COMMENT SE FINANCE UNE DÉMOCRATIE ?

Encore merci à l’équipe « Devenons citoyens »
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Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152561343807317

14 réponses à “COMMENT SE FINANCE UNE DÉMOCRATIE ?

    • Cela engendrerait plus de démocratie d’obtenir un quorum que d’obtenir l’obligation de voter.
      par ailleurs une obligation de voter sans davantage de contre pouvoir qu’aujourd’hui nous conduirait plus loin encore dans la société policière.

      • PS, qui est responsable de la modération?

        • C’est le père Chouard 🙂
          Pardon quand je traîne un peu (je ne suis pas absolument tout le temps sur mon PC…)
          Mais normalement, dès que vous avez été approuvé (à l’occasion de votre premier commentaire), vous êtes libre de publier : c’est la première fois qui est modérée, ce qui nous protège pas mal du spam, apparemment.

          • Salut Étienne, non c’était juste pour savoir avec qui tu t’étais acoquiné ou si tu avais délégué….

            Salut et Fraternité !!!

  1. Si on ne sait pas combien le corps social a besoin de monnaie, cela veut dire que l’on ne maîtrise pas combien le corps social produit.

    Car si une « richesse » est produite, à partir de là il faut mettre en circulation une quantité suffisante « d’outil d’échange » pour que tout le monde puisse disposer de cette richesse.

    Si pour x raison il manque de quoi échanger, certains auront et d’autres non.

    Ici naît un pouvoir des uns sur les autres.

    Lorsque les uns comprennent que ce pouvoir est des plus subtil, ils s’arrangent pour réduire « l’outil d’échange ».

    Certains vont dire que le pouvoir est légitime de par leur naissance, d’autre de par leur mérite… en tant qu’homme de Gauche je dis que nul pouvoir n’est légitime s’il n’est éclairé, librement consenti et universel (au sens Kantien). Donc la « richesse » ainsi produite ne peut être redistribuée qu’avec le plus faible ratio qui soit. On comprendra que ce n’est alors qu’affaire de curseur si on ne renonce pas à la propriété lucrative.
    Je ne suis pas spécialement doué pour l’économie, mais il me semble que la monnaie est plus un outil de pouvoir que celui de l’administration du foyer*

    Comme vous dites Étienne, la pensée de Friot est sûrement la plus enthousiasmante de part la possibilité des futurs qu’elle ouvre.

    PS: On navigue beaucoup plus rapidement sur ce site que sur l’ancien, merci 😉

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    * Exemple :

    Nicolas a un champ, François a une graine et 10 couillons ont leurs bras.
    On attend 12 pommes de cet arbre.

    Nicolas apporte un champ, François apporte une graine et les 10 autres labourent, arrosent et récoltent. Si on part du principe que les 3 tâches se valent (ce qui n’est pas acquis), chacun aura une pomme.

    Variable 1/ on trouve des champs et des graine à volonté un peu partout autour de soi.

    Donc nos 10 ouvriers diront : « labourez, arrosez et récoltez vos pommes vous même, que chacun récolte ce qu’il sème ».

    Variable 2/ Nicolas a tous les champs et François toutes les graines et ils diront : « on prend 5 pommes et vous, vous aurez une demie chacun, vous avez plus besoin de nous que nous de vous ».

    Variable 3/ En plus du cas 2 toujours juste on rajoute 10 couillons supplémentaires ? Nicolas et François diront : « vous les 10 travailleurs vous aurez un quart de pomme chacun car vous en avez 10 autres qui seraient heureux d’en avoir autant, eux n’ont rien ». Les 10 premiers ont peur de perdre leur quart de pomme et les 10 autres rêvent d’être à leur place. Pour peu que Nicolas et François aient demandé aux 3 plus forts de surveiller tout ça contre une demi pomme, et au 2 plus malins de gérer tout ça contre une pomme (chacun d’entre eux sachant qu’il pourra du jour au lendemain ne plus rien recevoir si il déçoit, ou pire avoir son propre pommier), tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes

  2. Que faire de la dette ?
    Un audit de la dette publique de la France

    par Collectif pour un Audit citoyen de la dette

    Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales :
    • D’où vient la dette ?
    • A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ?
    • Qui détient ses titres ?
    • Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ?
    Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

    Lire le rapport complet (très intéressant) :
    http://france.attac.org/IMG/pdf/note-dette.pdf

    Source : http://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports-37/article/que-faire-de-la-dette-un-audit-de

  3. Sur l’indexation des salaires, c’est bien les « socialistes » qui l’ont interdite :

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-echelle-mobile-des-salaires-une-21211

  4. Bonjour Etienne,

    Je suis globalement d’accord avec votre présentation. Effectivement, je pense que le mieux est que l’on adopte un système Création monétaire publique avec monnaie fondante + Revenu universel de base. Je voudrais juste compléter sur l’un ou l’autre point.

    Vous dites (2:47) « Pour éviter que ça [la monnaie] ne parte à l’étranger, que ça foute le camp évaporé, on peut distribuer des bon d’achats pour des produits fabriqués en France, des produits locaux, et à ce moment là on empêche l’argent de fuir ». Il s’agit là d’un retour à un système mercantiliste, non ? En quoi le fait de garder de la monnaie à l’intérieur des frontières serait une richesse ? Au contraire, il est positif pour une nation que la monnaie fuie dans les pays avoisinants. L’idée qu’une « balance commerciale déficitaire » est une mauvaise chose pour un pays est une idée largement reprise dans les médias mais fausse, comme c’est déjà connu de longue date (voir par exemple sur ce site : http://www.contrepoints.org/2011/03/31/19383-deficit-de-la-balance-commerciale-et-alors , qui reprend Bastiat). C’est d’autant plus vrai avec une monnaie inflationniste : si un pays importe du blé, du pétrole, des ordinateurs, et en échange « exporte » des billets de banque (ou des Bons du Trésor) qu’il imprime à bas coût sans limite définie, bien évidemment il s’enrichit ! Il y a même peu de chance pour que les pays voisins soit pressés de faire venir en masse cette monnaie fondante chez eux.

    Aussi, quand vous dites (7:13) « Interdire la création monétaire si t’as pas endetté l’état, c’est pas grave. Ca ne sert à rien d’avoir la création monétaire si je finance toutes mes dépenses avec mes impôts », ce n’est pas tout à fait exact. Financer les dépenses par la création monétaire (la monnaie se dévaluant) ou les financer par l’impôt (avec une monnaie qui garde une valeur fixe), ce n’est pas tout à fait la même chose. L’impôt peut s’éluder, et la monnaie qui garde sa valeur peut elle fuir à l’étranger sans causer de perte à son détenteur. Avec une monnaie qui perd sa valeur au cours du temps, et que l’on recrée en permanence, on évite ces inconvénients, et on ne perd moins d’énergie à courir après l’impôt. En outre, on ne frustre pas les personnes dont la motivation est le gain d’argent, ce qui est un argument courant contre les systèmes de financement par impôt-redistribution (‘trop d’impôt tue l’impôt’).

    On pourrait dire « avec une création monétaire continue, les gens vont fuir cette monnaie et se tourner vers les monnaies étrangères ». C’est possible, mais ce n’est pas le cas en pratique, car actuellement, la plupart des pays font aussi de la création monétaire continue (USA, Japon, etc). La seule différence, c’est que dans ces pays, l’argent créé est distribué aux riches (ce qui se traduit par une inflation des « produits de consommation » des riches : actions d’entreprises, immobilier, etc), alors que dans notre système, par le biais du Revenu Universel, cette monnaie créé serait distribuée aux pauvres. J’ai juste encore du mal à visualiser ce que donneraient les flux de marchandises entre un pays qui fonctionnerait de cette manière et les pays alentours qui seraient restés aux mains des plus riches.

    Bien amicalement.

    Ronald

    • Bonjour,
      Je ne comprends pas bien votre développement.
      Vous parlez de la balance commerciale. De faire venir du blé, du pétrole et des ordinateurs en créant de la monnaie.

      Vous voulez dire que nous devons faire comme les américains ? Se faire livrer ce dont on a besoin contre des billets qu’on imprime.
      Mais dans ce cas, vous nous « souhaitez » d’être une nation qui asservie ses voisins terriens à son profit. Et, même si vous vous sentez l’âme du méchant seigneur qui fait travaillé ces larbins (ce dont je ne vous accuse pas!!), vous oubliez que nous n’avons pas la puissance militaire pour imposer cette attitude. Nous croyez vous capable de, nous aussi, faire la guerre en Irak, Koweït, Libye, Syrie, Ukraine… (Je résume) Donc pas viable dans le temps comme idée.

      Ce qui me dérange encore plus dans votre raisonnement, c’est qu’il est impossible de faire exister tous les pays en balance commerciale importatrice. Qui produirait alors? Donc votre système ne peut pas être appliqué de façon « universelle ».

      Etienne Chouard aborde ici la définition d’un monde « démocratique/meilleur/sain/rationnel/pertinent/anti-inégalitaire »
      Il me semble qu’un bon moyen de savoir si on est sur la bonne voie d’un tel système, c’est de vérifier s’il est applicable à TOUS les humains. Et ce n’est pas le cas de votre proposition.

      Ceci dit, je le dis sans agressivité et dans l’esprit d’un échange constructif.

      Je vous souhaite une bonne soirée,

      Parsifal

      • Bonjour Parsifal,
        Je suis d’accord que pour qu’un principe soit applicable, il faut qu’il le soit pour tous. Mais cela dépend à quelle échelle de temps et d’espace on se place. Si c’est pour discuter du système économique qui serait appliqué dans un monde universellement démocratique, alors ce n’est pas ce dont je parle. Dans un monde universellement démocratique (s’il advient un jour), je pense que le système économique serait un genre de communisme. Mais je ne cherche pas ici ce qui conviendrait à ce monde de l’avenir. J’essaie d’imaginer ce qu’il faudrait faire économiquement dans un pays qui deviendrait demain démocratique, qui serait sans doute de petite taille, avec une dette léguée de plusieurs milliers de milliards, des régimes hostiles alentours, des ennemis acharnés à l’intérieur, et encore de grandes parties de la population indifférente ou qui ne comprendrait pas l’intérêt du système démocratique.

        La question à l’arrière-plan de la présentation d’Etienne est de savoir comment éviter l’accumulation de dette, publique et privée. Dans le premier système, traditionnel, il n’y a pas de redistribution des richesses. Là dette s’accumule alors, et à intervalle réguliers de quelques dizaines d’années, les gens (et/ou l’Etat) se révoltent et brûlent les reconnaissances de dettes et les usuriers. Il y d’autres méthodes plus modernes de financement de l’intérêt général. Comme explique Etienne, il y a la possibilité de l’impôt, et la redistribution au public de ce revenu. Mais je ne suis pas pour miser sur cela dans une démocratie encore faible et mal assurée. Si la valeur de la monnaie est fixe et que l’on base toute la redistribution sur l’impôt, il y a un risque de dysfonctionnement si la monnaie est attaquée par les investisseurs étrangers, que les riches fraudent l’impôt, ou fuient avec de grandes quantités de monnaie hors du pays, ce qui risque d’être la situation dans la démocratie naissante.

        Aussi, j’expliquais juste qu’avec le troisième mode de redistribution des richesses, la création de monnaie inflationniste, nous avons une meilleure marge de manœuvre en matière de financement public. Le but premier de cette monnaie est de permettre d’éviter l’accumulation de richesses par quelques-uns à l’intérieur du pays. Ce n’est pas de créer un financement par l’extérieur, même si effectivement, cela pourrait en être une conséquence. J’expliquais juste qu’avec un tel système il n’y avait pas d’inconvénient à une fuite de la monnaie hors du pays, que l’on est tout à fait indifférent à cette éventualité. Et effectivement c’est ce que font les USA actuellement. Mais je ne vois pas d’alternative meilleure que la création monétaire pour écouler les dettes et redistribuer les richesses. Mais je n’ai pas non plus de connaissances assez pointues en financement public pour débattre de tous les tenants et aboutissants.

        Alors reste la question « Est-ce que les autres pays restés oligarchiques laisseront s’établir un tel mode de financement ? ». Je suis bien d’accord que cela risque d’être mal pris, mais cela fait partie de la problématique générale de comment les autres nations réagiront a l’émergence d’un régime démocratique. D’autant que la première nation démocratique sera certainement un petit pays sans puissance militaire valable. On le voit bien avec la Suisse face à l’UE, ou la commune de Saillans face à l’intercommunalité : il y a aura certainement une ligue des puissants régimes oligarchiques contre le petit état démocratique, et ça risque de tanguer un peu. Mais je n’ai pas de solution toute faite à ce problème.

        Ronald

  5. Et si l’on supprimait tout simplement le cours forcé de la monnaie ?
    J’aime beaucoup l’image de la tenaille avec d’un côté les dettes imposées et de l’autre les rentrées diminuées.
    Il y a toutefois une manière toute simple de régler le problème : donner cours légal à toutes les monnaies, privées ou publiques, y compris pour régler la dette. Ainsi l’état au lieu de régler ses dettes en euro pourrait les régler en dollar ou en yen, c’est à dire avec du papier qui ne vaut rien.
    De même les entreprises pourraient payer l’état en dollar où n’importe quoi d’autre.
    Les gens qui veulent de la valeur stable à long terme demanderont à être payés en francs suisse et ceux qui veulent plus de cash à redépenser immédiatement demanderont des dollars.
    En fait tout monopole monétaire conduit de facto à de mauvais arbitrages car il est mathématiquement impossible de connaître et encore plus d’anticiper les besoins futurs des acteurs économiques.
    Dans ce cadre rien n’interdit d’avoir une monnaie fondante pour financer des services publi-privés comme par exemple un chèque-éducation pour choisir l’école de ses enfants, ou bien un chèque-santé pour choisir son système d’assurance maladie ou pour financer les services de solidarité-santé (rente handicapés, cancers…) lesquels devraient toutefois pouvoir faire l’objet d’un arbitrage de la part des individus (comme dans l’assurance automobile où l’on peu choisir au tiers, tiers-renforcé, tout risque…) car certaines personnes peuvent légitimement vouloir vivre mieux mais moins longtemps (par exemple on peut tout à fait comprendre qu’une personne de 75 ans n’ai pas envie de chimio-thérapie, mais qu’elle veuille des soins de confort ; garde-malade, soins palliatifs, morphine…)
    Plus fondamentalement je pense qu’une vraie démocratie implique de faire confiance aux personnes individuelles et à leurs décisions. Il n’y a pas de one-best-way où tout le monde devrait mourir à 90 ans dans son lit entouré de ses petits-enfants après avoir voyagé pendant ses trente ans de retraite et dépensé des fortunes en médecin. Cela vaut donc également pour la monnaie et pour le reste. A ce titre il serait même bon de rétablir une certaine concurrence intra-étatique en permettant par exemple aux collectivités locales (avec l’accord des habitants) de proposer des services différenciés ou des avantages à telle ou telle catégorie d’habitants-clients en vue d’améliorer le sort de tous les membres de la communauté.

  6. Bonjour les citoyens,

    le problème ne réside pas dans la valeur de la monnaie ou de l’opinion personnelle détenues par le marchand qui possède son étale sur la place de la cité ou du consommateur, et qui n’ont aucune incidence sur nos vies.
    Le problème c’est la Cité, intrinsèquement, sa politique, ses outils, son pouvoir, sa concentration, au sens le plus large des termes.
    On nous a remodelé le concept de fascisme au début du 20e siècle, italien, national blablabla, mais cette monstruosité est l’essence civilisationnelle occultée de l’Occident depuis au moins 3 millénaires.
    Un faisceau (fascisme) est un phénomène de concentration, en politique, cela implique d’administrer, d’une manière ou d’une autre , tous les facteurs de survivance du plus grand nombre.
    Nous n’avons pas besoin d’universités, de livres, d’argent, de pétrole, de plastique, d’acier, de média ou d’internet pour le comprendre et y remédier, et ce, catégoriquement. La résolution de cette catastrophe globale existe, elle est ancestrale et hétérogène, partout sur le globe, mais pas « civilisée »!
    A bon entendeur…

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