Archives mensuelles : mars 2014

FAUT-IL UN « CHEF » DANS UNE DÉMOCRATIE ?

Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152432404317317

À Saillans, les 1 199 habitants ont tous été élus au premier tour !

Ah ! Quelle histoire formidable, vous allez voir !
Les gentils virus vont sûrement savourer ce reportage épatant d’Émilie Brouze.
Merci à Rue89 de nous avoir rapporté cette trouvaille.
Je suis sur le chemin de retour de Paris. Bientôt, je vous raconterai les ateliers constituants que nous venons de vivre, à Fontenay-sous-Bois et à Nanterre. C’est de plus en plus jubilatoire. C’est fou ce que le niveau monte. Il se passe quelque chose d’important, je crois.
Déjà hâte de vous revoir.
Étienne.
Voici l’histoire exemplaire de Saillans (Source Rue89) :

Ils en avaient assez que le maire sortant décide seul : les habitants de ce village de la Drôme ont travaillé pendant des mois à une liste collégiale, et vécu une belle expérience de démocratie participative.

(De Saillans, Drôme) Que ceux qui ne croient plus à la politique aillent donc passer quelques jours dans ce petit coin au sud du Vercors. Ce qui s’y est passé ces derniers mois pourrait bien les faire changer d’avis. Joachim Hirschler, l’un des nouveaux élus de Saillans, rapporte avec délice la remarque d’une habitante :

« C’est magnifique : c’est la première fois que je vote avec le sourire. »


Le pont de Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

 

Dans ce village de la Drôme, les municipales ont brassé une énergie formidable.

Face au maire sortant, quelques habitants ont lancé l’idée d’une « liste collégiale ». Avec l’envie de changer les choses, de ne pas voter « par dépit », ils se sont lancés dans une nouvelle manière de gérer leur commune, en sollicitant tous leurs voisins.

Une « démocratie participative » pour laquelle ils ont renversé l’organisation pyramidale de la mairie.

Hop, voilà les 1 199 habitants au sommet. Par petits groupes, ils ont imaginé ensemble des dizaines de projets et jusqu’à 250 personnes se sont réunies lors des réunions publiques – soit presque le quart de la population !

Ces deux derniers mois, on ne parlait plus que de politique, au village. Joachim Hirschler :

« A la fin on n’en pouvait plus, il fallait vraiment faire ces élections. »

La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

 

Réveil des consciences

Cris de joie à l’annonce des résultats dimanche dernier, dans une salle bondée : la liste collégiale remporte les élections au premier tour avec 56,8% des voix (pour 1 070 inscrits) et 110 bulletins d’écart avec la liste du maire sortant, qui conserve trois sièges.

L’annonce des résultats des élections :

Le soir même, les membres de la liste collégiale et ses sympathisants ont bu plus de Clairette de Die que prévu. Il ne reste que des bouteilles de jus de pomme qu’Annie Morin, la première adjointe, a mis de côté pour le conseil municipal du vendredi suivant. Le tout premier.

« Va falloir travailler ensemble, maintenant, pour l’intérêt commun ! », fait remarquer une vieille dame qui promène son caniche près du cimetière. « Les gens attendaient quelque chose de ces élections », sourit Sabine Girard, l’une des élues. Isabelle Raffner, sur la même liste, acquiesce :

« Qu’on gagne ou qu’on perde, il s’est passé un truc. Un réveil des consciences. Des rencontres, du partage. Quoi qu’il arrivait, ça allait changer. »

« Un village un peu rebelle »

A Saillans, la vie est habituellement aussi douce que les couleurs des maisons. Sur les façades, du saumon, de la menthe à l’eau ou des nuances de rose. La Drôme qui coule sous le pont de pierre à l’entrée du village est d’un bleu lagon, tout en transparence.


Deux façades à Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

 

Les habitants affirment qu’il y a dans ce village une énergie hors du commun. Une effervescence qui doit en partie expliquer ce qui s’est déroulé ces dernières semaines. Saillans a connu l’exode rural et ses maisons abandonnées, avant de voir sa population grossir depuis une dizaine d’années. Vincent Beillard, le nouveau maire, installé depuis 2005, fait partie de ces « néo ».

Le village foisonne aussi d’associations (une quarantaine, selon Annie Morin). Comme L’Oignon, lancé en 2011, qui propose des soirées vinyles ou des cours de langues.Son local, sur la Grande rue, hébergeait autrefois un cercle républicain – L’Union. L’Oignon compte plus d’adhérents que d’habitants.

Confinés dans la vallée, les villageois assurent enfin qu’ils bénéficient d’un microclimat : quand ça souffle à Crest (la commune d’Hervé Mariton, réélu au premier tour), le mistral passe au-dessus des Saillansons.

« Le village est réputé pour être un peu rebelle », s’exalte Michel Gautheron.

« Il y a l’histoire de la supérette, de la carrière ou la fermeture de la gare – on s’était mis sur la voie pour arrêter les trains ! »

« Faut faire quelque chose ! »

L’aventure de « Autrement pour Saillans… tous ensemble » a démarré en juin autour d’un trio de villageois, Fernand Karagiannis, Annie Morin et André Oddon. Ils en avaient marre du coté « chef de village » du maire, François Pégon, qui prenaient des décisions sans consulter la population. Ils ont commencé à imaginer une démocratie participative.

Annie, ex-enseignante, raconte que le maire sortant était très attaché au mode électif :


Le « A » d’anarchie sous l’abri-bus (E.B./Rue89)

 

« J’ai dit “x fois” au maire que ça ne fonctionnait plus. De moins en moins de gens assistaient au conseil, les gens se désintéressaient. »

Dans le trio, André Oddon ne tenait pas en place : « Faut faire quelque chose ! »

Ils ont commencé à réfléchir à un projet de gestion municipale alternatif. Leur envie a commencé à s’ébruiter après les grandes vacances, par bouche à oreille.

Le supermarché, goutte d’eau de trop

Un événement a cristallisé le ras-le-bol, en 2010 : le projet d’une supérette qui devait être implantée à la sortie du village. Le maire n’a pas consulté les habitants pour cette décision importante : le supermarché, qui n’était pas accessible à pied depuis le centre, risquait d’affecter les petits commerces.

Un collectif, Pays de Saillans vivant, s’est mobilisé contre le projet, à grand renfort de pétitions, manifestations et courriers. Avec succès : le supermarché a été abandonné.

La bataille du supermarché a fourni l’énergie nécessaire aux débats sur la gestion de la commune : le succès des premières réunions publiques en a surpris plus d’un.

Au début, on ne parlait ni de liste, ni de programme. Il n’y avait, comme document de travail, qu’une feuille en papier pour que les intéressés puissent laisser leurs coordonnées.

Le 16 novembre, dans une salle polyvalente remplie (120 têtes, « un événement en soi »), les habitants ont été invités à parler de leur village – une sorte de diagnostic – avant d’avancer des idées.

Huit groupes de travail ont été constitués, encadrés par des animateurs : environnement, vivre ensemble, sport, jeunesse… Tristan Rechid, qui travaille dans un centre social, explique qu’ils ont utilisé les méthodes de l’éducation populaire, avec des gommettes et des post-it :

« On avait ce pari fou : bâtir un programme qui ne sortait pas de la tête d’un élu. On était en posture d’animateurs, à l’écoute, et trente projets ont été définis, initiés par des propositions d’habitants : de petites choses quotidiennes, de l’embellissement aux crottes de chien en passant par la redéfinition du stationnement. »

Pendant cette réunion, les habitants ont beaucoup parlé de lien social, d’écoute et de ce qu’ils pourraient faire pour décloisonner les générations et les groupes.

Les personnes âgées, par exemple, avaient envie d’être intégrées au projet de Maison de l’enfance et de la parentalité, issue de l’ancienne municipalité.


Les sympathisants de la liste collégiale, à Saillans, en février 2014 (Emmanuel Cappellin)

 

Les municipales, passage obligé

La liste de « Autrement pour Saillans » s’est constituée au début de l’année. Beaucoup d’associatifs et une majorité d’actifs, de 20 à 66 ans. Tout le monde est au même niveau : l’absence de hiérarchie se ressent au niveau de l’animation des réunions.

Ils n’ont jamais parlé de la « politique avec un grand P » et ignorent les penchants de leurs colistiers – le village vote plutôt à gauche. Ils disent se rassembler autour de valeurs communes, mises au propre dans une charte – on retrouve le dialogue, la transparence ou la protection de l’environnement.

« Ça m’a fait plaisir que de voir que des gens différents se retrouvaient ensemble, sans aucune cooptation », résume une élue, Dominique Balderanis.Pour choisir leur tête de liste, ils ont tranché selon les disponibilités de chacun. Tristan Rechid :

« On a essayé de tenir jusqu’au bout pour ne pas avoir une personne désignée. Il y avait “la liste de Pegon” [le maire sortant, ndlr] et “la liste collégiale”.

On a gagné sur ce point : on n’a pas voté pour une personne mais pour un projet. »

Conseil des sages

Durant les réunions publiques, les habitants ont également construit le schéma de fonctionnement de leur municipalité idéale.


Le schéma de fonctionnement « collégial et participatif »

 

« On est même allés jusqu’à se demander si on avait besoin d’un maire », précise Tristan Rechid. Les conseillers municipaux fonctionneront en binôme autour de sept compétences communales. Les indemnités leur seront équitablement réparties, en fonction du temps investi.

Que faire des trois élus de l’opposition ? « On va les intégrer dans notre fonctionnement, leur proposer de travailler selon nos méthodes », précise Vincent Beillard, le nouveau maire.

Une à deux fois par an, la population sera invitée à donner ses idées lors d’assemblées (les « commissions participatives » du schéma). Le reste de l’année, il y aura des petits comités sur des sujets précis, comme le choix du mobilier urbain ou la question des rythmes scolaires. Et s’il faudra trancher sur une chose importante, les élus aimeraient organiser des référendums.


Des chats se la coulent douce à Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

 

Sabine se souvient que les beaucoup d’habitants avaient critiqué l’abattage d’arbres centenaires, sous l’ancienne municipalité :

« Peut-être que ce choix était rationnel… Si on avait eu tous les éléments du dossiers, on serait peut-être arrivé au même résultat. On veut prendre des décisions qui paraissent justes. »

Dans ce schéma de fonctionnement, il y aussi un « conseil des sages » : neuf habitants, qui veilleront au respect de la politique participative et en seront les ambassadeurs.

Car les élus veulent partager leurs méthodes, « essaimer » dans d’autres communes.


Saillans et Les Trois becs, à l’horizon (Emilie Brouze/Rue89)

 

« Complètement utopiste »

« Quand je suis sortie de la première réunion, je me suis dit que c’était complétement utopiste, qu’on y arriverait jamais », se souvient Sabine Girard, une géographe de 36 ans, attablée à la terrasse du Café des sports.

L’élue continue :

« Je suis quand même revenue et je me suis laissée embarquer par l’énergie du groupe. »

Les plus vieux ont joué un rôle important, juge-t-elle, alors que sa propre génération y croyait mollement.

Toutes ces réunions, ces centaines d’e-mails, cette campagne… Ça n’a pas été « un long fleuve tranquille », raconte Annie.

« Il y avait beaucoup d’interrogations. Parfois, je rentrais et j’avais l’impression de ne pas avancer. Il y avait des frictions, du débat, on savait que ça allait être épuisant mais on est restés. »

Les participants parlent tous d’un mélange d’utopie et de rigueur, de rêve et de travail.


Les élus dans la salle du conseil, le 27 mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

 

« Arme de discussion massive »

Ce jeudi, le maire et sa première adjointe, fraîchement élus, s’arrêtent toutes les cinq minutes pour dire bonjour, serrer des mains, faire des bises. Vincent porte un T-shirt à message de circonstance : « arme de discussion massive », est-il indiqué sous un haut-parleur.

Plus loin, un homme les interpelle déjà car sa vigne vierge a été soit-disant arrachée par du personnel communal :

« C’est toujours mieux de le dire amicalement plutôt que d’envoyer une lettre avec des photos. »


Annie Morin et Vincent Beillard (Emilie Brouze/Rue89)

 

Les résultats du premier tour sont encore placardés sur la porte en bois de la mairie. Le premier magistrat n’a pas encore récupéré les clés de l’entrée mais les nouveaux élus utilisent une salle au premier étage, pour leur « réunion de pilotage » hebdomadaire, ouverte au public. La première des six ans de mandat.


Hollande caché derrière un buste dans la salle du conseil (Emilie Brouze/Rue89)

 

Comme ils se trouvent à côté de la salle du conseil, plusieurs élus vont jeter un œil. « Ils ont caché Hollande ! », rient-ils en pointant le portrait, posé au fond derrière un buste.

Le maire prend la parole et fait le point sur le pot offert aux employés municipaux ou les travaux de la grande rue.

Ils parlent aussi de l’intercommunalité : les élus ont rencontré plusieurs maires pour parler stratégie :

« C’est vrai que dès qu’on sort de Saillans, on est obligés de rentrer dans le jeu politique. »


Lors du comité de pilotage le 27 mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

 

A la fin, surprise : le maire reçoit un petit cadeau de ses colistiers qu’il déballe, amusé. Une paire de chaussettes.

« On en avait marre de voir les tiennes trouées. »

Pour Sabine Girard, le pire maintenant serait de décevoir les attentes. Ou s’enliser dans une machine ingouvernable.

Puisque les habitants les ont choisi, ils vont devoir travailler ensemble. Avec Olivier, le secrétaire de mairie, ils sont en train d’étudier les obligations légales pour clarifier l’organisation de la nouvelle municipalité. Sabine Girard craint la routine, aussi :

« Le défi, ça va être aussi de maintenir cette énergie. »


Annie Morin et Vincent Beillard, première adjointe et maire, dans la salle du conseil de Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

 

Making of

C’est une riveraine, Ludmilla, qui nous a signalé l’expérience de Saillans et la victoire de la « liste collégiale » : « …79 % de votants, une belle mobilisation pour contrer le maire sortant François Pégon cadre-politicien, qui menait une politique mono-décisionnelle […] S’il y a un nouveau maire c’est que la constitution l’exige, car la volonté de la nouvelle maire est tout autre ». Rue89

Edwy Plenel / Étienne Chouard : le journalisme et les lanceurs d’alerte (Marat, Robespierre, Guillemin, Assange, Snowden, Manning…)

Pour ceux qui auraient loupé cet échange au cours de la table-ronde du colloque Henri Guillemin d’octobre dernier, le jeune et gentil virus Benoît nous a préparé cette courte et intéressante vidéo.

Je le remercie chaleureusement de conserver ainsi dans les mémoires, par son travail d’observation, d’analyse et de montage vidéo, ce moment Guillemin Robespierre Assange Snowden Lash Dewey Marat que j’avais bien aimé.

Café Liberté 28 mars 2014 – Quelles institutions pour la liberté ?

Le blog Café Liberté présente notre rendez-vous d’après-demain ; je pense que ça va être bien intéressant.

« Cette séance se tiendra à 20h00 au café Le Coup d’État, 164 rue Saint Honoré, 75001 Paris (M° Halles ou Louvre Rivoli). Étant donné la grande notoriété de l’orateur, une inscription préalable à cafeliberte@gmail.com est obligatoire.

 La séance aura pour thème les institutions de la liberté.

 Nous aurons l’honneur de recevoir Étienne CHOUARD. Professeur des lycées, il enseigne l’économie et le droit. Auteur d’un des blogs actuellement les plus lus de France, Étienne CHOUARD a connu une importante notoriété à partir de 2005 quand il s’est opposé au traité constitutionnel européen proposé au référendum. Intellectuel de gauche soucieux de justice sociale il dénonce la concentration des richesses jugée dangereusement excessive et l’actuel système monétaire et bancaire jugé corporatiste. Ne faisant plus confiance à la démocratie représentative trop facilement oligarchique ou corrompue, et constatant les graves dérives oligarchiques et génocidaires des régimes communistes, il prône une démocratie directe, qui pourrait comporter des tirages au sort et des référendums d’initiative populaire à de multiples échelons.

Étienne CHOUARD introduira sa présentation par une réflexion sur les racines du libéralisme, en s’appuyant notamment sur l’ouvrage de Domenico LOSURDO instruisant à charge contre la vie sociale ou politique des grandes figures du libéralisme classique tels que John LOCKE, Benjamin CONSTANT ou Alexis de TOCQUEVILLE. Étienne CHOUARD souligne par exemple le contraste choquant entre les magnifiques écrits libéraux de John LOCKE et sa pratique d’investisseur esclavagiste en Amérique.

Il décrira ensuite quelles pourraient être selon lui des institutions aptes à protéger efficacement la liberté. De telles institutions sont ou ont été à l’œuvre concrètement, avec estime-t-il, de bons résultats et une expérience riche pouvant fonder de bonnes pratique dans leur mise en œuvre. Des corps décisionnaires issus de tirages au sort ont eu un rôle majeur dans la démocratie athénienne ou la justice pénale en France ou aux USA. Des référendums d’initiative populaire à de multiples échelons font vivre la démocratie suisse et donnent à la population le vrai pouvoir dissuadant les élus issus des élections de voter des textes ou de prendre des mesures irrespectueux de la volonté populaire. La démocratie directe apparait donc comme apte à éliminer les tares les plus immédiates de la démocratie représentative. Dans son actuelle réflexion, Étienne CHOUARD voudrait lui donner aussi de larges pouvoirs économiques et sociaux, s’opposant ainsi à la construction libérale du droit.

Quelle est l’ampleur du constat commun fait par les libéraux et par les intellectuels de la gauche anti-oligarchique tels Étienne CHOUARD ? L’École des Choix Publics est elle intégrée ou intégrable au corpus de réflexion de ces derniers ? La théorie libérale a-t-elle été popularisée et raffinée depuis le 17ème siècle par des intellectuels qui auraient par ailleurs gravement dérapés au regard de l’éthique libérale qu’ils affichaient ou plus généralement de l’humanisme dont ils se revendiquent ? Les inégalités sociales portent elles un danger pour le règne du droit ? Est-il cohérent d’opposer, ou de ne pas opposer, les droit fondamentaux du libéralisme et les libertés réelles revendiquées par les anti-oligarques et avec elle une forme d’égalité sociale institutionnelle ? La démocratie directe peut-elle fiablement protéger les libertés sans être elle-même encadrée par une constitution imposant les droits fondamentaux même face au vote populaire ? C’est autour de ces questions que nous vous proposons de débattre le vendredi 28 mars 2014 à 20h00 au café Le Coup d’État, 164 rue Saint Honoré, 75001 Paris (M° Halles ou Louvre Rivoli). »

Source :http://affinitiz.net/space/cafeliberte/content/cl-28-mars-2014—etienne-chouard—quelles-institutions-pour-la-liberte–_0C0E62AB-0E68-42F4-A129-5A976CFA68BA

Initiative citoyenne européenne : un revenu pour tous, sans conditions

Un bel appel collectif , qui nous permettra peut-être de favoriser un débat essentiel pour nous tous : revenu de base, salaire à vie, dividende universel…

Source : http://www.bastamag.net/Un-revenu-pour-tous-sans

Initiative citoyenne européenne :
un revenu pour tous, sans conditions

(collectif)

Chômage de masse, pauvreté, précarité, pression insoutenable sur les ressources naturelles et sur les hommes… La bataille pour l’emploi et la course à la croissance menées depuis plus de 30 ans semblent conduire à une impasse. Face à ce constat, des personnalités de différents bords politiques suggèrent de changer de logiciel de pensée et soutiennent l’instauration d’un revenu de base : le droit à un revenu pour tous, sans condition. Ils appellent à signer l’Initiative Citoyenne Européenne en cours, afin d’obliger l’Union européenne à ouvrir le débat sur le sujet.

Notre pays n’a jamais été aussi riche. Pourtant, 8,5 millions de Français, dont 2,5 millions d’enfants, vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Nous sommes installés depuis quarante ans dans une situation de chômage de masse qui touche près de 5 millions de personnes. De nombreux travailleurs sont en situation précaire, occupent des temps partiels subis ou des emplois trop mal payés pour les sortir de la pauvreté. Sans compter l’explosion de la souffrance au travail qui, en plus de coûter 3 à 4% du PIB, détruit des vies.

La solution à ces problèmes, nous dit-on, serait la croissance économique. Or malgré tous les efforts mis en œuvre pour la retrouver depuis quarante ans, celle-ci n’a jamais suffi à résorber le chômage. Au contraire, les gains de productivité réalisés au cours du dernier siècle ont permis d’automatiser de nombreuses tâches, réduisant ainsi le besoin de main d’œuvre. En outre, l’explosion de la production industrielle nous a conduits à accroître notre pression sur les ressources naturelles et nos émissions de gaz à effet de serre.

Notre proposition : le revenu de base

Mais ce constat ne constitue pas un horizon indépassable. Nos sociétés modernes sont en mesure d’assurer à tous une vie digne. Pour y parvenir dès maintenant, nous, citoyens français et européens de tous bords politiques, demandons l’instauration d’un revenu de base. Il s’agit de distribuer à tous, de la naissance à la mort, un revenu inaliénable, inconditionnel, individuel et cumulable avec les revenus du travail salarié et du patrimoine, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie.

Il ne faut pas voir dans le revenu de base une nouvelle forme de charité ou un simple outil pour gérer la pauvreté, mais un nouveau droit humain garanti par la société au même titre que le droit à l’éducation ou le droit de vote.

Le revenu de base donne sens à l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : “Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille”. Le Conseil européen a d’ailleurs reconnu l’existence d’un « droit fondamental de la personne à des ressources et prestations suffisantes pour vivre conformément à la dignité humaine ».

Sans revenu, pas de citoyen

L’idée du revenu de base n’est pas nouvelle. Dès la fin du XVIIIème siècle, l’homme politique franco-américain Thomas Paine la défendait dans son essai sur La Justice Agraire en expliquant que “sans revenu, point de citoyen”. Depuis, de nombreux penseurs lui ont emboîté le pas, dont 5 prix Nobel d’économie (James Meade, James Tobin, Milton Friedman, Jan Tinbergen et Herbert Simon).

Le revenu de base a été expérimenté au Canada, en Inde en Namibie et en Alaska, avec des résultats notables sur le développement de petites activités productives, l’éducation des enfants, l’accès aux soins, la diminution de la délinquance et une construction positive de soi. Et ce projet séculaire pourrait bientôt devenir réalité. Suite à une forte mobilisation citoyenne, les citoyens suisses décideront par référendum d’ici 2015 d’inscrire dans la loi le versement d’un revenu de base 2500 francs suisses [1] à tous les résidents du pays.

Le revenu de base libère le travail et les initiatives humaines

Le revenu de base est un vecteur de transformations positives pour notre économie et notre société. Il ne permet pas seulement d’éradiquer la misère et de relancer une économie laissée atone par l’insuffisance de la demande. Il libère également des énergies nouvelles en donnant la possibilité à chacun de choisir librement une activité réellement épanouissante et enrichissante, utile socialement et économiquement.
En nous soulageant du travail subi et de la contrainte vitale que représente la recherche d’un moyen de subsistance, le revenu de base permettrait de travailler autrement. Il libère du temps pour donner un nouveau souffle à l’activité associative, l’engagement citoyen, les projets professionnels, la création artistique et ainsi recréer du lien social, familial et de la confiance dans nos villes, nos quartiers et nos villages.

Au-delà de ses effets positifs sur la pauvreté, l’activité économique et le lien social, le revenu de base permet de mettre fin aux effets pervers du système actuel d’aides sociales générant humiliations et stigmatisations injustifiées [2]. Inconditionnel, le revenu de base est distribué automatiquement, sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire pour le percevoir. On peut en outre accepter un emploi sans craindre de perdre son revenu de base, ni même de le voir diminué, contrairement au RSA. Ainsi, avec le revenu de base, le travail paie toujours.

Une proposition économique équilibrée

Le revenu de base n’a pas vocation à se substituer à notre modèle social mais plutôt à le parfaire pour le rendre plus émancipateur. Les travaux d’experts sur son financement ne manquent pas. Seule la volonté politique fait encore défaut. C’est pourquoi nous, citoyens français, suisses et européens, au-delà de nos clivages politiques et idéologiques, soutenons et signons l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour le revenu de base. Nous avons jusqu’au 14 janvier pour récolter 800 000 signatures à travers l’Europe et ainsi contraindre la Commission Européenne à étudier cette proposition.

Le Revenu de Base n’est pas une solution clé en main à tous les problèmes actuels. Mais il pose les bases d’une société plus juste, plus humaine, et propose enfin une vision positive du 21ème siècle.

Pour signer l’initiative citoyenne européenne : http://basicincome2013.eu/ubi/fr/

Voir le mouvement français pour un revenu de base

Premiers signataires : Yves Cochet (eurodéputé écologiste, ancien ministre), José Bové, Eva Joly, Karima Delli, Michèle Rivasi (eurodéputé(e)s), Jean Desessard (Sénateur EELV), Christophe Girard (Maire PS du 4ème arrondissement de Paris, Conseiller régional IDF), Corinne Morel Darleux (Conseillère régionale Rhône Alpes PG – FdG), Paul Ariès (rédacteur en chef de la revue les Z’indigné(e)s), Jean-Paul Jouary (philosophe), Vincent Liegey, Stéphane Madeleine, Anne-Isabelle Veillot et Christophe Ondet (auteurs du manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie), Yves Citton (enseignant et philosophe) et la revue Multitudes, Frédéric Brun (inspecteur général au ministère de l’agriculture, président de Oikia, organisme de coopération écologique européen), Anne Querrien (Sociologue, urbaniste), Yann Moulier Boutang (Professeur de sciences économiques), Baptiste Mylondo (enseignant en économie et philosophie politique), Marie Pezé (docteur en psychologie, spécialiste de la souffrance au travail), Marc de Basquiat (docteur en économie), Étienne Chouard (enseignant, blogueur), David Poryngier (Président du Mouvement des libéraux de gauche), Thierry Crouzet (écrivain, blogueur), François Rouillay (Co-fondateur des Incroyables comestibles France).

Notes

[1] Soit environ 2000 €, ce qui correspond au seuil de pauvreté suisse

[2] Complexité administrative, fort taux de non recours, effets de seuil économiquement néfastes

Source : http://www.bastamag.net/Un-revenu-pour-tous-sans

Un million de vues pour une conférence avec Myret sur le coup d’État mondial des banques contre les peuples… On en fait une autre ?

On arrive à un million de vues (avec plein de copies) pour cette formidable conférence avec Myret :

Les organisateurs ont interrogé Myret pour réfléchir à une prochaine rencontre :

Myret et moi, on est tout contents de nous revoir enfin 🙂
Donc ça va se faire.

Moi, j’aimerais bien revenir sur notre désaccord à propos des politiques keynésiennes (relancer la demande — et tout le reste — par des dépenses publiques de l’État en grands travaux)  :  si je l’ai bien comprise, Myret pense que ça n’a jamais marché, alors que je pense qu’il n’y a que ça qui peut marcher : ça nous fait un bon point de départ pour discuter 🙂

Et puis, dans sa nouvelle vidéo, Myret dit des trucs qui me font grimper aux rideaux 🙂
Par exemple, quand elle défend mordicus l’intérêt (comme si les gens épargnaient pour gagner un intérêt…).
Ou quand elle prêche pour l’austérité, la déflation et le remboursement de la dette… Nos discussions vont être punchy 🙂
Ou quand elle trouve la cause causale de « la crise » aux USA et nullement en Europe…
Etc.
Ça promet : on ne va pas s’ennuyer, tous les deux 🙂

Et puis Myret (comme tout le monde) n’envisage jamais notre impuissance politique (face à tous ces prédateurs et tous ces escrocs), et encore moins sa cause première. Il faut donc que je revienne pour passer une piqûre de rappel constituante 🙂

Si vous avez des suggestions de controverses utiles (pédagogiques), vous êtes les bienvenus ; on verra ce qu’on peut en faire.

Étienne.

Individualisme et démocratie : ce n’est pas un problème

Deuxième billet :
un nouvel épisode, tourné avec l’équipe « Devenons citoyens » :

Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152414564162317

Entretien au calme (à la maison) avec « La Mutinerie »

Toutes les parties interactives (forum, blog et wiki) de mon site Free sont en panne depuis deux jours. Je suis donc conduit à accélérer la transition vers une nouvelle technologie de blog.

Pour ce premier billet de ce nouveau blog, je vous propose cet entretien avec deux jeunes gens de « La Mutinerie », à la maison, le 14 février 2014 :

Processus constituant, émancipation, vergogne, « extrême droite » (expression importante et dévoyée)…
Je radote, pardon.
(En plus, je suis crevé, là.)
Mais bon, il y a peut-être un gentil virus qui va extraire un passage, meilleur que le reste, capable de contaminer à toute vitesse (réveiller les marmottes dans le dortoir 🙂 ) Essayer, essayer, et essayer encore…
Étienne.

PS : dès que la BDD Free sera réparée (si elle l’est), je mettrai des liens vers l’ancien blog et l’ancien forum dans le nouveau blog .

PPS : tout est nouveau pour moi, avec WordPress, et je n’ai pas vraiment le temps de m’y mettre comme il faut tout de suite.
Avec les réglages standard, on dirait que la première de vos participations est modérée (ce qui nous protège pas mal des robots, sans doute), mais une fois validé, vous pouvez publier librement d’autres commentaires (non modérés donc).