Aurélien Bernier : la gauche radicale et ses tabous

Un entretien très intéressant :

Plus sévère, on aurait pu intituler cette incroyable mise au point : « la gauche radicale et ses trahisons ». Il faut arrêter d’appeler un chat un rat : les partis qui refusent la sortie de la prétendue « Union européenne » servent DE FAIT les intérêts des multinationales et des banques (qui ont voulu et imposé l’UE), ne méritent donc pas l’étiquette de gauche et sont, objectivement, de droite (si les mots ont un sens). Vous pouvez me lyncher, ça ne changera rien au FAIT que promettre le progrès social au nom de la gauche tout en nous condamnant (en douce) à une anti-constitution de droite qui interdit à tout jamais le progrès social, c’est littéralement une escroquerie politique qui met la politique à fronts renversés.

15 réponses à “Aurélien Bernier : la gauche radicale et ses tabous

  1. Bonjour,
    En effet ! Je n’avais jamais pensé à cet argument. Bien vu ! Cette Europe est carrément une arnaque.

  2. > Il faut arrêter d’appeler un chat un rat : les partis qui refusent la sortie de la
    > prétendue « Union européenne » servent DE FAIT les intérêts des
    > multinationales et des banques (qui ont voulu et imposé l’UE), ne méritent
    > donc pas l’étiquette de gauche et sont, objectivement, de droite (si les mots
    > ont un sens).

    Humm, ça me paraît pas digne du père Chouard, ça. Il y a mille et une Europe, mille et une façon de construire une Union européenne. Un tel raccourci péremptoire ne sert guère le débat, à mon humble avis. Alors si les mots ont un sens, faut leur donner la place de s’exprimer.
    Par ailleurs, écrire sur un outil qui ne connaît pas les frontières (Internet), symbole de notre époque, qu’on veut remettre des frontières me semble légèrement à rebrousse-histoire, et quelque peu ironique.
    Allez, mon bon Chouard, ne nous laissons pas aller au raccourci rhétorique, c’est pas de votre trempe, et ça ne fait que saper le reste de l’Œuvre.

    • Avant de juger, il serait conséquent (et tout simplement honnête) de visionner et écouter la video-entretien avec Aurélien Bernier qui reprend l’histoire de la dernière période (Maastricht…) et les évolutions des différents acteurs politiques (PC, FG, etc…). Donc Yohann, la démonstration est là, et pleinement à la hauteur de qui veut vraiment débattre. Mais est-ce votre cas?

    • Je n’ai pas encore pris le temps de regarder cette vidéo mais votre commentaire m’interpelle.

      Il ne s’agit pas de vouloir remettre des frontières, ni de dire qu’une vraie Union Européenne ne doit pas exister, il s’agit simplement de constater qu’il est IMPOSSIBLE ou hautement improbable (ce qui est pire, puisqu’il nous laisse à croire que c’est possible) que CETTE union là soit réformable en ce sens que ses principes libéraux sont inscrits dans les textes qui forment l’ADN de cette UE.
      En 1997, les 3/4 des pays européens étaient « de gauche », et ils ont accéléré le processus. Qu’est-ce qui vous fait croire qu’ils feront mieux demain?

      Il faut arrêter de croire que cette Europe est réformable. Détruisons là, et construisons en une autre avec d’autres fondations.

    • C´est vous qui faites de la rhétorique, et pas de la plus honnête, avec votre argument de « remettre les frontières ». Ouuh on imagine de suite les barbelés et les miradors hein? C´est évidemment ce à quoi Etienne Chouard et les partisans d´une sortie de l´UE rêvent depuis toujours…

      Ou vous n´essayez pas de comprendre ou vous êtes de mauvaise foi.
      Cordialement

  3. Impossible de voir la video.

    Je pense que sortir de l’Europe est une fausse bonne idée, traduisant un retour en arrière symbolique qui va anéantir tout cadre géopolitique global et toute notre façon de ressentir le monde, nos représentations à propos d’une possibilité de progrès. Le cadre est l’Europe, et toute institution humaine a vocation d’empire, l’Europe incarne cela de la façon la moins nocive possible. Sans l’Europe il nous reste rien, alors prudence ! il restera un monde amputé de l’idée de progrès, au sens téléologique. Je dis, tout ce que nous fabriquons tend vers l’universel, l’Europe est la forme concrète de cette idée actuellement, -- de la Raison dirait Hégel, sans doute de l’Esprit du monde, au sens sociologique, débarrassé de toute métaphysique.

    La BCE avec Draghi va appliquer les méthodes US consistant à racheter la dette, à la monétiser. Nous allons vers un capitalisme fictif, qui durera encore un certain temps.

    Je confesse mon antipathie pour les cercles souverainistes qui ne valent pas mieux que les indépendantistes Corses. Ces gens n’ont aucune idée, Chevènement étant leur figure de proue, drapés dans un nationalisme de façade, ils n’agitent que du vent : Abattre l’Europe c’est abattre l’empire Romain, laisser un monde sans gouvernail. Pour ne reconduire qu’un capitalisme primaire ! Leur « progrès » est basé sur une mécompréhension du capitalisme, qu’ils ne sauveront pas du tout, puisqu’ils ne résolvent pas le problème de la demande effective; On se moque des USA mais eux font la seule chose à faire.

    • @ listzfr

      Bonjour,

      bien qu’étant plutôt souverainiste, je reconnais, et je suis souvent tenté par votre argumentation.

      « Abattre l’Europe c’est abattre l’empire Romain »
      et beaucoup pensent que nous avons gagné (nous les gaulois et autres) à être conquis par les Romains.
      Cela a été aussi la pensée de Vichy, très majoritaire après la défaite de 40: associons nous à l’Allemagne (au grand Reich), nous avons plus à gagner qu’à y perdre (dans ce cas, ils se sont trompés).
      Et maintenant beaucoup (la grande majorité) pensent que nous avons plus à gagner à nous fondre dans l’entité Europe-USA (dont le grand traité Nord Atlantique est le prémisse).

      Il y a de nombreux arguments en faveur d’une telle thèse, dont la médiocrité de notre classe politique qui se révèle vraiment peu capable même d’assurer notre place dans cet ensemble.

      Vous posez donc bien la question: voulons nous nous fondre dans un grand ensemble, ou vivre par nous même ?

      La réponse n’est pas évidente et dépend de la sensibilité, des intérêts économiques et culturels de chacun.

      En tous cas, pour toutes les couches qui profitent de la mondialisation, la réponse est clairement de poursuivre notre intégration nord américaine. Et pour celles qui sont « limites » (par exemple la grande majorité des fonctionnaires, dont les enseignants), il faudrait sacrifier leurs intérêts immédiats à ceux de leurs enfants. Et dans ce cas, majoritairement, on sacrifie ses enfants.

  4. Excellent analyse ! Par contre je suis curieux des commentaires de gens se réclamant des idées d’ Etienne tout en étant pro-Europe. Il serait temps de comprendre que changer l’Europe de l’intérieur est impossible. La seule solution est d’en sortir.

  5. Je pense que sortir de l’Europe est une vraie bonne idée, traduisant un bon en avant symbolique qui va insuffler un élan dans tout le cadre géopolitique global actuellement sclérosé ainsi que dans notre manière très technophile de croire que le progrès sera toujours là pour nous sauver de tout.

    Le cadre de l’Europe est la vocation d’un empire vassal a celui des US, l’Europe incarne cela de la façon la plus nocive possible. Sans l’Europe nous retrouvons tout ce que nous avons perdu, alors allons-y sans crainte ! il restera un monde amputé de cette idée nauséabonde du progrès perpétuel, qui soit disant nous libérerais de tout nos maux alors que c’est totalement faux, le progrès n’a rien a voir dans une équation ou c’est la limitation des ressources énergétique qui détermine tout, y compris le progrès.

    Si l’on continue sur cette trajectoire la BCE avec Draghi va appliquer les méthodes US consistant à racheter la dette, à la monétiser. Nous allons vers une destruction complete de la valeur de nos monnaie, qui ne durera pas très longtemps, éventuellement encore une petite année avant le grand saut dans l’inconnue ou dans une recession à la Japonaise prêt à durer 20 ans .

    Sortir de l’Europe c’est éviter une fin telle que l’empire Romain en a connu. C’est de nouveau avoir un monde avec un gouvernail. Le problème de la demande effective n’est pas de garder ou non l’Europe, non, il est dans la fin des ressources , de toutes les ressources.

    Garder l’Europe ne changera rien à la limitation des ressources et au fait que l’Europe en possède peu , maintenant qu’elle a extrait toutes celles qui étaient facilement extractibles.

    La moyenne d’age du continent Européen tourne autour de 40 ans, ce n’est pas en Europe que le monde va se refaire donc laissez les futurs retraités entre eux et arrêter de les forcer à s’intégrer avec des populations qu’ils ne connaissent pas , dont ils ne parlent pas la langue et qu’ils ne veulent pas.

    On se moque des USA et à raison car ce pays est en voie d’effondrement , il font toutes les choses qui ne sont pas à faire pour leur futur.

  6. Tant qu’on ne comprendra pas que le marché libre est la forme la plus aboutie de démocratie, alors les puissants auront de beaux jours devants eux.

    Le pouvoir se sert :
    -- de l’absence de liberté monétaire pour enrichir les banquiers et les ultra riches par la planche à billets et les réserves fractionnaires
    -- de l’absence de liberté foncière pour enrichir les propriétaires terriens
    -- de l’absence de liberté du travail pour diviser le peuple en lui faisant croire à une lutte des classes, la caste énarchique pouvant continuer de régner en maître en s’attribuant des postes de hauts fonctionnaires très bien payés sur notre dos, pour nous commander !
    -- etc.

    A lire absolument : http://www.twitlonger.com/show/n_1rk4546

  7. Lisztfr, sortir de l’Union européenne ne consiste pas à sortir de l’Europe. Comment la France, qui est un pays européen, pourrait-elle sortir de l’Europe !? Vous n’avez pas compris que l’UE est une création de l’empire américain qui n’a pour but que de vassaliser et d’opprimer les peuples européens. Il faut donc que les Etats européens recouvrent leur souveraineté afin de pouvoir coopérer entre eux sur des bases justes, c’est-à-dire des bases qui auront été définies et approuvées par les différents peuples européens. L’Europe des peuples européens, la véritable Europe politique, existera alors vraiment. L’U.E., elle, est l’Europe des oligarques européens (il y a beaucoup de pédocriminels parmi eux) qui, bien sûr, méprisent les peuples européens.

    Aurélien Bernier dit qu’il faut que la gauche redonne le pouvoir au peuple : j’espère qu’il a compris que cette affirmation implique la dissolution de tous les partis politiques, car les élus de ces derniers volent la souveraineté des citoyens (qui ne mériteront ce qualificatif que lorsqu’ils seront souverains).

  8. Ping : Extreme Gauche | Pearltrees

  9. Ceux qui résument le choix politique à droite ou gauche, piègent leurs lecteurs, cela les conduit jusqu’à l’absurdité du vote utile l
    Résultat une bonne idée de droite sera méprisée par la gauche et inversement.
    C’est exactement le principe mafieux qui exige des hommes d’être pour eux ou contre eux, choix qui impose de fait l’existence de la mafia comme une fatalité.
    Face à l‘Europe, les citoyens se trouvent obligé de dire je suis pour ou je suis contre, même si entre ces deux choix, il existe milles possibilités différentes, cette dichotomie les efface du paysage.
    Nos dirigeants ont bien compris qu’en simplifiant ils évitaient les critiques, sous entendant en plus qu’eux seuls seraient compétents et que nous autres bêtes citoyens, devrions quand même faire leur faire confiance. C’est vrai, puisqu’ils ont réussi dans la vie cela prouve leur haute intelligence ! Comme si un grand escroc ne réussissait pas lui aussi dans la vie !
    Non les choix ne sont pas si sommaires : droite ou gauche, Europe ou nationalismes, mais c’est vrai que de réfléchir un peu plus loin que le bout du nez des médias, cela demande des efforts !
    Alors à vous de choisir, soit adhérer bêtement à l’idée toute prémâchée du camp que vous préférez, soit vous donner la liberté de réfléchir à votre propre façon de voir.

    Au fait si nous avons des idées différentes ou même opposées et que nous souhaitons vivre quand même ensemble sans trop de conflits, avec un tant soit peu de sérénité, alors nous devons apprendre à nous écouter et à débattre, nous donner des règles entre nous, neutres, indépendantes des idées partisanes, cela s’appelle la laïcité, indépendance des lois et des dogmes (religieux ou économiques) et l’écriture de ces lois par les citoyens est un processus constituant.
    L’Europe (ou plus: monde, ou moins: états) doit être avant tout « constituée » par les citoyens, pas instituée par une constitution écrite par une compétence aussi honnête soit-elle.
    Pour commencer pas besoin de chef, juste besoin de s’écouter et réfléchir ensemble aux façons de débattre.
    (Rédigeons un mode d’emploi de la démocratie, projet de rencontre le 17 mai à Marseille…)

  10. attaquons tout de suite la constitution européenne, comme modèle de la constitution mondiale, y’a du boulot !

  11. Poussive et laborieuse mise au point ! Je ne vois guère ce qu’elle a d’incroyable : elle n’est rien d’autre que banale — à grands coups d’enfonçage de portes ouvertes. Ce mec débarque totalement. Bienvenue sur Terre, bonhomme !

    Semblable constat a déjà été établi, et autrement mieux que ça, par Alain de Benoist, depuis les années 1990 (trahison de la gauche, pensée unique et alignement des programmes sur la ligne imposée par Bruxelles, stupidité et péremption du clivage droite-gauche, etc.). Voir en particulier son solide recueil « Critiques -- Théoriques », paru en 2003 à L’Âge d’homme.
    Et je n’ose même pas renvoyer à ce que Soral a pu balancer sur cette pauvre loche de Merluchon. Le Front de gauche est lui aussi condamné par principe au larbinat et au putanat. (Je m’empresse d’ajouter que je chie par ailleurs sur Soral pour son soutien grotesque et moralement abject à Marine Le Pen au nom de sa petite boutique E & R.)

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