définir un vocabulaire précis. Il faudrait chercher les mots exempts de l’idée de domination.

    • Nous avons un vocabulaire très riche : échanger, troquer, vendre, acheter, taxer. Mais pour désigner ce qui fait de nous des humains, nous n’avons que donner et contribuer.
      Mais hélas, ces mots, ou leurs cousins, sont dévoyés.

      Je cherche vainement un mot compact autre que ceux qui sont mis à l’envers pour désigner l’acte spontané impulsé par la gentillesse seule, c’est à dire par notre humanité, ou au pire par la nécessité d’être bien en société, tous ensemble.

      Les ethnologues m’agacent qui parlent de don et contre don, car subrepticement, ils participent ce faisant à la croyance que nous sommes égocentrés et calculateurs, ou incapables de donner sans compter ni exiger, sans attendre.

      Ce qui est faux.

      Mauss, et d’autres, se penchent avec talent (et utilement malgré tout) sur l’obligation de rendre.

      Notre changement de paradigme deviendra possible lorsque nous dépenserons autant d’énergie pour décrire toutes les bonnes raisons qu’il y a de ne pas exiger.

      C’est pourquoi j’ai dû inventer l’expression « don acratopège » : pour rendre au verbe donner son humanité, à l’écart du contractuel ou du cadeau empoisonné, qui tels les cendres mortelles du Vésuve recouvrent notre civilisation et l’asphyxient.

      Au risque de saouler 😉 j’en répète les trois axiomes :
      1) Le don ne confère aucun droit à celui qui donne
      2) Le don ne confère aucun devoir à celui qui reçoit
      3) A tout instant, chacun est libre de proposer, demander, accepter, refuser.

      Le P2P et les incroyables comestibles fonctionnent précisément selon ce schéma.
      Dans les deux cas, il y a un détail remarquable : l’anonymat :
      Celui qui donne ne connaît pas celui qui reçoit.
      Celui qui reçoit ne connaît pas celui qui donne.

      Cela les protège des perversions possibles et subreptices du don :
      L’anonymat casse le lien du hau décrit par Mauss, notion animiste qui entre dans la panoplie de l’obligation de rendre.

      Ne glorifions cependant pas trop l’anonymat qui est l’un des outils de la domination contractuelle, car il permet de protéger celui qui vend de celui qui achète.

      Tant à dire … 😉

  11. J’aime pour ma part beaucoup l’idée d’Étienne Chouard de reprendre la main sur la politique et l’économie en faisant écrire et contrôler les règles du pouvoir par le peuple. En fait il retrouve le fonctionnement de l’Ancien Régime où le roi pouvait faire ce qu’il voulait (c’est à dire ce qu’il pensait être bien pour remplir son serment de couronnement; offrir la sécurité et la paix à son peuple) mais dans la limite 1) des lois fondamentales du royaume, aussi appelée constitution de l’Ancienne France 2) des lois particulières (chartes, concessions, privilèges, brevets, patentes…) accordées à des particuliers, des institutions ou des collectivités locales pour faciliter leur mission et contribution au bien du royaume. On y trouve par exemple des exemptions fiscales, des donations pour des hôpitaux, des reconnaissance de produits locaux (ce qui serait une marque ou une AOC aujourd’hui), des simplifications administratives, des exemptions de service militaire ou de corvée (pour les clercs et étudiants par exemple).

    Ce système n’était pas parfait mais il permettait une très grande flexibilité administrative dans un pays aussi varié que la France et incitait le Roi à ne pas en abuser puisque chaque privilège concédé lui retirait du pouvoir.

    La révolution de ce point de vue naît du blocage progressif de ce système par les privilégiés déjà en place et dont l’utilité sociale est devenue douteuse.

    Par contre je conteste sa vision du « libéralisme » et je ferai remarquer qu’à l’appui de sa thèse il ne cite que des auteurs protestants, c’est à dire hérétiques par rapport à Rome, en particulier sur leur vision de l’homme et donc de l’économie.

    J’aimerais donc souligner trois points :

    1) le « libéralisme » et le « capitalisme » sont le régime normal de la vie économique depuis la révolution néolithique. C’est à dire la génération de revenus grâce à l’accumulation de capital lequel permet d’améliorer la productivité et donc de dégager du temps libre. Un troupeau, des outils, un champ défriché, tout ça c’est du capital. La coopération avec les voisins et l’échange de services entre villageois c’est du libéralisme. Ici je rejoins Aristote et la nature spontanément sociable de l’homme et la nécessité de coopérer et commercer pour obtenir des moyens de subsistance.

    2) Mais l’homme est aussi un être blessé par ce que les catholiques appellent « le péché originel » (dont Pascal dit qu’il est la moins absurde des explications sur le problème du mal) et les structures sociales doivent soutenir son désir du bien en rendant coûteux et pénible les fraudes. Ici encore je pense à Aristote sur la valeur pédagogique des lois et l’importance d’une bonne constitution adaptée à chaque peuple en vue de le perfectionner. Je pense aussi à Jean-Paul II parlant de « structures de péchés » qui obligent presque les hommes qui en sont partie prenante à commettre le mal. Ainsi on pourrait dire qu’un directeur d’hypermarché est pris dans une structure qui ne sert plus le client mais se sert de lui.

    3) Notre économie moderne, fondée sur la circulation de l’argent et la consommation de masse, est la fille, en grande partie dévoyée par les protestants, des ordres mendiants du XIII° siècle, Franciscains et Dominicains. Ceux-ci en voulant vivre et faire vivre pauvrement les chrétiens ont eu à affronter le problème de distinguer entre 1) misère 2) pauvreté 3) superflu. L’argent est alors apparu comme un moyen pratique de pouvoir réaliser cette distinction en permettant, par le biais de la valeur monétaire de faire cette distinction et donc par exemple de choisir entre deux tissus, deux maisons, etc… Ensuite il se sont posé la question de l’accumulation de biens matériel. Dans quelle mesure est-elle légitime ? Existe-t-il une richesse utile ou pas ? Il sont arrivés à la conclusion que 1) l’argent qui dort (dans un coffre, une terre, un titre) est d’une certaine manière « volé » aux pauvres car il est stérilisé et ne permet d’aider ceux qui manquent de travail 2) que l’argent pour être légitime doit circuler, en particulier il doit être prêté à ceux qui en ont besoin pour investir, à condition de rémunérer le risque et le travail de celui qui a épargné et qui aurait créé quelque chose s’il n’avait pas confié son épargne. La figure centrale de ce monde est donc le banquier capable d’apprécier la solidité et l’utilité d’un projet. La plus vieille banque du monde la « Monte di pietà dei paschi di Sienna » a été créée par St Bernardin de Sienne pour financer les artisans de la ville et les sortir du marasme économique de la guerre civile.

    3) que le critère essentielle est l’utilité sociale des biens et des projets ce qui peut aller des œuvres d’art pour les églises, aux hôpitaux en passant par les ateliers de production, les routes, les maisons ou les écoles. D’une manière assez paradoxale il n’y a dans ce système aucune limite fixée à priori à l’enrichissement nominal des individus dès lors qu’ils réinvestissent leur argent dans des activités socialement utiles. Une image de ce genre de capitalisme pourrait être des gens comme Michelin qui sont nominalement milliardaires mais viennent travailler tous les matins avec une vieille voiture ordinaire et sans chauffeur. En fait le riche, le banquier ou l’investisseur ne sont pas propriétaires mais mandataires-gérants pour le compte de la Providence et leur mission est de donner, par la sagesse de leurs choix, du travail et de la subsistance aux maximum de gens possible, d’une façon utile et pérenne. L’objectif est donc d’avoir toujours un ou deux coups d’avance pour adapter l’entreprise où les investissements avant que la concurrence ne le fasse de manière brutale. Pour eux donc les profits sont les emplois de demain et ceux-ci s’obtiennent en rendant un service de qualité que les clients estiment « pas cher » pour la satisfaction qu’ils en tirent.

    Ici des auteurs à suivre sur cette question :
    http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-richessefranciscaine.html
    http://www.franceculture.fr/oeuvre-richesse-franciscaine-de-la-pauvret%C3%A9-volontaire-%C3%A0-la-soci%C3%A9t%C3%A9-de-march%C3%A9-de-giacomo-todeschini.
    http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3306

    • Explications techniques sur une machine à fabriquer des fakes (des faux) (explications que j’ai découvertes grâce à vos commentaires) :

      Rue89 : Shrturl : faites du Gorafi et piégez vos amis
      http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/11/shrturl-faites-gorafi-piegez-amis-252846

      SHRTURL
      Faking the web since 1942

      http://shrturl.co/

      Pour ma part, ayant lu les articles authentiques avant de voir les faux, et sachant bien que les traîtres qui nous gouvernent iront jusqu’à nous emprisonner et nous massacrer plutôt que de faire ça, j’ai tout de suite vu la blague et j’ai souri, mais en sentant un potentiel mécanisme positif de type cinéma pour suggérer « imaginez ce que ça ferait si cela arrivait ».

      Alors j’ai publié ça, avec une petite émoticone souriante, comme une petite blagounette du soir, dans la cellule avant de coucher, entre détenus politiques qui rêvent de liberté.

      Mais ce matin, un grand nombre de réactions me laissent perplexe. Si on peut croire à un tel fake, je pense qu’on n’est pas assez vigilant. Et ça me laisse à penser qu’on va se faire bien embobiner par des mensonges mieux faits, plus crédibles… ça fout un peu les jetons, je trouve.

      Tout ça est quand même une sacrée invitation à :
      . toujours douter,
      . exercer notre esprit critique,
      . recouper beaucoup les sources,
      . ne pas prendre nos rêves pour des réalités,
      . ne pas croire une info juste du fait de la source (ceci est essentiel),
      . se méfier des toujours possibles usurpations d’identité…

      J’ai peur que nous ne soyons pas tous capables, à tout moment, de cette rigueur. On va se faire rouler dans la farine, nous sommes TOUS trop vulnérables aux bobards.

      Et d’un autre côté, si on doute trop de tout, ça va évidemment freiner (jusqu’à bloquer ?) notre éducation populaire virale et contagieuse.

      Et même si se développe un jour une vraie méfiance-vigilance-exigence populaire (qu’on peut souhaiter et qu’on ne constate pas encore), avec la vitesse de propagation du net il suffira quand même aux dominants (encore longtemps, j’ai peur) de répandre quelques désinformations bien faites, crédibles, juste-un-peu-fausses-mais-avec-plein-de-vrai-dedans, pour semer le trouble dans nos têtes, et donc dans nos actes, et nous engourdir, pour que se perpétue la domination.

      Ce matin, j’ai un peu le blues, je dois dire…

  12. Je risque d’être encore redondant, mais puisque le sujet des lumières est encore ici traité, je tiens à (re)dire :

    -- que chercher un Homme qui pense hors de son temps, est chercher un Sur-Homme, il y a quelque chose de religieux dans cette démarche.

    -- C’est bien parce que certains personnages ont avancé la pensée « d’un pas » que nous sommes si en avant. Et nous-mêmes ne pourrons faire qu’un pas. Et il serait curieux de demander à nos ancêtres de ne pas avoir fait de bond alors que nous en sommes nous-mêmes incapables.

    -- Je considère Aristote comme un des grands penseurs antique. Il se trouve que dans les politiques, il défend l’esclavage, pourtant dans le même ouvrage il crée la chrématistique si utile pour comprendre l’économie des modernes. Chrématistique largement amendé par « St » Thomas d’Aquin (comme quoi les bigots ne sont pas forcement de mauvais traders).

    -- Je passerai Socrate, lui même, qui démontrant dans son Ménon Qu’Homme libre et esclaves ne sont point différents, ne l’affirme pas haut et fort.

    Bref, on ne peut pas dire les Lumières, c’est mal. Déjà, parce qu’il y a 3 Lumières : Anglaise, Française et Allemande. La plus réussie étant, à mon sens Aufklärung (Kant à Freud [On pourra me reprocher d’y placer Freud, mais je ne vois pas comment faire autrement])

    Alors oui, certaines Lumières croyaient en l’esclavage. Tous des Salauds ? Encore une fois, que diront nos enfants lorsqu’ils parleront de notre socialisme limité à l’espace Humaine ? Nietzsche disait que l’Homme ne saurait être socialiste sans être végétarien.

    Car si l’on regarde les choses en face, il faut bien que la « douleur empathique » soit violente pour accepter de renoncer au plaisir qu’un autre fasse ce qui vous insupporte. On n’a pas vu beaucoup de gagnants du loto redistribuer leur gains. Dieu sait si l’esclavage m’insupporte, mais je trouverai toujours meilleur le maître qui ne donne que 1 coup de fouet au lieu de 10 que l’esclave qui vole un grain de riz à un autre esclave sous prétexte qu’il est plus fort. Même si le geste est plus grave, le 1er homme est meilleur que le deuxième. Donnez au voleur de riz un fouet et il en donnera 15 coups au lieu de 10.

    Alors oui, les Lumières dans leur majorité étaient Humanistes, c’est-à-dire qu’elles ont fait avancer l’Humanité dans le bon sens :
    Aie le courage de te servir de ton propre entendement.

    Car la question est : si les lumières sont mauvaises, par quoi aurait-il été bon de les remplacer ?

    Bien sûr que Rousseau et Robespierre ont mes préférences, on ne peut pas demander à toute la population d’avoir des troubles de l’attachement pour réussir une révolution 😉

    Quoi qu’il en soit, se priver des lumières, c’est se priver d’outils à penser.

    • Très bon rappel de principe.
      Je ferai pour ma part le grief à Rousseau et encore plus à Robespierre d’avoir voulu faire un bond au lieu d’un pas, au prix de la vie du peuple.
      Le problème des lumières est en partie là, l’autre concernant le rapport à la vérité.

  13. Je me suis demandé ce que c’était que cette bien curieuse nouvelle… Et j’y ai cru ! En me disant, merde, ils vont essayé de nous le récupérer et de dévoyer aussi cette idée…
    Vous m’avez bien fait rire en tout cas 🙂
    Je fais circuler.

  14. « imaginez ce que ça ferait si cela arrivait »
    C’est ce que font les Yes Man il me semble, enfin c’est en tout cas un des effets de leurs actions.
    Le procédé me semble plutôt bon, dans la mesure où il réactive en quelques secondes les véritables attentes des individus, celles qu’ils ne peuvent plus vraiment exprimer en se trouvant constamment noyés dans le flot ininterrompu des informations sur cette société, informations qui contribuent massivement à rendre réel ce système, crédible, palpable, concret, tangible et surtout inévitable, voire souhaitable. Ce qui laisse très peu de place à la réflexion sérieuse concernant d’autres alternatives.

    C’est de cette manière qu’on forme les croyances nécessaires à l’acceptation de tout système, en répétant inlassablement une idée (qui exprime généralement une conception précise du monde) jusqu’à ce que celle-ci prenne toute sa place dans les esprits. Les libéraux n’ont pas procédé autrement, et malheureusement, les enseignants aussi. Une fois cette idée installée dans la pensée, appropriée par la réflexion, elle modifie notre représentation du monde, ainsi que notre façon d’être au monde, qu’on en ait ou non conscience, et il ne reste plus qu’à instaurer le dit système, qui sera accepté car correspondant à la nouvelle réalité créée.

    De cette manière, des personnes sont payés par exemple pour poster des sujets d’actualité sur les forums publiques, l’important n’est pas tant que les participants en débattent, ou qu’ils en donnent leur opinion, mais tout simplement qu’ils en parlent ou en entendent parler, que cette société continue à prendre de la place dans leur esprit, leurs représentations et leur quotidien.

    Difficile ensuite de démêler le vrai et du faux, quand tout peut se réduire à des croyances et de la suggestivité… (je ne sais plus qui disait : pour trouver le vrai, cherchez d’abord le juste…). On ne s’imagine pas à quel point cette crise et cette sorte de guerre froide que nous vivons se déroulent avant tout sur un plan psychologique, du moins pour le moment.

  15. Sur Montesquieu.

    Je n’ai pas lu Losurdo. J’ai par contre lu Montesquieu. J’avais gardé comme souvenir que, comme Wikipedia le dit, il était un « anti-esclavagiste militant ». Mais il faut toujours avoir un esprit critique, alors je suis allé relire le texte. Je reste globalement sur mon idée. Il faut lire l’ensemble du livre XV de l’Esprit des Lois (celui concernant l’esclavage). N’importe qui d’intellectuellement honnête y percevra une argumentation anti-esclavagiste (c’est d’ailleurs l’interprétation largement répandue depuis 200 ans).

    Il commence par les justifications en droit de l’esclavage (Chap 2 à 4) et explique que ces justifications ne sont pas fondées.
    Ensuite, il y a le fameux Chapitre 5 (« De l’esclavage des Nègres »), où il se moque de la position opposée en se mettant dans la peau d’un pro-esclavagisme noir, avec des arguments ridicules qui se neutralisent eux même. Il me semble logique de conclure que quelqu’un qui ridiculise dans un texte les positions esclavagistes est lui-même contre l’esclavage Noir. Mais bien sûr, il y en a qui ne comprennent même pas l’ironie (par exemple Dieudonné – dont je doute qu’il ait lu l’Esprit des Lois -- dans un de ses spectacle, cite le passage « On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très-sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. », sans comprendre que c’est la position adverse que cite là Montesquieu).
    Pour décortiquer le texte « De l’esclavage des Nègres », vous pouvez lire par exemple ici : http://rene.pommier.free.fr/Montesquieu.htm#_ftn19

    Dans le Chapitre suivant (Chap 6), il explique dans quelles conditions l’esclavage pourrait être justifié rationnellement. C’est quand la contrée est si peu dotée de libertés publiques, qu’il vaut mieux que les paysans libres passent une « convention » avec un seigneur, pour espérer assurer leur survie matérielle (on parlerait de « clientèle » dans un langage moderne).

    Puis on en arrive au passage évoqué par Etienne. Mais il faut contextualiser l’extrait cité (par Losurdo ?). Il y d’abord le Chapitre 7, où Montesquieu explique que « Il y a des pays où la chaleur énerve le corps, et affaibli si fort le courage, que les hommes ne sont portés à un devoir pénible que par crainte du châtiment : l’esclavage y choque donc moins la raison (…) Mais comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l’esclavage est contre la nature, quoique dans certains pays il soit fondé sur une raison naturelle ; et il faut bien distinguer ces pays d’avec ceux où les raisons naturelles mêmes les rejettent, comme les pays d’Europe où il a été si heureusement aboli. ».
    Donc : 1) L’esclavage est contre nature. 2) Il choque la raison, moins dans certaines contrées 3) Dans certains pays (en Europe), il est rejeté par la raison, mais est maintenu dans d’autres sur base de cette même raison. Montesquieu ne cite pas les pays où « il est fondé sur une raison naturelle ». Certains pourraient penser qu’il s’agit des colonies Européennes. Mais, vu l’ensemble du Livre XV, et vu qu’il argumente du point de vue de la raison, je pense qu’il considère plutôt les pays de culture non européennes, en Asie et en terre d’Islam. En effet, si l’attitude vis-à-vis de l’esclavage doit se discuter du point de vue de la raison, l’attitude doit être la même partout où les personnes de culture européenne dirigent (Europe et colonies). Il comprend que des civilisations s’étant développées sous d’autres « climats » aient une autre rationalité (cf Lettres Persanes). Il faut rappeler qu’à l’époque, la tâche étaient encore de libérer toute l’Europe de la servitude (Chap 10), ce qui n’était pas encore acquis, l’on n’en était pas encore à songer aux contrées extra-européennes.
    Puis il y a effectivement le Chapitre 8 cité par Losurdo :
    « Inutilité de l’esclavage parmi nous. Il faut donc borner sa servitude naturelle à de certains pays particuliers de la terre. Dans tous les autres, il me semble que, quelque pénibles que soient les travaux que la société y exige, on peut tout faire avec des hommes libres. ». Mais le sens de l’ensemble du chapitre est de dire que le travail libre peut avantageusement remplacer l’esclavage « dans tous les pays [exceptés] certains particuliers ». Et surtout, il est particulièrement malhonnête de ne pas citer la fin du paragraphe, qui détruit toute l’élaboration théorique qui précède :
    « Je ne sais si c’est l’esprit on le cœur qui me dicte cet article ci. Il n’y a peut-être pas de climat sur la terre où l’on ne pût engager au travail des hommes libres. Parce que les lois étaient mal faites, on a trouvé des hommes paresseux ; parce que ces hommes étaient paresseux, on les a mis dans l’esclavage. ». Montesquieu dit donc que cette théorie des climats (qui était courante à l’époque) qui induiraient certaines structures sociales est sans doute erronée : ce sont les institutions qui créent les conditions propices à l’esclavage et non les conditions naturelles.

    Je ne m’attarde par sur le reste du Livre XV, mais tous les chapitres vont dans le sens d’une diminution de l’esclavage en quantité et en dureté : c’est un accroissement des inégalités (Chap 9), il faut en ôter les abus (Chap 12), il est dangereux pour la société qu’il y ait beaucoup d’esclaves (Chap 13), il faut être armés pour se défendre d’eux (Chap 14-15), les maîtres ne doivent pas avoir tous les droits (Chap 16-17).

    Je ne partage donc pas cette manière de faire qui est d’extraire quelques lignes d’un texte pour lui faire dire le contraire de ce que l’ensemble veut dire. Alors, je sais bien ce que Losurdo répondrait : il a écrit une « Contre-Histoire du Libéralisme » et non pas un ouvrage intitulé « Peser le pour et le contre du Libéralisme ». C’est un peu le but de l’exercice que d’extraire les citations problématiques. A cela s’ajoute que Montesquieu est parfois ambigu dans son écriture. On peut penser que notamment ce Livre XV aurait pu être mieux écrit, avec une argumentation plus démonstrative contre l’esclavage. Mon opinion après l’avoir relu, c’est qu’il était au fond de lui opposé à l’esclavage. Pour des raisons humaines mais aussi économiques (il serait économiquement avantageux de le remplacer par le salariat). C’est le thème classique du libéralisme : morale et utilité marchent de concert. Mais il savait qu’il vivait dans une société qui y restait farouchement opposée, et que d’autres théoriciens étaient opposés à sa conception (Chap 9 : « On entend dire tous les jours qu’il serait bon que parmi nous il y eût des esclaves »). Il pensait qu’il était contre-productif de s’opposer frontalement au courant dominant. Que la société n’était pas encore prête à une abolition brute, et qu’il faudrait y aller par étapes. Ce qu’il pouvait faire de mieux à son époque, c’est de saper les justifications théoriques (Chap 2-4), de montrer le ridicule des arguments esclavagistes et « mettre les rieurs de son côté (Chap 5), d’argumenter en parlant au portefeuille des lecteurs (Chap 8) et de prôner un allègement de la condition des esclaves existants (Chap 12). La difficulté de lecture de l’Esprit des Lois est que Montesquieu passe sans cesse d’une position empirique « scientifique » (description de la situation sociale telle qu’elle est) à une position de moraliste (description de ce qu’elles devraient être selon lui). A cela s’ajoute qu’il est parfois ironique sans avoir l’air d’y toucher (J’aime bien le Chap 4 : « J’aimerais autant dire que la religion donne à ceux qui la professent un droit de réduire en servitude ceux qui ne la professent pas, pour travailler plus aisément à sa propagation. Ce fut cette manière de penser qui encouragea les destructeurs de l’Amérique dans leurs crimes. C’est sur cette idée qu’ils fondèrent le droit de rendre tant de peuples esclaves ; car ces brigands, qui voulaient absolument être brigands et chrétiens, étaient très dévots. »). Tout cela rend l’interprétation de ce texte très délicate.

    Je tâcherai de me pencher sur le cas de Locke, mais je vais d’abord commander le Losurdo pour lire l’argumentaire.

    PS : Je n’ai pas parlé du livre de Graeber, mais sur ce point, je suis d’accord avec Etienne, c’est un très chouette ouvrage, avec chaque chapitre qui vous fait voir une réalité sous un nouvel angle.

  16. Je crains toujours d’arriver un peu comme un cheveux sur la soupe. Je n’ai pas trouvé, sauf erreur, où placer ici le sujet qui suit. Mais, entre une multitude de sujets résonnant et raisonnant les uns avec les autres, il y a donc actuellement, cette crise ukrainienne qui, en France, étonnamment, paraît réactiver maints sujets fondamentaux enfouis depuis 25 à 30 ans, disons pour faire court, de « fin de l’histoire », et se présentent comme une débâcle glaciaire réactivant des forces géostratégiques surgissant en pleine mondialisation comme un coup de pied en plein dans la fourmilière du mondialisme (la mondialisation est un versant ‘naturel’ comportant les progrès technologiques incessants, tandis que le mondialisme est un champ essentiellement idéologique qui est comme une suite ‘historique’ du capitalisme, du socialisme, du capitalisme, du communisme et d’autres ismes historiques et d’actualité).

    Pierre HILLARD, politologue, sur la mondialisation.
    Angle d’attaque de son intervention: la crise ukrainienne.

    Attention, au sujet de la crise ukrainienne.
    S’ils ne sont pas certains, grands sont les risques que cette crise prenne de l’ampleur et de l’intensité. Potentiellement dangereuse pour toute l’ « Europe » et le monde. Si cette crise devait tourner vraiment au vinaigre, cela aurait des impacts sur maintes affaires concernant de nombreux domaines essentiels en « Europe »et dans le monde.

    Pour qui voudrait avoir un champ de compréhension beaucoup plus clair sur cette crise ukrainienne par rapport à ce qu’en disent les média presque tous aux mains des principaux milieux d’affaires, voici une intervention faite par Pierre HILLARD, fin mai 2014 à Berlin.

    J’ai déjà eu pas mal de fois l’occasion d’apprécier Pierre Hillard, catholique, spécialiste du mondialisme, politologue docteur en sciences politiques, il s’exprime très simplement et colle excellemment à son sujet : le mondialisme. Tout ce que ce grand professionnel annonce et transmet est minutieusement documenté, car il cite systématiquement toutes ses sources. Ainsi, sa méthode est claire et saine, d’une objectivité sans pareille. Ne comptez pas sur les médias pour vous mettre sur la piste.

    Vraiment, s’il y en a qui veulent avoir une vue lucide, dégagée des idéologies, des partis, des attitudes partisanes et de la désinformation des grands groupes économiques et financiers et leurs relais politiques, je ne saurais trop recommander de voir cette vidéo de Pierre Hillard.

    —>Attention, c’est une source sérieuse et rare.

    Durée 1 heure 7 minutes, une véritable mine de renseignements et de références.

    http://www.dailymotion.com/video/x1yhany_pierre-hillard-a-berlin-mai-2014-conference-mondialisme-crise-ukrainienne_news

    ou:

    Deus in Adjutorium

    Renaud

  17. Eh ben, je pensais pas que ma fausse page Le Monde allait faire des petits 🙂 Et je suis désolé que ça fiche le blues à l’ami Etienne…
    Quelques réflexions sur le sujet :

    -- Même nous autres, animés de bonnes intentions, on désinforme à tour de bras. On n’est pas omniscient, on se goure, on se laisse porter par les nouvelles qui vont dans notre sens et on les diffuse. Je me suis déjà fait avoir une fois ou deux de façon grotesque.

    -- La question qu’on peut se poser, c’est « est-ce que les journalistes mainstream, eux aussi, se trompent de bonne foi », ou bien, théorie du complot, s’ils manipulent sciemment. Je n’arrive pas à trancher cette question.

    -- Le parallèle avec les Yes Men est très bon. Et le film des Yes men mérite d’être vu pour ceux qui ne l’ont pas encore fait.

    http://www.dailymotion.com/video/xqihuo_les-y-e-s-m-e-n-refont-le-m-o-n-d-e-1de2_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/xqihrr_les-y-e-s-m-e-n-refont-le-m-o-n-d-e-2de2_fun

  18. Salut Etienne,

    Tes bons conseils de lectures anti-esclavagistes m’ont inspiré une chanson de Graeme Allwright : La Ligne Holworth.

    Bonne écoute !

    Julie

  19. « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur »
    Kevin Warwick cybernéticien

    Bobo confond racisme et égoïsme de l’assiette, xénophobie et sauvegarde identitaire, antisémitisme et nazisme etc …

    Les dignitaires nazis rigolaient de Mein Kampf, Hitler rigolait des blonds de Himmler. Les récipiendaires de la croix de fer avec diamants n’étaient que des petits bruns ! (Galland par ex)

    « L’Argent est le Dieu jaloux d’Israël » Marx

    On extermine un peuple ennemi, on met en esclavage un sous-peuple, l’holocauste fût une guerre religieuse entre 2 peuples élus …

    On demande à Toto 6 ans, souchien blanc des années 50:
    _ « Si tu vivais en Afrique et que tous tes copains soient noirs, voudrais tu rester blanc ? »
    _ « Non, je préfèrerais être comme eux. »

    La méfiance de l’altérité, le territoire, la sexualité sont les instincts innés … pas bobo. Ersatz infra-politique de l’idéologie, de la nation, du peuple, de la communauté de mœurs.

    « Avant j’étais noir, maintenant je suis riche » Champion du monde poids-lourds renégat

    « La solidarité ne peut exister que dans de véritables communautés ; la planète uniformisée et atomisée que Jacques Attali appelle de ses vœux sera un enfer dans lequel la cupidité anonyme règnera sans limites. »
    ‘La Baudruche, pute négrière des Capitalistes’ Ed. Divide Et Impera

  20. Petit cours de racisme pour bobo :

    Contrairement à ce que pense le gôôôchiste, le racisme n’est pas « vouloir rester entre souchiens sans burqua » où « refuser d’être bétonné pour la surnatalité africaine, à ses frais ».

    Le racisme se définit par une différenciation de l’éthique suivant 2 classes, le maître, l’esclave. (ex: Périclès)

    Le racisme démocratique antique:

    Gobineau, Rosenberg, hiérarchie génétique des peuples. Maîtres sans distinction de richesse, de classe, de culture, dans un peuple donné. Égalité, communauté du peuple-maître (souvent avec une stochocratie où ochlocratie interne chouardienne), et esclavage des étrangers.

    Le racisme nietzschéen, de classe :

    Nietzsche, Spengler :
    Idéalement le croisement d’un wasp aryen banquier avec un juif banquier pour N.
    La génétique intervient pour sélectionner les « bons » d’un peuple quelconque, et en faire les Seigneurs Capitalistes. Arme idéologique de N pour un impérialisme à venir, racisme interne et externe à la nation, où à la race de couleur, où au peuple. Culture raffinée des maîtres allant de paire avec soumission impitoyable des esclaves. Idéalisme romantique et métaphysique de la guerre pour les maîtres, conditionnement benêt pour les inférieurs.
    L’objectif : arrêter la décadence par la toute puissance du troupeau brouteur de bassesse et d’ignorance, par delà les nations, états, religions, peuples et races qui disparaissent.

    Le racisme transhumain:

    Extension du précédent pour une classe oligarchique d’immortels transhumains cyborgs, dans une société du spectacle, où le temps de vie est un numéro gravé sur son poignet qu’on doit recréditer avec de l’Argent. Multi-acculturel avec ses ghettos anarchiques de 15 milliards de benêts, et ses paradis bunkérisés des Seigneurs. Le monde futur de bobo, le gôôôchiste shiteux car il le veau bien.

    « Dès le moment qu’ils entrent en contact avec l’étranger, les étrangers, ils ne sont guère meilleurs que des bêtes sauvages que l’on a lâchées. Ils jouissent du fait d’être libérés de toute contrainte sociale. Leur sauvagerie compense la tension qu’ils ont accumulée durant leur longue détention dans la paix de la communauté. Ils retrouvent l’innocence consciente de l’animal sauvage, ils redeviennent des monstres jubilatoires, qui, peut être, après une série horrible de meurtres, d’incendies, de viols et de tortures, s’en iront légers; comme s’il s’était agit que d’un mauvais tour d’étudiants, et convaincus qu’ils ont fourni matière pour longtemps aux chants et aux hymnes des poètes. Au fond de toute ces races nobles, il ne faut pas méconnaître l’animal sauvage, la bête blonde magnifique, courant après le butin et la victoire … »

    Nietzsche de gôôôôche

    « S il devait être vrai que les grecs ont sombré à cause de leur esclavage, il est cependant plus certain que nous sombrerons par manque d’esclavage ! […] L’esclavage est nécessaire à toute vraie forme de culture […] Infortunés séducteurs, vous avez annéanti l’innocence de l’esclave en lui donnant accès à l’arbre de la connaissance ! »

    ‘Pourquoi «Les marseillais», «Touche pas à mon melting-potes», et le nouvel i-ped18’

    Nietzsche Ed GlobalState

    • « Yéti » bloqué.

      Tout ce qui est vivant se protège contre ce qui essaie de le détruire.

      Such is life.

      • une phrase riche de sens ou plus complexe qu’il n’y paraît… certains voulant protéger toute vie, ce postulat de la nécessité de tout ce qui est vivant mais, opposé à ça, la logique même de cette vie si complexe qui hiérarchise la vie animale par ces nécessités de la survie et du régime alimentaire… comme il est un peu pareillement nécessaire pour des ultra-libéralistes été fomenter de temps en temps des conflits armés ou pour de véritables démocrates en Démocratie de se prémunir contre de tels abus et extrêmes sociologie-économiques… enfin, ce que m’inspire en cet instant cette petite phrase qui tombe à point nommé… De qui s’agissait-il, ÉTIENNE, un énième troll patenté ou quelqu’un que nous connaissions déjà ? ^^

      • « Tout ce qui est vivant se protège contre ce qui essaie de le détruire.

        Such is life. »

        D’ailleurs, un lecteur de Nietzsche devrait comprendre ça mieux que quiconque. 🙂 🙂

  21. Ping : Devenons citoyens ! Entretiens à propos d’une démocratie digne de ce nom | Blog du Plan C

  22. Bonsoir , presque deux ans après les projets de constituante de F.Hollande , (dans ce temps a parti , j’ai dû passer à côté de nouvelles décisions prises sur le sujet ) J.L.Mélenchon attrape le train en marche dans cette conférence et propose une élection en sa faveur , en vue d’instaurer en France une démocratie sans chef de file !
    https://youtu.be/MazqVg9FUrg
    Je l’ai trouvée extrêmement intéressante et pleine des lumières et alertes d’ Étienne ! Ma question est celle-ci : S’agit-il de cynisme envers vous , de jalousie , d’une dernière carte , d’un réveil démocratique , au mieux ,d’un peu de sincérité ? Ce serait à lui que l’on devrait poser la question , mais j’ai pas envie !
    Bon week-end
    ève

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