Entretien au calme (à la maison) avec « La Mutinerie »

Toutes les parties interactives (forum, blog et wiki) de mon site Free sont en panne depuis deux jours. Je suis donc conduit à accélérer la transition vers une nouvelle technologie de blog.

Pour ce premier billet de ce nouveau blog, je vous propose cet entretien avec deux jeunes gens de « La Mutinerie », à la maison, le 14 février 2014 :

Processus constituant, émancipation, vergogne, « extrême droite » (expression importante et dévoyée)…
Je radote, pardon.
(En plus, je suis crevé, là.)
Mais bon, il y a peut-être un gentil virus qui va extraire un passage, meilleur que le reste, capable de contaminer à toute vitesse (réveiller les marmottes dans le dortoir 🙂 ) Essayer, essayer, et essayer encore…
Étienne.

PS : dès que la BDD Free sera réparée (si elle l’est), je mettrai des liens vers l’ancien blog et l’ancien forum dans le nouveau blog .

PPS : tout est nouveau pour moi, avec WordPress, et je n’ai pas vraiment le temps de m’y mettre comme il faut tout de suite.
Avec les réglages standard, on dirait que la première de vos participations est modérée (ce qui nous protège pas mal des robots, sans doute), mais une fois validé, vous pouvez publier librement d’autres commentaires (non modérés donc).

22 réponses à “Entretien au calme (à la maison) avec « La Mutinerie »

  1. Cher Étienne ,
    Je suis vraiment impressionné par tous les efforts que tu fais pour faire avancer cette généreuse idée qui est celle de la Constitution Citoyenne . Je viens de lire cette sentence et je trouve qu’elle peut trouver une résonance en ce qui concerne ce que tu fais :
    Un citoyen qui veut faire quelque chose a contre lui ceux qui veulent l’empêcher de la faire , ceux qui veulent faire la même chose , ceux qui veulent faire l’inverse et ceux qui ne font rien !
    Que cela ne t’empêche pas de continuer ! Bon vent !

  2. Salut Etienne, bon courage pour les transferts !

  3. Bonsoir Etienne,
    L’aspect du blog est très agréable ! L’essentiel est de vous retrouver (en ligne surtout pour moi !).
    Merci de votre persévérance pour nous faire grandir, et devenir de vrai citoyen 😉
    Bon courage pour le nouveau système.

  4. Bonsoir Etienne:-)
    Merci pour le nouveau blog
    et bon courage pour le transfert
    Bien amicalement

  5. Salut Étienne,
    Je partage l’avis de Carole, ce site est plus agréable à lire.
    Le format de la photo de l’amphi est terrible !
    Une renaissance tel un phœnix 🙂
    Beau boulot !
    @ ++

    Comprenons-le, diffusons-le, reprenons le pouvoir
    Le message.org

  6. Bonjour Étienne,
    Depuis pas mal de temps je visionne vos vidéos et je m’interroge vraiment sur la nécessité d’écrire nous même la constitution; je m’explique:
    si nous réussissons à écrire nous même des articles et cela demande pas mal de travail et de réflexion, ne faut -il pas remettre en question les traités d’abord car ces derniers ont été placés au dessus de notre constitution donc notre impuissance ne réside t-elle pas dans ces traités qui nous enchaîne?

    Amicalement
    Ghislaine

  7. Bonjour Etienne,
    Content de pouvoir vous relire. Le nouveau blog semble très convivial.

    Globalement d’accord avec ce que vous dites dans la vidéo. J’ai bien aimé votre réflexion sur la vergogne qui me semble très juste.

    Parmi les gens qualifiés d’extrême-droite, vous avez oublié de citer ceux qui sont contre l’euro, et ceux qui sont pour la liberté d’expression … 🙂

    Il y a juste un point que vous aviez déjà abordé mais que je n’étais pas sûr d’avoir bien compris, et qui me semble une monstrueuse aporie (j’aime bien ce mot). Ici vous êtes plus explicite qu’auparavant. C’est à 8 :14 :

    « Vous pouvez contrôler les tirés au sort. Si vous les contrôlez en permanence. Avec la possibilité de les révoquer. Quand vous vous apercevez que vous n’êtes pas contents de la façon dont ils se comportent, vous pouvez les révoquer à tout moment. »

    Des tirés au sort que l’on pourrait révoquer !? Ne voyez-vous pas que cela détruit tout l’intérêt du système du tirage au sort. Soit une assemblée tirée au sort, par exemple la Constituante. Si après le tirage au sort, en cours de délibération, le peuple peut en faire exclure tel ou tel, cela revient exactement à un processus électoral, mais inversé. Les mêmes déviances du système actuel vont réapparaître. Ce seront les lobbies qui ont le plus de moyens financiers qui feront campagne pour faire exclure tel ou tel dont les positions prises en cours de débat leur déplaisent. On aura une Constituante épurée de ses éléments non-conformes au système, et qui fera une constitution qui ne gênera pas les plus puissants. Par exemple, il y aura une campagne médiatique pour montrer qu’une telle a posé avec un tee-shirt de la Waffen-SS, ou un tel avec une kalachnikov, ou que telle autre est une actrice porno, etc (toutes choses vues très récemment).
    Pour avoir une assemblée réellement représentative, elle ne peut être qu’issue d’un tirage au sort non modifié a posteriori.
    Ce qui est possible, pour qu’il n’y ait pas de biais lié aux idées que pourraient avancer les membres en cours de délibération, c’est de définir des critères d’exclusion a priori : soit à l’étape de la sélection (ne pourraient pas siéger par exemple les personnes ayant un casier judiciaire), soit en lien avec le comportement en cours de délibération (par exemple seraient exclus les membres ayant touché une somme d’argent de la part d’un entreprise pendant l’exercice du mandat).

    Bien à vous.
    Ronald

    • Merci Ronald, c’est intéressant, cette objection.
      Pas rédhibitoire, j’espère, parce que la crainte d’être révoqué est sûrement une motivation de nature à conduire les acteurs à la vertu, et donc on aurait donc du mal à s’en passer.
      Peut-être pas si sûrement que ça, pensez-vous ? C’est possible, effectivement. (Je pense au livre de Christian Morel, « les décisions absurdes », où l’on s’aperçoit que la peur d’être puni fait parfois prendre les pires décisions, et donc qu’une bonne institution peut être celle qui ne punit pas l’erreur… Passionnant.)
      C’est un vrai sujet de conversation, ça 🙂
      Merci d’être toujours là.
      Étienne.

  8. Sur la peur d’être révoqué.
    Tant que la presse appartient aux banques et aux marchands de canon, les citoyens honnêtes ne devront ils pas aussi craindre d’être révoqués ?
    Pour paraphraser Tocqueville : « Les citoyens révoqueront ceux qu’on leur dira de révoquer ».
    C’est le serpent qui se mord la queue, et il y en aura beaucoup des comme ça.
    Wikicrate

  9. Bonsoir Étienne et tout le monde.

    Un comportement vertueux n’est pas produit par la contrainte ou la menace, en effet. Il est produit par le désir ou la volonté d’être vertueux… Ou par la confiance que l’on place en vous. Je vais y revenir. Mais il y a aussi, à un autre niveau, l’information. On parle souvent d’éduquer ou d’instruire les citoyens (ce qui me fait demander : qui va éduquer les éducateurs ?), mais les quelques expériences récentes de démocratie authentique dont nous disposons montrent le rôle primordial d’une information adéquate et appropriée, dans l’avènement d’une vraie conscience citoyenne et d’une meilleure efficacité décisionnaire (d’une meilleure qualité de décision). (La prise de décision, si l’on suit un Julien Freund, étant l’acte politique par excellence. On parle en général de « décideurs » politiques ou économiques.)
    Je cite un extrait, assorti de quelques commentaires, du stimulant essai de David van Reybrouck « Contre les élections » (Babel, 2014) :

    « En août 1988, la revue « The Atlantic Monthly » publia un curieux article d’un certain James Fishkin [qui] a beaucoup surpris. […] Fishkin proposait […] de réunir pendant deux semaines 1500 citoyens [tirés au sort et indemnisés], et tous les candidats aux élections présidentielles […]. Les citoyens écouteraient les candidats leur présenter leurs projets et se concerteraient. Il serait possible de suivre leurs délibérations à la télévision, pour que d’autres citoyens puissent aussi faire des choix plus motivés. Fishkin reprenait sciemment deux aspects de la démocratie athénienne : les participants seraient tirés au sort et ils recevraient une indemnisation, pour garantir une diversité maximale. La répartition égale des chances politiques : l’idéal athénien renaissait de ses cendres.
    Le terme  »démocratie délibérative » était né […] une forme de démocratie au sein de laquelle les délibérations collectives occupent une place centrale et les participants formulent, en se fondant sur des informations et des argumentations, des solutions rationnelles, concrètes, pour relever les défis sociaux qui se posent. […] Fishkin le dit lui-même : « Cette association de l’égalité politique et de la délibération remonte à l’ancienne Athènes, où un microcosme délibératif de plusieurs centaines de personnes, tirées au sort, parvenait à des décisions cruciales ». »
    Après quelques essais à petite échelle en Angleterre, Fishkin put réunir 600 personnes du 18 au 21 janvier 1996 à Austin, au Texas, pour sa première National Issues Convention. Il avait reçu le soutien d’American Airlines, de Southwestern Bell, de la ville d’Austin et de la chaîne publique PBS pour un total de 4 millions de dollars. PBS retransmettait les délibérations pendant 4 heures par jour. « Malgré ce précieux soutien, poursuit Reybrouck, Fishkin fut confronté à une vive opposition. Plusieurs faiseurs d’opinion éreintèrent la proposition. Avant même que l’événement ait commencé, partout aux États-Unis des journalistes reçurent des exemplaires du magazine « Public Perspective », qui lançait une mise en garde contre l’initiative. Des citoyens qui se mettaient à délibérer ensemble ? Impossible, ou du moins pas souhaitable, et en tout cas : dangereux.
    James Fishkin ne perdit pas espoir. Le scientifique qu’il était avait envie de découvrir à quoi pouvait mener une telle concertation populaire. Il fit remplir aux participants des questionnaires – avant, pendant et après les délibérations – pour observer l’évolution de leurs points de vue. Les participants reçurent avant de commencer des dossiers contenant des informations factuelles et eurent la possibilité de discuter avec des spécialistes. Cela pouvait-il influencer leurs opinions ? Les observateurs furent en tout cas impressionnés par « le grand dévouement, le respect mutuel et le sens de l’humour de la plupart des participants, qui permirent d’instaurer une atmosphère collective tolérant des opinions divergentes ».
    Les conclusions des sondages objectifs furent elles aussi stupéfiantes : la différence entre « avant » et « après » se révéla très frappante. Le processus de délibération avait rendu les citoyens nettement plus compétents, ils avaient affiné leurs jugements politiques, appris à adapter leurs opinions et s’étaient sensibilisés à la complexité de la prise de décisions politiques. Pour la première fois, il était scientifiquement démontré que des personnes ordinaires pouvaient devenir des citoyens compétents, si on leur donnait les moyens. » Et ça, je trouve ça absolument énorme, voire fondateur. Les moyens (le temps, la rémunération, les infos) et la confiance : voilà peut-être comment donner envie aux individus d’être vertueux, intègres, efficaces.
    Fishkin a déclaré par ailleurs : « Il s’agit de constituer aléatoirement un échantillon national représentatif de l’électorat, puis de le réunir en un seul et même lieu. Les individus composant cet échantillon sont ensuite abondamment informés sur le problème en débat. Il est important que cette information soit objective et équilibrée, de même qu’elle doit comprendre des phases intensives de discussion en face à face, par petits groupes, lesquels fourniront les questions soumises au débat contradictoire d’experts et de politiques. Finalement, une telle enquête prend la forme d’une consultation publique qui satisfait deux valeurs démocratiques fondamentales, la représentativité et la délibération des assemblées. » Sans oublier l’égale participation de tous à la délibération publique, via le tirage au sort.

    Outre l’importance de l’information (pas de bonne décision sans bonnes infos), il me semble que le caractère vertueux des citoyens (l’étude citée par Reybrouck a même parlé de dévouement : le terme est fort) peut donc être suscité, favorisé, entretenu par le simple fait qu’une mission d’intérêt public leur est confiée. Ce respect, cette confiance leur font honneur, ce qui les incite à la vertu, pour honorer cette confiance à leur tour et se montrer à la hauteur, se montrer dignes du rôle qui leur est attribué. Cela me paraît pertinent et stimulant. Et cela me semble apporter un peu d’eau au moulin de Florence Gauthier avec son histoire de fidéicommis.

    (J’en profite pour préciser vite fait, à propos de Gauthier, qu’elle se trompe, lors de son débat avec toi, Étienne, au Cercle des volontaires en octobre dernier, quand elle soutient aussi péremptoirement qu’abusivement que le terme  »démocratie » n’a été appliqué au régime représentatif électif qu’à partir de la III° République. C’est faux : selon Reybrouck, c’est le célèbre « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville, best-seller des années 1830, qui a créé cette confusion erronée, cet amalgame abusif entre démocratie et régime représentatif électif. Confusion et amalgame perpétués par la Constitution belge de 1831, escroquerie libérale à la sauce girondine et thermidorienne de 1795, qui a fait école dans toute l’Europe tout au long du XIX° siècle.)

  10. Salut Étienne, salut à vous,

    encore absent, bien désolé… (les travaux avancent et le petits vont bien…)

    Merci à Alexandre pour le rappel historique, notamment celui du dernier paragraphe.

    Quelques remarques suite à l’objection de Ronald.

    1. Le propre du tiré au sort, c’est qu’il est assuré de bien vite retourner au rang de gouverné quoiqu’il advienne. Et surtout pas d’être ré-élu si les médias font croire qu’il a bien gouverné ou qu’il a fait moins mal que les autres. C’est cette condition et elle seule, disait déjà Aristote, qui peut assurer que les gouvernants représentent le peuple au sens d’être représentatifs du peuple. Le seul substitut à l’impossible démocratie directe intégrale, et le mandat court forcément non-renouvelable.

    Ronald, n’a peut-être pas pensé que, dans le schéma en question, les remplaçants des éventuels révoqués seraient eux aussi tirés au sort. Ce qui devrait déjà suffire à décourager les campagnes des oligarques et la dérive ramenant au système électif (qui devient vite, inévitablement, « l’aristorcratie des pires », « la noblesse qui désoblige »…).

    Ronald a pris le cas de la constituante. Autrement dit, il suggère que la campagne des oligarques aurait pour but de tuer dans l’œuf le projet d’instaurer le tirage au sort. Certes, mais séparons les questions.

    2. Justement, le problème, la plupart du temps, avec ces discussions sur le tirage au sort (comme sur un tas d’autres sujet) c’est qu’on ne précise pas assez le contexte et la portée.

    Or le tirage au sort élimine toute idée de sanction politique : soit le magistrat tiré au sort est l’exécutant de décisions politiques prises par d’autre, soit il est un membre d’une assemblée qui légifère et dans ce cas il n’obéit à aucun mandat politique (argument phare des défenseurs du système électifs, qui n’ont pas compris que la notion de mandat politique est déjà une farce). Donc il ne peut s’agir de démettre un tiré au sort que pour corruption ou bien pour non respect d’un mandat exécutif.

    Par contre il peut arriver que l’assemblée fasse une loi contraire à la constitution, dans le résultat ou dans la procédure. Que fait-on dans ce cas ? On peut se contenter de la faire annuler ou on cherche à sanctionner aussi l’abus, par exemple s’il est jugé particulièrement grave ? Qui juge-t-on alors ? Par exemple, dans le système athénien antique, pour faire simple, celui qui s’exposait était celui qui prenait l’initiative. Si on juge l’initiateur ou si on juge ceux qui l’ont soutenu l’initiative, c’est très différent dans la portée. En tous cas, il faut préciser un minimum de quoi on parle.

    3. De toutes manières, la petite obsession d’Étienne s’agissant de révoquer les tirés au sort me paraît un peu superflue — commençons déjà par espérer qu’ils adviennent…

    D’abord, la corruption au sens courant commence par la corruption de l’esprit, elle implique de se sentir supérieur, intouchable, et cette tournure d’esprit est celle de celui qui s’est intégrée un minimum dans une clique déjà copieusement corrompue. La condition des tirés au sort fera que, dans leur esprit du moins, ils auront peu à gagner et plus à perdre. Il faut soit du temps soit un concentré de pouvoir pour faire un pourri. Si les tirés au sort exercent de manière collégiale, ils couteront trop cher à acheter pour des retombées directes.

    Ensuite, la corruption n’ira pas bien loin avec des « élus » qui ne restent que peu de temps et ne font pas carrière en troupeau, car elle est le plus souvent une affaire de long terme. Dans « nos assemblées » actuelles de gros notables pantouflards, il y a assurément plein de « corrompus de longue haleine », mais c’est justement parce qu’ils ont un plan de carrière de gros notables pantouflards. La corruption suppose un plan de carrière pour le gouvernant et, pour l’entreprise qui corrompt, l’espérance d’amortir, ce qui implique de compter sur le temps de placer des pions, de voir se constituer des réseaux d’influence (si une fois le forfait accompli plus personne n’est là pour le couvrir, ce n’est pas terrible, et cette position de couverture revient naturellement aux corrompus suivants) — je suis entrain de finir de lire L’histoire secrète du patronat, mazette…

    Enfin, l’omerta autour de la corruption suppose un donnant-donnant : si un réseau de grandes entreprises fait réélire sans cesse les mêmes pourris (qui défendront la non-indépendance des juges et encourageront leur corruption), c’est d’abord parce qu’étant déjà corrompus ils feront tout pour couvrir le réseau. Bref, on ne bâtit pas un réseau africain de traffic d’armes et de pétrole avec trois tirés au sort de passage, pour la simple raison qu’on ne fait pas de gros investissements sans un minimum d’assurance de retombées à long terme et d’impunité à long terme.

    Bises,
    à+

  11. NOUVEAU BLOG

    Ce nouveau blog sera forcément intéressant, puisque ça restera le blog d’Étienne Chouard.

    Pourtant je dois dire mon regret qu’Étienne n’ait pas plutôt décidé de remanier l’ancien forum Forum du Plan C (qui d’ailleurs fonctionne encore) : même en mal de réorganisation, il pemet(tait) à tout le moins quelques discussions et réflexions suivies.

    Hélas ! ce ne sera pas le cas du nouveau blog (celui-ci) : dans sa conception actuelle, je n’y vois qu’un « Agoravox » comme il y en a tant. désormais.

    Pour tout dire, je crains que nous tombions dans des bavardages aussi décousus qu’inutiles, alors qu’un forum bien charpenté dans le genre du Forum du Plan C pouvait amener (si Étienne s’y décidait) à des initiatives citoyennesInternet vraiment concrètes.

    Malgré tout, je souhaite bonne chance à Étienne et au nouveau blog (en espérant m’être trompé).

    Cordialement à tous.

    Jacques Roman (http:www.1789plus.org)

  12. Cher Etienne,

    je viens de visionner votre interview faite par « La mutinerie ». J’aime bcp ce que vous faites. C’est avec bcp d’humilité et de bienveillance que je vous écris ce message. Peut-être y trouverez vous de nouvelles pistes de réflexion.

    Vergogne

    Vous semblez accrocher sur le concept de « vergogne ». Je vois la vergogne non pas comme un point de départ ou un socle de construction, mais une conséquence de la construction humaine. C’est peut-être pour cela que la vergogne ne fonctionne pas dans votre optique.

    Lorsque l’Autre vous félicite, bien entendu c’est une source immense d’énergie, sous forme de reconnaissance. Nous en avons tous besoin. Lorsque l’Autre vous blâme, cela vous interroge. « Peut-être ce que je fais n’est pas si bien, peut-être suis-je en erreur ». Cela vous renvoie à l’enfance, le regard amoureux d’un parent lorsque vous faites bien, le « non! » lorsqu’il y a danger ou erreur. Le comportement que vous décrivez n’est en rien lié à une vergogne prise comme un concept universellement partagé, mais à votre éducation et votre construction personnelle.

    Vous avez probablement à la fois une très bonne éducation et une très belle construction personnelle qui vous permettent d’avoir conscience de vous-même et de ce qui vous entoure. Votre prisme sur la vie est bien plus clairvoyant que la normale. Tout cela n’est en rien lié au regard des autres, car c’est en vous. Vous et votre environnement personnel ont permis votre réalisation et cette prise de conscience. Vous prenez donc le positif du regard de l’autre mais lorsque l’autre est en désaccord, même si c’est un très bon ami comme vous dites, alors vous restez fidèle à votre jugement personnel. Vous faites confiance à vos intuitions, à une connexion interne, à vous et contre tous.

    Prenons une personne des cités, qui ne sait à peine lire et écrire, sans éducation, qq mots pour exprimer ses émotions, laissé pour compte, sans amour, sans foyer, etc… Pensez-vous que sa réaction à la vergogne sera du même ordre que la votre ? (je ne porte aucun jugement de valeur ici, simplement comme en math c’est l’étude des points singuliers/extrêmes qui est intéressant). Prenons une personne névrosée, il est tout à fait possible que la honte pour l’un soit une source de motivation forte pour elle. Comme vous le citez, la vergogne ne fonctionne plus avec la foule. « La foule est bête » nous le savons tous. Elle permet de faire remonter et de valider ses instincts les plus bas. A contrario, nous pouvons surement trouver des exemples ou lorsque la masse est contre une personne, elle se retrouve cristallisée et des merveilles peuvent sortir.

    Je ne crois pas à mon humble sens, que la vergogne soit une source universellement partagée et un principe de construction.

    Je crois au contraire à la conscience de soi et par contre coup des autres et du monde. Être en phase avec soi-même.

    D’ailleurs pourquoi tous ces aspects de développement personnel ne sont strictement pas étudiés à l’école ?

    Changer le système

    Il est étonnant et aussi cohérent que nos maladies évoluent en phase avec nos sociétés. Nous ne mourrons plus des grandes maladies issues d’éléments extérieurs pathogènes (Peste, Choléra, …), mais de maladies systémiques ou de problèmes qui sont en nous, qui s’attaquent directement au système de défense, de l’intérieur (Cancer, Sida, alcool, suicide…). De même nos sociétés n’ont a priori plus à faire face à de grands dictateurs qui vont attaquer frontalement un pays, mais le système est attaqué de l’intérieur par le terrorisme, des révélations comme l’affaire Snowden ou la technologie comme les réseaux sociaux. Dans les 2 cas (maladie, société), le système a appris avec le temps à se défendre d’attaques individuelles ou groupées. Attaquer frontalement le système, comme vous dites, est voué à l’échec.

    Tout passe je pense par des prises de conscience, très intimes. Le capitalisme et les marchés sont très fragiles lorsque l’on y regarde de plus près. Prenons la méga compagnie Coca-Cola. Il suffirait de ne plus consommer de Coca pour que cette entreprise disparaisse et très vite. C’est idiot à dire, mais si du jour au lendemain plus personne ne consomme du Coca, en 1 mois la société disparait. Et il en est de même pour toute entreprise.

    Plutôt que de regarder le méchant, il faut peut-être s’interroger sur pourquoi nous voulons et pourquoi nous acceptons le méchant ? J’ai toujours perçu la société comme un organisme vivant, cela s’inscrit dans l’évolution et la construction de l’univers, ou toute entité simple se regroupe et forme un organisme supérieur. Cela prend du temps, mais c’est inéluctable, nous sommes des cellules à une autre échelle. Sous cet angle, une personne qui a des phobies par exemple, accepte ses phobies. Elle en souffre, elle les génère et ne regarde que cela. Tant qu’il n’y a pas prise de conscience du mal, pourquoi, comment, impossible de s’en libérer. C’est je pense la même chose pour notre société d’hyper consommation. Tant que l’organisme « société » n’aura pas pris conscience intimement de ses travers, rien ne changera bien au contraire, le mal s’installe toujours plus profond, tout comme une névrose individuel s’enracine chez une personne.

    La solution est probablement en nous. Je suis d’accord avec vous. 🙂

    Merci pour votre action et votre temps.

    Cordialement,
    Laurent

  13. PORTÉE DU TIRAGE AU SORT

    Ce serait intéressant qu’Étienne réponde à la question formulée par bernarddo sur le Forum du Plan C (http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=27558#p27558) :

    « Quand [Étienne] parle de décideurs (ceux qui disposent d’une « charge » individuelle, et qui doivent faire l’objet des mesures de contrôle et protection incluant l’ostracisme…), inclut-il les représentants législatifs dans cette population, ce qui reviendrait effectivement à les exclure du TAS ? Et si cela était le cas, en quoi le cadre législatif diffèrerait-t-il du cadre constitutionnel et passerait du côté de l’exécutif ? »

    Pour moi, les décideurs sont tous sont qui prennent des décisions engageant les citoyens : soit les législateurs (constitutionnels ou ordinaires), les gouvernants (ministres), les juges, et plus largement tous les fonctionnaires d’autorité.

    Tous ceux-là (notamment les députés) doivent à mon avis être exclus du tirage au sort pour être soumis uniquement à une procédure d’élection (législateurs), ou bien de nomination légale par les organismes constitutionnels compétents (gouvernants, juges et fonctionnaires d »autorité). (Par contre, les membre d’une assemblée constitutionnelle ne seraient pas des décideurs au sens envisagé ici si leur projet devait être soumis au référendum, étant donné qu’ils ne prendraient pas de décision engageant les citoyens ; il n’y aurait donc pas d’objection de principe à ce qu »ils soient tirés au sort.)

    Si j’ai bien compris Étienne dans sa réponse à Jacques Attali sur ce point, il partage ce point de vue, du moins en ce qui concerne les députés. Cependant, tout le monde (ici et sur le Forum du Plan C) n’interprète pas la position d’Étienne de la même manière.

    Lever l’ambigüité sur ce point est d’une importance capitale si l’on veut réunir le plus de monde possible autour des grandes composantes d’une vraie réforme démocratique. JR

  14. PS: L’échange Étiuenne/Jacques Attali se trouve à 4:40 sur

    http://www.youtube.com/watch?v=xOo0cUv0iXo#t=30

    JR

    • autre vidéo supprimée… merci le service public ! ça me fait penser aux Maigret version Cremer (Bruno) en ligne il y a encore un an et désormais indisponibles, la part du service public comme privatisée par je ne sais plus trop quelle part capitalistique, Lagardère ou je ne sais plus trop qui !

  15. Expérience faite, ma participation à ce blog ne me paraît pas utile. Je m’abstiendrai d’y contribuer désormais.

    Bonne continuation ! JR

    • Qui sait, peut-être les bords tranquilles de la courbe de Gauss servent-ils d’étais aux élans du centre.

    • J’aurais préféré qui tu te doutes… le SANDY y commence vraiment à me pomper grave et je sais que je ne suis pas le seul : quand est-ce qu’on fait quelque chose ?…

      • « J’aurais préféré qui tu te doutes »… en fait (comme on dit tant de nos jours), j’ai pris et confondu JACQUES ROMAN avec J-STEPHANE ^^ désolé pour le premier mais les ornières, c’est autant pour les bêtes de somme que pour les coincés de la doxa, qui plus est, communautariste ! lol

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *